Test Blu-ray / Coffret Rocky – L’Anthologie

ROCKY, ROCKY 2 : LA REVANCHE, ROCKY 3 : L’OEIL DU TIGRE, ROCKY 4, ROCKY 5, ROCKY BALBOA (ROCKY, ROCKY II, ROCKY III, ROCKY IV, ROCKY V, ROCKY BALBOA) réalisé par John G. Avildsen (épisodes 1 et 5) et Sylvester Stallone (épisodes 2, 3, 4 et Rocky Balboa), disponible en coffret DVD et coffret Blu-ray depuis le 12 février 2014 chez MGM / United Artists

Acteurs : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers, Joe Spinell, Mr T., Dolph Lundgren, Tommy Morrison, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia, Tony Burton, A.J. Benza…

Scénario : Sylvester Stallone

Photographie : James Crabe, Bill Butler, Steven B. Poster, Clark Mathis

Musique : Bill Conti

Durée : 1h59 / 1h58 / 1h39 / 1h31 / 1h51 / 1h42

Date de sortie initiale : 1976 / 1979 / 1982 / 1985 / 1990 / 2006

LA SAGA

Dépassant ses limites, affrontant des adversaires de plus en plus redoutables, boxant comme personne n’avait boxé, Rocky est un héros fait de muscles et de volonté. Son histoire est le plus formidable des portraits de l’Amérique des quatre dernières décennies. Au-delà de la violence des combats, la saga Rocky est surtout le parcours poignant d’un homme assailli par les doutes et l’inquiétude, qui lutte pour la victoire et qui est sauvé par l’amour.

Il y a des personnages qui marquent une vie. Rocky Balboa fait partie de ceux-là. Il est présent partout, notamment dans l’inconscient collectif. Au fil des années, la franchise aura montré une certaine authenticité auprès des fans, mais également auprès d’un nouveau public. Que l’on soit né dans les années 70 ou 2010, Rocky retient dans tous les cas toute notre attention.

C’est avant tout une vraie complicité qui naît entre le spectateur et le personnage. Le spectateur identifie immédiatement Sylvester Stallone à Rocky, plus qu’à John Rambo, Barney Ross ou John Spartan par exemple. Rocky, c’est Stallone. Stallone, c’est Rocky. Et Stallone étant le scénariste des six films de la saga, lui seul décide de faire avancer Rocky dans les bonnes ou les mauvaises directions.

Véritable miroir de sa vie, la saga Rocky est à Stallone ce que les films sur Antoine Doinel sont à Truffaut. Et au-delà de la boxe, c’est bien l’amour qui résonne dans les six films. Rocky n’est rien sans sa femme Adrian, et Adrian n’est rien sans Rocky. Pour ainsi dire, la saga est construite sur la relation Rocky/Adrian. Lorsque Rocky n’est pas en forme, Adrian est toujours là pour le soutenir, l’aider à affronter ses adversaires, et lui prouver à chaque fois qu’elle l’aime plus que tout. Et Rocky est toujours à son écoute, partagé entre sa colère et ses doutes. L’une des plus belles histoires d’amour de l’histoire du cinéma.

Si le premier Rocky est un chef-d’œuvre, les suites ne le surpasseront jamais (excepté un Rocky Balboa très honnête et sans artifices) qui renoue avec l’esprit du premier film. Rocky II reste un excellent match retour, Rocky III commence sérieusement à verser dans le film commercial tout en restant très intéressant (de nombreux thèmes exploités sont passionnants et introduisent très bien les suites), Rocky IV est un classique du long-métrage/clip des 80s (à condition d’accrocher) mais reste néanmoins beaucoup trop « over the top » par rapport au reste de la saga et Rocky V est un film majoritairement raté (malgré de très bonnes choses) qui ne sait pas trop dans quelle direction aller. Néanmoins, pour ce dernier, une version Director’s Cut de très mauvaise qualité est visible sur le net et propose des ajouts plutôt glorifiants et permettent au film une bien meilleure lisibilité.

Que sont les Rocky sans leurs antagonistes ? Si Apollo Creed (Carl Weathers), Clubber Lang (Mr. T), Ivan Drago (Dolph Lundgren) et Mason Dixon (Antonio Tarver) sont de parfaits opposants, Tommy Gunn (Tommy Morrison) est une catastrophe à laquelle Stallone et Avildsen ne se soucient que trop peu.

Les seconds rôles ne sont pas mis de côté et, au contraire, aident Rocky du mieux qu’ils le peuvent. Outre Adrian, magistralement interprétée par Talia Shire (Connie dans la Trilogie Le Parrain), le personnage de Paulie (joué par l’excellent Burt Young) est toujours là soit pour soutenir Rocky, soit pour au contraire s’opposer à lui, notamment par jalousie. Mais peu importe, on s’attache à Paulie dès le départ et nous éprouvons de la réelle compassion pour lui. C’est surtout Mickey et Apollo, véritables mentors du protagoniste qui retiennent notre attention sur quasiment toute la saga. Mickey est un personnage hors du commun, dur et tendre à la fois, qui pousse toujours Rocky vers le haut et le raisonne dès qu’il y a un problème. Burgess Meredith est fantastique dans le rôle. Quant à Apollo Creed, il est l’un des personnages qui a la meilleure évolution sur l’ensemble de la saga. Carl Weathers y est aussi pour beaucoup.

Vient enfin le coup de grâce, Rocky Balboa, où après 16 ans d’abandon, Sly renoue avec son personnage fétiche pour un dernier round des plus mémorables. Les répliques de Rocky sonnent authentiques et nous donnent souvent les larmes aux yeux. Un grand film, à l’image du premier opus de la saga.

En ce qui concerne la mise en scène, John G. Avildsen tente de nouvelles choses sur le premier Rocky et ne lâche pas sa caméra des personnages, d’où l’importance de la Steadicam. Sylvester Stallone est un peu plus éclectique et sa mise en scène sur Rocky II, Rocky III et Rocky Balboa ne démérite pas… Par contre, sur Rocky IV, on est tout de même loin d’avoir un rendu satisfaisant. Et Stallone ne se contente que de filmer son scénario en lui donnant un aspect très « clipesque » .

Quant à la musique de Bill Conti, elle est bien évidemment sublime et présente constamment dans nos esprits. Il y a encore beaucoup à dire sur la saga, mais cela prendrait des jours entiers, alors nous avons préféré écrire tout le bien que l’on en pensait.

Il est impossible aujourd’hui de dissocier Sylvester Stallone de Rocky Balboa et vice-versa. Un personnage, qui à travers six films dans sa propre saga et deux dans son spin-off nous aura fait pleurer, rire, et nous aura ému comme jamais. Rocky fait partie de notre vie. C’est notre pote, notre oncle, notre frère, notre père. Et au-delà de ça, Rocky est une saga qui marquera le 7ème Art via son aspect multi-générationnel. Et vu le succès des Creed, ce n’est pas prêt de s’arrêter…

LE COFFRET BLU-RAY

Rocky – Anthologie (Édition 40ème anniversaire) est disponible chez MGM / United Artists. Seul le menu principal du premier film est animé et musical. Celui des disques 2 à 7 sont fixes et muets, à l’exception du disque de Rocky Balboa, qui n’a aucun menu. Le coffret renferme 7 volets où sont disposés les disques, six Blu-ray pour les films et un pour les bonus. La plupart des bonus sont d’ailleurs sur les disques 1 et 7 et sont tous sous-titrés en français.

Le Blu-ray de Rocky contient 3 commentaires audio. Le premier est réalisé par Sylvester Stallone, toujours parfait dans l’exercice, peu avare en anecdotes, le second par le légendaire entraîneur de boxe Lou Duva et du commentateur Bert Sugar (très professionnels), et enfin, le troisième par John G. Avildsen (réalisateur), Irwin Winkler et Robert Chartoff (producteurs), Talia Shire, Carl Weathers et Burt Young (acteurs) et Garrett Brown (inventeur de la Steadicam), beaucoup trop fouillis mais pas inintéressant.

Les vidéos en 8mm de Rocky (HD, 8 minutes) sont des images de tournage de 1975 gardées par le directeur de pré-production Lloyd Kaufman (oui, Mr. Troma), commentées par ce dernier et John G. Avildsen.

Les bonus suivants sont disponibles sur les disques 1 et 7 :

Trois rounds avec l’entraîneur de légende Lou Duva (SD, 4 minutes). Ce dernier parle de son métier et des boxeurs qu’il entraine.

Interview d’une légende – Bert Sugar : Auteur, commentateur et historien (SD, 7 minutes). Module sur la boxe au cinéma.

Les adversaires (SD, 16 minutes). Ce court module s’intéresse aux adversaires de Rocky et donne la parole entre autres à Carl Weathers, Dolph Lundgren et Tommy Morrison.

Sur le ring : documentaire en trois parties (SD, 1h15). Film documentaire s’intéressant aux personnages et à leurs interprètes. Gros morceau très intéressant.

L’évolution de la steadicam avec Garrett Brown (SD, 18 minutes). Interview très enrichissante sur la création de la Steadicam et de son évolution ainsi que sur les séquences du film tournées avec ce procédé.

L’art de maquiller avec Michael Westmore (SD, 15 minutes). Interview du maquilleur sur ses créations réalisées sur le film, notamment sur l’évolution du visage de Stallone lors du combat final.

Staccato : le journal d’un compositeur avec Bill Conti (SD, 12 minutes). Entretien avec le maestro sur les thèmes musicaux du film et leur postérité.

Le ring de la vérité (SD, 10 minutes). Interview du chef décorateur et de son implication dans le film.

Dans les coulisses du film avec John G. Avildsen (SD, 12 minutes). Description des vidéos conservées par le réalisateur.

Hommage à Burgess Meredith (SD, 8 minutes). La parole est donnée aux personnes qui ont eu l’opportunité de travailler avec le comédien sur le film.

Hommage à James Crabe (SD, 4 minutes). Le réalisateur revient sur le travail fantastique du directeur de la photographie sur Rocky.

Commentaires vidéos de Sylvester Stallone (SD, 28 minutes). Un peu redondant avec le commentaire audio, mais Stallone va à l’essentiel et se livre à cœur ouvert.

Sylvester Stallone invité du show TV « Dinah ! » (1976) (SD, 17 minutes). Sly est invité sur une émission télévisée pour parler du film. Intéressant pour la tenue du comédien.

