Test Blu-ray / Escobar, réalisé par Fernando León de Aranoa

ESCOBAR (Loving Pablo) réalisé par Fernando León de Aranoa, disponible en DVD et Blu-ray le 22 août 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs : Javier Bardem, Penélope Cruz, Peter Sarsgaard, Julieth Restrepo, Óscar Jaenada, Santiago Soto, Quique Mendosa, Ariel Sierra…

Scénario : Fernando León de Aranoa d’après une histoire originale et le livre de Virginia Vallejo, “Pablo, je t’aime, Escobar, je te hais” (“Amando a Pablo, odiando a Escobar”)

Photographie : Alex Catalán

Musique : Federico Jusid

Durée : 2h03

Année de sortie : 2017

LE FILM

Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde impunément…

Décidément, le célèbre trafiquant colombien de cocaïne Pablo Escobar (1949-1993) n’a de cesse d’inspirer le cinéma et la télévision. Après Cliff Curtis dans Blow de Ted Demme (2001), Benicio del Toro dans Paradise Lost d’Andrea Di Stefano (2014), sans oublier Wagner Moura dans la série Narcos, c’est au tour de Javier Bardem d’interpréter le baron de la drogue des années 1980 dans Escobar, un rôle qu’il convoitait depuis près de vingt ans et qui pour ainsi dire lui revenait de droit. Rien de bien nouveau dans ce biopic qui se contente d’aligner les poncifs et moments attendus répertoriés sur la fiche Wikipédia du roi de la blanche, qui fait le plus souvent penser à un remake de Mesrine de Jean-François Richet passé à la sauce Tarantinesque, si cela veut dire quelque chose. Certes, Javier Bardem s’en sort très bien dans ce rôle pour lequel il s’investit à fond, avec grosse bedaine et tout, mais le film pâtit de l’interprétation outrancière de Penélope Cruz, que nous n’avions pas vue aussi mauvaise depuis très longtemps. C’est d’ailleurs la sixième fois que le couple Bardem-Cruz se donne la réplique au cinéma.

Pour se démarquer de toutes les productions tournant autour du narcotrafiquant colombien, le scénariste et réalisateur espagnol Fernando León de Aranoa a choisi de centrer son film sur la liaison amoureuse entre Pablo Escobar et la journaliste-présentatrice Virginia Vallejo, dont le livre autobiographique Loving Pablo, Hating Escobar a d’ailleurs servi de base au récit. Il n’y a rien à redire sur la reconstitution, sur les décors, sur la technique assez impressionnante et la mise en scène, comme lors de cette séquence de l’atterrissage d’un avion sur une autoroute. Le gros problème, c’est qu’on a l’impression d’avoir déjà vu ça des centaines de fois au cinéma et que rien ne distingue Escobar d’autres films sur le sujet des cartels, en attendant que Sylvester Stallone vienne faire un peu de ménage là-dedans avec son très attendu Rambo V.

Escobar s’apparente à une succession de vignettes bien chiadées sur la forme, mais qui ennuient et lassent sur le fond. Javier Bardem (également producteur) donne de sa personne avec ses yeux camés, son bide proéminent, sa moustache mal taillée et son accent à couper au couteau. Mais il semble être le seul à croire à l’entreprise. Ses partenaires ont du mal à exister à ses côtés, y compris sa propre épouse Penélope Cruz. La comédienne, coiffée comme Bernadette Chirac et maquillée comme une voiture volée n’apporte aucune crédibilité à son personnage, aussi pénible qu’inintéressant. L’utilisation de l’anglais pose également un gros problème, l’actrice ayant toujours eu du mal dans cette langue. Alors forcément, interpréter une colombienne et jouer dans la langue de Shakespeare (comme le reste du casting, seules les insultes restent en espagnol) avec l’accent du pays, le défi était de taille, surtout que sa voix est aussi omniprésente qu’une piste audiodescription, puisqu’elle assure la narration – on pourrait même dire qu’elle paraphrase l’action – durant plus de deux heures. Finalement, peu importe ce qui peut lui arriver car Javier Bardem, bluffant, s’étale tellement à l’écran, au sens propre comme au figuré, qu’il ne reste que très peu de place pour ceux qui l’entourent. A part peut-être Peter Sarsgaard, dans un rôle pourtant très limité.

De son côté, le réalisateur suit son cahier des charges, à savoir : a) montrer Escobar pénétrer le marché américain de la drogue b) suivre le cartel de Medellín s’étendre aux Etats-Unis où il fournit 80 % de la cocaïne c) ne pas oublier d’évoquer l’élection d’Escobar comme suppléant à la Chambre des représentants de Colombie pour le Parti libéral d) mettre en scène les assassinats des membres des réseaux et cartels concurrents, sans oublier les juges, politiciens et officiers de police qui mettraient le nez (poudré) dans ses affaires. Parallèlement, Escobar ne cesse de s’enrichir, de perdre pied à mesure qu’il s’en envoie dans le pif, se retrouve entre sa femme et mère de ses enfants et sa maîtresse (Virginia Vallejo donc) pour finalement devoir composer avec le monstre qu’il a lui-même créé.

Escobar n’est pas un film déplaisant ni inintéressant, loin de là, c’est juste que rien ne le distingue des autres films de genre, y compris dans les séquences d’exécution pourtant très violentes. Pas étonnant que ce thriller soit passé complètement inaperçu lors de son rapide passage dans les salles.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Escobar, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Trois interviews sont proposées dans la section des suppléments. Penélope Cruz (9’), Javier Bardem (15’) et Peter Sarsgaard (6’) reviennent sur les intentions et la direction d’acteurs de Fernando León de Aranoa, le point de vue adopté pour raconter l’histoire, les personnages, leur préparation, le tournage en Colombie et les partis pris. Javier Bardem se taille la part du lion et aborde point par point la façon dont il s’est approprié la figure d’Escobar. Il est de loin le plus passionnant du trio. De son côté, Penélope Cruz a visiblement du mal à défendre ce film dans un anglais souvent hésitant. Ses mains s’agitent beaucoup trop et ses arguments manquent de consistance. Enfin, Peter Sarsgaard passe beaucoup de temps à dire tout le bien qu’il pense de ses partenaires.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Ce master HD (1080p, AVC) d’Escobar ne déçoit pas et se révèle même superbe. Le piqué et le relief sont acérés tout du long et permet d’apprécier les visages des comédiens (ainsi que leurs prothèses), la clarté est de mise, le cadre large offre un lot confondant de détails y compris sur les scènes sombres et la belle photographie marquée par des teintes alliant le chaud et le froid est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses. Les meilleures conditions techniques sont réunies et la définition est exemplaire.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et « spanglish », autant dans les scènes d’affrontements secs que dans les séquences plus calmes. Quelques séquences sortent de lot, à l’instar de l’atterrissage de l’avion sur l’autoroute, comme celles des exécutions et de l’assaut dans la jungle. Les mixages imposent une balance impressionnante des frontales comme des latérales, des effets annexes très présents et dynamiques, des voix solidement exsudées par la centrale. La spatialisation est en parfaite adéquation avec le ton du film. L’éditeur joint également deux pistes Stéréo.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Drone, réalisé par Jason Bourque

DRONE réalisé par Jason Bourque, disponible en DVD et Blu-ray le 22 août 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs : Sean Bean, Patrick Sabongui, Mary McCormack, Maxwell Haynes, Joel David Moore, Viv Leacock, Sharon Taylor, Bradley Stryker…

Scénario : Paul A. Birkett, Jason Bourque d’après une histoire originale de Ian Birkett, Roger Patterson, Paul A. Birkett

Photographie : Graham Talbot, Nelson Talbot

Musique : Michael Neilson

Durée : 1h27

Année de sortie : 2017

LE FILM

Neil est un pilote de drone chevronné qui réalise des missions secrètes pour la CIA tout en menant une vie de famille discrète dans une banlieue sans histoire. Jusqu’à ce qu’une fuite sur un site web de dénonciation fasse de lui la cible d’un homme d’affaires pakistanais énigmatique convaincu qu’il est responsable de la mort de sa femme et de son enfant. Cette traque de tous les instants va l’exposer à une menace mortelle et mener à une confrontation pleine de suspense.

Au fait, il devient quoi Sean Bean depuis Game of Thrones ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’acteur n’a pas chômé dans les années 2010. Celui qui est mort près d’une trentaine de fois à l’écran a récemment incarné Zeus (rien que ça) dans les deux épisodes de la franchise Percy Jackson, le père de Blanche-Neige dans le film de Tarsem Singh, fait un petit tour chez les sœurs Wachowski (Jupiter : Le Destin de l’univers) et Ridley Scott (Seul sur Mars), tourné deux saisons de la série The Frankenstein Chronicles. Etonnamment, on le retrouve à bord d’une minuscule production canadienne, Drone, réalisée et coécrite par un certain Jason Bourque (et non pas Bourne), auteur d’une multitude de téléfilms catastrophes (ou catastrophiques c’est selon), aux titres explicites comme Asteroid impact, Tornades de pierres, Le jugement dernier, Termination Point, La dernière tempête et ainsi de suite. Autant dire que si Sean Bean a accepté d’apparaître dans Drone, c’est uniquement pour payer un arriéré d’impôts.

Si le comédien espérait que le film reste réservé au Canada, c’est raté. Comme Drone lui-même d’ailleurs. L’affiche annonce un film d’action ou de guerre. Il n’en est rien. A part deux explosions qui explique le contexte, Drone est en réalité un drame psychologique sur le deuil et la culpabilité, teinté de home-invasion. Et encore, toutes proportions gardées. Sean Bean interprète un pilote de drone de haut niveau, Neil Wistin, qui partage sa vie entre ses contrats classés secret défense par la CIA et sa vie de famille compliquée en raison de son fils distant Shane. Neil vient de perdre son père et cette perte renferme encore plus Shane, qui était très proche de son grand-père. Ellen, la femme de Neil, lassé de ce mari taciturne, entame une liaison avec un autre homme. Jusqu’au jour où des informations confidentielles sont dévoilées au grand jour sur internet. Certaines d’entre elles sont interceptées par un homme, Imir Shaw, qui prend pour cible Neil, convaincu que celui-ci est l’auteur de l’explosion ayant abattu son épouse et sa fille au Pakistan un an auparavant. Alors que Shaw cherche à se venger, Wistin est confronté aux conséquences fatales de son métier.

Pas grand-chose à défendre de ce thriller canadien qui se contente de faire du surplace après une exposition pourtant intéressante et plutôt impressionnante. Cinq minutes après, le film adopte alors un rythme de croisière très lent, qui sera conservé jusqu’à la fin. Aucun rebondissement à l’horizon, Drone essaye d’instaurer une tension qui va crescendo, mais la technique d’ensemble est tellement pauvre avec sa mise en scène fonctionnelle, ses décors aseptisés et sa médiocre direction d’acteurs que l’on se désintéresse rapidement de ce qui peut bien se dérouler à l’écran. Si Sean Bean assure tant bien que mal, c’est surtout sur sa mauvaise teinture qui attire le regard, et le comédien se fait finalement voler la vedette par Patrick Sabongui. L’acteur québécois vu dans la série Flash et certains blockbusters hollywoodiens comme le Godzilla de Gareth Edwards, Warcraft: Le commencement de Duncan Jones, et prochainement à l’affiche de The Predator de Shane Black, compose un personnage intéressant et finalement plus attachant que les membres de cette famille dysfonctionnelle. Le film vaut essentiellement pour lui. Car le reste du temps, on rit involontairement devant le jeu souvent outrancier du jeune Maxwell Haynes, très peu convaincant et qui en fait des tonnes, tout comme la pauvre Mary McCormack (À la Maison-Blanche, US Marshals : Protection de témoins) qui doit faire avec son rôle réduit à celui de la femme infidèle.

On peut excuser le fait de s’être fait blouser par la jaquette qui vendait un film d’action, mais on peut difficilement être magnanime avec ce mauvais drame standard, très bavard, pauvrement mis en scène et mollement interprété.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Drone, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, animé et musical. Nous l’avons dit précédemment, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire en voyant la jaquette explosive (« La riposte a commencé… »), le film de Jason Bourque n’est en aucun cas un film d’action ou de guerre.

A la bande-annonce en version française, l’éditeur joint deux scènes coupées (3’) non sous-titrées ! Ces deux séquences n’ont absolument aucun intérêt, notamment la seconde qui montre tout simplement Sean bean boire un verre d’eau…

L’Image et le son

Nous ne savons pas s’il s’agit uniquement de notre exemplaire, mais le Blu-ray que nous avons reçu est parasité par quelques pixels gênants, des traits verts verticaux, qui s’incrustent et qui restent très longtemps en bas à droite de l’écran. Si l’on fait abstraction de ce défaut de compression, qui encore une fois est peut-être notable que sur notre disque, alors ce master HD de Drone est on ne peut plus correct. Les séquences au Pakistan sont très colorées avec un ciel bleu orangé que ne renierait pas Michael Bay, sans oublier une impressionnante profondeur de champ. Les scènes américaines sont volontairement froides, voire glaciales comme l’intérieur de la maison des Wistin. Le piqué est bien ciselé, les détails éloquents (voir les cheveux étranges de Sean Bean), les contrastes corrects et la clarté abondante.

Drone n’est pas vraiment le film avec lequel vous pourrez épater la galerie et faire une démonstration de gros son. Les versions française et anglaise sont certes proposées en DTS HD Master Audio 5.1, mais les latérales ne servent réellement qu’à instaurer quelques ambiances naturelles et à spatialiser la musique. Le caisson de basses n’est pas oublié sur les quelques explosions. Notons toutefois que les dialogues manquent cruellement de coffre sur la centrale en français comme en anglais. Deux pistes Dolby Digital 5.1 sont également disponibles.

Crédits images : © Concorde Home Entertainment / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Dents, pipi et au lit, réalisé par Emmanuel Gillibert

LES DENTS, PIPI ET AU LIT ! réalisé par Emmanuel Gillibert, disponible en DVD et Blu-ray le 1er août 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Arnaud Ducret, Louise Bourgoin, Timéo Bolland, Saskia Dillais de Melo, Laurent Ferraro, Michaël Cohen, Colette Kraffe, Hervé Masquelier…

Scénario : Emmanuel Gillibert, Marion Thièry

Photographie : Jérôme Alméras

Musique : Martin Rappeneau

Durée : 1h45

Année de sortie : 2018

LE FILM

Antoine est un célibataire endurci, fêtard et séducteur. Il vit dans un magnifique appartement Parisien avec Thomas, son colocataire, où les soirées arrosées battent son plein toutes les semaines. Lorsque Thomas part vivre à Los Angeles, il trouve à Antoine un nouveau colocataire pour le remplacer… « Jeanne, 1m70, yeux bleus ». Si la description fait saliver Antoine, il ne sait pas encore que la charmante Jeanne n’emménage pas seule… Mais accompagnée de ses deux enfants : Théo, 8 ans, et Lou, 5 ans !
Antoine, qui est loin d’être un papa poule, va goûter bien malgré lui aux joies de la vie de famille…

Certains diront qu’il est facile de s’en prendre aux comédies françaises, mais que « ce genre n’a pour prétention que de faire rire les spectateurs ». Certes, nous n’allons pas contredire ces ardents défenseurs, il y en a, de ces films qui sortent quasiment chaque semaine avec sur l’affiche les protagonistes mis en avant sur fond bleu, avec le titre écrit en jaune. Mais tout de même, il y a un minimum, ce que Les Dents, pipi et au lit ne se contente pas même de proposer au public. Ecriture paresseuse, dialogues au rabais, mise en scène inexistante, direction d’acteurs poussive, comédiens exténuants, en un mot gênant.

Fils de Michel Gillibert, écrivain et Secrétaire d’État à la Formation professionnelle sous le deuxième mandat de François Mitterrand, frère du producteur Charles Gillibert, qui a entre autres financé Mia Hansen-Løve, Gus Van Sant, Olivier Assayas et Xavier Dolan, Emmanuel Gillibert n’a donc pas eu beaucoup de soucis à se faire pour lancer son premier film en tant que scénariste et réalisateur. Ainsi, débarque Les Dents, pipi et au lit, énième « cocasserie », foncièrement embarrassante du début à la fin, qui surfe sur le thème visiblement à la mode de la colocation et surtout de l’éternel adulescent parigo, qui préfère se biturer au champagne, s’enfiler des ecsta comme des smarties et jouer à la Playstation, plutôt que de s’investir.

« Alors elle est bonne ? », « Elle est trop bonne ! », « Qu’est-ce qu’elle est bonne ! ». On repassera sur la qualité des répliques. D’ailleurs en parlant de repasser, cela ne fait pas un pli, ce premier long métrage compile toutes les tares d’un cinéma français sans ambition et opportuniste, dans le sens où l’ensemble surfe sur la pseudo-popularité d’un acteur de seconde zone, Arnaud Ducret. Ce dernier interprète ici un rôle que Franck Dubosc n’aurait pas renié il y a quinze ans. Seulement Ducret n’est pas Dubosc. Là où ce dernier a toujours su insuffler une réelle humanité dans ses personnages de tocard pour créer l’empathie, Arnaud Ducret campe ici un gros con, un beauf, immature, vulgaire, misogyne et obsédé sexuel. Autant dire qu’on ne croit pas une seconde au revirement d’Antoine, au contact de deux gamins de 5 et 8 ans, et de leur mère tout juste divorcée. Bon, on comprend qu’il ait envie tout de suite de prendre cette dernière dans ses bras puisqu’elle est incarnée par Louise Bourgoin, mais tout de même, l’évolution du personnage se fait en un clin d’oeil.

L’actrice est décidément, pour ne pas dire malheureusement, cantonnée à la comédie bas de gamme. En l’espace d’un an et demi, elle est apparue dans une sorte de trilogie avec Sous le même toit de Dominique Farrugia, L’Un dans l’autre de Bruno Chiche et Les Dents, pipi et au lit. Elle vaut pourtant bien mieux que ça, comme elle l’avait déjà prouvé chez Anne Fontaine (La Fille de Monaco), Gilles Marchand (L’Autre Monde) ou Guillaume Nicloux (La Religieuse). Toutefois, elle est ici le clown blanc et la sobriété de son jeu est ce qu’on peut sauver de ce marasme. Malheureusement, Arnaud Ducret, qui fait également le lien avec Adopte un veuf (succès surprise de l’année 2016) est à l’écran du début à la fin. Alors qu’il cartonne à la télévision dans la série Parents mode d’emploi depuis 2013, il commence sérieusement à enchaîner les navets au cinéma. L’Oncle Charles, Les Profs, Les Profs 2, L’Embarras du choix, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon, Gaston Lagaffe, cela commence à faire un C.V. bien chargé et même beaucoup pour un seul homme. S’il n’est guère aidé par l’indigence du scénario (qui convoque Herbert Léonard comme guest de luxe, trop la classe), une musique pouêt-pouêt qui surligne chaque gag et une photo passe-partout, on se lasse très vite de ses grimaces outrancières, de ses gueulantes à répétition, de son absence de charisme tout simplement. Le bilan est donc très lourd pour Les Dents, pipi et au lit, qui s’en est pourtant plutôt pas mal tiré au box office avec près de 450.000 spectateurs.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Les Dents, pipi et au lit, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Comme souvent, l’éditeur a préféré miser sur un autre visuel, plutôt que de reprendre celui de l’affiche d’exploitation, pourtant plus attractif. Le menu principal est animé sur quelques séquences du film.

En plus de la bande-annonce, M6 Vidéo propose les interviews croisées du réalisateur Emmanuel Gillibert et des comédiens Louise Bourgoin et Arnaud Ducret. Les trois intervenants parviendraient presque à rendre le film intéressant avec leurs arguments bien trouvés et leurs sourires naturels. Le metteur en scène ne cache pas qu’il n’avait aucune ambition en écrivant ce film, tandis que les deux acteurs ne tarissent pas d’éloges envers leur partenaire.

L’Image et le son

L’apport HD pour ce film peut d’abord paraître limité. Mais c’était sans compter sur les quelques séquences en extérieur donnant un peu d’air à l’ensemble. Le relief est indiscutable, la texture flatteuse et la colorimétrie pimpante. Après, il est vrai que l’action se situe essentiellement dans l’appartement et qu’aucune profondeur de champ n’est exploitée. Mais le réalisateur a opté pour le cadre large et le spectateur aura l’impression d’être plongé au beau milieu de cette colocation forcée. Notons toutefois un encodage AVC un peu feignant qui consolide l’ensemble comme il le peut mais qui donne à la photo un aspect parfois légèrement téléfilm.

La piste DTS-HD Master Audio 5.1 offre une belle spatialisation ponctuelle de la bande-son, caisson de basses compris. Outre la spatialisation musicale, certaines ambiances naturelles parviennent à percer sur les quelques séquences en extérieur mais finalement, l’ensemble demeure axé sur les frontales, dynamiques et fluides, tandis que la centrale exsude les dialogues avec efficacité. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Chien, réalisé par Samuel Benchetrit

CHIEN réalisé par Samuel Benchetrit, disponible en DVD le 18 juillet 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Vincent Macaigne, Vanessa Paradis, Bouli Lanners, Olivier Bisback, Tom Canivet, Thibaut Pira Van Overeem…

Scénario : Samuel Benchetrit, Gabor Rassov d’après le roman Chien de Samuel Benchetrit

Photographie : Guillaume Deffontaines

Musique : Raphaël Haroche

Durée : 1h28

Année de sortie : 2018

LE FILM

Jacques Blanchot perd sa femme, son travail et son logement. Devenu rapidement étranger au monde qui l’entoure, il est recueilli par Max, patron d’une animalerie. Ce dernier, sadique et humiliant, dresse Jacques qui devient littéralement son chien…

Chien est le sixième long métrage de l’écrivain Samuel Benchetrit. Après deux courts-métrages, Janis et John sort sur les écrans en 2003. Malgré ce succès d’estime, il attendra cinq ans pour repasser derrière la caméra avec l’excellent film à sketches, J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Ses opus suivants, Chez Gino (2011), Un voyage (2014) et Asphalte (2015) n’ont connu aucun succès dans les salles. Pour Chien, Samuel Benchetrit s’inspire de son propre roman sorti en 2015 et signe son meilleur film depuis dix ans. Si La Métamorphose de Franz Kafka n’est jamais bien loin, le réalisateur se penche sur l’incommunicabilité entre les êtres, ou plutôt l’absence de communication, mais aussi sur le besoin de tendresse et d’amour. Et qui de mieux que Vincent Macaigne pour incarner un « homme-chien » sans…cabotiner ?!

Le roman Chien reflétait toutes les névroses de l’écrivain à un moment difficile de sa vie, alors que la dépression le guettait après une rupture sentimentale, avec le sentiment de ne plus appartenir à la société. Ou comment relier l’homme à l’animal. Exutoire, livre cathartique, Chien a permis à Samuel Benchetrit de se sortir de ses maux, en imaginant jusqu’où un être qui a tout perdu est prêt à se rabaisser pour obtenir quelques marques d’affection, une caresse, quelques signes d’amour. Loin d’être une version mélancolique de Didier d’Alain Chabat (1997), Chien est un film singulier, quasi-inclassable, tourné avec les moyens du bord dans des décors froids, dépouillés, faits de béton, mais imprégné d’une infinie tendresse. Pourtant, le film peut rebuter par certaines séquences assez violentes, d’ordre physique mais également psychologique, surtout durant la seconde partie, moins percutante et attachante que la première, mais qui ne manque pas d’attraits.

Le premier acte est consacré à la chute du personnage. Après s’être fait larguer de la pire façon que ce soit par sa compagne, interprétée par une Vanessa Paradis blafarde, famélique et foncièrement antipathique, qui prétexte être devenue allergique à compagnon en étant à son contact, Jacques est ensuite victime de la loi des séries. Il perd le chien qu’il venait tout juste d’acheter pour son fils dans une animalerie, est viré de son hôtel, son patron le renvoie, les rapports avec son enfant se glacent. Comme lien social, Jacques n’a plus que le propriétaire de l’animalerie. Progressivement, ce dernier va prendre Jacques sous son aile…mais en tant que chien. Pour survivre, Jacques va accepter de faire et d’être tout naturellement ce qu’on attend de lui.

S’il traîne ses airs de Droopy dégingandé depuis sa découverte dans le superbe Un monde sans femmes de Guillaume Brac (2011), Vincent Macaigne, pourtant déjà gâté au cinéma chez Sébastien Betbeder, Justine Triet, Antonin Peretjatko ou encore dernièrement chez Éric Toledano et Olivier Nakache, trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Sans jamais rendre son personnage pathétique, le comédien parvient à en restituer toute la tristesse. Rarement, Vincent Macaigne aura été aussi bouleversant. La seconde partie se focalise sur l’étrange relation qui s’instaure entre Jacques et Max, interprété par le monstre Bouli Lanners, ce dernier trouvant ici l’occasion de laisser libre cours à ses désirs d’autorité et de pouvoir. Plus démonstratif, peut-être plus mécanique également, ce deuxième acte manque parfois de rythme et aurait mérité d’être plus resserré. Toutefois, cela contribue au malaise distillé jusqu’au dénouement où Jacques devra choisir la condition dans laquelle il se sent finalement le mieux.

Chien est une œuvre absurde, drôle, émouvante, une fable subversive, dérangeante et intelligente qui mérite l’attention du spectateur. De loin le film le plus abouti de son auteur.

LE DVD

Le test du DVD de Chien, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé sur un check-disc. Le menu principal est animé et musical. Très mauvais point à l’éditeur qui a préféré miser sur un visuel hideux centré sur les trois vedettes, plutôt que de reprendre l’excellente affiche d’exploitation, pourtant bien plus représentative et attractive.

Si vous avez aimé Chien ou même si le film vous a laissé perplexe ou rebuté, n’hésitez pas à le revoir avec les commentaires audio de Samuel Benchetrit. Sans aucun temps mort et du début à la fin, le réalisateur revient sur chaque aspect de son film en abordant la psychologie des personnages, les partis pris, ses intentions. Il met en parallèle son roman et son adaptation, les conditions de tournage en Belgique. Nous apprenons également que Jean-Claude Van Damme a failli interpréter le rôle finalement tenu par Bouli Lanners, JCVD n’ayant visiblement pas vraiment compris où Samuel Benchetrit voulait en venir avec ce personnage, que l’acteur belge voulait plus « héroïque ». Ce commentaire intimiste et passionnant revient également sur l’échec cinglant du film dans les salles, le cinéaste essayant de comprendre ce qui a pu rebuter les spectateurs.

L’interactivité se poursuit avec une interview de Samuel Benchetrit divisée en trois segments, La genèse – Du livre au film (10’), Les acteurs (14’) et Du tournage à la sortie (7’). Si vous venez d’écouter le commentaire audio, cet entretien vous paraîtra redondant puisque tous les propos tenus ici font écho avec ce qui a déjà été entendu précédemment.

Cette section se clôt sur 4 teasers et la bande-annonce.

L’Image et le son

Cette édition DVD de Chien s’avère plutôt soignée. La propreté de la copie est assurée, les couleurs blanchâtres reflètent un tournage hivernal et même les visages paraissent blafards tout du long. Le piqué est aléatoire, mais s’en tire honorablement. La gestion des contrastes est solide, même si nous pouvions attendre plus de détails sur le cadre large. Les rares séquences tournées en extérieur sont très belles et lumineuses.

Chien repose essentiellement sur les dialogues. La piste Dolby Digital 5.1 distille les voix des comédiens avec efficacité, tandis que les latérales s’occupent de l’accompagnement musical et des ambiances naturelles en extérieur. Une spatialisation discrète, mais intelligente. L’éditeur joint également une piste Stéréo, dynamique et riche. Signalons l’absence de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Pas de piste Audiodescription non plus.

Crédits images : © Paradis Films / M6 Vidéo Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / 24H Limit, réalisé par Brian Smrz

24H LIMIT (24 Hours to Live) réalisé par Brian Smrz, disponible en DVD et Blu-ray le 23 mai 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Ethan Hawke, Paul Anderson, Rutger Hauer, Liam Cunningham, Nathalie Boltt, Tanya van Graan, Xu Qing, Aidan Whytock…

Scénario : Zach Dean, Jim McClain, Ron Mita

Photographie : Ben Nott

Musique : Tyler Bates

Durée : 1h33

Année de sortie : 2018

LE FILM

Travis Conrad, tueur d’élite d’une organisation paramilitaire, est tué en mission en Afrique du Sud. Mais une procédure médicale expérimentale mise en place par ses employeurs le ramène temporairement à la vie, lui offrant 24 heures supplémentaires. Dans cette course contre la mort, comment Travis va-t-il pouvoir se sortir de ce piège ?

Mine de rien, le comédien Ethan Hawke n’a jamais arrêté de tourner depuis près de 35 ans. Après avoir fait ses débuts au cinéma dans Explorers de Joe Dante (1985), il émeut les spectateurs du monde entier dans Le Cercle des poètes disparus de Peter Weir (1989). Il a alors 19 ans. Les projets se multiplient, Croc-Blanc de Randal Kleiser (1991), Les Survivants de Frank Marshall (1993), Génération 90 de Ben Stiller (1994). Il alterne alors le cinéma d’auteur avec notamment Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997), la sublime trilogie de Richard Linklater avec Julie Delpy, Before Sunrise (1995) – Before Sunset (2004) – Before Midnight (2013), et les productions plus confortables comme Training Day d’Antoine Fuqua (2001), Taking Lives, destins violés de D. J. Caruso (2004), ou dernièrement dans le remake des Sept Mercenaires.

Si beaucoup de ses films ont été exploités directement en vidéo, dont l’incroyable Prédestination de Michael et Peter Spierig (2014), Ethan Hawke est toujours là, tout comme son talent, les années n’ayant fait que renforcer son charisme. Touche à tout, il souhaite s’essayer au film d’action façon Taken ou John Wick (même producteur Basil Iwanyk) dans 24H Limit. Enième ersatz des films de Pierre Morel ou de Chad Stahelski, ce thriller manque singulièrement d’âme et d’intérêt, et ne vaut que pour l’indéniable investissement de son comédien principal.

24H Limit est signé Brian Smrz (non, mon chat n’a pas marché sur le clavier), célèbre cascadeur, coordinateur des scènes d’action et réalisateur de seconde équipe, qui a fait sa notoriété sur une quantité phénoménale de blockbusters comme Die Hard 4 : Retour en enfer, Minority Report, X-Men : Le Commencement, Night and Day, La Planète des singes: Les origines. 24H Limit est son second long métrage en tant que metteur en scène, dix ans après son premier coup d’essai, Hero Wanted avec Cuba Gooding Jr. Et Ray Liotta. S’il n’y a rien à redire sur l’efficacité des séquences d’action, des gunfights et des affrontements, on ne peut pas dire que l’histoire soit originale et parvienne à sortir 24H Limit du tout-venant. D’accord le postulat de départ est intrigant avec son truc du tueur professionnel revenu à la vie pour une journée, mais les scénaristes n’en font rien. On a l’impression que l’idée leur est venue en visionnant Time Out d’Andrew Niccol (2011), notamment avec ce compteur intégré à l’avant-bras du personnage principal. Tout cela est bien beau, mais les auteurs ne vont pas plus loin que leur idée de départ.

Pourtant, Ethan Hawke est impeccable et se montre aussi empathique dans les scènes dramatiques que très crédible avec la pétoire à la main, y compris lorsqu’il distribue des bourre-pifs. Il est également bien épaulé par l’actrice chinoise Xu Qing (vue dans Looper de Rian Johnson), Liam Cunningham (toujours classe) et même de Rutger Hauer qui s’est fait le look de Doc Brown dans Retour vers le futur 2. Finalement, ce qui intéresse le plus ici est le cheminement du personnage principal, traumatisé par la mort de sa femme et de son petit garçon, qui a toujours culpabilisé de ne pas être aussi présent à leurs côtés qu’il aurait voulu l’être.

24H Limit a plusieurs bons atouts dans sa besace : une affiche « johnwickesque » très réussie, une photo assez jolie, les beaux décors d’Afrique du Sud, de bons acteurs, des séquences agitées bien expédiées et toujours lisibles. Dommage que tout cela ne soit tenu que sur un fil trop relâché. D’ailleurs, on se demande encore après de quoi le film parlait réellement. 24H Limit manque de rythme, cruellement d’humour, n’exploite aucune de ses idées et se contente trop souvent de refaire ce qui a déjà été fait dans le genre. On en arrive même à se dire que le film semble avoir été écrit par Luc Besson (du style 3 Days to Kill), ce qui n’est pas forcément un compliment. La fin ouverte montrait pourtant l’optimisme des producteurs quant à une possible franchise en devenir. Cela semble compromis.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de 24L Limit, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. L’édition HD comprend également le DVD, dans un combo Steelbook, au visuel très inspiré par la campagne promo de celle de John Wick 2. Le menu principal est animé et musical.

Petite édition pour 24H Limit. En effet, là où nous attendions un making of pour décortiquer les scènes d’action, ou même la préparation d’Ethan Hawke, il faudra se contenter d’une interview de ce dernier (9’). Il n’est d’ailleurs pas le seul à intervenir, puisqu’il laisse également la place au producteur Kent Kubena et au comédien Liam Cunningham. Alors que le producteur essaye de vendre sa soupe en disant que le scénario ne manque pas d’originalité, Ethan Hawke revient calmement sur son personnage, qu’il défend avec sincérité, en expliquant que sa quête de rédemption est ce qui l’a le plus inspiré, même s’il avoue également avoir pris un immense plaisir à tourner les scènes d’action. Il cite d’ailleurs Die Hard et Man on Fire dans ses films préférés. Les trois intervenants s’expriment également sur le travail avec l’actrice Xu Qing.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Les partis pris esthétiques sont respectés avec même parfois un léger grain cinéma qui confère à l’image une agréable texture, une gestion des contrastes (tranchants) fabuleuse, et des séquences sombres aussi soignées. Le piqué est incisif, l’encodage solide. La belle photo du chef opérateur Ben Nott (Prédestination, Jigsaw, Daybreakers) est habilement retranscrite avec un beau lot de détails sur les séquences diurnes, aux quatre coins du cadre large. Ces dernières sont d’ailleurs lumineuses, la profondeur appréciable, la colorimétrie vive, souvent chatoyante et le relief y est omniprésent. M6 nous livre un remarquable master HD de 24H Limit.

Le film profite à fond de l’apport HD pour en mettre plein les oreilles grâce à une piste DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise spectaculaire. Le score très présent de Tyler Bates (Les Gardiens de la galaxie, Atomic Blonde, Killer Joe) est délivré par l’ensemble des enceintes, les basses sont souvent sollicitées, tout comme les latérales qui créent un environnement acoustique percutant. Les dialogues sont dynamiques et solidement délivrés par la centrale, jamais noyées par les nombreux effets sonores – les balles qui fusent de partout lors des fusillades – et la musique. Que ceux qui ne seraient pas habitués à la version originale se rassurent, le spectacle est également largement assuré avec la piste française DTS-HD Master Audio 5.1, au doublage soigné. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Hurricane, réalisé par Rob Cohen

HURRICANE (The Hurricane Heist) réalisé par Rob Cohen, disponible en DVD et Blu-ray le 4 juillet 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Toby Kebbell, Maggie Grace, Ryan Kwanten, Ralph Ineson, Melissa Bolona, Ben Cross, Jamie Andrew Cutler, Christian Contreras…

Scénario :  Jeff Dixon, Scott Windhauser d’après une histoire originale de Carlos Davis et Anthony Fingleton

Photographie : Shelly Johnson

Musique : Lorne Balfe

Durée : 1h43

Année de sortie : 2018

LE FILM

Profitant du plus gros ouragan ayant jamais touché les États-Unis, une équipe de braqueurs d’élite infiltre la plus grande réserve de billets des États-Unis. Leur objectif : un braquage exceptionnel de 600 millions de dollars. Dans la ville désertée, Casey, une des convoyeuses de fond, et Will, un météorologiste de génie, vont devoir unir leurs forces en utilisant les connaissances de Will pour survivre au milieu de cette « tempête du siècle » et empêcher ces voleurs impitoyables de parvenir à leurs fins.

A l’aube de ses 70 ans, le réalisateur Rob Cohen s’évertue à vouloir retrouver les faveurs d’un public plutôt jeune, en lui offrant quasi-systématiquement un cocktail d’action et d’aventures. Il y a eu plusieurs étapes dans la carrière du cinéaste. Dans les années 1990, il signe Dragon, l’histoire de Bruce Lee (1993), biopic sur l’acteur chinois, devenu culte avec les années. Puis l’année 1996 sortent Coeur de dragon et Daylight. Si le premier surfe sur l’avènement des images de synthèse au cinéma, le second est incontestablement l’un des meilleurs films de Sylvester Stallone de la décennie et par ailleurs une référence du film catastrophe. Les années 2000 arrivent et Rob Cohen livre deux films d’action, matrices de franchises portées par Baboulinet, euh, Vin Diesel. Fast and Furious (2001) et xXx (2002) cassent la baraque dans le monde entier. La suite est finalement un peu plus difficile qu’espéré pour Rob Cohen. Furtif (2005) est un échec commercial. Il accepte alors de mettre en scène le tardif troisième épisode de La Momie : La Tombe de l’empereur Dragon (2008), qui le remet sur les rails du box-office. S’ensuivent un polar mou (Alex Ross – 2012) et une production Jason Blum au succès certain (Un voisin trop parfait – 2015).

Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, Rob Cohen revient avec Hurricane (ou The Hurricane Heist en version originale), un mélange de Twister, de Die Hard et de Pluie d’enfer, un film nawak, dans lequel il joue la carte de la surenchère au détriment de toute crédibilité. Hurricane possède un postulat de grosse série B, mais se révèle être une série Z, laide à regarder, mais qui contre toutes attentes parvient à divertir sans mal avec ses effets visuels ratés, son interprétation neurasthénique et ses scènes d’action invraisemblables.

Au casting, on est peu étonné de retrouver l’inénarrable Toby Kebbell. En quelques années, rarement un comédien aura autant accumulé de mauvais blockbusters à son palmarès. Prince of Persia : Les Sables du temps, L’Apprenti sorcier, La Colère des Titans, Les 4 Fantastiques, Ben-Hur, Kong: Skull Island et maintenant Hurricane, cela commence à faire lourd sur une seule carte de visite. Dommage, car au milieu de ces navets et nanars, Toby Kebbell aura également participé aux deux Planète des Singes de Matt Reeves (Koba, c’était lui), Cheval de guerre de Steven Spielberg, Warcraft : Le Commencement de Duncan Jones et Quelques minutes après minuit (A Monster Calls) de Juan Antonio Bayona. L’acteur britannique a sans doute besoin de changer d’agent. Il donne ici la réplique à Maggie Grace, la fifille de Liam Neeson dans la trilogie Taken, qui s’en sort finalement bien dans ce film, car très investie dans les séquences agitées et les cascades. Le badguy est interprété par Ralph Ineson, Amycus Carrow des trois derniers volets d’Harry Potter, vedette du formidable The Witch de Robert Eggers, dont la voix imposante avait été remarquée dans quelques épisodes de Game of Thrones, où il jouait Dagmer Cleftjaw.

Tout ce petit monde se trouve noyé à la fois sous des milliers de litres d’eau, en raison d’un tournage qui privilégiait les effets live, mais aussi et malheureusement sous des images de synthèse aussi omniprésentes que grossières et moches. Il y a beaucoup de divertissements auxquels on ne croit pas beaucoup, mais qui parviennent à nous captiver suffisamment pour aller jusqu’à la fin. C’est un peu plus compliqué dans le cas de Hurricane. D’une part parce qu’on ne croit à rien, ni à l’histoire, ni aux personnages, ni aux rebondissements, d’autre part parce que malgré les tornades, qui n’ont rien de spectaculaire si on les compare à celles de Twister (et qui a pourtant plus de vingt ans), les courses-poursuites (avec un véhicule rappelant la Batmobile version Nolan), les fusillades et les scènes de destruction, le rythme est très mal géré et Hurricane est finalement un film mou du genou.

Mais bon, ça passe comme dirait l’autre, et l’entreprise n’est pas déplaisante, surtout dans sa scène finale qui n’est pas sans rappeler celle de…ah bah tiens du premier Fast & Furous, mais avec trois trucks monstrueux. Un bon candidat pour une soirée nanar quoi. Hurricane n’a d’ailleurs emporté personne dans son sillage et malgré son budget très modeste, grâce notamment à un tournage en Bulgarie, le bide mondial a été particulièrement retentissant. Et dire que Rob Cohen envisageait une suite, un nouveau casse, en Floride cette fois, avec un volcan en éruption comme toile de fond. Quel dommage !

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Hurricane, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le Blu-ray est disponible en édition limitée Steelbook. Le menu est animé et musical.

L’éditeur joint un making of de 45 minutes. Du moins en apparence, puisque ce module est en fait composé de plusieurs featurettes promotionnelles enchaînées. Si les propos ne volent pas haut, ce qu’il a de pire ici, c’est l’aspect redondant de l’entreprise, d’autant plus que certaines interventions et images de tournage sont parfois reprises à l’identique d’un segment à l’autre. Rob Cohen essaye de valoriser les effets directs réalisés sur le plateau et met également en avant sa collaboration avec le chef opérateur Shelly Johnson. Les acteurs évoquent les personnages et les conditions de tournage en Bulgarie, tout en racontant l’histoire du début à la fin. Un gros plan est également fait sur la création du véhicule Dominator, ainsi que sur les effets visuels.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

On pouvait nettement s’attendre à mieux concernant l’arrivée de Hurricane en Haute-Définition. Non pas que la galette soit déshonorante, loin de là, mais le master aurait pu être plus ciselé. Dans les scènes en intérieur, en gros dans la salle du coffre, l’image peine parfois à tirer profit de cette élévation HD et s’apparente plus à un DVD sensiblement amélioré. Mais les partis pris n’arrangent rien avec un aspect grisâtre peu reluisant et des couleurs ternes tout du long. La copie est propre – encore heureux – le piqué est acceptable, les noirs denses et les (mauvais) effets spéciaux numériques se voient peut-être encore plus qu’au cinéma.

En anglais comme en français, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 assurent le spectacle acoustique avec un fracas assez jouissif, même si l’ensemble paraît souvent sous-mixé, comme bien souvent chez M6 Vidéo. Au jeu des différences, la langue de Molière n’est pas aussi dynamique que la version originale, mais n’en demeure pas moins immersive. Dans les deux cas, la balance frontale en met plein les oreilles lors des séquences de destruction, à condition d’élever suffisamment le volume. Quelques scènes sortent du lot avec un usage probant des ambiances latérales et du caisson de basses. La musique profite également d’une belle délivrance, mettant toutes les enceintes à contribution. Deux pistes Stéréo sont également proposées, ainsi qu’une piste Audiodescription française et les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Normandie nue, réalisé par Philippe Le Guay

NORMANDIE NUE réalisé par Philippe Le Guay, disponible en DVD et Blu-ray le 16 mai 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison, Arthur Dupont, Grégory Gadebois, Philippe Rebbot, Patrick d’Assumçao, Julie-Anne Roth…

ScénarioPhilippe Le Guay, Olivier Dazat, Victoria Bedos

Photographie : Jean-Claude Larrieu

Musique : Bruno Coulais

Durée : 1h49

Année de sortie : 2018

LE FILM

Au Mêle sur Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n’est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son village… Le hasard veut que Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, soit de passage dans la région. Balbuzard y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun normand n’est d’accord pour se mettre à nu…

Le réalisateur Philippe Le Guay revient en force après la déconvenue de son précédent film, Floride, dernière apparition au cinéma de Jean Rochefort, qui avait malheureusement déçu à plus d’un titre. Trois ans plus tard, le cinéaste semble ragaillardi et livre un de ses meilleurs films avec Normandie nue, coécrit avec Olivier Dazat et Victoria Bedos (La Famille Bélier). Comédie sur fond social, fantaisie récréative et très attachante, le neuvième long métrage de Philippe Le Guay fait penser à un savoureux mélange de la trilogie Profils Paysans de Raymond Depardon et de The Full Monty de Peter Cattaneo. Une belle réussite.

Dans un petit village normand, la crise agricole touche gravement les éleveurs à bout de forces et ruinés, qui cherchent des idées pour attirer l’attention sur leur profession moribonde. Ils organisent une manifestation et un barrage routier sur une route départementale. Un photographe d’art américain, Blake Newman, spécialisé dans le nu, à la recherche de l’endroit idéal pour créer sa prochaine œuvre photographique, se trouve bloqué par la manifestation. Lors de la rencontre entre Newman et Georges Balbuzard, paysan et maire de la ville, celui-ci décide de créer un buzz médiatique pour aider ses confrères agriculteurs : Balbuzard l’engage pour qu’il photographie les gens du village nus. Mais les normands sont réticents à se déshabiller, notamment le boucher du village qui sait que tous les hommes aimeraient beaucoup voir le corps nu de sa femme Gisèle, ancienne miss Normandie. Sur fond de querelles familiales ancestrales et de pudeur généralisée, la photo d’art moderne composée de nus au milieu du Champ Chollet et le buzz politique auront-ils vraiment lieu ?

Pour Normandie nue, le réalisateur de L’Année Juliette, Le Coût de la vie, Les Femmes du 6e étage (son plus grand succès) et Alceste à bicyclette réunit de formidables comédiens venant d’horizons différents, qui se complètent parfaitement pour une chronique sociale douce-amère drôle, pittoresque et rythmée. François Cluzet semble prendre beaucoup de plaisir à interpréter le rôle de Georges Balbuzard, le maire du village, et cela faisait longtemps que nous ne l’avions pas vu aussi à l’aise et naturel devant la caméra. Excellent directeur d’acteurs, Philippe Le Guay entoure sa vedette principale de Toby Jones, grand comédien britannique, François-Xavier Demaison, dans le rôle du parisien qui tente de se convaincre que l’air de la campagne lui est bénéfique, Grégory Gadebois, dont l’épaisseur convient parfaitement à son rôle de boucher, le poétique Philippe Rebbot, sans oublier la nouvelle génération avec Arthur Dupont et la révélation Daphné Dumons. Philippe Le Guay fait également appel à des comédiens non-professionnels, des gens de la région qui interprètent leur propre rôle de paysans, d’éleveurs et d’exploitants agricoles.

Le réalisateur connaît bien le Perche en Basse Normandie, où il habite une partie de l’année. Il rend donc un très bel hommage à ces hommes et à ces femmes qui luttent pour la préservation de leur métier. Oubliés par les médias, ces habitants désespérés ne savent plus quoi entreprendre pour faire entendre leur combat et leurs souffrances. Un happening inattendu organisé par un artiste américain pourrait être l’occasion de faire parler d’eux. Sur ce postulat, Philippe Le Guay raconte une fable légère sur un fond pourtant grave et d’actualité, sans forcer le trait, même si tout ce qui touche au personnage de François-Xavier Demaison fait plutôt office de sketchs récurrents et d’interludes tout au long du film.

Mais cela fonctionne, très bien même, l’authenticité est non feinte, le cinéaste ayant visiblement un immense respect et une passion contagieuse pour son sujet et les personnages qu’il aborde et dépeint, notamment à travers des dialogues très réussis. Un très bon moment.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Normandie nue, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical. Le visuel reprend celui de l’affiche du film.

L’éditeur propose un petit making of (11’), composé de propos de François Cluzet, de Philippe Le Guay et d’agriculteurs-éleveurs qui ont participé au tournage de Normandie nue. Ces derniers évoquent leurs conditions de travail, tandis que le comédien et le réalisateur parlent du tournage et des thèmes du film.

Outre une galerie d’affiches alternatives (certaines étant vraiment très laides), nous trouvons également neuf scènes coupées (9’) réussies, mais probablement coupées au montage en raison de leur redondance.

L’Image et le son

Voici un très beau master HD ! Les contrastes sont riches, la luminosité omniprésente et le relief probant. Si la clarté tend parfois à amoindrir les détails des visages, la colorimétrie est vive, le piqué joliment aiguisé (surtout sur les scènes en extérieur), la profondeur de champ éloquente et la photo élégante du chef opérateur Jean-Claude Larrieu (Les femmes du 6ème étage, Carte des sons de Tokyo) trouve en Blu-ray un écrin idéal.

Le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 ne sert essentiellement qu’à spatialiser la musique de Bruno Coulais et à plonger quelque peu les spectateurs dans l’ambiance champêtre. Les effets latéraux ne se résument souvent qu’au vent qui balaie les environs, mais c’est tout. Les dialogues auraient également mérité également d’être plus ardents sur la centrale. La piste DTS-HD Master Audio 2.0 se révèle plus dynamique, percutante même, créant une véritable homogénéité entre les dialogues, la musique et les effets. Nous disposons une piste Audiodescription ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : ©  Sévérine Brigeot – Les Films des Tournelles / SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test DVD / Money, réalisé par Géla Babluani

MONEY réalisé par Géla Babluani, disponible en DVD chez M6 Vidéo le 7 février 2018

Avec :  Vincent Rottiers, George Babluani, Louis-Do de Lencquesaing, Benoît Magimel, Charlotte Van Bervesselès, Anouk Grinberg, Olivier Rabourdin, Arben Bajraktaraj, Jean-Michel Correia, Féodor Atkine…

Scénario : Géla Babluani

Photographie : Tariel Meliava

Musique : Jean-Michel Bernard

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Les temps sont durs pour Danis et Eric, deux amis d’enfance qui peinent à boucler leurs fins de mois en travaillant sur les docks du Havre. Un après-midi, Alex, la sœur d’Eric, assiste inopinément à la remise d’une valise remplie de billets et décide de suivre l’homme ayant récupéré le pactole. Alex convainc Eric et Danis que cette valise d’argent pourrait changer leurs vies. Les trois amis décident d’aller cambrioler la maison. En arrivant, ils découvrent un homme sur le point de se pendre, Mercier, dont ils ne connaissent ni l’identité, ni l’importance. Un jeu du chat et de la souris au scénario implacable va alors se refermer sur eux et transformer leur nuit en enfer.

En 2005, une petite bombe explose dans le cinéma français. Si le film est plutôt passé inaperçu, ceux qui ont vu 13 Tzameti au cinéma ne l’ont jamais oublié. A la barre de ce thriller tourné en N&B, le cinéaste franco-géorgien Géla Babluani, né en 1979. En 2006, il coréalise L’Héritage avec son père Temur Babluani, puis signe quatre ans plus tard le remake de 13 Tzameti (intitulé 13) avec un casting de choc, Sam Riley, Jason Statham, Ray Winstone, Alexander Skarsgård, Ben Gazzara, Michael Shannon, Emmanuelle Chriqui, 50 Cent et Mickey Rourke ! Depuis, nous étions sans nouvelle de Géla Babluani. Autant dire que nous attendions son retour avec impatience. Il aura fallu attendre sept ans pour que le cinéaste revienne derrière la caméra, avec un nouveau thriller, un polar tendu, un film noir, Money. Et cette fois encore la réussite est au rendez-vous.

Fatigués de leurs fins de mois difficiles, trois jeunes Havrais sans avenir, vivant dans un quartier ouvrier voient l’opportunité de gagner beaucoup d’argent en volant une mallette à un notable du Havre. Sans le savoir, ils viennent de braquer un secrétaire d’État corrompu et de voler l’argent d’une entreprise criminelle.

Le quatrième long-métrage de Géla Babluani dépasse toutes les espérances. Véritable film de genre, Money ne prétend pas révolutionner les codes du polar, mais joue au contraire avec les anciennes règles, dans une intrigue pourtant contemporaine où trois jeunes trentenaires décident d’enfreindre la loi pour survivre. Drame social sans concession, Money propose une véritable décharge d’adrénaline pendant 90 minutes. Certes, le budget est limité, le montage est parfois approximatif, mais l’histoire est vraiment prenante du début à la fin et le suspense maintenu.

Money impose une fois de plus Vincent Rottiers, le plus grand comédien de sa génération. Son regard bleu intense et furieux montre le feu qui anime le personnage, lancé malgré-lui dans une spirale qui les dépasse complètement lui et ses complices. Pour Géla Babluani « Money est une histoire humaine qui ne triche pas, sous aucun prétexte. C’est une histoire où le sens de la morale se trouve justement dans les actes immoraux commis par les protagonistes. La famille, l’honneur, l’amitié, la trahison et une valise d’argent dont tout le monde a besoin, au cours d’une nuit qui vire au cauchemar ». La tension et l’angoisse sont rythmées par l’enchaînement des événements imprévisibles et les retournements de situations qui ne laissent les personnages que devant des choix radicaux. L’énergie ne faiblit jamais puisque le réalisateur colle à celle qui anime les personnages, tandis que le cadre – très soigné – est d’emblée resserré sur eux. La caméra est sans cesse en mouvement, créant ainsi un sentiment d’urgence. Les protagonistes (tous cupides), comme les spectateurs sont alors étourdis et leurs repères se brouillent. Le trio explose, dépassé par la situation. Chacun suit alors sa trajectoire pour sauver sa propre peau et celle des deux autres.

Egalement au casting, George Babluani (frère du cinéaste), un Louis-Do de Lencquesaing suintant, soutenu par l’excellent Olivier Rabourdin, sans oublier les solides participations de Féodor Atkine et Anouk Grinberg, ainsi que la révélation Charlotte Van Bervesseles. Mais celui qui se taille la part du lion est sans conteste Benoît Magimel. Méconnaissable, bedaine apparente, costume froissé trop grand, l’air boudeur, les grosses lunettes aux verres fumés sur le nez, le comédien vole toutes les scènes dans lesquelles apparaît son personnage de tueur implacable. Sa prestation est aussi dingue qu’inattendue.

Si le film a été rapidement retiré de l’affiche, Money, âpre, violent, non dénué d’humour noir, loin du style boursouflé et de l’idéologie douteuse d’un Olivier Marchal, est assurément l’un des polars de 2017. Nous lui souhaitons de trouver une seconde vie grâce à sa sortie en DVD et ses futures diffusions à la télévision.

LE DVD

Le DVD de Money, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, animé et musical. Pas d’édition HD pour ce titre.

Aucun supplément sur cette édition.

L’Image et le son

Malgré le très mauvais score de Money au box-office (un peu plus de 25.000 entrées), Géla Babluani peut compter sur M6 Vidéo pour le service après-vente. En effet, l’éditeur livre un beau master, aux contrastes solides et au piqué agréable. Les ambiances nocturnes sont souvent élégantes, la colorimétrie bien restituée, et le relief probant aux quatre coins du cadre large. Seuls quelques petits fourmillements sur les arrière-plans viennent ternir un peu le visionnage, mais rien de bien méchant.

Le mixage Dolby Digital 5.1 instaure un excellent confort acoustique en mettant la musique en avant, tout en délivrant les dialogues avec ardeur, sans jamais oublier les effets et ambiances annexes. Quelques basses soulignent également quelques séquences. La piste Dolby Digital 2.0 se révèle dynamique et même percutante dans son genre. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr


Test Blu-ray / The Square, réalisé par Ruben Östlund

THE SQUARE réalisé par Ruben Östlund, disponible en DVD et Blu-ray chez M6 Vidéo le 28 février 2018

Avec :  Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry Notary, Christopher Laessø, Marina Schiptjenko, Daniel Hallberg, Sofie Hamilton…

Scénario : Ruben Östlund

Photographie : Fredrik Wenzel

Durée : 2h31

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

Alors c’est ça la Palme d’or 2017 ? Eeeeh ben…Si le but était de récompenser l’un des films les plus mauvais, pédants, interminables et mégalos du Festival de Cannes, alors oui le cinquième long métrage du réalisateur, scénariste, monteur, producteur et directeur de la photographie Ruben Östlund (né en 1974) méritait sa suprême récompense. Révélé en 2014 par Snow Therapy (prix du Jury Un Certain Regard), le cinéaste a carrément pété un câble et signe un film uniquement destiné à flatter ses pairs dans le but de se faire caresser dans le sens du poil. Froid, on pourrait même dire frigorifique, jamais intéressant, interminable, hermétique, The Square est symbolique de ce qu’est devenu le plus célèbre Festival de Cannes, plaire avant tout à l’élite et rejeter le divertissement populaire.

Christian, père divorcé, est le conservateur d’un musée d’art contemporain installé dans le palais royal de Stockholm. Il prépare une exposition intitulée « The Square », simple carré à l’intérieur duquel les spectateurs seront appelés à être altruistes et à mieux prendre en compte les besoins des autres : « Le Carré est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs ». Or, après avoir aidé lui-même dans la rue une femme qui prétendait être attaquée, il constate qu’il s’agissait d’un piège : son téléphone, son portefeuille et ses boutons de manchette en or ont disparu. Bien que Christian soit un homme qui fasse l’aumône aux mendiants d’Europe centrale, il est pris d’une forme de vengeance jubilatoire à leurs égards. En parallèle le vernissage approche : Anne, une journaliste américaine, l’interviewe sur les finalités et les devoirs affichés d’un musée d’art contemporain. Elle se rapproche de lui au cours de la soirée inaugurale de l’exposition. Ils finissent par coucher ensemble, mais Christian se sent déstabilisé par le comportement libre et féministe de la jeune femme. Par ailleurs, un homme atteint du syndrome de Tourette trouble le bon déroulement de la conférence inaugurale de l’artiste invité et célébré. De plus, la soirée de gala organisée par Christian pour récolter des fonds tourne mal : l’artiste Oleg censé imiter un gorille dans le cadre d’une performance artistique va trop loin et fait peur aux convives. Pendant ce temps, une agence de marketing a préparé la campagne de promotion de l’exposition « The Square ». Christian, trop préoccupé par son ressentiment et ses affaires personnelles, laisse publier sur YouTube une vidéo de promotion qu’il n’a même pas regardée au préalable. Or cette vidéo, qui cherche par tous les moyens à créer le « buzz », choque le pays entier par sa violence : on y voit une petite fille blonde sans domicile fixe qui explose dans le carré en un terrible attentat.

Ruben Östlund explique ses intentions : « Tout comme Snow Therapy, The Square est un film dramatique et satirique. Je voulais faire un film élégant en me servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir. Sur le plan thématique, le film aborde plusieurs sujets, comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance, l’importance croissante que l’on accorde à l’individu par opposition à la désaffection vis-à-vis de la communauté et la méfiance à l’égard de l’État en matière de création artistique et de médias ». Le problème avec The Square, c’est que le réalisateur se tire lui-même une balle dans le pied. En voulant critiquer le monde de l’art contemporain, Ruben Östlund signe un objet destiné uniquement à une certaine élite qui se pâmera devant des images lisses dignes d’une expo vidéo. En fait, en voulant parler de beaucoup de choses, comme l’isolement et le repli sur elles-mêmes des classes privilégiées, Östlund finit par ne parler de rien.

Les images s’enchaînent sans rythme, l’ennui s’installe dès le premier quart d’heure alors que le film dure 2h30 ! Autant dire que le calvaire est infernal et que rien, à part l’apparition de la géniale Elisabeth Moss et le jeu investi de Claes Bang, ne relève l’intérêt de la « chose ». Ce n’est pas non plus la fameuse séquence de l’homme-singe qui réveillera les spectateurs déjà endormis depuis belle lurette. En l’écoutant, Ruben Östlund indique vouloir parler de l’individualisme grandissant dans les sociétés contemporaines, du fossé toujours plus profond entre les classes sociales. Des sujets pas inintéressants certes, d’autant plus quand la Suède est encore considérée – à tort – comme l’un des pays les plus égalitaires au monde, mais pourquoi ces partis pris ? Pourquoi avoir recours à de tels procédés qui excluent forcément les spectateurs qui n’ont pas accès à une certaine forme de culture ? Pourquoi jouer au plus intelligent et de ce fait rejeter la possibilité d’un dialogue ?

Ruben Östlund – qui s’inspire d’ailleurs d’un véritable projet artistique comme celui montré dans le film, exposé dans le sud de la Suède – se contredit quand il explique vouloir divertir son audience. The Square se veut satirique et ironique, il n’est juste qu’ennui et nombriliste. Seule une certaine « presse spécialisée », qui ne s’est d’ailleurs pas gênée pour se rouler dedans en poussant des cris de joie a porté The Square jusqu’au Graal ultime. Ou quand la Palme de l’intelligentsia – qu’on imagine aisément se diriger vers le buffet garni en sortant de la salle en oubliant rapidement que le réalisateur avait voulu au départ se foutre de leurs tronches – l’emporte sur la Palme du coeur, des sentiments et de l’âme comme 120 battements par minute. C’est à n’y plus rien comprendre, mais cela fait très longtemps que le Festival de Cannes est devenu une caricature de ce qu’il était (rendez-nous La Grande bouffe !) et qu’il n’a plus aucun intérêt. Cela passerait si le réalisateur avait à coeur de cracher dans la soupe, mais il semble atteint du même narcissisme exacerbé que son confrère scandinave Nicolas Winding Refn, ce qui fausse d’emblée le propos et surtout la sincérité de The Square.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de The Square, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

En ce qui concerne les suppléments, passons rapidement sur les trois galeries déroulantes (photos de tournage, rétrospective des critiques positives et les ébauches d’affiches internationales) qui font office de remplissage, pour évoquer tout d’abord le making of de la scène centrale du film, par ailleurs reprise pour l’affiche. Intitulé de manière prétentieuse « Making of d’une scène d’anthologie », ce documentaire de douze minutes donne un aperçu de la journée de répétition et des trois jours de tournage qui ont été nécessaires au réalisateur Ruben Östlund et à son équipe pour mettre en boite cette séquence déconcertante où la performance d’un homme-singe tourne mal au cours d’un dîner mondain. Le metteur en scène s’entretient avec ses comédiens et indique qu’il ne s’est jamais autant amusé sur un plateau.

S’ensuit une compilation des essais et scènes de casting de certains comédiens (5’), ainsi que divers entretiens (9′) de Ruben Östlund, Elisabeth Moss et Claes Bang réalisés lors de la présentation de The Square au Festival de Cannes. La genèse du film, les conditions de tournage, le casting, le travail avec le réalisateur sont passés en revue.

L’Image et le son

Tourné avec la caméra Arri Alexa XT, The Square débarque donc en Blu-ray. Les partis pris sont à l’image du film, froids, glacials, sans aucune aspérité. A côté de ça, la clarté est de mise, le piqué quasi-chirurgical, les contrastes denses et le relief omniprésent.

Les mixages anglais/suédois et français DTS-HD Master Audio 5.1 se révèlent particulièrement riches et instaurent un large confort acoustique. Dans les deux cas, la spatialisation musicale demeure évidente, les latérales soutiennent l’ensemble comme il se doit, les ambiances naturelles ne manquent pas tandis que le caisson de basses intervient à bon escient. Deux DTS-HD Master Audio 2.0, forcément moins enveloppantes, sont également disponibles. Les sous-titres français sont imposés.

Crédits images : © SND M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Ôtez-moi d’un doute, réalisé par Carine Tardieu

ÔTEZ-MOI D’UN DOUTE réalisé par Carine Tardieu, disponible en DVD et Blu-ray chez M6 Vidéo le 10 janvier 2018

Avec :  François Damiens, Cécile De France, Guy Marchand, André Wilms, Alice de Lencquesaing, Estéban…

Scénario : Carine Tardieu, Michel Leclerc, Raphaële Moussafir

Photographie : Pierre Cottereau

Musique : Eric Slabiak

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…

Révélée en 2007 avec le sensible La Tête de maman, la réalisatrice Carine Tardieu avait ensuite confirmé cinq ans plus tard avec Du vent dans mes mollets, feel-good movie porté ou plutôt emporté par Agnès Jaoui, Denis Podalydès et Isabelle Carré. A nouveau cinq ans plus tard, le troisième film de la cinéaste sort sur les écrans, Ôtez-moi d’un doute. Alors que le monde de l’enfance faisait la sève de ces deux premiers films, avec également le thème de la mère et de la maternité, Ôtez-moi d’un doute s’intéresse ici à la filiation vue du côté du père, en adoptant cette fois le point de vue d’un quadra interprété par François Damiens. Si le film peut souvent paraître attachant, surtout grâce à ses acteurs, il y a quelque chose de foncièrement dérangeant qui imprègne le récit du début à la fin et qui laisse sur une note amère.

Alors que sa fille arrive au terme de sa grossesse et qu’il se prépare lui-même à devenir grand-père, Erwan, veuf, un solide démineur breton, apprend au cours d’un examen médical que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père biologique. Ses repères s’écroulent. Déstabilisé, il décide d’engager une détective privée pour reconstituer son passé, afin de savoir pourquoi et comment il s’est retrouvé dans cette situation. L’enquête aboutit. A seulement quelques kilomètres de chez lui, un certain Joseph, un vieil homme qui vit seul avec son chien, serait l’homme recherché. Erwan décide d’aller lui rendre visite. En ville, il rencontre Anna, dont il tombe follement amoureux. Il se rend compte alors qu’elle est en réalité la fille de Joseph et qu’Anna serait alors sa demi-sœur. Erwan ne lui dit rien, mais quand Anna tombe également amoureuse de lui, la situation se complique. C’est bon ? Vous avez compris ce qui mettait mal à l’aise ?

Alors certes les comédiens sont très bons, François Damiens donc, qui a déjà prouvé son talent dans la retenue (La Délicatesse, Tango libre, Suzanne), qui partage l’affiche avec Cécile de France, à qui la quarantaine sied à merveille et qui est toujours aussi radieuse face à la caméra, mais Ôtez-moi d’un doute joue avec un suspense particulièrement déplacé. Coucheront ? Coucherons pas ? Même au moment où Anna apprendra qu’Erwan est susceptible d’être son frère (ou demi-frère certes), cela n’empêchera pas les personnages de réserver une chambre d’hôtel à proximité de la clinique où ils feront un test ADN pour en avoir le coeur net, afin de ne pas perdre de temps et se mettre au plumard si la génétique le leur permet. Nous n’irons pas dire que ce truc scénaristique (coécrit par Michel Leclerc, réalisateur du Nom des gens et de Télé Gaucho) est « puant », mais reposer le film sur cet élément incestueux est très gênant. Malgré tout ça, oui, le film se laisse voir grâce à l’ensemble des acteurs. Outre le duo vedette, Guy Marchand et André Wilms sont très élégants, Alice de Lencquesaing est mignonne comme tout, Estéban (chanteur du groupe Naive New Beaters) pourrait définitivement interpréter Homer Simpson dans une version live.

Du point de vue formel, Ôtez-moi d’un doute s’apparente à un banal téléfilm tourné pour France Télévisions, tandis que la métaphore du démineur, qui s’occupe à creuser la terre pour y découvrir des bombes, se retrouve à creuser son propre passé pour y découvrir un élément explosif est un peu lourdingue. Au final, Ôtez-moi d’un doute est une comédie sentimentale étrange, parfois émouvante, rigolote sur certains points, mais irresponsable sur beaucoup d’autres.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Ôtez-moi d’un doute, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le visuel reprend celui de l’affiche du film. Le menu principal est animé et musical.

Un module condense les propos de la réalisatrice Carine Tardieu, de François Damiens en compagnie de Cécile de France, Guy Marchand également en présence de la cinéaste, et André Wilms au micro avec Alice de Lencquesaing (16’). Ce segment promotionnel s’avère plutôt plaisant, d’une part par la simplicité des intervenants, d’autre part pour leurs propos intéressants. Les thèmes du film (inspiré par une histoire vraie) sont abordés, tout comme le travail avec Carine Tardieu, l’alchimie des comédiens, les influences (Claude Sautet entre autres), etc.

En plus de la bande-annonce, nous trouvons également une vidéo qui met en scène Estéban, dans la peau de son personnage Didier. Déguisé en Zorro, Didier s’adresse à sa future progéniture en lui donnant quelques conseils sur l’école, le goûter, les amis (4’). On ne sait pas d’où provient cette vidéo, peut-être d’une scène coupée, rien ne l’indique. Présenté ainsi sans explication, ce document présent peu d’intérêt.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p-AVC. M6 Vidéo soigne le master HD du film de Carine Tardieu. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée. La clarté demeure frappante, le piqué est affûté, les gros plans détaillés, les contrastes denses, la profondeur de champ éloquente et la colorimétrie reste chatoyante, riche et bigarrée.

La belle musique est admirablement délivrée et spatialisée par le mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Les dialogues s’imposent sans mal sur la centrale, toujours clairs et distincts. Quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les latérales, la balance gauche-droite est dynamique, même si le caisson de basses reste au point mort. La version Stéréo est également à l’avenant avec une minutieuse homogénéité des voix, de la composition et des bruitages annexes. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr