
FEMME DE FEU (Ramrod) réalisé par André de Toth, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : Joel McCrea, Veronica Lake, Don DeFore, Donald Crisp, Preston Foster, Arleen Whelan, Charles Ruggles, Lloyd Bridges…
Scénario : Jack Moffitt, C. Graham Baker & Cecile Kramer, d’après le roman de Luke Short
Photographie : Russell Harlan
Musique : Adolph Deutsch
Durée : 1h34
Date de sortie initiale : 1947
LE FILM
Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…

Premier western du cinéaste américain d’origine austro-hongroise André de Toth (1912-2002), au passage l’un des « cinq borgnes d’Hollywood » avec John Ford, Fritz Lang, Nicholas Ray et Raoul Walsh, Ramrod, plus connu dans nos contrées sous le titre Femme de feu, impose la maîtrise technique du réalisateur et pose les bases de ses grands classiques et chefs d’oeuvre à venir. Si la mise en scène demeure impressionnante, c’est surtout l’importance accordée au personnage féminin principal interprété par l’épouse du cinéaste, Veronica Lake, qui donne au film toute son originalité et ce bien avant Johnny Guitar de Nicholas Ray réalisé en 1954. Utilisée à contre-emploi, la blonde incendiaire des années 40 apporte toute sa force et sa fragilité à son personnage pour son unique incursion dans le genre. Rôle moteur de l’histoire, elle porte les plus lourdes responsabilités sur la vie et la mort des cowboys qui l’entourent, prêts à tout pour lui rendre service. D’ailleurs, elle n’hésite pas à user de ses charmes et de son oeil de biche pour arriver à ses fins et profiter des fines gâchettes avoisinantes. Adapté d’un roman de Luke Short, Femme de feu, au départ prévu pour John Ford, qui finalement pris par La Poursuite infernale demandera aux studios de confier le film à de Toth, peut également se voir comme un véritable film-noir. Son climat, la photographie, le cadre, tout donne au film une couleur particulière avec ses personnages mi-ange mi-démon, naviguant entre le bien et le mal. Au final, Femme de feu s’impose comme une série B à l’histoire classique (deux clans s’affrontent pour une parcelle de terrain), non dépourvue de longueurs (la traque finale) et qui croule parfois sous une musique grandiloquente, mais l’ensemble est transcendé par une mise en scène inventive qui abonde en défis techniques particulièrement réjouissants.


