Test Blu-ray / Crime à distance, réalisé par Ken Hughes

CRIME À DISTANCE (The Internecine Project) réalisé par Ken Hughes, disponible en DVD et Blu-ray le 19 mars 2019 chez Movinside / ESC Editions

Acteurs : James Coburn, Lee Grant, Harry Andrews, Ian Hendry, Michael Jayston, Christiane Krüger, Keenan Wynn, Terence Alexander…

Scénario : Barry Levinson, Jonathan Lynn d’après le roman Internecine de Mort W. Elkind

Photographie : Geoffrey Unsworth

Musique : Roy Budd

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Appelé à de hautes responsabilités à la Maison Blanche, l’ancien espion Robert Elliot n’entend pas quitter Londres sans avoir fait le ménage derrière lui. Son objectif : éliminer les quatre membres du réseau d’informateurs qui en savent long sur son encombrant passé et ses méthodes. Pour ça, quoi de mieux que de monter un plan machiavélique pour les pousser à s’entretuer en quelques heures.

Pour les cinéphiles, Ken Hughes (1922-2001) est le réalisateur du classique Chitty Chitty Bang Bang (1968), d’après le roman de Ian Fleming, co-écrit par l’immense Roald Dahl et le scénariste Richard Maibaum (auteur des James Bond du premier opus jusqu’à Permis de tuer), mais également produit par Albert R. Broccoli, le « père » des aventures de l’agent 007 à l’écran. Un an auparavant, Ken Hughes avait pourtant accepté de participer à la mise en scène houleuse de Casino Royale, à la suite de Val Guest, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish. Un James Bond hors-série, indépendant, volontairement comique où l’on pouvait croiser aussi bien Woody Allen que Jean-Paul Belmondo, David Niven et Peter Sellers. S’il n’a jamais véritablement brillé au cinéma et que son nom reste encore aujourd’hui méconnu, Ken Hughes faisait partie de ces artisans solides très prisés par les studios. Crime à distance (The Internecine Project), également connu sous les titres plus explicites Le Manipulateur et La Main du pouvoir, est un film étrange, froid, pas aussi glacial qu’une adaptation de John le Carré, mais qui n’en demeure pas moins étonnant dans le portrait dressé de son personnage principal, ici campé par le grand James Coburn.

Ce dernier interprète un ancien agent secret, qui tient à asseoir son autorité dans le monde de la finance américaine. Mais quatre personnes sont témoins de ses activités douteuses. Il décide alors de toutes les supprimer en élaborant un plan démoniaque. Le scénario de Crime à distance est co-écrit par Barry Levinson (rien à voir avec le réalisateur de Rain Man et de Good Morning, Vietnam), également producteur, et Jonathan Lynn (réalisateur de l’adaptation Cluedo, Monsieur le député avec Eddie Murphy et Mon voisin le tueur avec Bruce Willis et Matthew Perry), d’après le roman de Mort W. Elkind. De par son atmosphère trouble et pesante, The Internecine Project rappelle parfois M15 demande protectionThe Deadly Affair (1966) réalisé par Sidney Lumet, qui annonçait la mutation du genre espionnage au cinéma. Ici, le film se double également d’une métaphore sur le travail de scénariste, puisque le protagoniste imagine une réaction en chaîne faite de meurtres et de manipulations, comme un scénario prêt à être mis en scène. Confortablement installé derrière un bureau, Robert Elliot, un verre ou un cigare à la main, se contente de souligner chacune des étapes de son stratagème criminel, heure par heure, attendant chaque coup de fil (le nombre de sonneries indique au personnage l’avancée des meurtres commis par ses “pantins”) en espérant évidemment que rien ne vienne contrecarrer ses plans. Cynique et impassible, minéral, James Coburn est à l’aise dans ce rôle peu aimable.

Sur un rythme languissant, Ken Hughes démontre son potentiel derrière la caméra, mais il peut également compter sur deux atouts de taille. L’immense chef opérateur Geoffrey Unwsorth (1914-1978) signe la magnétique photographie. Sa griffe inimitable qui aura transcendé des œuvres telles que 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, Cabaret de Bob Fosse, Zardoz de John Boorman et Superman de Richard Donner est un régal de chaque instant. Ses partis pris luminescents mettent en relief la beauté des ténèbres dans une ville de Londres sombre. A la musique, Roy Budd, compositeur du Soldat bleu de Ralph Nelson et de La Loi du milieu (Get Carter) de Mike Hodges participe également au côté inquiétant distillé au compte-gouttes, tandis que l’étau se resserre autour des futures victimes.

Il ne faut pas s’attendre à un film d’action, mais plutôt à une approche psychologique, mathématique pourrait-on dire, du meurtre, que le montage de John Shirley (Vivre et laisser mourir, L’Homme au pistolet d’or) instaure comme les faces d’un Rubik’s Cube où chacune dépend de l’autre. C’est là la belle réussite de cet étrange et hybride Crime à distance, qui flatte à la fois les spectateurs avides d’histoire d’espionnage et ceux plus intéressés par le cheminement mental des personnages.

LE BLU-RAY

ESC Editions/Distribution redonne vie à Movinside, qui pour l’occasion ressuscite ce film méconnu de Ken Hughes. Crime à distance est enfin disponible en DVD et Blu-ray. Ce dernier est contenu dans un boîtier classique de couleur noire, glissé dans un sur-étui cartonné. Le visuel est très élégant. Menu principal animé et musical.

Pour nous présenter Crime à distance, ESC a misé sur Frédéric Albert Lévy, auteur de Bond, l’espion qu’on aimait (Broché). Durant 25 minutes souvent pertinentes, l’invité de l’éditeur analyse le fond du film qui nous intéresse, en le replaçant dans son contexte politique, économique et social. Le casting est également passé au peigne fin, tout comme l’équipe technique et la carrière du réalisateur John Hughes. Dans son excellente analyse, Frédéric Albert Lévy évoque également la sortie du film, ses différents titres français, et indique que Crime à distance reste un « parfait échantillon du cinéma anglais du début des années 1970 ». Attention, quelques spoilers, dont le dénouement, sont présents.

L’Image et le son

Un Blu-ray (au format 1080p) convaincant, sans se forcer. Le format original est respecté. Il en est de même pour le grain original, bien que très appuyé, surtout durant le premier quart d’heure. Si cela s’arrange quelque peu par la suite, la définition est ensuite aléatoire, la gestion des contrastes est honnête, les couleurs retrouvent un peu de fraîcheur. Quelques points et poussières sont encore présents, visibles notamment sur les nombreuses scènes en intérieur.

Les mixages anglais et français LPCM 2.0 distillent parfaitement la musique de Roy Budd. Néanmoins, la piste française se focalise sans doute trop sur le report des voix, parfois au détriment des ambiances annexes. La piste originale est très propre, sans souffle, dynamique et suffisamment riche pour instaurer un très bon confort acoustique. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © ESC Editions / ESC Distribution / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra-HD / The Ryan Initiative, réalisé par Kenneth Branagh

THE RYAN INITIATIVE (Jack Ryan: Shadow Recruit) réalisé par Kenneth Branagh, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 5 décembre 2018 chez Paramount Pictures

Acteurs : Chris Pine, Keira Knightley, Kevin Costner, Kenneth Branagh, Lenn Kudrjawizki, Alec Utgoff, Gemma Chan…

Scénario : Adam Cozad, David Koepp d’après les personnages de Tom Clancy

Photographie : Haris Zambarloukos

Musique : Patrick Doyle

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2014

LE FILM

Ancien Marine, Jack Ryan est un brillant analyste financier. Thomas Harper le recrute au sein de la CIA pour enquêter sur une organisation financière terroriste.
Cachant la nature de cette première mission à sa fiancée, Jack Ryan part à Moscou pour rencontrer l’homme d’affaires qu’il soupçonne d’être à la tête du complot.
Sur place, trahi et livré à lui-même, Ryan réalise qu’il ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à ses proches.

Voilà plus de dix ans que Jack Ryan n’avait pas eu les honneurs du grand écran. En dépit de son bon accueil critique et de son succès commercial indéniable en 2002, La Somme de toutes les peursThe Sum of all fears de Phil Alden Robinson n’a pas donné suite et Ben Affleck n’a jamais remis le costume de Jack Ryan. Détentrice des droits des romans de Tom Clancy, la Paramount décide de remettre l’agent de la CIA sur le devant de la scène à travers un reboot de la franchise inaugurée en 1990 par John McTiernan avec A la poursuite d’Octobre Rouge et Alec Baldwin dans le rôle de l’analyste, qui a ensuite connu ses lettres de noblesse à travers Jeux de guerre (1992) et Danger immédiat (1994) de Philip Noyce, avec Harrison Ford dans le rôle de Jack Ryan. Pour interpréter le nouveau Jack Ryan au cinéma, le studio aura misé sur l’excellent Chris Pine, impeccable dans la peau du héros malgré-lui et qui apporte au personnage une grande sensibilité. Mis en scène par Kenneth Branagh, qui s’octroie également le rôle du méchant russe, The Ryan Initiative, titre « français » de Jack Ryan : Shadow Recruit, est un petit film d’espionnage très sympa, certes anecdotique, mais bien troussé et aux personnages attachants.

Jack Ryan est donc rajeuni à l’occasion de ce reboot. Dans cette optique, le prologue montre rapidement le personnage encore étudiant en économie à Londres, apprenant en direct avec ses camarades l’effondrement des tours du World Trade Center suite aux attentats revendiqués par Oussama ben Laden. Suite à cet événement, Jack Ryan laisse tomber ses études et s’engage chez les Marines. Il est envoyé en Afghanistan, où il est victime d’une attaque en hélicoptère. Rescapé in extremis après avoir sauvé ses deux compagnons, Jack Ryan, très gravement blessé est ensuite hospitalisé et subit des mois de rééducation. Il rencontre l’infirmière Cathy, dont le charme ne le laisse pas insensible, ainsi qu’un certain William Harper, qui lui propose de devenir un agent de la CIA sous couverture. Le jeune homme accepte. Dix ans plus tard, Jack Ryan travaille à New York dans le milieu boursier. En réalité, il est chargé de traquer les sources de financement du terrorisme. Lors d’un contrôle « de routine », il découvre un complot russe, mené par l’industriel Viktor Cherevin, dont le but est de détruire l’économie américaine en profitant d’une attaque terroriste d’envergure. Contre toute attente, il est lui-même chargé de se rendre à Moscou, afin d’y rencontrer personnellement Cherevin. Installé derrière son écran depuis des années, Jack Ryan est dépêché sur le terrain pour la première fois de sa vie. Il doit également trouver un alibi pour convaincre sa compagne Cathy, qui ignore sa double-vie, de son départ en « voyage d’affaires ».

Suite au triomphe de Thor en 2011, Kenneth Branagh a démontré qu’il pouvait délaisser Shakespeare – même si certains pourraient voir une dimension propre au poète chez le super-héros, écrivain et dramaturge britannique – et tenir un budget conséquent à Hollywood. Il s’acquitte fort honorablement de ce reboot consacré aux aventures de Jack Ryan. Son film n’a pas pour vocation de rivaliser avec James Bond, Jason Bourne et encore moins Ethan Hunt, mais mine de rien son personnage est beaucoup plus humain et attachant. Le metteur en scène d’Henry V (1989), Peter’s Friends (1992), Beaucoup de bruit pour rien (1993), Frankenstein (1994), Hamlet (1996), a l’air de s’amuser avec les moyens mis à sa disposition, ici un budget de 60 millions de dollars.

The Ryan Initiative n’est pas la transposition d’un roman de Tom Clancy, mais en reprend uniquement le personnage principal et ce qui l’entoure, afin de le replacer dans un contexte plus contemporain. On doit essentiellement le scénario à l’excellent David Koepp (Jurassic Park, L’Impasse) qui a su réinterpréter la psychologie de Jack Ryan pour la remettre au goût du jour. The Ryan Initiative se suit sans aucun déplaisir. Le rythme est enlevé, les rebondissements nombreux, la musique de Patrick Doyle est très bonne et Chris Pine est à son affaire. Si l’on pourra déplorer les éternelles grimaces de Keira Knightley, le couple fonctionne très bien, tout comme l’alchimie entre l’acteur principal et le grand Kevin Costner, toujours la classe, qui avait décliné le rôle de Jack Ryan pour A la poursuite d’Octobre Rouge pour se consacrer à Danse avec les loups. Quant à Kenneth Branagh, il campe un badguy à l’accent russe amusant, tout en étant capable de faire perdre tous ses moyens à son adversaire d’un simple regard.

Dommage que le montage très cut dénature les quelques séquences agitées comme l’affrontement dans la chambre d’hôtel ou lors du final. Mais peu importe, car le divertissement est assuré du début à la fin. A sa sortie, The Ryan Initiative ne rentabilise pas son budget sur le sol américain avec seulement 50 millions de dollars de recette. L’exploitation à l’étranger rattrape le coup et le film parvient finalement à engranger 135 millions de dollars au final. Cela semblait peu pour la Paramount puisqu’une suite qui avait été envisagée dans l’espoir d’une nouvelle franchise, ne verra finalement pas le jour. Il faudra attendre quatre ans pour que Jack Ryan fasse son retour, mais à la télévision, sous les traits de John Krasinski, dont la saison 2 est attendue cette année.


 

LE 4K UHD

Quatre ans après son arrivée dans les bacs en DVD et Blu-ray, The Ryan Initiative débarque dans les bacs en 4K UHD, forcément toujours chez Paramount Pictures. Cette nouvelle édition se compose de deux disques, le 4K d’un côté et le Blu-ray traditionnel de l’autre. Pour ce test, seule l’édition UHD a été envoyée par l’éditeur, galette sur laquelle nous ne trouvons que le commentaire audio. Les scènes coupées & versions longues commentées et toutes les featurettes promotionnelles se trouvent sur l’autre disque. Le menu principal est fixe sur l’excellent thème principal de Patrick Doyle.

The Ryan Initiative est un très bon divertissement. Si vous avez pensé la même chose du film, alors prolongez ce petit plaisir en écoutant le commentaire audio de Kenneth Branagh, accompagné du producteur Lorenzo di Bonaventura. Ce dernier, grand manitou de la franchise Transformers et du diptyque G.I. Joe, est visiblement fier du résultat et complice avec le réalisateur. Les deux hommes instaurent un vrai dialogue autour de Jack Ryan et de son univers. Kenneth Branagh évoque ses intentions et partis pris, mais aussi le travail des comédiens, les lieux de tournage (Londres et sa périphérie en guise de Russie), la rigueur du scénario et bien d’autres éléments qui font de ce commentaire un excellent moment, à la fois divertissant et informatif.

L’Image et le son

The Ryan Initative est un des films les plus récents du catalogue Paramount. Pas étonnant que son apparition en 4K UHD surpasse en tout point le Blu-ray édité en 2014. Ce qui éblouit ici ce sont les couleurs avec de splendides couchers de soleil, le reflet des parois vitrées, la profondeur de champ (superbe cadre large), jusqu’au regard scintillant de Chris Pine et les points noirs sur le nez de Keira Knightley. Tourné « à l’ancienne » en 35mm, le grain argentique est présent, fin, très élégant. Les contrastes affichent une solidité jamais démentie, la luminosité des scènes diurnes, notamment la partie new-yorkaise, est assez dingue, tout comme les plans dans les montagnes d’Afghanistan ou les quelques vues d’ensemble sur Londres et Moscou. Les détails foisonnent, la texture des vêtements se fait palpable, le piqué est aiguisé comme la lame d’un scalpel.

Doit-on parler de la piste française Dolby Digital 5.1 ? Qui plus est sur une galette 4K UHD ? Non, certainement pas, d’autant plus quand on trouve en face d’elle une version originale DTS-HD Master Audio 7.1 ! Alors, aux oubliettes la langue de Molière avec son mixage obsolète et place au grand spectacle acoustique ! Et de ce point de vue nous sommes gâtés avec quelques séquences agitées, comme la poursuite dans les rues de Moscou, ou bien la scène finale à New-York. Les dialogues sont imposants, les latérales créent une spatialisation digne de nom, les basses sont percutantes (l’explosion en Afghanistan) et les latérales rivalisent d’effets.

Crédits images : © Paramount Pictures France / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Un crime dans la tête, réalisé par John Frankenheimer

UN CRIME DANS LA TÊTE (The Manchurian Candidate) réalisé par John Frankenheimer, disponible en DVD et Blu-ray le 20 novembre 2018 chez Rimini Editions

Acteurs : Frank Sinatra, Laurence Harvey, Janet Leigh, Angela Lansbury, Henry Silva, James Gregory, Leslie Parrish, John McGiver…

Scénario : George Axelrod d’après le roman de Richard Condon

Photographie : Lionel Lindon

Musique : David Amram

Durée : 2h07

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

A son retour de Corée, le Sergent Raymond Shaw est accueilli avec les honneurs dus à son statut de prisonnier de guerre. Le Capitaine Bennett Marco, qui commandait le bataillon auquel appartenait le Sergent, est hanté par des cauchemars récurrents. Ces cauchemars vont l’amener à enquêter sur Shaw.

Un Crime Dans La TêteThe Manchurian Candidate est un thriller paranoïaque se déroulant en pleine Guerre Froide, suivant une compagnie américaine capturée pendant la guerre de Corée, qui subit un lavage de cerveau avant de retourner aux États-Unis. Le film adopte le point de vue du Capitaine Bennett Marco, dont la psychologie torturée depuis la guerre, n’est pas sans rappeler un certain John Rambo…

Raymond Shaw est donc un médaillé de la Guerre de Corée pour faits d’armes. Cependant, Bennett Marco, commandant, à l’époque le peloton de Shaw, a des doutes sur ses exploits. De plus, il est assailli de visions troublantes qui vont l’amener à enquêter avec la CIA et le FBI sur Shaw. Qui est réellement celui-ci ? Adulé ou haï par ses hommes ? Héros de guerre ou agent communiste infiltré aux États-Unis ? Tueur de sang-froid ou psychopathe manipulé par une mère abusive ? Ou tout cela à la fois ?

Le scénario s’inspire du roman de Richard Condon (L’Honneur des Prizzi) paru à la fin des années 1950. L’intrigue de base peut parfois faire penser à quelques thrillers d’Alfred Hitchcock, mais le film repose en grande partie sur l’interaction entre les personnages principaux et secondaires, ainsi que sur leur psychologie. Les relations entre les différents protagonistes sont toujours sous haute tension jusqu’à certaines scènes explosives suivies de séquences dialoguées du plus bel effet. Ces conflits donnent au film son rythme, jusqu’à l’excellent et anthologique final.

Réalisé par un John Frankenheimer en pleine forme, tout droit sorti du Prisonnier D’Alcatraz avec Burt Lancaster, Un Crime Dans La Tête intéresse par son aspect politique (la fameuse Chasse aux sorcières apparaît nettement en filigrane) mais également par son aspect prophétique. En effet, plusieurs mois après sa sortie, le Président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, est assassiné. Dans le film, la façon dont sont présentés les assassinats ne cesse d’interroger sur le conditionnement et l’endoctrinement des soldats. Ces scènes montrant la compagnie sous hypnose face aux dirigeants communistes reste un grand et troublant moment de cinéma.

Si le casting masculin est parfait, à commencer par un Frank Sinatra vraiment concerné par son rôle, un Laurence Harvey constamment en questionnement, et un Henry Silva attachant, ce sont les comédiennes qui impressionnent le plus. La prestation d’Angela Lansbury (la fameuse Jessica Fletcher de la série Arabesque), saluée par un Golden Globe et une nomination aux Oscars en 1963, est frappante de bout en bout, tant son personnage est inquiétant et possessif. La prestation de la sublime Janet Leigh – qui arrive cependant en plein milieu du film – est tout aussi parfaite et retient également toute notre attention. Le jeu, la voix suave et la présence de l’actrice monopolisent l’écran et ne fait que sublimer les scènes dans lesquelles elle apparaît, tout comme son personnage, énigmatique.

Le film embrasse plusieurs genres : le film d’espionnage, le thriller politique, mais également le film d’action, dans un contexte de film de guerre. L’oeuvre de John Frankenheimer n’ennuie jamais et les différentes intrigues entremêlées sont toutes passionnantes.

Théorie du complot ou pas, Un Crime Dans La Tête est un très bon thriller, qui inspirera à Hollywood un remake éponyme convainquant en 2004, réalisé par Jonathan Demme et porté par Denzel Washington et Meryl Streep.

LE BLU-RAY

Alors qu’un premier DVD était sorti en 2000 et uniquement en 4/3 chez MGM, Rimini Editions rattrape ceci aujourd’hui en proposant une nouvelle édition, techniquement réussie. Le Blu-ray se trouve dans un boîtier noir glissé dans un fourreau cartonné. Le menu principal est animé et musical.

En plus de la bande-annonce du film (V.O.), nous trouvons un entretien avec l’essayiste de cinéma Bernard Benoliel (HD, 25’) qui revient sur la carrière de John Frankenheimer et replace Un Crime Dans La Tête dans l’oeuvre du réalisateur, mais aussi dans la filmographie des acteurs principaux. Dommage cependant que ses propos ne soient pas plus approfondis.

Le dernier bonus (non mentionné sur la jaquette) est un entretien se déroulant 26 ans après la sortie du film, intitulé Conversation à 3 (SD, 8’) où John Frankenheimer, le scénariste George Axelrod et Frank Sinatra partagent leurs souvenirs du film, avec en conclusion un hommage à Laurence Harvey. Pas inintéressant mais trop court.

L’Image et le son

L’image provient d’une restauration 4K effectuée par Criterion en 2016. Et la première chose qui impressionne est la pureté de l’image et la gestion du noir et blanc. Les niveaux de contraste sont bien équilibrés et il en résulte de très belles nuances. Malheureusement, un lissage beaucoup trop appliqué est présent, ce qui fait que le grain d’origine n’est quasiment plus présent.

VO et VF en LPCM 2.0 Mono. Si la VO est beaucoup plus frappante avec des frontales bien présentes, la VF est assez en retrait avec des voix particulièrement étouffées. Puis Janet Leigh ne s’écoute uniquement qu’en VO !

Crédits images : © Rimini Editions / MGM /  Critique du film, test technique et captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Commando pour un homme seul, réalisé par Etienne Périer

COMMANDO POUR UN HOMME SEUL (When Eight Bells Toll) réalisé par Etienne Périer, disponible en DVD et Blu-ray le 9 octobre 2018 chez Rimini Editions

Acteurs : Anthony Hopkins, Nathalie Delon, Robert Morley, Jack Hawkins, Corin Redgrave, Derek Bond, Ferdy Mayne, Maurice Roëves…

Scénario : Alistair MacLean d’après son roman “48 heures de grâce

Photographie : Arthur Ibbetson

Musique : Angela Morley

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Un agent des services secrets anglais, enquête sur des pirates ayant attaqué des bateaux transportant de l’or aux larges des côtes écossaises.

Voilà près de dix ans que le phénomène James Bond prolifère dans les salles du monde entier. Devant ce triomphe international moult ersatz ont vu le jour, y compris en France avec par exemple les OSS 117 d’André Hunebelle. En Angleterre, certains producteurs commencent à vouloir surfer sur la vague espionnage en tentant de mettre un nouvel espion sur le circuit afin de concurrencer l’agent 007 sur ses plates-bandes. Elliott Kastner et Jerry Gershwin viennent de produire Quand les aigles attaquent de Brian G. Hutton, adapté de l’oeuvre d’Alistair MacLean, avec Richard Burton et Clint Eastwood en haut de l’affiche. L’écrivain et auteur à succès de thrillers et d’histoires d’aventures avait d’ailleurs adapté lui-même son propre roman. Ayant de la suite dans les idées, Kastner et Gershwin demandent à MacLean de transposer son roman d’espionnage When Eight Bells Toll, publié en 1966 sous le titre 48 heures de grâce dans nos contrées. Le titre original sera conservé pour le film réalisé par un certain Etienne Périer, qui sort sur les écrans en mars 1971, alors que Sean Connery est sur le point de raccrocher (presque) définitivement son Walther PPK. Aujourd’hui, s’il n’atteint évidemment pas la dimension d’un épisode de James Bond, Commando pour un homme seul reste une délicieuse curiosité, réalisée pour de profiter de l’engouement des spectateurs pour les missions exotiques des agents secrets sur grand écran.

Depuis quelque temps, des navires britanniques chargés de lingots d’or disparaissent le long des côtes écossaises. Pour percer ce mystère, les services secrets font appel à un agent de l’Amirauté, Philip Calvert. Celui-ci, aidé de son ami Hunslett, s’installe sur un bateau et commença son enquête en inspectant la région. Ses recherches, contrariées par le mutisme des habitants des villages avoisinants ainsi que par l’agressivité de Lord Kirkside, le châtelain du lieu, le conduisent jusqu’au yacht de Sir Anthony Skouras. Celui-ci fait apparemment un séjour de plaisance en compagnie de sa seconde épouse, Charlotte, et de ses deux conseillers, Lavorski et McCallum… Les ennuis commencent pour Calvert, à plusieurs reprises, l’adversaire tente de l’éliminer. Flairant la bonne piste, Calvert a cependant du mal à convaincre son chef hiérarchique, Sir Arthur Arnold-Jones, de la véracité de ce qu’il avance. Une bande fort bien organisée détourne les bateaux, les immerge, puis transporte l’or, sous l’eau.

Commando pour un homme seul contient tous les ingrédients des livres d’Alistair MacLean, déjà présents dans les adaptations des Canons de Navarone, de Destination Zebra, station polaire et de Quand les aigles attaquent. Même schéma, même développement des rapports hiérarchiques (MacLean était un ancien de la Royal Navy et avait participé à la Seconde Guerre mondiale), même construction avec crescendo des révélations jusqu’à l’assaut final. Commando pour un homme seul réserve donc son lot de rebondissements, d’action, d’aventures avec une belle dose d’humour so british et une touche de charme avec la présence au générique de la frenchie Nathalie Delon. Mais le film vaut aussi pour le rôle principal tenu par Anthony Hopkins dans l’un de ses premiers vrais rôles au cinéma.

Acteur de théâtre et ayant principalement travaillé pour la télévision, Anthony Hopkins alors âgé de 32 ans (le même âge que Sean Connery dans son premier 007), se délecte dans la peau de ce personnage, sorte de cousin éloigné de James Bond dont la spécialité est d’enquêter sur les affaires nautiques. Déjà charismatique et surtout talentueux, le comédien traverse le film avec une sorte de zen attitude attachante et un flegme naturel qui lui sied à ravir. Toutefois, comme le sera Roger Moore dans la peau de l’agent créé par Ian Fleming, Anthony Hopkins est remplacé par une doublure cascade (visible) dès qu’il faut lever le petit doigt. Les paysages écossais (patrie d’Alistair Maclean) sont superbes et donnent au film une personnalité propre, loin des James Bond plus chatoyants et carte-postale.

Commando pour un seul homme se suit avec plaisir, certaines séquences comme l’attaque puis le naufrage de l’hélicoptère, ou bien encore l’affrontement sous-marin et le final dans le repaire des bandits sont très bien menées par le belge Etienne Périer derrière la caméra. Ajoutez à cela un rythme bien géré, une belle photo, la présence tordante de Robert Morley (L’Odyssée de l’African Queen, Plus fort que le diable) et sa trogne impayable, tout comme celle reconnaissable du cultissime Ferdy Mayne (le comte Von Krolock du Bal des vampires) et vous obtenez un petit thriller d’espionnage aux accents bondiens , jusque dans la musique de Walter Scott (aka Angela Morley), néanmoins plus proche du thème d’Austin Powers que de Goldfinger, plaisant et divertissant. En Angleterre, Commando pour un homme seul est un triomphe, mais le succès reste timide dans le reste du monde, ce qui empêche les producteurs de lancer un autre épisode des aventures de Philip Calvert, comme cela avait été pensé pendant un temps.

LE BLU-RAY

L’un des éditeurs français à nous avoir le plus gâté cette année est incontestablement Rimini Editions. Commando pour un homme seul apparaît dans les bacs en DVD et Blu-ray. La galette bleue est disposée dans un boîtier classique de couleur noire et la jaquette saura attirer les amateurs de thrillers vintage. Le menu principal est animé sur la musique de Walter Scott.

Nous ne trouvons que la bande-annonce comme supplément.

L’Image et le son

Film culte en Angleterre, When Eight Bells Toll a été restauré par les mythiques studios Pinewood. C’est ce master 2K qui est présenté ici par Rimini Editions. Le générique est chancelant avec une fluctuation de la définition sur les credits. Cela s’arrange après. La palette chromatique est élégante et lumineuse sur les scènes diurnes, le piqué est agréable, les contrastes soignés et la propreté de la copie indéniable. Les séquences sombres sont plus altérées avec un grain moins bien géré, quelques effets de pompage sur les noirs et divers fourmillements. Le point fort de ce Blu-ray provient des séquences sous-marines, superbes et qui profitent de cette élévation HD.

Pas de version française pour le film d’Etienne Périer alors que nous notons tout de même une sortie hexagonale de Commando pour un homme seul en mars 1972. Mais peu importe, car il est indispensable de (re)découvrir les aventures de Philip Calvert en version originale, afin de profiter de l’accent des comédiens. Rien à redire sur cette piste mono aux dialogues clairs et distincts. Les ambiances sont aussi présentes que précises, tandis que le thème principal (assez récurrent) est bien délivré.

Crédits images : © Gershwin-Kastner Productions – Winkast Film Productions / Rimini Editions /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Le Dossier Mona Lina, réalisé par Eran Riklis

LE DOSSIER MONA LINA (Shelter) réalisé par Eran Riklis, disponible en DVD le 7 novembre 2018 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Golshifteh Farahani, Neta Riskin, Yehuda Almagor, Doraid Liddawi, David Hamade, August Wittgenstein, Mark Waschke, Haluk Bilginer…

Scénario : Eran Riklis d’après la nouvelle The Link de Shulamith Hareven

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Mona, libanaise, est soupçonnée par le Hezbollah d’être une informatrice des services secrets israéliens. Craignant qu’elle soit démasquée, le Mossad l’exfiltre vers l’Allemagne et lui fait changer de visage. Pendant deux semaines, le temps de se remettre de son opération, ils la cachent dans un appartement à Hambourg. Naomi, agent du Mossad, est chargée de lui tenir compagnie et de la protéger. Mais le Hezbollah est à la poursuite de Mona et la planque ne s’avère pas aussi sûre que prévu…

Révélé en 2004 avec La Fiancée syrienne, le scénariste, producteur et réalisateur israélien Eran Riklis confirme la force et la singularité de son cinéma avec Shelter, titre international du Dossier Mona Lina. Film de femmes, huis clos, quasi-théâtral dans son dispositif, le dernier opus du cinéaste qui nous avait tant émus avec le magnifique Les Citronniers en 2008 vaut surtout pour le remarquable et intense face à face entre deux grandes comédiennes, Golshifteh Farahani et Neta Riskin. En dehors de cela, Le Dossier Mona Lina pèche par son scénario somme toute classique et finalement peu marquant, mais l’immense qualité de l’interprétation et la rigueur de la mise en scène l’emportent haut la main.

Lauréat d’un Ophir en 2010, équivalent des César français pour le cinéma israélien, pour son film Le Voyage du directeur des ressources humaines, Eran Riklis a souvent été porté et inspiré par les personnages féminins. Le Dossier Mona Lina confronte deux femmes, une ex-espionne au service d’Israël, une agente du Mossad chargée de sa protection. Deux mondes différents, deux cultures, deux parcours. Enfermées dans un appartement en Allemagne, Mona et son ange-gardien Naomi vont tisser des liens dans un environnement chaotique de guerre et d’incompréhension.

Le Dossier Mona Lina est un vrai film d’espionnage, mais on est ici beaucoup plus proche de l’univers de John le Carré que de James Bond. A part un ou deux règlements de comptes, le film repose sur les dialogues, sur la suspicion, le doute, l’échec également. Rien n’est gagné d’avance, la peur est omniprésente malgré tous les moyens mis en œuvre pour protéger la personne en danger. Golshifteh Farahani, visage recouvert de bandages, laisse pourtant transparaître la fatigue et l’angoisse de son personnage. Ses yeux en amande soulignés de cernes foudroient une fois de plus, faisant d’elle l’une des comédiennes les plus précieuses du moment. Néanmoins et une fois n’est pas coutume, elle se fait voler la vedette par Neta Riskin, actrice israélienne vue dans Une histoire d’amour et de ténèbres de Natalie Portman, véritable révélation du film. Son personnage à fleur de peau se révèle bien plus attachant que Mona, à mesure qu’elle se révèle par strates auprès de cette dernière.

Prisonnier de ses partis pris, Eran Riklis parvient tout de même à rendre ses protagonistes intéressants, en jouant sur les apparences et selon lui qui « oscillent en permanence entre confiance et défiance, honnêteté et duperie, loyauté et trahison ». La relation trouble entre Mona et Naomi insuffle au film son rythme, sa force et son énergie. Tout ce qui entoure les deux femmes apparaît finalement secondaire, malgré un dernier acte en extérieur plus animé et qui réintroduit l’intrigue au coeur même du domaine qu’il abordait dans son introduction.

Eran Riklis aime le thriller et les films à suspense, ses précédents longs métrages en témoignaient déjà, et le réalisateur aborde ici frontalement le genre qui a toujours coulé dans les veines de ses œuvres passées, même si cela est moins organique que l’iranien Asghar Farhadi. Le Dossier Mona Lina n’est certes pas le plus grand film de son auteur, et sous ses allures froides voire glacées s’avère l’un de ses plus accessibles.

LE DVD

Le test du DVD du Dossier Mona Lina, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Aux côtés d’un lot de bandes-annonces, l’éditeur joint un making of (23’), composé d’images classiques de tournage et d’interviews de l’équipe. La parole est monopolisée par le réalisateur, tandis que Golshifteh Farahani s’exprime visiblement sur Skype. Les intentions, les partis pris, les thèmes et la psychologie des personnages sont abordés de façon posée et très instructive.

L’Image et le son

Pyramide Vidéo nous a concocté un très beau master du Dossier Mona Lina. La colorimétrie est habilement restituée, la clarté est de mise, le cadre large bien exploité. On excuse de sensibles pertes de la définition sur certains plans, dénaturant quelque peu le piqué, puisque la copie demeure solide et permet de revoir le film d’Eran Riklis dans d’excellentes qualités techniques.

Le confort acoustique est largement assuré grâce aux mixages français et multilingue Dolby Digital 5.1. Les dialogues sont solidement plantés sur la centrale et la balance frontale est fluide et limpide. Les plages de silence sont impressionnantes, les ambiances naturelles ne sont pas oubliées (voir la scène où Naomi entend tous les bruits environnants, les sirènes, le métro, la circulation) et les effets annexes sont délicats mais bien présents. Les deux pistes Stéréo sont également de fort bon acabit et contenteront largement ceux qui ne seraient pas équipés sur les enceintes latérales. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Pyramide DistributionCaptures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Scorpio, réalisé par Michael Winner

SCORPIO réalisé par Michael Winner, disponible en DVD et Blu-ray le 21 août 2018 chez ESC Editions

Acteurs : Burt Lancaster, Alain Delon, Paul Scofield, John Colicos, Gayle Hunnicutt, J.D. Cannon, Joanne Linville, James Sikking…

Scénario : David W. Rintels, Gerald Wilson

Photographie : Robert Paynter

Musique : Jerry Fielding

Durée : 1h55

Année de sortie : 1973

LE FILM

Cross, un agent confirmé de la CIA, a autrefois pris sous son aile Laurier, une nouvelle recrue, et lui a tout appris au sujet de l’espionnage. Aujourd’hui coéquipiers, le vétéran ressent que ses supérieurs se montrent distants à son égard et il ne se trompe pas. En effet, ils ont chargé son ancien élève de l’éliminer ! Cross s’enfuit alors à Vienne pour retrouver un ami travaillant pour les services secrets soviétiques…

Installé aux Etats-Unis depuis le début des années 1970 après le succès des Collines de la terreurChato’s land, le cinéaste britannique Michael Winner (1935-2013) vient de connaître son premier triomphe à Hollywood avec L’Homme de la loiLawman avec Burt Lancaster. Il a alors le vent en poupe et enchaîne avec Le CorrupteurThe Nightcomers (1971) avec Marlon Brando, puis surtout Le FlingueurThe Mechanic (1972) et Le Cercle noirThe Stone killer (1973) qui installent le mythe Charles Bronson. Juste avant l’explosion d’Un justicier dans la ville, Michael Winner collabore à nouveau avec Burt Lancaster pour Scorpio, thriller d’espionnage dans lequel la star retrouve son partenaire du Guépard, Alain Delon, dix ans après l’adaptation de Giuseppe Tomasi di Lampedusa par Luchino Visconti. Scorpio est l’antithèse des épisodes de James Bond qui fleurissaient alors depuis 1962. Michael Winner refuse l’action spectaculaire au profit d’une étude psychologique de ses personnages, prisonniers malgré-eux de la conjoncture politique internationale et du changement du fonctionnement de leur institution. S’il n’est pas aussi connu que ses autres films, Michael Winner signe pourtant une de ses œuvres les plus riches et complexes.

Gerald Cross est un ancien agent expérimenté de la CIA, ayant tué durant sa carrière d’espion, qui a pris sous sa coupe le jeune Jean Laurier surnommé Scorpio, afin de le former et éventuellement le remplacer. Cross enseigne à son poulain à se protéger autant de ceux qui l’emploient que de ses adversaires. La CIA, en la personne de McLeod, soupçonne Cross de trahison, comme agent-double, au profit de l’Union Soviétique. L’occasion de se servir de Laurier, accusé de trafic de stupéfiant par un montage, permet de suivre la trace de Cross parti en Europe à la recherche de son épouse Sarah. Laurier, ambitieux, qui aimerait justement être enrôlé à la CIA, accepte de trahir son ex-mentor. Cependant, en agent expérimenté, Cross réussit à déjouer les multiples pièges tendus par Laurier et son équipe, et parvient à se réfugier à Vienne. Il découvre alors que sa femme a été assassinée.

Ça ne rigole pas dans Scorpio ! Beaucoup plus proche des romans (et de leurs transpositions au cinéma) des œuvres de John le Carré que de celles de Ian Fleming, le film de Michael Winner ne craint pas de développer ses personnages là où les spectateurs attendaient peut-être des scènes d’action et des règlements de comptes. Ce qui attire évidemment en premier lieu dans Scorpio, c’est la confrontation, mais aussi le passage de témoin entre les deux têtes d’affiche. La complicité des deux personnages (et des acteurs) est évidente dans la première partie, celle où Cross, vieux briscard sur le point de mettre un terme à ses activités, enseigne tout ce qu’il sait à son jeune protégé Laurier, alias Scorpio, sobriquet qui lui vient de sa capacité à se mouvoir très vite et à se sortir des mauvaises situations. Tout irait pour le mieux pour ces deux hommes qui ont un profond respect l’un envers l’autre, jusqu’à ce que cet organisme indépendant et tentaculaire, pour ne pas dire criminel et même mafieux qu’est la CIA les dresse au rang d’adversaires.

Parallèlement, ce sont deux écoles de cinéma, deux générations qui s’affrontent à l’écran. Agé de 60 ans au moment du tournage, Burt Lancaster démontre qu’il en a encore sérieusement sous le capot et qu’il n’est pas prêt à se laisser bouffer par le jeune loup Delon. Ce dernier, ami de Burt Lancaster dans la vie, est de son côté prêt à tout pour s’élever au rang de son aîné et apporte avec lui son bagage « melvillien ». Impossible de ne pas penser au Samouraï quand le comédien apparaît avec son imperméable, les mains dans les poches. C’est ce rapport quasi-méta qui s’installe dans Scorpio et ce qui en fait sa qualité principale.

Certains spectateurs pourront trouver le temps long, car le film est assez bavard quand il détaille les méthodes des bureaucrates et des technocrates, ainsi que leur stratégie à adopter pour mettre la main sur Cross, mais Michael Winner, en pleine possession de ses moyens, parvient à maintenir un rythme, certes languissant, mais en maintenant l’intérêt. Un jeu du chat (les félins sont d’ailleurs bien présents) et de la souris s’instaure entre Paris, Washington DC et Vienne où plane l’ombre du Troisième homme de Carol Reed, avec comme point d’orgue une phénoménale course-poursuite entre les deux personnages principaux, dans le décor du chantier du métro viennois en construction. Une longue scène d’action menée à cent à l’heure sur la sublime composition de Jerry Fielding, où les comédiens effectuent leurs impressionnantes cascades sans être doublés.

Profondément pessimiste, Scorpio est un film d’espionnage ambigu et crépusculaire, qui mérite d’être sérieusement reconsidéré.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Scorpio, disponible chez ESC Editions, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Le premier module disponible dans la section des suppléments, est une brillante analyse de Scorpio par Olivier Père (23’). Le journaliste, critique de cinéma, directeur général d’Arte France cinéma et directeur cinéma à Arte France replace tout d’abord le film qui nous intéresse dans l’oeuvre de Michael Winner, ainsi que le parcours de ce dernier, ses succès, notamment sa collaboration avec Charles Bronson. Puis, Olivier Père revient de manière plus approfondie sur les thèmes de Scorpio, ses personnages, leurs liens, tout en évoquant le contexte historique du film, les Etats-Unis plongés en pleine paranoïa après l’assassinat de JFK et l’Affaire du Watergate. Olivier Père défend le cinéma de Michael Winner, dresse quelques parallèles entre Scorpio et Le Flingueur, sans oublier de parler des partis pris du metteur en scène.

Le second bonus donne la parole à Jean-Claude Messiaen (20’). Critique et réalisateur, ce dernier raconte qu’il était attaché de presse au début des années 1970 pour le compte des Artistes Associés. De ce fait, il avait réussi à se faire engager sur le tournage du film de Michael Winner, encore intitulé à l’époque «Danger Field », pour suivre le réalisateur à Paris, avec lequel il entretenait jusqu’à présent qu’une correspondance écrite. Jean-Claude Messiaen évoque surtout la méthode du cinéaste, sa rencontre avec Burt Lancaster, ainsi que les thèmes de Scorpio qu’il résume par “la fin des idéologies”.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

En France, le film de Michael Winner n’était disponible qu’en DVD chez MGM dans une version non restaurée. C’est donc avec un très grand plaisir que nous redécouvrons Scorpio en Haute-Définition grâce aux bons soins d’ESC Editions. Malgré un grain aléatoire, heureusement conservé ceci dit, les scènes diurnes et nocturnes sont logées à la même enseigne et formidablement rendues avec ce master nettoyé de presque toutes défectuosités. Mis à part un générique vacillant et très grumeleux, les contrastes du chef opérateur Robert Paynter (Superman II, Série noire pour une nuit blanche), retrouvent une nouvelle densité. Les nombreux points forts de cette édition demeurent la beauté des gros plans (voir les yeux bleus des deux comédiens principaux), la propreté du master (hormis quelques points blancs), les couleurs souvent ravivées et le relief des scènes en extérieur jour avec des détails plus flagrants. Quelques fléchissements de la définition, mais rien de rédhibitoire. Enfin, le film est proposé dans son format d’origine 1.85.

Les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 1.0 sont propres, efficaces et distillent parfaitement la musique de Jerry Fielding. La piste anglaise ne manque pas d’ardeur et s’avère la plus équilibrée du lot. Au jeu des différences, la version française apparaît plus sourde. Aucun souffle constaté sur les deux pistes.

Crédits images : © MGM / Les Artistes Associés / ESC Editions / ESC Distribution / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / The Age of Shadows, réalisé par Kim Jee-woon

THE AGE OF SHADOWS réalisé par Kim Jee-woon, disponible en DVD et Blu-ray le 23 janvier 2018 chez Studiocanal

Acteurs :  Lee Byung-hun, Song Kang-ho, Gong Yoo, Han Ji-min, Park Hee-soon, Shingo Tsurumi…

Scénario : Kim Jee-woon, Lee Ji-min, Park Jong-dae

Photographie : Kim Ji-yong

Musique : Mowg

Durée : 2h20

Année de sortie : 2016

LE FILM

Les années 1920, pendant la période d’occupation de la Corée par le Japon. Lee Jung-chool, ancien résistant devenu capitaine de police coréen travaillant pour la police japonaise, doit démanteler un réseau de la résistance coréenne dont il réussit à approcher l’un des leaders, Kim Woo-jin. Les deux hommes que tout oppose – mais qui connaissent chacun la véritable identité de l’autre – vont être amenés à se rapprocher, tout en continuant à dissimuler l’un à l’autre leurs propres desseins. Kim Woo-jin va alors tenter de convaincre Lee Jung-chool de revenir du côté de la résistance et lui demander de les aider à faire passer des explosifs jusqu’à Séoul.

Attention ! Kim Jee-woon est de retour et le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur de Deux sœurs (2003), A Bittersweet Life (2005), Le Bon, La Brute et le Cinglé (2008), J’ai rencontré le Diable (2010) et Le Dernier Rempart (2013), escapade hollywoodienne dans laquelle il dirigeait Arnold Schwarzenegger, Johnny Knoxville et Jaimie Alexander, a décidé de voir grand. The Age of Shadows combine à la fois le film d’espionnage, le drame historique et le thriller, le tout dans des décors sublimes et une esthétique à se damner. Prenez place, car vous allez assister à 140 minutes d’images sensationnelles, qui s’imposent d’ores et déjà parmi les plus incroyables à découvrir en 2018, même si le film aura mis près de deux ans à nous parvenir.

Soyons honnêtes, nous ne pouvons pas tout comprendre les enjeux de The Age of Shadows. Toutefois, le cinéaste en est pleinement conscient et parvient à happer l’attention du spectateur dès l’extraordinaire séquence d’ouverture, pour ne plus le lâcher durant 2h20. Le cinéma sud-coréen est décidément très inspiré, pour ne pas dire le meilleur du monde aujourd’hui, et The Age of Shadows ne déroge pas à la règle.

Le film de Kim Jee-woon est une véritable bombe, qui ne cesse de flatter les sens, qui foudroie les yeux par sa beauté plastique, par celle des costumes, du cadre large, des interprètes tous formidables. Doté d’un budget conséquent de près de 10 millions de dollars, financé et distribué pour la première fois en Corée du Sud par la Warner Bros, The Age of Shadows s’adresse aux cinéphiles, mais également au plus grand nombre car Kim Jee-woon n’oublie jamais la portée populaire et divertissante de son film. Si certains pourraient se sentir quelque peu largués par l’aspect politique du récit, le réalisateur parvient systématiquement à rattraper celles et ceux qui auraient pu être laissés sur le bas-côté.

The Age of Shadows est une succession de séquences incroyables, toutes destinées à devenir cultes. Des morceaux de bravoure qui laissent pantois d’admiration, que ce soit le prologue, ou la très longue scène du train reliant Shanghaï à Séoul, durant laquelle s’affrontent tous les personnages dans une sorte de relecture d’Agatha Christie. Mais le huitième long métrage de Kim Jee-woon ne se résume évidemment pas seulement à cela. Les personnages sont riches et ambigus à souhait. Chaque comédien et donc chaque personnage joue sa propre partition dans un opéra savamment orchestré de main de maître. Pas un seul moment de répit n’est laissé aux spectateurs, embarqués dans un véritable train fou, tendu, nerveux et virtuose, un jeu du chat et de la souris toujours haletant, parfois violent (les tortures sont montrées frontalement), une multitude de faux-semblants et du double-jeu en pagaille.

Projeté hors compétition à la Mostra de Venise en 2016 et représentant la Corée du Sud aux Oscars pour le meilleur film en langue étrangère en 2017, The Age of Shadows n’a malheureusement pas connu les honneurs d’une sortie dans les salles françaises. Espérons que son exploitation en DVD et Blu-ray fasse connaître ce chef d’oeuvre à une très large audience !

LE BLU-RAY

The Age of Shadows est disponible en DVD et Blu-ray chez Studiocanal. L’édition HD est présentée sous la forme d’un boîtier bleu traditionnel. Le visuel de la jaquette est élégant. Le menu principal est fixe et muet.

Edition minimaliste, ce Blu-ray ne contient aucun supplément.

L’Image et le son

Heureusement, l’éditeur se rattrape du côté technique. On ne saurait faire mieux. Le cinéaste Kim Jee-woon collabore une fois de plus avec le chef opérateur Kim Ji-yong (A Bittersweet Life, Le Dernier Rempart). Les partis pris esthétiques originaux sont magnifiquement rendus à travers ce Blu-ray d’une folle élégance. Le piqué est affûté, les contrastes fabuleusement riches, les détails sont abondants aux quatre coins du cadre large, tandis que le codec AVC consolide l’ensemble avec fermeté, y compris sur les très nombreuses scènes se déroulant dans la pénombre ou en intérieur.

Les pistes française et coréenne DTS-HD Master Audio 5.1, logées à la même enseigne, instaurent d’excellentes conditions acoustiques et font surtout la part belle à la musique, très présente pendant plus de deux heures. Les basses ont souvent l’occasion de briller, les ambiances naturelles sont bien présentes, les effets sont toujours saisissants (les quelques fusillades et poursuites) et le rendu des voix est sans failles. De quoi bien décrasser les frontales et les latérales. Les sous-titres français sont imposés.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Trahisons, réalisé par David Leveaux

TRAHISONS (The Exception) réalisé par David Leveaux, disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio le 20 février 2018

Acteurs :  Jai Courtney, Lily James, Christopher Plummer, Janet McTeer, Anton Lesser, Ben Daniels, Aubeline Barbieux, Martin Swabey…

ScénarioSimon Burke d’après le roman “The Kaiser’s Last Kiss” d’Alan Judd

Photographie : Romain Osin

Musique : Ilan Eshkeri

Durée : 1h47

Année de sortie : 2016

LE FILM

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le monarque kaiser Wilhelm vit en exil depuis 1917. Avec l’objectif de repousser l’avancée nazie aux Pays-Bas, la résistance néerlandaise s’allie avec Winston Churchill pour infiltrer un agent dans le repaire du Kaiser.

Décidément, la jeune comédienne Lily James a le vent en poupe. D’ailleurs, ce n’est pas pour nous déplaire. Lady Rose MacClare de la série Downtown Abbey a su faire sa place au cinéma, au point de devenir l’une des actrices les plus convoitées du moment. Cendrillon chez Kenneth Branagh, Elizabeth Bennet dans Orgueil et Préjugés et Zombies de Burr Steers (si si, ça existe), jeune serveuse au grand coeur dans le génial Baby Driver d’Edgar Wright et tête d’affiche des Heures sombres de Joe Wright aux côtés de l’oscarisé Gary Oldman, Lily James n’a pas fini de faire parler d’elle. On la retrouve dans TrahisonsThe Exception, premier long métrage du britannique David Leveaux, metteur en scène de théâtre très renommé. Pour son coup d’essai derrière la caméra, le nouveau cinéaste adapte le roman The Kaiser’s Last Kiss (2003) d’Alan Judd et se penche sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’exil du kaiser Guillaume II. Force est de constater que les années de théâtre ont forgé une solide direction d’acteurs chez David Leveaux, qui parvient même à tirer quelque chose d’intéressant chez le mal aimé Jai Courtney. On peut même dire que l’acteur australien trouve ici son meilleur rôle.

L’histoire se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale et se concentre sur les dernières années de la vie de l’empereur Guillaume II qui vit en exil en Hollande. Wilhelm se retrouve bientôt sous la protection de Brandt, un jeune officier ambitieux et patriote de la Wehrmacht. Pendant ce temps, l’entourage du kaiser engage une nouvelle femme de chambre juive, Mieke, pour laquelle le capitaine prend un intérêt immédiat. Le chef de la gestapo en Hollande demande à Brandt de démasquer une taupe appartenant à la résistance qui s’est infiltrée dans l’entourage de l’empereur pour l’assassiner, alors qu’une visite de Heinrich Himmler, chef des SS, se prépare. Brandt découvre qu’il s’agit de Mieke, dont il est tombé secrètement amoureux…

Histoire d’amour (avec un soupçon d’érotisme), thriller de guerre, drame intimiste, film d’espionnage, Trahisons est un peu tout cela à la fois. Si le rythme est lent et que quelques longueurs se font ressentir à mi-chemin, on ne pourra pas reprocher à David Leveaux de soigner ses plans et le côté romanesque de son récit. Même si la romance va trop vite en besogne et peine à convaincre comme ça au premier abord, on se laisse autant séduire par Mieke que le capitaine Stefan Brandt, auquel Jai Courtney parvient à donner suffisamment d’ambiguïté et étonnamment beaucoup d’émotions. Habituellement cantonné dans les grosses machines hollywoodiennes souvent très mauvaises comme Die Hard : Belle journée pour mourir, Divergente, Terminator Genisys et Suicide Squad, l’acteur né en 1986 est impeccable dans l’uniforme allemand, froid, droit comme un i, dont les fêlures – son personnage est revenu blessé et traumatisé d’un champ de bataille après avoir vu des dizaines de cadavres – vont se révéler au contact de Mieke. Jeune juive hollandaise qui a perdu son père et son mari à la guerre, la jeune femme a réussi à se faire engager comme bonne auprès du kaiser et agit secrètement pour la résistance, en étant en contact avec l’Angleterre.

Alors qu’il lorgnait sur le rôle de Guillaume II, roi déchu, depuis quelques années, le comédien Christopher Plummer, né en 1929, crève l’écran une fois de plus à chaque apparition. Sa femme, la princesse Hermine, est quant à elle interprétée par Janet McTerr, immense actrice shakespearienne, vue également au cinéma dans Albert Nobbs de Rodrigo Garcia. A noter également une courte mais marquante et glaçante apparition d’Eddie Marsan dans le rôle d’Heinrich Himmler.

On se laisse prendre à ce jeu d’espions. Même si le final est attendu, Trahisons ne déçoit pas et tient en grande partie grâce à son excellent casting et la rigueur de sa mise en scène.

LE BLU-RAY

Après son passage par la VOD, Trahisons est aujourd’hui disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio. L’éditeur aurait pu soigner un peu plus la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, dont le visuel se focalise essentiellement sur Jai Courtney. Lily James, de profil, est méconnaissable et ressemble à Anne Hathaway. Etrange décision de la part de TF1 qui aurait pu capitaliser sur la comédienne, qui commence à avoir une certaine renommée. Le menu principal est animé et musical.

Seul un making of (19’) est proposé comme prolongement au film. Les acteurs, le réalisateur et les producteurs interviennent à tour de rôle pour présenter l’histoire, les personnages, le casting et les partis pris. Diverses images filmées sur le plateau montrent le calme entre les prises et pendant les répétitions.

L’Image et le son

TF1 Studio prend soin de l’édition Blu-ray du film de David Leveaux. Voici donc un très beau master HD. Respectueuse des volontés artistiques originales concoctées par Romain Osin (The Jane Doe Identity), la copie de Trahisons se révèle un petit bijou technique avec des teintes à la fois froides dans les extérieurs et chatoyantes dans les pièces du manoir, le tout soutenu par un encodage AVC solide. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les arrière-plans sont bien détaillés, le relief omniprésent et les détails souvent foisonnants.

L’éditeur a également soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et anglais. Les effets annexes sont systématiques dans toutes les séquences en extérieur, les voix solidement exsudées par la centrale. La spatialisation musicale est luxuriante avec un net avantage pour la version originale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée.

Crédits images : © Egoli Tossell Film. / TF1 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / La Môme vert-de-gris, réalisé par Bernard Borderie

LA MÔME VERT-DE-GRIS réalisé par Bernard Borderie, disponible en combo Blu-ray/DVD le 11 avril 2018 chez Pathé

Acteurs :  Eddie Constantine, Dominique Wilms, Howard Vernon, Darío Moreno, Maurice Ronet, Nicolas Vogel, Philippe Hersent, Jess Hahn, Gaston Modot, Roger Hanin…

ScénarioBernard Borderie, Jacques Berland  d’après le roman de Peter Cheyney, “Môme Vert-de-Gris

Photographie : Jacques Lemare

Musique : Guy Lafarge

Durée : 1h38

Année de sortie : 1953

LE FILM

Mickey, agent secret du F.B.I., a été assassiné à Casablanca. Dépêché par l’Agence, le redoutable Lemmy Caution mène l’enquête. Il fait bientôt la connaissance de la soeur de Mickey, la chanteuse de cabaret Carlotta de La Rue. Surnommée la “Môme Vert-de-Gris”, la belle est la petite amie de Rudy Saltierra, que Caution soupçonne d’être le commanditaire de l’assassinat de Mickey.

Né à Los Angeles dans une famille juive originaire d’Europe de l’Est, d’un père russe et d’une mère polonaise, Israël Constantine, dit Eddie Constantine (1913-1993) aura fait l’essentiel de sa carrière en France, à la fois dans la chanson et au cinéma. S’il a toujours revendiqué le fait d’avoir « fait du cinoche » uniquement pour l’argent, Eddie Constantine aura malgré-lui incarné un héros devenu culte, celui de l’agent secret américain Lemmy Caution, dans une douzaine de films au cinéma (et deux fois à la télévision), aux titres qui fleurent bon le « cinéma de papa » : Cet homme est dangereux, Les Femmes s’en balancent, Vous pigez ?, Lemmy pour les dames, À toi de faire… mignonne, jusqu’au célèbre Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (1965) de Jean-Luc Godard, qui emmène le personnage dans un univers totalement atypique. Mais c’est grâce au réalisateur Bernard Borderie (1924-1978), futur metteur en scène de la saga Angélique avec Michèle Mercier, qu’Eddie Constantine deviendra une véritable star, à travers cinq collaborations tournées de 1953 à 1963.

Le premier de ces films est La Môme vert-de-gris, adapté d’une série noire du romancier britannique Peter Cheyney. Enorme succès à sa sortie avec 3,8 millions de spectateurs, cette première aventure de Lemmy Caution et deuxième long métrage de Bernard Borderie, qui a fait d’Eddie Constantine une valeur sûre du box-office, se regarde en 2018 comme le témoignage d’un genre de divertissement complètement désuet et éculé, qui ne manque pas de charme, mais qui peine à éveiller l’intérêt des spectateurs pendant 1h40. Et c’est aussi l’une des grandes inspirations de OSS 117 : Le Caire, nid d’espions de Michel Hazanavicius.

La chanteuse Carlotta de la Rue, dite «la Môme vert-de-gris», se produit dans le cabaret de Joe Madrigal, à Casablanca. Blessé au cours d’une rixe, son frère, Mickey, est conduit à l’hôpital dans un état critique. Il révèle juste avant de mourir la menace que fait peser un gang sur un énorme convoi d’or en provenance directe des Etats-Unis. La police française au Maroc prévient l’ambassade américaine, qui sollicite immédiatement l’aide du FBI. C’est alors que l’agent Lemmy Caution entre en scène. Son charme naturel agit évidemment sur la belle Carlotta et il ne tarde pas à s’intéresser à l’amant de celle-ci, un certain Rudy Saltierra…

La Môme vert-de-gris vieillit très mal. Cette histoire de pseudo-espionnage se contente d’enchaîner les scènes tournées à la va-comme-je-te-pousse, en se focalisant sur Lemmy Caution, alors en mission sous le nom de Perry Charles Rice (il doit le dire une bonne dizaine de fois dans le film), en train d’écluser ses verres de whisky (même au petit déjeuner), fumer ses cigarettes à la chaîne et de draguer les petites pépées qui croisent son chemin et qui tombent bien sûr sous le charme irrésistible de son visage à la peau grêlée et de son sourire carnassier. Ce James Bond avant l’heure, on le voit d’ailleurs essayer d’emballer la secrétaire de son boss, n’est jamais crédible, mais la décontraction et même le je-m’en-foutisme avec lesquels Eddie Constantine traverse le film font le sel de La Môme vert-de-gris. D’ailleurs, non seulement il ne se passe pas grand-chose, mais tout est même devenu risible aujourd’hui.

Entre fougue et désinvolture, Lemmy Caution passe trop facilement d’un indice à l’autre, se bastonne d’une main en se remplissant un verre de l’autre, tandis que les méchants, lui exposent leurs plans dans les moindres détails, pensant qu’il ne lui reste que quelques secondes à vivre (rires démoniaques). Dans un Casablanca de pacotille reconstitué en studio pour apporter une touche exotique, Lemmy Caution traque et démasque ses ennemis sans aucune difficulté puisque tout lui tombe tout cuit dans le bec. Certes, la lourde vulgarité de Dominique Wilms dans le rôle de la femme fatale Carlotta de La Rue, la gouaille et l’accent américain de Constantine (qu’il exagère volontairement) arrachent quelques sourires, tout comme les bagarres réglées par Henri Cogan (également au casting, aux côtés de Dario Moreno, Maurice Ronet, Jess Hahn et même Roger Hanin), les répliques ringardes et l’affrontement final, mais il n’y a rien à sauver de La Môme vert-de-gris. Même la nostalgie n’agit pas ici.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de La Môme vert-de-gris, disponible chez Pathé, a été réalisé à partir d’un check-disc. Cette édition comporte également le DVD du film. Le menu principal est animé et musical.

Un seul petit bonus pour cette édition, un entretien avec Eddie Constantine réalisé en décembre 1987 pour l’émission Portrait d’acteur (4’). Evidemment accoudé à un comptoir, Eddie Constantine se souvient de sa rencontre avec Bernard Borderie et avoue n’avoir jamais pris sa carrière de comédien au sérieux, de n’avoir fait du cinéma que pour l’argent et surtout d’avoir toujours détesté son personnage de Lemmy Caution. Il surenchérit en disant que chaque tournage lui apparaissait comme une peine de prison. Mais Constantine modère ses propos en indiquant qu’il a appris depuis à aimer son métier d’acteur.

L’Image et le son

Le master de La Môme vert-de-gris a été restauré 2K en 2017, à partir d’une numérisation 4K, par les laboratoires Eclair. Les contrastes sont beaux, la copie est propre et stable, les gris riches, les blancs lumineux, la profondeur de champ appréciable et le grain original heureusement préservé. Les séquences sombres sont tout aussi soignées que les scènes diurnes, le piqué est joliment acéré et les détails étonnent parfois par leur précision, surtout sur les gros plans et la vilaine peau d’Eddie Constantine. Toutefois, quelques flous sporadiques font parfois une apparition remarquée et quelques séquences paraissent plus douces avec de sensibles décrochages sur les fondus enchaînés et de légers moirages. Mais ce Blu-ray au format 1080p est de grande qualité et redonnera peut-être un certain intérêt à ce petit film.

La partie sonore a été restaurée numériquement par L.E. Diapason. Résultat : aucun souci acoustique constaté sur ce mixage DTS-HD Master Audio Mono. Le confort phonique de cette piste unique est dynamique, les dialogues sont clairs et nets. Si quelques saturations demeurent inévitables, la musique jazzy est joliment délivrée et aucun craquement intempestif ne vient perturber l’oreille des spectateurs. L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiovision.

Crédits images : © Pathé / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Espions sur la Tamise, réalisé par Fritz Lang

ESPIONS SUR LA TAMISE (Ministry of Fear) réalisé par Fritz Lang, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD chez Eléphant Films le 6 février 2018

Avec :  Ray Milland, Marjorie Reynolds, Carl Esmond, Hillary Brooke, Percy Waram, Dan Duryea…

Scénario : Seton I. Miller d’après le roman de Graham Greene

Photographie : Henry Sharp

Musique : Victor Young

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1944

LE FILM

Londres, Deuxième Guerre mondiale. Stephen Neale sort d’un hôpital psychiatrique. Pour se persuader qu’il n’est pas fou et forcer son destin à s’éclaircir, il décide de se distraire dans une fête foraine. Il y gagne un gâteau dans lequel se cache un microfilm qui ne lui était pourtant pas destiné et que des agents secrets nazis vont tenter de récupérer par tous les moyens…

Grand amateur du travail de Sigmund Freud, Fritz Lang n’aura de cesse au cours de sa longue et prolifique carrière, de se pencher sur la question du meurtre, des assassins, de la culpabilité. En 1933, Joseph Goebbels propose au cinéaste le poste de directeur du département cinématographique de son ministère, celui de la propagande. Fritz Lang refuse. La légende dit que le réalisateur aurait déclaré à Goebbels que sa mère était juive. Il s’enfuit en France avant de s’installer aux Etats-Unis. Furie, son premier film américain et réquisitoire contre le lynchage, montre l’engagement du réalisateur. Suivront J’ai le droit de vivre (1937), Casier judiciaire (1938), Le Retour de Frank James (1940), Les Pionniers de la Western Union (1941) puis Chasse à l’homme la même année. Avec ce film, Fritz Lang entame une tétralogie antinazie avec Les Bourreaux meurent aussi, Espion sur la Tamise (1944) et Cape et Poignard (1946).

Après Chasse à l’homme, la carrière américaine de Fritz Lang patine et ses projets n’aboutissent pas. Le cinéaste milite pour aider ses compatriotes intellectuels à venir se réfugier aux Etats-Unis. Au même moment, Reinherd Heydrich, protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie, adjoint d’Himmler, surnommé “le Bourreau”, meurt dans un attentat organisé par la résistance tchèque le 4 juin 1942. Fritz Lang décide d’en faire le sujet de son prochain film et de rendre ainsi un vibrant hommage à la résistance. Les Bourreaux meurent aussiHangmen Also Die!, longtemps envisagé sous le titre Never Surrender ou tout simplement No Surrender (repris dans la dernière séquence du film avec le célèbre “NOT THE END” dans le montage intégral) est réalisé en 1943 sur un scénario écrit par John Wexley et surtout l’immense dramaturge Bertolt Brecht, également allemand exilé aux Etats-Unis, dont il s’agit de l’unique collaboration avec Hollywood. Toutefois, il n’est pas mentionné en tant que scénariste au générique suite à une décision du syndicat des scénaristes américains.

Compromis entre réalité historique et divertissement hollywoodien, le film de Fritz Lang traite de la traque de l’assassin de Reinhard Heydrich sous forme d’une fiction prétexte à mettre en valeur le courage de chaque homme, femme et enfant, tous unis contre le Troisième Reich. Fritz Lang instaure une atmosphère oppressante, où la résistance s’organise à chaque coin de rue. Une œuvre captivante et formidable, noire et âpre, au suspense haletant, à la frontière de l’expressionnisme et du cinéma hollywoodien classique, mais profondément européenne dans l’âme.

En revanche, Espions sur la TamiseMinistry of Fear, connu également sous le titre français Le Ministère de la peur, troisième volet de cette tétralogie consacrée à la lutte contre le nazisme, apparaît comme étant le plus anecdotique. Pur film de commande, thriller d’espionnage, Fritz Lang n’a aucun droit de regard sur le scénario, ni sur le casting concernant cette adaptation du roman de Graham Greene, par le scénariste (et producteur) Seton I. Miller (L’Insoumise, Scarface, Le Cygne noir). Malgré tout, le film demeure solidement réalisé, très bien interprété et excellemment photographié.

Durant la Seconde Guerre mondiale, à Londres, Stephen Neale est relâché après un séjour de deux ans en hôpital psychiatrique, après avoir aidé son épouse malade à mourir sans souffrance. De retour à la vie normale, et désireux de goûter aux joies simples de la vie, il se laisse attirer par le charme et l’ambiance d’une fête foraine. Après y avoir rencontré une voyante, il joue et remporte un beau gâteau. Ce dont il ne se doute pas, c’est qu’il n’aurait jamais dû accepter l’innocente pâtisserie qui renferme, en fait, un microfilm destiné à des espions nazis. S’ensuit alors une course-poursuite engagée par les agents secrets du Reich pour retrouver les compromettants et précieux documents ainsi que son infortuné propriétaire.

Durant 1h30, on sent que le cinéaste n’est guère intéressé par ce qu’il filme, ce qu’il avouera publiquement des années plus tard. Rien n’est vraisemblable et Fritz Lang ne le cache pas. De ce fait, en grand professionnel, le réalisateur allemand ne s’embarrasse pas de psychologie et privilégie l’action, les rebondissements, l’histoire d’amour et l’aventure. Sans temps mort, on suit donc les comédiens Ray Milland et Marjorie Reynolds, pourchassés par les nazis dont ils vont remonter le réseau. Avec ce personnage ordinaire plongé malgré lui dans une histoire extraordinaire, l’ombre d’Alfred Hitchcock plane sur Espions sur la Tamise, parfois proche des 39 marches et de Correspondant 17. Mais contrairement au maître britannique et en dépit de l’investissement de Ray Milland, on ne croît guère aux quiproquos rocambolesques qui ponctuent la trajectoire de Stephen Neale dès sa sortie de l’institut psychiatrique. Les séquences de la kermesse et du voyage en train sont superbes et indéniablement languiennes, mais le reste du film patine quelque peu, même si encore une fois le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer.

Les événements s’enchaînent trop vite et de façon mécanique, tandis que le personnage demeure stoïque, comme si tout ce qui lui arrivait lui était finalement banal. Si la rencontre avec la jeune réfugiée autrichienne n’apporte pas grand-chose au final, à part pour plaire aux amateurs de bluettes, Espions sur la Tamise passe également du coq à l’âne sans embarras, dans l’unique but de divertir les spectateurs. Ce qu’il réussit haut la main !

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Espions sur la Tamise, disponible chez Eléphant Films, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical. Ce titre intègre tout naturellement l’exceptionnelle collection Cinéma Master Class.

Aux côtés d’une galerie de photos, de bandes-annonces et des credits du disque, l’éditeur propose une présentation d’Espions sur la Tamise par le journaliste Eddy Moine (13’). Cinéphile passionné comme son père, Eddy Moine, filmé en plan fixe et lisant son texte, ne manque pas d’arguments ni d’anecdotes et encore moins de références et de titres pour évoquer le huitième long métrage américain de Fritz Lang. Dans un premier temps, le journaliste parle du cinéma de propagande anti-nazi qui fleurissait à Hollywood au début des années 1940. Puis Espions sur la Tamise est disséqué sur le fond comme sur la forme, et replacé dans l’oeuvre de Fritz Lang. Durant cette intervention très sympathique et éclairante, Eddy Moine n’hésite pas à critiquer le manque de charisme de Marjorie Reynolds et malgré quelques points négatifs déclare tout de même qu’il s’agit d’un des meilleurs films du genre.

L’Image et le son

Exit l’édition DVD Carlotta sortie en 2007. Soutenu par un encodage AVC solide, ce très beau master (1.33, 4/3) parvient à tirer parti de la HD et impose une clarté élégante ainsi qu’une restauration notable. La gestion des contrastes est équilibrée, les scories et accrocs (points blancs et noirs, rayures verticales) ont quasiment tous disparu, la propreté de l’image demeure souvent impressionnante. Les blancs sont lumineux, les yeux des comédiens brillent avec un nouvel éclat, le N&B est dense et stylisé, la palette de gris étant étendue tout du long jusqu’à la dernière bobine. Si le piqué demeure aléatoire, le grain est habilement restitué, les quelques flous sporadiques ne perturbent jamais l’homogénéité de la copie et les arrière-plans sont assurés. Hormis quelques effets de pompage, la qualité technique apparaît ici optimale pour un film des années 40.

Comme pour l’image, le son a également été restauré de fond en comble. Résultat : aucun souci acoustique constaté sur ce mixage anglais DTS-HD Master Audio 2.0. Le confort phonique de cette piste unique est total, les dialogues sont clairs et nets, très rarement étouffés, les effets annexes probants et les plages de silence très impressionnantes. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Eléphant Films /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr