Test 4K UHD / Bambi – La Vengeance, réalisé par Dan Allen

BAMBI: LA VENGEANCE (Bambi: The Reckoning) réalisé par Dan Allen, disponible en DVD & 4K Ultra HD + Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Roxanne McKee, Samira Mighty, Nicola Wright, Tom Mulheron, Catherine Adams, Russell Geoffrey Banks, Joseph Greenwood, Alex Cooke…

Scénario : Rhys Warrington, d’après le roman de Felix Salten

Photographie : Vince Knight

Musique : Greg Birkumshaw

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Après avoir vu sa mère tuée par un chasseur alors qu’il n’était qu’un faon, Bambi, un jeune cerf, perd sa compagne Faline, renversée par un camion qui transportait des déchets radioactifs. Lorsqu’il boit l’eau de la rivière, contaminé par les déchets toxiques, Bambi se transforme en une créature puissante, déterminée à se venger. Peu de temps après, Xana et son fils Benji prennent un taxi pour rejoindre le reste de leur famille pour Thanksgiving. Le véhicule est sauvagement attaqué par Bambi. Trois chasseurs se lancent alors dans la traque du grand cerf…

« Quand rien n’est pire de mourir de la peur de mourir de la mort… Quand la mort de mourir de la peur de mourir fait plus peur de périr de la mort de pourrir… de la mort… ». Réplique tirée des Dents de la mouche IV, mythique sketch des Inconnus, qui pourrait sortir tout droit de Bambi : The Recknoning ou tout simplement chez nous Bambi : La Vengeance. Il est là le nouvel opus provenant de l’univers Twisted Childhood (le TCU pour faire vite, ce qui ressemble à un virus), parfois baptisé aussi Bambi : Le Jugement, adaptation horrifique (« lol » comme disent les jeunes vieux) du roman de Felix Salten, Bambi, une vie dans les bois. Rien à voir évidemment avec le classique de Disney sorti en 1942, qui néanmoins avait réussi à traumatiser plusieurs générations de spectateurs en raison de la scène où Bambi perd sa maman… Bambi : La Vengeance intègre logiquement la franchise TCU et rejoint ainsi Winnie-the-Pooh : Blood and Honey, qui malgré des critiques très négatives avait remporté un beau succès (près de 8 millions de dollars de recette pour un budget de seulement 100.000 dollars), récolté cinq Golden Raspberry Awards (oui, bon) et donné naissance à une suite Winnie-the-Pooh: Blood and Honey 2 (qui a connu le même engouement commercial). Mais la Jagged Edge Productions et ITN Studios n’allaient pas en rester là, puisque Peter Pan’s Neverland Nightmare devait lui aussi ruer dans les brancards en 2025, tandis que Bambi préparait doucement, mais sûrement sa vengeance contre les humains qui ont tué sa môman. Et comme les épisodes précédents, Bambi : La Vengeance propose une variation monstrueuse du personnage original, qui devient un mutant sombre et meurtrier, en raison de produits toxiques déversés dans la nature. N’y allons pas par quatre chemins, nous sommes ici à mi-chemin entre le navet de compétition et le nanar anachronique, qui oscille entre la série B et la série Z, qui endort plus qu’elle ne divertit, une série BZ pour résumer. At the secours.

Dans le passé, un jeune faon nommé Bambi vit heureux avec sa mère jusqu’à ce qu’un chasseur la tue. Bambi grandit seul, mais rencontre une biche nommée Faline, qui donne alors naissance à un faon. Malheureusement, Faline est mortellement renversée par un camion transportant des déchets toxiques, et la progéniture de Bambi disparaît. Dévasté, Bambi boit l’eau contaminée d’une rivière, ce qui le transforme en une créature vorace, déterminée à se venger. Tout ceci est résumé à travers une animation, faute de budget sans doute, durant les cinq premières minutes du film. Dans le présent, Xana (la maman) et son fils Benji prennent un taxi pour passer Thanksgiving avec Simon, le mari de Xana, et sa famille – sa mère Mary atteinte de démence, ses frères Andrew et Joshua, Harriet la femme d’Andrew et son fils adolescent Harrison – tandis que Simon lui-même promet d’arriver avant le dîner. En chemin, Bambi attaque le taxi et tue le chauffeur tandis que Xana et Benji parviennent à rejoindre la maison de Mary. Pendant ce temps, trois chasseurs, Michael, Tyler et Eddie, se préparent à traquer Bambi.

Joshua, Tyler, Benji, Mary, Xana, Harrison…on ne sait même plus qui est qui dans toute cette pseudo-histoire, d’ailleurs on s’en fiche complètement et en plus la photo hideuse passée à l’encre de Chine numérique fait qu’on ne comprend quasiment rien à ce qui se déroule à l’écran. Ou comment essayer de faire passer les effets spéciaux minables en plongeant artificiellement le récit dans l’obscurité. On en a vu passer des conneries couchées sur pellicules ou filmées en numérique (depuis ce format, tout semble permis d’ailleurs), mais il est vrai que le TCU tient une belle place depuis que les célèbres personnages provenant des contes ont été passés à la moulinette, suite à leur arrivée dans le domaine public. Mais cette fois, cette proposition n’a pas pris auprès du public. Tourné avec 350.000 dollars, le film aura eu du mal à rentabiliser son budget original. On reprend les mêmes ingrédients, autrement dit ruiner au maximum les personnages d’enfance bien-aimés, pour en faire des tueurs, tandis que des pauvres acteurs au charisme de bulot tentent de survivre dans ce marasme, en essayant de (se) convaincre qu’ils sont en face d’une créature digne d’un Predator.

À l’instar des autres opus du TCU, Vince Knight se retrouve à la photographie et repousse encore plus les limites de l’indigence, avec des partis pris aussi navrants qu’hilarants. Bambi : La Vengeance ne sort jamais de la bouillie visuelle, dissimule comme il le peut la pauvreté des images de synthèse (réalisées à partir d’un Amstrad 6128, c’est pas possible autrement), tandis que Dan Allen, habituellement monteur sur les autres TCU, se voit promu metteur en scène ici et montre que cette fonction ne s’improvise pas. Rien, absolument rien ne fonctionne dans Bambi : La Vengeance, ce qui pourrait être amusant tout au long de la projection, si seulement le réalisateur ne prenait pas son rôle trop au sérieux. Résultat, les 75 minutes du long métrage semblent durer le double, le montage est catastrophique (le réalisateur s’en charge également, histoire d’assumer le massacre tout du long), Roxanne McKee (le nanar La Légende d’Hercule, Détour mortel 5, Le Sang des Templiers 2 : La Rivière de sang, bref, une habituée du « genre ») tente d’articuler malgré le botox et de donner la réplique à ses partenaires sans charisme ni talent.

Succession de scènes nawak, de faux raccords, de contradictions, de plagiats (Quentin Tarantino appelerait ça « hommages ») à Jurassic Park et Alien, d’effets éculés, d’incohérences et surtout de poncifs qui ont raison de notre patience, Bambi : La Vengeance est un concentré de mélatonine qui pourrait bien avoir raison des insomniaques les plus désespérés.

En attendant la suite (déjà annoncée), ainsi que d’autres personnages à venir dans l’univers, Pinocchio, La Belle au Bois dormant, Blanche Neige, Alice au pays des merveilles, Tigrou (bah oui, il fallait y penser quand même), Mary Poppins, sans oublier bien sûr un cross over du style Avengers. Ah oui et un autre studio a déjà livré lui aussi un film d’horreur avec comme boogeyman un certain…Popeye. Pauvres de nous.

LE 4K UHD

Après Winnie the Pooh: Blood and Honey 1 & 2 (chez ESC Films), Bambi – La Vengeance débarque dans les bacs chez Arcadès éditions, qui s’était déjà chargé de la sortie de Peter Pan’s Neverland Nightmare en octobre 2025. Comme ce dernier, l’éditeur propose cette relecture du conte de Felix Salten en DVD, mais aussi en Combo Blu-ray + 4K UHD. La jaquette au visuel efficace, devrait taper dans l’oeil des spectateurs déviants, en espérant que ce titre n’ait pas été placé aux côtés de la version Disney, afin de ne pas perturber le jeune public. Boîtier Standard de couleur noire, glissé dans un surétui cartonné. Le menu principal est animé et musical.

Un seul supplément au programme, avec un making of traditionnel (9’), qui compile essentiellement les interviews des comédiens, le tout entrecoupé de rares images de plateau. Le casting se dit enchanté à l’idée de participer à ce délire, à cette relecture du conte pour enfants, à ne pas mettre devant tous les yeux. De son côté, le réalisateur Dan Allen se planque et n’intervient pas. Il est sûrement plus malin qu’on le pensait.

L’Image et le son

Bambi : La Vengeance est donc disponible en Blu-ray, mais aussi en 4K UHD, histoire de donner un éclat à du zirconium, sans lui en donner toutefois la valeur. Cela pourrait apporter une plus-value au bousin, mais ce n’est pas le cas. À ce titre, les effets numériques, déjà bien artificiels en simple HD, paraissent encore plus grotesques en Ultra Haute-Définition, quand bien même le réalisateur tente comme il le peut pour calfeutrer au maximum sa créature, en la plaçant dans la pénombre. Le problème, c’est qu’il essaye aussi de contenter les spectateurs venus pour l’apercevoir et qu’il la montre dans beaucoup de séquences. On peut donc admirer le désastre à de nombreuses reprises. La photographie n’est donc pas plus « belle » en 4K, l’étalonnage laisse sérieusement à désirer, le piqué paraît étrangement émoussé (en même temps, filmer les acteurs dans le noir n’aide pas), les contrastes sont aléatoires. Le reste est sans surprise, la copie est stable et propre, lisse, sans aspérité, sans âme.

Que votre choix se soit porté sur la version française ou la version originale DTS-HD Master Audio 5.1., le confort acoustique est largement suffisant et la piste anglaise l’emporte du point de vue homogénéité des voix et des effets annexes. Le pouvoir immersif des deux mixages est fort plaisant. Toutes les enceintes sont intelligemment mises à contribution, les effets sont souvent percutants. La balance frontale et latérale est constante et riche, le caisson de basses souligne efficacement les séquences du film les plus agitées, tandis que les dialogues et commentaires restent fluides et solides.

Crédits images : © Arcadès / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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