Test 4K-UHD / Sang froid, réalisé par Hans Petter Moland

SANG FROID (Cold Pursuit) réalisé par Hans Petter Moland, disponible le 27 juin 2019 en DVD, Blu-ray et 4K-UHD chez Studiocanal

Acteurs : Liam Neeson, Tom Bateman, Tom Jackson, Emmy Rossum, Laura Dern, John Doman, Domenick Lombardozzi, Julia Jones…

Scénario : Frank Baldwin d’après une histoire originale de Kim Fupz Aakeson et le film Refroidis de Hans Petter Moland

Photographie : Philip Øgaard

Musique : George Fenton

Durée : 1h59

Année de sortie : 2019

LE FILM

Bienvenue à Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. La police locale n’y est pas franchement très sollicitée jusqu’au jour où le fils d’un conducteur de chasse-neige, Nels Coxman, est assassiné sur ordre de Viking, un baron de la drogue. Armé d’une rage implacable et d’une artillerie lourde, Nels entreprend de démanteler le cartel de Viking. Sa quête de justice va rapidement se transformer en une vengeance sans pitié. Alors que les associés de Viking « disparaissent » les uns après les autres, Nels passe d’un citoyen modèle à un justicier au sang-froid, qui ne laisse rien – ni personne – se mettre en travers de son chemin.

L’horrible trilogie Taken avait fait oublier à quel point Liam Neeson peut être bon quand il s’en donne la peine et quand il est bien dirigé. Comme Nicolas Cage quoi. Entre quelques purges bien senties, Taken, Taken 2, Taken 3, Le Choc des Titans, La Colère des Titans, The Other Man, le comédien se souvient de son boulot et n’hésite pas à s’investir dans de grands projets comme Chloe d’Atom Egoyan, Le Territoire des loupsde Joe Carnahan, Balade entre les tombes de Scott Frank, A Monster Calls – Quelques minutes après minuitde Juan Antonio Bayona, Silence de Martin Scorsese et Les Veuves de Steve McQueen. Les derniers divertissements de sa filmographie, même pas coupables, car rappelons que « plaisir coupable » ne veut rien dire, restent incontestablement ses collaborations avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra, Sans identité (2011), Non-Stop (2014), Night Run (2015) et The Passenger (2018), même si cette dernière avait quelque peu déçu. Faussement vendu comme un « Taken sous la neige », Sang froidCold Pursuit, ou bien encore Poursuite de sang-froid chez nos amis québécois, n’a absolument rien à voir avec les nanars sortis de l’écurie Besson. On se retrouve en effet devant une comédie brutale à l’humour noir, sous l’influence des frères Coen, plus particulièrement de Fargo. Une grande et heureuse surprise donc.

« De loin le meilleur film où Liam Neeson tue tout le monde ! » scandait l’affiche du film à sa sortie. Quelle connerie. Des morts, oui il y en dans Sang froid. Pas mal. Il y en a même 26 au total. Mais même si Liam Neeson prend la pétoire, il n’en tue ici que trois sur près de deux heures. Conscient de son image véhiculée par la trilogie qui a fait de lui une action-star à l’âge de 56 ans, Liam Neeson joue ici avec son image et déjoue les attentes des spectateurs en prouvant qu’il sait rire de lui-même. S’il porte le film sur son nom et truste la quasi-intégralité de l’affiche, il n’est pourtant ici qu’un grain de sable dans une machine jusqu’ici bien huilée. Son personnage se retrouve entre deux bandes rivales, qui vont se percuter en raison du dénommé Coxman, Liam Neeson donc, qui a décidé de venger la mort de son fils en passant à l’acte. Le réalisateur norvégien Hans Petter Moland, expédie d’ailleurs rapidement la vengeance de son protagoniste, en un temps rapproché, pour ensuite se focaliser sur son incidence au sein des mafieux locaux. Le reste du temps Liam Neeson observe, continue d’enquêter, observe les piranhas se dévorer entre eux, jusqu’au règlement de compte final.

Sang froid est le remake du film norvégien RefroidisKraftidioten (inédit en France), mis en scène par Hans Petter Moland lui-même en 2014, avec Stellan Skarsgård et Bruno Ganz. Après un troisième volet de la désormais franchise Les enquêtes du Département V appelé Délivrance, le cinéaste se voit proposer d’emballer aux Etats-Unis cette « adaptation » de son propre long métrage, avec des capitaux français (Studiocanal est de la partie) et un casting comprenant également la grande Laura Dern. Tourné dans les extraordinaires décors naturels de la Colombie-Britannique, Sang froid n’est donc pas un film d’action, mais une valse avec la mort qui ne se prend pas du tout au sérieux avec un humour très particulier, typique du cinéma scandinave. En fait, le spectateur qui ne saurait rien de l’histoire, aura besoin d’un certain temps d’adaptation. On est tout d’abord franchement décontenancé dès le premier acte, durant lequel on se demande si l’humour est volontaire, surtout durant la scène où Coxman et sa femme se rendent à la morgue pour identifier leur fils. Alors, une fois que l’on a compris où le réalisateur, ou plutôt comment ce dernier compte conduire son récit, Sang froid devient très réjouissant, d’autant plus que le film est également très beau à regarder grâce à la superbe photographie de Philip Øgaard, chef opérateur qui avait déjà officié sur Refroidis.

Les exécutions sont ponctuelles, parfois inattendues, tandis que le metteur en scène s’amuse à tenir les comptes des macchabées, comme pour un véritable stand de tir de fête foraine. Liam Neeson promène sa longue silhouette, évidemment au fait que rien de tout ceci n’est sérieux et visiblement réjoui à l’idée de tromper les spectateurs sur leurs attentes. Il est ici impeccable, aussi excellent dans les séquences véritablement dramatiques (tout ce qui concerne le deuil et la crise de son couple) que dans les scènes pince-sans-rire ou bien encore quand son personnage, qui se laisse porter par ses pulsions, décide d’étrangler (maladroitement) un des sbires responsables de la disparition de son fils de 21 ans. Le reste du casting est à l’avenant, mention spéciale au comédien britannique Tom Bateman, suintant et irritant à souhait dans le rôle de Trevor « Viking » Calcote (Jekyll & Hyde), psychopathe qui mène ses hommes prénommés Speedo, Limbo, Dante, Mustang comme une parodie vegan de Tony Montana. Tout cela pour dire que Sang froid est un thriller très plaisant et amusant, à découvrir absolument.

LE 4K-UHD

Studiocanal soigne le service après-vente pour la sortie de Sang froid dans les bacs. Une édition DVD, Blu-ray et 4K-UHD pour le film de Hans Petter Moland ! L’édition qui nous importe aujourd’hui se présente sous la forme d’un boîtier Steelbook qui renferme les disques Blu-ray et UHD. Même menu principal pour les deux disques, animé et musical. Les suppléments sont disponibles sur le Blu-ray traditionnel.

On démarre la section des suppléments avec quelques scènes coupées (5’), qui prolongent quelque peu l’apparition du fils des Coxman en début de film. Une autre séquence marquante montre le personnage joué par Laura Dern, enfermée dans sa douleur (et jetant son cannabis dans les toilettes), tandis que son époux tente de se « vider la tête » dans quelques tâches ménagères. Le reste est anecdotique.

Deux interviews se suivent. La première donne la parole à Liam Neeson (9’), en pleine promo de Sang froid, qui tente de trouver les arguments pour donner envie aux spectateurs de venir voir le film, autrement dit en caressant dans le sens du poil celles et ceux qui le suivent dans ses films d’action, tout en indiquant que Sang froid est un film complètement différent. Un numéro de funambule bien rôdé, durant lequel le comédien, qui économise ses arguments, aborde la psychologie de son personnage, l’humour noir du film, ses partenaires, les conditions de tournage, ainsi que les différences avec le film original de Hans Petter Moland.

Ce dernier intervient également durant un entretien de huit minutes, dans lequel il dresse un parallèle entre Refroidis et Sang froid, tout en évoquant les prises de vue difficiles liées aux conditions climatiques, ainsi que le travail avec les comédiens.

Le making of (27’) met comme qui dirait tout cela en images. Les images de tournage abondent, ainsi que les propos de l’équipe. Les acteurs, producteurs, le chef opérateur, la costumière, le directeur de la photographie, le chef décorateur n’hésitent pas à raconter toute l’histoire, en pensant peut-être que les spectateurs auront vu le film original avant Sang froid.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Quelle belle édition UHD ! La différence avec le Blu-ray se joue essentiellement au niveau de la profondeur de champ et de la luminosité des plans enneigés, absolument ébouriffants de beauté sur le disque 4K. Le HDR en met plein la vue avec une clarté omniprésente, des noirs dans lesquels on se perd (la scène du discours), sans oublier les menus détails sur les visages des comédiens, en particulier celui de Liam Neeson que Hans Petter Moland s’amuse à filmer sous tous les angles, tout comme les costumes et la fourrure de la parka de l’intéressé. Sublime cadre large aux contrastes léchés, où les rares touches de couleurs (le rouge du sang, le jaune des véhicules) s’élèvent dans un environnement immaculé. Si certaines séquences semblent en deçà, celles se déroulant dans la pénombre dans la maison des Coxman, cette mouture 4K reste néanmoins époustouflante du début à la fin.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages Dolby Atmos français et anglais, aussi immersifs dans les scènes d’affrontements secs que dans les séquences plus calmes. Les quelques pics de violence peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales, avec les balles qui environnent le spectateur, surtout lors de l’assaut final. Les effets annexes sont très présents et dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des actions au moment opportun. La spatialisation est en parfaite adéquation avec le ton du film. Studiocanal livre également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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