Test DVD / Le Traquenard des sans-loi, réalisé par Fred F. Sears

LE TRAQUENARD DES SANS-LOI (Utah Blaine) réalisé par Fred F. Sears, disponible en DVD le 9 septembre 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Rory Calhoun, Susan Cummings, Angela Stevens, Max Baer, Paul Langton, George Keymas, Ray Teal, Gene Roth, Dean Fredericks…

Scénario : Robert E. Kent d’après un roman de Louis L’Amour

Photographie : Benjamin H. Kline

Musique : George Duning

Durée : 1h12

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Utah Blaine aide Joe Neal qui possède un ranch et doit faire face à Russ Nevers qui cherche à la tête d’une bande de vauriens, à s’emparer de toutes les terres. Neal est assassiné, souhaitant que Utah et Angie Kinyon, dont le père a aussi été tué par Nevers, prennent soin de son ranch. Dans leur combat contre Nevers, Utah et Angie sont rejoints par Mary Blake dont le père a également été tué, et par Gus Ortmann, toujours ravi de se battre.

Petit western de l’année 1957, Le Traquenard des sans-loiUtah Blaine est réalisé par Fred F. Sears (1913-1957). C’est donc l’un de ses derniers longs métrages en tant que metteur en scène. S’il apparaît très régulièrement dans près de 80 films sans être crédité la plupart du temps, Fred F. Sears n’aura jamais arrêté de tourner depuis la fin des années 1940, allant parfois jusqu’à mettre en boite huit films par an ! Exécutant, « maker » comme on le dit vulgairement, le cinéaste passera d’un genre à l’autre, du polar au film fantastique, en passant par le drame social et évidemment le western. 1957 est d’ailleurs représentatif de cette carrière insolite et prolifique, puisque Fred F. Sears enchaînera donc Le Traquenard des sans-loi (western), Calypso Heat Wave (drame musical), The Night the World Exploded (science-fiction) et The Giant Claw (horreur et fantasy). Utah Blaine, titre original du film qui nous intéresse aujourd’hui, est le nom du personnage interprété par Rory Calhoun (1922-1999), comédien emblématique du western américain, découvert au début des années 1940 dans le formidable The Red HouseLa Maison rouge de Delmer Daves. Si les amateurs de films d’épouvante se souviennent essentiellement de lui dans le cultissime Nuits de cauchemarMotel Hell (1980) de Kevin Connor, dans lequel il jouait un fermier frappadingue, Rory Calhoun reste également célèbre pour avoir tenu l’affiche de Rivière sans retourRiver of No Return (1954) d’Otto Preminger aux côtés de Robert Mitchum et Marilyn Monroe. Il est ici impeccable dans la peau de ce cowboy revenant du Mexique, qui se retrouve par hasard confronté à une bande bien décidée à s’emparer des meilleures terres de la région, quitte à tuer les véritables propriétaires et à décimer ceux qui voudraient leur prêter main-forte.

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Test DVD / Seul contre tous, réalisé par Jesse Hibbs

SEUL CONTRE TOUS (Rails into Laramie) réalisé par Jesse Hibbs, disponible en DVD le 16 juillet 2019 chez ESC Editions

Acteurs : John Payne, Mari Blanchard, Dan Duryea, Joyce Mackenzie, Barton MacLane, Ralph Dumke, Harry Shannon, James Griffith, Lee Van Cleef, Myron Healey…

Scénario : D.D. Beauchamp, Joseph Hoffman

Photographie : Maury Gertsman

Musique : Henry Mancini, Milton Rosen, Herman Stein

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Le Wyoming, 1869. Inquiet que la construction du chemin de fer transcontinentale stoppe net aux abords de Laramie, le général Augur envoie sur place le sergent Jeff Harder, une tête brûlée qui, justement, connaît Jim Shanessy, le propriétaire du saloon local. De vieux amis certes, mais, rapidement, ils auront toutes les raisons du monde d’en venir aux mains…

1954 est une année faste pour le western. Se bousculent dans les salles Vera Cruz et Bronco Apache de Robert Aldrich, Johnny Guitare de Nicholas Ray, Je suis un aventurier d’Anthony Mann, Le Jardin du diable d’Henry Hathaway, Rivière sans retour d’Otto Preminger, L’Aigle solitaire de Delmer Daves, La Lance brisée d’Edward Dmytryk et nous pourrions continuer ainsi longtemps. Tous les comédiens et cinéastes tournent des westerns. A côté de ces mastodontes, les séries B se multiplient. C’est le cas du fantastique Quatre étranges cavaliersSilver Rode du prolifique Allan Dwan ou du film qui nous intéresse aujourd’hui, Seul contre tous Rails into Laramie, réalisé par Jesse Hibbs. Ces deux westerns sont portés par l’excellent John Payne (1912-1989). Aujourd’hui souvent oublié ou sous-estimé, il serait temps de réhabiliter cet acteur très prisé par les cinéastes dans les années 1940-50, qui aura tourné chez William Wyler, Raoul Walsh, Lloyd Bacon, Henry King et André De Toth. La carrière du cinéaste Jesse Hibbs (1906-1985) reste liée à celle d’Audie Murphy avec lequel il signera six films dont trois westerns très prisés par les amateurs du genre, Chevauchée avec le diable (1954), L’Homme de San Carlos (1956), L’Etoile brisée (1958). Le réalisateur et Audie Murphy connaîtront également un immense succès critique et commercial avec L’Enfer des hommes To Hell and Back (1955), adaptation cinématographique de l’autobiographie du comédien ! Mais pour l’heure, Seul contre tous, quatrième long métrage de Jesse Hibbs, démontre déjà tout le savoir-faire du metteur en scène qui contribuera plus tard au succès des séries Bonanza, Perry Mason, Les Mystères de l’Ouest et Les Envahisseurs. Immense plaisir de cinéma, Rails into Laramie est un western pur et dur, sans fioritures, joliment photographié et solidement interprété, le tout saupoudré d’humour. A ne pas manquer.

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Test DVD / Sierra, réalisé par Alfred E. Green

SIERRA réalisé par Alfred E. Green, disponible en DVD le 17 juillet 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Audie Murphy, Tony Curtis, Wanda Hendrix, Burl Ives, Dean Jagger, Richard Rober…

Scénario : Edna Anhalt, Milton Gunzburg d’après le roman de Stuart Hardy

Photographie : Russell Metty

Musique : Walter Scharf

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Jeff Hassard est recherché pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Il se cache avec son fils Ring dans les montagnes de la Sierra Nevada. Un jour, la petite famille vient en aide à une jeune avocate perdue. Cette dernière va tout mettre en oeuvre pour prouver l’innocence de Jeff. Malheureusement, les complications ne se font pas prier lorsqu’une bande de voleurs vient les affronter…

A travers d’autres chroniques, nous avons déjà parlé en long en large d’Audie Murphy, de se personnalité trouble, de son palmarès durant la Seconde Guerre mondiale, de sa carrière à Hollywood et plus spécialement dans le western où il rencontra un très large succès. Nous ne nous étendrons donc pas à nouveau sur tout cela, pour nous concentrer plus rapidement sur le film qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir Sierra, également connu sous les titres français (ou belges) La Tête d’un innocent ou bien encore Aventure dans la Sierra. Réalisé par le vieux briscard Alfred E. Green (1889-1960), Sierra est l’un des premiers longs métrages mettant en scène Audie Murphy en vedette. 1950 est l’année phare pour le comédien, qui enchaînera alors trois films pour le studio Universal, Le Kid du Texas The Kid from Texas de Kurt Neumann, Sierra donc, et Kansas en feuKansas Raiders de Ray Enright. Rétrospectivement, Sierra est clairement le plus faible des trois, même si Audie Murphy commence à se sentir à l’aise devant la caméra et démontre son potentiel. Sierra n’est pas déplaisant et se regarde comme un petit récit de western qui divertir durant 1h20 et qui s’oublie immédiatement après, avant de passer à un autre.

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Test Blu-ray / L’Homme aux colts d’or, réalisé par Edward Dmytryk

L’HOMME AUX COLTS D’OR (Warlock) réalisé par Edward Dmytryk, disponible en combo Blu-ray+DVD le 20 juin 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Richard Widmark, Henry Fonda, Anthony Quinn, Dorothy Malone, Dolores Michaels, Wallace Ford, Tom Drake…

Scénario : Robert Alan Aurthur d’après le roman de Oakley Hall

Photographie : Joseph MacDonald

Musique : Leigh Harline

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Une bande de hors-la-loi dirigée par Abe McQuown sème la terreur à Warlock. Les habitants font alors appel à Clay Blaisdell, dit “l’homme aux colts d’or”, pour rétablir l’ordre. Celui-ci débarque dans la petite ville, accompagné de son ami et associé, le boiteux Tom Morgan, qui ne tarde pas à ouvrir un rentable saloon.

