
WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.
Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…
Scénario : Danilo Bach
Photographie : Charles Minsky
Musique : Charles Bernstein
Durée : 1h29
Année de sortie : 1986
LE FILM
Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…

Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne – When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur – April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivant – Friday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body Count – Camping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.


Muffy invite quelques amis, dont Kit et Rob, sur une île déserte pour un week-end du premier avril. Dès leur arrivée, les plaisanteries vont bon train, d’autant plus que certains invités sont des adeptes des blagues plutôt macabres. Mais lorsque certaines personnes disparaissent mystérieusement, les convives commencent à s’inquiéter. Muffy semble avoir une soeur jumelle qui nourrit des complots meurtriers les plus fous. Lorsqu’un cadavre est découvert, Muffy trouve que la plaisanterie a assez duré. Mais bientôt, les morts se multiplient et les survivants cherchent par tous les moyens à échapper au criminel qui les tue un par un…


Une poignée de personnages est impeccablement exposée dans la première partie, qui plante également le décor, huis-clos à ciel ouvert, puisque l’intrigue principale se déroulera sur une île. Parmi Harvey, Nikki, Rob, Skip, Nan, Kit et Arch, on reconnaît deux têtes connues, celles d’Amy Steel (Ginny Field dans Vendredi 13 : Le Tueur du vendredi) et de Thomas F. Wilson (inoubliable Biff Tannen dans la trilogie Retour vers le futur). Tous (et de ce point de vue, l’alchimie est palpable) se réunissent dans le manoir de Muffy. Cette dernière est incarnée par Deborah Foreman, révélation de l’instantanément culte Valley Girl (1983), de Martha Coolidge, dans lequel elle donnait la réplique à un certain Nicolas Cage. Le groupe d’amis se retrouve donc sur une île privée, pour fêter la semaine de relâche en passant le week-end précédant le 1er avril. Et bien sûr cette date est propice à toutes les blagues, y compris les plus vulgaires et même les moins drôles. Les festivités peuvent commencer. Une fois sur l’île, chacun prend possession de sa chambre dans le manoir. Muffy leur a préparé quelques farces, certaines inoffensives (un coussin péteur, des verres percés), d’autres plus perturbantes (une cassette audio avec des bruits de bébé, un attirail de junkie dans une armoire à pharmacie, des coupures de presse inquiétantes). Chacun garde son calme et tente de s’amuser, jusqu’à ce que Skip disparaisse.


Sur un scénario de Danilo Bach (qui venait de signer celui du Flic de Beverly Hills), influencé par Dix petits nègres d’Agatha Christie, et produit par Frank Mancuso Jr. (la saga Vendredi 13 et celle de La Mutante), Fred Walton, très inspiré derrière la caméra et par ailleurs brillamment soutenu par son chef opérateur Charles Minsky (Pretty Woman), propose une alternative maline à l’habituelle succession de meurtres. L’ensemble n’est pas avare en scènes fortes, notamment cette découverte de têtes coupées dans le puits, celle d’un cadavre qui flotte sous la cabane, le tout saupoudré d’humour bon enfant. Quand arrive la révélation finale, on peut évidemment être sacrément surpris…la première fois. Mais comme nous le disions plus haut, pas sûr que les mêmes sensations demeurent au second visionnage, le spectateur ayant cette fois conscience de ce qui est en train de se dérouler à l’écran.


Remarquez, on ne sait jamais, puisqu’un film comme The Game, peut-être le meilleur film de David Fincher et Sixième sens de M. Night Shyamalan fonctionnent encore et encore, même si on connaît le retournement. Enfin, Week-end de terreur fera l’objet d’un remake en 2008, exploité directement en DVD chez nous sous le titre Avril sanglant.


LE COMBO BLU-RAY + DVD + LIVRET
Nous n’avions pas de nouvelles de la collection Angoisse chez Rimini depuis le mois de septembre dernier et le dernier opus en date, La Furie des vampires, avec Paul Naschy. Cette formidable anthologie fait son retour avec Week-end de terreur de Fred Walton, jusqu’à présent dispo en DVD chez Paramount depuis 2003. Le DVD et le Blu-ray sont comme d’habitude bien logés dans un boîtier Digipack à trois volets, glissé dans un fourreau cartonné, qui contient également le livret attendu de Marc Toullec, 24 pages remplies d’anecdotes sur la genèse du film, sur la carrière de Fred Walton, l’écriture et l’évolution du scénario, le casting, les conditions de tournage, la sortie du film dans les salles et la fin originale, tournée, mais non retenue (qu’on aurait bien aimé retrouver en bonus), qui a nécessité de nouvelles prises de vues quelques mois après le supposé clap final. Le menu principal est animé et musical.


Le seul supplément vidéo disponible sur cette édition est une présentation du film réalisée par Mylène Da Silva (12’30). La créatrice de la chaîne YouTube Welcome To Primetime BITCH ! était déjà apparue sur les éditions HD de L’Enfant miroir et Psycho Beach Party, tous les deux disponibles chez Extralucid Films. Et l’on y retrouve les mêmes qualités de ses interventions, toujours très bien préparées et documentées, remplies d’informations (vous saurez à peu près tout sur Week-end de terreur), mais aussi les mêmes défauts, à savoir la forme (débit de mitraillette, montage horripilant qui coupe toutes les dix secondes d’argumentation), qui peut parfois agacer, surtout lorsqu’on est pris par ce qui est raconté.

L’Image et le son
Plus de vingt ans après son apparition dans les bacs français, Week-end de terreur fait son retour et se voit même proposer pour la première fois en Blu-ray (au format 1080p) sur notre territoire. Alors qu’une édition 4K sort tout juste sur le territoire américain, Rimini reprend le master HD dispo chez Shout Factory depuis 2020. Le superbe format 2.35 du film est heureusement conservé, tout comme le grain argentique, et la restauration est issue d’un scan 2K, assez ancien, mais qui conserve une belle patine, des contours nets et surtout une palette chromatique fort convaincante. Des poussières subsistent, essentiellement lors du générique de début. En l’état, la copie présentée par Rimini, très stable par ailleurs, permet de réévaluer la mise en scène et la photo du film.

Pour la version originale, l’éditeur reprend le nouveau mixage DTS-HD Master Audio 5.1 de l’édition américaine, qui se contente de créer de petites ambiances naturelles, surtout sur les scènes en extérieur, tout en offrant à la belle composition de Charles Bernstein une plus grande dynamique. N’hésitez pas à sélectionner directement cette piste, d’autant plus que la 2.0 comprend des dialogues, dont le volume fluctue étrangement et parfois même au cours d’une même séquence. Après avoir vu Week-end de terreur en VOSTF, refaites vous un visionnage en français, où l’on reconnaît les timbres d’Emmanuèle Bondeville (voix hexagonale habituelle de Michelle Pfeiffer) et d’autres cadors en la matière, qui ont l’air beaucoup de plaisir et contribuent au second degré du film.


Crédits images : © Rimini Éditions / Paramount / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