Quand Stallone Rencontre Rocky (SD, 3 minutes). Amusante rencontre entre Sylvester Stallone et Rocky. Drôle, mais dispensable.

Bandes-annonces, teasers et spots TV de Rocky (bandes-annonces de la saga sur le disque 7).

Le disque 1 propose également une bande-annonce compilant quelques films MGM.

Le disque 7 contient en plus une série de questions en 5 niveaux sur la boxe et sur la saga, coupée par des extraits vidéo. Amusant pour tester ses connaissances sur la franchise.

Sur le disque 6 (Rocky Balboa), on retrouve de nouveau Sylvester Stallone à pour un commentaire audio passionnant où le comédien/réalisateur se livre sur le retour de Rocky. Très sincère.

Rocky Balboa : tenir la distance (SD, 27 minutes) est un documentaire rétrospectif sur la saga.

Compétence contre volonté : le making of Rocky Balboa (HD, 18 minutes). Module bien trop court alors qu’il propose des interventions très intéressantes, notamment de Sylvester Stallone, Burt Young et Milo Ventimiglia qui parlent du retour de Rocky, 16 ans après le dernier film.

Retour sur le ring : filmer le combat final de Rocky (HD, 16 minutes). Excellent module sur la préparation physique de Sylvester Stallone. Il y parle également de la manière de chorégraphier le combat final du film, ainsi que de sa manière de le mettre en scène.

Champion virtuel : créer le combat par ordinateur (HD, 5 minutes). Featurette qui s’intéresse au combat créé par ordinateur à partir de la capture de mouvements de Sylvester Stallone et Antonio Tarver jusqu’à la finalisation dans le film.

Bêtisier (HD, 5 minutes). Très bon, bien que court.

7 scènes coupées (HD, 20 minutes) sont en fait des séquences abandonnées au montage ou alternatives, dont certaines sont excellentes et dont on regrette l’éviction.

Fin alternative (HD, 4 minutes) montre Rocky vainqueur du combat. Intéressant mais la conclusion est bien meilleure dans le film.

L’Image et le son

Les cinq premiers opus sont encodés en AVC. Le dernier en MPEG-4. Si Rocky (restauré en 4K) et Rocky Balboa brillent par leurs couleurs sublimes et leurs noirs profonds, les autres films vont du décevant (Rocky II) au bon (Rocky IV et Rocky V dont l’image est bien colorée et bien définie, sans trop d’artéfacts) en passant par le moyen (Rocky III). Pour Rocky II, il y a trop de tâches et de poussières de pellicules visibles sur les deux heures. C’est parfois très dérangeant.

VO en DTS-HD Master Audio 5.1 et VF DTS 5.1 pour tous les films. Préférez la version originale, bien plus puissante et dynamique que la VF, parfois étouffée et moins spatialisée. Même si les doublages sont très réussis, la VO l’emporte largement sur la partie technique.

Crédits images : © MGM / United Artists /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Peppermint, réalisé par Pierre Morel

PEPPERMINT réalisé par Pierre Morel, disponible en DVD et Blu-ray le 31 janvier 2019 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : Jennifer Garner, John Ortiz, John Gallagher Jr., Juan Pablo Raba, Annie Ilonzeh, Jeff Hephner, Pell James, Method Man, Johnny Ortiz…

Scénario : Chad St. John

Photographie : David Lanzenberg

Musique : Simon Franglen

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à un système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de près ou de loin, sont impliqués.

Le grand retour de Jennifer Garner, inoubliable Sydney Bristow dans la série Alias créée par J.J. Abrams, ou encore Elektra Natchios dans les maudits Daredevil et Elektra, s’est effectué en 2018 au cinéma avec Peppermint, vigilante movie bien badass, mettant en avant la vengeance d’une femme qui n’a plus rien à perdre suite à la mort de son mari et de sa fille, et qui, bien évidemment, va sortir l’artillerie lourde.

Si le genre est assez actuel, vu et revu – Même Bruce Willis y a eu droit en 2018 avec Death Wish d’Eli Roth, qui à peu de choses près, ressemble beaucoup à ce Peppermint – on ne peut tout de même qu’apprécier Peppermint à sa juste valeur : divertissant, jamais lourd, plaisant, et fun. Si le scénario est assez bancal (on pense à Death Sentence de James Wan, Death Wish et John Wick), c’est du côté de la mise en scène que nous sommes servis. En effet, l’efficacité de Pierre Morel (metteur en scène de l’excellent Taken, mais aussi des ratés From Paris With Love et Gunman) se ressent derrière la caméra. Si le réalisateur semble beaucoup plus à l’aise pour filmer les scènes d’action, il l’est tout de même un peu moins dans les séquences d’émotion.

Le clou du spectacle, c’est évidemment Jennifer Garner, impliquée à 200% dans son rôle. Elle porte clairement le film sur ses épaules. Sa métamorphose est hallucinante. Sur 1h40, on la voit passer de mère de famille à tueuse sans pitié. C’est une actrice vraiment excellente qui mériterait beaucoup plus de rôle de cette qualité.

Le scénariste n’oublie pas la dimension sociale du film et fait de son héroïne un ange pour les personnes sans domicile fixe. Elle est leur guerrière, leur protectrice. Ce qui n’était qu’une histoire secondaire rejoint finalement l’histoire principale pour un dernier acte explosif.

Film d’action bien réalisé et très bien interprété, Peppermint ne révolutionne certes pas le genre, mais propose néanmoins de belles idées de mise en scène, un montage lisible et des scènes d’action qui font le boulot.

LE BLU-RAY

Peppermint est disponible chez Metropolitan Vidéo. Le menu principal est animé et musical. Le Blu-ray se trouve dans un beau boîtier Steelbook.

Le Blu-ray contient un commentaire audio en VO non sous-titré où le réalisateur revient sur son expérience sur le film et son implication.

L’entretien avec Pierre Morel (HD, 26 minutes) est un bonus exclusif où le réalisateur se livre en français sur son approche sur le film, sur la place de ce film dans sa propre carrière, sur l’implication de Jennifer Garner, sur le rôle de Los Angeles et la manière de filmer la ville, ainsi que sur la façon de chorégraphier et filmer les combats.

La featurette (HD, 2 minutes) ne dévoile rien et sert plutôt de teaser qu’autre chose.

Les traditionnelles bandes-annonces de l’éditeur (Peppermint, Knight Of Cups, Carnage Chez Les Puppets, Blindspotting, 22 Miles, L’Ombre D’Emily) viennent conclure la section Suppléments.

L’Image et le son

Le master HD de Peppermint, proposé en 1080p et encodé en AVC est flamboyant. Que ce soit de jour ou de nuit, la définition est très belle. Un peu de bruit de temps en temps mais vraiment rien d’important.


En VO comme en VF (toutes deux en DTS-HD Master Audio 7.1), les enceintes font du bruit et sont présentes jusqu’à la fin du film. De plus, ce qui est présenté hors-champ est bien audible à travers les enceintes.

Crédits images : © Metropolitan Films /  Critique, Interactivité, Test technique et captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Nous, les gosses, réalisé par Louis Daquin

NOUS, LES GOSSES réalisé par Louis Daquin, disponible en Combo Collector Blu-ray + DVD le 7 novembre 2018 chez Pathé

Acteurs : Louise Carletti, Raymond Bussières, Gilbert Gil, Pierre Larquey, Louis Seigner, André Brunot, Marcel Pérès, Paul Frankeur…

Scénario : Gaston Modot, Maurice Hiléro, Marcel Aymé, Louis Daquin d’après une histoire originale de Erich Kästner

Photographie : Jean Bachelet

Musique : Marius-François Gaillard

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1941

LE FILM

Un élève d’une école primaire brise par accident la grande verrière de son école. Un véritable élan de solidarité se manifeste alors pendant la récréation : tous ses camarades décident de le soutenir en travaillant pendant les vacances afin de payer la reconstruction. Mais un voyou du coin s’empare de leurs économies…

Premier film mis en scène en solo par Louis Daquin (1908-1980), après avoir co-réalisé Le Joueur avec Gerhard Lamprecht, Nous Les Gosses est un témoignage. Après avoir assisté des cinéastes de renoms tels que Julien Duvivier, Abel Gance et Jean Grémillon sur un grand nombre de films, Louis Daquin, qui n’était pas prédestiné à faire du cinéma, aura cependant acquis une certaine notoriété auprès des historiens du septième art. Si son travail est réévalué aujourd’hui, c’est sans doute parce que son style de mise en scène était novateur pour l’époque. Nous Les Gosses le prouve bien. Tout est perceptible, du tournage en studio (studios de Joinville) aux mouvements de caméra (dont beaucoup sont réalisés à la grue), Nous Les Gosses est une vraie prouesse artistique et technique pour un film français du début des années 1940.

Dans une école primaire pour garçons de la proche banlieue parisienne, au cours d’un match de football dans la cour de récréation, le ballon atterrit dans la grande verrière et la démolit. Le responsable du coup de pied fatal est un enfant issu d’une famille pauvre. Les grandes vacances sont proches, ses camarades d’école décident de s’unir et de s’entraider pour l’aider à rembourser le prix de la restauration d’une nouvelle verrière en travaillant pendant l’été.

C’est dans ce sens que le film est un réel document d’archive. Louis Daquin, Résistant inscrit au Parti Communiste français, n’a jamais rejoint la France de Vichy. Contrairement à certaines oeuvres de l’époque comme L’Assassin habite au 21 d’Henri-Georges Clouzot ou L’Assassinat du Père Noël de Christian-Jaque, Nous, les gosses n’est pas financé par la Continental, société de production créée en 1940 par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven, mais par Pathé. Nous Les Gosses est pourtant un film qui se déroule pendant cette France dirigée par le Maréchal Pétain, avec pour thème principal la jeunesse et la cohésion.

Si le film est avant tout traité comme étant une comédie, il n’en demeure pas moins qu’il contient son lot de scènes dramatiques, où l’on voit notamment certaines familles assez pauvres élever leurs enfants. Bien que Nous les gosses ne parle jamais ouvertement de politique, le propos reste pourtant social. Louis Daquin le rappelle constamment, même en adoptant le point de vue des enfants, confrontés tout du long au monde adulte. C’est ce qui en fait sa grande force.

Outre les dialogues signés Marcel Aymé, le casting est particulièrement réussi, autant chez les adultes que les chez les gamins. Louise Carletti, malgré un jeu très théâtral, se démarque de ses camarades, tout comme Gilbert Gil (Pépé le Moko de Julien Duvivier), très bon dans le rôle de l’instituteur. Celui que nous retenons le plus est le grand Raymond Bussières, en passe de devenir l’un des comédiens français les plus prisés des années 1940-50, dans le rôle de Gaston, le bad guy du film, impressionnant et imposant tout le long du film, jusqu’à sa scène finale, dont la très bonne mise en scène de Daquin ne fait que ressortir son immense talent.
On pense beaucoup à La Guerre Des Boutons réalisé par Yves Robert, triomphe de l’année 1962, dont le film a forcément puisé son inspiration dans celui de Louis Daquin. Nous les gosses est donc une œuvre engagée dissimulée sur la situation de la France sous l’Occupation, mais aussi et surtout un divertissement de qualité.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Nous Les Gosses, disponible chez Pathé, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’entretien autour du film avec Thomas Baurez et Jonathan Broda (HD, 23′) tente de replacer le film dans son contexte et dans la carrière de Louis Daquin. Les deux hommes ne sont pas avares en informations, mais il y a beaucoup de répétition et de satisfaction sur le film.

Les trois autres bonus sont des vidéos provenant des actualités Pathé d’époque : Allocution du Maréchal aux écoliers français (SD, 3′), Vichy : Dessins d’enfants adressés à Pétain (SD, 1′) et À Paris, en Centre d’éducation professionnelle (SD, 1′). Des archives très courtes, mais forcément intéressantes, situant la jeunesse française sous le régime de Vichy.

L’Image et le son

Le transfert HD a fait l’objet d’une numérisation en 4K, et d’une restauration en 2K. Les images sont impressionnantes tant le master est propre. Les noirs ne sont jamais trop profonds, et il n’y a jamais de saturation. Quelques baisses de la définition lors des rapides fondus enchaînés. Le film est présenté au format 1.37 avec un encodage en AVC pour une image en 1080p.

La piste française 2.0 DTS-HD Master Audio a également été nettoyée, mais on peut toutefois constater un léger souffle qui n’empêche évidemment pas l’écoute du film. Une piste Audiovision est également au programme, ainsi que des sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Pathé / Critique du film, test technique et captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Un crime dans la tête, réalisé par John Frankenheimer

UN CRIME DANS LA TÊTE (The Manchurian Candidate) réalisé par John Frankenheimer, disponible en DVD et Blu-ray le 20 novembre 2018 chez Rimini Editions

Acteurs : Frank Sinatra, Laurence Harvey, Janet Leigh, Angela Lansbury, Henry Silva, James Gregory, Leslie Parrish, John McGiver…

Scénario : George Axelrod d’après le roman de Richard Condon

Photographie : Lionel Lindon

Musique : David Amram

Durée : 2h07

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

A son retour de Corée, le Sergent Raymond Shaw est accueilli avec les honneurs dus à son statut de prisonnier de guerre. Le Capitaine Bennett Marco, qui commandait le bataillon auquel appartenait le Sergent, est hanté par des cauchemars récurrents. Ces cauchemars vont l’amener à enquêter sur Shaw.

Un Crime Dans La TêteThe Manchurian Candidate est un thriller paranoïaque se déroulant en pleine Guerre Froide, suivant une compagnie américaine capturée pendant la guerre de Corée, qui subit un lavage de cerveau avant de retourner aux États-Unis. Le film adopte le point de vue du Capitaine Bennett Marco, dont la psychologie torturée depuis la guerre, n’est pas sans rappeler un certain John Rambo…

Raymond Shaw est donc un médaillé de la Guerre de Corée pour faits d’armes. Cependant, Bennett Marco, commandant, à l’époque le peloton de Shaw, a des doutes sur ses exploits. De plus, il est assailli de visions troublantes qui vont l’amener à enquêter avec la CIA et le FBI sur Shaw. Qui est réellement celui-ci ? Adulé ou haï par ses hommes ? Héros de guerre ou agent communiste infiltré aux États-Unis ? Tueur de sang-froid ou psychopathe manipulé par une mère abusive ? Ou tout cela à la fois ?

Le scénario s’inspire du roman de Richard Condon (L’Honneur des Prizzi) paru à la fin des années 1950. L’intrigue de base peut parfois faire penser à quelques thrillers d’Alfred Hitchcock, mais le film repose en grande partie sur l’interaction entre les personnages principaux et secondaires, ainsi que sur leur psychologie. Les relations entre les différents protagonistes sont toujours sous haute tension jusqu’à certaines scènes explosives suivies de séquences dialoguées du plus bel effet. Ces conflits donnent au film son rythme, jusqu’à l’excellent et anthologique final.

Réalisé par un John Frankenheimer en pleine forme, tout droit sorti du Prisonnier D’Alcatraz avec Burt Lancaster, Un Crime Dans La Tête intéresse par son aspect politique (la fameuse Chasse aux sorcières apparaît nettement en filigrane) mais également par son aspect prophétique. En effet, plusieurs mois après sa sortie, le Président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, est assassiné. Dans le film, la façon dont sont présentés les assassinats ne cesse d’interroger sur le conditionnement et l’endoctrinement des soldats. Ces scènes montrant la compagnie sous hypnose face aux dirigeants communistes reste un grand et troublant moment de cinéma.

Si le casting masculin est parfait, à commencer par un Frank Sinatra vraiment concerné par son rôle, un Laurence Harvey constamment en questionnement, et un Henry Silva attachant, ce sont les comédiennes qui impressionnent le plus. La prestation d’Angela Lansbury (la fameuse Jessica Fletcher de la série Arabesque), saluée par un Golden Globe et une nomination aux Oscars en 1963, est frappante de bout en bout, tant son personnage est inquiétant et possessif. La prestation de la sublime Janet Leigh – qui arrive cependant en plein milieu du film – est tout aussi parfaite et retient également toute notre attention. Le jeu, la voix suave et la présence de l’actrice monopolisent l’écran et ne fait que sublimer les scènes dans lesquelles elle apparaît, tout comme son personnage, énigmatique.

Le film embrasse plusieurs genres : le film d’espionnage, le thriller politique, mais également le film d’action, dans un contexte de film de guerre. L’oeuvre de John Frankenheimer n’ennuie jamais et les différentes intrigues entremêlées sont toutes passionnantes.

Théorie du complot ou pas, Un Crime Dans La Tête est un très bon thriller, qui inspirera à Hollywood un remake éponyme convainquant en 2004, réalisé par Jonathan Demme et porté par Denzel Washington et Meryl Streep.

LE BLU-RAY

Alors qu’un premier DVD était sorti en 2000 et uniquement en 4/3 chez MGM, Rimini Editions rattrape ceci aujourd’hui en proposant une nouvelle édition, techniquement réussie. Le Blu-ray se trouve dans un boîtier noir glissé dans un fourreau cartonné. Le menu principal est animé et musical.

En plus de la bande-annonce du film (V.O.), nous trouvons un entretien avec l’essayiste de cinéma Bernard Benoliel (HD, 25’) qui revient sur la carrière de John Frankenheimer et replace Un Crime Dans La Tête dans l’oeuvre du réalisateur, mais aussi dans la filmographie des acteurs principaux. Dommage cependant que ses propos ne soient pas plus approfondis.

Le dernier bonus (non mentionné sur la jaquette) est un entretien se déroulant 26 ans après la sortie du film, intitulé Conversation à 3 (SD, 8’) où John Frankenheimer, le scénariste George Axelrod et Frank Sinatra partagent leurs souvenirs du film, avec en conclusion un hommage à Laurence Harvey. Pas inintéressant mais trop court.

L’Image et le son

L’image provient d’une restauration 4K effectuée par Criterion en 2016. Et la première chose qui impressionne est la pureté de l’image et la gestion du noir et blanc. Les niveaux de contraste sont bien équilibrés et il en résulte de très belles nuances. Malheureusement, un lissage beaucoup trop appliqué est présent, ce qui fait que le grain d’origine n’est quasiment plus présent.

VO et VF en LPCM 2.0 Mono. Si la VO est beaucoup plus frappante avec des frontales bien présentes, la VF est assez en retrait avec des voix particulièrement étouffées. Puis Janet Leigh ne s’écoute uniquement qu’en VO !

Crédits images : © Rimini Editions / MGM /  Critique du film, test technique et captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / My Own Private Idaho, réalisé par Gus Van Sant

MY OWN PRIVATE IDAHO réalisé par Gus Van Sant, disponible en Blu-ray le 26 novembre 2018 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : River Phoenix, Keanu Reeves, James Russo, William Richert, Rodney Harvey, Chiara Caselli, Udo Kier…

Scénario : Gus Van Sant d’après la pièce “Henry IV” de William Shakespeare

Photographie : John J. Campbell, Eric Alan Edwards

Musique : Bill Stafford

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Scott et Mike sont prostitués et amants. Mais si Scott, dont le père est très riche et qu’il déteste, a un avenir tout tracé, Mike, quant à lui, traqué par ses souvenirs, sombre dans des crises de narcolepsie. Au cours d’un voyage en Italie, Scott tombe amoureux de Carmella et abandonne Mike…

« Il y a des films qui surnagent en soi […] My Own Private Idaho par exemple flotte ». Telle est la phrase qui décrit le film selon Agnès Varda dans le numéro de juin 2018 des Cahiers du Cinéma où elle listait plusieurs de ses films préférés. On ne peut qu’être d’accord avec elle tant le film est un modèle sur l’errance de la jeunesse. Non seulement, le film emprunte la forme du road movie, mais il se concentre notamment sur la psychologie et les déboires des personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires. Gus Van Sant n’épargne personne et pratiquement tous les personnages que l’on voit à l’écran ont une importance, une raison d’être là. Ce n’est pas pour rien que l’on s’attache à eux assez facilement. Outre la forme du road movie, la mise en scène de Van Sant laisse planer le doute sur la véracité des faits. Ainsi, par moments, lorsque les compagnons de rue des deux protagonistes se retrouvent au restaurant et se racontent leurs expériences de prostitués, nous avons le sentiment de nous retrouver face à un documentaire.

Film important dans la carrière de Gus Van Sant (c’est seulement son second long-métrage), My Own Private Idaho contient tous les éléments et les thèmes chers à l’œuvre du cinéaste. Le film traite non seulement d’une jeunesse perdue, mais également des rapports humains, de sentiments, d’amour, d’homosexualité, de trahison, mais surtout de l’amitié. Ces thèmes se retrouvent dans la quasi-totalité de la carrière de Gus Van Sant, et plusieurs de ses films font écho à celui-ci. Gerry (qu’il réalisera 11 ans après avec Matt Damon et Casey Affleck) en est un parfait exemple. Si l’aspect documentaire est présent tout le long du film, il ne faut pas pour autant oublier l’influence théâtrale, et notamment William Shakespeare, que Gus Van Sant n’hésite pas à citer à plusieurs reprises (Henry IV principalement). Le théâtre, qui à lui seul représente des petites saynètes se passant la plupart du temps dans des chambres d’hôtel, et qui sont parfois humoristiques, parfois dramatiques.

Dans My Own Private Idaho, les rapports sexuels ne sont jamais tabous et sont représentés subtilement. Par exemple, les scènes de sexe sont une succession d’images fixes montrant plusieurs moments de l’acte, sans vulgarité ou que cela nuise à la qualité du long-métrage.

Il faut reconnaître que les acteurs sont tous excellents, River Phoenix en tête. Il y a une fragilité chez Mike, son personnage, ce qui nous touche forcément et qui nous rappelle sa propre vie. Phoenix est tellement parfait que nous avons l’impression que tout ce qui lui arrive est réel. C’est une des forces du film. Keanu Reeves, en second rôle, obtient l’un des rôles les plus touchants de sa carrière.
Enfin, Udo Kier est génial dans son rôle d’allemand complètement fantasque !

L’aspect « prostitution » du film rappelle énormément le premier long-métrage du hollandais Paul Verhoeven, Business Is Business, qui suivait la journée d’une prostituée et ses différents rapports avec ses clients. Même si chez Gus Van Sant, le point de vue n’est pas du tout le même que dans le film de Verhoeven, plusieurs séquences montrant la prostitution sont assez semblables.

My Own Private Idaho est une oeuvre qui ne laisse pas indemne, une étape dans le cinéma indépendant américain. L’un des meilleurs films de Gus Van Sant.

LE BLU-RAY

Pour sa toute première parution en Haute Définition, Metropolitan Vidéo a fait du bon boulot ! Le film est sorti dans une belle édition Digipack. Le Blu-ray est évidemment présent, accompagné d’un DVD bonus et d’un très beau livret d’analyse de 16 pages. Le menu est animé, musical et reprend quelques panoramas présents dans le film.

Il n’y a pas un seul supplément sur le Blu-ray. Au lancement du disque, vous aurez la bande-annonce du dernier film de Gus Van Sant, Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot. Tous les autres suppléments se retrouvent sur un DVD Bonus que nous n’avons pas reçu. Néanmoins, le DVD est le même que celui sorti dans l’édition collector en 2006. Il contient les coulisses du tournage, une analyse du Paul Arthur, des scènes coupées, un entretien vidéo et deux entretiens audio, dont un de plus de 2 heures en compagnie de Gus Van Sant et de Todd Haynes.

L’Image et le son

Le transfert HD semble être repris de l’édition Criterion, où le film avait fait l’objet d’une restauration 4K. Pour ceux qui redécouvriront le film, vous allez être surpris. Jamais les couleurs n’avaient été aussi belles et aussi vives. Les décors et les paysages ont un rendu parfait. Le niveau de détails est très bon et la définition est renversante. Le grain est plus appuyé sur quelques séquences,sans doute imputable aux conditions de tournage originales. Diverses tâches de couleur rouge ou noires peuvent apparaître sur le côté droit de votre écran mais rien d’alarmant, c’est très léger et ça ne dure que quelques secondes. Ce transfert HD est LE motif principal pour redécouvrir ce très beau film. Le film est présenté au format 1.85 dont l’encodage est en AVC pour une image en 1080p.

3 pistes sonores sont au menu : une piste en Anglais 2.0 DTS-HD Master Audio, une autre en Anglais 5.1 DTS-HD Master Audio et enfin une piste en Français en Mono d’origine DTS-HD Master Audio Mono 2.0. Les deux versions en Anglais se valent, la profondeur et la clarté sont toujours très agréables et il n’y a pas de problème d’équilibre. La version française en DTS-HD Master Audio Mono 2.0 est elle aussi excellente et possède une bonne dynamique. A noter un doublage de très bonne qualité. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Metropolitan Films /  Critique, Interactivité, Test technique et captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / The Blob – Danger planétaire, réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr.

THE BLOB – DANGER PLANÉTAIRE (The Blob) réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr., disponible en combo Blu-ray + DVD + Livret le 23 octobre 2018 chez ESC Editions

Acteurs : Steve McQueen, Aneta Corsaut, Earl Rowe, Olin Howland, Alden “Stephen” Chase, John Benson, George Karas, Lee Paton…

Scénario : Theodore Simonson, Kay Linaker d’après une histoire originale d’Irving H. Millgate

Photographie : Thomas E. Spalding

Musique : Ralph Carmichael

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Une météorite s’écrase à quelques kilomètres de la ville de Downingtown. Curieux de voir à quoi elle ressemble, Steve Andrews et Jane Martin accourent. S’ils trouvent un cratère encore fumant, ils se rendent vite à l’évidence que le rocher venu de l’espace contenait un monstre, une entité visqueuse et affamée dont la croissance rapide constitue bientôt une menace pour tous les habitants de la région.

Danger Planétaire (alias The Blob en version originale), production de type drive-in de la fin des années 50, est un pur produit de cinéma d’exploitation. Distribué sur le continent américain par Paramount, personne ne voyait venir le succès de ce petit film destiné à un public adolescent, qui n’a coûté que 240 000 dollars. Il a en effet rapporté près de 12 millions de dollars dans le monde alors que Steve McQueen avait refusé un cachet qui lui permettait de toucher 10% sur les recettes du film au profit d’un salaire fixe. Deuxième film du réalisateur Irvin S. Yeaworth Jr. (qui n’aura pas fait grand-chose d’ailleurs par la suite), The Blob est un film de science-fiction typique des années 50. Auparavant, Yeaworth Jr. avait réalisé The Flaming Teenage, film totalement oublié. The Blob n’a été tourné quasiment qu’avec des techniciens qu’il connaissait et qui venaient de Valley Forge Films, société qu’il dirigeait. Contrairement aux craintes de son producteur Jack Harris (Dark Star de John Carpenter, Schlock de John Landis), The Blob est un film qui a respecté ses délais de tournage, dû à un travail précis du réalisateur et de son équipe.

Ce n’était pourtant pas chose facile en raison de nombreux problèmes survenus sur le tournage. Outre des soucis d’éclairage rencontrés par le chef opérateur Thomas E. Spalding, c’est surtout la star Steve McQueen qui en causa le plus. En effet, il ne s’entendait pas avec grand monde, faisait ce qu’il voulait sur le plateau, et surtout, il ne croyait absolument pas au film. Lui qui n’avait fait jusqu’ici que quelques apparitions à l’écran pensait vraiment que ce film n’allait pas lancer sa carrière. Sur les conseils de son épouse, il parvient à s’imposer et à faire les choses à sa manière. La même année, il obtient le premier rôle de la série Au Nom De La Loi, et la suite, vous la connaissez.

Bien que le film soit une série B plutôt modeste, elle a inspiré un pan d’artistes et de cinéastes par la suite, ce qui en fait une œuvre majeure. Le film lui-même s’inspire de The Thing de Christian Niby (1951), qu’Howard Hawks aurait en fait réalisé, mais c’est une autre histoire. Outre Attention au Blob !, un remake ringard réalisé par Larry « J.R. » Hagman en 1972, on retiendra surtout celui mis en scène par Chuck Russell (The Mask) et co-écrit par Frank Darabont en 1988. La matière du Blob n’est pas sans rappeler une œuvre majeure de la pop-culture : le fameux symbiote, créé par Todd McFarlane pour les comics Spider-Man dans les années 80. D’ailleurs, la fameuse scène de Spider-Man 3 de Sam Raimi où le symbiote arrive sur Terre lorsque Mary Jane et Peter passent une soirée en amoureux sur la toile tissée par ce dernier, fait écho à la première scène du film d’Irvin Yeaworth Jr., où Aneta Corsaut fait les yeux doux à Steve McQueen durant l’arrivée du Blob…

Un film intéressant sur ses thématiques et son époque, qui malgré sa courte durée (1h23) nous embarque dans son récit.

LE BLU-RAY

ESC Edition est responsable de cette édition se présentant sous forme d’un boîtier noir, comprenant le Blu-ray et le DVD du film, accompagné d’un livret de 16 pages (non fourni pour ce test) écrit par le spécialiste ESC, Marc Toullec. Le menu principal est animé et reprend la musique décalée du générique de début.

Un unique supplément compose cette édition. Il s’agit d’une présentation de 16 minutes réalisée par Linda Tahir intitulée Le Blob Contre-Attaque. L’historien du cinéma Gilles Diment resitue le film dans son époque, dans son genre et dans la carrière de son réalisateur. Un document intéressant qui aurait mérité une plus longue intervention. Dommage également que la prise de son soit si légère.

L’Image et le son

Quasiment rien à dire sur le transfert HD de ce film. Ce transfert semble repris de l’édition Criterion qui présentait un master 4K flambant neuf. Outre un grain parfois trop appuyé et trop présent, les couleurs (des laboratoires Deluxe) sont volontairement kitsch et mettent en valeur tous les éléments au premier plan. Les noirs sont précis et la définition est agréable. Le film est présenté dans son format d’origine 1.66, dont l’encodage est en AVC pour une image en 1080p.

Pour le son, il y a de la VO et de la VF. Si la version originale en DTS-HD Master Audio Mono 2.0 est plus propre et plus claire, la version française DTS-HD Master Audio Mono 2.0 est un peu plus étouffée, mais reste tout à fait recommandable et de très bonne facture. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © ESC Editons / ESC Distribution / Paramount/ Critique du film & chronique du DVD : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr