
THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.
Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…
Scénario : Fred Dekker & Shane Black
Photographie : Bradford May
Musique : Bruce Broughton
Durée : 1h22
Année de sortie : 1987
LE FILM
Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues – Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale – Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.


La Monster Squad est un club de préadolescents qui idolâtrent les films de monstres classiques et leurs stars non humaines. Le chef du club, Sean Crenshaw, dont la sœur cadette Phoebe veut désespérément rejoindre le club, reçoit le journal du légendaire chasseur de monstres Abraham Van Helsing, qui avait jadis échoué dans sa tentative de supprimer les forces du mal notamment Dracula, 100 ans plus tôt. Son excitation est de courte durée quand il trouve qu’il est écrit en allemand. Sean et le reste du club, son meilleur ami Patrick Rhodes, le maladroit Horace en surpoids, l’enfant plus âgé et coriace Rudy Holloran et le petit Eugene, décide d’aller chez un vieil allemand qui pourra leur faire la traduction. Ils ignorent que ce dernier est en fait un ancien prisonnier des camps de concentration. Le journal décrit en détail l’existence d’une amulette magique indestructible que les forces du bien et du mal se disputent. Il est expliqué qu’un seul jour par siècle, l’amulette est susceptible d’être détruite sur le coup de minuit. Les enfants se rendent compte qu’ils doivent prendre possession de l’amulette et l’utiliser avec une incantation du journal de Van Helsing pour ouvrir un trou de ver dans l’univers et jeter les monstres dans les limbes. Comme le montre le prélude du film, Van Helsing avait tenté en vain il y a cent ans de cela afin de vaincre son vieil adversaire le comte Dracula. Ses apprentis ont ensuite émigré aux États-Unis pour cacher l’amulette, où elle était hors de portée immédiate de Dracula. Néanmoins, le vampire cherche à obtenir l’amulette afin de pouvoir conquérir le monde et le plonger dans les ténèbres. À cette fin, il rassemble plusieurs de ses alliés les plus dangereux et monstrueux.


Quarante ans plus tard, The Monster Squad conserve ce charme inaltérable des films des années 1980 avec les gosses perchés sur leur vélo ou sur un skateboard, la coupe en brosse, se réunissant dans une cabane ou dans la chambre (souvent le QG de la troupe) de leur leader, une bande souvent constituée de celles et ceux laissés de côté par les autres, car jugés « étranges », étrangers aux codes en vigueur, n’arrivant pas ou ne désirant pas se fondre dans le moule. Et puis soyons honnêtes, cela fait du bien de revoir ce genre de film où les protagonistes ne sont pas plongés dans leur téléphone et préfèrent papoter de vive voix, face-à-face, ou en se promenant le long des trottoirs fraîchement tondus et les palissades immaculées. Le décor est vite planté, la dimension fantastique aussi, les héros installés. Ceux-ci sont campés par des acteurs dont les noms ne diront pas grand-chose de ce côté de l’Atlantique comme Andre Gower (Sean, toujours en activité), Robby Kiger (Patrick), Brent Chalem (Horace, décédé en 1995 d’une pneumonie, à l’âge de 22 ans), Ryan Lambert (Rudy), Ashley Bank (Phoebe), Michael Faustino (Eugene), tous impeccables et qui tiennent la dragée haute à leurs aînés monstrueux, notamment Duncan Regehr (Dracula) et surtout le regretté Tom Noonan, disparu il y a dix jours, génial dans la peau recousue et boulonnée de la créature de Frankenstein.


Récompensé par le ruban d’argent au Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1988, The Monster Squad ressuscite les créatures qui ont marqué le réalisateur et son co-scénariste, par l’intermédiaire d’incroyables maquillages et effets spéciaux directs tout droit sortis du Stan Winston Studio, où de jeunes artistes et pointures à venir dans leur domaine faisaient leurs débuts. Ajoutons à cela la beauté de la photographie de Bradford May, celle de la musique de Bruce Broughton (Perdus dans l’espace, Tombstone, Silverado), un montage nerveux, un rythme trépidant et vous obtenez la comédie-fantastico d’horreur parfaite.


Pourtant, The Monster Squad n’a connu aucun succès dans les salles aux États-Unis (à peine 4 millions de dollars de recettes, pour un budget de 14 millions), un échec qui allait annuler sa sortie dans beaucoup de pays et limiter son exploitation, à l’instar de la France où il sortira de façon confidentielle sous le titre La Brigade des monstres en octobre 1989. Jusqu’à sa redécouverte, au point de devenir un film culte très prisé, désormais disponible en France dans une magnifique édition Blu-ray-4K présentée par l’éditeur Extralucid Films, qui participera à n’en point douter à une renaissance du film de Fred Dekker dans nos contrées.


LE COMBO 4K UHD + BLU-RAY + LIVRET
Deux choix s’offrent à vous pour acquérir The Monster Squad. Extralucid Films propose tout d’abord un Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret qui arbore un visuel dit « classic », mais aussi une Édition spéciale FNAC – Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret au visuel « mugshot ». Personnellement nous préférons le premier, mais le second ne manque pas de classe ! Pour le reste, les éditions se rejoignent. Nous trouvons un livret intitulé « L’Union fait la frousse » rédigé par Fabien Mauro (48 pages), qui aborde les grands crossovers de monstres au cinéma et à la télévision et qui contient également un focus détaillé sur la production de The Monster Squad. La sérigraphie des deux disques est soignée, tout comme les menus principaux, animés et musicaux. Notons que tous les suppléments se trouvent sur le Blu-ray standard.




Le premier bonus est une formidable présentation de The Monster Squad, réalisée par Marie Casabonne, critique cinéma et autrice (Slashers, attention ça va couper chez Vent d’Ouest et The Office, l’humain derrière l’humour chez Third Éditions) (18’30). La créatrice de l’émission Monster Squad (Capture Mag, depuis 2023), était tout indiquée pour nous présenter…The Monster Squad de Fred Dekker (« un film drôle, violent, ambitieux, touchant et audacieux »). Vous trouverez ici une tonne d’informations sur le réalisateur, sur son parcours, sur son premier long-métrage Extra Sangsues (son premier hommage aux séries B qu’il a toujours adoré), sur sa collaboration avec Shane Black qui allait conduire à The Monster Squad qui nous intéresse aujourd’hui. La genèse du film (« un pot-pourri des influences des deux scénaristes »), leur déclaration d’amour aux Universal Monsters, l’aide de Peter Hyams (alors producteur, qui a aussi mis la main à la pâte à la mise en scène), les effets spéciaux, la recréation des monstres (car la production ne possédait pas les droits pour les reproduire à l’identique), les intentions et les partis-pris du metteur en scène (« faire une comédie, qui utilise les monstres de façon sérieuse […] un vrai film d’horreur pour les enfants »), l’échec du film (« difficile à positionner du point de vue marketing »), l’accueil froid du public et de la critique, puis la redécouverte de The Monster Squad vingt ans après sa sortie sont ensuite les points largement, posément et densément abordés par Marie Casabonne.

On passe à l’interview, réalisée en mode visioconférence, du compositeur Bruce Broughton (19’10). Ce dernier partage ses souvenirs liés à The Monster Squad, notamment ceux concernant le producteur Peter Hyams qui avait pris Fred Dekker sous son aile, qui l’aidait à élaborer son film, à la concrétiser, allant même jusqu’à lui filer un coup de main à la mise en scène, comme pour la séquence de transformation du loup-garou dans la cabine téléphonique. Bruce Broughton se rappelle que le film disposait d’un budget serré, mais qu’il avait pu obtenir un orchestre « à l’ancienne » pour l’enregistrement de sa bande originale, indiquant également que le fantastique ou l’horreur ne sont pas ses genres de prédilection. Il clôt cet entretien en indiquant être toujours étonné de la redécouverte de The Monster Squad et de sa pérennité.


Mais la pièce de résistance, et pas des moindres, est un montage d’interventions réalisées à l’occasion de cette édition française, de John Rosengrant, Steve Wang, Alec Gillis, Shane Mahan, Lindsay MacGowan et Tom Woodruff Jr. (1h15). Tous les créateurs des incroyables maquillages de The Monster Squad sont donc « réunis » pour nous parler des monstres réinventés pour le film de Fred Dekker. Mais c’est aussi l’occasion pour chacun d’évoquer leur parcours personnel, leurs rencontres déterminantes, de leur amour pour les monstres et créatures au cinéma, de leur passion qui les a tous menés à en faire leur métier. Ils parlent aussi de leurs influences respectives, de leur boulot avec Stan Winston, tout en révélant quelques secrets sur la confection des scènes clés de The Monster Squad. Un fabuleux moment à ne pas manquer si vous êtes passionnés par les effets spéciaux des années 1980-90.







L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.
L’Image et le son
Su-per-be ! Cette édition propose une nouvelle restauration 4K de The Monster Squad réalisée à partir du négatif original. Une galette UHD compatible HDR 10 et Dolby Vision. La copie participera à n’en point douter à la résurrection du film de Fred Dekker en France. La netteté, la clarté et la profondeur ne cessent d’impressionner du début à la fin, l’équilibre des couleurs est très convaincant, l’étalonnage Dolby Vision n’y est évidemment pas pour rien. Hormis quelques très légères pertes de détails sur une poignée de scènes plus sombres, on en prend plein les yeux (mention spéciale aux couleurs primaires d’une richesse incomparable et plus nuancées qu’en HD), la stabilité et la propreté de l’image sont exceptionnelles, tandis que la texture argentique demeure préservée, équilibrée et organique.

Sur la version originale DTS-HD Master Audio 5.1, le spectacle est gentiment assuré, avec notamment une répartition dynamique de la musique de Bruce Broughton, tandis que les nombreuses séquences agitées profitent d’une large spatialisation et du soutien des basses. Les dialogues y sont aussi solidement plantés sur la centrale. Bon…en revanche, la version française avec laquelle certains ont eu la chance de grandir n’est pas au programme…En effet, l’éditeur propose à la place un redoublage Stéréo remontant au début des années 2000. Nous ne pouvons pas dire si celle-ci est proche de la première postsynchronisation, mais en l’état le résultat est passable et assez plat. Présence également d’une Stéréo anglaise, qui contentera largement les puristes. Les sous-titres français ne sont pas imposés.



Crédits images : © Extralucid Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
