Test Blu-ray / Bleeder, réalisé par Nicolas Winding Refn

BLEEDER réalisé par Nicolas Winding Refn, disponible en combo Blu-ray+DVD le 8 novembre 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Kim Bodnia, Mads Mikkelsen, Rikke Louise Andersson, Liv Corfixen, Levino Jensen, Zlatko Buric…

ScénarioNicolas Winding Refn

Photographie : Morten Søborg

Musique : Peter Peter

Durée : 1h388

Date de sortie initiale : 1999

LE FILM

Amour et violence à Copenhague. Leo et Louise vivent en couple dans un appartement insalubre. Découvrant que Louise est enceinte, Leo perd peu à peu le sens de la réalité et, effrayé par la responsabilité de sa nouvelle vie, sombre dans une spirale de violence. Au même moment, son ami Lenny, cinéphile introverti travaillant dans un vidéo-club, tombe fou amoureux d’une jeune vendeuse et ne sait comment le lui dire…

Il aura fallu attendre plus de quinze ans – le film n’avait pu être exploité en dehors du Danemark, en raison de la faillite de la société de distribution – et l’engouement de la critique pour ses derniers films, pour que le second long métrage de Nicolas Winding Refn (né en 1970) parvienne dans les salles françaises. Ecrit, produit et mis en scène par le réalisateur danois trois ans après le succès inattendu de Pusher (qui deviendra une trilogie), Bleeder, qui reprend une grande partie du précédent casting ainsi que la même équipe technique, est aujourd’hui considéré à juste titre comme l’une de ses œuvres centrales, puisqu’elle installe les thématiques et recherches formelles que NWR (comme il aime se faire appeler) n’aura de cesse de développer. Parallèlement, il offre au comédien Mads Mikkelsen, qui faisait ses débuts au cinéma à l’âge de trente ans passés, l’un de ses premiers rôles importants.

Leo (Kim Bodnia) et Louise (Rikke Louise Andersson), un jeune couple, vivent dans un appartement miteux de Copenhague. Leo est souvent dehors avec ses amis pendant que Louise préfère rester à la maison. Lorsque la jeune femme apprend à son compagnon qu’elle est enceinte, il devient de plus en plus agressif et brutal. Il se lie avec Louis (Levino Jensen), un videur raciste. Après avoir assisté à un passage à tabac qui le choque profondément, Leo finit par se laisser happer par un engrenage de violence. Pendant ce temps, Lenny (Mads Mikkelsen), ami de Leo, employé dans un video-store, grand cinéphile devant l’éternel, s’éprend de Lea (Liv Corfixen), vendeuse dans un petit snack du quartier, qui regarde lentement les journées défiler. Timide et renfermé, Lenny décide tout de même de l’inviter au cinéma.

Comme dans tous les films de Nicolas Winding Refn, il y a à boire et à manger dans Bleeder, fourre-tout animé par l’envie irrésistible de faire du bon cinéma, mais rattrapé par la propre mégalomanie exacerbée de son metteur en scène. NWR livre une fois de plus un film bancal et le cul entre deux chaises avec un récit scindé en deux parties qui s’entrecroisent. La première, la plus attachante, celle avec le déjà magnétique Mads Mikkelsen, qui crève l’écran et foudroie le spectateur dans le rôle de Lenny, petit vendeur de vidéo-club. Immense cinéphile qui visionne une douzaine de films par semaine (son préféré étant Massacre à la tronçonneuse), il tombe amoureux d’une jeune femme au regard triste et qui paraît tout aussi renfermée que lui, interprétée par la belle Liv Corfixen, aujourd’hui l’épouse de NWR. Plus à l’aise quand il parle des grands maîtres du cinéma, que lorsqu’il souhaite faire comprendre à une nana qu’il voudrait l’inviter à se faire une toile, Lenny est le personnage auquel on se raccroche durant 1h30. Mais à côté de ça, le cinéaste se prend pour un Tarantino nordique – un autre metteur en scène qui a appris son boulot en visionnant des films – en se focalisant sur une poignée de personnages qui attendent le moindre petit dérèglement de leur triste vie, pour expulser tout leur mal-être et leur violence jusqu’ici contenue.

Manque de bol, cette étincelle va venir de Louise, qui annonce à son compagnon Leo qu’elle est enceinte et qu’elle souhaite garder l’enfant. Visiblement déjà au bord de la crise de nerfs, Leo devient de plus en plus agressif, jusqu’à atteindre le point de non-retour. Il s’en prend physiquement à sa compagne. Alors certes, NWR montre des personnages vieillis déjà avant trente ans et englués dans un quotidien morne, mais comme dans la plupart de ses films, la violence frontale demeure gratuite. Il est tellement facile de choquer les spectateurs en montrant un homme frapper à coups de pied le ventre d’une femme enceinte, scène particulièrement insoutenable. Manquant particulièrement de “finesse”, le réalisateur en fait toujours trop, en privilégiant la forme (caméra à l’épaule très immersive) au fond, toujours limité avec « jamais d’amour sans violence », en se servant du cinéma comme d’un punching-ball, afin de purger ses propres désirs frustrés et refoulés, d’autant plus que Bleeder apparaît comme étant son film le plus autobiographique.

Fondamentalement, Nicolas Winding Refn est un habile « maker » ou faiseur, largement influencé par ses cinéastes de prédilection (Wong Kar-wai, Mario Bava, Martin Scorsese et Dario Argento par exemple), mais il lui manque un univers qui lui est propre et qui aujourd’hui demeure encore bien trop calqué ses modèles. Bleeder pose les bases des films du réalisateur qui suivront. C’est une oeuvre puzzle, patchwork à la Trainspotting, auquel on pense beaucoup avec ses personnages adulescents qui déambulent dans des rues tristes aux murs tagués, à laquelle on accroche bien plus que ses œuvres contemporaines gloubi-boulga à l’esthétique Fashion TV.

NWR gagnerait à revenir à ce genre de film sobre et simple, nettement plus empathique et accessible, plutôt que de vouloir flatter ses pairs, la critique élitiste et une niche de cinéphiles, dans le seul but unique et par ailleurs avoué de se faire mousser. Aujourd’hui Nicolas Winding Refn est devenu NWR, une marque de fabrique, un groupe industriel spécialisé dans les néons auquel on préférait largement l’époque où il ne s’agissait encore que d’une petite usine, où l’ombre ou le reflet d’une caméra (c’est le cas dans Bleeder) touchait bien plus qu’une exposition de tableaux chromatiques parfaitement symétriques.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Bleeder, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Cette édition Digibook se compose de l’édition HD, du DVD ainsi que d’un livret de 32 pages. Le menu principal est sobre, animé et musical.

Avis aux amateurs de Nicolas Winding Refn, l’éditeur propose une très longue (euphémisme) interview-fleuve en anglais du réalisateur, en compagnie de Mads Mikkelsen (48’). Réalisé en mars 2017 à Copenhague, cet entretien durant lequel les questions (basiques) apparaissent sous la forme de carton écrit sur fond rouge, revient sur les conditions de tournage, les intentions et les partis pris de Bleeder, mais aussi sur la rencontre artistique des deux hommes sur Pusher, ainsi que sur leurs autres associations. Nous le savions déjà, mais NWR aime parler de lui – « Absolument, je suis totalement narcissique […] Je voulais le top du top, je voulais devenir une légende […] je voulais devenir un mythe, encore maintenant » – devant un Mads Mikkelsen simple, visiblement amusé devant les propos démesurément égocentriques du cinéaste.

Particulièrement lent, ce supplément filmé sur un fond gris et triste, se suit avec difficulté et même avec pas mal d’ennui, mais on peut s’amuser du côté gamin pourri-gâté capricieux du réalisateur de 47 ans. Nous retiendrons essentiellement toutes les interventions de Mads Mikkelsen, qui évoque ses débuts devant la caméra et dont la modestie n’a d’égale que son immense talent.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Bleeder connaît non pas une cure de jouvence, mais une véritable résurrection. Le master HD présenté ici est issu du négatif original restauré 4K, qui avait bénéficié d’une exploitation dans les salles françaises en octobre 2016, transféré en 2K pour sa sortie dans les bacs. Le cadre large est évidemment respecté, tout comme le grain original, magnifiquement géré et restitué. La propreté remarquable de la copie participe à la (re)découverte du second long métrage de Nicolas Winding Refn, dont la mise en scène parfois heurtée pourrait donner du fil à retordre à l’encodage, ce qui n’est absolument pas le cas. L’image est superbe, les couleurs disparates et éclatantes (beaucoup de rouge, teinte de prédilection du réalisateur), le piqué est ciselé, les contrastes denses et les détails abondants. Un titre qui intègre facilement le Top Démo du mois de novembre 2017.

Point de version française à l’horizon, mais qui s’en plaindra franchement ? En revanche, l’éditeur propose un inattendu mixage danois DTS-HD Master Audio 5.1. Si l’on pouvait craindre un rendu artificiel, il n’en est rien et la spatialisation demeure puissante et très efficace. Cela tient en partie grâce à la B.O énergique du film, qui profite de l’ouverture des frontales et des latérales, mais aussi du caisson de basses. Les dialogues sont solidement plantés sur la centrale, les effets concrets et quelques séquences, notamment celles de règlements de comptes avec l’usage d’armes à feu, sont particulièrement frappantes. La piste DTS-HD Master Audio 2.0 s’en sort également très bien et contentera ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © La Rabbia / M6 vidéo / Bac Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

 

Test Blu-ray / Le Procès du siècle, réalisé par Mick Jackson

LE PROCÈS DU SIÈCLE (Denial) réalisé par Mick Jackson, disponible en DVD et Blu-ray le 6 septembre 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott, Jack Lowden, Caren Pistorius, Alex Jennings, Harriet Walter, Mark Gatiss…

Scénario :  David Hare d’après le livre History on Trial: My Day in Court with a Holocaust Denier de Deborah Lipstadt

Photographie : Haris Zambarloukos

Musique : Howard Shore

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ?

« Le film le plus important de l’année » scandait l’affiche française à la sortie du Procès du siècle en avril 2017. Certes, le sujet est capital, mais on pouvait en espérer un bien meilleur traitement au cinéma. Sur un scénario de David Hare, spécialisé dans les récits quelque peu balourds et ampoulés du style The Hours et The Reader, le réalisateur Mick Jackson, 74 ans au compteur, sort de sa retraite 14 ans après son dernier film The First $20 Million Is Always the Hardest, pour « mettre en images » l’histoire ahurissante et pourtant vraie de Deborah Lipstadt. Alors qu’elle mène une conférence sur l’Holocauste, la professeur en études juives met en cause les négationnistes qui douteraient de l’existence des chambres à gaz. Elle s’attaque à la propagande de David Irving, un universitaire extrémiste. Or celui-ci est dans la salle et la met au défi de trouver des preuves de ce qu’elle avance. Il la poursuit même en justice et l’historienne doit étayer ses convictions devant la cour. Elle se rend au camp d’extermination d’Auschwitz, en compagnie de son avocat Richard Rampton, afin de préparer sa défense. Un procès au long cours commence le 11 janvier 2000.

Mick Jackson ne s’est jamais vraiment relevé du carton planétaire de Bodyguard en 1992. Son blockbuster Volcano s’était soldé par un four (à lave) en 1997 et le cinéaste s’est ensuite tourné vers la télévision. On ne sait comment le projet du Procès du siècleDenial a pu lui arriver dans les mains, toujours est-il qu’on attendait une mise en scène plus impliquée plutôt qu’une illustration technique d’un scénario pourtant brillant et passionnant, adapté de l’ouvrage History on Trial: My Day in Court with a Holocaust Denier dans lequel l’historienne américaine Deborah Lipstadt revenait en détails sur le procès en diffamation intenté à son encontre par l’auteur britannique David Irving, qu’elle désignait comme négateur de la Shoah. Après trois mois de procès à Londres, de janvier à avril 2000, le verdict avait été rendu favorable à Deborah Lipstadt, le juge Charles Gray ayant désigné Irving coupable d’avoir délibérément manipulé des faits historiques à des fins idéologiques personnelles.

Du point de vue cinématographique, Le Procès du siècle ne fait certes pas d’esbroufe inutile, mais la mise en scène est bien trop paresseuse et repose entièrement sur le jeu des comédiens. Comme d’habitude, nous n’avons d’yeux que pour Rachel Weisz (Hilary Swank avait été longtemps envisagée), sublime, quasiment de tous les plans, qui s’empare de son rôle avec force. Si Tom Wilkinson et Andrew Scott tirent facilement son épingle du jeu, Timothy Spall dans le rôle de l’adversaire de Deborah Lipstadt, grimace constamment. Son monstrueux personnage, puant et suintant de prétention, n’avait pas besoin que l’acteur en rajoute avec un côté théâtral agaçant, dont il abuse d’ailleurs régulièrement. Heureusement, l’histoire est suffisamment prenante du début à la fin, même si l’ensemble manque finalement de surprises, et on apprécie que David Hare ait respecté à la lettre les archives officielles et les procès-verbaux originaux.

Malgré sa mise en scène fonctionnelle, son manque de rythme et ses quelques écarts – on ne sait combien de fois le personnage de Deborah Lipstadt est filmé en train de faire son jogging – pour combler les trous entre deux plaidoiries, Le Procès du siècle ne laisse évidemment pas indifférent, notamment la visite de l’ancien camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, même si du point de vue formel rien ne le distingue de la multitude des « films de procès ».

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray du Procès du siècle, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Pour la sortie du film de Mick Jackson dans les bacs, l’éditeur n’a heureusement pas repris le visuel hideux de l’affiche française d’exploitation, mais s’est inspiré de celui de l’affiche du film Amen de Costa-Gavras, en plaçant les visages des trois comédiens principaux. Le menu principal est animé et musical.

M6 Vidéo va au plus simple en livrant quatre entretiens promotionnels avec le réalisateur Mick Jackson accompagné du scénariste David Hare (6’), l’historienne Deborah Lipstadt (7’), Timothy Spall (7’) et Tom Wilkinson (7’). On sent les interviews chronométrées et réalisées à la chaîne avec les mêmes sempiternelles questions sur l’histoire vraie narrée dans le film, les partis pris, sur le jeu et la préparation de Rachel Weisz. Si les trois premiers jouent le jeu en se contentant de faire des phrases toutes faites, les deux comédiens ne cachent pas leur ennui, en particulier Tom Wilkinson qui baille d’ailleurs plusieurs fois devant la journaliste. Quelque peu bougon, il regarde son interlocutrice (hors-champs), d’autant plus qu’elle n’a de cesse de le flatter, tout en faisant les questions et les réponses.

Nous trouvons également une mini-featurette (3’30), composée de rapides propos des comédiens et d’images de tournage. Sans intérêt.

L’Image et le son

La photo du Procès du siècle est signée Haris Zambarloukos, chef opérateur éclectique de Mamma Mia !, The Other Man, Thor et Locke. Les partis pris sont plutôt élégants et trouvent en HD un écrin parfait, les contrastes sont solides et la clarté évidente. Si le rendu est parfois un peu doux et le piqué pas aussi incisif qu’espéré, la définition demeure quasi-optimale, les détails ciselés, la colorimétrie est flatteuse et le codec AVC fait ardemment son boulot.

Les versions anglaise et française sont disponibles en DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0. Les 5.1. imposent une petite spatialisation discrète mais bel et bien palpable avec diverses ambiances et surtout la très présente musique d’Howard Shore qui percent les enceintes latérales, en plongeant directement le spectateur au beau milieu du procès éponyme. Certes, le film repose en grande partie sur les dialogues, mais il serait dommage de se priver de ce petit plus. Saluons également la tonicité des deux pistes 2.0 qui contenteront aisément ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © SquareOne/Universum / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Don’t Kill It, réalisé par Mike Mendez

DON’T KILL IT réalisé par Mike Mendez, disponible en DVD le 6 septembre 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs :   Dolph Lundgren, Kristina Klebe, Elissa Dowling, Billy Slaughter, Michael Aaron Milligan, Tara Cardinal…

Scénario :  Dan Berk, Robert Olsen

Photographie : Jan-Michael Losada

Musique : Juliette Beavan,  Sean Beavan

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Un démon antique est accidentellement libéré dans une petite ville dépeuplée du Mississippi. Le seul espoir de survie repose entre les mains d’un chasseur de démons et d’un agent du FBI.

Dolph Lundgren peut encore compter sur la fidélité de nombreux fans, y compris pour ses productions qui sortent directement dans les bacs. C’est le cas ici de Don’t Kill It. Si la carrière du comédien reste aujourd’hui marquée par quelques obscures séries B et Z, Les Maîtres de l’univers, Punisher, Universal Soldier, Au-dessus de la loi, Pentathlon ou encore Johnny Mnemonic, les épisodes de la franchise Expendables – Unité spéciale ont démontré qu’il restait une «  icône  » du genre dans le cinéma d’action. Né le 3 novembre 1957, Dolph Lundgren obtient une maîtrise en chimie après avoir suivi les cours du prestigieux Institut royal de technologie de sa ville natale Stockholm. Le nez plongé dans les livres et se consacrant à de hautes études, il souhaite devenir ingénieur comme son père. À 16 ans, il découvre les arts martiaux, le judo et le karaté, et commence la compétition de haut niveau en 1979, deux ans avant de devenir ceinture noire. Son gabarit et sa taille (1m96) impressionnent. Il participe au deuxième championnat du monde, emmagasine les titres nationaux au début des années 80. C’est alors qu’il rencontre Warren Robertson, professeur d’art dramatique, disciple de l’imminent Lee Strasberg. C’est une révélation, il décide de devenir comédien.

Il fait ainsi sa première apparition en 1985 dans le dernier James Bond de Roger Moore, Dangereusement vôtre. S’il n’est qu’une silhouette derrière Grace Jones, sa compagne d’alors, Lundgren enchaîne les auditions. Il passe celle pour Rambo II (la mission), mais Stallone l’imagine d’emblée pour incarner le rival de Rocky dans le quatrième opus. En 1985, Rocky IV sort sur les écrans et c’est un triomphe international. Acteur-phénomène, il est remarqué par les célèbres Menahem Golan et Yoram Globus, qui lui proposent le premier rôle dans l’adaptation live des Maîtres de l’univers. Le film est un échec critique et commercial, mais les années en ont fait un vrai objet de culte. Dolph Lundgren rebondit aussitôt et se voit offrir le scénario du Scorpion rouge que doit mettre en scène Joseph Zito, porté par les succès de Vendredi 13 – Chapitre 4 : Chapitre final, ainsi que Portés disparus et Invasion U.S.A. avec Chuck Norris. Les années 1990 sourient alors au comédien, mais les années 2000 seront difficiles et comme beaucoup de ses confrères spécialisés dans l’action (dont un certain Steven S à la coupe de cheveux en triangle), il enchaîne les films, la plupart du temps à petit budget, destinés au marché du DVD. Malgré cette période, Dolph Lundgren conserve aujourd’hui toute la sympathie des spectateurs nostalgiques de ce genre de divertissements et se voit souvent inviter par quelques réalisateurs qui ont grandi avec ses films. Il parvient d’ailleurs à tirer profit de ce regain de popularité puisqu’il est dernièrement apparu dans la série Arrow, et qu’il est déjà annoncé au casting d’Aquaman de James Wan et de Creed 2 dans lequel il reprendra son rôle mythique d’Ivan Drago ! Mais le film qui nous intéresse, Don’t Kill It, est une petite production au budget de 3,5 millions de dollars, qui intègre le haut du panier dans les DTV de l’ami Dolph, en l’occurrence une pure série B, une comédie fantastique et d’horreur, souvent gore, qui n’a pas peur du ridicule puisque le grotesque est volontaire.

Un mal très ancien sévit dans une petite ville du Mississippi, passant d’un hôte à un autre à la manière du Témoin du mal de Gregory Hoblit (1998), et semant mort et destruction sur son chemin. Seul espoir de survie, un grisonnant chasseur de démons ayant déjà fait face à cette horreur par le passé. Accompagné d’un agent du FBI réticent (Kristina Klebe), Jebediah doit découvrir comment détruire ce démon qui a la capacité de prendre possession de son tueur. Voilà. En partant sur un principe simple et usé jusqu’à la moelle, Don’t Kill It remplit son contrat et s’avère un film d’action bien bourrin et sanglant, qui repose autant sur la décontraction et le charisme buriné de Dolph Lungren, que sur d’efficaces effets de possession et les carnages qui s’ensuivent à coup de tronçonneuse, de machette et de coups de fusil à pompe.

Bien mieux et emballant que Le Dernier chasseur de sorcières avec Vin « Baboulinet » Diesel et animé par un amour contagieux de la série B, Don’t Kill It est l’oeuvre de Mike Mendez, découvert en 2000 avec Le Couvent et le déjà culte Big Ass Spider ! (2013), monteur, acteur, scénariste, le genre de type qui s’est fait tout seul, qui n’a jamais eu la prétention de révolutionner le cinéma, mais qui s’éclate à en faire et qui souhaite faire plaisir aux spectateurs. Et ça fonctionne ! Le scénario est généreux et ne se prend pas au sérieux une seconde. Dolph Lundgren s’éclate du début à la fin. Vêtu d’un long manteau usé jusqu’à la moelle, de boots et d’un chapeau de cowboy, il arbore des grigris autour du cou et vapote sa pipe électronique. Il est prêt à affronter le mal avec ses pétoires, son lance-filet à air comprimé et ses pièges à loups (oui), mais finalement, son personnage ne fait pas grand-chose à part observer le carnage tandis que le mal passe d’un flic à une grand-mère, en passant par un chasseur, une petite fille, un chien, etc. Son personnage de pistolero, il aurait d’ailleurs été un parfait Roland dans La Tour Sombre, reste cool et intervient finalement quand on le laisse en placer une, s’il n’est pas assommé avant.

Tourné en trois semaines, Don’t Kill It est une réussite dans le genre décomplexé et qui va droit à l’essentiel en à peine 80 minutes grâce à une mise en scène bien tenue, une photographie qui a de la gueule et un montage tonique. Très drôle et attachant, on en vient même à vouloir une suite, d’autant plus que la scène finale promet un affrontement plutôt…mordant.

LE DVD

Le test du DVD de Don’t Kill It, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est légèrement animé et musical. La jaquette reprend le visuel de l’affiche américaine.

Aucun supplément à part la bande-annonce en version française.

L’Image et le son

Pas d’édition HD pour Don’t Kill It, ce qui est d’autant plus dommage que le DVD proposé s’avère très médiocre. Cela faisait d’ailleurs longtemps que nous n’avions pas vu une copie aussi moche à vrai dire. Le premier plan sur la forêt donne le ton avec des couleurs délavées, des pixels à foison, un piqué émoussé, des contrastes aléatoires, des fourmillements, des moirages, tout y passe. On se demande même si le film n’a pas été tourné avec une Smartphone ou un appareil photo. Ceci dit, voir le film dans ces conditions rajoute presque un côté cradingue qui renforce l’aspect série B de Don’t Kill It. Certaines séquences semblent voilées, d’autres se révèlent plus claires et aiguisées.

Sans réelle surprise, la piste DTS 5.1 anglaise se révèle nettement plus homogène, naturelle et dynamique que les deux pistes Dolby Digital 5.1 française et également anglaise disponibles. Sans aucune commune mesure, le spectacle est beaucoup plus fracassant sur la première option acoustique que sur les deux autres, paresseuses, déséquilibrées et qui peinent à instaurer une spatialisation digne de ce nom. La version originale DTS 5.1 n’est pas avare en effets sur les scènes de carnage avec un grand soutien du caisson de basses et des latérales qui délivrent une musique qui risque d’alarmer vos voisins. Les sous-titres français sont de couleur jaune.

Crédits images : © Koch Films / M  Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Brimstone, réalisé par Martin Koolhoven

BRIMSTONE réalisé par Martin Koolhoven, disponible en DVD et Blu-ray le 23 août 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Guy Pearce, Dakota Fanning, Carice van Houten, Kit Harington, Emilia Jones, Ivy George…

Scénario : Martin Koolhoven

Photographie : Rogier Stoffers

Musique : Junkie XL

Durée : 2h29

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…

Depuis dix ans, rares sont les westerns qui ont su en plus marquer les cinéphiles. Citons pêle-mêle L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d’Andrew Dominik (2007), 3h10 pour Yuma de James Mangold (2008), Appaloosa d’Ed Harris (2008), Blackthoarn de Mateo Gil (2010), True Grit des frères Coen (2010), Shérif JacksonSweetwater des frères Miller (2013), Gold de Thomas Arslan (2013), The Salvation de Kristian Levring (2014) et Bone Tomahawk de S. Craig Zahler (2015). Le Django Unchained de Quentin Tarantino s’avérait plus une parodie qu’un véritable western pur et dur comme pouvait l’être Les Huit Salopards en 2016. Dans cette poignée de films, trois se démarquent par la nationalité de leurs réalisateurs et donc par leur interprétation singulière du mythe américain, entre l’espagnol Mateo Gil, l’allemand Thomas Arslan et le danois Kristian Levring. Il faudra désormais compter sur le néerlandais Martin Koolhoven qui signe et réalise avec Brimstone un très grand film, un western à la frontière de plusieurs genres, qui n’est pas sans rappeler La Nuit du Chasseur de Charles Laughton (1955).

Sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise en 2016 et interdit en salles aux moins de 16 ans en France, Brimstone voit ses 150 minutes divisées en quatre chapitres, Revelation, Exodus, Genesis et Retribution (Châtiment), qui racontent l’histoire à rebours. En se servant du western comme support et repères, Martin Koolhoven déjoue les codes et livre en réalité une redoutable et admirable relecture du boogeyman, ici caractérisé par le personnage d’un pasteur fou à lier, qui a décidé d’épouser sa propre fille et d’avoir des enfants avec elle.

Brimstone est un véritable jeu de pistes dans lequel la jeune Liz se retrouve comme enfermée dans un labyrinthe avec un prédateur lancé à sa poursuite. Le prêcheur déviant et conforté dans ses noirs desseins par la religion, du moins par sa manière d’interpréter les textes sacrés, est incarné par Guy Pearce. Acteur caméléon, passant d’un registre à l’autre, la théâtralité de son jeu a souvent créé un décalage inquiétant comme dans Des hommes sans loi de John Hillcoat. Ridicule et pathétique, il est aussi et surtout immonde, terrifiant et angoissant dans Brimstone, avançant comme un monstre invulnérable, bien décidé à rattraper sa fille qui s’est échappée après la mort brutale de sa mère, interprétée ici par Carice Van Houten.

Liz est aussi le rôle d’une résurrection, celle de Dakota Fanning. Alors que sa sœur Elle enchaîne les projets, celle qui avait estomaqué la planète entière à travers ses prestations dans Man on fire de Tony Scott (2004) et La Guerre des mondes de Steven Spielberg (2005), se faisait plus rare sur les écrans. A part quelques apparitions dans la saga Twilight et une première tentative pour sortir du carcan de l’enfant-comédien dans Les Runaways de Floria Sigismondi, Dakota Fanning avait quelque peu disparu du devant de la scène. Elle crève à nouveau l’écran dans Brimstone dans un rôle quasi-muet. N’oublions pas la grande performance de la jeune Emilia Jones, qui interprète le même personnage enfant et au stade de l’adolescence. Seul bémol au tableau avec la participation du falot Kit Harington (plus connu sous le nom de Jon Snow dans la série événement Game of Thrones), qui promène son absence de charisme et une mauvaise imitation de Woody Harrelson dans quelques séquences.

Magnifiquement photographié par le chef opérateur Rogier Stoffers (Rock academy, Je te promets) et sans oublier la composition hypnotique de Junkie XL, ce western crépusculaire, quasi-fantastique, brutal et très violent – certaines scènes demeurent déconseillées aux spectateurs les plus sensibles – réalisé d’un point de vue féminin, récit initiatique, drame psychologique et fable sur le fanatisme religieux subjugue du début à la fin, s’avère aussi éprouvant que puissant et flamboyant.

LE BLU-RAY

L’édition HD de Brimstone a été réalisée à partir d’un check-disc. Le menu principal est élégant, animé et musical.

Celles et ceux qui auraient été subjugués par Brimstone, devront se ruer sur les scènes coupées (14’). Ces séquences auraient pu tout à fait être intégrées au montage final et ont sûrement été mises de côté en raison de la durée déjà conséquente du film. Quelques scènes sont introduites par le clap et la voix du réalisateur Martin Koolhoven, notamment lors de la scène alternative du duel dans la rue. D’autres séquences appuient le caractère rebelle du beau-fils de Liz à son égard (il demande à son père qu’elle s’en aille de la maison), ou bien prolongent la pendaison de la prostituée où toutes ses amies lui rendent hommage à travers une prière.

Le meilleur de cette interactivité demeure l’interview de Martin Koolhoven (23’), qui posément évoque la genèse de Brimstone (né après son refus de réaliser une comedie-romantique !) et la longue et difficile gestation de son western qu’il voulait personnel et original. Il évoque également la forme du récit, le désir de jouer avec les genres, ses références (Il était une fois dans l’Ouest est le film qui lui a donné envie de faire du cinéma), la façon d’aborder la violence à l’écran, le casting et le travail avec les comédiens, les personnages et leur évolution et les lieux de tournage en Hongrie, en Espagne, en Allemagne et en Autriche.

L’éditeur propose également un document (36’) essentiellement destiné aux musiciens ainsi qu’aux passionnés de musiques de films. Junkie XL de son vrai nom Tom Holkenborg, est le compositeur de la musique de Brimstone. On lui doit également les musiques de Deadpool, La Tour Sombre, Batman v Superman: L’aube de la justice et Mad Max: Fury Road. Filmé par plusieurs caméras et entouré d’ordinateurs, Junkie XL s’adresse directement à ses confrères, aux débutants et tout simplement aux plus curieux, dans le but de détailler toutes les étapes qui ont mené à l’un des thèmes principaux du film de Martin Koolhoven. Si l’entreprise est à saluer, ce module est beaucoup trop long et des néophytes risquent de décrocher rapidement, d’autant plus que Junkie XL utilise un jargon réservé aux initiés.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce et une galerie de photos du film et du tournage.

Signalons que l’édition 2 DVD contient en plus des entretiens avec Dakota Fanning, Guy Pearce et Kit Harington !

L’Image et le son

M6 Vidéo signe un sans-faute avec ce master HD immaculé de Brimstone. Tout d’abord, c’est la clarté et le relief des séquences diurnes qui impressionnent et flattent la rétine. Les couleurs sont chatoyantes puis deviennent de plus en plus froides jusqu’à la partie enneigée, le piqué est vigoureusement acéré, les détails abondent aux quatre coins du cadre large, restituant admirablement la beauté des paysages et les contrastes affichent une densité remarquable. Ajoutez à cela une profondeur de champ constante, des ambiances tamisées séduisantes et des teintes irrésistibles et vous obtenez le nec plus ultra de la Haute-Définition. Un transfert très élégant mais rien de très étonnant quand on sait que Brimstone a été tourné avec la caméra numérique Arri Alexa XT.

Les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1 se révèlent particulièrement riches et instaurent un large confort acoustique. En version originale, les dialogues auraient néanmoins mérité d’être un peu plus relevés sur la centrale, mais nous vous conseillons d’éviter l’horrible doublage français. Dans les deux cas, la spatialisation musicale demeure évidente, les latérales soutiennent l’ensemble comme il se doit, les ambiances naturelles ne manquent pas tandis que le caisson de basses intervient à bon escient. Deux DTS-HD Master Audio 2.0, forcément moins enveloppantes, sont également disponibles, ainsi que les sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants.

Crédits images : © The jokers / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Baby Phone, réalisé par Olivier Casas

BABY PHONE réalisé par Olivier Casas, disponible en DVD le 12 juillet 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Medi Sadoun, Anne Marivin, Pascal Demolon, Lannick Gautry, Michel Jonasz, Marie-Christine Adam, Barbara Schulz…

Scénario : Olivier Casas, Serge Lamadie, Audrey Lanj

Photographie : Sylvain Rodriguez

Musique : Laurent Aknin

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

A l’origine de Baby Phone il y a un court-métrage du même nom réalisé par Olivier Casas en 2014, qui reprend exactement le même point de départ. Si l’idée était séduisante et convenait parfaitement à un format court, on ne peut vraiment pas en dire autant pour la version long métrage qui ne fonctionne pas du tout et ce dès les premières minutes. Autant le dire d’emblée, Baby Phone est une catastrophe sur le fond comme sur la forme. Ben est marié Charlotte, avec qui il vient d’avoir une petite fille. Jeune compositeur en mal de reconnaissance, il décide de demander à leur ami d’enfance, manager d’une chanteuse très connue, de devenir le parrain de leur fille, dans l’espoir de dynamiser sa carrière. Pour le convaincre de venir chez eux, lors d’un dîner de famille, et réunir le quatuor d’amis qu’ils formaient à l’époque, il fait croire que son père est sur le point de mourir. De quiproquos en malentendus, la soirée se transforme vite en cauchemar pour Ben. Jusqu’au point de non-retour, quand le futur parrain et l’autre vieux pote se rendent dans la chambre du bébé et entament une série de mauvaises blagues. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le baby phone est branché dans le salon et que tout le monde profite de leur conversation.

Si les comédiens font le boulot, en particulier Medi Sadoun (très sobre), Pascal Demolon (agité, comme d’habitude) et Michel Jonasz (qui détient les meilleures scènes), ils sont tous au service d’une mécanique qui tourne à vide et sont malheureusement peu aidés par des dialogues d’une platitude confondante avec un pauvre « Elle a fait caca ? » récurrent. Ils valent tellement mieux que ça ! Les décors, le rythme, le montage, la mise en scène sont franchement atroces et on a très vite de la peine de voir ces acteurs, que l’on aime habituellement, se débattre comme ils le peuvent pour faire exister ces personnages sans aucune consistance. Par ailleurs, le pitch n’a rien de bien nouveau et la mixture finale s’apparente à une salade composée d’Un air de famille de Cédric Klapisch, de Cuisine et dépendances de Philippe Muyl, du Prénom d’Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte, mais aussi sur le méconnu et sympathique Les Meilleurs amis du monde de Julien Rambaldi. En effet, dans ce dernier, à la suite d’une mauvaise manipulation téléphonique, un couple entendait aussi ce que leurs amis pensaient réellement d’eux. Rien de nouveau dans Baby phone donc, qui se contente d’enchaîner les scènes sans enjeux et de façon répétitive. De plus, Baby Phone n’est pas vraiment une comédie, on esquisse à peine deux sourires, mais instaure un véritable malaise, d’une part en raison de son ratage technique, mais également par ses situations qui n’ont rien de drôles.

Olivier Casas, réalisateur, producteur et scénariste, racle les fonds de tiroir pour étendre son film sur 81 minutes (génériques compris) avec ses sept personnages enfermés dans un appartement. L’émotion est poussive (la chanson finale), artificielle, tandis que l’histoire se clôt de façon gratuite et bien trop facile après une succession de saynètes empilées à la va comme je te pousse. Mauvaise pièce de boulevard filmée, Baby phone compile donc toutes les tares du cinéma français dans ce qu’il peut faire de pire et l’on se demande parfois comment des projets aussi paresseux sur le papier et aussi pauvres techniquement réussissent encore à voir le jour. Très embarrassant.

LE DVD

Le test du DVD de Baby Phone, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, animé sur une musique guillerette et ne reflète pas du tout le film.

Chose étonnante pour un petit film de cet acabit, nous trouvons un commentaire audio du réalisateur Olivier Casas accompagné pour l’occasion de l’excellent Pascal Demolon. Si la complicité entre les deux hommes, visiblement amis, est évidente, on ne peut pas dire que ce commentaire vole bien haut et l’intérêt demeure très limité. Ce n’est pas que le commentaire soit désagréable, mais les deux intervenants paraissent eux-mêmes conscients de ne pas avoir grand-chose à dire sur le tournage de Baby Phone. On y évoque parfois le casting et les conditions des prises de vues, la musique, le court-métrage à l’origine de Baby Phone (déjà avec Pascal Demolon et Marie-Christine Adam) et on apprend que le comédien a fumé beaucoup de cigares et mangé beaucoup de quiches pour les besoins du tournage. Rien de passionnant donc.

Le making of (18’) est plutôt sympathique. Olivier Casas et sa compagne Audrey Lanj (tous les deux scénaristes) reviennent sur la genèse de Baby Phone, les comédiens présentent les personnages et l’histoire, tandis que des images dévoilent l’envers du décor. Dommage que le film ne soit pas à la hauteur des propos intelligents, des compliments tenus ici par les acteurs et de la rigueur apparente du réalisateur.

S’ensuivent trois scènes coupées (5’) qui n’apportent évidemment rien à l’ensemble, si ce n’est une fin alternative plutôt pas mal et qui aurait pu être gardée tant elle se révèle bien plus réussie et mise en scène par rapport à celle finalement gardée au montage final.

L’Image et le son

Ce master offre des conditions de visionnage banales et sans esbroufe. La colorimétrie est plutôt bien agencée, mais la définition demeure passable, même sur les quelques plans rapprochés. La clarté est de mise, les contrastes corrects, cependant le piqué manque de précision et certaines séquences apparaissent plus ternes que d’autres et s’accompagnent de moirages ainsi que de saccades.

Baby Phone n’est pas un film à effets et le mixage Dolby Digital 5.1 assure le service minimum. L’essentiel de l’action est canalisé sur les enceintes avant, même si chacune des très rares séquences en extérieur s’accompagne inévitablement d’ambiances naturelles. Il en est de même pour la musique systématiquement mise en valeur par l’ensemble des enceintes. Les voix sont solidement délivrées par la centrale. La piste Stéréo saura contenter ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. Pas de sous-titres pour les spectateurs sourds et malentendants.

Crédits images : © La Belle Company / M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / À ceux qui nous ont offensés, réalisé par Adam Smith

À CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS (Trespass Against Us) réalisé par Adam Smith, disponible en DVD et Blu-ray le 5 juillet 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Michael Fassbender, Brendan Gleeson, Lyndsey Marshal, Georgie Smith, Rory Kinnear, Killian Scott, Sean Harris…

Scénario : Alastair Siddons

Photographie : Eduard Grau

Musique : The Chemical Brothers

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Les Cutler vivent comme des hors-la-loi depuis toujours dans une des plus riches campagnes anglaises, braconnant, cambriolant les résidences secondaires et narguant la police. Luttant pour faire perdurer leur mode de vie, Chad est tiraillé entre les principes archaïques de son père et la volonté de faire le nécessaire pour ses enfants. Mais la police, les traquant sans relâche, l’obligera peut-être à choisir entre sa culture et le bonheur des siens…

Depuis dix ans et sa révélation au grand public dans Angel de François Ozon, Michael Fassbdender est devenu l’un des acteurs les plus demandés du cinéma. Il faut dire que le comédien germano-irlandais a su très vite montrer l’étendue de son talent et de son registre, en étant capable de passer du blockbuster (300, Inglourious Basterds, Jonah Hex, les derniers X-Men, Prometheus, Assassin’s Creed, Alien : Covenant) au petit film d’auteur (Hunger, Shame, Fish Tank, Jane Eyre, Frank) avec une incroyable aisance. Entre deux grandes machines hollywoodiennes, il est la vedette d’À ceux qui nous ont offensésTrespass Against Us, premier long métrage d’Adam Smith, réalisateur venu de la télévision (Skins, Little Dorrit, Doctor Who) et auteur d’un documentaire- concert filmé des Chemical Brothers, Don’t Think (2012).

À ceux qui nous ont offensés est l’histoire de Chad Cutler (Michael Fassbender), père d’un petit garçon et d’une fille, issu de la deuxième génération de gens du voyage à vivre dans l’ouest du Royaume-Uni. Colby (Brendan Gleeson), son père, adore raconter des histoires à dormir debout autour du feu de camp et encourage ses petits-enfants à se méfier de ce qu’ils apprennent à l’école. Chad, qui ne sait ni lire ni écrire, et son épouse Kelly (Lyndsey Marshal) ne sont pas d’accord avec lui et veulent un meilleur avenir pour leurs enfants. Quand une série de vols se produit dans la région, la police suspecte immédiatement cette communauté. Chad, coupable idéal en raison de son passé de cambrioleur, est harcelé par les autorités. Soyons honnêtes, À ceux qui nous ont offensés passerait inaperçu s’il ne bénéficiait pas d’un tel casting. Ecrit par Alastair Siddons, le scénario voudrait inscrire le film dans une réalité sociale propre aux familles de nomades, mais s’en éloigne en narrant une intrigue parallèle faite de larcins et d’hommes traqués par la police, afin de rendre le film divertissant. Le film est certes bancal et peu réaliste, mais plaisant à suivre, grâce à l’investissement des acteurs.

Le duel amour-haine entre un père et son fils interprétés par Brandan Gleeson et Michael Fassbdender – également père et fils dans Assassin’s Creed de Justin Kurzel – emporte tous les suffrages. Ces monstres de charisme sont également bien épaulés par les excellents Lyndsey Marshal (vue dans la série Rome et Au-delà de Clint Eastwood), Rory Kinnear et Sean Harris. À ceux qui nous ont offensés est la chronique d’une famille où les générations s’affrontent. Le grand-père est fier d’avoir élevé son fils lui-même, loin des institutions, envers et contre tous, tandis que le fils, illettré comme son père (qui est fier de l’être), désire s’en affranchir et surtout que ses propres enfants aillent à l’école pour recevoir une éducation qu’il n’a pas eue. De ce point de vue, le film d’Adam Smith est très réussi. Inspiré par Chat noir, chat blanc d’Emir Kusturica, le réalisateur parvient à restituer les conditions de vie de cette communauté, sans tomber dans la caricature gratuite, sans pathos, sans non plus chercher l’empathie gratuite. Le film pèche avec cette pseudo-histoire faite de cambriolages et de vols commis dans les manoirs du comté par une bande de gitans hors-la-loi qui parviennent à échapper à la police grâce aux talents de Chad au volant. Le cocktail a du mal à prendre, même si encore une fois les acteurs sont parfaits et la mise en scène plutôt soignée (la course-poursuite nocturne est même très bien), tout comme la composition de Tom Rowlands des Chemical Brothers.

À ceux qui nous ont offensés est un joli film, même s’il finit par s’éloigner de tout réalisme documentaire, ce que le metteur en scène souhaitait au départ, au profit de l’entertainment et de l’émotion avec un final plutôt étonnant. Si on aurait préféré que tous ces ingrédients se mélangent mieux, il serait dommage de passer à côté de cette histoire qui contient quand même plus de qualités que de défauts.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’À ceux qui nous ont offensés, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. La jaquette reprend le visuel de l’affiche du film. Le menu principal est sobre, animé et musical.

Aux côtés de la bande-annonce du film, l’éditeur joint un entretien avec Michael Fassbender (16’) réalisé sur le plateau. Visiblement très investi sur ce petit film, le comédien répond aux questions (qui apparaissent sous forme de carton) et défend le premier long métrage d’Adam Smith en détaillant les personnages et les thèmes. Le scénario est passé au peigne fin, tout comme le travail avec les très jeunes acteurs et le reste du casting, qu’on aurait également voulu entendre.

L’Image et le son

Etonnant qu’avec ses 20.000 entrées au compteur, le film d’Adam Smith bénéficie d’une édition HD alors que nous disions dernièrement que La Confession (plus de 200.000 spectateurs) devait se contenter d’une simple édition DVD. Mais ne faisons pas la fine bouche. La photo signée Eduard Gray (A Single Man, Buried, Suite française) est habilement restituée, notamment les partis pris esthétiques, la colorimétrie vive et saturée sur les séquences diurnes, et un piqué joliment acéré. Les détails sont abondants sur le cadre large, la luminosité omniprésente. Là où le bât blesse, c’est que ce master apparaît beaucoup trop lisse, agressif, laqué et manque de patine.

Quatre mixages au programme ! Nous n’avons pas à nous plaindre des mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 qui répartissent les répliques, la musique et les effets avec une belle fulgurance. Il est évidemment nécessaire de visionner À ceux qui nous ont offensés en version originale, même si la piste française s’en sort aussi bien, techniquement parlant. La séquence de poursuite jouit d’une belle ouverture de l’ensemble des enceintes, les ambiances fusant de toutes parts. Le caisson de basses intervient aux moments opportuns et souligne les vrombissements des moteurs dès la scène d’ouverture. Les pistes Stéréo instaurent un confort acoustique riche et très plaisant.

Crédits images : © The Jokers / Le Pacte / SND / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / La Confession, réalisé par Nicolas Boukhrief

LA CONFESSION réalisé par Nicolas Boukhrief, disponible en DVD le 12 juillet 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot, Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre

Scénario : Nicolas Boukhrief d’après le roman Léon Morin, Prêtre de Béatrix Beck

Photographie : Manuel Dacosse

Musique : Nicolas Errèra

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Après la sortie chaotique de son précédent et formidable film Made in France, paralysé au moment de la production par les attentats terroristes de Charlie Hebdo, puis au moment de sa distribution après ceux du Bataclan, Nicolas Boukhrief a immédiatement enchaîné avec La Confession. Ce long métrage beaucoup plus apaisé en apparence, est une nouvelle adaptation du célèbre roman – très autobiographique – Léon Morin, Prêtre de Béatrix Beck, Prix Goncourt en 1952. Le réalisateur et scénariste, ancien critique cinématographique et rédacteur du magazine Starfix à ses débuts signe son septième film, plus de vingt ans après Va mourire (1995). Loin du genre qui l’a fait connaître, autrement dit le polar stylisé (Le Convoyeur, Cortex, Gardiens de l’ordre), Nicolas Boukhrief adapte librement et en solo le livre original, après avoir lui-même acheté les droits, tout en s’éloignant du film de la version de Jean-Pierre Melville réalisée en 1961 avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva. Il ne s’agit donc pas d’un remake, mais d’une version personnelle, intimiste, pudique, mais où la violence des sentiments n’a rien à envier aux affrontements physiques habituellement mis en scène par le réalisateur.

Dans un village français, pendant l’Occupation, Léon Morin, le nouveau prêtre, jeune et beau, provoque l’émoi chez les habitantes. Les hommes du village sont soit morts au front soit emprisonnés. Barny, une jeune communiste qui ne croit pas en Dieu, est la seule à ne pas s’enthousiasmer. En confession, elle tente de le défier, et lui reprocher son attitude vis-à-vis des Allemands. Or, Morin n’est pas du genre à se laisser déstabiliser facilement. Ils se rencontrent souvent, évoquent la religion et l’existence de Dieu. Alors qu’ils commencent à être attirés l’un par l’autre, les Allemands viennent arrêter dix otages. Cela faisait plusieurs années que Nicolas Boukhrief cherchait à adapter ce roman qui l’avait bouleversé dans sa jeunesse, en essuyant systématiquement le refus des producteurs, probablement trop frileux à l’idée d’être ensuite comparé à Jean-Pierre Melville. Il aura fallu la rencontre des producteurs Cément Miserez et Mathieu Warter, à qui l’on doit Made in France, pour que le cinéaste puisse enfin obtenir le feu vert pour cette transposition.

Drame intense, La Confession vaut tout d’abord pour la confrontation entre Romain Duris et Marine Vacth. Les deux comédiens, excellemment dirigés, sont filmés comme s’ils étaient sur le front. Le premier recevant les propos de la seconde comme s’il recevait des balles dans le corps, tout en comprenant très vite que cette jeune femme, dont le mari est prisonnier en Allemagne, est elle-même blessée. Servant alors de défouloir, le père Morin encaisse la franchise de la jeune femme, y compris quand elle évoque s’adonner à la masturbation, en restant droit et dans son rôle, ce qui ne fait que décontenancer Barny, habituellement rejetée par ses connaissances et ses collègues de travail pour son tempérament et sa volonté de choquer. S’instaure alors une relation ambigüe entre ces deux solitudes, dont l’attirance est réciproque.

Cinéaste de l’action, Nicolas Boukhrief parvient à filmer ces échanges comme si les deux protagonistes en venaient aux mains. Le père Morin, excellemment interprété par un Romain Duris en état de grâce, dont la voix n’a jamais été aussi bien posée et qui trouve ici un de ses plus beaux rôles, et Barny, merveilleusement incarnée par la diaphane et sensuelle Marine Vacth, rentrent en collision, sur le terrain de la sincérité absolue, dans leur foi et leur ouverture. Bien plus qu’un drame, La Confession est un véritable mélodrame et même une tragédie amoureuse, centrée sur deux êtres que tout oppose et qui vont pourtant s’aimer – de manière platonique certes – malgré les interdits.

Film sous tension, troublant, aux dialogues percutants et à la photographie élégante, La Confession foudroie par la beauté, le magnétisme et le talent de ses comédiens, véritable couple de cinéma, par la force, la délicatesse et la modernité – en évitant l’anachronisme – de ses dialogues et la virtuosité discrète de sa mise en scène. Encore une très grande réussite de la part d’un de nos meilleurs metteurs en scène aujourd’hui.

LE DVD

Le test du DVD de La Confession, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Pour cette sortie dans les bacs, le visuel a été revu et ne reprend pas celui de l’affiche cinéma. Malgré plus de 200.000 spectateurs dans les salles, le film de Nicolas Boukhrief ne bénéficie pas d’une sortie en Haute-Définition, ce qui est bien dommage. Le menu principal est animé et musical.

En guise de suppléments, outre la bande-annonce, l’éditeur ne joint qu’un entretien entre Nicolas Boukhrief et l’abbé Amar (15’). Le réalisateur rencontre le curé de la paroisse de Limay-Vexin afin de parler de La Confession. Ce dernier s’exprime d’emblée et indique « que cela fait plaisir de voir un film avec un prêtre qui n’est ni un débile, ni un pervers, mais bien dans ses pompes », ce qui réjouit Nicolas Boukhrief. Quelques petites scènes coupées au montage viennent illustrer cet échange dense et passionnant, qui revient sur la question du célibat, la prière, mais aussi les différences avec le livre de Béatrix Beck, la relation entre le père Morin et Barny, ainsi que les thèmes du film.

L’Image et le son

Avec cette édition DVD de La Confession, M6 prouve une fois de plus son savoir-faire. Le film de Nicolas Boukhrief bénéficie d’un master SD au transfert soigné et très élégant. Le piqué est évident, la clarté de mise sur les séquences en extérieur avec de superbes scènes diurnes, un léger grain se fait ressentir sur les intérieurs ambrés, feutrés et chauds, le cadre offre un lot conséquent de détails et la colorimétrie de la photographie – signée Manuel Dacosse (L’Etrange couleur des larmes de ton corps, Alléluia) – faisant la part belle aux gammes brunes est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses, et malgré un sensible bruit vidéo, des moirages constatables, les meilleures conditions techniques sont réunies pour découvrir ce bijou.

Le mixage Dolby Digital 5.1 ne déçoit pas, tant au niveau de la délivrance des dialogues que des effets latéraux. S’il n’y a pas grand-chose à redire sur la balance frontale, ce mixage parvient vraiment à immiscer le spectateur dans l’ambiance du film. Les enceintes latérales délivrent sans mal les ambiances naturelles et l’ensemble demeure harmonieux. La piste Stéréo est également de très bonne qualité et contentera ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Indignation, réalisé par James Schamus

INDIGNATION réalisé par James Schamus, disponible en DVD le 15 juin 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts, Ben Rosenfield, Melanie Blake Roth, Tijuana Ricks, Pico Alexander, Noah Robbins

Scénario : James Schamus d’après le roman Indignation de Philip Roth

Photographie : Christopher Blauvelt

Musique : Jay Wadley

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Alors que la guerre de Corée fait rage à l’autre bout du monde, le jeune Marcus Messner compte parmi les heureux élus qui ne doivent pas accomplir leur service militaire. Avec la bénédiction de son père, boucher, et une bourse de sa synagogue en poche, il quitte son New Jersey natal pour une université conservatrice de l’Ohio. De nature timide et marginale, l’intégration à la faculté du jeune homme se passe moyennement. En cause : le refus de Marcus de rejoindre la seule association d’étudiants juifs du campus et d’y rechercher activement de nouveaux amis. Il préfère se consacrer corps et âme à ses cours, jusqu’au jour où il tombe sous le charme de l’énigmatique Olivia Hutton. Celle-ci, dès leur premier rendez-vous, s’adonne à un acte sexuel qui n’en finit pas de troubler Marcus.

Indignation est le premier long métrage de James Schamus, célèbre producteur et scénariste, qui a notamment collaboré avec Ang Lee sur tous ses films depuis 1992, entre autres Tigre et Dragon, Raison et sentiments, The Ice Storm, Le Secret de Brokeback Mountain et même le mal-aimé Hulk. Présenté en section parallèle à la Berlinale en 2016, Indignation est l’adaptation du roman éponyme de Philip Roth, paru en 2008. 28e livre de l’écrivain, Indignation est le second volume du cycle romanesque intitulé Nemesis, comprenant également Un homme (2007), Le Rabaissement (2011) et Némésis (2012). L’action se déroule en 1951. Un jeune américain d’origine juive, Marcus Messner, quitte son environnement familial à Newark, dans la banlieue de New York, pour aller étudier dans l’Ohio au Winesburg College. Enfant sage et étudiant modèle, Marcus Messner voit sa vie basculer lorsqu’il se retrouve confronté aux angoisses irrationnelles de son père, au conservatisme moral et religieux en vigueur à l’université et à sa propre passion amoureuse pour une jeune fille charmante et intelligente mais au comportement sexuel instable. Et si instable voulait tout simplement dire éveillé ?

Récit initiatique et d’émancipation, histoire d’amour troublée et troublante, éveil sexuel, défense du libre-arbitre, critique d’une société antisémite, Indignation brasse de nombreux thèmes. Il y a de très belles choses dans ce film. Tout d’abord les comédiens. Bien qu’âgé de 25 ans, Logan Lerman a déjà plus de quinze ans de carrière. Vu dans Ce que veulent les femmes de Nancy Meyers et The Patriot de Roland Emmerich en 2000, le jeune acteur s’est ensuite illustré dans Le Nombre 23 de Joel Schumacher et 3 h 10 pour Yuma de James Mangold en 2007, avant de se voir confier le rôle-titre des deux opus de la franchise Percy Jackson. Devenu très demandé par les cinéastes, dernièrement chez Darren Aronofsky dans Noé et David Ayer dans Fury, Logan Lerman est non seulement la vedette d’Indignation, mais également le producteur. A ses côtés, la délicieuse Sarah Gadon, révélée au cinéma par David Cronenberg dans A Dangerous Method (2011) et revue chez le même cinéaste dans Cosmopolis (2012) et Maps to the Stars (2014). Dernièrement à l’affiche de La 9ème vie de Louis Drax d’Alexandre Aja et aux côtés de James Franco dans 22.11.63, la minisérie adaptée du chef d’oeuvre de Stephen King, Sarah Gadon illumine Indignation de sa beauté diaphane. L’alchimie entre les deux comédiens et leur immense sensibilité ne peuvent laisser le spectateur indifférent.

Cependant, Indignation demeure un film très bavard, pour ne pas dire trop écrit. Si la séquence de la confrontation entre Marcus et le doyen de l’Université s’avère percutante, certains échanges sonnent faux et manquent de spontanéité. Les personnages sont attachants, mais la mise en scène peine à donner du rythme. Qu’importent si certaines questions restent en suspens, comme ce qui arrive réellement à Olivia, cela ne fait que renforcer l’émotion de ces amours contrariées et complexes, mais James Schamus se contente trop souvent de poser sa caméra et d’observer ses protagonistes. Ainsi, la séquence dont nous parlions entre Marcus et le proviseur n’est filmée qu’en champs-contrechamps, le montage adoptant le rythme des répliques envoyées de part et d’autre.

Rien à redire sur la direction d’acteurs et la reconstitution des années 1950 est aussi discrète que réussie. On est souvent ému par cette histoire grâce au talent des comédiens, mais le spectateur peut décrocher quand le film s’éloigne du couple principal pour évoquer les relents d’antisémitisme et la question de la religion au sein du campus. Certes, Indignation n’évite pas le côté mélodramatique, linéaire et académique du « film indé américain », malgré tout l’histoire ne tombe jamais dans le pathos. En dépit de quelques points faibles, Indignation ne manque pas d’élégance et laisse un beau souvenir.

LE DVD

Disponible chez M6 Vidéo et arrivant directement dans les bacs sans passer par la case cinéma, Indignation n’est guère mis en valeur par l’éditeur avec une jaquette trop sobre et peu attractive. L’éditeur aurait peut-être gagné à mettre en avant Logan Lerman, connu des jeunes spectateurs, alors que les deux comédiens apparaissent dissimulés derrière une vitre embuée. Le menu principal est dans le même ton, animé, musical, un peu triste.

Pour cette sortie technique, l’éditeur joint deux petites featurettes de 6 minutes chacune, composée des propos de Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts, du réalisateur James Schamus et de la chef costumière Amy Roth. Aucune image de tournage à se mettre sous la dent ici, les propos des intervenants se contentent de présenter les personnages, les thèmes du film, l’adaptation du roman de Philip Roth et la reconstitution des années 1950.

L’Image et le son

Pas d’édition Blu-ray pour Indignation, qui doit se contenter d’une sortie basique en DVD, heureusement de bon acabit. Mais il est dommage de ne pas profiter de la très belle photographie du chef opérateur Christopher Blauvelt (The Bling Ring, Night Moves) en Haute-Définition. Le piqué n’est jamais pris en défaut, les contrastes sont très beaux (beaucoup de couleurs sombres et boisées), la profondeur de champ appréciable et la colorimétrie très classe. Le seul bémol provient de certaines séquences sombres et tamisées. La définition flanche quelque peu, les détails sont moins conséquents et la gestion des noirs est un poil plus déséquilibrée.

Indignation n’est pas vraiment le film avec lequel vous pourrez épater la galerie et faire une démonstration de gros son. Les versions française et anglaise sont certes proposées en Dolby Digital 5.1, mais les latérales ne servent réellement qu’à instaurer quelques ambiances naturelles et à spatialiser la musique du compositeur Jay Wadley. Deux pistes Stéréo, très dynamiques, sont également disponibles.

Crédits images : © M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Mes trésors, réalisé par Pascal Bourdiaux

MES TRÉSORS réalisé par Pascal Bourdiaux, disponible en DVD le 24 mai 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : Jean Reno, Reem Kherici, Camille Chamoux, Bruno Sanches, Pascal Demolon, Jean Reynès, Natalia Verbeke, Alexis Michalik

Scénario : Juliette Sales, Fabien Suarez, Carole Giacobbi, Michèle Giacobbi

Photographie : Vincent Gallot

Musique : Sinclair

Durée : 1h27

LE FILM

Carole est une informaticienne introvertie qui vit encore chez sa mère.
Caroline est une pickpocket rebelle qui écume les grands hôtels de la côte d’Azur.
Les deux jeunes femmes ne se connaissent pas et n’ont rien en commun. Rien, sinon leur père, envolé avant leur naissance et qu’elles n’ont jamais vu.
Jusqu’au jour où… Patrick ressurgit !
Ce voleur international recherché par toutes les polices a frôlé la mort, et décide de rattraper le temps perdu en réunissant ses deux filles autour d’un but commun : le casse d’un Stradivarius à 15 millions d’euros…
Entre les bourdes, l’amateurisme et les chamailleries de ses deux filles, Patrick comprend vite que ce braquage ne va pas être une promenade de santé…

L’année 2017 n’a pas été simple pour le réalisateur Pascal Bourdiaux ! Deux échecs commerciaux et critiques très importants avec Mes trésors en janvier et Boule & Bill 2 en avril ! Avant de mettre en scène son premier long métrage en 2010, Le Mac, 1,5 millions d’entrées, Pascal Bourdiaux a d’abord fait ses classes sur la shortcom Un gars, une fille en réalisant près de 500 épisodes ! Il était aussi l’un des premiers à offrir à Kev Adams la tête d’affiche d’un film avec Fiston, dans lequel le jeune comédien donnait la réplique à Franck Dubosc. Porté par une critique positive et un bon bouche à oreille, près de deux millions de spectateurs avaient accueilli favorablement cette très bonne comédie. Pour Mes trésors, c’est une autre affaire.

S’il pouvait être judicieux d’associer les deux actrices au tempérament volcanique Reem Kherici (Fatal, Paris à tout prix) et Camille Chamoux (Les Gazelles, Maman a tort) avec le vieux briscard Jean Reno, on déchante rapidement. D’une part parce que ce dernier, qui n’a jamais brillé par son jeu d’acteur, apparaît ici comme dans le dernier Visiteurs, très fatigué, figé, pouvant à peine marcher et essoufflé à la moindre réplique, d’autre part en raison du manque d’alchimie entre les comédiennes. Si Reem Kharici s’avère plutôt bonne (on parle de sa performance hein, même s’il est indéniable que…), Camille Chamoux énerve à maintes reprises et en fait des tonnes dans le rôle de la nana coincée. Ne pouvant s’empêcher de grimacer, sa prestation a rapidement raison de notre patience. De plus, il faut bien l’avouer, le scénario un rien paresseux ne fait rien pour arranger les choses. Autant le dire, rien ne fonctionne dans cette comédie sur fond de casse voulue rocambolesque.

Le scénariste de Stars 80 (bah oui) tente d’insuffler un rythme nécessaire à ce genre de comédie, mais rien n’y fait. A part une introduction chic et sympathique qui faire penser à un Mission : Impossible franchouillard, dans laquelle Jean Reno usurpe l’identité d’un violoniste virtuose grâce à un masque caractéristique de la série américaine pour mieux lui dérober son précieux instrument, Mes trésors se met ensuite en mode pilotage automatique. Les scènes s’enchaînent à la va-comme-je-te-pousse, en cumulant les gags mous, les dialogues au rabais, l’action de pacotille et une mise en scène fonctionnelle sur un score pourtant inspiré de Sinclair. On pense alors au Ca$h d’Eric Besnard, sorti en 2008, dans lequel Jean Dujardin affrontait…Jean Reno. De là à croire que Pascal Bourdiaux ait voulu jouer sur une impression de déjà-vu…

Au milieu de tout ce marasme, Bruno Sanches (le comparse d’Alex Lutz dans Catherine et Liliane) et l’excellent Pascal Demolon parviennent à tirer leur épingle du jeu, le premier dans le rôle de l’amoureux timide, le second, toujours classe, dans celui de l’adversaire de Jean Reno, qui tombe sous le charme du personnage joué par Camille Chamoux. Certes, Mes trésors n’a aucune autre prétention que de divertir les spectateurs, mais le film est si poussif que rien ou presque ne fait rire. Et ce n’est pas de voir Jean Reno se trémousser sur Treasure de Bruno Mars qui arrange les choses.

LE DVD

Le DVD de Mes trésors, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé, sobre et musical. Pour cette sortie dans les bacs, le visuel a été repensé par rapport à l’affiche originale, en jouant notamment sur un côté OSS 117 qui n’a aucune raison d’être, et en y rajoutant Pascal Demolon et Bruno Sanches.

Suite à ses 140.000 spectateurs, l’éditeur a jugé bon de ne pas sortir Mes trésors en Blu-ray. Pour accompagner cette sortie en DVD, M6 Vidéo livre quelques entretiens croisés de Camille Chamoux, Reem Kharici et de Jean Reno (11’). En pleine promo, les trois comédiens expliquent ce qui les a séduit dans le scénario, le travail avec le réalisateur et la bonne ambiance sur le plateau.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Le piqué est aléatoire et la gestion des contrastes parfois légère. Les quelques séquences sombres manquent de définition et les détails font cruellement défaut. Heureusement, ça se rattrape un peu sur les scènes diurnes au relief certain, à la luminosité plaisante. La colorimétrie est à l’avenant et le cadre large retrouve enfin une profondeur de champ inespérée. Notons néanmoins quelques légers fourmillements et des noirs inégaux.

Ne vous attendez pas à un déluge d’effets surround si votre choix s’est portée sur la Dolby Digital 5.1, mais la spatialisation est plus que convenable avec de belles ambiances naturelles et un environnement musical fort plaisant. Mes trésors ne se prêtant évidemment pas aux exubérances sonores, le principal de l’action se trouve canalisé sur les frontales où les dialogues ne manquent pas d’intelligibilité. De son côté, la stéréo s’avère ardente et dynamique. Un parfait confort acoustique. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste en Audiodescription.

Crédits images : © Eric TRAVERS – Radar Films / SND / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / La Mécanique de l’ombre, réalisé par Thomas Kruithof

LA MÉCANIQUE DE L’OMBRE réalisé par Thomas Kruithof, disponible en DVD et Blu-ray le 17 mai 2017 chez M6 Vidéo

Acteurs : François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila, Simon Abkarian, Alba Rohrwacher, Philippe Resimont

Scénario : Thomas Kruithof, Yann Gozlan

Photographie : Alex Lamarque

Musique : Grégoire Auger

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Deux ans après un burn-out, Duval, au chômage, se voit contacter par un mystérieux employeur pour retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, il accepte sans poser de questions sur la finalité de cette organisation. Ce travail simple, s’il lui permet de reprendre pied dans sa vie, va néanmoins le placer très vite au cœur d’un complot politique et le plonger malgré lui dans le monde impitoyable des services secrets.

Comme chaque année ou presque, le nouveau François Cluzet arrive dans les salles. Et c’est un peu comme le Beaujolais nouveau. On sait quelle couleur ça a, que ça n’a jamais le goût de vin, que c’est parfois amer en bouche ou au contraire trop doux, que ça peut donner des brûlures d’estomac à force d’en abuser, mais on y goûte quand même pour voir la qualité de ce nouveau cru. C’est encore une fois pareil pour La Mécanique de l’ombre, premier long métrage de Thomas Kruithof après un court intitulé Rétention. Il y a de bonnes choses dans ce film, notamment un Denis Podalydès froid comme la glace et qu’on a rarement vu comme ça. Mais il y a aussi de mauvais points, qui finissent par peser dans la balance.

Duval sort de deux ans d’inactivité. Après une grosse dépression, l’homme s’est retrouvé au chômage, sans parvenir à sortir la tête de l’eau. Aussi, quand il est contacté par un mystérieux homme d’affaires, accepte-t-il immédiatement sa proposition : retranscrire, contre une belle rémunération, des écoutes téléphoniques. Mais Duval, qui ne s’était pas posé beaucoup de questions sur la finalité de sa mission, comprend bientôt que celle-ci le place au cœur d’un inquiétant complot politique. La Mécanique de l’ombre, c’est le croisement entre Conversation secrète de Francis Ford Coppola et l’univers de John le Carré. Ce thriller s’inspire librement de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années : la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Ziad Takieddine ou encore le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans l’actualité du pays. Sur la thématique de la paranoïa, Thomas Kruithof emprunte également aux films d’espionnage, notamment ceux dont les récits se situent durant la Guerre Froide.

Si son film est réussi sur la forme avec une photographie quasi-monochrome du chef opérateur Alex Lamarque (Sheitan, Les Seigneurs), le fond reste malheureusement creux et l’interprétation figée, neurasthénique, avec un François Cluzet complètement éteint qui murmure ses répliques. On a même parfois l’impression qu’il s’endort au milieu d’une phrase. Sami Bouajila traverse le film les mains dans les poches et la mâchoire serrée, Simon Abkarian s’en sort bien, tandis que la géniale Alba Rohrwacher ne sert à rien, tout juste de remplissage entre deux scènes où Cluzet tape à la machine à écrire ou sur sa cafetière pour faire du café, tout en gardant la même expression fermée du début à la fin, sans jamais inspirer l’empathie. Thomas Kruithof compose de jolis cadres et l’esthétique est léchée, mais pour rien. On s’ennuie, beaucoup, dès le premier acte et rien ne rattrapera le coup. On ne croit pas une seule seconde aux rebondissements ou à cette histoire d’homme ordinaire plongé malgré lui dans une histoire extraordinaire, au sein même des coulisses du pouvoir politique et des services secrets. Aucune tension, la mécanique du titre tourne à vide et a finalement raison de notre patience, surtout que le film ne va pas en s’arrangeant, jusqu’à un dénouement complètement raté. Un pétard mouillé, une camomille coupée au Lexomil.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de La Mécanique de l’ombre, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé, sobre et musical.

Si le film laisse perplexe, l’entretien avec le réalisateur Thomas Kruithof s’avère absolument passionnant (34’). Ce dernier ne manque pas d’arguments pour présenter et défendre son film sous tous les angles. Nous nous en étions rendu compte avant d’écouter cette interview, Conversation secrète de Francis Ford Coppola est son film de chevet. Thomas Kruithof aborde ensuite la genèse de La Mécanique de l’ombre, les thèmes du film (la lutte d’un homme contre le système), l’évolution du scénario, les références littéraires (John le Carré, Ian Fleming), le casting, le travail avec les comédiens, les partis pris (les couleurs, les décors, la photographie) et ses intentions, sans oublier la collaboration avec le compositeur Grégoire Auger. En toute honnêteté cette présentation nous donne envie de revoir le film pour, peut-être, le reconsidérer.

M6 Vidéo nous permet également de découvrir le court-métrage Rétention, réalisé par Thomas Kruithof en 2012 (15’). Un centre de rétention en France. Mathilde (Anne Azoulay) bataille chaque jour pour défendre les droits d’étrangers qui y sont enfermés. Arrive Yuri (Miglen Mirtchev), ukrainien sans papiers. Commence alors une course contre la montre pour Mathilde, qui va tenter d’empêcher son expulsion. Un film tendu, quasi-documentaire et coup de poing.

L’Image et le son

Bien que le film soit passé relativement inaperçu dans les salles, M6 Vidéo prend soin du thriller de Thomas Kruithof et livre un master HD au format 1080p, irréprochable et au transfert immaculé. Respectueux des volontés artistiques originales, la copie se révèle un petit bijou technique alliant des teintes chaudes, ambrées et dorées (les scènes dans le bar et chez Clément), puis plus monochrome et métallique le reste du temps, le tout étant soutenu par un encodage AVC de haute volée. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, la colorimétrie est joliment laquée, le relief omniprésent et les détails foisonnants sur le cadre large. Un service après-vente remarquable.

Le spectateur a le choix entre les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0. Notre préférence va pour la première qui instaure un confort acoustique percutant, une spatialisation musicale convaincante et des effets latéraux probants. Les ambiances naturelles sont présentes, la balance frontale est toujours dynamique et équilibrée, et le report des voix solide. La piste stéréo est évidemment plus plate, mais riche et remarquablement équilibrée.

L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Océan Films / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr