Test Blu-ray / Escape From the 21st Century réalisé par Li Yang

ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY (Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li) réalisé par Li Yang, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Zhang Ruoyun, Yang Song, Zhu Yanmanzi, Elane Zhong, Leon Lee, Wu Xiaoliang, Wen Zhengrong, Shi Liang…

Scénario : Li Yang

Photographie : Saba Mazloum

Musique : Hu Xiao’ou

Durée : 1h38

Année de sortie : 2024

LE FILM

En 1999, trois adolescents se retrouvent plongés dans des déchets chimiques qui leur confèrent une capacité unique : lorsqu’ils éternuent, leur conscience voyage 20 ans dans le futur. C’est pour eux le début d’une vertigineuse aventure dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie du monde…

Il y a des films dont les « pitchs » (goût fraise, les meilleurs) font envie quand on les lit. C’est le cas pour Escape from the 21st Century, le premier long-métrage réalisé en solo par le cinéaste Yang Li. Puis, le générique envoie du lourd et l’on se dit que la promesse va être tenue. Le film démarre (voix de journaliste grolandais) « Et là, c’est le drame ! ». Si beaucoup ont toujours eu beaucoup de mal à rester plus de deux heures devant un film de Michael Bay, dites-vous qu’à côté de Yang Li, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers c’est Robert Bresson. C’est bien simple, on ne comprend rien, absolument plus rien, alors que le film n’a commencé que depuis…cinq minutes. Et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur un montage frénétique, débridé (non, n’y voyez aucun jeu de mots qui pourrait être mal interprété), hystérique, les images se succèdent comme si un individu atteint de la maladie de Parkinson s’emparait d’une télécommande pour zapper et échapper à Quotidien et TBT9. Si vous avez moins de vingt piges (ce qui est loin d’être le cas si vous lisez cette critique, vous seriez déjà passé à autre chose), vous y trouverez peut-être votre compte. 25 ans à la rigueur, après quelques shots de vodka. Si vous avez atteint la trentaine, il est fort possible que vous ressentiez quelques relâchements du sphincter. Au-delà, ce n’est même plus permis. Vos yeux se révulsent, votre bouche se met en O et laisse couler la bave à gros bouillons, vos muscles sont tétanisés et vous tentez par tous les moyens possibles d’arrêter le massacre. Vous voilà prévenus…

Trois garçons de 18 ans, Wang Zha, Chengyong et Paopao, tombent accidentellement dans un lac aux couleurs chatoyantes. À leur sortie de l’eau, ils découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps, vingt ans dans le futur. Cependant, le futur est loin d’être celui qu’ils imaginaient. Une mystérieuse organisation criminelle fait des ravages dans leur ville. Journaliste, Wang Zha met au jour ce crime et découvre que Chengyong en fait partie. Pendant ce temps, Paopao se retrouve en couple avec la petite amie de Chengyong. Parallèlement, un savant fou nourrit des plans diaboliques pour dominer le monde. Afin de rétablir l’ordre, le trio retourne dans le présent et s’entraîne sans relâche pendant vingt ans pour vaincre les forces du mal.

Raconté comme cela, on pourrait croire qu’Escape from the 21st Century est super sympa. Mais en fait, le traitement est tellement atroce qu’on en vient à implorer que cesse cette torture visuelle. Entièrement tourné en Chine, le film est ensuite passé par tous les festivals, a été présenté dans le monde entier, de Toronto à Sitges, en passant par Strasbourg. Après avoir rencontré un joli succès dans les salles dans son pays d’origine (avec 15 millions de recettes), Escape from the 21st Century a sérieusement divisé la critique et le public, tous ayant été déconcertés par cette « proposition », qui donne sérieusement l’impression d’avoir été le premier long-métrage entièrement réalisé en Intelligence Artificielle. On ne connaît personne, ni devant, ni derrière la caméra. Les comédiens paraissent interchangeables, on ne sait plus d’ailleurs qui est qui et ce très vite. Le spectateur se retrouve perdu dans un maelström d’images, dont le format change sans arrêt, et c’est là que le glaucome commence à se former et les oreilles à saigner.

Puis, pêle-mêle, on comprend (vaguement) que le film parle de libre-arbitre, de seconde chance, de harcèlement, de trafic d’organes, d’indépendance, de peur de l’avenir, de complexes…Libre à vous de relier tous ces éléments, pour en faire ce que vous souhaitez et si toutefois vous désirez aller jusqu’au bout de ce bouzin de 95 minutes qui paraissent durer le double. Comme le disait un certain Roger Murtaugh, « j’ai passé l’âge de ces conneries ». Quant à la photographie, celle-ci paraît signée Juan Romano Chucalescu (vous avez la ref,?), tant les couleurs semblent avoir été superposées comme elles se proposaient.

Rendez-nous Scott Pilgrim d’Edgar Wright ! Même si celui-ci a aussi pris pas mal de plomb dans l’aile, mais au moins on y comprenait ce qui se déroulait à l’écran. Au fait, on parlait de quel film déjà ?

LE BLU-RAY

C’est Blaq Out qui se charge de la sortie en HD et DVD de Escape from the 21st Century. La jaquette reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est fixe et musical.

Un seul bonus sur cette édition Blu-ray. Il s’agit du court-métrage Lee’s Adventure (20’), réalisé, écrit et interprété par Li Yang en 2009. Si vous n’avez pas accroché à Escape from the 21st Century, alors nous vous déconseillons ce qui apparaît comme un brouillon. Un nerd, passionné par les jeux vidéos, doit gagner une partie pour voyager dans le temps et retrouver son ex-copine avant qu’ils ne soient séparés. Pour cela, il a recours à des moyens extrêmes, comme vendre un rein pour acheter une main prothétique ou acheter des médicaments contrefaits. Tout cela ne veut absolument rien dire et ne signifie d’ailleurs pas grand-chose. Fuyez pauvres fous.

L’Image et le son

Escape from the 21st Century a été intégralement tourné en numérique. L’édition Blu-ray est donc tout indiquée pour (tenter de) découvrir le film de Li Yang, d’autant plus que cette édition HD est en tout point renversante de beauté. Les partis pris stylisés sont magnifiquement restitués à travers ce transfert qui s’impose comme un disque de référence. Le cadre aux rations multiples (2.39, 1.55, 2.00, 2.76 et 3.60) fourmille de détails, les contrastes sont spectaculairement denses, le relief omniprésent, le piqué acéré comme la lame d’un scalpel et l’étalonnage spécifique des couleurs est conservé. Le codec AVC consolide tout cela avec une belle fermeté. Resplendissant. L’apport HD demeure omniprésent.

Dès la première séquence, l’ensemble des enceintes du mixage unique mandarin DTS-HD Master Audio 5.1 est mis à contribution aux quatre coins cardinaux. Les ambiances fusent de tous les côtés, la musique très présente bénéficie d’un traitement de faveur avec une large ouverture, plongeant instantanément le spectateur dans l’action. Les dialogues, y compris les voix-off, ne sont jamais pris en défaut et demeurent solidement plantés sur la centrale tandis que les effets ne cessent d’être balancés de gauche à droite, et des enceintes avant vers les arrières.

Crédits images : © Blaq Out / Charybde Distribution / Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.