Test DVD / Libre échange, réalisé par Michael Angelo Covino

LIBRE ÉCHANGE (Splitsville) réalisé par Michael Angelo Covino, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Michael Angelo Covino, Dakota Johnson, Adria Arjona, Kyle Marvin, Simon Webster, Charlie Gillespie, David Castañeda, O-T Fagbenle…

Scénario : Michael Angelo Covino & Kyle Marvin

Photographie : Adam Newport-Berra

Musique : Dabney Morris & David Wingo

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Alors que Carey voit sa femme demander le divorce, il se réfugie auprès de ses amis Julie et Paul pour trouver du réconfort. Il découvre alors que ceux-ci sont dans une relation libre. Et si cela était la clé du bonheur ?

Remarqué en 2019 avec The Climb, lauréat du Coup de Coeur du Jury dans la section Un Certain regard au Festival de Cannes, mais également du Prix du Jury au Festival du film américain de Deauville la même année, le réalisateur, producteur, scénariste et comédien Michael Angelo Covino revient avec Libre échangeSplitsville, une comédie de mœurs, elle aussi présentée sur la Croisette en 2025. Et cette fois encore il s’associe avec Kyle Marvin, qui lui aussi combinait les casquettes de coscénariste, coproducteur, tout en partageant l’affiche avec son ami. Les deux compères sont de retour avec Libre échange, qui par son histoire rappelle certains thèmes déjà évoqués dans The Climb. Dans ce dernier, deux types voient leur amitié mise à mal quand l’un apprend que l’autre a couché avec sa fiancée. Ce qui change bien sûr leur relation pour la première fois de leur existence. Dans Libre échange, quasiment le même topo, si ce n’est que cette fois, le sujet principal est celui de l’amour libre. Mais cette façon de vivre n’est-elle qu’un leurre ? Une façon de calfeutrer ce qui ne va pas dans une véritable relation amoureuse ? Dans Libre échange, l’amitié de deux couples se transforme en conflit, lorsque le mari d’un couple en instance de divorce couche avec la femme d’un couple pratiquant le « mariage libre ». Sur ce postulat de départ, Michael Angelo Covino et Kyle Marvin ont concocté un petit bijou de comédie, burlesque et survoltée, surtout dans son hilarante première moitié, qui avait tout pour devenir un vrai modèle du genre, si la seconde partie, plus douce-amère ne laissait pas autant de place aux bons sentiments, qui finissent par reprendre le dessus. Néanmoins, Libre échange demeure hautement jubilatoire, l’écriture est fine et le tout servi par un merveilleux quatuor d’acteurs, les deux têtes d’affiche étant magnifiquement épaulés par deux divines créatures, Dakota Johnson et Adria Arjona. Un excellent moment.

Alors qu’ils roulent sur l’autoroute, Ashley, qui tente de « faire plaisir » à son mari Carey, est interrompue lorsqu’une voiture a un accident sur la même voie. Ils s’arrêtent pour porter secours et découvrent le mari à peine conscient et la femme éjectée de son siège. Malgré les tentatives de réanimation d’Ashley, la femme est déclarée décédée. Bouleversée, Ashley, sous le choc, avoue à Carey qu’elle veut divorcer et qu’elle l’a trompé. Désemparé, Carey se réfugie – et il faut voir de quelle façon – dans la maison de plage de son meilleur ami, Paul, et de sa femme, Julie. En le consolant, Paul et Julie lui révèlent qu’ils ont une relation libre, ce qui choque Carey. Paul doit partir à New York pour ses affaires. La nuit suivante, Carey et Julie passent du temps ensemble, se rapprochent et finissent par faire l’amour. Le lendemain, au retour de Paul, Carey lui raconte ce qui s’est passé. Furieux, Ils se disputent violemment et une bagarre éclate dans la maison.

Et quelle baston ! Cela faisait bien longtemps qu’une bagarre de ce style ne nous avait pas enthousiasmés à ce point. Les deux comédiens, qui exécutent eux-mêmes leurs cascades et les bourre-pifs, s’en donnent visiblement à coeur joie et font durer la scène, pour notre plus grand plaisir. Si le film ne parviendra pas à retrouver cette énergie par la suite, le récit se déroule intelligemment, en faisant la part belle aux quatre personnages principaux, paumés, eux-mêmes surpris par leurs propres sentiments. C’est le cas de Julie, qui croise Carey sur son lieu de travail, et à qui elle se confie sur sa vraie relation avec Paul, notamment sur le fait qu’elle n’a jamais eu de relations amoureuses avec qui que ce soit d’autre pendant sa relation supposée libre avec son mari. Carey lui révèle ses sentiments, qui sont réciproques. Puis, Carey rentre chez lui et surprend Ashley au lit avec un autre homme. Ashley tente de convaincre Carey de partir, mais ce dernier lui propose plutôt une relation libre pour éviter le divorce. Ashley accepte à contrecœur après que Carey lui a révélé avoir déjà couché avec une autre femme, sans toutefois préciser qu’il s’agissait de Julie. Ashley enchaîne les relations sans lendemain, avec des personnes que Carey intègre sans difficulté et qu’il invite à vivre chez lui, au grand dam d’Ashley. Tout et tous se mélange(nt).

Nous sommes donc en plein boulevard, dans le sens noble du terme. Car derrière cette belle mécanique bien huilée (par ailleurs excellemment mise en scène avec quelques plans-séquences remarquables), Libre échange se penche sur un phénomène de mode, sur son ambiguïté, sur son hypocrisie aussi surtout. Il y a – entre autres – du Blake Edwards et du Mike Nichols dans Splitsville, avec une pointe de slapstick (on se souviendra du mentaliste incarné par le génial Nicholas Braun) et d’érotisme soft. Sur ce dernier point, Dakota Johnson, qui a rapidement prouvé qu’elle pouvait faire oublier la trilogie Cinquante nuances de GreyFifty Shades of Grey, qui aurait pu être un vrai piège pour sa carrière, et Adria Arjona (découverte dans la deuxième saison de True Detective, puis vue dans la série Andor, le génial Blink Twice de Zoë Kravitz et plusieurs fois chez Olivier Assayas), qui elle aussi a produit le film, tirent facilement leur épingle du jeu et tiennent la dragée haute à leurs partenaires.

Malgré son tournage rapide (trois semaines de prises de vues seulement) et en 35mm, Libre échange s’avère une screwball comedy très réussie, qui rappelle le dernier long-métrage de Peter Bogdanovitch (Broadway Therapy She’s Funny That Way) et convoque le spectre d’Ernst Lubitsch, de Howard Hawks, de George Cukor et de Billy Wilder, avec même une petite touche française revendiquée par les deux scénaristes, grands fans de Bertrand Blier, dont ils projetaient les films à l’équipe. C’est aussi pour ça qu’on aime Michael Angelo Covino et Kyle Marvin !

LE DVD

Michael Angelo Covino n’aura pas réussi à réitérer « l’exploit » de The Climb dans les salles françaises, avec seulement 39.000 entrées pour Libre échange, contre 65.000 pour son premier long-métrage. Metropolitan Film & Video se charge du service après vente et propose désormais Splitsville en DVD. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Outre un lot de bandes-annonces, l’éditeur fournit un petit making of (7’), qui donne la parole aux comédiens, le tout illustré par de nombreuses images de plateau. Tous reviennent sur les thèmes du film, les conditions de tournage (à Montréal ou dans ses environs), s’expriment sur les prises de vue réalisées en 35mm, ainsi que sur la mise en place de la grande scène de bagarre.

L’Image et le son

Point d’édition Blu-ray, mais un beau DVD pour Libre échange. Le master est soigné avec des contrastes élégants, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté demeure frappante, le piqué est vif, les gros plans détaillés et la colorimétrie reste chatoyante, riche et bigarrée.

Les mixages anglais et français Dolby Digital 5.1 instaurent un confort acoustique suffisant en mettant la musique en avant, tout en délivrant les dialogues avec ardeur, sans jamais oublier quelques effets et ambiances annexes. Quelques basses soulignent également certaines séquences agitées. La piste française est un cran en dessous de son homologue anglaise, mais se révèle dynamique. Présence d’une piste Audiodescription et de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français ne sont pas imposés sur la version originale.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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