Sublime western réalisé par Edward Dmytryk (1908-1999) en 1959, L’Homme aux colts d’or – Warlock demeure un des plus grands films du cinéaste américain dont la carrière reste ponctuée par de nombreuses pépites comme L’Homme à l’affût (1952), La Lance brisée (1954), La Rue chaude (1962) et Alvarez Kelly (1966). Nous en avons déjà parlé, mais nous allons le refaire car cela ne fait jamais de mal. Edward Dmytryk, sympathisant de la gauche politique américaine, adhérant au parti communiste américain, figure parmi les célèbres Dix d’Hollywood. Convoqué par la Commission des Activités Anti-Américaines, il est condamné à six mois de prison, 500 dollars d’amende, puis s’exile en Grande-Bretagne à la fin des années 1940. Il revient peu de temps après aux USA, purge sa peine de prison et à l’instar d’Elia Kazan dénonce finalement certains acteurs, réalisateurs et scénaristes afin de s’affranchir des soupçons qui pèsent sur lui. C’est un scandale, sa carrière ne s’en remettra jamais totalement. Néanmoins, le cinéaste n’aura jamais arrêté de tourner jusqu’à la fin des années 1970. Soixante ans après sa sortie, L’Homme aux colts d’or reste peut-être l’un des plus grands westerns des années 1950. Un des plus riches, un des plus complexes, avec un casting bluffant.

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Test Blu-ray / La Dernière flèche, réalisé par Joseph M. Newman

LA DERNIÈRE FLÈCHE (Pony Soldier) réalisé par Joseph M. Newman, disponible en combo Blu-ray+DVD le 20 juin 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Tyrone Power, Cameron Mitchell, Thomas Gomez, Penny Edwards, Robert Horton, Anthony Numkena…

Scénario : John C. Higgins d’après une histoire originale de Garnett Weston

Photographie : Harry Jackson

Musique : Alex North

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Duncan MacDonald intègre la police montée canadienne à temps pour participer à une mission périlleuse. Un millier d’Indiens Cree ont franchi la frontière du Montana et pris des otages pour assurer leur retour au Canada. Avec l’aide de l’éclaireur Natayo, MacDonald devra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour les tirer de ce mauvais pas.

La Dernière flèchePony Soldier (1952) est un petit western de série B qui prend pour cadre atypique le nord-ouest du Canada (oui bon le film a été tourné en Arizona, et alors ?), et plus précisément sa toute récente police montée qui comme un panneau en introduction l’indique, ne compte que 300 hommes enrôlés depuis trois ans et qui essayent de faire régner la paix sur des milliers de kilomètres où les indiens sont parqués dans quelques réserves. Joseph M. Newman (1909-2006) n’est pas le plus célèbre des réalisateurs, mais il aura donné au cinéma américain quelques beaux et jolis fleurons de l’entertainment au sens noble à l’instar des Bannis de la Sierra (1952), Dans les bas-fonds de Chicago (1954), Les Survivants de l’infini (1955) et Tonnerre apache (1961) avec une nette prédilection pour le film noir, puis le western, avant de se tourner vers la science-fiction puisqu’il signera quelques épisodes de La Quatrième dimension dans les années 1960. La Dernière flèche se suit sans déplaisir et si l’on admet volontiers que le film est loin d’être un chef d’oeuvre, on ne pourra pas nier que l’ensemble est joliment mis en scène et interprété par Tyrone Power qui amorçait alors la dernière partie de sa carrière, avant de décéder prématurément en 1958 d’une attaque cardiaque, à l’âge de 44 ans.

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Test Blu-ray / Californie, terre promise, réalisé par John Farrow

CALIFORNIE, TERRE PROMISE (California) réalisé par John Farrow, disponible en DVD et Blu-ray le 4 juin 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Ray Milland, Barbara Stanwyck, Barry Fitzgerald, George Coulouris, Albert Dekker, Anthony Quinn, Frank Faylen, Gavin Muir, James Burke, Eduardo Ciannelli…

Scénario : Frank Butler, Theodore Strauss d’après une histoire originale de Boris Ingster

Photographie : Ray Rennahan

Musique : Victor Fleming

Durée : 1h38

Année de sortie : 1947

LE FILM

Après avoir déserté de l’armée et perdu toutes ses illusions, Jonathan Trumbo accepte d’escorter un convoi de migrants vers l’Ouest. Si l’arrivée parmi eux de Lily Bishop, une joueuse chassée de la ville où elle battait les cartes, crée des tensions, ce n’est rien en comparaison de l’effet de l’annonce de la découverte d’or en Californie. En quelques heures, la grande caravane se disloque littéralement, laissant derrière elle un Trumbo blessé. Remis sur pied, celui-ci retrouvera bientôt Lily Bishop, désormais propriétaire d’un saloon que convoite Coffin, un ex-marchand d’esclaves qui règne sans partage sur la ville…

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Test Blu-ray / Geronimo, le peau-rouge, réalisé par Paul Sloane

GERONIMO LE PEAU-ROUGE (Geronimo) réalisé par Paul Sloane, disponible en DVD et Blu-ray le 4 juin 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Preston Foster, Ellen Drew, Chief Thundercloud, Andy Devine, William Henry, Ralph Morgan, Gene Lockhart, Marjorie Gateson, Pierre Watkin, Kitty Kelly, Monte Blue…

Scénario : Paul Sloane

Photographie : Henry Sharp

Musique : Gerard Carbonara, John Leipold

Durée : 1h29

Année de sortie : 1939

LE FILM

Depuis le massacre de sa famille, le chef apache Geronimo ne vit que pour chasser les visages pâles du Sud de la Californie. Raid après raid, il fait régner la terreur dans la région. Pour mettre fin à ses agissements, le gouvernement américain envoie sur place le général Steele, un officier strict qui accepte mal que son fils John, fraichement diplômé de West Point, rejoigne ses rangs. Sous le commandement direct du capitaine Starrett, John Steele se révèle rapidement un militaire de valeur, capable de déjouer les pièges tendus par l’ennemi et de sauver son père d’une morte certaine.

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Test Blu-ray / L’Aventurier du Texas, réalisé par Budd Boetticher

L’AVENTURIER DU TEXAS (Buchanan Rides Alone) réalisé par Budd Boetticher, disponible en combo Blu-ray+DVD le 20 juin 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Randolph Scott, Craig Stevens, Barry Kelley, Tol Avery, Peter Whitney, Manuel Rojas, L.Q. Jones…

Scénario : Charles Lang d’après le roman de Jonas Ward

Photographie : Lucien Ballard

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Sur le chemin qui le ramène de Californie au Texas, Tom Buchanan, un ancien mercenaire, s’arrête à Agry, localité tenue et régentée par la famille du même nom. Il se retrouve bientôt pris au milieu de luttes intestines au sein de la famille. Après avoir pris la défense de Juan, un Mexicain qui a abattu le fils du juge Agry, Buchanan, qui voit toute la famille liguée contre lui, est dépouillé de son argent et condamné à être pendu en même temps que Juan.

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Test Blu-ray / Un dollar entre les dents, réalisé par Luigi Vanzi

UN DOLLAR ENTRE LES DENTS (Un dollaro tra i denti) réalisé par Luigi Vanzi, disponible le 4 juin 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Tony Anthony, Jolanda Modio, Raf Baldassarre, Aldo Berti, Lars Bloch, Enrico Capoleoni, Arturo Corso, Antonio Marsina, Salvatore Puntillo, Fortunato Arena…

Scénario : Warren Garfield, Giuseppe Mangione

Photographie : Marcello Masciocchi

Musique : Benedetto Ghiglia

Durée : 1h26

Année de sortie : 1967

LE FILM

Un détachement de la cavalerie américaine convoie un coffret rempli d’or pour le gouvernement mexicain. Le bandit Aguila, prenant la place de l’officier chargé de la réception, le dérobe, avec l’aide d’un homme surgi de nulle part : l’Étranger. Mais lorsque ce dernier demande sa part du butin, les hommes d’Aguilar le frappent et l’abandonnent. Trahi et humilié, il est déterminé à se venger. Il suit pas à pas les hommes d’Aguilar, prêt à tout pour les éliminer un par un et récupérer le trésor.

Sergio Leone et sa trilogie de L’Homme sans nom ont donné naissance à moult ersatz en Italie et en Espagne, créant ainsi la vague de westerns européens qui a ensuite déferlé dans les salles de cinéma du monde entier. Parmi les cas les plus insolites se démarque la saga dite de L’Etranger, portée par le comédien américain Roger Pettito, alias Tony Anthony. Né en 1937, tentant de percer dans le milieu du 7e art, il décide d’aller tenter sa chance en Italie alors en pleine effervescence. Il parvient alors à faire son trou grâce à Un dollar entre les dentsUn dollaro tra i denti, réalisé par Luigi Vanzi (1924-1992) et sorti en 1967. Etonnamment, le film est un succès aux Etats-Unis, mais son score reste très modeste en Europe. Devant cet engouement U.S., Tony Anthony reprendra son personnage de L’Etranger dans Un homme, un cheval et un pistolet Un uomo, un cavallo, una pistola (1967) et Le cavalier et le samouraïLo straniero di silenzio (1968) également mis en scène par Luigi Vanzi, mais aussi dans le « hors-série » Pendez-le par les piedsGet Mean (1975) de Ferdinando Baldi.

Un dollaro tra i denti est l’exemple type du western opportuniste réalisé avec les moyens du bord et un casting pas folichon, qui reste malgré tout amusant et divertissant dans ses très nombreuses imperfections et l’absence de charisme de son anti-héros qui fait la moue tout en ayant constamment l’air de se demander ce qu’il fout là. Sans oublier le fait que l’intrigue reprend peu ou prou la même qu’Une poignée de dollars avec – tant qu’à faire – une pincée de Et pour quelques dollars de plus.

Un dollar entre les dents, c’est comme si un jeune trentenaire rêvant de devenir une star de cinéma, décidait de mettre la vieille couverture péruvienne de sa grand-mère sur ses épaules, un vieux galurin élimé sur la tête, tout en plissant les yeux comme Clint Eastwood, pour ensuite aller jouer au cowboy dans la carrière de calcaire à côté de chez lui. Avec son regard à la Chat Potté, son visage figé et sa petite carrure, Tony Anthony fait rire. Si ce dernier a toujours déclaré que c’était le but recherché, le premier degré avec lequel le déroule le récit laisse perplexe. Toujours est-il qu’avec ses cheveux peroxydés dissimulés sous son chapeau poussiéreux, sa démarche hésitante, son petit jean et son chemisier rose délavé, l’acteur ne convainc jamais et surtout pas sur un cheval sur lequel il a du mal à monter. Du coup, tout ce qui se passe à côté retient finalement l’attention, comme la mauvaise synchronisation de l’action et des effets spéciaux directs. Il n’est pas rare de voir un figurant à l’écran, le front percé d’une balle, avant qu’on ne lui tire dessus le plan suivant. Même chose avec l’apparition d’un des personnages principaux, bien en vie, pourtant décédé quelques séquences auparavant !

Un dollar entre les dents essaye de se donner un genre pour amasser le maximum de lires, ou plutôt de billets verts chers à l’Oncle Sam. Tony Anthony et Luigi Vanzi ont bien fait de prendre le train en marche, puisque malgré ses innombrables défauts, son manque de rythme (euphémisme), son protagoniste falot, la musique irritante et redondante de Benedetto Ghiglia, son montage amateur, Un dollaro tra i denti a su trouver son public alors très demandeur de westerns spaghetti.

LE MEDIABOOK

Troisième western européen de la dernière vague éditée par Artus Films, Un dollar entre les dents est tout autant soigné que Le Retour de Ringo et Les Tueurs de l’Ouest ! Résultat, nous nous trouvons devant un superbe Mediabook, un objet de collection comprenant un livre, un Blu-ray et un DVD. Mention spéciale au livre de 64 pages concocté par Alain Petit, qui revient sur la saga de l’Etranger, le tout largement illustré par des affiches et photographies. Le menu principal est fixe et musical.

Nouveau rendez-vous avec Curd Ridel (9’) qui se montre évidemment plus critique sur Un dollar entre les dents que sur les deux précédents titres. L’invité d’Artus Films s’amuse à mettre en avant les défauts du film (le changement d’un bébé d’un plan à l’autre entre autres), dont le jeu de Tony Anthony avec lequel il a “un peu de mal”. Curd Ridel passe également le casting au peigne fin tout en précisant que l’amateur de westerns italiens y trouvera facilement son compte.

Nous trouvons également un petit débat organisé avec les spectateurs après la projection de Pendez-le par les pieds dans un cinéma américain, en présence du comédien Tony Anhony et du producteur Ronald Schneider (2015-24’). Les souvenirs s’enchaînent, l’acteur n’ayant jamais rechigné à parler de son succès et de son implication dans la production de ses films.

Enfin, l’éditeur propose les génériques d’exploitation française d’Un dollar entre les dents (3’), ainsi qu’un diaporama et la bande-annonce.

L’Image et le son

Rien à redire sur ce très beau master HD restauré 2K ! C’est propre, clair, souvent lumineux, le piqué est plaisant et le cadre stable. Les aficionados apprécieront la qualité de la copie et le soin particulier apporté à ce petit titre, tout aussi choyé que les films plus reconnus et porteurs.

Présenté dans sa version intégrale, Un dollar entre les dents est disponible en version française forcément incomplète puisque certaines séquences n’ont jamais été doublées dans la langue de Molière. Ces scène passent donc directement en italien. Les deux pistes instaurent un confort acoustique équivalent, même si l’option italienne s’avère toujours plus riche.

Crédits images : © Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Tueurs de l’Ouest, réalisé par Eugenio Martín

LES TUEURS DE L’OUEST (El precio de un hombre) réalisé par Eugenio Martín, disponible le 4 juin 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Richard Wyler, Tomás Milián, Halina Zalewska, Hugo Blanco, Mario Brega, Enzo Fiermonte, Luis Barboo, Lola Gaos, Ricardo Canales…

Scénario : James Donald Prindle, José Gutiérrez Maesso, Eugenio Martín d’après le roman de Marvin H. Albert “The Bounty Killer”

Photographie : Enzo Barboni

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h33

Année de sortie : 1966

LE FILM

Un dangereux criminel, José Gomez, est arrêté pour le pillage d’une banque. Sur le chemin de la prison, José et ses gardes font une halte dans une auberge, dont les patrons ont bien connu le bandit enfant. Ils l’aident alors à s’évader. Mais Luke Chilson, officier de la police fédérale, recherche José, sa tête étant mise à prix pour 3 000 dollars…

Né à La Havane en 1933, Tomas Quintin Rodriguez alias Tomas Milian, démarre sa carrière de comédien en Italie sous la direction de Mauro Bolognini dans Les GarçonsLa Notte brava (1959), sur un scénario de Pier Paolo Pasolini, d’après son propre roman Les Ragazzi. Très vite, les propositions se multiplient et le jeune acteur de 26 ans enchaîne avec Le Bel Antonio, chef d’oeuvre réalisé une fois de plus par Bolognini, puis L’Imprévu d’Alberto Lattuada (1961), le sketch Le Travail, mis en scène par Luchino Visconti pour le film collectif Boccace 70 (1962). 1966 est un tournant dans la carrière de Tomas Milian. Celui-ci enchaînera une demi-douzaine de westerns, dont ColoradoLa Resa dei conti et Le Dernier face à faceFaccia a faccia de Sergio Sollima, l’exceptionnel Tire encore si tu peuxSe sei vivo spara de Giulio Questi, et le plus méconnu Les Tueurs de l’OuestEl precio de un hombre. Ce dernier, par ailleurs très rare, est plus ibérique que transalpin.

Le film est réalisé par l’espagnol Eugenio Martín, connu des amateurs de cinéma Bis pour un Pancho Vila avec Telly Savalas (1972), Les 4 Mercenaires d’El Paso avec Lee Van Cleef, James Mason, Gina Lollobrigida et Gianni Garko (1971) et Terreur dans le Shangaï Express (1972) avec les mythiques Christopher Lee et Peter Cushing. Un habitué de la série B de luxe. Pour Les Tueurs de l’Ouest, adapté d’un roman du spécialiste et prolifique Marvin H. Albert, Eugenio Martín fait le boulot en se concentrant surtout sur les tronches de ses comédiens, et signe un western standard, pas inoubliable, mais aucunement déplaisant et surtout toujours aussi divertissant.

Chilsom le chasseur de primes traque deux hommes appartenant à la bande de Gomez. La traque va le mener dans le village où est emprisonné Gomez, qui ne tardera pas à s’évader, grâce aux villageois le croyant innocent. Quand ce dernier va régler ses comptes avec l’aide de sa bande de tueurs, le village va se transformer en champ de bataille.

Ou comment le bad-guy vole la vedette au héros ! Avec son charisme suintant et vénéneux, Tomas Milian emporte facilement la mise face à son partenaire, le britannique Richard Wyler, vedette et rôle-titre de Coplan FX 18 casse tout de Riccardo Freda (1965). Avant de bifurquer vers les poliziotteschi, Tomas Milian marque le western de sa griffe. Dans Les Tueurs de l’Ouest, il se délecte dans la peau de son personnage bien pourri, surtout quand l’homme qui voulait le mettre derrière les barreaux se retrouve en fâcheuse posture et s’en prend plein la gueule. Rétrospectivement, c’est à ce moment-là que Tomas Milian devient un acteur culte.

Le film démarre sur les chapeaux de roues et si le rythme tend à se ralentir quelque peu après l’évasion de Gomez, Les Tueurs de l’Ouest contient son lot de séquences d’action et les décors naturels d’Almería où l’herbe grasse côtoie les montagnes aux sommets enneigés font toujours leur effet, tout comme la composition de Stelvio Cipriani, sa première réalisée pour le cinéma. Une petite réussite d’un genre qui déferlait alors dans tous les cinémas européens.

LE MEDIABOOK

Et hop, un nouveau Mediabook dans l’escarcelle d’Artus Films ! Inédit en DVD, Les Tueurs de l’Ouest rejoint ainsi la collection Western Européen et devient un titre privilégié de l’éditeur, puisque disponible en Edition Collector Livre+Blu-ray+DVD. Un superbe objet de collection composé des deux disques et d’un livre de 64 pages consacré aux Westerns de Marvin H. Albert au cinéma, réalisé sous la direction de Lionel Grenier, avec la participation d’Emmanuel Le Gagne et Jérôme Pottier. Des textes soignés, passionnants, érudits et qui se lisent avec un très grand plaisir, le tout agrémenté de photographies et d’affiches d’exploitation.

Comme sur l’édition du Retour de Ringo, le brillant Curd Ridel est de nouveau en piste, toujours devant son feu de cheminée, pour nous parler des Tueurs de l’Ouest (10’). L’invité d’Artus nous parle du réalisateur Eugenio Martín, qui signe ici son meilleur western, mais surtout de l’ensemble du casting avec sa « galerie de sales gueules ». Curd Ridel réalise une introduction toujours très sympathique de ce film très rare et difficile à dénicher.

L’interactivité se clôt sur un diaporama de photos et sur la bande-annonce (allemande) du film.

L’Image et le son

Attention, voici un petit trésor longtemps espéré par les fans de westerns spaghetti et de cinéma Bis ! Les Tueurs de l’Ouest débarque en France grâce aux bons soins d’Artus Films. Une copie HD restaurée qui devrait ravir les aficionados. Dès la première séquence, la luminosité est grande et la profondeur de champ éloquente. Certes, le générique s’accompagne de poussières, de fourmillements et de rayures verticales, mais ces défauts sont limités. Le master trouve rapidement son équilibre avec un grain original équilibré, des couleurs à foison (photo d’Enzo Barboni), des détails impressionnants sur les visages des comédiens, avec la sueur qui perle les fronts et les rides emplies de crasse. Certaines scènes semblent plus jaunâtres et les yeux bleus d’Halina Zalewska paraissent verts, mais (re)découvrir Les Tueurs de l’Ouest en Blu-ray tient du miracle et cette édition ne déçoit pas.

Les Tueurs de l’Ouest est proposé dans sa version intégrale. Certaines séquences n’ont jamais été doublées en français et passent donc directement en espagnol. Au jeu des comparaisons, la version française s’accompagne d’un souffle chronique, tandis que la piste espagnole est parfois un brin criarde. Les deux versions sont proposées au format LPCM Audio 2.0.


Crédits images : © Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr