Test Blu-ray / Independence Day : Resurgence, réalisé par Roland Emmerich

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INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE réalisé par Roland Emmerich, disponible en Ultra HD Blu-ray 4K, Blu-ray et DVD le 23 novembre 2016 chez 20th Century Fox

Acteurs : Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Jessie T. Usher, Bill Pullman, Maika Monroe, Sela Ward, William Fichtner, Judd Hirsch, Brent Spiner, Vivica A. Fox, Angelababy, Charlotte Gainsbourg

Scénario : Nicolas Wright, James A. Woods, Dean Devlin, Roland Emmerich, James Vanderbilt

Photographie : Markus Förderer

Musique : Harald Kloser, Thomas Wanker

Durée : 2h00

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.

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En 1996, le rouleau compresseur cinématographique s’intitulait Independence Day. Alors qu’il vient de connaître un succès surprise avec Stargate, y compris en France où le film a attiré plus de 2,6 millions de spectateurs, le réalisateur allemand Roland Emmerich a l’idée de son prochain film au moment de la promotion mondiale de son dernier long métrage. Quand on lui demande s’il croit à l’existence d’aliens, il répond par la négative, mais imagine très vite ce que l’affrontement entre les Terriens et des êtres hostiles venus d’ailleurs pour s’emparer des richesses naturelles de notre planète pourrait donner à l’écran. Si le scénario, écrit en trois semaines, tient sur un papier OCB, le budget confortable – mais modeste pour une production de cet acabit – de 75 millions de dollars passe essentiellement dans les effets visuels, alors à la pointe de la technologie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’argent est visible à l’écran. Avec ses truquages hybrides, combinant à la fois les nouvelles images de synthèse et le tournage de maquettes, Independence Day apparaît comme un chant du cygne du blockbuster du XXe siècle.

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En dépit de ses scénarios qui ne volent souvent pas haut, avec son humour au ras des pâquerettes, son patriotisme américain « hénaurme » et ses dialogues amusants, Roland Emmerich est un des réalisateurs les plus généreux du genre et sait combler les attentes des spectateurs. Film de catastrophe/science-fiction, piochant allègrement ses idées sur La Guerre des mondes de Byron Haskin, Star Wars, Top Gun, Alien, Tremblement de terre de Mark Robson et encore bien d’autres classiques, Independence Day n’est rien d’autre qu’un gigantesque divertissement populaire. Si la critique a conspué le film à sa sortie, le public lui a fait un triomphe. Avec 5,7 millions d’entrées en France et 816 millions de dollars de recette mondiale (environs 1,3 milliard aujourd’hui), Independence Day est devenu le plus grand succès de 1996, très loin devant Twister et Mission Impossible, situés sur la deuxième et la troisième marche du podium. Aujourd’hui, Independence Day, que l’on nomme également ID4, est devenu un gentil nanar aux effets spéciaux qui ont pris un sacré coup de vieux. Le discours du Président des Etats-Unis avant d’aller au combat, le génie en informatique qui sauve la planète en ayant implanté un virus dans le vaisseau-mère grâce à un simple Mac, la vision de la Zone 51, l’explosion de la Maison Blanche, l’avion Air Force One qui échappe de peu à la vague de feu qui raye Washington D.C. de la carte, ID4 regorge de scènes et de dialogues cultes. Tout cela est involontairement drôle certes, encore plus avec les années qui ont passé, mais Independence Day demeure incontournable.

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ID4, est une valeur sûre, un film devant lequel on ne s’ennuie pas. On le revoie toujours avec plaisir en citant les répliques de Will Smith (qui sortait tout juste du Prince de Bel-air), Bill Pullman, Jeff Goldblum, Judd Hirsch, Robert Loggia et Randy Quaid (« Hello Boys ! I’m back ! »), en pouffant de rire devant les effets téléphonés, devant le fait que 3 milliards de personnes périssent dans le monde et que les américains se marrent à la fin en fumant le cigare, bref, c’est très bête, ça l’a toujours été, mais Independence Day est et restera un des plus grands divertissements des années 1990 !

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Mais alors, pourquoi Independence Day : Resurgence, suite longtemps « attendue » ne fonctionne pas ?

Réputé pour être le spécialiste de la destruction massive, le réalisateur Roland Emmerich a connu un sérieux revers avec son pourtant sympathique White House Down. Sentant le vent tourner, il était peut-être temps pour lui de se pencher sur la suite tant demandée (par le passé) de son plus gros hit, Independence Day. Si la Fox avait voulu enchaîner immédiatement avec un deuxième volet, au point de cibler le 4 juillet 1998 comme date de sortie, Roland Emmerich et son complice Dean Devlin avaient préféré se concentrer sur leur version de Godzilla, leur film de monstre où Jean Reno peste contre le mauvais café et ses collègues français Jean-Luc, Jean-Marc et Jean-Claude. Le projet d’Independence Day 2 est longtemps resté dans les tiroirs, jusqu’au jour où le cinéaste s’est enfin décidé à se lancer dans cette nouvelle (super)production.

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A trois mois près, Independence Day : Resurgence sort sur les écrans 20 ans après le premier. Doté d’un budget de 165 millions de dollars et aidé par le retour de quelques acteurs du premier film, Jeff Goldblum, Bill Pullman, Judd Hirsch, ainsi que la participation de Vivica A. Fox pour titiller la fibre nostalgique des spectateurs, ce second volet pouvait être intéressant. Le producteur et coscénariste Dean Devlin explique « Nous avons résisté à l’idée de créer une suite pendant des années mais nous voulons toujours faire honneur au premier film. C’est ce film qui a propulsé notre carrière, nous avons une affection particulière pour lui (…) nous ne voulions pas faire de film juste parce que c’était une bonne idée financièrement parlant, mais parce que nous avions une idée et un concept qui fasse honneur au premier film ». En découvrant Independence Day : Resurgence on se demande pourquoi il aura fallu attendre vingt ans pour…ça ! Le scénario reprend peu ou prou la même histoire et les rebondissements du premier opus, vingt ans après les événements survenus dans le premier film. A cela, les scénaristes y greffent de nouveaux personnages, interprétés par des jeunes comédiens sans charisme, quelques éléments pour montrer que l’humanité s’est enfin unie et a su s’emparer de la technologie extraterrestre pour se reconstruire, mais aussi et surtout pour surveiller l’espace et créer de nouvelles armes prêtes à être dégainées si les aliens avaient dans la tête de pointer à nouveau le bout de leur nez.

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David Levinson (Goldblum) est devenu le grand manitou du programme de défense international, tandis que l’ancien Président Whitmore (Pullman) est devenu grabataire et sujet à de nombreuses crises de démence. Heureusement, il retrouvera l’usage de sa jambe en vrac après s’être rasé la barbe et lavé les cheveux. Ne riez pas, c’est vrai. Will Smith n’a pas voulu revenir ? Pas grave, les scénaristes ont fait mourir son personnage dans un accident après s’être porté volontaire dans la mise en route de nouveaux modules aériens inspirés des vaisseaux extraterrestres, un chasseur alien hybride à pulsion électromagnétique pour être exact. Heureusement, il avait un petit garçon dans le premier film, Dylan, qu’il avait eu avec Vivica A. Fox. Cette dernière n’est d’ailleurs plus gogo-danseuse mais dirige cette fois un hôpital. Belle reconversion en 20 ans, respect. Le Président Whitmore avait une fille aussi, qui a également bien grandi puisqu’elle est interprétée par Maika Monroe (It Follows). Mais les deux rejetons Dylan/Patricia ne sont pas amoureux, puisque cette dernière a jeté son dévolu sur la tête brûlée Jake Morrison (l’endive Liam Hemsworth), également pilote casse-cou(illes). Ah oui, le Dr. Brakish Okun (Brent Spiner) n’est finalement pas mort dans le premier, puisqu’il fait son retour ici et sort du coma en ayant d’ailleurs gardé la même tête et la même coupe de cheveux. De son côté, Julius Levinson (Hirsch) a écrit un livre sur les événements qui se sont déroulés il y a 20 ans. Il en fait la promo dans les maisons de retraite. Il y a aussi notre Charlotte Gainsbourg nationale qui fait ses premiers pas dans un blockbuster dans le rôle de Catherine, psychologue française, ancien grand amour de David Levinson, spécialisée dans les traumas post-invasion. La comédienne traverse le film comme si elle s’était trompée de plateau.

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Voilà, tout ce beau monde essaye de s’unir à nouveau pour bouter les méchants aliens à tentacules hors de nos frontières. Ces derniers n’ont rien trouvé de mieux que de débarquer à nouveau le jour de la fête nationale américaine, en garant leur vaisseau spatial, qui atteint cette fois les 5000 kilomètres de diamètre, sur tout l’océan Atlantique. On apprend qu’ils vont tenter à nouveau – on nous l’avait bien caché dans le premier volet – de percer la croûte terrestre afin de s’emparer du noyau de la planète ! Non, mais des fois ! En voilà des façons ! Heureusement, la jeune génération qui se rend compte de rien, prend les commandes de leurs nouveaux joujoux pour leur montrer de quel bois se chauffent les êtres humains ! Mais c’était sans compter sur l’apparition d’une intelligence artificielle, qui a pris l’apparence d’une grosse boule de Pokémon, tout comme celle de la Reine des aliens qui mesure cinquante mètres de haut. Bref, soyez les bienvenus dans le joyeux bordel de Roland Emmerich.

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Ce n’est pas qu’on attendait forcément la suite d’un nanar, mais connaissant la générosité de Roland Emmerich, pourquoi pas après tout ! Le problème, c’est qu’Independence Day : Resurgence arrive probablement trop tard. Roland Emmerich a déjà fait tout exploser (ou inonder) dans ses précédents films, au point qu’il racle les fonds de tiroir ici. L’arrivée du vaisseau-mère dans notre atmosphère entraîne un dérèglement de la gravité, ce qui aspire les villes de Singapour et de Dubaï dans les airs, pour finalement être rejetées sur Londres. Il est comme ça Roland ! Cela fait des belles images de verre qui explose avec des passants qui se demandent ce qui se passe. Les effets spéciaux ont évidemment connu de grandes évolutions en 20 ans et le résultat à l’écran demeure bluffant. Malheureusement, le réalisateur s’embourbe dans une multitude de personnages jamais intéressants et le rythme demeure constamment poussif pendant deux heures. Cette séquelle s’apparente en fait presque à un remake (avec le même humour involontaire), mais on s’ennuie beaucoup et très vite devant cette succession de scènes sans imagination et prévisibles, par ailleurs très mal montées. Le film se résume surtout à l’affrontement aérien entre les pilotes de l’armée américaine (alors que l’invasion est supposée être mondiale) soutenue par un soldat africain qui combat avec sa machette (sans blaguer hein) et les navettes extraterrestres, puis entre les mêmes pilotes et la Reine des aliens qui a décidé d’aller faire un petit tour dans le désert de sel près de la Base 51. On pouvait s’attendre à mieux comme climax qu’une poursuite entre un monstre à la Godzilla et un bus scolaire ! Mais de l’aveu même de Roland Emmerich et comme l’indique la dernière scène, ce volet était censé préparer le suivant, pensé comme une bataille intergalactique terriens/aliens engagée après un voyage interstellaire initié par l’intelligence artificielle sphérique. Suite à l’échec commercial du film, 388 millions de dollars de recette (103 millions sur le sol américain) pour un budget de 165 millions (coût hors promotionnel était paraît-il faramineux), il semble que cette suite ait été aussitôt mise aux oubliettes.

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LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Independence Day : Resurgence, disponible chez Fox, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

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Roland Emmerich est seul derrière le micro pour commenter Independence Day : Resurgence. Vraisemblablement enregistré avant la sortie américaine du film, le réalisateur se révèle enthousiaste et confiant quant à la bonne réception de cette suite. S’il allait déchanter quelques semaines après, cela n’empêche pas Roland Emmerich de partager sa joie d’avoir retrouvé une bonne partie de l’équipe du premier ID4. S’il lui faut un petit moment pour se lancer vraiment dans les informations intéressantes, Emmerich ne manque pas d’anecdotes, aborde la construction de chaque séquence, évoque le casting, la genèse du film, le gigantesque travail avec l’équipe des effets spéciaux. Très optimiste, Emmerich aborde ce que pourrait être – ou ce qu’aurait pu être, puisque le film est considéré comme un échec commercial – la suite de Resurgence avec les indices donnés dans la scène finale. Ce commentaire audio est disponible avec les sous-titres français.

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Nous trouvons huit scènes coupées (8′), dont un prologue alternatif. Celui-ci se déroulait sur une base lunaire de Saturne, Rhéa, tenue par les Russes, qui après une panne électrique générale (gloups !) deviennent témoins d’une apparition extraterrestre. Les autres séquences sont plutôt pas mal, notamment la destruction de la Maison-Blanche (qui semblait pourtant sauvée dans le film cette fois) défoncée par un pieu géant, tout comme la mort du Président Lanford (écrasée par la Reine alien) dont le sort reste indéterminé dans le montage final. Ces scènes coupées sont également proposées avec les commentaires de Roland Emmerich en option.

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S’ensuit un faux documentaire consacré à la « Guerre de 1996 » (5′). Un présentateur de télévision rend hommage à ceux qui ont combattu les aliens en 1996, y compris au personnage interprété par Will Smith dans le premier film et où on nous apprend sa mort accidentelle, tout en montrant comment les nations du monde se sont ensuite unies pour se reconstruire et se préparer au cas où les aliens reviendraient un jour. Les spectateurs français y verront Jacques Chirac entouré de Boris Eltsine et du Président Whitmore (Bill Pullman) sur un joli photo-montage.

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Le module suivant intitulé It’s early ABQ ! (3′) ne sert à rien et s’apparente à un sketch au cours duquel Julius Levinson vient présenter son livre sur les événements de 1996, dans une émission diffusée à 5 heures du matin à Albuquerque. Son fils David Levinson arrive sur le plateau et l’ambiance dégénère quelque peu.

Le making of (55′) proposé s’avère complet et bien rythmé. Il est évidemment composé d’images issues du plateau (on y voit que du bleu partout), d’interviews promotionnelles et quelque peu ronflantes, de dessins conceptuels. L’ensemble est surtout focalisé sur la création des effets spéciaux, sur celle des décors et des véhicules spatiaux, sans oublier celle des aliens.

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L’interactivité se clôt sur un bêtisier pas drôle (6′), une large galerie de dessins conceptuels, deux bandes-annonces et un spot tv.

L’Image et le son

L’éditeur soigne son master HD qui se révèle exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté demeure frappante, le piqué est affûté, les gros plans détaillés, les contrastes denses et la colorimétrie marquée par les décors métalliques et bleus reste chatoyante. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les partis pris esthétiques caractéristiques de ce 2016 uchronique, aseptisé dans les salles de contrôle, immaculé, des décors aux costumes. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

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Sans surprise, seule la version originale bénéficie d’un mixage DTS-HD Master Audio 7.1 qui met à contribution chacune des enceintes de toute bonne installation qui se respecte. Evidemment, cette option acoustique est à privilégier puisque la version française ne dispose que d’une DTS 5.1 ! Avec l’arrivée du vaisseau-mère au-dessus de la Lune et son atterrissage sur notre planète, les quelques séquences de destructions massives, les affrontements de l’armée américaine contre les aliens, la DTS-HD Master Audio 7.1 s’impose comme une vraie piste de démonstration. Une vraie déferlante d’effets en tous genres, mais surtout durant la dernière partie où le feu et les explosions environnent le spectateur. La musique est constamment spatialisée et le caisson de basses a fort à faire. Dommage pour la version française, qui fait ce qu’elle peut, mais reste à la traîne derrière son homologue en matière d’effets et de dynamique.

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Crédits images : © 20th Century Fox

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