Test Blu-ray / Quand la terre s’entrouvrira, réalisé par Andrew Marton

QUAND LA TERRE S’ENTROUVRIRA (Crack in the World) réalisé par Andrew Marton disponible en DVD et Blu-ray le 19 février 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Dana Andrews, Janette Scott, Alexander Knox, Kieron Moore, Peter Damon, Jim Gillen, Gary Lasdun, Alfred Brown, Mike Steen…

Scénario : Jon Manchip White, Julian Zimet

Photographie : Manuel Berenguer

Musique : Johnny Douglas

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Le savant Stephan Sorensin espère atteindre le centre de la Terre pour y trouver une nouvelle source d’énergie. Ne pouvant percer la croûte qui entoure le noyau central, il projette d’utiliser une bombe atomique. Hélas, le plan ne se déroule pas comme prévu car l’explosion créé une importante fissure… Cet évènement incontrôlé pourrait bien séparer la terre en deux morceaux !

C’est une toute petite série B produite pour moins d’un million de dollars. Et pourtant, ce long métrage de science fiction vaut le détour puisqu’on y trouve pour ainsi dire tous les ingrédients qui seront réutilisés par Hollywood dans les films catastrophe des années 1970 du style Tremblement de terre, mais aussi et surtout par certains cinéastes du nom de Roland Emmerich (Le Jour d’après, 2012) et Michael Bay (Armageddon) dans leurs blockbusters dès les années 1990. Autant dire que l’industrie cinématographique n’a jamais innové en la matière, en dehors des effets spéciaux bien sûr, car Quand la terre s’entrouvriraCrack in the World, réalisé par Andrew Marton en 1964 condense à lui-seul tout un pan de l’entertainment américain.

Le docteur Stephen Sorensen est persuadé que le magma au centre de la Terre renferme une source d’énergie telle qu’elle permettrait aux humains de se constituer des réserves suffisantes pour longtemps. Pour atteindre son but, il doit faire éclater la croûte terrestre en profondeur, chose qu’il n’a pu faire jusqu’à présent. Il pourrait cependant venir à bout de cet obstacle s’il utilisait une bombe atomique. Ayant obtenu toutes les autorisations officielles, il envoie un missile au centre de la Terre, contre l’avis de son collaborateur, le géologue Ted Rampion, qui démissionne sur-le-champ. Selon lui, l’écorce terrestre a déjà été très affaiblie par les nombreux essais nucléaires souterrains et une nouvelle explosion, à cette profondeur, risque de mettre toute la planète en danger. Mais Sorenson, atteint d’un cancer, ne veut plus attendre et déclenche l’explosion de sa bombe. L’explosion, très puissante, provoque une suite de cataclysmes, tremblements de terre, coulées de lave. La terre commence à s’entrouvrir.

C’est un petit plaisir personnel de revoir ce genre de films qui renvoie parfois aux programmes de Noël sur Arte. On doit Quand la terre s’entrouvrira à Andrew Marton (1904-1992), réalisateur hongrois naturalisé américain. C’est sur les conseils d’Ernst Lubitsch qu’il tente sa chance à Hollywood au début des années 1920. Il revient en Europe quelques années plus tard et devient l’assistant de Max Linder, avant de passer lui-même derrière la caméra en 1929 et de repartir aux Etats-Unis en 1933 lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il devra attendre 1950 pour obtenir son premier grand succès avec Les Mines du roi Salomon avec Stewart Granger et Deborah Kerr. En 1964, Andrew Marton a déjà derrière lui près d’une vingtaine de longs métrages à son actif, dont une participation à la mise en scène sur Le Jour le plus long (1962) et Les 55 Jours de Pékin (1963). Quand la terre s’entrouvrira est pour ainsi dire son dernier vrai long métrage, puisque le cinéaste se consacrera ensuite à la télévision (Daktari, Flipper le dauphin) et au travail d’assistant-réalisateur, comme il l’avait d’ailleurs fait précédemment aux côtés de William Wyler (Ben Hur, on lui doit la célèbre course de chars), d’Anthony Mann (La Chute de l’Empire romain) et plus tard de Brian G. Hutton (De l’or pour les braves) et Fred Zinnemann (Chacal). Un beau palmarès méconnu, tout comme Quand la terre s’entrouvrira qui rend compte à la fois du professionnalisme d’Andrew Marton, mais aussi de celui d’Eugène Lourié, responsable des effets visuels, qui a travaillé autant chez Sacha Guitry que Jean Renoir, Samuel Fuller et Charles Chaplin, principalement en tant que décorateur.

Le spectateur avide de séries B rétro-vintage saura faire un bon accueil à Quand la terre s’entrouvrira, spectacle réjouissant, qui contient son lot de théories scientifiques alarmistes (les savants en prennent pour leur grade) où les techniciens préfèrent utiliser l’arme atomique pour contrecarrer les effets dévastateurs de…l’arme atomique. Beaucoup de dialogues dans la première partie certes, mais le soin apporté à la mise en scène, aux décors, à la musique (signée John Douglas, avec quelques notes rappelant les compositions de John Williams) et aux effets spéciaux est indéniable, malgré un budget limité. Si l’on se passera volontiers du triangle amoureux composé de Dana Andrews, Janette Scott et de Kieron Moore, Crack in the World conserve un charme désuet intact et poétique.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Quand la terre s’entrouvrira, disponible chez ESC Editions, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’excelleeeent Christophe Lemaire nous fait une brillante présentation de Quand la terre s’entrouvrira (25’). Un très bon moment durant lequel le journaliste de cinéma revient notamment sur le genre SF dans les années 1960 en donnant quelques titres de classiques et d’oeuvres moins connues. Il se souvient également de la diffusion du film qui nous intéresse dans le cadre de l’émission L’Avenir du futur sur TF1, avec Le Jour où la Terre prit feu de Val Guest en double-programme. Christophe Lemaire en vient ensuite au réalisateur Andrew Marton, au responsable des effets spéciaux Eugène Lourié, puis aux comédiens du film.

L’Image et le son

La copie est étonnamment lumineuse du début à la fin. Une clarté visible sur toutes les séquences en extérieur avec des couleurs pétillantes, surtout des teintes bleues omniprésentes. Des poussières, points noirs et griffures parsèment le générique, et s’amenuisent heureusement après, malgré quelques scories visibles ici et là. Le grain est évidemment respecté, plus accentué et grumeleux sur les scènes à effets spéciaux. Le détourage médiocre est d’époque et il n’est pas anodin de voir les comédiens entourés d’un halo bleuté. Divers fourmillements constatés sur les images composites. Dans l’ensemble, Quand la terre s’entrouvrira bénéficie d’un petit lifting très réussi, surtout pour un petit film de cet acabit, ce qui participe grandement à sa résurrection.

La version originale mono est largement supérieure à la piste française, qui demeure confinée au report des voix et accompagnée d’un bruit de fond persistant. Les ambiances sont très correctes en anglais, alors qu’elles disparaissent quasiment sur l’autre piste, essentiellement concentrée sur les dialogues. En revanche, le doublage français est très réussi, avec notamment l’immense Jean-Claude Michel qui prête sa voix légendaire à Kieron Moore.

Crédits images : © ESC Editions / ESC Distribution / Paramount Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Upgrade, réalisé par Leigh Whannell

UPGRADE réalisé par Leigh Whannell disponible en DVD et Blu-ray le 13 février 2019 chez Universal Pictures France

Acteurs : Logan Marshall-Green, Betty Gabriel, Harrison Gilbertson, Benedict Hardie, Christopher Kirby, Clayton Jacobson, Melanie Vallejo, Sachin Joab…

Scénario : Leigh Whannell

Photographie : Stefan Duscio

Musique : Jed Palmer

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Après la mort de son épouse lors d’une violente agression qui l’a laissé paralysé, Grey Trace est approché par un inventeur milliardaire qui propose de lui administrer un remède expérimental qui va “upgrader” son corps et ses facultés. Désormais doté d’un implant fonctionnant à l’intelligence artificielle, Grey voit ses capacités physiques décuplées et se lance dans une mission vengeresse, afin de faire payer ceux qui ont tué sa femme.

Scénariste chevronné à qui l’on doit les trois premiers épisodes de la saga Saw (dont il est également le producteur délégué), mais aussi Dead Silence de James Wan, ainsi que les quatre opus de la franchise Insidious, Leigh Whannell passe à la mise en scène en 2015 avec Insidious : Chapitre 3. Succès commercial, mais rejeté par la critique, ce troisième volet confirme cependant l’affection de l’auteur pour le genre fantastique. Son deuxième coup d’essai, Upgrade est un véritable coup de maître. Produite par le prolifique Jason Blum, cette série B au budget minuscule de 4 millions de dollars (!) est pourtant l’une des plus belles surprises SF de l’année 2018. Roublard, excellemment écrit, mis en scène et interprété (excellent Logan Marshall-Green avec sa grosse voix grinçante, genre Tom Hardy avec du talent), percutant, gentiment bourrin et même parfois gore, Upgrade est un spectacle aussi généreux qu’intelligent, très graphique et pourtant modeste, qui convoque tout un pan du cinéma de genre des années 1980-90, sans jamais singer ses grandes références. Ces dernières ont été bien digérées par le réalisateur, qui utilise son bagage pour inscrire son propre film dans l’air du temps.

Grey Trace vit avec sa femme Asha. Cette dernière travaille pour Cobolt, une entreprise travaillant sur l’amélioration humaine via des ordinateurs. Un soir, Grey et sa femme sont violemment agressés. Asha meurt sous les yeux de son mari. Paralysé, Grey Trace est approché par Eron Keen, un richissime inventeur. Ce dernier lui propose un remède expérimental qui va améliorer son corps et ses facultés. Grâce à un implant couplé à une intelligence artificielle, Grey voit ses capacités physiques multipliées. Il se lance alors dans une quête de vengeance pour traquer ceux qui ont détruit sa vie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Leigh Whannell a visiblement été bercé par les meilleurs auteurs qui soient. Le spectre de David Cronenberg (la fusion entre l’homme et la machine), James Cameron (l’intelligence artificielle autonome) et Paul Verhoeven (nous y reviendrons) plane sur Upgrade, sans effets gratuits ou sans jamais tomber dans l’opportunisme outrancier. Le deuxième long métrage du cinéaste ne cache pas son manque de moyens, ce qui rajoute finalement une authenticité au récit. Les petites touches futuristes sont présentes, sans excès (les effets spéciaux sont limités), juste suffisantes pour instaurer un climat, une atmosphère et dépayser les spectateurs, comme un récit de Philip K. Dick. Les véhicules, l’architecture, certains costumes transportent l’audience vers un « demain » possible et réaliste, où l’intelligence artificielle existe et assiste l’être humain dans son quotidien, pour lui assurer un meilleur confort.

Après un prologue très réussi qui installe le personnage de Grey, nostalgique de l’ère analogique, quand on pouvait conduire soi-même sa voiture polluante, Upgrade prend ensuite la forme d’un vigilante saupoudré de whodunit, où le personnage principal, amélioré par la nouvelle technologie (L’Homme qui valait trois milliards n’est pas loin), mène son enquête pour retrouver ceux qui croyaient l’avoir tué après avoir assassiné sa femme. Et si Upgrade était le vrai remake de RoboCop ? On ne peut s’empêcher de penser au chef d’oeuvre de Paul Verhoeven surtout que Leigh Whannell parsème son film de petites touches sanglantes aussi inattendues que brutales, sur une image léchée et sans cesse élégante, avec toujours une petite touche bienvenue d’humour noir. Sans oublier la tagline de l’affiche « Not Man. Not Machine. More. » qui rappelle le « Part Man. Part Machine. All Cop. » sur celle de RoboCop.

Sur un rythme maîtrisé, à la frontière de plusieurs genres et de thématiques, le cinéaste et seul auteur du scénario, enchaîne les séquences très efficaces destinées à devenir cultes, pour déboucher sur un final, certes quelque peu prévisible, mais glaçant, incroyablement pessimiste, et surtout d’une rare maturité, qui incite à la réflexion. Un vrai coup de coeur et surtout un très grand plaisir de cinéma.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Upgrade, disponible chez Universal Pictures France, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément sur cette édition. Quel dommage…

L’Image et le son

L’éditeur soigne son master HD, absolument exemplaire. Les contrastes sont d’une densité jamais démentie, y compris sur les très nombreuses séquences sombres où l’image est constamment affûtée. Les noirs sont profonds, le piqué ciselé, les gros plans détaillés, les contrastes denses et la colorimétrie reste vive et froide. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les partis pris esthétiques caractéristiques de ce monde futuriste. Ce Blu-ray offre d’excellentes conditions pour revoir le film de Leigh Whannell et profiter de la photographie signée Stefan Duscio. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

S’il n’est pas déshonorant, le mixage DTS 5.1 ne peut rivaliser avec la piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1. Cette dernière laisse pantois par son ardeur, son soutien systématique des latérales, ses basses percutantes. Véritablement explosive sur les séquences appropriées, la version originale s’impose comme une véritable acoustique de démonstration avec des dialogues remarquablement exsudés par la centrale, des frontales saisissantes, des effets et ambiances riches, les enceintes arrière instaurent constamment un environnement musical, tout comme le caisson de basses, mis à rude épreuve, qui n’en finit pas de marteler les séquences les plus mouvementées. Un grand spectacle phonique.

Crédits images : © Universal Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / The Black Cage, réalisé par Sadrac González-Perellón

THE BLACK CAGE (Black Hollow Cage) réalisé par Sadrac González-Perellón, disponible en DVD le 8 janvier 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Julian Nicholson, Lowena McDonell, Lucy Tillett, Haydée Lysander, Marc Puiggener, Daniel M. Jacobs, Will Hudson…

Scénario : Sadrac González-Perellón

Photographie : Iván Romero

Musique : Sergio Ramis

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Une jeune fille vit dans une maison isolée, au cœur des bois, avec son père et son chien loup. A la suite d’un accident, elle a perdu un bras. Que lui est-il arrivé ? Dans la forêt, elle découvre un mystérieux cube noir. Il semble avoir la faculté d’agir sur le passé…

Etrange film que The Black Cage aka Black Hollow Cage en version originale, premier long métrage réalisé en solo de l’espagnol Sadrac González-Perellón, après quelques courts aux très beaux titres (La jaula o Analogía de los pájaros, El señor cuello largo) et une mise en scène à deux têtes avec Sonia Escolano sur Le Départ de Myna (2009). Sur The Black Cage, il officie en tant que directeur de casting, designer du cube, opérateur caméra, producteur, scénariste et bien évidemment réalisateur. The Black Cage est une proposition de science-fiction intéressante sur le papier, mais qui peine à maintenir l’intérêt du spectateur du début à la fin. Les partis pris sont froids, glacials même, la mise en scène essentiellement composée de plans fixes peut dérouter et les enjeux sont somme toute limités. Néanmoins, il y a là une vraie personnalité, une âme, un ton, une forme qui ne peuvent laisser indifférents.

Le décor avec cette villa moderne constituée de grandes baies vitrées et perdue dans les bois rappelle celui d’Ex Machina, très grand film d’Alex Garland. La ressemblance est même troublante. On pense également au poussif (pour ne pas dire chiant) Morgane de Luke Scott avec cette jeune fille étonnante cloîtrée dans un environnement high-tech. Sans tomber dans l’ennui du second, mais loin de la virtuosité du premier, The Black Cage manque de chair. Beaucoup plus convaincant sur la forme que sur le fond, le film de Sadrac González-Perellón s’apparente à une œuvre de mathématicien, avec des événements calculés qui renvoient à d’autres, qui eux-mêmes sont la résultante d’autres éléments narratifs, puisque The Black Cage évoque le voyage dans le temps. Le problème c’est que tout est tellement figé, qu’il ne se crée aucune empathie, y compris pour Alice, interprétée par Lowena McDonell, qui passe très bien à l’écran et qui participe à la part de mystère distillée par l’intrigue, mais qui est finalement peu aidée par un personnage cloisonné et réduit au maximum.

Du coup, ce drame intimiste sur le deuil impossible se regarde essentiellement comme une expérience, tout ce qui tourne autour du bras mécanique et à la rééducation de la jeune fille amputée interpelle, tout comme cette chienne « parlante » qu’Alice appelle « maman », croyant que sa mère s’est réincarnée dans le canidé. Mais rien ou presque ne touche jamais vraiment les spectateurs, surtout dans le dernier tiers où le récit part dans tous les sens, au risque de perdre les spectateurs qui auront eu la patience d’arriver jusque-là. Certaines séquences étonnent par leur violence graphique, sèche, asphyxiante, osée même puisqu’elles mettent en scène des enfants. Les images sont belles, rien à redire là-dessus et le travail du chef opérateur Iván Romero est soigné avec sa photo entre chaud et froid, le reflet des vitres omniprésentes et ce cube étrange planté dans la forêt qui n’est pas sans rappeler le monolithe de 2001, l’Odyssée de l’espace.

The Black Cage ressemble à un film de fin d’études. On sent le potentiel de Sadrac González-Perellón, qui aime le genre, l’anticipation, la science-fiction, mais il lui faudrait un vrai sujet pour éviter de tomber dans cet écueil popularisé par Christopher Nolan, qui consiste à juxtaposer des images au vernis glacé, sans rythme, à la B.O. pompeuse, en espérant être considéré comme un nouveau prodige du cinéma. Sadrac González-Perellón a encore le temps de faire ses preuves. En tout cas, même s’il apparaît trop épuré, The Black Cage témoigne d’un vrai sens esthétique et c’est déjà pas mal.

LE DVD

The Black Cage apparaît dans les bacs français sous l’égide de Rimini Editions. Le visuel de la jaquette est suffisamment étrange pour attirer la curiosité du cinéphile. Le menu principal est animé et musical.

Seule la bande-annonce est disponible comme supplément.

L’Image et le son

Pas d’édition HD pour The Black Cage, mais un DVD de fort bonne qualité avec une copie éclatante dans les scènes diurnes (en forêt principalement) et aux contrastes élégants sur les séquences sombres et nocturnes. La colorimétrie est froide, aux teintes bleutées et vertes, la définition est solide, les noirs denses. Les visages sont peut-être un peu trop lisses, mais les détails ne manquent pas sur les décors. Notons également que le format 2.39 indiqué sur la jaquette semble recadré.

Seule la version originale est disponible. La piste Dolby Digital 5.1 instaure quelques ambiances sur les latérales avec le chant des oiseaux ou les insectes nocturnes. Quelques pics musicaux profitent également au caisson de basses. Les voix se détachent sans problème sur la centrale.

Crédits images : © Asallam Films / Rimini Editions / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra-HD / G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, réalisé par Stephen Sommers

G.I. Joe : LE RÉVEIL DU COBRA (G.I. Joe: The Rise of Cobra) réalisé par Stephen Sommers, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 5 décembre 2018 chez Paramount Pictures

Acteurs : Channing Tatum, Dennis Quaid, Sienna Miller, Marlon Waynes, Saïd Taghmaoui, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Jonathan Pryce, Christopher Eccleston…

Scénario : Stuart Beattie, David Elliot, Paul Lovett d’après les jouets de Hasbro

Photographie : Mitchell Amundsen

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h58

Date de sortie initiale : 2009

LE FILM

Des montagnes de l’Asie centrale aux déserts d’Egypte, des rues de Paris au pôle Nord, les agents de l’équipe d’élite connue sous le nom de G.I. Joe mènent une lutte acharnée contre un ennemi redoutable. Disposant des toutes dernières technologies en matière de renseignement et de matériel militaire, ils combattent le puissant marchand d’armes Destro et la mystérieuse organisation terroriste nommée Cobra, qui cherchent à plonger le monde dans le chaos…

Portées par le milliard de dollars remporté au box-office par le premier Transformers de Michael Bay, la compagnie de jouets et de jeux pour enfants Hasbro et la Paramount décident en 2009 de sortir d’autres joujoux du placard en les animant avec de vrais acteurs, les célèbres G.I. Joe. Résultat des courses et malgré les critiques désastreuses, plus de 300 millions de dollars récoltés. Qu’en reste-t-il dix ans après ? A peu près la même chose. G.I. Joe : Le Réveil du CobraG.I. Joe: The Rise of Cobra reste un bon nanar de luxe au budget conséquent de 175 millions de dollars, interprété par des comédiens qui ont l’air de se demander constamment ce qu’ils foutent là et mis en en scène par un Stephen Sommers sous substances. Fort sympathique, extrêmement généreux, mais aussi lobotomisant, laid et interminable, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra est un mauvais film attachant.

Alors que des soldats d’élite transportent une arme révolutionnaire mise au point par la société M.A.R.S. (Military Armaments Research Syndicate), leur convoi est attaqué par une force militaire inconnue menée par la Baronne. Grâce à l’intervention d’une unité de G.I. Joe, les soldats terroristes doivent s’enfuir sans pouvoir mettre la main sur l’arme. Du convoi de soldats, il ne reste que Ripcord et Duke. Ripcord et Duke sont amenés, avec l’arme, à la base des G.I. Joe dirigée par le général Hawk. Ils y subissent un entraînement poussé qui en fera des super soldats, des G.I. Joe. Plus tard, la base est attaquée par la même force militaire inconnue, laquelle s’emparera cette fois-ci de l’arme révolutionnaire, des ogives chargées de nanorobots destructeurs. Cependant, les G.I. Joe déterminent que les ogives seront activées à Paris. Ils s’y rendent pour mettre fin à la menace terroriste qui plane sur la ville.

Hollywood souhaite s’amuser et au passage engranger un maximum de billets verts, en profitant de l’engouement des spectateurs pour les figurines articulées en plastique qui prennent vie au cinéma. Créé en 1964 d’après une bande dessinée des années 1940, G.I. Joe a tout pour plaire aux américains avec ces soldats armés jusqu’aux dents. A ce titre, Channing Tatum, encore dans sa période Sexy Dance, était l’incarnation idéale du soldat en plastoc avec son charisme bovin, ses traits lisses, ses expressions figées, sa carrure imposante et son aisance à manipuler les armes. Le vétéran Dennis Quaid se la pète dans son treillis trop large avec une joie non dissimulée en se la jouant premier degré, Marlon Wayans vient faire le pitre et remplir le quota-black. Véritable festival de tronches et défilé de comédiens de talents, on compte également les participations de Jonathan Pryce, Christopher Eccleston (qui en fait des caisses), Joseph Gordon-Levitt, Arnold – Imhotep -Vosloo, Lee Byung-hunn, Ray Park (le plus charismatique de tous, même si son visage reste masqué du début à la fin), sans oublier les français Saïd Taghmaoui, Grégory Fitoussi et Jacques Frantz, ainsi qu’un caméo de Brendan Fraser, qui vient faire un petit coucou au réalisateur des deux premiers opus de La Momie. La gent masculine se souvient surtout des superbes Sienna Miller et Rachel Nichols, moulées dans une combinaison en cuir bien trop serrée pour être crédibles durant les affrontements musclés. Mais peu importe, les yeux sont flattés par ces décolletés et ces moues sexy. De son côté, Alan Silvestri n’est pas dupe et saupoudre tout ça d’une grosse musique patriotique teintée d’ironie, à la limite de la parodie.

Nous ne sommes pas ici dans le drame psychologique et Stephen Sommers ne s’en cache pas. Toutefois, les amateurs de spectacles bourrins en auront pour leur compte car le cinéaste, également responsable du nanar Van Helsing avec Hugh Jackman, enchaîne les séquences explosives durant deux longues heures, laissant tout juste le temps à deux personnages de faire un lien entre deux événements pour ensuite passer à la scène d’action suivante. Effets spéciaux numérique à foison, combats musclés, héros téméraires, méchants impitoyables aux costumes ridicules (mélange de Star Wars et de James Bond période Roger Moore), répliques tordantes, le spectacle régressif est assuré et d’ailleurs assumé. Mention spéciale au chapitre parisien (essentiellement tourné à Prague c’est vrai…), le GROS morceau de bravoure de G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, une course-poursuite aussi effrénée qu’incroyable, fun (la Tour Eiffel en prend pour son grade) et décomplexée (plus de 110 voitures détruites, un record à l’époque), que l’on peut voir et revoir en boucle sans jamais se lasser.

Malgré son grand succès commercial, il faudra attendre quatre ans pour voir une suite débouler sur les écrans et surtout pour que les scénaristes revoient leur copie. G.I. Joe : Conspiration mis en scène par un certain John M. Chu, réalisateur de Sexy Dance 2, Sexy Dance 3D, Justin Bieber : Never Say Never se permettra même de surpasser le premier volet en confiant le rôle principal à Dwayne Johnson, nouveau venu qui s’imposait sans mal dans cet univers de gros calibres, de véhicules blindés et gadgets technologiques en tous genres. G.I. Joe était fait pour lui.

LE 4K UHD

Neuf ans après sa sortie en Blu-ray, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra revient dans les bacs, cette fois en 4K Ultra-HD. Cette nouvelle édition se compose de deux disques, le 4K d’un côté et le Blu-ray traditionnel de l’autre. Pour ce test, seule l’édition UHD a été envoyée par l’éditeur, galette sur laquelle nous ne trouvons que le commentaire audio. Le making of et la featurette sur les effets visuels se trouvent sur l’autre disque. Le menu principal est fixe et musical.

Si vous avez passé un bon moment devant G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, n’hésitez pas à passer deux heures en compagnie du réalisateur Stephen Sommers et du producteur Bob Ducsay. Les deux hommes se connaissent depuis toujours et cela s’entend. Bob Ducsay est en effet le monteur des films de Stephen Sommers depuis son premier long métrage Catch me if you can réalisé en 1989. Au fil de ce commentaire, les deux complices sont certes fiers du résultat à l’écran, mais savent également ce qu’ils ont livré aux spectateurs avides de spectacles décérébrés. Les anecdotes liées au tournage s’enchaînent, tout comme sur la façon dont les jouets ont pris vie devant la caméra. On sent que Stephen Sommers et Bob Ducsay ne peuvent évidemment pas tout raconter, quelques propos sont par exemple tenus sur le ton de la blague alors qu’on imagine volontiers que cela ne devait pas souvent rigoler sur une production de 175 millions de dollars dont la genèse et le tournage ont été quelque peu « houleux ».

L’Image et le son

C’est de plus en plus en rare donc nous tenons à le souligner, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra est un blockbuster qui a été tourné en 35 mm et cela se voit. Le grain argentique est très élégant, flatteur pour les mirettes et la texture demeure palpable tout du long. La colorimétrie est vive voire étincelante, le relief omniprésent, les contrastes fermes, la clarté aveuglante, le piqué acéré y compris sur les scènes plus sombres (noirs très profonds), à l’instar du premier assaut en ouverture. Les détails ne sont pas en reste et fourmillent aux quatre coins du cadre large 2.40, sur les innombrables décors mais aussi sur les costumes que l’on peut analyser sous toutes leurs coutures. N’oublions pas la constante profondeur de champ, qui double le plaisir lors de la fameuse séquence de la poursuite dans les rues de Paris. L’upgrade 4K est omniprésent par rapport au Blu-ray dispo sur le marché depuis presque déjà dix ans. Mais cette promo UHD – HDR 10 fait ressortir le côté artificiel de nombreux effets spéciaux numériques, notamment sur les véhicules divers et variés, ainsi que la base sous-marine. Les détails sont multipliés, surtout sur les arrière-plans, tandis que la carnation semble plus naturelle.

On pouvait s’attendre à mieux puisque concernant la version originale, Paramount ne livre « qu’une » DTS-HD Master Audio 5.1. Pas de véritable « artillerie lourde », entendez par là pas de Dolby Atmos ou de DTS-X, même si nous vous déconseillons de visionner ce film tard le soir au risque de vous faire arrêter pour tapage nocturne. En effet, dès l’apparition des étoiles du logo Paramount, les latérales distillent des effets latéraux qui ne s’arrêteront jamais. Le caisson de basses démarre et se déplace presque tout seul sur le plancher, la musique d’Alan Silvestri explose, c’est parti pour une succession de déflagrations, de bastons et de fusillades. A côté, la piste française fait pâle figure avec son petit encodage Dolby Digital 5.1, même si elle conviendra aux allergiques à la version originale, avec son ouverture sympatoche des enceintes frontales, des arrières qui assurent et son doublage honteux mais rigolo. Un film « d’auteur » hollywoodien qui rend sourd et qui anesthésie, mais qu’on aime bien !

Crédits images : © Paramount Pictures France / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Évasion 2 : Le Labyrinthe d’Hadès, réalisé par Steven C. Miller

EVASION 2 : LE LABYRINTHE D’HADES (Escape Plan 2: Hades) réalisé par Steven C. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 20 août 2018 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : Sylvester Stallone, Dave Bautista, Xiaoming Huang, Jesse Metcalfe, 50 Cent, Wes Chatham, Chen Tang, Titus Welliver

Scénario : Miles Chapman

Photographie : Brandon Cox

Musique : The Newton Brothers

Durée : 1h36

Année de sortie : 2018

LE FILM

Ray Breslin, le spécialiste des systèmes de sécurité inviolables a désormais monté sa propre équipe d’experts en protection. Un de ses associés est kidnappé par une mystérieuse organisation et envoyé dans une prison secrète High-Tech, HADES où d’autres maîtres de l’évasion sont également enfermés. Ray décide de lui porter secours mais le défi est d’autant plus grand que cette fois-ci, avant de sortir de la forteresse inviolable, il faudra réussir à la pénétrer.

En 2013, sort sur les écrans ÉvasionEscape Plan. En dehors de quelques clins d’oeil dans Jumeaux, Last Action Hero, Demolition Man et les apparitions de l’ancien gouverneur de Californie dans les deux premiers Expendables, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger n’avaient jamais tenu le haut de l’affiche ensemble, malgré de nombreux projets envisagés. Après trente ans d’attente, c’était donc la grande attraction d’Évasion, réalisé par le cinéaste suédois Mikael Håfström, metteur en scène de Chambre 1408 et Le Rite. S’il est vrai que nous attendions beaucoup plus de cette confrontation, Évasion était un savoureux divertissement, qui privilégiait la matière grise et les dialogues au détriment de l’action. Du moins durant les 90 premières minutes, essentiellement marquées par des bastons entre les prisonniers en guise de scènes agitées. Il fallait alors attendre le dernier tiers pour que les deux anciens rivaux et poids lourds du film d’action des années 1980-1990 se réveillent quelque peu et prennent la pétoire.

24 ans après le génial Haute sécurité de John Flynn, Sylvester Stallone retournait ainsi derrière les barreaux. Mais dans Évasion, il s’agissait de son job puisqu’il incarnait un expert dans l’art de s’évader, quitte à rester enfermer quelques semaines voire quelques mois afin de démontrer les failles dans la technologie sécuritaire mise en place dans diverses prisons. Jusqu’au jour où il se retrouve plongé dans une sorte de Guantanamo du futur. De son côté, Arnold Schwarzenegger interprétait un détenu prêt à l’aider dans sa nouvelle tentative d’évasion… ce qui lui permettrait également d’aller respirer le bon air. On sentait un véritable plaisir contagieux des deux acteurs bodybuildés à se donner la réplique. La trame en elle-même n’était pas très originale et lorgnait souvent du côté de Volte/Face de John Woo et son intrigue autour de la prison high-tech. La tension était maintenue, quelques punchlines faisaient gentiment leur effet, Jim Caviezel incarnait parfaitement le directeur de prison sadique. Évasion n’était pas un grand film et n’avait d’ailleurs pas la prétention de l’être. Il s’agissait surtout de faire plaisir aux millions de fans des deux stars. Alors si le choc des titans annoncé ne s’avérait pas aussi explosif que prévu, l’alchimie était là, la nostalgie et donc notre adhésion aussi. Alors…pourquoi Évasion 2 ?

Tout simplement parce que le marché chinois avait largement contribué à faire du premier volet un succès commercial. Doté d’un budget confortable de 70 millions de dollars, Évasion avait remporté près du double grâce au marché international avec près de 115 millions de dollars, alors que le film plafonnait à 25 millions sur le sol américain. Ce n’est pas une suite, mais deux nouveaux épisodes qui ont été annoncés. Exit Arnold Schwarzenegger, tandis que Sly reprend son rôle de Ray Breslin. Cependant, Évasion 2 ou Escape Plan 2: Hades, se révèle être une suite opportuniste puisque Sylvester Stallone apparaît surtout en tant que guest-star de luxe, tout comme Dave Bautista. Ce dernier, pratiquant de combat libre et catcheur américain, plus connu pour son rôle de Drax dans Les Gardiens de la Galaxie, ne fait quasiment rien du film, se contente de taper à l’ordinateur et se décide enfin à flinguer des sbires dans la dernière scène. Non, la star est surtout ici le comédien chinois Huang Xiaoming, vu dans The Crossing de John Woo. Puisque tout le projet a été conçu en visant essentiellement le marché chinois, Évasion 2 apparaît un peu, voire beaucoup, comme une arnaque puisque le matériel publicitaire est centré sur Sylvester Stallone et Dave Bautista.

Mikael Håfström n’a pas été rappelé derrière la caméra. Il est remplacé ici par Steven C. Miller, habitué des séries B qui tâchent, comme dernièrement Arsenal dans lequel Nicolas Cage jouait un rôle de caïd complètement azimuté. Le réalisateur est habitué à avoir des pointures dans ses délires comme Ray Wise dans The Aggression Scale, Malcolm McDowell dans Silent Night et même Bruce Willis dans trois films, Extraction, First Kill et Marauders. Pour Évasion 2, Steven C. Miller a voulu se faire plaisir et rendre hommage à Ridley Scott, en s’inspirant de l’univers visuel d’Alien et de Blade Runner. Bon cela partait d’un bon sentiment, mais le metteur en scène n’est pas aidé par un budget très limité, un scénario anémique, un casting d’endives, une musique bourrin, un montage haché, des effets spéciaux rudimentaires et…on continue ?

Des années après s’être échappé d’une prison high-tech surnommée « La tombe », Ray Breslin dirige désormais une équipe d’élites spécialisée pour faire sortir les gens des prisons les plus impénétrables du monde. Quand son meilleur agent, Shu Ren, est emprisonné dans un labyrinthe techno-terroriste informatisé connu sous le nom d’Hadès, où les prisonniers se battent dans des luttes mortelles, Breslin décide de s’incarcérer à l’intérieur de cette prison révolutionnaire pour le sauver.

Voilà pour le pitch. Alors oui Sly est là. Désormais septuagénaire avec des sourcils en forme de guillemets et des cheveux Playmobil, il incarne désormais la force tranquille, le sage taillé comme une armoire à glace. On attend donc patiemment qu’il donne du poing ici. Son apparition est épisodique pendant une heure, durant laquelle on entend principalement sa voix quand Shu tente de se rappeler chaque leçon que Breslin lui a inculquée en cas d’emprisonnement. Comme si Sly révisait sa liste de courses avant d’aller chez Mr Bricolage. Quand mister Stallone prend un flingue ou quand il déploie ses directs du droit, pas de doute, il reste bad-ass à fond et un monstre de charisme. Dave Bautista en revanche, qui a bien du mal à déplacer sa carcasse, fait la grimace et attend que ça se passe. Le reste du casting, en dehors de Huang Xiaoming convoque des tronches cassées (Curtis « 50 Cent » Jackson) et des comédiens lisses (Jesse Metcalfe, Wes Chatham).

Steven C. Miller fait donc son maximum avec les moyens du bord. Si la photo possède effectivement quelques qualités et que le cadre large capture assez bien la trogne de notre bon vieux Sly, Évasion 2 : Le Labyrinthe d’Hadès (son vrai titre) déçoit évidemment à plus d’un titre et peine sérieusement à divertir, d’autant plus qu’il n’y a ici aucun humour, sauf involontaire. Ou comment glisser doucement de la série B assumée à la série Z…Le syndrome Fortress et Fortress 2 : Réincarcération. Malgré le demi-million d’entrées d’Évasion en France, cette suite ne connaîtra pas de sorties dans nos salles et débarque en DVD et Blu-ray. Le tournage d’Évasion 3, annoncé à la fin du second volet dans un fin ouverte, est déjà terminé depuis bientôt un an. Stallone sera donc de retour une dernière fois dans le rôle (qu’on espère cette fois plus conséquent) de Ray Breslin et a retrouvé pour l’occasion John Herzfeld, qui l’avait dirigé en 2014 dans Bad Luck (Reach Me). Mais nous en parlerons lors de sa (probable) sortie immédiate dans les bacs.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Évasion 2, disponible chez Metropolitan Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est cheap, très légèrement animé et musical. La jaquette n’est pas mieux lotie…

Le making de 10 minutes présent en début de section se focalise essentiellement sur la présentation de l’histoire et des personnages par les comédiens, le réalisateur et le chef opérateur. Stallone n’est visible que quelques secondes sur le plateau, d’ailleurs il n’a pas dû rester bien longtemps, tandis que le metteur en scène Steven C. Miller tente de vendre son beurre comme il le peut. Quelques images de tournage, des propos ronflants (« Amazing », « Terrific », « Great », « The best ») et le tour est joué.

Un autre module (3’30) se concentre sur l’esthétique du film avec les mêmes intervenants, auxquels s’ajoute la chef décoratrice Niko Vilaivongs. Chacun y va de son petit mot sur les partis pris et les intentions du réalisateur, qui a voulu rendre hommage au cinéma de Ridley Scott, notamment Blade Runner. Arrêtez de rire !

Le dernier supplément (4’) est consacré au robot, que l’on aperçoit à peine dans Évasion 2. Place aux créateurs des effets visuels qui expliquent pourquoi ils ont voulu limiter les images de synthèse au profit d’un véritable robot articulé.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

Le master HD (1080p) d’Évasion 2 restitue habilement les volontés artistiques du chef opérateur Brandon Cox (Arsenal, Bus 657) en conservant un très léger grain, des couleurs à la fois chaudes et froides, des contrastes léchés ainsi qu’un relief constamment palpable. La compression AVC consolide l’ensemble, les détails sont légion sur le cadre large et les visages des comédiens, le piqué est aiguisé, les noirs denses et la copie éclatante. Les très nombreuses séquences sombres jouissent également d’une belle définition, même si les détails se perdent quelque peu.

Honnêtement, il serait difficile voire impossible de faire mieux. Non pas qu’Évasion 2 regorge de scènes d’action pendant 1h35, mais toutes les séquences, y compris les nombreux échanges entre les personnages, sont constamment mises en valeur par des effets et ambiances puissantes, mettant à contribution chaque parcelle de votre installation acoustique (sans oublier le caisson de basses), dès l’apparition du cheval ailé Metropolitan. En anglais comme en français (avec le doublage d’Alain Dorval), les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 créent une immersion constante, dynamique et souvent fracassante, avec un net avantage pour la version originale. Chaque coup de feu, chaque baston est prétexte à une déferlante frontale et latérale.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test DVD / Déluge, réalisé par Felix E. Feist

DÉLUGE (Deluge) réalisé par Felix E. Feist, disponible en DVD chez lobster Films le 27 novembre 2017

Avec :  Peggy Shannon, Lois Wilson, Sidney Blackmer, Matt Moore, Fred Kohler, Ralf Harolde, Edward Van Sloan, Samuel S. Hinds…

Scénario : Warren Duff, John F. Goodrich

Photographie : Norbert Brodine

Musique : Val Burton

Durée : 1h03

Date de sortie initiale : 1933

LE FILM

Une série de catastrophes naturelles frappe le monde. Les éléments se déchaînent, les grandes métropoles comme New York se retrouvent détruites sous le coup d’énormes séismes, ou englouties sous les raz-de-marée. Au lendemain du désastre, une poignée de survivants tente tant bien que mal de survivre. Martin, séparé de sa famille qu’il croit disparue, tombe éperdument amoureux de Claire, une jeune femme en proie à une bande de malfrats qui tente de la kidnapper…

Déluge ou bien Deluge sans accent en version originale, est rétrospectivement l’un des premiers films catastrophe de l’histoire du cinéma. D’ailleurs, il est amusant de voir que tout ce qui fera 60 ans plus tard le triomphe des films de Roland Emmerich est déjà présent. Réalisé par Felix E. Feist, metteur en scène de La Vallée des géants avec Kirk Douglas et producteur de la série Peyton Place, ce petit film de science-fiction ramassé sur une durée de 63 minutes, va droit à l’essentiel en montrant tout d’abord des scientifiques alarmés par l’annonce de tempêtes violentes. Les bateaux, avions et dirigeables sont tous rappelés et doivent faire demi-tour, tandis qu’une éclipse non prévue a lieu, que les baromètres s’affolent, que des séismes ont détruit l’Europe. La fin du monde est proche disent certains, les journaux deviennent fous, la cote Ouest des Etats-Unis est immergée, la Nouvelle-Orléans a disparu sous les flots également.

Sur un montage alerte et souvent percutant, Felix E. Feist enchaine les séquences d’exposition, en allant droit à l’essentiel jusqu’à la destruction de la ville de New York. Evidemment, les effets spéciaux peuvent paraître aujourd’hui complètement désuets, mais à l’époque, Déluge proposait des images inédites. Les modèles réduits se voient certes comme le nez au milieu de la figure, pourtant la scène du raz-de-marée conserve son charme poétique. Plus qu’Independence Day, c’est surtout au Jour d’après auquel on pense avec cette grande vague déferlant sur New York et qui noie progressivement la Statue de la Liberté. Si les scènes de destructions massives ont souvent été la spécialité des films de Rolans Emmerich, ce dernier a souvent eu du mal à broder autour et à aborder le thème du survival après la catastrophe. Dans Déluge, le film démarre par la grosse séquence d’effets visuels, avant de se focaliser sur ceux qui ont réussi à s’en sortir.

C’est là où le film de Felix E. Feist devient encore plus intéressant, puisqu’il montre la société obligée de repartir de zéro, mais c’était sans compter quelques individus désireux de conserver leur standing et les privilèges dont ils bénéficiaient grâce à leur bonne situation. Certains voleurs et même quelques violeurs profitent immédiatement de la situation, puisqu’il n’existe plus d’autorités et encore moins de limites. La Terre devient un champ de bataille. Pendant ce temps, Martin (Sidney Blackmer), un homme qui croit sa femme et ses deux filles décédées dans la catastrophe, sauve Claire (Peggy Shannon), une jeune femme poursuivie par des individus mal intentionnés. Il en tombe amoureux. Felix E. Feist joue sur le suspense d’un triangle amoureux puisque Martin ne sait pas que sa famille est en fait bien vivante. Alors que va-t-il se passer quand la famille se retrouvera ? Martin va-t-il retourner auprès des siens ? Va-t-il laisser Claire ? Ou prendre les deux pour compagnes qui sait ?

Cette petite production RKO reste bien divertissante avec son aspect suranné et la scène du tsunami est très sympathique avec ses buildings creux qui s’écroulent comme des châteaux de cartes. Considéré comme perdu, une copie de Déluge a finalement été retrouvée en Italie au début des années 1980. Depuis, un négatif nitrate (en anglais) qui commençait à se décomposer a été retrouver au CNC. Le film a alors bénéficié d’une restauration image et son dans les laboratoires de Lobster Films, avant de ressortir à travers le monde, y compris à la Cinémathèque française et à l’Etrange Festival.

LE DVD

C’est sous la bannière de Lobster Films, également responsable de la restauration du film, que Déluge fait son apparition dans les bacs en France. Visuel très élégant montrant la tête de la Statue de la Liberté émerger des eaux. Le menu principal est animé sur une séquence du film.

Le premier supplément de cette édition s’intitule Survival Town (3’). Il s’agit d’un reportage hallucinant montrant des essais nucléaires américains dans le désert du Nevada en 1955. La bombe est alors lâchée dans un village reconstitué avec des mannequins en guise d’habitants. Aux images très impressionnantes s’ajoutent les commentaires sérieux indiquant que la population peut être rassurée sur le fait que l’on peut survivre en cas d’attaque nucléaire, comme le montrent les murs en béton armé à peine fendus. « Un tournant d’espoir » indique le journaliste.

Le second bonus est tout aussi incroyable, puisqu’il s’agit d’un court-métrage documentaire constitué d’images filmées après le terrible séisme et les incendies qui avaient quasiment rasé San Francisco de la carte en 1906 (25’). Comment le ravitaillement et les secours se sont organisés ? Comment recommencer à vivre après cette catastrophe ? Des cartons indiquent où les images ont été filmées et dressent un listing de toutes les pertes, humaines et matérielles. Il aura fallu plus de 200 millions de dollars pour reconstruire la ville.

L’interactivité se clôt sur un extrait des Derniers Jours de Pompéi d’Ernest B. Schoesack (1935 – 10’).

L’Image et le son

Déluge est un film rescapé. Malgré le travail acharné et de titan des Laboratoires Lobster Films, cette édition restaurée contient encore forcément un lot de points, griffures, poussières, raccords de montage, fils en bord de cadre et rayures, surtout durant la séquence du tsunami. Signalons que ces défauts tendent à s’amenuiser au fil du visionnage. Si le N&B retrouve une certaine fermeté, une clarté plaisante et une densité indéniable, le piqué et la gestion du grain restent évidemment aléatoires. Des fondus enchaînés décrochent, un bruit vidéo est notable mais aidé par un encodage solide, un effet de clignotement se fait ressentir, tandis que diverses séquences sortent du lot et se révèlent plus belles et détaillées.

La bande-son a également été restaurée car peu de craquements sont à déplorer. La musique est propre, certaines séquences sont peut-être plus étouffées que d’autres, un petit souffle est parfois audible, mais le confort acoustique est très appréciable. La version française apparaît plus étriquée.

Crédits images : © Lobster Films / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Zardoz, réalisé par John Boorman

ZARDOZ réalisé par John Boorman, disponible en DVD et Blu-ray chez Movinside le 13 novembre 2017

Avec :  Sean Connery, Charlotte Rampling, John Alderton, Sara Kestelman, Sally Anne Newton, Niall Buggy, Bosco Hogan, Jessica Swift…

Scénario : John Boorman

Photographie : Geoffrey Unsworth

Musique : David Munrow

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

2293. La Terre a été totalement dévastée et la société est divisée en plusieurs castes : les Brutes, les Exterminateurs et les Barbares qui vouent un culte sans limites au dieu Zardoz. Tous oeuvrent pour les Éternels, un groupe d’humains immortels. Ce nouvel équilibre social va être bouleversé lorsque Zed, un Exterminateur, décide de pénétrer chez les Éternels, défiant ainsi le dieu Zardoz…

Pour la plupart, Zardoz se résume à l’accoutrement de Sean Connery dans le film. En effet, difficile d’échapper aux photogrammes du comédien avec sa grosse moustache à la Burt Reynolds (à qui le rôle avait d’abord été proposé), son catogan, sa cartouchière placée sur son torse velu, son cache-sexe rouge bombé et ses cuissardes en vinyle. D’ailleurs, nombreux sont ceux à avoir classé Zardoz – sans l’avoir vu – dans la catégorie nanar, ce qu’il n’est absolument pas. Malgré tout, le sixième long métrage de John Boorman, réalisé deux ans après Délivrance, demeure une vraie curiosité, souvent hermétique, qui vaut essentiellement pour ses recherches plastiques. Mais quand si l’on creuse un peu, on se rend compte que Zardoz va bien plus loin.

D’entrée de jeu, nous voilà plongés en 2293. Ce que nous pouvons comprendre : 300 ans après l’effondrement de la civilisation industrielle, dans un futur post-apocalyptique, la population humaine est divisée entre les Éternels, des humains ayant atteint l’immortalité grâce à la technologie, et les Brutes. Ces derniers vivent sur une terre ravagée et fournissent de la nourriture aux Éternels, peuplés de savants et d’intellectuels, qui vivent dans des régions isolées du reste du monde par un mur invisible et appelées « Vortex » et passent une existence luxueuse mais apathique. Arthur Frayn (Niall Buggy), l’Éternel chargé de gérer les « terres extérieures », se fait passer auprès des Brutes pour un dieu nommé Zardoz, qui se manifeste sous la forme d’un énorme masque de pierre volant. Ayant sélectionné des brutes, il a constitué un groupe d’exterminateurs, chargé de réduire en esclavage les autres humains, et auxquels il fournit des armes en échange de la nourriture qu’ils collectent. Zed (Sean Connery) est un de ces exterminateurs. Il se cache à bord du masque de pierre lors d’un voyage. Arrivé au Vortex, Zed est étudié en tant que spécimen : les Éternels n’ayant pas eu de contact depuis des siècles avec l’extérieur, ils essaient de comprendre comment les Brutes ont évolué. Il se retrouve au cœur d’une dissension entre deux Éternelles, Consuella (Charlotte Rampling) et May (Sara Kestelman), et doit effectuer des tâches pour Friend (John Alderton).

Zed découvre au fur et à mesure que cette société en apparence lissée et idéale est en fait violente et désespérée. Les Éternels sont dirigés et protégés de la mort par une intelligence artificielle appelée « le Tabernacle », un gros cristal qui est relié à l’esprit de tous les Éternels et qui conserve leur mémoire dans ses réflexions lumineuses. Du fait de leur immortalité, les Éternels ont arrêté de procréer et les hommes sont devenus impuissants. Certains sont victimes d’une maladie, qui les plonge en catatonie. Les dissidents, ceux qui refusent le système ou bien introduisent la discorde, sont vieillis, voire sont exclus et sont délibérément rendus séniles.

Voilà, bienvenue dans Zardoz, dont le nom provient du livre L. Frank Baum, The WiZARD of OZ, que le personnage de Sean Connery découvre dans une bibliothèque en ruine à l’extérieur du Vortex. Cette révélation le met alors face aux réalités, tout n’est que supercherie, d’autant plus que Zed, contrairement à ce que pensent les Eternels, n’est pas non plus un être primitif. Analyser ainsi Zardoz permet de réévaluer le film de John Boorman. Des manipulations politiques destinées à voiler la réalité, afin d’engranger des ressources naturelles. Plus près de nous, cela rappelle furieusement l’invasion de l’Irak en 2003 sous l’administration W. Bush. Mais Zardoz est une œuvre tellement étrange, difficile d’accès et marquée par une esthétique kitsch, que chacun est en fait libre d’y voir et de ressentir ce qu’il a envie. Les personnages et divinités ne sont pas ce qu’ils paraissent être, tout n’est que faux-semblants et superstitions, ce qui permet à la société de demeurer au lieu de penser et de réfléchir.

Zed apparaît comme le grain de sable qui va faire enrayer une machine jusqu’alors trop bien huilée. Son apparition dans le Vortex va ainsi rendre leur mortalité aux Éternels. Du point de vue formel, John Boorman joue avec les moyens mis à sa disposition et des effets spéciaux certes désuets, mais qui n’en restent pas moins bourrés de charme. On s’amusera des scènes dans le Tabernacle ou des trips psychédéliques qui rappellent parfois le Barbarella de Roger Vadim. Magnifiquement photographié par l’immense chef opérateur Geoffrey Unsworth, Zardoz, écrit, produit et mis en scène par John Boorman, est une fable philosophique qui ne laisse pas indifférent avec ses images éthérées sur fond de 7e symphonie de Beethoven et Sean Connery qui court torse-poil au ralenti avec sa queue-de-cheval qui se balance sur ses épaules. Pas un chef d’oeuvre de la science-fiction certes, en aucun cas un navet et encore moins un nanar, mais un film culte assurément.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Zardoz, disponible chez Movinside, repose dans un élégant boîtier classique de couleur noire. Visuel très beau et attractif. Le menu principal est un peu plus cheap, animé et muet…

Spécialiste du cinéma américain et notamment du Nouvel Hollywood, Jean-Baptiste Thoret replace le sixième long métrage de John Boorman dans son contexte cinématographique, en croisant habilement le fond et la forme. Toujours aussi didactique, spontané et captivant, notre interlocuteur explique que John Boorman a ouvert sa propre boîte de Pandore avec Zardoz. Jean-Baptiste Thoret trouve le film passionnant, dissèque les thèmes explorés par le cinéaste, détaille les conditions de production et l’implication de Sean Connery – dont le costume a longtemps été moqué et l’est d’ailleurs encore aujourd’hui – qui souhaitait s’éloigner encore et toujours du personnage de James Bond. Une formidable présentation (26’).

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Bon…en tant que puristes, nous ne pouvons pas laisser passer ça. Le bulldozer DNR est passé par là une fois de plus chez l’éditeur et la texture argentique de la merveilleuse photographie de l’immense Geoffrey Unsworth (Superman, Cabaret) a été lissée quasiment intégralement. C’est bien beau de proposer des films rares en Haute-Définition, mais pourquoi dénaturer les partis pris esthétiques et volontés artistiques ? Pour satisfaire certains consommateurs qui ne jurent que par une image sans aspérité ? Comme si le film avait été tourné en numérique ! Si la propreté de la copie est indéniable, on ne peut que tiquer tout du long face à l’aspect cireux des visages et sa définition chancelante. Certes, les photographies souvent éthérées du chef opérateur britannique ont toujours donné du fil à retordre aux éditeurs, mais là on frôle le blasphème. Les détails manquent à l’appel, la gestion des contrastes est aléatoire, tout comme le piqué. Un conseil pour Movinside, STOPPEZ le réducteur de bruit ! Le Blu-ray est néanmoins au format 1080p.

Les mixages anglais et français LPCM 2.0 distillent parfaitement la musique de David Munrow, ainsi que la 7e symphonie de Ludwig van Beethoven. Néanmoins, la piste française se focalise sans doute trop sur le report des voix (Jean-Claude Michel double Sean Connery), au détriment des ambiances annexes. La piste originale est très propre, sans souffle, dynamique et suffisamment riche pour instaurer un très bon confort acoustique.

Crédits images : © Twentieth Centyru Fox Home Entertainment / Movinside Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra HD / Terminator 2 : Le Jugement dernier, réalisé par James Cameron

TERMINATOR 2 : LE JUGEMENT DERNIER (Terminator 2: Judgment Day) réalisé par James Cameron, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD chez Studiocanal le 5 décembre 2017

Avec :  Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton, Earl Boen, Jenette Goldstein, Xander Berkeley…

Scénario : James Cameron, William Wisher

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Brad Fiedel

Durée : 2h17 (version cinéma), 2h34 (version director’s cut), 2h36 (version longue)

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

La guerre du jugement dernier a fait 3 milliards de morts. Mais bientôt une autre guerre lui succède. Les rares survivants humains doivent désormais affronter des machines. Skynet, l’ordinateur qui contrôle ces robots, a envoyé un T-1000 remonter le temps. Sa mission : éliminer le futur chef de la Résistance Humaine, l’adolescent John Connor. C’est compter sans le Terminator envoyé par la Résistance pour le protéger…

Jalon essentiel de l’histoire du cinéma, film culte, indémodable, inégalable, Terminator 2 : Le Jugement dernier est le film de tous les superlatifs et n’a pas bougé d’un pouce depuis sa sortie triomphale en 1991. Sept ans après le premier volet, James Cameron, Arnold Schwarzenegger et Linda Hamilton reviennent pour un deuxième épisode qui a marqué plusieurs générations de spectateurs. Premier blockbuster au budget dépassant les cent millions de dollars (dont 6 millions pour le réalisateur, 14 millions pour Arnold Schwarzenegger et seulement un million pour Linda Hamilton), Terminator 2 : Le Jugement dernier a fait son retour dans les salles de cinéma en 2017 dans une version restaurée 4K et convertie en 3D. A croire que le meilleur film de l’année dernière était bel et bien un film sorti en 1991, d’autant plus que la conversion 3D était également très réussie. Aujourd’hui, le chef d’oeuvre de James Cameron est découvert par de plus jeunes spectateurs et cinéphiles, souvent abasourdis par sa virtuosité, sa fluidité narrative, sa puissance visuelle et son casting phénoménal.

Au lendemain de l’holocauste nucléaire du 29 août 1997, les survivants humains entrent en résistance contre la dictature des machines, ce qui les mène à la victoire en 2029. L’ordinateur qui contrôle les machines, Skynet, avait déjà envoyé un Terminator, un cyborg tueur recouvert de tissus et de peau humains en 1984, afin d’éliminer une jeune femme nommée Sarah Connor, avant qu’elle n’ait mis au monde son fils, John Connor, appelé dans le futur à devenir le chef de la résistance humaine contre les machines. Ce plan ayant échoué, Skynet décide de programmer un nouveau Terminator, le T-1000, pour retourner dans le passé et éliminer John Connor. Ce dernier programme un autre cyborg, le T-800, et l’envoie également en 1995 pour le protéger. Une seule question déterminera le sort de l’humanité : laquelle des deux machines trouvera John la première ?

Si la surprise a finalement été de courte durée, quelques spectateurs avaient été pris au dépourvu en voyant Arnold Schwarzenneger devenir le protecteur de John Connor dans cette suite. L’acteur le premier était alors convaincu que cela ne fonctionnerait pas et avait même fait part de ses doutes (euphémisme) à James Cameron. Mais entre le premier film (1984) et le tournage du second, six ans s’étaient écoulés et Arnold Schwarzenegger était devenu une star internationale grâce aux succès de Commando, Predator, Running Man, Total Recall et venait de jouer dans deux comédies familiales, Jumeaux et Un flic à la maternelle. Le Chêne Autrichien est donc passé de gamins en culottes courtes, à l’affrontement avec le sensationnel Robert Patrick, mythique T-1000, adversaire du T-800 dans Terminator 2 : Le Jugement dernier. De son côté, Linda Hamilton livre une prestation hors-normes, très investie dans son personnage de Sarah Connor, métamorphosée (musculation + entraînement intensif au tir), devenue une véritable machine à tuer qui a « malgré elle » sombré dans la folie en raison des événements survenus sept ans auparavant. James Cameron s’amuse d’ailleurs à inverser les rôles et Sarah Connor apparaît comme étant la véritable Terminator de cet épisode, tandis que le T-800 s’humanise aux côtés de John Connor. Ce dernier est interprété par le jeune Edward Furlong, repéré au cours d’un casting sauvage, sous-alimenté, en train de zoner, vivant de petits larcins. Son charisme et son naturel éclatent au grand jour. Chaque enfant d’une dizaine d’années, dont l’auteur de ces mots à la sortie du film, a forcément rêvé d’être à sa place aux côtés du Terminator, montagne de chair et d’acier d’1m88.

Au fil des années, Terminator 2 : Le Jugement dernier se voit et se redécouvre selon l’expérience de chacun, de ses connaissances en matière de cinéphilie et de technique. Récit fiévreux, ambitieux et même avant-gardiste qui n’omet pas l’émotion du début à la fin, film d’action aux effets spéciaux numériques révolutionnaires qui n’ont pas pris une ride en un quart de siècle et surtout qui servent l’histoire, récit(s) initiatique(s), c’est également une fable pessimiste sur le désir de contrôle de l’être humain et sa propension à se prendre pour Dieu. Cela n’empêche pas James Cameron, d’ailleurs cela lui sera toujours reproché, de croire encore et toujours en l’humanité qui triomphera finalement de ce qu’elle a de plus mauvais en elle. Certains trouveront cela naïf, les autres se rangeront à l’avis du cinéaste et c’est tant mieux.

Terminator 2 : Le Jugement dernier, c’est 2h15 de scènes cultes et anthologiques (l’entrée du T-800 dans le bar à bikers, la poursuite dans le canal de Los Angeles, l’explosion nucléaire, toutes les scènes avec le T-1000, l’évasion de l’institut psychiatrique, la fonderie), de répliques entrées dans le langage courant (« Hasta la vista Baby », « Easy Money ! », « I’ll be back », « No fate but what we make »…), l’oeuvre d’un des plus grands conteurs et magiciens du septième art que l’on regarde toujours avec le même sourire jusqu’aux oreilles dès que retentit le thème musical de Brad Fiedel.

Terminator 2 : Le Jugement dernier devient le plus gros succès au cinéma en 1991. Toutefois, s’il attire plus de six millions de spectateurs en France, le film doit se contenter de la seconde place du box office cette année-là, derrière Danse avec les loups de Kevin Costner. Après ce triomphe international, Terminator 2 : Le Jugement dernier remporte quatre Oscars : Meilleurs maquillage, mixage sonore, son et effets spéciaux. En 1993, pour une nouvelle exploitation du film en VHS et laserdisc, James Cameron intègre 16 minutes de scènes coupées au montage cinéma, dont l’apparition de Michael Biehn dans un délire de Sarah à l’asile, ainsi qu’une séquence où Sarah et John ouvrent la boîte crânienne du T-800 pour accéder à la puce principale qui le contrôle, afin de le réinitialiser. Quant à la fameuse séquence du sourire, elle refera son apparition dans le décrié Terminator Genisys sorti en 2015. Mais ça, c’est une autre histoire. En attendant une prochaine trilogie Terminator annoncée par James Cameron lui-même.

LE DISQUE 4K Ultra HD

Le test de l’édition 4K Ultra HD de Terminator 2 : Le Jugement dernier, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur le cultissime thème de Brad Fiedel. La version cinéma (2h17), le Director’s Cut (2h33) et la Version Longue (2h36) sont disponibles uniquement sur le Blu-ray 1080p, tandis que le disque 4K ne propose que la version cinéma. Terminator 2 : Le Jugement dernier inaugure le catalogue 4K Ultra HD de Studiocanal. 

Tous les suppléments sont disponibles sur le Blu-ray du film. Le disque comprenant l’édition 4K Ultra HD est vierge de tout supplément.

Cette édition reprend les deux commentaires audio (vostf) déjà disponibles sur les diverses éditions du chef d’oeuvre de James Cameron. Possibilité d’écoute sur les trois montages du film, même s’ils ont été réalisés sur la version Director’s cut. Si vous avez sélectionné la version longue, un commentaire audio de Robert Patrick s’incruste pour la scène en plus du T-1000 qui fouille la chambre de John Connor, tandis qu’un montage audio mixant les propos de Stan Winston, Linda Hamilton et James Cameron illustre l’épilogue alternatif. A noter que les commentaires de ces deux séquences supplémentaires sont disponibles à part dans la section des suppléments.

Le premier commentaire, enregistré en 1993 (un quart de siècle déjà) convie 26 intervenants dispersés au fil des 2h33 de la Director’s Cut. Directeur artistique et producteur, Van Ling présente ce commentaire et introduit chaque témoignage, tout en donnant lui-même quelques souvenirs ou éléments liés à la production de Terminator 2 : Le Jugement dernier. Interviennent pêle-mêle : James Cameron, Gary Rydstrom (ingénieur du son), Brad Fiedel (compositeur), Mali Finn (directrice du casting), Robert Patrick, Linda Hamilton, Michael Biehn, Joe Morton, Edward Furlong, Dennis Muren (superviseur des effets spéciaux), Arnold Schwarzenegger, et bien d’autres, venus notamment des départements artistiques. Evidemment, tout cela peut paraître désordonné, mais revoir le film en compagnie de celles et de ceux qui ont apporté leur contribution à l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma n’est finalement pas désagréable. A écouter comme une masterclass où toute l’équipe du film aurait été réunie.

Le commentaire suivant, également à écouter sur le montage Director’s cut, est réalisé par James Cameron, accompagné de son co-scénariste William Wisher. Enregistré dix ans après le commentaire précédent, celui-ci se focalise plus sur la genèse du film, les conditions de tournage, le travail avec les comédiens, l’évolution des effets visuels, les thèmes. Les fans y découvriront également le clin d’oeil du réalisateur à Abyss et même à Outland de Peter Hyams, ami de James Cameron. Pas ou peu de redondance avec le premier commentaire, l’écoute demeure agréable, rythmée, drôle et blindée en anecdotes. Les fans seront ravis, mais sans doute l’ont-ils écouté depuis belle lurette.

Après ces cinq heures de commentaires audio, passons aux documentaires.

Le module intitulé Terminator 2 : Reprogramming the Terminator (2017-54’) est comme qui dirait l’illustration en images du premier commentaire puisqu’on y retrouve une très grande partie des intervenants. Document rétrospectif composé d’images de tournage, d’interviews, des coulisses, ce supplément revient une fois de plus sur la genèse du film, la réalisation des effets spéciaux, l’entraînement de Linda Hamilton durant trois mois auprès d’un ancien commando des forces armées israéliennes, le casting (avec le screen-test d’Edward Furlong et de Robert Patrick), les partis pris, les intentions du réalisateur. Chaque séquence est analysée et disséquée dans l’ordre chronologique du film et cette fois encore, si certains éléments font inévitablement redondance avec ce qui a déjà pu être entendu précédemment, la plupart des arguments avancés ici complètent finalement l’ensemble.

Place ensuite au making of d’époque (31’). S’il a évidemment vieilli dans sa forme, ce documentaire assez complet revient sur l’ensemble des aspects du tournage et dévoilent de nouvelles, rares ou inédites images des coulisses. Mention spéciale à Arnold Schwarzenegger qui n’arrête pas de faire le pitre avec l’équipe, y compris lors des interminables séances de maquillage.

Comme nous le disions en début de chronique, les deux séquences ajoutées au montage Director’s Cut pour le montage dit « Version longue » (qui n’est en aucun cas un montage approuvé par le réalisateur), la recherche du T-1000 (1’30) et la Séquence du futur (1’50), sont disponibles à part, avec le commentaire audio de Robert Patrick et James Cameron pour la première scène, et avec Stan Winson, James Cameron et Linda Hamilton pour la seconde.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce de la ressortie 3D-4K du film en 2017, les deux bandes-annonces de 1991 et le premier teaser diffusé six mois avant la sortie du film, destiné à expliquer aux spectateurs comment Arnold Schwarzenegger pouvait revenir dans la suite de Terminator, alors qu’il « mourrait » dans le premier volet.

L’Image et le son

Si le résultat sur grand écran était assez dingue, le bilan de cette édition 4K Ultra HD (2160p, HEVC) de Terminator 2 : Le Jugement dernier est plus mitigé. Tout d’abord, rien à redire sur la propreté de la copie. Aucune poussière, aucune griffure, aucune scorie, tout est nickel. L’impression de relief est omniprésente, les séquences diurnes sont éblouissantes, les couleurs sont riches (avec des teintes bleues-vertes), les détails abondent aux quatre coins du cadre large, les contrastes sont denses et le piqué est chirurgical. Maintenant, ce qui est plus regrettable, c’est l’utilisation massive du réducteur de bruit (DNR). En effet, le sublime grain original 35mm a été totalement lissé et a complètement disparu des radars ! Du coup, le teint des comédiens apparaît cireux, comme s’ils avaient abusé du fond de teint. Les plans sur le visage écorché du T-800 apparaissent bien artificiels, pour ne pas dire laids. Cette restauration 4K, effectuée image par image à partir des négatifs originaux, pourtant approuvée par mister James Cameron en personne s’est faite au détriment d’une composante fondamentale de l’extraordinaire photo originale du chef opérateur polonais Adam Greenberg (Ghost, Sister Act, L’Effaceur), sa texture argentique. Ajoutons à cela un nouvel étalonnage qui accentue fondamentalement certains éclairages bleus, à tel point que l’on pense parfois à l’utilisation de filtres ! Cela gâche un peu la fête et les puristes réfléchiront à deux fois avant d’acquérir cette édition. Signalons que le cinéaste en a profité pour réaliser quelques retouches numériques, en remplaçant notamment le visage de la doublure d’Arnold Schwarzenegger par celui de l’acteur lors du saut à moto du T-800 dans le canal.

En ce qui concerne le Blu-ray également présent dans cette édition, le grand changement est situé au niveau de l’encodage. Adios le médiocre codec VC-1, place au codec AVC qui donne un sérieux boost à l’ensemble, même si le master proposé provient également de la version restaurée 4K et que les scènes de jour sont moins rutilantes. C’est là qu’on se rend compte que personne ne sera satisfait.  Seul le montage cinéma a bénéficié d’une restauration 4K. Ne vous étonnez donc pas de la qualité plus aléatoire sur les séquences ajoutées sur la Special Edition et celles de la version longue !

Voici deux mixages qui ne font pas dans la demi-mesure, surtout en ce qui concerne la piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 (pas de Dolby Atmos, désolé) qui se révèle fracassante. L’ouverture donne le la avec les scènes de guerre qui opposent les humains et les machines, jusqu’à l’apparition des credits sur le thème principal de Brad Fiedel. Le caisson de basses est pour ainsi dire sollicité constamment. Les dialogues sont ardents sur la centrale, tandis que les frontales et les latérales n’ont de cesse de s’affronter lors des séquences d’action, de poursuites et de fusillades, sans oublier les explosions. A ce titre, le spectateur est littéralement absorbé et en ressort complètement étourdi. C’est riche (le moteur qui gronde de la Harley, le T-1000 qui tombe en morceaux après le Hasta la vista Baby), ça décoiffe, on en redemande. L’excellent doublage français bénéficie également d’un mixage qui ravira les inconditionnels, même si l’acoustique pousse un peu trop les dialogues à l’avant et a même tendance à en faire trop, surtout sur les graves. Les scènes ajoutées sur la Special Edition et la version longue sont uniquement disponibles en version originale sous-titrée.Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Studiocanal Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Seven Sisters, réalisé par Tommy Wirkola

SEVEN SISTERS (What Happened to Monday) réalisé par Tommy Wirkola, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD chez M6 Vidéo le 30 décembre 2017

Avec :  Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari, Christian Rubeck, Pål Sverre Hagen…

Scénario : Max Botkin, Kerry Williamson

Photographie : José David Montero

Musique : Christian Wibe

Durée : 2h07

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…

C’est le grand succès surprise de l’année 2017 en France, le film que personne n’attendait et qui grâce à un excellent bouche-à-oreille a finalement attiré près de 2 millions de spectateurs. Seven Sisters, titre « français » de What Happened to Monday, est le sixième long métrage de Tommy Wirkola, né en 1979, réalisateur, scénariste et producteur norvégien, remarqué en 2009 avec Dead Snow (et sa suite en 2014), qui a connu un grand succès avec son premier film américain, le sympathique Hansel et Gretel : Witch Hunters (2013), avec Jeremy Renner et Gemma Arterton. Cette co-production américano-européenne était à l’origine destinée à être distribuée en ligne sur Netflix. Si cela a été le cas aux Etats-Unis ainsi qu’en Grande-Bretagne, le distributeur SND, croyant au potentiel du film, a décidé de sortir Seven Sisters dans les salles françaises. Bien lui en a pris, puisque cette dystopie est devenue le sleeper de l’été 2017 avec des entrées stables de semaine en semaine. Après Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2009) et Prometheus (2012), c’est donc un nouveau succès personnel pour l’incroyable Noomi Rapace, qui se démultiplie ici pour notre plus grand plaisir.

Face à la surpopulation de la Terre en raison de naissances incontrôlées et d’effets secondaires – explosion de naissances multiples – liées aux nouvelles technologies mises en place pour accroître les rendements agricoles, les autorités ont décidé d’appliquer la politique de l’enfant unique. Cette mesure est imposée sévèrement par le Bureau d’Allocation des Naissances (Child Allocation Bureau), dirigé par Nicolette Cayman, qui récupère les enfants surnuméraires pour les cryogéniser dans l’attente d’être réveillés lorsque les ressources de la planète seront jugées suffisantes. Quelques années plus tard, Karen, la fille de Terrence Settman, donne naissance à des septuplées. Alors que la mère ne survit pas à l’accouchement, Terrence décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles malgré la loi. Toutes prénommées d’un jour de la semaine, elles devront rester cachées dans leur appartement. Elles partagent alors une identité unique lorsqu’elles sortent à l’extérieur : celle de leur mère Karen Settman. Cet incroyable secret demeure préservé pendant des années. 30 ans plus tard, en 2073, Lundi ne rentre pas à la maison.

Le scénario de Seven Sisters traînait depuis 2010 dans les tiroirs et apparaissait sur ce qu’on appelle la Blacklist, qui regroupe les scénarios les plus prometteurs en attente de financements. Sept ans plus tard, le résultat à l’écran est une bonne série B de science-fiction dont l’attraction principale est évidemment Noomi Rapace qui s’éclate, dans tous les sens du terme. Elle interprète Lundi, qui a adopté le style de vie de Karen Settman, Mardi, la hippie, qui fume de la beuh, Mercredi, la fan de sport, un peu brute et garçon manqué, Jeudi, la rebelle, qui souhaite avoir sa propre vie, Vendredi, l’as de l’informatique, la moins sociable, Samedi, qui doit assurer la vie de Karen en dehors du travail, et Dimanche, comme qui dirait la mère, qui s’occupe de toute la clique en faisant à manger et en prenant soin de ses sœurs. Si certaines incarnations demeurent quelque peu attendues, en particulier la geek à lunettes, Noomi Rapace est en très grande forme, et réalise elle-même de très nombreuses scènes d’action et cascades. Véritablement investie, la comédienne prouve qu’elle est une des plus grandes action-woman de ces dernières années, capable d’élever par sa présence n’importe quel film lambda, comme dernièrement dans Dead Man Down et Conspiracy. N’oublions pas Willem Dafoe, toujours incroyable et même ici sublime dans le rôle du grand-père qui a pris ses sept petites-filles sous son aile, afin de leur offrir le droit de vivre. Quant à la garce du film, Glenn Close parvient sans mal à aller au-delà des clichés liés à son personnage de politicienne véreuse et arriviste.

Malgré un budget qu’on imagine modeste en comparaison des blockbusters hollywoodiens, certaines invraisemblances et un dénouement prévisible, Tommy Wirkola apporte un vrai souffle à son récit somme toute classique, pour ne pas dire déjà vu, grâce à une mise en scène dynamique et au montage lisible, une succession de rebondissements spectaculaires, un vrai sens du cadre, des décors et des effets visuels soignés et une solide direction d’acteurs. Certes, ce sont évidemment les performances de Noomi Rapace qui restent en tête après le film, mais Seven Sisters parvient à laisser passer quelques messages pas bêtes sur la démographie, l’écologie et les systèmes politiques, qui peuvent entraîner le débat.

LE BLU-RAY

Le test de l’édition HD de Seven Sisters, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le film est disponible en DVD, Blu-ray (dont une édition Steelbook) et Blu-ray 4K Ultra HD. Le menu principal est sobre, animé et musical.

Vu le succès du film en France, on pouvait s’attendre à plus de suppléments. Le premier module est un making of classique, mais complet (13’), composé d’images de tournage, de plateau et d’interviews des comédiens, du réalisateur Tommy Wirkola, du chef opérateur José David Montero, du chef décorateur, du superviseur des effets spéciaux et des producteurs. La genèse et les thèmes du film sont passés en revue, mais l’ensemble se focalise surtout sur les conditions des prises de vues et la façon dont Noomi Rapace a été multipliée à l’écran. Entre fonds verts, doublures, split-screen, les secrets de tournage sont dévoilés pour les amateurs.

A l’occasion de la sortie française de Seven Sisters, Noomi Rapace revient sur l’histoire du film, le challenge d’interpréter sept personnages à l’écran, la façon dont elle a créé chaque sœur (look, personnalité), les effets spéciaux, son implication dans l’écriture du scénario, son entrainement physique avant le tournage et sur ses partenaires (6′).

L’interactivité se clôt sur un petit montage avant/après l’incrustation des effets visuels en post-production (4’).

L’Image et le son

L’éditeur soigne son master HD, quasi-exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté demeure frappante, les noirs sont profonds, le piqué affûté, les gros plans détaillés, les contrastes denses et la colorimétrie marquée par les décors métalliques reste vive et froide. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les partis pris esthétiques caractéristiques de ce monde futuriste. Ce Blu-ray offre d’excellentes conditions pour revoir le film de Tommy Wirkola et profiter de la photographie signée José David Montero. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable. Probablement un des plus beaux masters Haute-Définition disponible chez M6 Vidéo.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre pas moins de quatre mixages, deux français et deux anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 ! Ces options s’avèrent percutantes, surtout dans les scènes d’action. Les séquences d’affrontements peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales, avec des effets en tous genres qui environnent le spectateur. Les effets annexes sont présents et dynamiques. Seuls les dialogues auraient mérité d’être un peu plus relevés sur la centrale, comme bien souvent chez l’éditeur. De son côté, le caisson de basses souligne efficacement chacune des scènes agitées. Les pistes Stéréo sont également solides et très riches. L’éditeur joint également une piste française en Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Miracle Mile, réalisé par Steve De Jarnatt

MIRACLE MILE réalisé par Steve De Jarnatt, disponible en DVD et Blu-ray le 13 novembre 2017 chez Blaq Out

Acteurs :  Anthony Edwards, Mare Winningham, Mykelti Williamson, Denise Crosby, O-Lan Jones, John Agar, Lou Hancock, Kelly Jo Minter, Kurt Fuller…

ScénarioSteve De Jarnatt

Photographie : Theo van de Sande

Musique : Tangerine Dream

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Los Angeles, 4h05 du matin. Après un rendez-vous raté avec la femme de sa vie, Harry décroche le téléphone d’une cabine qui ne cesse de sonner. Une voix lui apprend que des missiles nucléaires vont s’abattre sur Los Angeles dans 1 heure et 10 minutes. Une folle course contre la montre va s’enclencher…

C’est l’histoire d’un petit film sorti dans un quasi-anonymat en 1988, qui a depuis conquis de très nombreux cinéphiles dans le monde entier, au point de devenir culte. Appel d’urgence, Miracle Mile en version originale, est le second et dernier long métrage à ce jour réalisé par Steve De Jarnatt. Si son premier film Cherry 2000 (1987), comédie de science-fiction, reste très prisé des amateurs de Cinéma Bis, Appel d’urgence s’est bâti une solide réputation, au point d’être redécouvert avec tout autant de sérieux que de plaisir par la critique et les spectateurs.

Harry Washello rencontre Julie dans un musée d’Histoire naturelle. Ils passent l’après-midi ensemble et, le soir venu, se donnent rendez-vous à une heure du matin à la sortie du diner où Julie travaille. Mais l’hôtel dans lequel Henry est parti se reposer subit une panne de courant et il ne se réveille qu’à trois heures. Pour Harry, Julie est la femme de sa vie. Il se précipite à Miracle Mile où se trouve le diner mais Julie n’est plus là. Il lui laisse un message depuis la cabine téléphonique qui fait le coin de la rue et attend, désespéré, qu’elle le rappelle. Lorsque le téléphone sonne, il se précipite mais c’est à un étrange interlocuteur auquel il a affaire : un homme effrayé, en pleurs qui, pensant s’adresser à son père, lui confie que dans une heure dix des missiles nucléaires vont s’abattre sur les Etats-Unis. Henry pense à un canular mais la conviction de son correspondant le fait douter. Il s’en émeut auprès des rares clients du diner qui font peu de cas de son inquiétude. Mais parmi eux se trouve une femme d’affaires qui appelle quelques contacts au Sénat. Lorsqu’elle s’aperçoit que tous ses correspondants ont pris la tangente, l’assemblée commence à prendre au sérieux la terrible annonce. Pour Harry, il est impensable de s’enfuir de Los Angeles sans Julie.

Sur ce postulat de départ aussi inattendu que prometteur, Steve De Jarnatt va embarquer son audience dans un récit quasi-inclassable, une comédie-romantique sur fond d’apocalypse. Alors que son scénario écrit à l’origine pour la Warner Bros traînait depuis presque dix ans dans les tiroirs, Steve De Jarnatt, à qui le studio ne souhaitai pas confier la mise en scène, parvient à racheter son propre script pour la somme de 25.000 dollars. S’ensuit une phase de réécriture complète, jusqu’à ce que la Warner revienne à la charge en lui proposant cette fois de lui racheter son scénario pour 400.000 dollars ! Steve De Jarnatt refuse, sans doute par peur que son travail ne soit à nouveau mis aux oubliettes. Il prend alors son courage à deux mains et propose son scénario à plusieurs studios concurrents, mais ceux-ci demeurent frileux et dubitatifs devant ce mélange des genres peu conventionnel qu’ils imaginent déjà difficile à vendre, d’autant plus que Steve De Jarnatt tient à conserver son dénouement pessimiste. Jusqu’à l’entrée en scène de la Hemdale Film Corporation, compagnie de production et de distribution, qui avaient enchaîné les succès avec Les Guerriers du Bronx d’Enzo G. Castellari, mais aussi et surtout Terminator de James Cameron, ainsi que Salvador et Platoon d’Oliver Stone !

Steve De Jarnatt obtient alors 3,7 millions de dollars et les dates du tournage sont fixées du 13 avril au 4 juin 1987, entièrement en décors naturels à Los Angeles, dans le quartier de Miracle Mile qui donne son titre au film. Le casting est composé de comédiens pas ou alors peu connus du grand public. Avant de devenir une star du petit écran grâce à la série Urgences, dans lequel il interprète le Dr Mark Greene, Anthony Edwards promenait sa longue silhouette dégingandée au cinéma (Ça chauffe au lycée Ridgemont, Garçon choc pour nana chic) et à la télévision (It Takes Two), avant de connaître une première consécration avec Top Gun, dans lequel il incarne Goose, le pote à moustache de Tom Cruise. Même chose pour sa partenaire à l’écran Mare Winningham, qu’il connaissait depuis les cours de théâtre au lycée. Bien qu’aucune star ne soit à l’affiche, les spectateurs s’amuseront à reconnaître toute une ribambelle de formidables comédiens (à tronches) habituellement cantonnés aux seconds rôles. Mykelti Williamson (Bubba de Forrest Gump, Les Ailes de l’enfer, Heat), Denise Crosby (Simetierre, Deep Impact, 48 heures), Robert DoQui (RoboCop), John Agar (vu chez John Ford), Earl Boen (le docteur Silberman des trois premiers Terminator), Brian Thompson (un des punks de Terminator) et Jenette Goldstein (la mythique Vasquez d’Aliens – le retour et la mère adoptive de John Connor dans Terminator 2 – Le jugement dernier).

Redécouvrir Appel d’urgence aujourd’hui est comme tomber sur une pépite oubliée. Ou comment assister à une histoire d’amour dingue et romantique, une rencontre entre deux âmes sœurs le jour où une pluie de missiles nucléaires va s’abattre sur les Etats-Unis. Thriller paranoïaque, cauchemar éveillé, film catastrophe, comédie dans la veine d’After Hours, récit de science-fiction, drame mélancolique et existentiel, Miracle Mile a beau avoir l’air de partir dans toutes les directions, il n’en demeure pas moins que Steve De Jarnatt maintient le cap de son histoire du début à la fin, en instaurant progressivement un chaos très étonnant, déroutant et particulièrement prenant. On suit ainsi Harry, prêt à tout pour retrouver Julie et la sauver de la menace nucléaire – la guerre froide connaissait ses dernières heures – mise à exécution.

Le réalisateur parvient à retrouver l’essence des séries B de science-fiction des années 50, en y incorporant les couleurs fluorescentes des années 80, des néons bariolés du Johnie’s Coffee Shop Restaurant, en passant par les costumes des personnages. Ou comment la menace de mort qui pèse sur les protagonistes contraste avec les décors et textures luminescentes. Steve De Jarnatt soigne sa mise en scène avec de formidables travellings et plans-séquences, en déjouant les attentes des spectateurs avec quelques scènes impressionnantes et oppressantes à l’instar de celle dite de la station-service, ou bien encore les émeutes dans les rues à quelques minutes de l’explosion finale. La sublime composition de Tangerine Dream ne cesse d’envoûter, jusqu’au dénouement aussi inéluctable que déchirant, poétique et magnifique, qui montre que Steve De Jarnatt n’a pas peur du romanesque, ni des ruptures de tons.

Animé par une foi dans le cinéma, une énergie contagieuse et un désir d’offrir aux spectateurs un rollercoaster d’émotions, Appel d’urgence Miracle Mile, intègre la liste des « grands petits films » qui font le bonheur des cinéphiles, que l’on se refile, que l’on conseille, qui se placent dans le top des films « injustement méconnus ». Le bouche-à-oreille fait foi et même si Appel d’urgence est sorti il y a maintenant trente ans, il n’est sûrement pas trop tard pour le considérer à sa juste valeur, surtout à l’heure où Donald Trump et Kim Jong-un caressent le bouton rouge chacun de leur côté.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Miracle Mile, disponible chez Blaq Out, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe sur la composition de Tangerine Dream.

On commence les suppléments par le court-métrage Tarzana (33’), réalisé par Steve De Jarnatt en 1972. Ce formidable film d’étudiant est une véritable lettre d’amour du metteur en scène au film noir des années 1940. Tourné dans un magnifique N&B, en reprenant les partis pris, les costumes et les décors du genre, Tarzana suit l’enquête d’un détective privé, Eye Milt Lassitor, interprété par Michael C. Gwynne. Durant son investigation, ce dernier croise le comédien Eddie Constantine dans l’imperméable de Lemmy Caution ! Un sublime exercice de style. En introduction, l’éditeur indique que Tarzana est un film rarissime, qui était bloqué pour des raisons de droits musicaux. La situation s’étant légèrement décoincée à la dernière minute, Blaq Out n’a pas pu faire sous-titrer ce court-métrage, mais a tout de même décidé de l’inclure à cette édition. Très remarqué, ce film a permis à Steve De Jarnatt de se faire immédiatement un nom à Hollywood.

Trois ans plus tard, Steve De Jarnatt coréalise Eat the Sun avec Jim Cox (24’). Un faux documentaire expérimental, qui montre comment les membres d’une secte parviennent à réaliser leur publicité et à attirer de nouveaux adeptes. Plutôt difficile d’accès, ce film avec quelques faux sosies de Donald Pleasence et Régis Laspalès habillés avec du papier d’aluminium, se regarde surtout comme une curiosité. Même chose que pour Tarzana, Blaq Out indique que Steve De Jarnatt ne souhaitait présenter ce film que si l’autre court-métrage était disponible. De ce fait, Eat the Sun n’est pas sous-titré non plus.

Nous passons maintenant à l’entretien de Steve De Jarnatt (11’). Enregistré en juin 2017, le réalisateur revient sur la longue gestation de Miracle Mile, ainsi que les problèmes liés à la mise en route de son second long métrage. Sans langue de bois, Steve De Jarnatt explique en détail comment la Warner Bros. avait voulu faire beaucoup de changements dans son scénario, notamment en ce qui concerne le dénouement. La Warner souhaitait entre autres intégrer cette histoire à La Quatrième dimension, avant que Steven Spielberg ne rejoigne le projet. Mais le cinéaste n’a pas plié et après avoir racheté son propre scénario au studio, Steve De Jarnatt est allé voir ailleurs, pour trouver preneur auprès des producteurs de la Hemdale huit ans après ! Durant cette interview, le cinéaste enchaîne les anecdotes de tournage (tout était storyboardé), revient sur les thèmes du film (inspirés de son enfance passée dans la peur d’une Troisième Guerre mondiale), les partis pris (une image claire et cristalline, le choix de Tangerine Dream pour la B.O.) et ses intentions, tout en se rappelant la sortie de Miracle Mile au cinéma et au passage donner son avis sur la prolifération des films de super-héros à Hollywood.

Place aux deux comédiens principaux de Miracle Mile, Anthony Edwards et Mare Winningham, de partager leurs souvenirs liés au tournage du film de Steve De Jarnatt (12’). Visiblement complices, ils se connaissent d’ailleurs depuis le lycée, les deux acteurs se penchent sur les personnages, sur l’histoire, le travail avec Steve De Jarnatt, le contexte politique dans lequel le film a été réalisé, la sortie au cinéma et surtout la résurrection de Miracle Mile trente ans après. Anthony Edwards admet que le film a mal vieilli, mais qu’il possède un côté désuet magnifique et représente admirablement ce que pouvait être un film américain d’art et d’essai dans les années 1980.

Dommage qu’Anthony Edwards et Mare Winningham ne soient pas présents dans le module suivant qui propose les retrouvailles du casting dans le célèbre Johnie’s Coffee Shop Restaurant, l’un des décors importants de Miracle Mile, fermé depuis 2000, mais conservé en état et vu dans d’autres films (Volcano, The Big Lebowski, 60 secondes chrono). Filmé par le chef opérateur Theo van de Sande, ce segment de 25 minutes offre de savoureux et émouvants moments avec les acteurs et Steve De Jarnatt, qui évoquent leurs souvenirs avec autant de nostalgie que de bonheur puisqu’ils sont fiers que Miracle Mile soit redécouvert près de trente ans après la sortie du film au cinéma, où il avait dû affronter Road House avec Patrick Swayze pendant quinze jours, avant de déclarer forfait devant le mastodonte de Steven Spielberg, Indiana Jones et la dernière Croisade.

Place au compositeur autrichien Paul Haslinger, de se pencher sur sa contribution à la grande réussite de Miracle Mile (17’). Alors qu’il venait de rejoindre le groupe Tangerine Dream en 1986 suite au départ de Johannes Schmoelling, Paul Haslinger et les autres membres du groupe acceptent de composer la B.O. du film de Steve De Jarnatt, qui écoutait en boucle la musique de Sorcerer de William Friedkin pendant qu’il écrivait son scénario. Le musicien se souvient des conditions d’enregistrement de la musique du film, tout en se penchant sur quelques-uns des thèmes principaux de Miracle Mile.

Derrière les « Scènes coupées et alternatives » (11’) se présente un montage constitué de morceaux de séquences abandonnées, ratées, ou filmées sous un angle différent par rapport à celles finalement gardées.

L’interactivité se clôt sur une présentation du storyboard de la séquence au diner (2’), de la bande-annonce originale, d’une fin alternative (1’) où Harry et Julie « devenaient » deux diamants qui s’animaient et tourbillonnaient à l’écran. Ceux qui ont vu le film comprendront. N’oublions pas la sublime piste musicale isolée !

Dommage que Blaq Out n’ait pas pu reprendre le commentaire audio de Steve De Jarnatt et du directeur de la photographie Theo Van de Sande, disponible sur l’édition Kino.

L’Image et le son

Effectivement, c’est un miracle que Miracle Mile apparaisse en France, surtout en Haute-Définition ! C’est donc à Blaq out que nous devons cette sortie aussi ambitieuse que très attendue par beaucoup de cinéphiles. Seulement le résultat en Haute-Définition est très relatif. Le point fort de cette édition demeure les couleurs typiques des années 1980, autrement dit bariolées, renforcées ici par l’omniprésence des néons qui éclairent les rues désertes de Los Angeles à 4h du matin, avec une très belle lumière diffuse. Ajoutez à cela une stabilité rarement prise en défaut, un piqué agréable et des contrastes plutôt concis. En revanche, l’apport de la HD appuie le côté « petit budget » de Miracle Mile. La gestion du grain est aléatoire, les poussières et points blancs apparaissent sporadiquement (la restauration est correcte, pas non plus incroyable), mais se multiplient dans l’acte final, sur les plans à effets spéciaux et les partis pris rouge-orangé, avec également l’apparition de fourmillements. La belle photographie du chef opérateur néerlandais Theo Van de Sande (Blade) s’en tire avec les honneurs et profite de cette promotion. C’est déjà ça de pris.

Le mixage anglais Stéréo est propre et distille parfaitement la bande originale. La piste anglaise est la plus équilibrée du lot avec une homogénéité entre les dialogues et les bruitages souvent impressionnants. Au jeu des différences, la version française s’avère plus couverte, avec certaines ambiances et d’autres effets annexes qui peinent à se faire entendre quand on compare avec la piste anglaise. L’éditeur prévient d’ailleurs de l’état de la version française, par un carton en avant-programme. La piste originale est dynamique et le niveau des dialogues plus plaisant. Les sous-titres français sont imposés en anglais.

Crédits images : © MGM / Blaq Out / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr