
LES INTRUS: Chapitre 2 (The Strangers: Chapter 2) réalisé par Renny Harlin, disponible en DVD & Blu-ray le 12 mars 2026 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Madelaine Petsch, Froy Gutierrez, Rachel Shenton, Ema Horvath, Gabriel Basso, Ella Bruccoleri, Richard Brake…
Scénario : Alan R. Cohen & Alan Freedland
Photographie : José David Montero
Musique : Justin Caine Burnett
Durée : 1h38
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Les Intrus sont de retour – plus brutaux et impitoyables que jamais. Lorsqu’ils découvrent que l’une de leurs victimes, Maya, a survécu, ils reviennent pour terminer ce qu’ils ont commencé. Traquée et isolée, Maya doit affronter un nouveau chapitre terrifiant alors que les tueurs insensés et inarrêtables, la traquent, prêts à éliminer quiconque se mettra en travers de leur route.

Reprenons où nous en étions. Sorti en 2018, The Strangers : Prey at Night était la suite de The Strangers de Bryan Bertino, grand succès critique et commercial de l’année 2008 (82 millions de dollars de recette pour un budget de 10 millions), même si le film était resté inédit dans les salles françaises. Dix ans plus tard, les producteurs décidaient de faire revenir leurs psychopathes masqués, qui s’en prenaient cette fois-ci à toute une famille, deux parents et leurs deux enfants étudiants, dans une unité de lieu (un parc isolé) et de temps (une nuit). Pour ce nouvel opus au budget plus conséquent, la mise en scène avait été confiée au réalisateur Johannes Roberts, remarqué en 2012 avec Storage 24 et son film à requins 47 Meters Down en 2017. S’il ne révolutionnait rien dans le genre, The Strangers : Prey at Night ne se foutait pas de la tronche des spectateurs et réservait son lot de séquences impressionnantes, violentes et graphiques, qui le plaçaient bien au-dessus de la moyenne des productions du même acabit qui pullulent encore aujourd’hui dans les salles au sol jonché de popcorn. Six ans plus tard, que faire ? Un troisième épisode ? Hum…le précédent est déjà un peu loin dans la tête des spectateurs…quelqu’un a alors eu l’idée du siècle, proposer un remake du premier épisode (bah tiens…), ou un hommage (comme le dirait Tarantino, tout en recopiant ses prédécesseurs comme un sagouin), tout en pensant ce « nouvel » opus comme une suite (ou pas), et quitte à le refaire, pourquoi ne pas présenter un reboot qui prendrait la forme d’une nouvelle trilogie ? Vous suivez ? Non ? Ce n’est pas bien grave, mais voici donc Les Intrus ou The Strangers: Chapter 1 en version originale, ce qui annonçait immédiatement le fait que d’autres chapitres devaient suivre prochainement. En fait trèèèès prochainement puisque les trois volets ont été tournés simultanément, avec le même casting et surtout le même réalisateur à la barre. Ce dernier n’est autre que ce bon vieux Renny Harlin (ou Lauri Mauritz Harjola pour les intimes), oui oui, le metteur en scène du Cauchemar de Freddy –A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master, de 58 minutes pour vivre – Die Hard 2, de Cliffhanger : Traque au sommet…Désormais âgé de 65 ans, le cinéaste finlandais, n’a jamais cessé de tourner et ce malgré le gouffre financier de L’Île aux pirates – Cutthroat Island. Depuis trente ans, ses films se sont succédé, parmi lesquels Au revoir à jamais – The Long Kiss Goodnight, Peur Bleue – Deep Blue Sea, Driven et…après il est difficile de citer un de ses longs-métrages, à part peut-être le bon gros nanar La Légende d’Hercule en 2014, avec l’endive Kellan Lutz. Toujours est-il que Renny Harlin s’acquitte honorablement de sa tâche avec des moyens modestes (et dans un coin paumé en Slovaquie), et livrait un bon petit survival, qui n’arrivait certes pas à la cheville de The Strangers : Prey at Night et encore moins de The Strangers, mais qui fonctionnait bien, tenait en haleine grâce à des effets efficaces (même si usés jusqu’à la corde) et à un casting solide, mené par la belle rouquine Madelaine Petsch, vedette de cette trilogie. Le second opus s’ouvre sur une des scènes les plus emblématiques du premier volet (« Is Tamara Here ? »), où l’on aperçoit cette fois le visage jusqu’alors dissimulé dans l’ombre. On comprend d’emblée que Les Intrus : Chapitre deux va accorder plus d’importance à l’identité des tueurs et peut-être expliquer la raison pour laquelle ils s’en prennent à des inconnus. Mais ce second épisode va aussi développer un peu plus le personnage de Maya, ou tout du moins la plonger dans une autre situation, qui lui permettra d’évoluer sur le terrain face à ses adversaires. Vu le budget alloué à cette production, Renny Harlin s’en sort une fois de plus très bien derrière la caméra et signe un deuxième film, certes non dénué de défauts, mais toujours aussi bien interprété par Madelaine Petsch. Une bonne surprise depuis le début cette trilogie ! Et on attend désormais le troisième et dernier chapitre…


