Test Blu-ray / Enfer mécanique, réalisé par Elliot Silverstein

ENFER MÉCANIQUE (The Car) réalisé par Elliot Silverstein, disponible en DVD et Blu-ray le 12 décembre 2018 chez Eléphant Films

Acteurs : James Brolin, Kathleen Lloyd, John Marley, R.G. Armstrong, John Rubinstein, Elizabeth Thompson…

Scénario : Michael Butler, Dennis Shryack, Lane Slate

Photographie : Gerald Hirschfeld

Musique : Leonard Rosenman

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Une énorme berline noire roule à tombeau ouvert sur la route du désert. Est-ce un fantôme, un démon ou le diable lui-même? Cette voiture commence à terroriser les habitants d’une petite ville du Nouveau-Mexique. Les policiers du comté, menés par le shérif Everett et le capitaine Wade Parent, commencent l’enquête. Le soir, Everett est à son tour fauché sur la grande rue du village.

Prenez un shaker. Mettez-y une bonne dose de Duel (1971) de Steven Spielberg. Pendant que vous y êtes, incorporez quelques grammes des Dents de la mer (1975). Bon d’accord, un requin ne peut se déplacer sur le bitume, alors par quoi peut-on le remplacer ? Hum. Une voiture fera l’affaire. Secouez tout cela et versez. Voici Enfer mécaniqueThe Car, grand classique de la fin des années 1970 qui surfait de façon opportuniste sur les deux hits de maître Spielberg qui venait de révolutionner le divertissement hollywoodien. Alors oui, la mise en scène du dénommé Elliot Silverstein (Cat Ballou) ne peut être comparée à celle de son confrère, mais Enfer mécanique tient bien la route, c’est le cas de le dire, et reste un excellent moment qui mine de rien annonce le roman Christine de Stephen King et son adaptation par John Carpenter écrit et réalisé 6 ans plus tard. James Brolin et sa moustache contre une voiture démoniaque, action !

L’histoire se déroule à Santa Ynez, communauté située dans les montagnes de l’État de l’Utah. Une voiture noire non-identifiée fonce sur le bitume qui traverse le désert. Elle frappe d’abord deux cyclistes dans les montagnes, puis un auto-stoppeur aux abords de la ville. La brigade du coin dirigée par le shérif Everett et le capitaine Wade Parent est appelée sur les lieux. Alors qu’il se prépare à rentrer chez lui, Everett est percutée par l’inquiétante voiture. Une vieille dame, témoin de l’incident, affirme aux policiers que la voiture était vide : il n’y avait personne à la place du chauffeur. Cette déclaration trouble profondément Parent. Le lendemain matin, la voiture s’attaque à un groupe d’enfants en train de pratiquer une fanfare. Les enfants et leurs professeurs parviennent à se réfugier dans le cimetière de l’endroit où il semble qu’elle n’ose pas pénétrer, malgré les insultes proférées par Lauren, l’une des institutrices et petite amie du capitaine Parent. La voiture repart vers le désert avec toute une escouade de voitures policières derrière elle. Elles sont toutes détruites et Wade est blessé dans l’affrontement. Celui-ci se réveille dans un hôpital et constate avec les policiers survivants qu’il semble s’agir d’une voiture ayant une origine démoniaque.

Quasi-remake de Jaws où James Brolin remplacerait Roy Scheider dans un rôle copier-coller sur le célèbre Chef Brody, Enfer mécanique vaut pour chacune des apparitions de la magnifique voiture infernale conçue par le célèbre George Barris, le créateur de la sublime Batmobile de la série télévisée Batman des années 1960. Cette berline Lincoln Continental Mark III 1971 vole littéralement la vedette aux vraies stars du film et le metteur en scène parvient à lui donner une véritable identité, ainsi qu’une âme méphistophélique en adoptant parfois son point de vue enflammé. Une fois le postulat de départ accepté, The Car embarque les spectateurs dans un néo-western tourné dans d’incroyables paysages sauvages de Glen Canyon et le parc national de Zion qui se prêtent à merveille pour ce rodéo inattendu entre des flics dépassés par les événements et une monture sauvage et déchaînée qu’ils n’arrivent pas à attraper au lasso, ou à l’assaut plutôt.

Les meurtres perpétrés par la berline sont particulièrement brutaux, à l’instar de celui des deux cyclistes qui ouvre le film, ainsi que la séquence surréaliste, mais particulièrement efficace où la bagnole fonce à travers la maison pour happer sa victime qui l’avait alors invectivé quelques heures auparavant, avant de repartir à fond les ballons sur l’asphalte à coups de klaxon dans le vent poussiéreux. La plupart du temps, les acteurs sont réduits au rang de marionnettes, conscients que leur sort importe peu aux spectateurs, qui attendent avec impatience la prochaine apparition de la berline. Toutefois, James Brolin et la clique, Kathleen Lloyd, John Marley, R.G. Armstrong, Ronny Cox, tous habitués à la rubrique “On ne sait jamais comment ils s’appellent”, assurent du début à la fin en apportant suffisamment de crédi-(dé)-bilité à l’entreprise. Les scénaristes Dennis Shryack et Michael Butler, auteurs de L’Epreuve de force et Pale Rider – Le cavalier solitaire de Clint Eastwood, regorgent d’imagination et parviennent à faire de leur prédateur blindé un « monstre » à part entière.

Le final dans le canyon est sans doute en dessous des espérances, mais Enfer mécanique contient son lot de scènes marquantes (celle du garage où la bagnole tente d’étouffer le héros avec ses gaz d’échappement) et son statut culte est mérité car cette série B a bien vieilli et se voit encore aujourd’hui avec plaisir comme un ersatz pas honteux de Jaws.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Enfer mécanique, disponible chez Elephant Films, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Nous ne sommes pas particulièrement fans du journaliste en culture pop Julien Comelli. Aussi énervant qu’un membre de jury d’un télé-crochet du style Jean-Marc Généreux (c’est dire), l’invité d’Elephant Films fait un sketch jamais drôle tout en donnant quelques informations sur la genèse, la production, le casting, la voiture et la sortie d’Enfer mécanique (23’). Ce supplément est aussi particulièrement mal réalisé et part un peu dans tous les sens.

L’interactivité se clôt sur des liens internet et un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

Superbe ! Entièrement restauré, Enfer mécanique est enfin proposé dans une édition digne de ce nom, en Blu-ray au format 1080p. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce lifting lui sied à ravir. Tout d’abord, la copie affiche une propreté incontestable, aucune scorie n’a survécu à l’attention des restaurateurs, la clarté HD et la colorimétrie pimpante flattent les rétines sur les séquences en extérieur. Dès la fin du générique d’ouverture, marqué par un grain plus prononcé, les contrastes trouvent une fermeté inédite, le piqué est renforcé et les noirs plus denses, les détails sur les décors abondent, sans oublier la profondeur de champ. Certes, quelques plans peuvent paraître plus doux en matière de définition, mais jamais le film d’Elliot Silverstein n’avait jusqu’alors bénéficié d’un tel traitement de faveur.

Enfer mécanique est disponible en version originale et française DTS HD Master Audio 2.0. La première instaure un confort acoustique plaisant avec une délivrance suffisante des dialogues, des effets annexes convaincants et surtout une belle restitution de la musique. La piste française est du même acabit et le doublage est particulièrement réussi. Les deux options acoustiques sont propres et dynamiques.

Crédits images : © Universal Pictures / Elephant Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

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