Test 4K UHD / Marche ou crève, réalisé par Francis Lawrence

MARCHE OU CRÈVE (The Long Walk) réalisé par Francis Lawrence, disponible en DVD, Blu-ray & Édition collector limitée – 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook le 14 février 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Cooper Hoffman, David Jonsson, Garrett Wareing, Tut Nyuot, Charlie Plummer, Ben Wang, Jordan Gonzalez, Joshua Odjick…

Scénario : J.T. Mollner, d’après le roman de Stephen King

Photographie : Jo Willems

Musique : Jeremiah Fraites

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Le jeune Garraty va concourir pour  » La Longue Marche « , une compétition qui compte cent participants. Cet événement sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…

Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle pour que Marche ou crève The Long Walk, roman d’anticipation dystopique de Richard Bachman, aka Stephen King bien évidemment, soit adapté au cinéma. Longtemps envisagé par Frank Darabont (et même George A. Romero avant lui dans les années 1980), qui avait déjà signé Les Évadés, La Ligne verte, The Mist et qui avait acheté les droits du livre dans le but de le transposer lui-même (on parle d’une bonne douzaine d’années), Marche ou crève change de crèmerie en 2018, débarque chez New Line où le projet prend enfin forme. James Vanderbilt se penche sur le scénario et commence à donner quelques sérieux signes de fatigue (The Amazing Spider-Man, Total Recall : Mémoires programmées, The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros), puis son travail est finalement oublié. C’est son confrère JT Mollner (inconnu au bataillon) qui se charge du script. Le nom d’André Øvredal (Le Dernier voyage du Demeter, Scary Stories, The Jane Doe Identity) circule pour réaliser le film, avant que LionsGate ne confie définitivement Marche ou crève à Francis Lawrence, qui vient de connaître à nouveau le succès avec Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteurThe Ballad of Songbirds and Snakes, que personne n’attendait réellement et qui a enthousiasmé à la fois la critique et le public. Changement radical pour le metteur en scène révélé en 2005 avec Constantine, puis qui a signé d’immenses hits (Je suis une légende, De l’eau pour les éléphants, Red Sparrow et quatre opus de la saga Hunger Games donc, bientôt cinq d’ailleurs), sans connaître un seul échec depuis vingt ans. Habitué aux budgets conséquents de cent millions de dollars (au minimum), il se retrouve doté ici de « seulement » 20 millions de billets verts pour restituer la moelle épinière d’un des romans les plus célèbres et emblématiques de la carrière de Stephen King. Un pari qu’il relève une fois de plus haut la main et qui tombe à point nommé, politiquement parlant on va dire, qui démontre que certains écrits du Maître de l’horreur, surtout à la fin des années 1970, s’accompagnaient d’un caractère prophétique, d’un appel à la vigilance quant à l’avenir des États-Unis, de la montée des extrêmes, de la politique-spectacle. Marche ou crève est un huis clos à ciel ouvert, qui respecte le matériel original, mais l’adapte aussi intelligemment pour au final livrer un divertissement malin, qui en a dans la caboche, qui fait appel à la matière grise du spectateur, qui contente à la fois celles et ceux qui sont venus pour avoir des sueurs froides et les autres qui veulent également ce petit truc en plus qui distinguerait ce film du tout-venant. Une grande réussite et assurément un classique en devenir.

Aux États-Unis, ravagés par une guerre civile, s’est installé un régime militaire totalitaire. L’événement annuel, la « Longue Marche », vise à insuffler patriotisme et le sens du travail aux plus démunis, alors que le pays est en proie à une grave crise économique. Cinquante adolescents, un par État, sont tirés au sort, reçoivent de l’eau et des rations, et doivent parcourir des centaines de kilomètres sans s’arrêter, escortés par des soldats armés qui retransmettent également l’épreuve à la télévision. Ceux qui ralentissent en dessous de 5km/h ou s’arrêtent reçoivent jusqu’à trois avertissements avant d’être exécutés. La Marche s’achève lorsqu’il ne reste plus qu’un seul survivant, qui reçoit une importante somme d’argent et peut voir un de ses vœux exaucé. Bien que l’inscription soit théoriquement volontaire, la quasi-totalité des jeunes hommes éligibles s’y inscrivent chaque année dans l’espoir d’améliorer la vie de leur famille. Raymond « Ray » Garraty, le participant du Maine cette année, est conduit par sa mère Ginnie jusqu’à la ligne de départ, près de la frontière canado-américaine. Elle le supplie d’abandonner, bien que la date limite soit dépassée. Ray refuse et rencontre les autres participants, parmi lesquels Peter « Pete » McVries, Billy Stebbins, Arthur « Art » Baker, Collie Parker, Gary Barkovitch, Hank Olson et Richard Harkness. Le Major, un mystérieux fonctionnaire qui supervise les escadrons de la mort du régime, donne le coup d’envoi de la Marche et salue les garçons de temps à autre tandis qu’ils progressent vers le sud…

Marche ou crève, le livre, remonte à loin, aux années 1960, quand le King n’était encore qu’un prince qui rêvait de devenir un écrivain de renom et qui était sensible à ce qui passait dans son pays…Étudiant dans le Maine, passant de petit boulot en petit boulot (ce qui allait l’inspirer plus tard comme pour La Créature du cimetière), il imagine l’histoire de Marche ou crève en rentrant chez lui, sur la route, en faisant de l’auto-stop. D’après ses souvenirs, il s’agit du premier roman qu’il parviendra à terminer. Essuyant un refus à un grand concours célébrant un premier roman, il devra attendre 1979 pour que Marche ou crève soit enfin publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, comme le sera d’ailleurs Running Man, dont les thèmes sont extrêmement proches. Si le nom de Stephen King est aujourd’hui censuré voire banni par le Gouvernement Trump, Marche ou crève a longtemps été cité comme l’un des cent meilleurs livres pour adolescents par L’American Library Association. C’est dire l’impact de ce roman et son adaptation a tout pour ravir ses millions d’aficionados. Francis Lawrence livre un vrai drame psychologique et existentiel, doublé d’une parabole politique, tout en ponctuant son histoire de violence graphique (le film n’est pas interdit aux moins de 16 ans pour rien), frontale, sanglante, brutale et donc marquante.

Le casting, adoubé par Stephen King lui-même, convoque de jeunes comédiens venus d’horizons divers, Cooper Hoffman (Licorice Pizza et fils du regretté Philip Seymour Hoffman), David Jonsson (Alien:Romulus), Garrett Wareing (la série Manifest), Charlie Plummer (Moonfall, Tout l’argent du monde), pour ne citer que ceux-là…Le fait qu’ils ne soient pas tout encore de grandes vedettes, participe à l’attachement que l’on peut ressentir pour ces jeunes personnages lancés dans cette aventure fatale, où comme dans Highlander, il ne peut en rester qu’un. Un grand nom tout de même dans cette distribution et pas des moindres, puisqu’il s’agit de Mark Hamill, méconnaissable dans le treillis du « Commandant », qui fait bien flipper planqué derrière ses lunettes noires et les gueulantes qu’il pousse d’une voix rocailleuse. Belle présence aussi de l’excellente Judy Greer (The Descendants, La Planète des singes : L’Affrontement, Le Village), marquante dans la peau de la mère de Ray.

Marche ou crève version cinéma a longtemps été un objet de fantasme, que Francis Lawrence assouvit enfin de façon magistrale. Son « petit » budget lui permet d’avoir recours au système D, mais aussi de s’en tenir principalement aux protagonistes, tout en retenant l’attention des spectateurs à travers de multiples échanges (le film est étonnamment verbeux, mais jamais ronflant), à travers lesquels nos « héros » se dévoilent petit à petit. L’amitié et les rivalités se forment rapidement, jusqu’au final, qui diffère par rapport à celui du livre, mais cette fois encore avec l’accord du King.

2025 a vu débouler quatre adaptations de Stephen King. Si Running Man, le blockbuster décérébré d’Edgar Wright s’est soldé sur un échec cuisant (mérité) au box-office, tandis que le superbe Life of Chuck n’a pas réussi à rentabiliser sa mise de départ pourtant modeste de vingt millions de dollars, The Monkey (70 millions de dollars de recettes pour onze millions de budget) et Marche ou crève (20 millions de dollars de budget, plus du double amassé à travers le monde) ont réussi à contenter leurs producteurs. En l’état, le drame intimiste (oui oui) de Francis Lawrence a plus de probabilité d’acquérir un plus large public dans le futur, plutôt que le spectacle exténuant et déjà has-been dans sa mise en scène d’Edgar Wright avec son acteur-endive qui court partout.

LE 4K UHD

375.000 entrées, c’est un score honorable pour Marche ou crève en France, d’autant plus qu’il n’y a pas vraiment de têtes d’affiche supposées attirer le chaland. Le nom de Stephen King et la renommée du roman ont fait le reste. Toujours est-il que Marche ou crève débarque dans les bacs sous la bannière de Metropolitan Film & Video, en DVD, Blu-ray et Édition collector limitée – 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook ! Superbe travail encore une fois à mettre en avant, de la part d’un des meilleurs éditeurs présents dans nos contrées. Le menu principal est animé et musical.

Les galettes HD et UHD contiennent le même making of conséquent de 75 minutes. Ce précieux documentaire, scindé en plusieurs chapitres, aborde tous les points de production de Marche ou crève et donne la parole à toute l’équipe, réalisateur, producteurs, comédiens, scénariste…De très nombreuses images de tournage, de plateau, des photographies, viennent illustrer l’ensemble et donne un réel aperçu des conditions de prises de vue. Le roman de Stephen King est évidemment passé au crible, ainsi que l’écriture du scénario, les changements opérés pour cette transposition, sachant que le King – également producteur exécutif du film – était systématiquement consulté (ou presque) à chaque étape. Les multiples tentatives d’adaptation, le casting, les thèmes (à l’origine, le livre avait été écrit en réaction à la guerre du Vietnam), les lieux de tournage, les décors, les défis de la mise en scène (avec un tournage dans l’ordre chronologique, sous 38 degrés, l’équipe marchant près de 15 kilomètres par jour), les effets spéciaux, les costumes, les maquillages, la musique, les partis-pris et les intentions du réalisateur, les différences entre la fin du roman et celle du film sont les sujets qui sont longuement posément et brillamment abordés au fil de ce formidable supplément.

Le disque UHD contient aussi trois bonus supplémentaires.

Le premier est une lecture d’une scène réalisée en visio, entre les comédiens Coope Hoffman et David Jonsson, avec en parallèle le résultat final, autrement la scène tirée du film.

Le second donne la parole à l’ensemble des intervenants du making of principal, à qui un journaliste a demandé quel était leur roman préféré de Stephen King ou leur adaptation favorite. Certains titres reviennent souvent (Stand By Me, Shining, Ça), mais c’est Mark Hamill qui se distingue en déclarant avoir tout lu dès la publication de Carrie.

Enfin, l’autre supplément est une fin alternative (8’). Dans celle-ci, le sort réservé au Major est différent, puisque McVries décide finalement de laisser la vie sauve au Major, avant de laisser tomber son arme et de s’éloigner sous la pluie…Il ne s’agit donc pas d’une fin respectant celle du roman comme beaucoup l’imaginaient !

L’interactivité se clôt sur deux bandes-annonces.

L’Image et le son

Marche ou crève est présenté en Blu-ray par Metropilitan Film & Video, mais aussi en Ultra Haute-Définition. Le film a été tourné via la caméra Arri Alexa 35 et l’image numérisée en 4K. Autant dire que revoir le film de Francis Lawrence en 4K est tout indiqué. Le niveau de détail impressionne chaque détail avec un piqué chirurgical. L’occasion d’observer comme au microscope les costumes des protagonistes, les arrière-plans, les décors naturels. Fait intéressant, la différence de couleurs entre la version SDR et celle-ci en HDR/Dolby Vision est réduite, du fait du travail sur la photographie par le chef opérateur Jo Willems (Red Sparrow, Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur) qui privilégie une palette de couleurs volontairement atténuée pendant presque toute la durée du film. N’attendez surtout pas une palette chromatique élargie et ce malgré des scènes diurnes souvent lumineuses. La scène finale se déroulant sous une pluie diluvienne regorge également de détails. C’est dire la qualité suprême de cette édition UHD sortie une fois de plus de l’écurie au cheval ailé !

Deux pistes au choix, en français ou en anglais, présentées dans le même format. L’immersion est totale du début à la fin, tirant pleinement parti du fait que la quasi-totalité de l’action se déroule en extérieur. De la scène d’ouverture aux longs plans sur les jeunes plongés dans leur dernier effort, les latérales sont constamment sollicitées par une gamme de sons d’ambiance à la fois envoûtants et parfois inquiétants. Du bruissement du vent dans les champs à une pluie torrentielle, chaque ambiance est exploitée, environne le spectateur, l’implique dans l’action et l’émotion. Les dialogues sont clairs et nets tout au long du film. Une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont aussi de la partie.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / LionsGate / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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