En 2021, dans la petite ville de Venus, en Oregon, la serveuse de Carol’s Diner, Shelly frappe à la porte de sa chambre de motel et demande si Tamara est à la maison. Quelque temps plus tard, Shelly (Pin-Up Girl), Scarecrow et Dollface tuent Frank dans les bois par une nuit pluvieuse. À l’heure actuelle, Maya Lucas se rétablit à l’hôpital du comté de Venus suite à sa rencontre avec les trois tueurs masqués. Ses revendications sont balayées par le shérif et son adjoint, qui tentent d’éviter l’implication de l’État et de la police fédérale pour empêcher leurs dissimulations d’être exposées. À la tombée de la nuit, Maya se retrouve piégée à l’hôpital alors que les étrangers la poursuivent après avoir découvert qu’elle est vivante. Après avoir échappé à Scarecrow à la morgue, où il tue un ordonné, Maya s’échappe et tombe sur une ferme équestre où elle cherche l’aide du propriétaire qui est tué par Pin-Up Girl avec une arbalète. Maya l’attaque avec une fourche avant de signaler l’infirmière Danica et son colocataire Chris Sampson, qui rentrent chez eux en voiture sur une route voisine. Maya accepte d’aller chez eux. Sur le chemin, ils rencontrent leurs colocataires, Gregory et Wayne, qui rentrent chez eux sous la pluie. Les deux montent dans la voiture. Peu de temps après, Maya saute de la voiture après avoir eu une crise de panique sur le fait que les occupants de la voiture étaient ses attaquants. Elle se cache dans les bois…


Ce qui étonne dans cette suite, ce sont ses nombreuses scènes quasi-muettes, centrées sur le personnage de Maya, seule, tentant d’échapper au trio infernal. Mais avant cela, Renny Harlin, même s’il s’en défend, rend un bel hommage à Halloween 2 (1981) de Rick Rosenthal. Mais il faut aussi « accepter » que l’hôpital s’avère désertique, sans personnel médical et même sans aucun autre patient. Des choses « hénaurmes » à approuver, et il y en aura d’autres dans Les Intrus : Chapitre deux, mais une fois que le spectateur s’est mis en tête que rien n’était réaliste, le spectacle fonctionne. C’est le cas pour LA scène la plus marquante du film, celle où Maya affronte, non pas la Pin-Up Girl ou ses camarades de jeu, mais…un sanglier qui s’en prend à elle dans la forêt. Oui oui, un bon gros mammifère omnivore, entièrement réalisé en images de synthèse bien sûr, qui souhaite mettre quelques bons coups de museau dans le joli fessier de l’actrice principale. Balance ton porc ! Le pire, c’est qu’on a beau se dire que les effets sont médiocres, on se laisse prendre, on rit et on a même peur pour notre héroïne à la chevelure flamboyante. Pari réussi donc.


Maya évolue, joue les Rambo quand elle doit recoudre ses plaies ouvertes et évidemment sans anesthésie, prend enfin les armes pour se défendre si elle n’a pas le choix, et continue son chemin au milieu de nulle-part, pour essayer de se sortir de ce labyrinthe infernal. Quelques flashbacks dévoilent l’enfance de la Pin-Up Girl, quand celle-ci était à l’école, où elle fit sa première victime, par jalousie. Une autre élève du nom de Tamara. Puis, les masques tombent. Les Intrus : Chapitre deux laisse plus de place au comédien Gabriel Basso, vu dans Juré n°2 de Clint Eastwood, Super 8 de J. J. Abrams, A House of Dynamite de Kathryn Bigelow, ainsi qu’à l’excellente Ema Horvath (vue dans la série Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir). Mais celui qu’on aime beaucoup et qui apporte un petit côté Twin Peaks à l’entreprise est Richard Brake (le Roi de la Nuit de Game of Thrones), qui incarne le shérif de la bourgade, étrange bonhomme dont on se demande si on peut compter sur lui, s’il ne dissimule pas des informations capitales, ou s’il ne fait pas partie du lot de psychopathes.


Les trois films ayant été filmés en même temps à Bratislava à la fin de l’année 2022 (près d’un mois de reshoots ont été nécessaires après la sortie du premier), on retrouve la jolie photo signée José David Montero (Hell Fest, Seven Sisters), le rythme est tout aussi soutenu et l’enchaînement ininterrompu de rebondissements fait qu’on ne se pose pas trop de questions sur le scénario. Toujours est-il que Les Intrus : Chapitre deux s’avère une savoureuse série B, qui cependant n’a pas connu le même accueil que le premier avec seulement 16 millions de dollars récoltés, quasiment uniquement sur le sol américain, tandis qu’en France le deuxième volet perdait la moitié des spectateurs par rapport au précédent opus, avec seulement 90.000 spectateurs.


Mais peu importe, le troisième chapitre est déjà sorti outre-Atlantique (qui là encore a fait deux fois moins d’entrées que le second) et on a hâte de savoir comment tout cela va se terminer pour Maya !


LE BLU-RAY
Un an et demi après la sortie du premier en HD dans nos contrées, Les Intrus : chapitre deux débarque en DVD et Blu-ray chez Metropolitan Film & Video. Pas de date annoncée quant à mise à dispo du troisième et dernier opus. Le menu principal est animé et musical.

Une galette bien fournie en bonus.
Le premier supplément est un making of (19’). Composé de nombreuses images de tournage et des coulisses, ce module classique compile les interventions de toute l’équipe (réalisateur, acteurs, producteurs, chef opérateur, scénaristes…), tous revenant en détails sur la raison d’être de cette trilogie et en se focalisant évidemment cette fois sur le deuxième chapitre. Les conditions des prises de vue, les décors naturels, les effets spéciaux (pour la scène du sanglier), les partis-pris esthétiques, la psychologie des personnages sont les sujets abordés.









Le gros morceau est l’intervention de Madelaine Petsch (actrice et productrice exécutive), de Renny Harlin (réalisateur) et Courtney Solomon (producteur) au Comic-Con de San Diego en juillet 2025 (43’). Animé par Perri Nemiroff de Collider, ce Q&A s’attarde sur le deuxième chapitre des Intrus, avec quelques extraits en sus pour appâter le public. Les trois invités répondent aux questions sur les conditions de tournage, reviennent sur l’évolution du personnage de Maya, sur les séquences les plus compliquées à mettre en scène, comme celle du plan-séquence à l’hôpital. Par ailleurs, Renny Harlin se défend d’avoir pensé à Halloween 2 pour cette scène, qui fait pourtant beaucoup penser à l’un des moments les plus emblématiques du film de Rick Rosenthal.



L’interactivité se clôt sur une galerie (matériel promotionnel, photos de tournage, de l’avant-première à Los Angeles en septembre 2025), sans oublier le teaser et la bande annonce des deux premiers chapitres.

L’Image et le son
Comme nous le disions pour le premier épisode, la photographie du chef opérateur José David Montero est l’un des atouts de ce thriller horrifique. Les contrastes sont tranchés en Haute-Définition avec des noirs d’une densité jamais démentie et les détails ne manquent pas, y compris dans les séquences les plus sombres. Ces scènes s’en sortent aussi bien que celles tournées en plein jour, avec un piqué qui demeure entre autres acéré. Le cadre large n’est pas avare en détails, surtout sur les gros plans des acteurs.

L’ensemble des enceintes des pistes anglaise et française DTS-HD Master Audio 5.1 est mis à contribution aux quatre coins cardinaux. Les ambiances fusent sur les scènes d’affrontements, la musique bénéficie d’un traitement de faveur avec une large ouverture, plongeant instantanément le spectateur dans l’ambiance. Les dialogues ne sont jamais pris en défaut et demeurent solidement plantés sur la centrale. N’oublions pas le caisson de basses, qui se mêle ardemment à ce spectacle acoustique aux effets secs et percutants. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants.


Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Lionsgate / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
