Test 4K UHD / Dracula, réalisé par Luc Besson

DRACULA (Dracula: A Love Tale) réalisé par Luc Besson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K UHD et Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 2 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Salomon Passariello, Ewens Abid, Raphael Luce, Guillaume de Tonquédec…

Scénario : Luc Besson, d’après le roman de Bram Stoker

Photographie : Colin Wandersman

Musique : Danny Elfman

Durée : 2h08

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.

Le succès lui échappant depuis une dizaine d’années (son dernier hit étant Lucy en 2014) et cumulant les déboires judiciaires, Luc Besson tente tout de même de rester dans la place…Et pour cela, sans doute par manque d’inspiration, il jette son dévolu sur Dracula de Bram Stoker, roman déjà maintes fois transposé (dans tous les domaines), dont il souhaite donner sa propre vision. Il retrouve le génial Caleb Landry Jones, avec lequel il avait tourné le thriller psychologique Dogman (très lourd échec commercial), qui se voit confier le rôle-titre. Ainsi après Béla Lugosi, Max Schreck, Udo Kier, Christopher Lee, Jack Palance, Frank Langella et Gary Oldman (on peut s’arrêter là, surtout que Dracula apparaît dans plus de 200 films), le comédien texan se glisse dans le bel habit du légendaire vampire, dont le nom n’a d’égal que celui de Michael Jackson et celui de Jésus (oh, blasphème), et livre une formidable prestation. Attention, cela ne veut pas dire que Dracula version Besson est réussi, celui-ci comporte de multiples défauts (nous y reviendrons plus bas), mais on ne pourra pas dire que le réalisateur ait mis de côté son désir de divertir avant tout le public, ce qu’il réussit haut la main avec cette proposition pour le moins originale. Mais avant toute chose, non, il ne s’agit pas d’un remake du Dracula de Francis Ford Coppola, comme le laisser penser la bande-annonce, hormis la composition de Danny Elfman qui pour le coup rappelle beaucoup celle de Wojciech Kilar. Certaines séquences peuvent fortement y faire penser, Luc Besson arrivant quelque peu après la bataille (euphémisme), mais il s’agit bel et bien d’une approche personnelle, cohérente avec les partis-pris et intentions des précédents opus du cinéaste. Une curiosité, très fortement critiquée à sa sortie, pas forcément à juste titre, toujours gratuitement quand il s’agit de Luc Besson d’ailleurs, mais qui peut se targuer d’être devenu le film français le plus cher, le plus vu et qui a engrangé le plus de recettes à l’étranger en 2025.

Paris 1889. La capitale, tout juste ornée de la Tour Eiffel, célèbre le centenaire de la Révolution française. C’est dans ce décor que Luc Besson plante l’action de son Dracula. Mais avant, le réalisateur revient au fin fond de la Transylvanie médiévale où le Prince Vladimir et sa femme Elisabeta vivent un amour passionné jusqu’au jour maudit d’une bataille contre les Ottomans durant laquelle la Princesse prise en embuscade est mortellement blessée. Accablé de douleur, le Prince Vladimir accuse Dieu et la religion d’être à l’origine de son malheur, un blasphème qui lui vaut d’être maudit et condamné à la vie éternelle. Dès lors, le comte Dracula espère voir sa bien-aimée se réincarner dans une autre époque, une quête insatiable qui mène le vampire dans la France du XIXe siècle.

Pour son Dracula, Luc Besson revient au vampire confronté à la réincarnation de son amour perdu, élément narratif exploité par le téléfilm Dracula et ses femmes vampires, scénarisé par l’immense Richard Matheson et réalisé par Dan Curtis, sujet qui sera pleinement exploité par Francis Ford Coppola en 1992. C’est là-dessus qu’on pourra inévitablement comparer Dracula version 2025 à ses prédécesseurs, puisque Luc Besson a clairement fait comprendre que ce qui l’intéressait en premier lieu était la dimension romantique du livre original. Outre ces points communs, on pourra aussi reprocher aux responsables des effets spéciaux de maquillage et des costumes, d’avoir un peu trop lorgné sur ce que Coppola avait fait sur le sien, y compris dans la représentation « vieillie » du personnage qui accueille Jonathan Harker. Tiens, puisqu’on parle de ce dernier, autant évacuer immédiatement ce gros point noir, puisqu’il s’agit du personnage (interprété par Ewens Abid) le plus ridicule du film, comme ci celui-ci appartenait à un autre long-métrage, une parodie. Toutes ses scènes sortent littéralement le spectateur de l’intrigue, tant elles se révèlent ridicules, quand bien même Luc Besson a volontairement apporté de l’humour à l’ensemble, histoire de dédramatiser. Mais cela ne fonctionne jamais.

Toutefois, si l’on tient compte du fait qu’il y a toujours eu une immaturité chez Luc Besson, qui se retrouve systématiquement dans ses scénarios (et ce dont Les Guignols se moquaient joyeusement durant leur âge d’or), alors son Dracula passe crème et fait son office. Car honnêtement comment appréhender autrement un maître des ténèbres vivant dans son château sorti de La Belle et la Bête et entouré de…gargouilles vivantes que l’on croirait tirées du Bossu de Notre-Dame de Disney ? Il y a donc quelque chose de foncièrement « adolescent » dans cette version, qui n’apporte pour ainsi dire rien au genre, au mythe, mais le spectacle demeure et ce grâce à un casting dans le ton. Outre Caleb Landry Jones (qui y va à fond), Zoë Bleu (fille de l’actrice Rosanna Arquette) est une révélation et crève l’écran, Christoph Waltz a bien compris qu’il se trouvait dans une série B de luxe et cabotine à outrance comme il le fait toujours, Guillaume de Tonquédec s’amuse et cela se voit à chaque scène. Mais celle qui vole ses scènes est la magnifique Matilda De Angelis, dans le rôle de Maria, que l’on avait déjà repéré dans la minisérie The Undoing, aux côtés de Hugh Grant et de Nicole Kidman.

En fait, le Dracula de Luc Besson est une œuvre totalement libre, nawak, barrée, fortement sympathique, parfois à la limite du nanar (les scènes de danse symbolisant le passage du temps ou celles liées au parfum créé pour attirer les proies…WTF!?), pensée pour que le spectateur oublie ses soucis pendant deux heures (qui passent très vite), portée par une superbe photographie de Colin Wandersman (déjà à l’oeuvre du Dogman). Certains plans puent le fond vert à outrance (en gros, tout ce qui entoure le château principal), les scènes de batailles font peine à voir (on est loin de celles de Jeanne d’Arc), mais ce qui importe avant tout est finalement l’émotion et contre toute attente, cela fonctionne. Caleb Landry Jones est tour à tour inquiétant, drôle, tragique, pathétique, romantique, son incarnation du célèbre comte diffère et l’acteur tire facilement son épingle du jeu. Il n’est pas pour rien dans le plaisir que l’on peut ressentir devant ce Dracula, sentiment inattendu et donc bienvenu.

Une bonne surprise, à voir comme un élève perturbateur aux côtés des monuments signés Tod Browning, Friedrich Murnau, Werner Herzog et consorts. Et pour conclure, Dracula 3D de Dario Argento reste inégalé dans le genre Dracunanar, tandis que Leslie Nielsen reste le seul à nous avoir fait marrer dans le rôle.

LE 4K UHD

M6 Vidéo sort l’artillerie lourde pour l’arrivée de Dracula dans les bacs français et ce en dépit d’un score relatif dans les salles françaises avec 650.000 entrées. Heureusement que l’exploitation du film à l’étranger a permis d’amortir quelque peu le budget de 45 millions d’euros, même si pour l’instant Dracula n’est pas encore rentable. L’éditeur propose cette adaptation du roman de Bram Stoker en DVD, Blu-ray, 4K UHD, sans oublier une Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray. Si le visuel du DVD et du Blu-ray laissent fortement à désirer (il est issu de l’affiche internationale), les deux autres éditions reprennent celui de l’affiche française d’exploitation, trèèèèès inspirée de celle du Nosferatu de Robert Eggers. Le menu principal de la galette 4K est fixe et musicale.

Le bonus commun à toutes les éditions de Dracula est un making of de 14 minutes. Ce documentaire compile les images de tournage, de plateau, une interview de Luc Besson (en anglais), qui revient sur la genèse du projet, ses intentions (se concentrer sur l’histoire d’amour), son travail avec les acteurs (notamment sur Caleb Landry Jones, avec lequel il souhaitait absolument retravailler après Dogman) et les partis-pris qui le différencient des précédentes transpositions de l’oeuvre de Bram Stoker. On y voit également quelques essais costumes, les maquillages (celui de Caleb Landry Jones nécessitait plus de six heures), la création des effets spéciaux…C’est rapide, mais ce module donne un beau tour d’horizon du tournage.

L’édition spéciale FNAC contient un autre supplément, un documentaire d’une demi-heure, beaucoup plus complet que le précédent. Luc Besson intervient cette fois encore, mais en français cette fois, et laisse également la parole à Kim Newman (auteur et critique), Jonathan Rigby (acteur, auteur et historien du cinéma), François Angelier (journaliste et écrivain), tous évoquant avant tout le livre de Bram Stoker, les adaptations du cinéma, les différentes approches et sensibilités liées à leurs réalisateurs. Certains propos de Luc Besson font évidemment écho avec ceux déjà entendus dans le bonus précédent, mais ceux des autres intervenants valent bien la peine qu’on s’y attarde. C’est aussi l’occasion de revoir de belles images des précédentes transpositions du roman. Les fans de technique apprécieront les images provenant des divers départements, dont ceux en charge des costumes, des décors et des effets visuels.

L’Image et le son

Commençons par le plus étrange…Dracula est proposé en 4K SDR, malgré la mention Dolby Vision…et encore moins de HDR donc. Néanmoins, M6 propose un superbe master UHD de Dracula. Luc Besson et son chef opérateur Colin Wandersman ont privilégié une patine délicate et léchée durant 2h, des partis-pris merveilleusement rendus. Relief, palette chromatique (des costumes en passant par les décors), piqué (chirurgical), contrastes (ébouriffants), densité des noirs, on en prend plein les yeux. Les teintes froides s’allient avec les gammes chatoyantes, et chaque détail aux quatre coins de l’écran est saisissant.

Les deux versions Dolby Atmos – TrueHD 7.1 font quasiment match nul en ce qui concerne la délivrance des ambiances sur les enceintes latérales, la restitution des dialogues et la balance frontale. Le spectateur est littéralement plongé dans l’atmosphère du Dracula de Besson, la spatialisation reste solide tout du long et le caisson de basses est utilisé à bon escient. Sans surprise, la version originale l’emporte de peu sur l’homogénéité et la fluidité acoustique, ainsi que sur le report des voix.

Crédits images : © Copyright 2025 LBP – EUROPACORP – TF1 FILMS PRODUCTION – SND. TOUS DROITS RÉSERVÉS – SHANNA BESSON / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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