Test 4K UHD / Dracula, réalisé par Luc Besson

DRACULA (Dracula: A Love Tale) réalisé par Luc Besson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K UHD et Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 2 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Salomon Passariello, Ewens Abid, Raphael Luce, Guillaume de Tonquédec…

Scénario : Luc Besson, d’après le roman de Bram Stoker

Photographie : Colin Wandersman

Musique : Danny Elfman

Durée : 2h08

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.

Le succès lui échappant depuis une dizaine d’années (son dernier hit étant Lucy en 2014) et cumulant les déboires judiciaires, Luc Besson tente tout de même de rester dans la place…Et pour cela, sans doute par manque d’inspiration, il jette son dévolu sur Dracula de Bram Stoker, roman déjà maintes fois transposé (dans tous les domaines), dont il souhaite donner sa propre vision. Il retrouve le génial Caleb Landry Jones, avec lequel il avait tourné le thriller psychologique Dogman (très lourd échec commercial), qui se voit confier le rôle-titre. Ainsi après Béla Lugosi, Max Schreck, Udo Kier, Christopher Lee, Jack Palance, Frank Langella et Gary Oldman (on peut s’arrêter là, surtout que Dracula apparaît dans plus de 200 films), le comédien texan se glisse dans le bel habit du légendaire vampire, dont le nom n’a d’égal que celui de Michael Jackson et celui de Jésus (oh, blasphème), et livre une formidable prestation. Attention, cela ne veut pas dire que Dracula version Besson est réussi, celui-ci comporte de multiples défauts (nous y reviendrons plus bas), mais on ne pourra pas dire que le réalisateur ait mis de côté son désir de divertir avant tout le public, ce qu’il réussit haut la main avec cette proposition pour le moins originale. Mais avant toute chose, non, il ne s’agit pas d’un remake du Dracula de Francis Ford Coppola, comme le laisser penser la bande-annonce, hormis la composition de Danny Elfman qui pour le coup rappelle beaucoup celle de Wojciech Kilar. Certaines séquences peuvent fortement y faire penser, Luc Besson arrivant quelque peu après la bataille (euphémisme), mais il s’agit bel et bien d’une approche personnelle, cohérente avec les partis-pris et intentions des précédents opus du cinéaste. Une curiosité, très fortement critiquée à sa sortie, pas forcément à juste titre, toujours gratuitement quand il s’agit de Luc Besson d’ailleurs, mais qui peut se targuer d’être devenu le film français le plus cher, le plus vu et qui a engrangé le plus de recettes à l’étranger en 2025.

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Test Blu-ray / La Nuit des clowns, réalisé par Eli Craig

LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield) réalisé par Eli Craig, disponible en DVD & Blu-ray le 18 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Vincent Muller, Kevin Durand, Will Sasso, Cassandra Potenza, Verity Marks…

Scénario : Carter Blanchard & Eli Craig, d’après le roman de Adam Cesare

Photographie : Brian Pearson

Musique : Brandon Roberts & Marcus Trumpp

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Kettle Spring est une petite bourgade du fin fond des États-Unis perdue au milieu des champs de maïs. Et que ça lui plaise ou non, Quinn emménage avec son père, nouveau médecin de ce trou paumé sans réseau. Très vite, Quinn fait la connaissance de la bande de jeunes casse-cou locale et remarque que plusieurs choses pas nettes se passent en ville. Et alors que les habitants se préparent à la fête annuelle, des mystérieux clowns font irruption pour rajouter un peu de barbaque à la soirée…

En 2011 sort une toute petite comédie d’horreur intitulée Tucker et Dale fightent le malTucker and Dale vs Evil. La critique s’emballe, les spectateurs répondent présent, un statut culte s’installe même d’emblée et le film connaîtra un remake en Corée. Qu’est devenu depuis le réalisateur Eli Craig ? Comme metteur en scène, on l’a revu à la barre d’un épisode de la série Brothers & Sisters, du pilote de la série avortée Zombieland (inspirée du film de Ruben Fleischer) et de Little Evil (avec Evangeline Lilly et Adam Scott), emballée pour le compte de Netflix, avec lequel il retrouvait la veine de son premier long-métrage. Mais tout cela remonte à presque dix ans au minimum. Eli Craig revient enfin aux affaires avec La Nuit des clownsClown In A Cornfield, ou l’adaptation du roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Produit pour un petit million de dollars, tourné en seulement cinq semaines, le film en a rapporté dix fois plus, dont sept millions rien que sur le sol américain où il est sorti bien avant l’été. Soyons honnêtes, il n’y a absolument aucune surprise dans La Nuit des clowns avec son récit ultra-balisé et ses rebondissements aussi attendus que clichés, mais ce ride permet à Eli Craig de se remettre en scène et de prouver son efficacité derrière la caméra. Toutefois, il faut s’armer de patience, car la première partie avant le massacre est trèèèès longue à se mettre en route, l’installation des personnages est aussi interminable que maladroite. Mais lorsque le massacre démarre, cela ne s’arrête quasiment plus jusqu’à la fin et l’humour tant attendu permet de passer un agréable moment.

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Test DVD / Le Secret de Khéops, réalisé par Barbara Schulz

LE SECRET DE KHÉOPS réalisé par Barbara Schulz, disponible en DVD le 9 juillet 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Fabrice Luchini, Julia Piaton, Gavril Dartevelle, Camille Japy, Johann Dionnet, Romain Levi, Vincent Heneine, Marie Denarnaud, Arié Elmaleh, Jackie Berroyer…

Scénario : Barbara Schulz, Christophe Turpin & Jérôme Tonnerre

Photographie : Guillaume Schiffman

Musique : Audrey Ismaël & Olivier Coursier

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Durant des nouvelles fouilles archéologiques dans la ville du Caire, l’archéologue Christian Robinson est convaincu d’avoir découvert une mystérieuse inscription concernant le trésor du pharaon Khéops. Selon lui, il s’agit d’indices laissés par Dominique Vivant Denon, directeur de 1802 à 1815 du musée du Louvre. Accompagné de sa fille Isis et de son petit-fils Julien, il part à la recherche du trésor en espérant accomplir la plus importante découverte archéologique du XXIe siècle.

Aaaah le cinéma d’aventure hexagonal…Qui a pu prendre la relève d’un Jean-Paul Rappeneau ou d’un Philippe de Broca ? La comédienne Barbara Schulz (qui avait un court-métrage à son actif, Le Malheur des autres, en 2018) a voulu rendre hommage au cinéma qui l’a fait rêver en tant que spectatrice, à travers son premier long-métrage comme scénariste et réalisatrice, Le Secret de Kheops. Malheureusement, on est plus proche ici d’Amazone que de L’Homme de Rio et ce sans aucune commune mesure. Car ce premier coup d’essai derrière la caméra s’avère une catastrophe en tout point. Pourtant, on y croyait presque en voyant l’affiche qui promettait du « lourd » avec Fabrice Luchini et Julia Piaton, photoshopés à outrance, renvoyant presque à la campagne promotionnelle d’un nouveau roman de Dan Brown ou d’un énième opus des péripéties de Robert Langdon, auquel Tom Hanks a prêté ses traits (et ses cheveux gras) dans trois épisodes. Si la première séquence se déroulant au Caire est étonnamment prometteuse et rappelle même un épisode de Tintin (par ailleurs cité à la fin du film), on déchante très rapidement une fois que l’action revient à Paris, pour ne plus quitter la capitale durant les 90 minutes restantes, en dehors de l’épilogue. Avec sa mise en scène télévisuelle (pour ne pas dire inexistante), ses acteurs en roue libre, son scénario Toutankharton (elle était facile celle-là) et son rythme pantouflard, Le Secret de Khéops n’a guère rameuté les spectateurs dans les salles avec « seulement » 450.000 entrées. Pour un budget estimé à dix millions d’euros, c’est un peu limite…Quant à une suite envisagée par Barbara Schulz, il semble que le projet soit abandonné. Ou alors pour la petite lucarne, car après tout, on y verrait que du feu.

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Test Blu-ray / Here – Les Plus belles années de notre vie, réalisé par Robert Zemeckis

HERE – LES PLUS BELLES ANNÉES DE NOTRE VIE (Here) réalisé par Robert Zemeckis, disponible en DVD & Blu-ray le 12 mars 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Tom Hanks, Robin Wright, Paul Bettany, Kelly Reilly, Michelle Dockery, Ophelia Lovibond, Beau Gadsdon, Nikki Amuka-Bird…

Scénario : Eric Roth & Robert Zemeckis, d’après le roman graphique de Richard McGuire

Photographie : Don Burgess

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

À travers les âges et les époques, hommes et femmes défilent dans un lieu unique, sur trois générations. En défiant le temps, ce lieu sera le témoin unique de l’évolution de l’humanité et deviendra le théâtre de vies entremêlées, d’histoires d’amour, de conflits et de découvertes…

C’est un fait, le succès échappe à Robert Zemeckis depuis Flight, sorti aux Etats-Unis en 2012, qui avait récolté plus de 160 millions dans le monde pour un budget étonnamment « dérisoire » de trente millions. Malgré leurs immenses qualités, The Walk : Rêver plus haut, Alliés et Bienvenue à Marwen se sont tous les trois plantés au box-office. Les mal-aimés (à juste titre cette fois) Sacrées sorcières The Witches et Pinocchio (adaptation live du long-métrage d’animation Disney) ont connu une exploitation limitée, dans les salles pour le premier ou sur la plateforme de Mickey pour le second et l’on attendait patiemment de revoir un film de Robert Zemeckis dans les salles. Une fois ce retour annoncé, quelle ne fut pas notre impatience de retrouver toute l’équipe de Forrest Gump (devant et derrière la caméra) réunie pour une nouvelle expérience de cinéma, propre à son auteur. La déception est de mise et Here Les Plus belles années de notre vie ne peut rivaliser avec l’ampleur des opus précédents du cinéaste…en ce qui concerne le fond du moins, car force est de constater le 22e long-métrage de Robert Zemeckis possède là encore une bonne longueur d’avance sur ses camarades. Le metteur en scène tant acclamé jadis pour sa trilogie Retour vers le futur et Qui veut la peau de Roger Rabbit, a toujours été à la pointe des effets visuels, à l’instar de la capture de mouvements initiée il y a plus de vingt ans avec Le Pôle express The Polar Express. Toujours à la recherche de nouveaux outils pour raconter ses histoires, Robert Zemeckis bénéficie ici de l’intelligence artificielle, une technologie baptisée Metaphysic Live, utilisée pour rajeunir ses comédiens (en temps réel sur le plateau), dont les personnages sont suivis de l’enfance à la vieillesse. L’occasion de redécouvrir Tom Hanks et Robin Wright comme si le premier venait de tourner Big et la seconde Princess Bride. Le résultat est bluffant et Here interpelle, passionne par son côté technique, qui laisse pantois d’admiration. Cependant, le bât blesse au niveau du récit, les protagonistes ne sont guère attachants et finalement noyés dans les effets spéciaux (omniprésents), d’autant plus que Here reste en caméra fixe durant près de 100 minutes. En fait, le film ressemble à une attraction qui aurait pu tout aussi bien avoir sa place dans un parc à thèmes (après tout, le cinéma est né dans les foires), à l’instar du Visionarium, longtemps disponible à Disneyland Paris, qui utilisait la technique Circle-Vision 360°, qui parlait aussi du thème du voyage dans le temps. C’est ce même sujet que traite Robert Zemeckis, en prenant comme point de vue celui d’une maison, d’une terre même, de la météorite responsable de l’extinction des dinosaures (si si) à l’hiver d’une poignée de personnages qui vont habiter la majeure partie de leur existence dans une bâtisse, dont le cinéaste va disséquer la mémoire des murs. Dommage que l’émotion manque à l’appel donc. Il faudra sans doute beaucoup de temps pour apprécier pleinement Here (qui nous rappelle A Ghost Story de David Lowery), qui pendant longtemps risque de demeurer un fascinant objet d’étude estimé à 50 millions de dollars (hors promo), qui n’aura rapporté que 16 millions dans le monde et attiré seulement 60.000 spectateurs en France.

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Test Blu-ray / Lee Miller, réalisé par Ellen Kuras

LEE MILLER réalisé par Ellen Kuras, disponible en DVD & Blu-ray le 12 février 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Kate Winslet, Andy Samberg, Alexander Skarsgård, Marion Cotillard, Andrea Riseborough, Noémie Merlant, Josh O’Connor, James Murray, Arinzé Kene, Vincent Colombe, Patrick Mille…

Scénario : Liz Hannah, Marion Hume & John Collee, d’après le livre d’Antony Penrose

Photographie : Pawel Edelman

Musique : Alexandre Desplat

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

L’incroyable vie de Lee Miller, ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray, devenue l’une des premières femmes photographes de guerre. Partie sur le front et prête à tout pour témoigner des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, elle a, par son courage et son refus des conventions, changé la façon de voir le monde.

Et encore un biopic…Voici celui consacré à Elizabeth Miller, alias Lee Miller (1907-1977), reporter et photographe américaine, passée à la postérité pour le célèbre cliché la montrant nue, dans la baignoire d’Adolf Hitler, peu de temps après le suicide de son dernier. Nous sommes ici en plein genre ultra-balisé et donc sans aucune surprise. Le film, premier long-métrage comme réalisatrice d’Ellen Kuras, habituellement directrice de la photographie chez Spike Lee (He Got Game), Jim Jarmusch (Coffee and Cigarettes), Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Soyez sympas, rembobinez), Sam Mendes (Away We Go), ne sort pas des sentiers – archis – battus de l’hagiographie et se contente d’aligner les moments clés de la vie de sa protagoniste, formidablement interprétée par Kate Winslet, toujours extraordinairement investie (elle est également productrice) et dont le charisme, ainsi que le talent, sont aussi impressionnants. Projet nourri pendant de longues années, Lee Miller (ou simplement Lee en version originale), n’est évidemment pas inintéressant, mais pâtit d’un manque de rythme. Heureusement, l’intérêt redouble dans une deuxième partie, celle où Lee Miller se rend compte des horreurs de la guerre, avant de les immortaliser avec son Rolleiflex. Nous ne saurons que trop vous conseiller le documentaire de Sylvain Roumette, Lee Miller ou la traversée du miroir (1995), sans doute plus complet que le film d’Ellen Kuras. Néanmoins, Lee Miller est déjà un bon portrait de la photographe, modèle et égérie de Man Ray, et Kate Winslet était la plus parfaite candidate pour incarner cette femme exceptionnelle, aventurière dans son domaine, qui disait n’avoir jamais perdu une minute de sa vie.

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Test Blu-ray / Borderlands, réalisé par Eli Roth

BORDERLANDS réalisé par Eli Roth, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 5 décembre 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Cate Blanchett, Kevin Hart, Jack Black, Ariana Greenblatt, Jamie Lee Curtis, Florian Munteanu…

Scénario : Eli Roth & Joe Crombi

Photographie : Rogier Stoffers

Musique : Steve Jablosky

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Lilith, une chasseuse de primes au passé trouble, revient à contrecœur sur sa planète natale, Pandore, la planète la plus chaotique de la galaxie… Sa mission est de retrouver la fille disparue d’Atlas, l’homme le plus puissant (et le plus méprisable) de l’univers. Pour y arriver, Lilith va devoir former une alliance inattendue avec une joyeuse équipe de marginaux : Roland, un mercenaire chevronné ; Tiny Tina, une pré-ado avec un gros penchant pour la démolition ; Krieg, le protecteur musclé de Tiny Tina ; Tannis, une scientifique fantasque et Claptrap, un robot très bavard. Ensemble, ces héros improbables vont devoir affronter les pires espèces extraterrestres et de dangereux bandits pour découvrir les secrets les plus explosifs de Pandore.

C’est en totale ignorance de la franchise de jeux vidéos (apparemment l’une des plus vendues de tous les temps) que l’auteur de ces mots abordera l’adaptation cinématographique de Borderlands. À la barre de cette superproduction au budget de plus de cent millions de dollars (sans compter les reshoots tardifs orchestrés par Tim Miller), on retrouve Eli Roth, découvert en 2002 avec Cabin Fever, propulsé trois ans plus tard avec Hostel. Après la suite de ce dernier, le metteur en scène marquera les esprits avec The Green Inferno (fabuleux hommage aux films de cannibales italiens des années 1970-1980), puis son excellent Knock Knock, avant de livrer un savoureux remake d’Un justicier dans la ville (Death Wish, avec Bruce Willis). 2018, Eli Roth change de registre et se voit confier La Prophétie de l’horloge, transposition du roman La Pendule d’Halloween de John Bellairs, qui connaît un joli succès au box-office. Après une pause, le revoilà donc aux manettes d’un blockbuster, pour lequel il retrouve Cate Blanchett, star de son précédent long-métrage, dans la peau d’une (super)héroïne bad-ass aux cheveux flamboyants et fine gâchette. Elle est ici accompagnée d’un casting sympathique et se fond à merveille au milieu de décors numériques (mais pas que, le film ayant été tourné en Hongrie), de personnages pittoresques. Sans rien attendre du tout de Borderlands, le charme agit. Avec sa photographie bariolée et sa bande d’outsiders, on pense indéniablement aux Gardiens de la galaxie, sur lesquels Borderlands semble prendre un malin plaisir à piétiner les plates-bandes. S’il n’atteint pas les Guardians de James Gunn à la cheville, Borderlands n’a cependant pas à rougir de la comparaison dans les scènes d’action, excessivement généreuses, nawaks, mais avec lesquelles Eli Roth paraît s’amuser. Il y a quelque chose de contagieux dans Borderlands, qui ne révolutionne rien, qui s’inspire ouvertement à droite à gauche (sans « copier » à la Tarantino, ce qui a toujours été une grande différence entre le sieur Quentin et Roth), mais qui le fait bien, en assumant sa condition de sale gosse et sans doute d’ersatz. Un très bon divertissement au final.

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Test DVD / Super papa, réalisé par Léa Lando

SUPER PAPA réalisé par Léa Lando, disponible en DVD le 5 décembre 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Ahmed Sylla, Zabou Breitman, Ismaël Bangoura, Julien Pestel, Louise Coldefy, Claudia Tagbo…

Scénario : Fadette Drouard, Léa Lando & Nathanaël Guedj

Photographie : Jérôme Alméras

Musique : Laurent Perez Del Mar

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Pour les 8 ans de son fils Gaby, Tom, lui offre sans le vouloir un livre… qui ne contient que des pages blanches. Devant la déception de Gaby et pour ne pas perdre la face, Tom prétend qu’il s’agit d’un livre magique : il suffit d’y écrire ses rêves pour qu’ils se réalisent. Voilà comment, totalement dépassé, Tom va tout mettre en œuvre pour exaucer les rêves de son fils, même les plus fous !

Depuis sa révélation en 2011 dans l’émission On n’demande qu’à en rire, l’humoriste et comédien Ahmed Sylla a naturellement fait son chemin au cinéma. Le succès viendra d’ailleurs très vite, puisque L’Ascension de Ludovic Bernard franchira la barre du million d’entrées en 2017. Rebelote pour Inséparables de Varante Soudjian. Ahmed Sylla tourne beaucoup, trop sans doute, ayant été à l’affiche d’une dizaine de longs-métrages depuis 2020, en faisant d’autres scores plutôt honnêtes au box-office, mais jamais de réels échecs. Cependant, on sent que l’acteur arrive au bout d’un concept et ce n’est pas Super papa qui va contredire cela. À mi-chemin entre Menteur, menteur Liar Liar de Tom Shadyac, Le Prince oublié de Michel Hazanavicius et Demain tout commence de Hugo Gélin, le premier long-métrage de Léa Lando, également humoriste et animatrice surfe sur une vague de comédies éculées, dont l’aspect téléfilm ou même série télévisée (du genre Scènes de ménages) est représentatif d’un certain genre de cinéma français dit populaire, où les histoires – comme la distribution et même l’affiche sur fond bleu – s’avèrent interchangeables, où la forme est complètement oubliée. Sur le fond, Super papa n’est pas « déplaisant » et Ahmed Sylla fait le job, on ne passe pas un mauvais moment, mais tout s’évapore alors même que le générique, sur fond de Djadja d’Aya Nakamura (pitié…), est à peine démarré. Au suivant !

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Test Blu-ray / Breathe, réalisé par Stefon Bristol

BREATHE réalisé par Stefon Bristol, disponible en DVD & Blu-ray le 16 octobre 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jennifer Hudson, Milla Jovovich, Quvenzhané Wallis, Sam Worthington, Common, Raúl Castillo, Dan Martin, Kaliswa Brewster, James Saito…

Scénario : Doug Simon

Photographie : Felipe Vara de Rey

Musique : Isabella Summers

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Maya et sa fille sont obligées de vivre sous terre après que la Terre ait été rendue inhabitable par un manque d’oxygène. Seuls de brefs voyages à la surface sont possibles grâce à une combinaison à oxygène ultramoderne fabriquée par le mari de Maya, Darius, qu’elle présume mort. Lorsqu’un couple mystérieux arrive, prétendant connaître Darius, Maya accepte de les laisser entrer dans leur bunker, mais sont-ils vraiment ce qu’ils semblent être ?

Aaaaah Milla Jovovich…Difficile de résumer plus de 35 ans de carrière au cinéma, tant il n’en ressort pas grand-chose en dehors du Cinquième Élément The Fifth Element de Luc Besson , qui allait la faire connaître dans le monde entier, et les six épisodes de la saga Resident Evil, qu’elle aura porté pendant une quinzaine d’années. Malgré une filmographie conséquente, peu de films sortent réellement du lot, à part bien sûr He Got Game de Spike Lee, The Million Dollar Hotel de Wim Wenders et Jeanne d’Arc – The Messenger: The Story of Joan of Arc, cette fois encore de Luc Besson. Mais ça c’était avant l’an 2000. Depuis, la belle ukrainienne naturalisée américaine collabore souvent avec son mari Paul W. S. Anderson, qui avait emballé quatre opus de Resident Evil, ainsi que l’inénarrable The Three Musketeers Les Trois Mousquetaires (2011) et dernièrement Monster Hunter, adaptation de la série de jeux vidéo du même nom éditée par Capcom. Le pire, c’est que Milla Jovovich est loin d’être mauvaise actrice et elle le prouve une nouvelle fois avec Breathe, réalisé par Stefon Brostol, metteur en scène américain remarqué avec See You Yesterday, qui avait fait un carton sur Netflix en 2019. Cinq ans plus tard, le voilà aux manettes d’un film post-apocalyptique, dont l’affiche est centrée sur Milla Jovovich, mais qui apparaît en réalité comme second rôle, laissant la place principale à Jennifer Hudson et Quvenzhané Wallis. Si Breathe est bien interprété, sauf par Sam Worthington qui comme d’habitude en fait des tonnes, l’aspect fauché de l’ensemble laisse à désirer, l’histoire est redondante et peu de scènes marquent réellement. On peut laisser sans problème son cerveau au vestiaire pendant 1h30, le récupérer à la fin du film, qui ne laissera aucun souvenir une fois les neurones rebranchés.

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Test DVD / Boléro, réalisé par Anne Fontaine

BOLÉRO réalisé par Anne Fontaine, disponible en DVD le 10 juillet 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Raphaël Personnaz, Doria Tillier, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Vincent Perez, Anne Alvaro, Sophie Guillemin, Alexandre Tharaud, Serge Riaboukine…

Scénario : Anne Fontaine & Claire Barré, d’après le livre de Marcel Marnat

Photographie : Christophe Beaucarne

Musique : Bruno Coulais

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Paris, les années folles. Les oreilles de Maurice Ravel bourdonnent quand Ida, chorégraphe sensuelle et audacieuse, lui commande la musique de son prochain ballet. Tétanisé, Ravel ne sait plus où chercher l’inspiration. C’est en puisant dans ses souvenirs et en s’inspirant des femmes de sa vie que le compositeur créera sa plus grande œuvre : Le Boléro.

« Il ne s’écoule jamais plus d’un quart d’heure sans qu’on entende le Boléro de Ravel quelque part dans le monde » indique un panneau en guise de conclusion du film d’Anne Fontaine. Mais près de deux heures avant cela, le générique d’ouverture montre déjà que l’oeuvre du compositeur n’a eu de cesse d’être empruntée, détournée, mixée, samplée ou tout simplement réinterprétée depuis sa création (et son triomphe) en 1928. Boléro, titre simple, concis, entier, est le dix-neuvième long-métrage réalisé par Anne Fontaine en un peu plus de trente ans, qui trois après sa fantaisie où elle imaginait le retour politique de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, unis contre l’imminence au pouvoir de Marine Le Pen dans Présidents, livre un faux biopic, non pas sur la figure même de Maurice Ravel, mais sur celle de la création de son œuvre la plus célèbre au monde, le Boléro. Le film démarre d’ailleurs en 1903, alors que le jeune musicien est âgé de 28 ans, jusqu’à son décès en 1937. Mais le Boléro est et demeure le pivot central du récit, comme il l’a finalement été dans la vie de Maurice Ravel. Anne Fontaine observe son personnage principal avec admiration et aussi beaucoup de questionnements, comme si elle savait elle-même qu’en dépit des moyens présentés par le cinéma, elle ne pourrait pas mettre à jour la face cachée du compositeur, sonder son âme perturbée, décoder ses secrets, dévoiler son processus créatif. La force de Boléro provient de Raphaël Personnaz, indéniablement dans un de ses meilleurs rôles et qui livre sans doute sa plus grande prestation à ce jour. Tout en intériorité, le comédien rend compte du bouillonnement qui s’emparait au quotidien de Maurice Ravel, qui ne vivait que pour la musique, au point qu’il n’arrivait pas à s’exprimer autrement, sans jamais être satisfait de ce qu’il entreprenait, malédiction des artistes. Boléro est un sommet dans la carrière de la cinéaste et de sa tête d’affiche.

