
LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield) réalisé par Eli Craig, disponible en DVD & Blu-ray le 18 décembre 2025 chez M6 Vidéo.
Acteurs : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Vincent Muller, Kevin Durand, Will Sasso, Cassandra Potenza, Verity Marks…
Scénario : Carter Blanchard & Eli Craig, d’après le roman de Adam Cesare
Photographie : Brian Pearson
Musique : Brandon Roberts & Marcus Trumpp
Durée : 1h36
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Kettle Spring est une petite bourgade du fin fond des États-Unis perdue au milieu des champs de maïs. Et que ça lui plaise ou non, Quinn emménage avec son père, nouveau médecin de ce trou paumé sans réseau. Très vite, Quinn fait la connaissance de la bande de jeunes casse-cou locale et remarque que plusieurs choses pas nettes se passent en ville. Et alors que les habitants se préparent à la fête annuelle, des mystérieux clowns font irruption pour rajouter un peu de barbaque à la soirée…

En 2011 sort une toute petite comédie d’horreur intitulée Tucker et Dale fightent le mal – Tucker and Dale vs Evil. La critique s’emballe, les spectateurs répondent présent, un statut culte s’installe même d’emblée et le film connaîtra un remake en Corée. Qu’est devenu depuis le réalisateur Eli Craig ? Comme metteur en scène, on l’a revu à la barre d’un épisode de la série Brothers & Sisters, du pilote de la série avortée Zombieland (inspirée du film de Ruben Fleischer) et de Little Evil (avec Evangeline Lilly et Adam Scott), emballée pour le compte de Netflix, avec lequel il retrouvait la veine de son premier long-métrage. Mais tout cela remonte à presque dix ans au minimum. Eli Craig revient enfin aux affaires avec La Nuit des clowns – Clown In A Cornfield, ou l’adaptation du roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Produit pour un petit million de dollars, tourné en seulement cinq semaines, le film en a rapporté dix fois plus, dont sept millions rien que sur le sol américain où il est sorti bien avant l’été. Soyons honnêtes, il n’y a absolument aucune surprise dans La Nuit des clowns avec son récit ultra-balisé et ses rebondissements aussi attendus que clichés, mais ce ride permet à Eli Craig de se remettre en scène et de prouver son efficacité derrière la caméra. Toutefois, il faut s’armer de patience, car la première partie avant le massacre est trèèèès longue à se mettre en route, l’installation des personnages est aussi interminable que maladroite. Mais lorsque le massacre démarre, cela ne s’arrête quasiment plus jusqu’à la fin et l’humour tant attendu permet de passer un agréable moment.


En 1991, un groupe d’écoliers de Kettle Springs, dans le Missouri, fait la fête près de l’ancienne usine de sirop de maïs de Baypen. Deux lycéens s’infiltrent dans le champ de maïs voisin et sont tués par Frendo le Clown, la mascotte de Baypen. Aujourd’hui, Quinn Maybrook s’installe à Kettle Springs, où son père, Glenn, a accepté un nouveau poste de médecin municipal. Les relations entre les Maybrook sont tendues après la mort de Samantha, la mère de Quinn. Quinn se lie d’amitié avec Cole, le fils du maire de Kettle Springs, Arthur Hill, et ses amis Janet, Matt, Ronnie et Tucker. Cole explique également à Quinn l’histoire de l’incendie de l’usine Baypen, que la ville impute au groupe. Alors qu’elle visionne une vidéo parodique d’horreur mettant en scène Frendo, Quinn aperçoit un deuxième Frendo mystérieux en arrière-plan. Pendant ce temps, une grande fête se prépare afin de célébrer le centenaire de Frendo.


La typographie donne le ton. On est ici dans une veine vintage, et Eli Craig s’amusera tout le film avec ce clivage des générations. Tout le monde en prend plein la tronche, les Baby-boomers, la génération x, y et z, ce qui donne le sel et par ailleurs la sève de La Nuit des clowns. Le scénario de Carter Blanchard, qui avait à son « palmarès » Independence Day: Resurgence, compile tous les moments attendus, mais repose heureusement sur une excellente distribution portée par la jeune Katie Douglas, révélation de la série Spooksville, épaulée par Aaron Abrams (Blindspot, Hannibal), Kevin Durand (Real Steel, X-Men Origins : Wolverine), Will Sasso (Boss Level). La Nuit des clowns est un film qui a de la gueule, avec une photographie plutôt classieuse de Brian Pearson.


Emballé avec les moyens du bord au Canada, en utilisant certaines vieilles méthodes (comme le procédé de la nuit américaine), ce film d’horreur est un bel hommage au slasher classique, de la scène d’ouverture choc, au premier acte focalisé sur les adolescents en crise, qui deviendront bientôt de la chair à canon, jusqu’à la révélation finale, autrement dit l’identité du, de la ou des criminels. Il faut attendre un petit peu (pas mal de temps en fait), pour que la mécanique se mette enfin en route, que l’humour noir se déploie, et que le sang se mette à couler.


Même si ces clowns tueurs n’arrivent pas à la cheville de Pennywise, Art et bien d’autres, on se prend jeu, on se marre, le contrat est rempli et les coulrophobes risquent de se planquer encore sous la couette.


LE BLU-RAY
Mine de rien, ce sont plus de 300.000 spectateurs qui se sont déplacés dans les salles françaises pour aller découvrir La Nuit des clowns durant l’été 2025. Pas mal pour ce petit film qui aura engrangé dix millions de dollars dans le monde, soit dix fois le montant de son budget. Joli visuel que celui proposé par M6 Vidéo pour son exploitation en DVD et Blu-ray. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément sur cette édition. Pas même un nez rouge en guise de goodies.
L’Image et le son
On frôle l’excellence : relief, piqué, contrastes (impressionnants), densité des noirs, on en prend plein les yeux. Les teintes froides s’allient avec les gammes chatoyantes et chaque détail aux quatre coins du cadre est saisissant. Le transfert est immaculé, soutenu par un encodage AVC solide. Le master HD permet de se plonger dans le film dans les meilleures conditions possibles.

Dès la première séquence, l’ensemble des enceintes de la piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 est mis à contribution aux quatre coins cardinaux. Les ambiances fusent, la musique bénéficie d’un traitement de faveur avec une large ouverture, plongeant instantanément le spectateur dans l’ambiance. Les dialogues ne sont jamais pris en défaut et demeurent solidement plantés sur la centrale. N’oublions pas le caisson de basses, qui se mêle ardemment à ce spectacle acoustique aux effets percutants. Même chose en ce qui concerne la version française. Les sous-titres français ne sont pas imposés. Présence également d’une piste Audiodescription, ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © RLJE Films / Shudder / SND / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
