Test DVD / Le Couteau sous la gorge, réalisé par Claude Mulot

LE COUTEAU SOUS LA GORGE réalisé par Claude Mulot, disponible en DVD depuis le 8 septembre 2011 chez LCJ Editions

Acteurs : Brigitte Lahaie, Florence Guérin, Alexandre Sterling, Natasha Delange, Jean-Pierre Maurin, Pierre Londiche…

Scénario : Claude Mulot

Photographie : Bruno Affret

Musique : Alain Guélis

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Mannequins, Catherine et Florence posent pour des photos coquines.Tout va bien jusqu’au jour où des assassinats éliminent un par un l’entourage de Catherine qui va devoir se méfier car le tueur n’est pas loin.

Nourri au cinéma de genre, cinéphage, le réalisateur Claude Mulot (1942-1986) aura réussi à marquer les spectateurs passionnés par les films Bis en une poignée de longs métrages d’exploitation. Egalement connu sous le pseudonyme Frédéric Lansac (nom repris du personnage principal de La Rose écorchée) par les plus polissons d’entre nous avec ses œuvres intitulées Les Charnelles (1974), Le Sexe qui parle (1975) ou bien encore La Femme-objet (1981) avec la sublimissime Marilyn Jess, Claude Mulot démarre sa carrière en 1968 avec la comédie coquine Sexyrella. Mais c’est en 1970 qu’il signe ce qui restera son chef d’oeuvre, La Rose écorchée. Le scénariste et complice de Max Pécas sur le très beau Je suis une nymphomane (1971), puis sur les films estampillés « Dimanche soir sur M6 » Embraye bidasse… ça fume (1978), On est venu là pour s’éclater (1979), Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu (1980) et On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (1987) réalisait alors son dernier film avec Le Couteau sous la gorge, thriller inspiré du giallo. Si certains y voient un vrai nanar, ceux qui s’intéressent à l’oeuvre de Claude Mulot y verront une fois de plus une vraie déclaration d’amour au cinéma d’exploitation cher à son coeur, comme pouvait l’être La Saignée, polar franco-italien tourné entre New York et la Somme. Certes, Le Couteau sous la gorge n’atteint pas l’immense réussite de ce dernier, et encore moins celle de La Rose écorchée, mais cet ultime opus – Mulot décédera quelques mois après la sortie du film lors d’un accident – reste une curiosité fort sympathique, où la violence et le sexe sont omniprésents.

Mannequins, Catherine et Florence posent pour des photos sexy. Un travail sans histoire jusqu’au jour où Catherine se sent suivie et épiée. Alors que la police refuse de la croire lorsqu’elle raconte son viol, son employeuse Valérie vient la récupérer. Une nuit, le petit groupe va faire dans photos dans un cimetière avec l’autorisation du conservateur qui ne se doutait pas du genre de photos. Ulcéré, il étrangle, dès le lendemain, une jeune femme très séduisante et se jette sous un camion. Lorsque Catherine et Florence reviennent d’un séjour aux États-Unis, l’atmosphère est tendue. Harcelée par des appels anonymes, tous ses proches pensent qu’elle délire. Très vite, l’entourage de Catherine est décimé par un mystérieux tueur. Paniquée, Catherine trouve refuge chez son voisin, Nicolas…

Brigitte Lahaie avait déjà collaboré avec Claude Mulot (sous le nom de Frédéric Lansac donc) sur les longs métrages pornographiques Suprêmes jouissances (1977) et Les Petites écolières (1980). Dans Le Couteau sous la gorge, une de ses rares incursions dans le cinéma dit « traditionnel », la comédienne nous gratifie d’une seule scène dénudée, mais campe surtout une femme froide et distante avec les mannequins dont elle s’occupe et pour lesquelles elle essaye de trouver quelques contrats, même si les séances photos s’avèrent souvent très glauques. Mais le premier rôle est ici tenu par la ravissante et sensuelle Florence Guérin, aperçue dans Les Sous-doués en vacances (1982) de Claude Zidi, Plus beau que moi, tu meurs (1982) de Philippe Clair, Le Bourreau des coeurs (1983)de Christian Gion et La Bonne (1986) de Salvatore Samperi. Claude Mulot l’avait déjà dirigée dans La Vénus noire (1983) et si son personnage apparaît souvent les seins nus sans véritable raison, on ne va pas s’en plaindre c’est vrai, Florence Guérin s’en sort pas mal du tout avec ce qu’elle a à défendre dans Le Couteau sous la gorge.

Les nostalgiques de La Boum (1980) de Claude Pinoteau, et de sa suite, reconnaîtront (ou pas) Alexandre Sterling, la fameux Mathieu qui affolait les hormones de Sophie Marceau dans le premier opus, dans sa dernière apparition au cinéma. Le bougre nous fait rire involontairement, en fait des caisses, surtout dans l’acte final où il nous gratifie d’un festival de grimaces au sourire carnassier hilarant.

Le reste du temps, Claude Mulot enchaîne les scènes kitsch ou au contraire soignées qui témoignent du bagage technique du réalisateur, tout comme de sa passion pour le thriller, dont certaines peuvent faire penser, toutes proportions gardées bien évidemment, à Peur sur la ville (1975) d’Henri Verneuil, déjà inspiré par le giallo, dans sa façon de filmer Paris la nuit (belle photo de Bruno Affret) et l’angoisse qui émane d’un simple téléphone qui sonne. Le Couteau sous la gorge fait aujourd’hui penser à un téléfilm comme L’Exécutrice (1986) de Michel Caputo ou Brigade des Moeurs (1984) de Max Pécas, mais nier les quelques fulgurances ici et là dans ce thriller et dernier film de Claude Mulot serait mentir et le film remplit bien son contrat.

LE DVD

Le Couteau sous la gorge fait l’objet d’un vrai culte auprès des amateurs de Bis. Le film de Claude Mulot est disponible en DVD depuis septembre 2011 chez LCJ Editions. Edition simple, visuel qui reprend en partie celui de l’affiche d’exploitation, auquel on a ajouté le visage plus vendeur de Brigitte Lahaie. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément sur ce disque.

L’Image et le son

Le master a sans doute quelques heures de vol, mais l’ensemble se tient parfaitement durant 1h15 avec des contrastes assez affirmés, un piqué agréable, des détails plaisants et une colorimétrie satisfaisante. La propreté est également de mise, ainsi que la stabilité.

Pas de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Dommage, car les dialogues manquent parfois cruellement de punch et il faut souvent tendre l’oreille pour comprendre les échanges entre les personnages. Belle place laissée à la musique d’Alain Guélis, qui là aussi prend le pas sur les voix et les effets annexes.

Crédits images : © LCJ Editions & Productions/ Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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