Test Blu-ray / Coffret Rocky – L’Anthologie

ROCKY, ROCKY 2 : LA REVANCHE, ROCKY 3 : L’OEIL DU TIGRE, ROCKY 4, ROCKY 5, ROCKY BALBOA (ROCKY, ROCKY II, ROCKY III, ROCKY IV, ROCKY V, ROCKY BALBOA) réalisé par John G. Avildsen (épisodes 1 et 5) et Sylvester Stallone (épisodes 2, 3, 4 et Rocky Balboa), disponible en coffret DVD et coffret Blu-ray depuis le 12 février 2014 chez MGM / United Artists

Acteurs : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers, Joe Spinell, Mr T., Dolph Lundgren, Tommy Morrison, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia, Tony Burton, A.J. Benza…

Scénario : Sylvester Stallone

Photographie : James Crabe, Bill Butler, Steven B. Poster, Clark Mathis

Musique : Bill Conti

Durée : 1h59 / 1h58 / 1h39 / 1h31 / 1h51 / 1h42

Date de sortie initiale : 1976 / 1979 / 1982 / 1985 / 1990 / 2006

LA SAGA

Dépassant ses limites, affrontant des adversaires de plus en plus redoutables, boxant comme personne n’avait boxé, Rocky est un héros fait de muscles et de volonté. Son histoire est le plus formidable des portraits de l’Amérique des quatre dernières décennies. Au-delà de la violence des combats, la saga Rocky est surtout le parcours poignant d’un homme assailli par les doutes et l’inquiétude, qui lutte pour la victoire et qui est sauvé par l’amour.

Il y a des personnages qui marquent une vie. Rocky Balboa fait partie de ceux-là. Il est présent partout, notamment dans l’inconscient collectif. Au fil des années, la franchise aura montré une certaine authenticité auprès des fans, mais également auprès d’un nouveau public. Que l’on soit né dans les années 70 ou 2010, Rocky retient dans tous les cas toute notre attention.

C’est avant tout une vraie complicité qui naît entre le spectateur et le personnage. Le spectateur identifie immédiatement Sylvester Stallone à Rocky, plus qu’à John Rambo, Barney Ross ou John Spartan par exemple. Rocky, c’est Stallone. Stallone, c’est Rocky. Et Stallone étant le scénariste des six films de la saga, lui seul décide de faire avancer Rocky dans les bonnes ou les mauvaises directions.

Véritable miroir de sa vie, la saga Rocky est à Stallone ce que les films sur Antoine Doinel sont à Truffaut. Et au-delà de la boxe, c’est bien l’amour qui résonne dans les six films. Rocky n’est rien sans sa femme Adrian, et Adrian n’est rien sans Rocky. Pour ainsi dire, la saga est construite sur la relation Rocky/Adrian. Lorsque Rocky n’est pas en forme, Adrian est toujours là pour le soutenir, l’aider à affronter ses adversaires, et lui prouver à chaque fois qu’elle l’aime plus que tout. Et Rocky est toujours à son écoute, partagé entre sa colère et ses doutes. L’une des plus belles histoires d’amour de l’histoire du cinéma.

Si le premier Rocky est un chef-d’œuvre, les suites ne le surpasseront jamais (excepté un Rocky Balboa très honnête et sans artifices) qui renoue avec l’esprit du premier film. Rocky II reste un excellent match retour, Rocky III commence sérieusement à verser dans le film commercial tout en restant très intéressant (de nombreux thèmes exploités sont passionnants et introduisent très bien les suites), Rocky IV est un classique du long-métrage/clip des 80s (à condition d’accrocher) mais reste néanmoins beaucoup trop « over the top » par rapport au reste de la saga et Rocky V est un film majoritairement raté (malgré de très bonnes choses) qui ne sait pas trop dans quelle direction aller. Néanmoins, pour ce dernier, une version Director’s Cut de très mauvaise qualité est visible sur le net et propose des ajouts plutôt glorifiants et permettent au film une bien meilleure lisibilité.

Que sont les Rocky sans leurs antagonistes ? Si Apollo Creed (Carl Weathers), Clubber Lang (Mr. T), Ivan Drago (Dolph Lundgren) et Mason Dixon (Antonio Tarver) sont de parfaits opposants, Tommy Gunn (Tommy Morrison) est une catastrophe à laquelle Stallone et Avildsen ne se soucient que trop peu.

Les seconds rôles ne sont pas mis de côté et, au contraire, aident Rocky du mieux qu’ils le peuvent. Outre Adrian, magistralement interprétée par Talia Shire (Connie dans la Trilogie Le Parrain), le personnage de Paulie (joué par l’excellent Burt Young) est toujours là soit pour soutenir Rocky, soit pour au contraire s’opposer à lui, notamment par jalousie. Mais peu importe, on s’attache à Paulie dès le départ et nous éprouvons de la réelle compassion pour lui. C’est surtout Mickey et Apollo, véritables mentors du protagoniste qui retiennent notre attention sur quasiment toute la saga. Mickey est un personnage hors du commun, dur et tendre à la fois, qui pousse toujours Rocky vers le haut et le raisonne dès qu’il y a un problème. Burgess Meredith est fantastique dans le rôle. Quant à Apollo Creed, il est l’un des personnages qui a la meilleure évolution sur l’ensemble de la saga. Carl Weathers y est aussi pour beaucoup.

Vient enfin le coup de grâce, Rocky Balboa, où après 16 ans d’abandon, Sly renoue avec son personnage fétiche pour un dernier round des plus mémorables. Les répliques de Rocky sonnent authentiques et nous donnent souvent les larmes aux yeux. Un grand film, à l’image du premier opus de la saga.

En ce qui concerne la mise en scène, John G. Avildsen tente de nouvelles choses sur le premier Rocky et ne lâche pas sa caméra des personnages, d’où l’importance de la Steadicam. Sylvester Stallone est un peu plus éclectique et sa mise en scène sur Rocky II, Rocky III et Rocky Balboa ne démérite pas… Par contre, sur Rocky IV, on est tout de même loin d’avoir un rendu satisfaisant. Et Stallone ne se contente que de filmer son scénario en lui donnant un aspect très « clipesque » .

Quant à la musique de Bill Conti, elle est bien évidemment sublime et présente constamment dans nos esprits. Il y a encore beaucoup à dire sur la saga, mais cela prendrait des jours entiers, alors nous avons préféré écrire tout le bien que l’on en pensait.

Il est impossible aujourd’hui de dissocier Sylvester Stallone de Rocky Balboa et vice-versa. Un personnage, qui à travers six films dans sa propre saga et deux dans son spin-off nous aura fait pleurer, rire, et nous aura ému comme jamais. Rocky fait partie de notre vie. C’est notre pote, notre oncle, notre frère, notre père. Et au-delà de ça, Rocky est une saga qui marquera le 7ème Art via son aspect multi-générationnel. Et vu le succès des Creed, ce n’est pas prêt de s’arrêter…

LE COFFRET BLU-RAY

Rocky – Anthologie (Édition 40ème anniversaire) est disponible chez MGM / United Artists. Seul le menu principal du premier film est animé et musical. Celui des disques 2 à 7 sont fixes et muets, à l’exception du disque de Rocky Balboa, qui n’a aucun menu. Le coffret renferme 7 volets où sont disposés les disques, six Blu-ray pour les films et un pour les bonus. La plupart des bonus sont d’ailleurs sur les disques 1 et 7 et sont tous sous-titrés en français.

Le Blu-ray de Rocky contient 3 commentaires audio. Le premier est réalisé par Sylvester Stallone, toujours parfait dans l’exercice, peu avare en anecdotes, le second par le légendaire entraîneur de boxe Lou Duva et du commentateur Bert Sugar (très professionnels), et enfin, le troisième par John G. Avildsen (réalisateur), Irwin Winkler et Robert Chartoff (producteurs), Talia Shire, Carl Weathers et Burt Young (acteurs) et Garrett Brown (inventeur de la Steadicam), beaucoup trop fouillis mais pas inintéressant.

Les vidéos en 8mm de Rocky (HD, 8 minutes) sont des images de tournage de 1975 gardées par le directeur de pré-production Lloyd Kaufman (oui, Mr. Troma), commentées par ce dernier et John G. Avildsen.

Les bonus suivants sont disponibles sur les disques 1 et 7 :

Trois rounds avec l’entraîneur de légende Lou Duva (SD, 4 minutes). Ce dernier parle de son métier et des boxeurs qu’il entraine.

Interview d’une légende – Bert Sugar : Auteur, commentateur et historien (SD, 7 minutes). Module sur la boxe au cinéma.

Les adversaires (SD, 16 minutes). Ce court module s’intéresse aux adversaires de Rocky et donne la parole entre autres à Carl Weathers, Dolph Lundgren et Tommy Morrison.

Sur le ring : documentaire en trois parties (SD, 1h15). Film documentaire s’intéressant aux personnages et à leurs interprètes. Gros morceau très intéressant.

L’évolution de la steadicam avec Garrett Brown (SD, 18 minutes). Interview très enrichissante sur la création de la Steadicam et de son évolution ainsi que sur les séquences du film tournées avec ce procédé.

L’art de maquiller avec Michael Westmore (SD, 15 minutes). Interview du maquilleur sur ses créations réalisées sur le film, notamment sur l’évolution du visage de Stallone lors du combat final.

Staccato : le journal d’un compositeur avec Bill Conti (SD, 12 minutes). Entretien avec le maestro sur les thèmes musicaux du film et leur postérité.

Le ring de la vérité (SD, 10 minutes). Interview du chef décorateur et de son implication dans le film.

Dans les coulisses du film avec John G. Avildsen (SD, 12 minutes). Description des vidéos conservées par le réalisateur.

Hommage à Burgess Meredith (SD, 8 minutes). La parole est donnée aux personnes qui ont eu l’opportunité de travailler avec le comédien sur le film.

Hommage à James Crabe (SD, 4 minutes). Le réalisateur revient sur le travail fantastique du directeur de la photographie sur Rocky.

Commentaires vidéos de Sylvester Stallone (SD, 28 minutes). Un peu redondant avec le commentaire audio, mais Stallone va à l’essentiel et se livre à cœur ouvert.

Sylvester Stallone invité du show TV « Dinah ! » (1976) (SD, 17 minutes). Sly est invité sur une émission télévisée pour parler du film. Intéressant pour la tenue du comédien.

Quand Stallone Rencontre Rocky (SD, 3 minutes). Amusante rencontre entre Sylvester Stallone et Rocky. Drôle, mais dispensable.

Bandes-annonces, teasers et spots TV de Rocky (bandes-annonces de la saga sur le disque 7).

Le disque 1 propose également une bande-annonce compilant quelques films MGM.

Le disque 7 contient en plus une série de questions en 5 niveaux sur la boxe et sur la saga, coupée par des extraits vidéo. Amusant pour tester ses connaissances sur la franchise.

Sur le disque 6 (Rocky Balboa), on retrouve de nouveau Sylvester Stallone à pour un commentaire audio passionnant où le comédien/réalisateur se livre sur le retour de Rocky. Très sincère.

Rocky Balboa : tenir la distance (SD, 27 minutes) est un documentaire rétrospectif sur la saga.

Compétence contre volonté : le making of Rocky Balboa (HD, 18 minutes). Module bien trop court alors qu’il propose des interventions très intéressantes, notamment de Sylvester Stallone, Burt Young et Milo Ventimiglia qui parlent du retour de Rocky, 16 ans après le dernier film.

Retour sur le ring : filmer le combat final de Rocky (HD, 16 minutes). Excellent module sur la préparation physique de Sylvester Stallone. Il y parle également de la manière de chorégraphier le combat final du film, ainsi que de sa manière de le mettre en scène.

Champion virtuel : créer le combat par ordinateur (HD, 5 minutes). Featurette qui s’intéresse au combat créé par ordinateur à partir de la capture de mouvements de Sylvester Stallone et Antonio Tarver jusqu’à la finalisation dans le film.

Bêtisier (HD, 5 minutes). Très bon, bien que court.

7 scènes coupées (HD, 20 minutes) sont en fait des séquences abandonnées au montage ou alternatives, dont certaines sont excellentes et dont on regrette l’éviction.

Fin alternative (HD, 4 minutes) montre Rocky vainqueur du combat. Intéressant mais la conclusion est bien meilleure dans le film.

L’Image et le son

Les cinq premiers opus sont encodés en AVC. Le dernier en MPEG-4. Si Rocky (restauré en 4K) et Rocky Balboa brillent par leurs couleurs sublimes et leurs noirs profonds, les autres films vont du décevant (Rocky II) au bon (Rocky IV et Rocky V dont l’image est bien colorée et bien définie, sans trop d’artéfacts) en passant par le moyen (Rocky III). Pour Rocky II, il y a trop de tâches et de poussières de pellicules visibles sur les deux heures. C’est parfois très dérangeant.

VO en DTS-HD Master Audio 5.1 et VF DTS 5.1 pour tous les films. Préférez la version originale, bien plus puissante et dynamique que la VF, parfois étouffée et moins spatialisée. Même si les doublages sont très réussis, la VO l’emporte largement sur la partie technique.

Crédits images : © MGM / United Artists /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

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