Test DVD / Au-delà de demain, réalisé par A. Edward Sutherland

AU-DELÀ DE DEMAIN (Beyond Tomorrow) réalisé par A. Edward Sutherland, disponible en DVD chez Artus Films le 5 décembre 2017

Avec :  Harry Carey, C. Aubrey Smith, Charles Winninger, Alex Melesh, Maria Ouspenskaya, Helen Vinson…

Scénario : Adele Comandini, d’après une histoire originale de Mildred Cram et Adele Comandini

Photographie : Lester White

Musique : Frank Tours

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 1940

LE FILM

Un soir de réveillon, trois hommes d’affaires fortunés mais sans famille décident d’inviter trois étrangers à leur table. Seuls James et Jean, jeunes gens dans la précarité, acceptent. Cette soirée va changer le cours de leur vie. Ils tombent amoureux l’un de l’autre et James devient crooner à succès. Les trois protecteurs disparaissent dans un accident d’avion et leurs fantômes vont bientôt mettre tout en œuvre pour reformer le couple qui s’est entre temps séparé.

Au-delà de DemainBeyond Tomorrow est un conte de Noël réalisé par le cinéaste britannique A. Edward Sutherland (1895-1973) spécialisé dans les comédies mettant en scène le nez de W.C. Fields, le duo Laurel et Hardy et la croupe de Mae West. On lui doit également l’excellente Femme invisibleThe Invisible Woman (1940). Ce spécialiste du film burlesque se voit confier un drame-fantastique, Au-delà de demain donc, d’après une histoire de Curt Siodmak, habituellement l’auteur attitré des studios Universal pour ses films de monstres.

Egalement connu sous les titres And So Goodbye ou bien encore Beyond Christmas, ce tout petit film, mélange de comédie, de fantastique et de mélodrame est interprété par des comédiens vétérans, Charles Winninger, Maria Ouspenskaya (la grand-mère dans la première version d’Elle et lui de Leo McCarey), C. Aubrey Smith (Tarzan l’homme singe, Rebecca) et Harry Carey (Mr. Smith au sénat). Des « trognes », des natures et surtout de grands talents qui ont multiplié les apparitions depuis le cinéma muet.

Complètement désuet, un brin réac, Au-delà de demain ravit souvent sur la forme, naïve, poétique, quand le récit dévoile l’au-delà et ses fantômes qui déambulent, qui discutent tranquillement de la même manière qu’avant de passer à trépas. En revanche, certains tiqueront sur le fond, prêchi-prêcha, avec sa morale bien-pensante, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, etc. Une belle et grande « leçon » américaine, puritaine, où un simple garçon du Texas, un rancher, peut devenir la nouvelle star à la voix d’or de la chanson que tout le monde s’arrache, à condition qu’il ne se laisse pas tenter par une jeune femme du milieu, forcément démoniaque puisqu’elle met en danger l’idylle du texan avec sa compagne, modèle de pureté.

On pardonne volontiers ces partis pris caressant le spectateur dans le sens du poil, car Au-delà de demain, très populaire sur la terre de l’Oncle Sam, est un film tout à fait charmant, fantaisiste, souvent théâtral dans son dispositif puisque l’action reste quasiment confinée dans la maison cossue dans sa première partie. Le jeune couple incarné par Richard Carlson et l’adorable Jean Parker est attachant et s’en sort pas trop mal face à leurs partenaires qui cabotinent gentiment avec une réelle alchimie.

Avec ses flocons de neige en polystyrène, ses effets visuels sympathiques, ses violons sirupeux, sa belle photographie signée Lester White (Du plomb pour l’inspecteur), sa chorale venant chanter Jingle Bells sous les fenêtres et ses personnages sympathiques, Au-delà de demain est typique du genre de films à découvrir durant les fêtes de fin d’année, un bon chocolat chaud à portée de main et blotti sous une couverture polaire.

LE DVD

Au-delà de demain intègre la collection Classiques et Conte fantastique chez Artus Films. Le menu principal est fixe et musical.

Un aperçu des autres titres disponibles chez Artus Films est proposé comme supplément.

L’Image et le son

Visiblement, le matériel d’Au-delà de demain n’a pas été conservé dans des conditions optimales. Malgré les efforts réalisés par l’équipe de la restauration, de très nombreux défauts subsistent. En effet, l’image n’est jamais stable, reste floutée tout du long, tandis que la gestion des contrastes et du N&B restent totalement aléatoires avec un grain très épais. Il faudra donc être très indulgent puisqu’il semble que l’éditeur ait mis la main sur un master – 1.37, 16/9 compatible 4/3 – déjà très fatigué, pour ne pas dire au bout du rouleau, même si la copie reste finalement assez propre. Si les yeux brûlent un peu en fin de séance avec cet aspect vieille VHS, la rareté du film prime sur le reste, donc nous n’en voulons pas à notre cher éditeur Artus.

Seule la version anglaise mono est disponible avec des sous-titres français non verrouillés. Les craquements et chuintements, mais aucunement gênants, surtout que le souffle est limité. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides, tout comme la musique.

Crédits images : © Artus Films /  Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

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