
TOGETHER réalisé par Michael Shanks, disponible en DVD & Blu-ray le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Dave Franco, Alison Brie, Damon Herriman, Mia Morrissey, Karl Richmond, Jack Kenny, Francesca Waters, Aljin Abella…
Scénario : Michael Shanks
Photographie : Germain McMicking
Musique : Cornel Wilczek
Durée : 1h41
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Tim et Millie sont ensemble depuis des années quand ils décident de tout abandonner pour s’installer à la campagne. Alors que les tensions sont déjà vives, une force surnaturelle transforme leur rêve en cauchemar, menaçant leur relation, leur amour… et jusqu’à leur intégrité physique.

C’est un vrai coup de coeur. Together est un premier long-métrage on ne peut plus prometteur, un petit coup de maître, qui a tout pour devenir un film culte. À la barre, un certain Michael Shanks, australien, homme-orchestre, aux manettes de la chaîne YouTube The Wizards of Aus (sous le pseudo de timtimfed), tour à tour acteur, scénariste, monteur, compositeur, producteur, créateur d’effets spéciaux et donc bien sûr réalisateur. Après quelques courts-métrages, des épisodes de séries télévisées et un clip vidéo, celui-ci se lance dans l’aventure du grand format avec un film de genre, produit et interprété par le couple (à l’écran comme à la ville) Alison Brie et Dave Franco. Mais bien plus qu’un nouvel opus d’épouvante, Together est avant tout une vraie réflexion sur l’amour, sur ce qui fait l’osmose ou au contraire ce qui le délite. Le spectateur à la recherche de sensations fortes sera on ne peut plus comblé avec une succession de scènes aussi fortes que marquantes, parfois même inédites dans leur rendu, mais l’émotion n’est jamais oubliée. Mieux que ça, elle reste le moteur des séquences horrifiques et fantastiques. Le scénario, entièrement écrit par Michael Shanks, rappelle le genre d’histoires que l’on pouvait retrouver dans Les Contes de la crypte, tout en lorgnant sur Stephen King, le tout saupoudré par un humour noir omniprésent et même quelques éléments burlesques. Un must de 2025, accompagné d’une excellente presse et qui produit pour un peu plus de 15 millions de dollars (et tourné en seulement trois semaines), en aura rapporté plus du double dans le monde, quand bien même le résultat en France demeure décevant avec 78.000 entrées. Si vous devez donner une seconde chance à un film de l’année dernière, n’hésitez pas et réservez-la pour Together.


Un groupe recherche deux personnes disparues en forêt. Lors de ces recherches, deux chiens découvrent une fosse dans laquelle se trouve un puits dans lequel ils boivent. Les recherches sont infructueuses, mais le propriétaire des chiens constate un étrange comportement et lorsqu’ils s’approchent de la cage, à la lumière de sa lampe torche, il voit que leurs corps ont fusionné. Millie et Tim sont en couple. Ils déménagent à la campagne, où Millie a trouvé un poste d’enseignante, tandis que Tim est un musicien qui peine va de répétitions en répétitions. En fait Tim est complètement dépendant de Millie. Ils tentent de se rapprocher à nouveau. Lors d’une sortie en forêt, ils tombent dans une fosse qui semble contenir les vestiges d’une ancienne église en ruine. Ils pataugent dans une mare, celle-là même qui apparaît au début du film. Tim en boit de l’eau. Dès le lendemain, un étrange phénomène se produit, au réveil, leurs jambes semblent légèrement collées l’une à l’autre. La dépendance de Tim vis à vis de Millie semble s’accentuer.


Le réalisateur a voulu parler de codépendance, de monogamie, d’histoires d’amour, de ressentiments, mais aussi « de cette zone floue, où l’on ne distingue plus nos propres contours de ceux de l’autre ».Mine de rien, il y a bien plus de Cronenberg dans ce premier long-métrage, que dans les trois longs-métrages de Julia Ducournau, qui ont été très souvent rattachés à l’univers du cinéaste canadien. Ou quand le corps devient terrifiant, car sujet forcément universel. Michael Shanks s’amuse en mettant en relief ce que vivre à deux peut avoir de terrifiant. Là-dessus, après avoir installé ses deux personnages principaux, un « vieux » couple où l’on se rend compte que quelques rouages grincent dans la machine, les deux n’étant assurément pas au même stade, entre autres de leur vie professionnelle, le réalisateur peut les plonger dans une intrigue qui dépasse tout entendement. La tension se resserre aussi bien sur les personnages que sur l’estomac des spectateurs. Une chose est sûre, c’est que vous n’écouterez plus 2 Become 1 des Spice Girls, chef d’oeuvre, de la même façon après avoir vu Together.


Le metteur en scène et scénariste va jusqu’au bout de son idée, qu’il exploite sous tous les angles, en ayant bien connaissance des « trucs » qui font peur (pas étonnant quand on sait que The Thing est la plus grande référence de Together), mais sachant aussi que l’humour peut non seulement aider le public à accepter ce postulat, mais aussi renforcer quelque part l’impact des scènes chocs, comme celle de la scie électrique que l’on voyait dans l’efficace bande-annonce. Les comédiens sont parfaits, Alison Brie (révélée dans la série Mad Men, puis vue dans Community, Pentagon Papers) et Dave Franco (la trilogie Insaisissables) crèvent l’écran (on se souviendra longtemps de cette scène de sexe dans les toilettes…d’une école primaire), Damon Herriman (Better Man, The Bikeriders) est impeccable, la photographie de Germain McMicking (remarqué pour son boulot sur le formidable Nitram) est élégante, Together étant vraiment un film qui a de la gueule du début à la fin.


Mention spéciale aux effets visuels, impressionnants, surtout dans la dernière scène, inattendue, dérangeante aussi évidemment (quand bien même, le réalisateur aurait pu se passer du tout dernier plan), et ce malgré un évident manque de moyens. C’est donc ça l’horreur, celle du quotidien, qui s’installe avec les non-dits, le repli sur soi, ou l’interdépendance, le tout traité avec une remarquable authenticité…l’effroi n’est que plus grand.

LE BLU-RAY
Après son (trop) rapide passage dans les salles françaises, Together débarque dans les bacs en DVD et Blu-ray chez (l’un de nos chouchous depuis toujours) l’éditeur Metropolitan. Le visuel reprend heureusement celui – très efficace – de l’affiche française d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Les bonus sont malheureusement très limités, seul bémol de cette édition HD. Deux interviews, avec d’un côté le réalisateur Michael Shanks (5’) et de l’autre, Alison Brie et Dave Franco (6’). Le premier s’exprime sur ses références et influences (The Thing de John Carpenter, Cure de Kiyoshi Kurosawa, Sunshine de Danny Boyle, la saga Alien), dissèque ses intentions, ses partis-pris et le travail avec les comédiens. Le couple Brie-Franco évoque avant tout l’histoire d’amour du film, à laquelle ils ont voulu greffer des éléments horrifiques, tout en évoquant les conditions de tournage. Quelques photos dévoilent l’envers du décor, notamment l’utilisation d’animatroniques et autres effets directs.






L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.
L’Image et le son
Together est un film parfois sombre et la Haute définition restitue habilement la superbe photo du chef opérateur Germain McMicking (Mortal Kombat version 2021). Les volontés artistiques sont respectées mais entraînent quelques très légers fléchissements de la définition dans les scènes moins éclairées. Néanmoins, cela reste anecdotique, car ce master HD demeure impressionnant de beauté, tant au niveau des détails que du piqué. Le cadre n’est pas avare en détails, les contrastes affichent une densité remarquable (du vrai goudron en ce qui concerne les noirs) et la colorimétrie est optimale surtout sur les scènes en extérieur.

Que votre choix se soit porté sur la version française ou la version originale DTS-HD Master Audio 5.1., le confort acoustique est total et la piste anglaise l’emporte du point de vue homogénéité des voix et des effets annexes. Le pourvoir immersif des deux mixages est fort plaisant. Toutes les enceintes sont intelligemment mises à contribution, les effets sont souvent percutants. La balance frontale et latérale est constante et riche, le caisson de basses souligne efficacement les séquences du film les plus agitées, tandis que les dialogues et commentaires restent fluides et solides. Énorme travail sur le son. Les sous-titres français ne sont pas imposés sur la version originale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.


Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