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Test DVD / Quelques jours pas plus, réalisé par Julie Navarro

QUELQUES JOURS PAS PLUS réalisé par Julie Navarro, disponible en DVD le 7 août 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Benjamin Biolay, Camille Cottin, Amrullah Safi, Makita Samba, Saadia Bentaïeb, Loula Bartilla Besse, Olivier Charasson, Andranic Manet, Hippolyte Girardot…

Scénario :Julie Navarro et Marc Salbert, d’après le roman de ce dernier, De l’influence du lancer de minibar sur l’engagement humanitaire

Photographie : Sylvestre Dedise

Musique : Arnaud Rebotini

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Arthur Berthier, critique rock relégué aux informations générales après avoir saccagé une chambre d’hôtel, découvre que le journalisme est un sport de combat. Envoyé à l’hôpital par un CRS en couvrant l’évacuation d’un camp de migrants, il tombe sous le charme de Mathilde, la responsable de l’association Solidarité Exilés et accepte, pour quelques jours croit-il, d’héberger Daoud, un jeune Afghan.

Oui bon d’accord, le cinéma français bien-pensant blabla, les bobos de cinquante piges, les écouteurs vissés sur les oreilles en train d’écouter The Kinks ou The Zombies, confortablement installés dans leur 50m² à Barbès (car ils aiment le melting-pot), en train de découvrir le monde (les migrants quoi), qui se découvrent une âme de militant (par hasard, après avoir reçu un coup sur la tronche ici) et qui décident (malgré eux) de recueillir un demandeur d’asile. C’est Quelques jours pas plus, premier long-métrage écrit et réalisé par Julie Navarro, ancienne assistante de Véra Belmont, Jean-François Davy, Jean-Marc Vallée et ancienne directrice de la distribution (sur La Science des rêves, Mariage à Mendoza, Hippocrate, Médecin de campagne…). Cependant, si le pitch peut effectivement faire peur, Quelques jours pas plus est une première œuvre extrêmement attachante et contre toute attente, on suit le cheminement de son protagoniste, critique musical qui commence à avoir de la bouteille et qui semble revenu de tout, qui se retrouve embringué dans le quotidien d’une association caritative, spécialisée dans l’accueil des migrants et réfugiés à Paris. Ce dernier est en outre interprété par Benjamin Biolay, qui mine de rien s’est construit une vraie filmographie depuis une quinzaine d’années. Depuis ses débuts devant la caméra de Vincent Dietschy (dans Didine), l’interprète multi-récompensé de Comment est ta peine ? n’a eu de cesse d’enchaîner les rôles (une bonne cinquantaine désormais), en prenant petit à petit une véritable épaisseur et un charisme qui s’est encore plus sculpté avec les années. Après Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkowicz, Personal Shopper d’Olivier Assayas, Irréprochable de Sébastien Marnier, Les Apparences de Marc Fitoussi (pour ne citer que ceux-là), Benjamin Biolay trouve incontestablement l’un de ses meilleurs personnages dans Quelques jours pas plus (adaptation du roman de Marc Salbert, compagnon de la metteuse en scène, dénommé De l’Influence du lancer de minibar sur l’engagement humanitaire publié en 2015 sous Le Dilettante), dans lequel il est criant de vérité. Un joli film sincère, émouvant, drôle aussi, à la frontière du documentaire, qui ne tombe pas dans le piège du message enfoncé à coups de marteau dans le crâne des spectateurs, mais qui lui expose des faits, sans en rajouter. Une belle découverte.

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