Test Blu-ray / The Blob – Danger planétaire, réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr.

THE BLOB – DANGER PLANÉTAIRE (The Blob) réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr., disponible en combo Blu-ray + DVD + Livret le 23 octobre 2018 chez ESC Editions

Acteurs : Steve McQueen, Aneta Corsaut, Earl Rowe, Olin Howland, Alden “Stephen” Chase, John Benson, George Karas, Lee Paton…

Scénario : Theodore Simonson, Kay Linaker d’après une histoire originale d’Irving H. Millgate

Photographie : Thomas E. Spalding

Musique : Ralph Carmichael

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Une météorite s’écrase à quelques kilomètres de la ville de Downingtown. Curieux de voir à quoi elle ressemble, Steve Andrews et Jane Martin accourent. S’ils trouvent un cratère encore fumant, ils se rendent vite à l’évidence que le rocher venu de l’espace contenait un monstre, une entité visqueuse et affamée dont la croissance rapide constitue bientôt une menace pour tous les habitants de la région.

Danger Planétaire (alias The Blob en version originale), production de type drive-in de la fin des années 50, est un pur produit de cinéma d’exploitation. Distribué sur le continent américain par Paramount, personne ne voyait venir le succès de ce petit film destiné à un public adolescent, qui n’a coûté que 240 000 dollars. Il a en effet rapporté près de 12 millions de dollars dans le monde alors que Steve McQueen avait refusé un cachet qui lui permettait de toucher 10% sur les recettes du film au profit d’un salaire fixe. Deuxième film du réalisateur Irvin S. Yeaworth Jr. (qui n’aura pas fait grand-chose d’ailleurs par la suite), The Blob est un film de science-fiction typique des années 50. Auparavant, Yeaworth Jr. avait réalisé The Flaming Teenage, film totalement oublié. The Blob n’a été tourné quasiment qu’avec des techniciens qu’il connaissait et qui venaient de Valley Forge Films, société qu’il dirigeait. Contrairement aux craintes de son producteur Jack Harris (Dark Star de John Carpenter, Schlock de John Landis), The Blob est un film qui a respecté ses délais de tournage, dû à un travail précis du réalisateur et de son équipe.

Ce n’était pourtant pas chose facile en raison de nombreux problèmes survenus sur le tournage. Outre des soucis d’éclairage rencontrés par le chef opérateur Thomas E. Spalding, c’est surtout la star Steve McQueen qui en causa le plus. En effet, il ne s’entendait pas avec grand monde, faisait ce qu’il voulait sur le plateau, et surtout, il ne croyait absolument pas au film. Lui qui n’avait fait jusqu’ici que quelques apparitions à l’écran pensait vraiment que ce film n’allait pas lancer sa carrière. Sur les conseils de son épouse, il parvient à s’imposer et à faire les choses à sa manière. La même année, il obtient le premier rôle de la série Au Nom De La Loi, et la suite, vous la connaissez.

Bien que le film soit une série B plutôt modeste, elle a inspiré un pan d’artistes et de cinéastes par la suite, ce qui en fait une œuvre majeure. Le film lui-même s’inspire de The Thing de Christian Niby (1951), qu’Howard Hawks aurait en fait réalisé, mais c’est une autre histoire. Outre Attention au Blob !, un remake ringard réalisé par Larry « J.R. » Hagman en 1972, on retiendra surtout celui mis en scène par Chuck Russell (The Mask) et co-écrit par Frank Darabont en 1988. La matière du Blob n’est pas sans rappeler une œuvre majeure de la pop-culture : le fameux symbiote, créé par Todd McFarlane pour les comics Spider-Man dans les années 80. D’ailleurs, la fameuse scène de Spider-Man 3 de Sam Raimi où le symbiote arrive sur Terre lorsque Mary Jane et Peter passent une soirée en amoureux sur la toile tissée par ce dernier, fait écho à la première scène du film d’Irvin Yeaworth Jr., où Aneta Corsaut fait les yeux doux à Steve McQueen durant l’arrivée du Blob…

Un film intéressant sur ses thématiques et son époque, qui malgré sa courte durée (1h23) nous embarque dans son récit.

LE BLU-RAY

ESC Edition est responsable de cette édition se présentant sous forme d’un boîtier noir, comprenant le Blu-ray et le DVD du film, accompagné d’un livret de 16 pages (non fourni pour ce test) écrit par le spécialiste ESC, Marc Toullec. Le menu principal est animé et reprend la musique décalée du générique de début.

Un unique supplément compose cette édition. Il s’agit d’une présentation de 16 minutes réalisée par Linda Tahir intitulée Le Blob Contre-Attaque. L’historien du cinéma Gilles Diment resitue le film dans son époque, dans son genre et dans la carrière de son réalisateur. Un document intéressant qui aurait mérité une plus longue intervention. Dommage également que la prise de son soit si légère.

L’Image et le son

Quasiment rien à dire sur le transfert HD de ce film. Ce transfert semble repris de l’édition Criterion qui présentait un master 4K flambant neuf. Outre un grain parfois trop appuyé et trop présent, les couleurs (des laboratoires Deluxe) sont volontairement kitsch et mettent en valeur tous les éléments au premier plan. Les noirs sont précis et la définition est agréable. Le film est présenté dans son format d’origine 1.66, dont l’encodage est en AVC pour une image en 1080p.

Pour le son, il y a de la VO et de la VF. Si la version originale en DTS-HD Master Audio Mono 2.0 est plus propre et plus claire, la version française DTS-HD Master Audio Mono 2.0 est un peu plus étouffée, mais reste tout à fait recommandable et de très bonne facture. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © ESC Editons / ESC Distribution / Paramount/ Critique du film & chronique du DVD : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr