Test Blu-ray / Gold, réalisé par Peter R. Hunt

GOLD réalisé par Peter R. Hunt, disponible en DVD et Blu-ray le 2 avril 2018 chez Movinside

Acteurs :  Roger Moore, Susannah York, Ray Milland, Bradford Dillman, John Gielgud, Tony Beckley…

Scénario :  Stanley Price et Wilbur Smith d’après le roman de ce dernier “Gold Mine”

Photographie : Ousama Rawi

Musique : Elmer Bernstein

Durée : 2h04

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

La plus grande mine aurifère de Johannesburg est ravagée par une explosion. Rod Slater prend la tête de l’équipe de secours. Il ne peut plus rien pour son chef, qui agonise alors sous les gravats. Il pense ne devoir qu’à son courage et à sa compétence la promotion que lui propose alors Manfred Steyner, le gendre du grand patron. Il ignore que ce dernier, acoquiné avec des spéculateurs, entend se servir de son innocence pour provoquer une nouvelle catastrophe, qui aurait pour effet d’enflammer les cours de l’or. Afin d’endormir sa méfiance, Steyner laisse Slater filer le parfait amour avec sa propre femme, Terry.

Pour qui s’intéresse un minimum à la saga James Bond, le nom de Peter R. Hunt n’est pas inconnu puisque l’intéressé a contribué à créer cette saga, au même titre que le réalisateur Terence Young. Monteur sur James Bond 007 contre Dr. No, Bons baisers de Russie, Goldfinger, puis superviseur du montage sur Opération Tonnerre et On ne vit que deux fois, Peter R. Hunt se voit confier la mise en scène d’Au service secret de Sa Majesté en 1969, l’opus avec George Lazenby dans le rôle de l’agent 007. Rejeté par une bonne partie des spectateurs à sa sortie, surtout en raison du choix de l’interprète vedette, le sixième épisode de la franchise est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs, certains le plaçant même en première place dans les classements. Avec son James Bond, Peter R. Hunt a su démontrer tout son savoir-faire et sa virtuosité technique. Après ce coup d’essai et coup de maître, le réalisateur passe ensuite par la télévision en signant un épisode de la série Amicalement vôtre. Il faudra attendre 1974, pour que Peter R. Hunt fasse son retour au cinéma avec Gold.

L’ombre de James Bond plane sur ce second long métrage avec la présence de Roger Moore en haut de l’affiche (il en était alors à sa deuxième Vodka Martini), John Glen (futur réalisateur de cinq 007) en tant que monteur, Maurice Binder qui crée le générique inoubliable du film, sans oublier le chef décorateur Syd Cain. Gold est une œuvre culte, un divertissement haut de gamme, qui n’a rien perdu de son charme et dont les rebondissements demeurent bluffants. Le scénario de Stanley Price (Arabesque de Stanley Donen) et Wilbur Smith (Le Dernier train du Katanga de Jack Cardiff), basé sur le roman de ce dernier intitulé Gold Mine, offre à Roger Moore et au réalisateur un cadre idéal pour leurs aventures, filmées principalement en Afrique du Sud à Johannesburg, mais également entre Londres et New York.

Les séquences de fêtes locales et surtout celles d’extraction de l’or sont tournées comme un documentaire, à plusieurs centaines de mètres de profondeur, tandis que celles impliquant les effets spéciaux, comme l’inondation du dernier acte, sont elles filmées aux mythiques studios Pinewood en Angleterre. Ce qui étonne encore aujourd’hui, c’est la modernité de la mise en scène de Peter R. Hunt, souvent très impressionnante, alliée à un montage nerveux dans les scènes catastrophe, le tout agrémenté de la superbe partition du grand Elmer Bernstein, qui rappelle elle aussi certains thèmes de John Barry. Même chose pour la chanson en ouverture entonnée par Jimmy Helms, qui n’est pas sans faire penser au thème d’Opération TonnerreThunderball immortalisé par Tom Jones en 1965. Heureusement, Gold ne se limite pas à ces accents « bondiens » et reste avant tout un très grand film d’aventures, mâtiné de romance et d’intrigue politique.

Roger Moore est parfait, très à l’aise dans un rôle qui lui va comme un gant, toujours à la croisée de Simon Templar, James Bond et Lord Brett Sinclair, mais avec un truc hargneux en plus. Le comédien a l’air de se délecter des scènes tendres avec Susannah York, dont le personnage est loin de se résumer à être la « belle nana que le héros emballe ». Atout charme certes, mais aussi bad-ass aux commandes d’un petit avion qui aidera Rod Slater à se rendre à la mine où près de mille ouvriers se trouvent en danger. Les retournements de situation, conspirations et scènes romantiques se croisent habilement, sans ennui, sur un rythme soutenu. De la très bonne came pour résumer, à tel point que le final dans la mine inspirera l’une des grandes séquences de…Dangereusement vôtre, dernier tour de piste de Roger Moore dans le costard de l’agent secret. La boucle est ainsi bouclée.

LE BLU-RAY

Gold est enfin disponible en Haute-Définition chez Movinside. Il intègre la collection de l’éditeur « Suspense-Polar ». Précédemment, le film de Peter R. Hunt était disponible en DVD chez PVB Editions, puis chez Seven7 Editions. Le menu principal est animé sur le thème principal d’Elmer Bernstein.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Longtemps attendu par les fans de Roger Moore, Gold débarque enfin en Haute Définition. La copie affiche une stabilité et une propreté absolues, même si la séquence du générique apparaît moins riche et bigarrée que par la suite. Le cadre large a souvent l’occasion de briller, la clarté est de mise et le piqué nettement appréciable sur toutes les séquences en extérieur. Les scènes dans la mine restent marquées par un grain plus accentué, des petits points blancs, quelques pertes de la définition et un piqué émoussé sur des plans plus vaporeux. Cela n’empêche pas la colorimétrie de retrouver une nouvelle jeunesse, tout comme les contrastes dont la gestion se révèle savamment entretenue par un encodage AVC solide. Un Blu-ray très élégant.

Gold est disponible en version originale et française DTS-HD Master Audio 2.0. La première instaure un confort acoustique plaisant avec une délivrance suffisante des dialogues, des effets annexes convaincants et surtout une belle restitution de la musique d’Elmer Bernstein. La piste française est un peu plus étriquée, mais reste dynamique. Le doublage est aussi particulièrement réussi, avec bien sûr Claude Bertrand qui prête sa sublime voix à Roger Moore comme sur les James Bond. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © 1974 Avton Film / Killamey Film Studios / Movinside / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

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