Test Blu-ray / La Ch’tite Famille, réalisé par Dany Boon

LA CH’TITE FAMILLE réalisé par Dany Boon, disponible en DVD et Blu-ray le 30 juin 2018 chez Pathé

Acteurs :  Dany Boon, Line Renaud, Laurence Arné, Valérie Bonneton, Pierre Richard, Guy Lecluyse, François Berléand, Juliane Lepoureau …

Scénario : Dany Boon, Sarah Kaminsky

Photographie : Denis Rouden

Musique : Michaël Tordjman, Maxime Desprez

Durée : 1h46

Année de sortie : 2018

LE FILM

Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch’tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais !

Les comédies populaires réalisées par Dany Boon se suivent et se ressemblent, même si le comédien-metteur en scène-scénariste n’a jamais su retrouver la formule de Bienvenue chez les Ch’tis, 20,5 millions de spectateurs rien qu’en France. Rien à déclarer, probablement son meilleur film à ce jour, avait fait plus de huit millions d’entrées, Supercondriaque 5,3 millions « malgré » le retour du duo Boon-Merad, tandis que Raid dingue, son long métrage le plus irritant et usant, avait quand même emporté dans son sillage 4,5 millions de français et empoché en 2018 le nouveau César du public. Dix ans après son hit, osons dire le mot, son blockbuster qui aurait raporté près de 250 millions de dollars de recette, Dany Boon revient à son Ch’ti Cinematic Universe avec…bah la Ch’tite Famille, qui n’est pas une suite à Bienvenue chez les Ch’tis, mais qui en reprend allègrement la même recette, ainsi que l’esprit.

L’affiche convoque la bande à Boon, tous serrés sur le sempiternel fond bleu, comme ses quatre précédents longs métrages et même toutes les comédies françaises depuis quinze ans, tout est réuni pour un nouveau triomphe largement calculé. Avec 5,6 millions d’entrées, La Ch’tite famille a dépassé Raid dingue et ce sixième film de Dany Boon a une fois de plus confirmé l’aura indiscutable de son auteur-acteur auprès des français. Mais La Ch’tite famille est-il un bon film au fait ? Mieux que Raid dingue oui, assurément, faire pire aurait d’ailleurs été difficile à faire, mais l’ensemble reste malgré tout extrêmement poussif, platement réalisé, souvent surjoué et a trop souvent recours aux violons pour appuyer l’émotion.

Valentin (Dany Boon) et sa compagne Constance (Laurence Arné) sont tous deux des designers réputés. Jusqu’ici, Valentin a réussi à dissimuler ses origines. Issu d’une famille modeste du Nord de la France, il a prétendu que sa mère Suzanne (Line Renaud) l’a abandonné à sa naissance. Or, celle-ci, accompagnée de Gustave (Guy Lecluise), le frère de Valentin, de Louloute (Valérie Bonneton), sa belle-sœur et de sa nièce Britney (Juliane Lepoureau), arrivent sans crier gare dans la capitale le jour du vernissage de sa nouvelle exposition. C’est la confrontation entre deux mondes que tout oppose, surtout que Constance elle-même ignorait alors les origines de son époux. Peu après, Valentin, à la suite d’un accident causé par Alexander Brandt (François Berléand), le père de Constance, devient amnésique. A son réveil, Valentin oublie tout de sa vie parisienne, retrouve son accent à couper au couteau et ne se souvient plus de sa femme. Encore pire, il pense être revenu à l’époque où il s’apprêtait à quitter sa région natale, quand il avait 17 ans.

Si l’on regarde les six films mis en scène par Dany Boon, La Ch’tite famille surpasse donc ses deux précédents opus. Toutefois, le réalisateur ne parvient pas à restituer cette authenticité qui avait touché les spectateurs et fait l’immense succès de Bienvenue chez les Ch’tis. Son premier coup d’essai, La Maison du bonheur reposait également sur un montage vif, des répliques percutantes et une justesse comme qui dirait décontractée des comédiens, éléments totalement absents dans La Ch’tite Famille.

Dany Boon est devenu une véritable entreprise à lui seul. Son nom est synonyme d’une production au budget confortable, entre 20 à 25 millions, plus de 30 millions pour Supercondriaque et pour Raid dingue. On ne sait pas où passe l’argent, probablement dans le cachet des acteurs et du réalisateur, car La Ch’tite Famille s’apparente à un téléfilm de luxe, comprenez avec cadre large et photo clinquante. Les scènes s’enchaînent à la va comme je te pousse, sans rythme, avec des comédiens qui déclament leurs répliques comme pour une récitation, souvent filmés en champ-contrechamp. On sourit certes, encore heureux, devant l’abattage de certains, d’autant plus que Dany Boon a cette qualité de ne jamais tirer la couverture et d’offrir à ses partenaires l’occasion « d’exister » à ses côtés. La géniale Laurence Arné (qui avait donné la réplique à Dany Boon dans Radin ! de Fred Cavayé) s’en sort encore une fois avec un naturel comique irrésistible. Le couple Line Renaud-Pierre Richard aurait mérité bien mieux, Valérie Bonneton joue une fois de plus la nana quasi-hystérique, Guy Lecluyse la bonne pâte, François Berléand le bougon. Sans compter les apparitions des « amis » avec Arthur, Kad Merad, Julia Vignali, Pascal Obispo et Claire Chazal dans leur propre rôle.

On sent ce qui a pu donner envie à Dany Boon d’écrire ce film. Ou comment essayer de garder la tête froide après le succès et la renommée. Mais La Ch’tite famille, bien calibré pour sa future diffusion sur TF1, ne sort jamais du tout-venant de la comédie française. Aucun enjeu, une mise en scène fonctionnelle, un casting quatre étoiles, gags « hénaurmes », festival de mimiques et de grimaces, larmes factices et même un hommage à Johnny Hallyday (même si le film avait été filmé avant la mort du chanteur) avec un Pierre Richard entonnant Que je t’aime en Ch’ti, devant une Line Renaud au bord de l’apoplexie.

La Ch’tite Famille n’est pas « déshonorant » dans le sens où on voit souvent bien pire. C’est juste qu’il est totalement anecdotique, inoffensif, transparent.

LE BLU-RAY

Le DVD et le Blu-ray de La Ch’tite Famille sont disponibles chez Pathé. Le visuel de la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Vu le grand succès dans les salles, on pouvait s’attendre à une interactivité chargée, ou du moins digne de ce nom. Ce n’est pas le cas.

Il faudra se contenter de deux scènes coupées (3’), assez réussies et qui auraient mérité d’être intégrées au montage final. Dans la première, Valentin revient dans sa région natale et s’arrête à une baraque à frites dont il reconnaît le propriétaire, qu’il n’avait pas vu depuis vingt ans. La seconde est beaucoup plus burlesque. Au cours d’un repas, le mobile-home de la famille prend feu en raison d’une soupe concoctée par Louloute, qui semble avoir été coupée avec de l’essence.

Cette section se clôt sur un bêtisier (6’).

L’Image et le son

Les contrastes sont riches, la luminosité est omniprésente, les scènes nocturnes sont logées à la même enseigne et le relief est probant. Les visages sont détaillés à souhait, tout comme les décors, la colorimétrie est vive et chatoyante, ambrée, le piqué joliment aiguisé (surtout sur les scènes en extérieur), les détails foisonnent aux quatre coins du cadre large, le relief est indéniable et la photo élégante du chef opérateur Denis Rouden (Les vacances du petit Nicolas, Astérix & Obélix: Au service de sa Majesté, 36 Quai des Orfèvres) trouve en Blu-ray un écrin idéal.

Outre une piste Audiodescription et des sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant, la version DTS-HD Master Audio 5.1 parvient sans mal à instaurer un indéniable confort phonique. Les enceintes sont toutes mises en valeur et spatialisent excellemment les effets, la musique et les ambiances. Quelques séquences auraient peut-être mérité d’être un peu plus dynamiques ou les dialogues parfois quelque peu relevés quand la partition s’envole, mais l’immersion est fort probante, surtout lors de la séquence finale. De son côté, la DTS-HD Master Audio 2.0 se révèle également dynamique, percutante même.

Crédits images : © David Koskas / Pathé / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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