Test Blu-ray / Halloween, réalisé par David Gordon Green

HALLOWEEN réalisé par David Gordon Green disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 27 février 2019 chez Universal Pictures France

Acteurs : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Haluk Bilginer, James Jude Courtney, Nick Castle, Will Patton, Rhian Rees…

Scénario : Jeff Fradley, Danny McBride, David Gordon Green

Photographie : Michael Simmonds

Musique : Cody Carpenter, John Carpenter, Daniel A. Davies

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

Frustrant. Voilà le mot qui résume le mieux cet Halloween, cuvée 2018. Non content de suivre/remaker/rebooter (rayez les mentions inutiles) la saga, ce nouvel opus peine à se démarquer des autres et n’hésite pas à repiquer des scènes de la franchise par-ci par-là sans aucun scrupule, à tenter de recréer la mythologie ou encore à ”singer” le film original réalisé par John Carpenter. Il faut par ailleurs signaler que ce premier épisode était assez pionnier dans le genre du slasher, sous-genre horrifique représentant un tueur masqué qui tue plusieurs individus à l’arme blanche. Il a entraîné par la suite la saga Vendredi 13 un an après, ou même Meurtres À La St-Valentin, pâle copie sans saveur de Halloween, reprenant le thème du meurtre lors d’un événement du calendrier grégorien. Mais au-delà des influences qu’Halloween a généré, il a connu lui-même sept suites, ainsi qu’un remake et sa suite.

C’est donc 9 ans après un très bon – en version Director’s Cut – Halloween II, réalisé par Rob Zombie, que Michael Myers ressurgit sur les écrans. Mis en par un spécialiste de la comédie (Délire Express, Votre Majesté), fraîchement tombé dans le drame (Joe, Stronger), David Gordon Green ressuscite l’un des croquemitaines les plus célèbres du 7ème Art. Pour ce faire, il s’entoure du comédien Danny McBride (Délire Express, C’est La Fin, Alien : Covenant) afin d’écrire ce qu’ils considèrent comme étant la suite directe du film de Carpenter , c’est-à-dire supprimer les 7 suites et faire comme si elles n’avaient jamais existé. C’est chose ratée tant le film comporte des séquences de meurtres pompées dans les autres films (y compris chez Rob Zombie), faisant de Michael Myers une brute épaisse et sans état d’âme (alors que la séquence pré-générique laissait présager le meilleur), largement copié sur Jason Voorhees de la saga Vendredi 13.

Là où le bât blesse, c’est qu’aucune scène – excepté la première et le générique de début, où la citrouille se reforme – n’est crédible. David Gordon Green n’hésite pas à recopier ce qu’il aimait chez Carpenter, notamment des plans iconiques, qui font ici office de parodie tant cela paraît exagéré. Le film ne mise même pas sur la peur, la frayeur, ou encore la psychologie de ses personnages comme le faisait le film original et même quelques-unes de ses suites et surtout le remake de Rob Zombie. Non, loin de là. Il ne fait qu’adapter à la lettre les débilités d’un scénario sans saveur reprenant les clichés et les codes du néo-slasher. Pire encore, les personnages les plus intéressants sont dirigés vers la sortie rapidement, ne laissant que les protagonistes s’engouffrer dans du grand n’importe quoi digne d’un téléfilm du jeudi soir de M6 des années 90. Sauf qu’ici, rien n’est assumé. On va passer sur les multiples rebondissements inutiles avec certains personnages, dont ce fameux remplaçant du Dr Loomis, une catastrophe scénaristique en tout point. Le film se raconte au premier degré et la formule ne prend pas. Entre un gros « je m’en fous, j’ai John Carpenter qui supervise » et « On va faire de Jamie Lee Curtis le pendant féminin (et féministe donc) de Clint Eastwood », Halloween ne respecte en rien la saga qui la rendait si authentique aux yeux des fans, que ce soit dans son traitement comme dans sa mise en images.

Et si revoir Jamie Lee Curtis dans le rôle d’une Laurie Strode vieillissante, avide de vengeance, doublement divorcée et en perpétuel conflit avec sa fille est un vrai plaisir, force est de constater que cette Laurie Strode n’a strictement rien à voir avec celle du film original telle que Big John l’a laissée aux côtés de Donald Pleasence. Aucune empathie ne se fait avec son personnage de vieille folle que personne ne croit. Au moins, la Laurie de Halloween : 20 Ans Après se questionnait sur l’héritage créé par le premier film. Ici, David Gordon Green s’en fiche royalement et ne mène son film qu’à un troisième acte attendu, mais tout de même réussi.

Il faut attendre 1h20 avant que le film démarre réellement. Un dernier acte permettant de retrouver trois générations de Strode (grand-mère, fille et petite-fille) affronter Michael Myers (dans une assez belle mise en scène), mais la suppression de la fraternité de Michael et Laurie nuit franchement à l’ensemble. Si l’idée est malmenée, le petit côté Western en huis clos et la confrontation finale entre Laurie et Michael fait tout de même son petit effet, tout comme le plan final, parsemant le doute sur l’héritage que nous laisse la saga à l’heure actuelle, mais également plusieurs questions métas sur l’industrie Hollywoodienne de nos jours…

Tantôt parodique, tantôt sérieux, Halloween ne doit réellement son succès qu’à la renaissance de Michael Myers, mais surtout à la musique de John Carpenter, toujours aussi parfaite, et à l’implication de Jamie Lee Curtis, superbe dans le rôle, qui lui, est écrit avec les pieds. On pourrait encore vous parler du film pendant des heures, parce que plusieurs sujets n’ont pas été évoqués, mais ce sentiment de frustration ne ferait que devenir un sentiment de dégoût. Et l’auteur de ces lignes aime beaucoup trop Michael Myers pour ça. Et est tout de même dégoûté que le producteur Jason Blum ait cette envie de faire une suite. On se demande même comment c’est envisageable. Ah oui, les billets verts, tout ça.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Halloween, disponible chez Universal Pictures France, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et musical avec le thème musical du film réarrangé.

Le Blu-ray contient 7 scènes coupées et en versions longues (HD, 13 minutes), qui est le gros morceau de ces bonus, mais aussi le plus intéressant de cette édition. En effet, certaines scènes sont assez jolies visuellement et tentent d’explorer les pensées de certains personnages.

De Retour À Haddonfield : Le Making Of D’Halloween (HD, 6 minutes) est plutôt une featurette où le réalisateur se confie sur son amour pour le film original et ce qui l’a motivé à en faire une suite 40 ans plus tard.

La Véritable Scream Queen (HD, 3 minutes) se concentre sur le retour de Jamie Lee Curtis et sur la comparaison entre le personnage qu’elle incarnait dans le film de John Carpenter avec celui qu’elle interprète dans le film de David Gordon Green.

Le Son De La Peur (HD, 3 minutes) s’intéresse au travail musical effectué par John Carpenter, Cody Carpenter et Daniel Davies pour le film et l’importance de ce que le thème original leur inspire.

Le Périple Du Masque (HD, 3 minutes) parle des origines du masque et de la peur qu’il provoque.

L’Héritage D’Halloween (HD, 4 minutes) est une table ronde bien trop courte donnant la parole à Jamie Lee Curtis, John Carpenter, David Gordon Green et Jason Blum sur le film original et ce qu’il a inspiré depuis, ainsi que sur la réalisation du film de 2018.

Des suppléments bien trop courts pour être véritablement intéressants. Frustrant.

L’Image et le son

L’image est d’excellente facture, permettant de déceler beaucoup de détails (dont la qualité du masque de Michael Myers). Les scènes de jour comme de nuit sont très bien retranscrites sur ce Blu-ray, encodé en AVC. Pour information, le film a été tourné en numérique.

L’écoute du film en VO est très agréable. Évidemment, la piste Anglaise en DTS: X est à privilégier. Les frontales mettent en valeur l’action du film tandis que les latérales se concentrent plus sur l’ambiance et la musique. Une expérience très agréable que la VF en DTS 5.1 ne parvient pas à rivaliser, et comporte aussi un doublage rendant le film ”nanardesque”.


Crédits images : © Universal Pictures Pictures /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

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