Test DVD / Nos souvenirs, réalisé par Gus Van Sant

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NOS SOUVENIRS (The Sea of Trees) réalisé par Gus Van Sant, disponible en DVD le 31 août 2016 chez M6 Vidéo

Acteurs : Matthew McConaughey, Naomi Watts, Jordan Gavaris, Katie Aselton, Ken Watanabe, James Saito

Scénario : Chris Sparling

Photographie : Kasper Tuxen

Musique : Mason Bates

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Alors qu’il semble décidé à mettre fin à ses jours dans la forêt d’Aokigahara, au pied du Mont Fuji, Arthur Brennan se remémore les moments les plus marquants de sa vie de couple : sa rencontre avec sa femme Joan, leur amour, mais aussi l’usure de leur couple et leur éloignement progressif. Paradoxalement, une épreuve dramatique va leur ouvrir les yeux, renforcer leurs sentiments et les réunir à nouveau.
Alors qu’il revit ses souvenirs de couple, Arthur réalise comme cette passion a marqué sa vie…

THE SEA OF TREES

Avec Nos souvenirs, Gus Van Sant signe son neuvième long métrage en quinze ans. Palme d’or et Prix de la mise en scène au 56e Festival de Cannes pour Elephant, Prix du 60e anniversaire au Festival de Cannes 2007 pour Paranoid Park et Mention spéciale du jury au 63e Festival de Berlin pour Promised Land, la carrière du cinéaste américain était alors au beau fixe et ses films portés par une critique élogieuse. Personne n’est parfait et il fallait bien qu’un jour GVS fasse un faux pas et de ce point de vue-là Nos souvenirs, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2015 sous le titre français La Forêt des songes, est disons-le un vrai et grand navet.

THE SEA OF TREES

S’il s’était déjà intéressé aux derniers jours d’un homme dans Last Days, dont le personnage principal interprété par Michael Pitt était inspiré de Kurt Cobain, Gus Van Sant se focalise ici sur un quadra américain qui vient de perdre sa femme et qui a décidé de mettre fin à ses jours au Japon, dans la forêt labyrinthique et luxuriante d’Aokigahara, visiblement prisée par les personnes désirant mourir. Située au pied du Mont Fuji, cet océan constitué d’arbres – le titre original est d’ailleurs The Sea of Trees – considéré comme un des plus beaux endroits du monde, engloutit les âmes désespérées au point que les corps des suicidés ne sont jamais retrouvés ou presque. C’est l’occasion pour Arthur (Matthew McConaughey) de dresser le bilan de sa vie. Les flashbacks commencent à s’enchaîner, le montrant avec sa femme Joan (Naomi Watts). Un couple plutôt aisé, mais que la vie a rendu morne et triste. Joan dissimule son penchant pour l’alcool comme elle le peut et les relations entre le mari et la femme sont de plus en violentes. C’est alors que Joan se fait diagnostiquer une tumeur au cerveau. Arthur accompagne sa femme dans cette épreuve, d’autant plus que l’opération envisagée lui laisse une chance sur deux.

THE SEA OF TREES

Nos souvenirs apparaît comme un film-somme entre Restless, Gerry et Last Days, avec un homme perdu dans une Vallée de la Mort (même si la contrée n’est pas hostile ici) dont la femme est atteinte d’un mal quasi-incurable. Mais Nos souvenirs se rapproche plus d’un roman de Marc Lévy avec une écriture étonnamment maladroite. Sur un scénario original de Chris Sparling, scénariste du très réussi Burried de Rodrigo Cortés et réalisateur du mauvais Projet Atticus, les effets risibles s’enchaînent, rendant le film involontairement comique. La Palme revient à Matthew McConaughey, devenu une autocaricature de lui-même en quelques films. Son personnage, irritant et jamais attachant, se met à reconsidérer et à se réconcilier avec sa vie, réfléchit (en plissant les yeux derrière ses lunettes cassées) pour retrouver son chemin, sauf que la forêt a visiblement décidé de ne pas le laisser repartir aussi facilement. D’autant plus qu’il y fait la rencontre d’un homme japonais (Ken Watanabe) qui lui aussi avait décidé de passer l’arme à gauche, mais s’est finalement raccroché à la vie tout en perdant également le chemin vers la sortie. Mais cet homme est-il réel ou le fruit de son imagination à la dérive après avoir absorbé quelques cachets ? De son côté, Naomi Watts devient également experte dans l’art de pleurer que d’un œil et la bouche ouverte.

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Accueilli froidement par les critiques et sous les huées des spectateurs à Cannes, Nos souvenirs, tout d’abord envisagé comme un film d’horreur (véridique) est un véritable accident de parcours pour Gus Van Sant qui signe un mélodrame bourré de poncifs, mièvre et pathétique, grossier, interminable, indigne de lui, maladroitement mis en scène (et pourtant sublimement photographié), surtout lorsque l’histoire flirte légèrement avec le fantastique-mystique et que les violons ne s’arrêtent plus en fond sonore. A l’origine prévue en automne 2015, la sortie du film en France a été repoussée au printemps 2016 et le film présenté dans un montage et un titre différents. Cela n’a pas empêché Nos souvenirs de se solder par un échec grave et cinglant au box-office international.

THE SEA OF TREES

LE DVD

Le test du DVD de Nos souvenirs, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le visuel diffère par rapport à celui de l’affiche française. Exit Ken Watanabe, la jaquette se focalise sur Matthew McConaughey et Naomi Watts. Si son visage apparaissait de profil sur l’affiche, la comédienne est ici de face afin qu’on puisse bien la reconnaître. Mention spéciale au sous-titre « Dites aux gens que vous les aimez tant qu’il est encore temps ». C’est beau comme une chanson de Sexion d’Assaut.

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En plus de la bande-annonce, l’éditeur livre un condensé d’interviews (16’) diverses et variées des comédiens Naomi Watts et Matthew McConaughey, du scénariste et producteur Chris Sparling, du producteur Ken Kao, du costumier Danny Glicker, du coordinateur Joe Rotando et du directeur de production Kevin Halloran. Chacun se présente face à la caméra, à l’exception de Matthew McConaughey qui suppose que tout le monde doit le connaître. Ces entretiens promotionnels enchaînent les propos sans intérêt du style «le scénario était formidable » « un tel est amazing », les thèmes du film sont à peine abordés. Les intervenants couvrent Gus Van Sant de lauriers. D’ailleurs, on aurait bien aimé quelques propos de ce dernier à se mettre sous la dent pour savoir s’il est bien le responsable de ce film !

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L’Image et le son

En vue de l’échec dans les salles (euphémisme), Nos souvenirs ne dispose pas d’une édition HD. Heureusement le DVD est de fort bonne qualité et permet d’admirer la photo du chef opérateur danois Kasper Tuxen, la seule chose à sauver du film d’ailleurs, avec sa belle luminosité et ses contrastes duveteux toujours plaisants pour les mirettes sur les scènes en forêt. Si les séquences sombres dénotent par rapport au reste avec un léger fléchissement de la définition, des noirs tirant sur le bleu et un piqué plus émoussé, les scènes diurnes sont agréables avec des détails plus ciselés, une profondeur de champ appréciable, un léger grain et des visages plus précis.

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Nos souvenirs n’est pas un film à effets et les mixages français et anglais Dolby Digital 5.1 ne font pas d’esbroufe inutile. L’essentiel de l’action est canalisé sur les enceintes avant, même si chacune des séquences en forêt s’accompagne inévitablement d’ambiances naturelles sur les latérales avec notamment le bruissement du vent dans les feuilles. Il en est de même pour la composition de Mason Bates, systématiquement mise en valeur par l’ensemble des enceintes. Les voix demeurent solidement délivrées par la centrale, bien que la version française demeure moins ardente que son homologue. Les deux pistes Stéréo sauront contenter ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière.

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Crédits images : © M6 Vidéo

Test Blu-ray / Café Society, réalisé par Woody Allen

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CAFE SOCIETY réalisé par Woody Allen, disponible en Blu-ray et DVD le 13 septembre 2016 chez Studiocanal

Acteurs : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart,Steve Carell, Blake Lively, Parker Posey, Corey Stoll, Ken Stott, Anna Camp

Scénario : Woody Allen

Photographie : Vittorio Storaro

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié.
Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

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La vie est une comédie écrite par un auteur sadique 

Oublions l’escapade italienne de To Rome With Love, car Woody Allen a prouvé qu’il en avait encore sérieusement sous le capot avec Blue Jasmine, tourné durant l’été 2012, qui s’est avéré être un nouveau chef d’oeuvre à accrocher à son palmarès, en plus de valoir à Cate Blanchett l’Oscar de la meilleure actrice. Les deux comédies suivantes avec la lumineuse Emma Stone, la première légère Magic in the Moonlight et la seconde plutôt noire et grinçante L’Homme irrationnel, ont également été d’excellents crus, confirmant la bonne santé et l’inspiration toujours galopante de Woody Allen. A l’instar de Blue Jasmine, son dernier-né Café Society, expression qui renvoie au milieu des mondains, artistes et personnalités qui fréquentaient les cafés et les restaurants à la mode à New York, Paris et Londres, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, fait la navette entre la Californie et New York, mais en emmenant les spectateurs dans les années 1930, plus précisément dans le monde du cinéma.

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Après L’Homme irrationnel, Parker Posey est de retour devant la caméra du cinéaste mais dans un rôle secondaire, au contraire de Jesse Eisenberg qui apparaissait dans un segment de To Rome With Love et qui devient ici la tête d’affiche. Blake Lively et Kristen Stewart font leur première apparition devant la caméra de Woody Allen. De son côté, l’excellent Steve Carell remplace finalement Bruce Willis qui a « officiellement » lâché l’équipe quatre jours après le début du tournage pour aller créer à Boradway la pièce Misery adaptée du roman de Stephen King. En réalité, le comédien a purement et simplement été viré par Woody Allen en raison d’un comportement inapproprié et de son incapacité à se souvenir de ses répliques. Présenté au Festival de Cannes 2016 hors-compétition, Café Society n’est pas un mauvais film du plus célèbre réalisateur new-yorkais, mais le casting féminin est un des plus faibles de toute sa filmographie. Gros mauvais point pour Kristen Stewart, qui n’a pas l’aura d’une jeune femme des années 1930, qui semble constamment embarrassée de ses bras et dont le jeu bourré de tics agace profondément. Si leurs collaborations fonctionnaient dans Adventureland : Un job d’été à éviter (2012) et American Ultra (2015), les retrouvailles Stewart/Eisenberg ne fonctionnent pas ici. Là où la première est constamment empruntée et pour ainsi dire anachronique, Jesse Eisenberg lui se fond parfaitement dans son rôle avec un jeu très inspiré du cinéaste lui-même. Par conséquent, les scènes où Stewart/Eisenberg se donnent la réplique paraissent déséquilibrées et sonnent faux tout du long.

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Histoire divisée en deux parties, entre Hollywood et New York, Café Society marque la première association entre Woody Allen et le chef opérateur Vittorio Storaro, oscarisé pour Apocalypse Now, Reds et Le Dernier Empereur, mais c’est aussi le premier film du cinéaste tourné au format 2.00:1 et surtout le premier réalisé en numérique ! A 80 ans, Woody Allen parvient encore à se renouveler. Heureusement, Café Society ne se résume pas à cette dimension technique et à sa beauté plastique, puisque même si Kristen Stewart s’avère un choix hasardeux et que Blake Lively manque également de crédibilité, beaucoup d’éléments sont très réussis comme les dialogues irrésistibles et le portrait de Bobby. Jeune homme timide de confession juive, il quitte le Bronx pour la Californie, plein de bonnes volontés afin de trouver un job auprès de Phil (Steve Carell), son oncle, puissant imprésario. Bobby tombe rapidement amoureux de Vonnie, la secrétaire de Phil. Mais il ne sait pas que Vonnie est en réalité la maîtresse de son oncle. Bobby ira d’espoirs en désillusions, sur le monde du spectacle mais également sur les relations amoureuses et décide de rentrer sur la côte Est pour ouvrir un club à la mode avec son frère en plein centre de Manhattan. Jesse Eisenberg porte le film d’un bout à l’autre grâce à son immense talent, son charisme, son énergie, sa sensibilité qui emportent tout. Retenons également la formidable séquence, sans doute la meilleure du film, où Bobby se retrouve face à Candy, interprétée par l’excellente Anna Camp, une des révélations des deux Pitch Perfect. Candy est une jeune prostituée, en réalité une aspirante actrice obligée de se lancer dans cette activité pour payer son loyer, étant également mise face aux réalités quant au mythe Hollywoodien. Désarçonné, Bobby décide de l’aider, puis les deux entament une conversation désopilante, véritable court-métrage à part entière au milieu de l’intrigue.

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Le dernier tiers new-yorkais est également le plus marquant avec un final bouleversant, mélancolique, inattendu, qui rattrape les quelques points faibles mentionnés précédemment. Café Society est une œuvre élégante mais cynique sur le monde du cinéma – d’ailleurs Woody Allen en assure lui-même la narration en voix-off – et sur ses mirages qui entament les sentiments les plus purs.

LE DISQUE

Le test de l’édition HD de Café Society a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

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Pas même une bande-annonce n’est disponible en guise de supplément.

L’Image et le Son

Studiocanal se devait d’offrir un service après-vente remarquable pour la sortie dans les bacs du premier film de Woody Allen réalisé en numérique avec la caméra Sony CineAlta. L’éditeur prend soin de Café Society et livre un master HD (1080p) quasi-irréprochable au transfert immaculé. Respectueuse des volontés artistiques originales concoctées par l’immense directeur de la photographie Vittorio Storaro (L’oiseau au plumage de cristal, 1900, Ladyhawke, la femme de la nuit), la copie de Café Society se révèle un petit bijou technique avec des teintes chaudes, ambrées et dorées, une palette chromatique spécifique, le tout soutenu par un encodage de haute volée. Le piqué, tout comme les contrastes, sont riches et tranchants, les arrière-plans sont détaillés, le relief omniprésent et les détails foisonnants. Hormis quelques légers fléchissements sur les scènes sombres, cette édition Blu-ray en met souvent plein la vue.

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Deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et anglais. L’apport des latérales demeure complètement anecdotique. Si les dialogues de la version française sont dynamiques, ils tendent à prendre le pas sur les ambiances annexes et l’ensemble manque de naturel. La piste anglaise est évidemment celle à privilégier, d’autant plus que la musique, les voix, les ambiances et effets s’accordent avec une réelle homogénéité, mais essentiellement sur la scène frontale. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale.

L’éditeur joint également une piste Audiodescription ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

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Crédits images : © Studiocanal

Test Blu-ray / Under Pressure, réalisé par Anna Boden et Ryan Fleck

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UNDER PRESSURE (Mississippi Grind) réalisé par Anna Boden et Ryan Fleck, disponible en Blu-ray et DVD le 12 octobre 2016 chez Condor Entertainment

Acteurs : Ryan Reynolds, Ben Mendelsohn, Sienna Miller, Analeigh Tipton, Yvonne Landry, James Toback

Scénario : Anna Boden, Ryan Fleck

Photographie : Andrij Parekh

Musique : Scott Bomar

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2015

LE FILM

Malchanceux et fauché, Gerry s’associe avec un joueur charismatique de poker plus jeune, Curtis, afin de retrouver enfin la chance. Les deux hommes se lancent alors dans un voyage vers les routes du Sud des États-Unis avec des visions de lointaines victoires passées.

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Anna Boden et Ryan Fleck sont respectivement la scénariste et le réalisateur de l’acclamé Half Nelson, qui a connu un grand succès en 2006. Couvert de récompenses dont le Prix spécial du jury à Deauville et à Locarno, le film a également été nommé dans les festivals du monde entier, en offrant même à Ryan Gosling sa première nomination aux Oscars du meilleur acteur. Désormais associés à la mise en scène, Anna Boden et Ryan Fleck réalisent Sugar en 2008, inédit en France et Une drôle d’histoire en 2010 avec Zach Galifianakis, sorti directement en DVD dans nos contrées. Même chose pour leur dernier film, Mississippi Grind, qui arrive dans les bacs sans passer par la case cinéma. Rebaptisé Under Pressure, ce très beau drame mélancolique (jusque dans sa bande-son blues et folk) est étrangement vendu comme un film d’action avec Ryan Reynolds, dont le visage tuméfié qui semble prêt à en découdre, remplit tout le visuel de la jaquette. De même, le résumé du film mentionne à peine le personnage incarné par Ben Mendelsohn alors que ce dernier a bel et bien le premier rôle. Mais il faut bien vendre un film…Toujours est-il qu’Under pressure raconte l’histoire de Gerry (Ben Mendelsohn), quadra au bout du rouleau, accro aux jeux d’argent, endetté, divorcé et père d’une fille qu’il ne voit jamais. Un soir, autour d’une table de poker, il rencontre Curtis (Ryan Reynolds donc), séduisant trentenaire, également expert aux cartes. Roublard, charismatique, enfiévré, il s’attache rapidement à Gerry et souhaite lui venir en aide. Visiblement solitaire et ayant pas mal bourlingué, Curtis propose à Gerry de prendre la route et de tenter ailleurs de remporter le gros lot.

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Né en Australie en 1969, Ben Mendelsohn a su s’imposer au fil des années comme un des comédiens les plus fascinants en activité. S’il demeure essentiellement connu dans son pays natal, le grand public a pu l’apercevoir dans Vertical Limit de Martin Campbell, Le Nouveau monde de Terrence Malick, Australia de Baz Luhrmann, mais c’est son rôle d’oncle psychopathe dans Animal Kingdom de David Michôd qui lui ouvre encore plus grand les portes du cinéma hollywoodien. Depuis Ben Mendelsohn a collaboré avec Joel Schumacher, Andrew Dominik, Christopher Nolan, Derek Cianfrance, Anne Fontaine et Ridley Scott et Danny Rayburn dans la série Bloodline. Avant de décrocher un des rôles principaux dans le très attendu Rogue One: A Star Wars Story de Gareth Edwards, Ben Mendelsohn tourne ce petit Mississippi Grind. Magnétique, bouleversant, dingue de charisme, l’acteur a peu à faire pour créer l’empathie avec les spectateurs.

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A ses côtés, Ryan Reynolds trouve un de ses plus beaux rôles à ce jour. Il est d’ailleurs étonnant de voir comment le jeu du comédien canadien a su s’affirmer depuis quelques années. Il est ici d’une étonnante et belle sobriété, très élégant. L’excellente Sienna Miller apparaît également au casting, encore une fois métamorphosée et qui a toujours le don de rendre ses personnages marquants même avec peu de temps à l’écran. Dans un tout petit rôle, Analeigh Tipton, révélation de Crazy, Stupid, Love. de John Requa et Glenn Ficarra en 2011, change ici de registre et s’avère remarquable dans le genre dramatique.

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Under Pressure est un film lent, plein de spleen, mais dans lequel on se sent bien et qui donne envie de se battre contre tout ce qui peut nous tomber sur la tête. L’histoire est simple, tout comme la manière dont sont abordés les sentiments, mais Under Pressure nous transporte avec les personnages (qui se dévoilent petit à petit), lancés sur les routes de la Nouvelle Orleans, en Alabama, en Iowa et dans le Massachusetts, comme si le temps était suspendu voire s’était arrêté il y a plusieurs décennies. C’est là toute la grande réussite de ce petit film qui avec sa sincérité, sa douceur et sa sensibilité, sans oublier l’alchimie entre les deux comédiens, mérite la plus large audience possible.

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LE BLU-RAY

Bien que Ben Mendelsohn soit l’acteur principal du film, il n’apparaît pas sur le visuel principal de la jaquette et son nom n’est même pas mentionné ! La part belle est faite à Ryan Reynolds, plus vendeur, surtout depuis le carton de Deadpool. De plus, avec son titre « français » Under Pressure et la trogne cassée de Ryan Reynolds qui occupe les 2/3 du visuel, cette jaquette induit en erreur puisque le film est bel et bien un drame et surtout pas un film d’action ou un thriller. Le menu principal est animé et musical.

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Seul supplément de cette édition, un excellent making of (17′). Composé de nombreuses images de tournage et de propos de l’équipe (les réalisateurs, les acteurs, les producteurs), ce documentaire s’avère dans le ton du film et expose posément les thèmes, les enjeux, les personnages, ainsi que les conditions de tournage.

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L’Image et le son

Le Blu-ray d’Under Pressure est proposé au format 1080i. Tourné en 35mm avec un petit budget, ce Blu-ray rend compte des conditions modestes d’un film indépendant, qui peine à trouver un équilibre en Haute-Définition. Si l’on est d’abord séduit par le rendu de la colorimétrie, force est de constater que la définition chancelle à plusieurs reprises. Le piqué manque singulièrement de mordant, tout comme les détails, notamment au niveau des visages des comédiens. Le codec tente de consolider certains plans avec difficulté, surtout sur les quelques séquences sombres. De plus, la profondeur de champ est décevante, quelques fourmillements sensibles s’invitent à la partie, la gestion des contrastes étant au final aléatoire. Toutefois, certains plans sortent aisément du lot avec un relief indéniable et une clarté plaisante sur les séquences diurnes.

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Ne vous attendez pas à des explosions ou des effets surround fulminants, mais les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 permettent de spatialiser la musique du film. Cependant, les dialogues auraient peut-être gagné à être un poil plus alerte sur la centrale et l’ensemble demeure essentiellement frontal en dehors des quelques plages musicales. Les ambiances naturelles se font parfois ressentir et la balance des enceintes avant et arrière est plutôt bien équilibrée, surtout sur les scènes de casino et de courses. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée.

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Crédits images : © Condor Entertainment / Captures Blu-ray : Franck Brissard

 

Test Blu-ray / Julieta, réalisé par Pedro Almodóvar

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JULIETA réalisé par Pedro Almodóvar, disponible en Blu-ray et DVD le 23 septembre 2016 chez Pathé

Acteurs : Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Darío Grandinetti, Michelle Jenner…

Scénario : Pedro Almodóvar d’après trois nouvelles du recueil Fugitives d’Alice Munro

Photographie : Jean-Claude Larrieu

Musique : Alberto Iglesias, Chavela Vargas

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vue depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

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En 2011, Pedro Almodóvar signait un de ses chefs d’oeuvre, La Piel que habito, plus complexe, minimaliste, épuré et austère que ses précédents longs métrages, une véritable rupture avec ses superbes mélodrames qui ont fait son immense succès à travers le monde. Thriller organique traumatisant, croisement entre Franju et Hitchcock, porté par un Antonio Banderas glacial et glaçant et l’interprétation hallucinante d’Elena Anaya, La Piel que habito était un sommet dans la carrière du réalisateur espagnol. Ayant néanmoins déçu une partie de son public de base, Pedro Almodóvar revenait deux ans plus tard avec Les Amants passagers, pour lequel il renouait avec son genre de prédilection, la comédie chorale loufoque et bordélique période Movida. Ce 19e long métrage se révélait être le pire de sa filmographie. Rien ou presque ne fonctionnait dans ce retour à la fantaisie, véritable naufrage artistique. Heureusement, Les Amants passagers s’apparentait à une récréation. C’est peu dire qu’on attendait des nouvelles du vingtième film de Pedro Almodóvar après son indigeste cocktail rose-bonbon de sexe, de drogue, d’anxiolytiques, de champagne-vodka-mescaline-jus d’orange et de musique pop des années 1980 ! Et disons-le immédiatement, Julieta est un nouveau chef d’oeuvre à inscrire à son palmarès !

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Le cinéaste adapte trois nouvelles du recueil Fugitives (2004) d’Alice Munro, Hasard, Bientôt et Silence, toutes ayant comme point commun le personnage de Juliette. Pedro Almodóvar a donc imaginé comment rattacher ces trois histoires distinctes, pour qu’elles puissent en former une seule, afin que naisse le destin de Juliette, rebaptisée ici Julieta. L’histoire originale se situait à Vancouver. Ayant envisagé un temps de tourner son film en anglais et à New York, le metteur en scène a finalement préféré revenir à sa langue et à sa culture natales avec des prises de vues réalisées en Espagne. Pedro Almodóvar s’approprie l’histoire originale pour livrer un des plus beaux portraits de femmes de sa filmographie, et pourtant Dieu sait que de merveilleux personnages féminins ont déjà jalonné sa carrière. Julieta est un drame sensible, fragile comme du cristal, sur lequel plane un parfum de mystère. Pourquoi une jeune fille, Antía, a-t-elle disparu du jour au lendemain et n’a plus donné signes de vie à sa mère Julieta, ni même expliqué les raisons de son départ ? La belle cinquantaine, Julieta (Emma Suárez) ne s’est jamais remise de cette disparition et a dû apprendre à continuer à vivre avec l’incompréhensible, la douleur et l’inacceptable. Jusqu’au jour où la rencontre avec une amie d’enfance de sa fille, qui affirme l’avoir vue en Italie, remet en question son départ pour le Portugal avec son compagnon. Julieta entreprend alors d’écrire à sa fille et de se livrer comme elle ne l’a jamais fait, sur sa jeunesse jusqu’à sa rencontre avec l’homme de sa vie, le père d’Antía. Par flashbacks, nous découvrons alors la jeune Julieta, incarnée cette fois par Adrianna Ugarte. Deux actrices pour le même personnage à un âge différent, le cinéaste ayant peu confiance dans les maquillages supposés vieillir.

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Et Pedro Almodóvar de nous hypnotiser avec ses couleurs, les visages de ses sublimes comédiennes, son récit à tiroirs dans lequel s’enchevêtrent les époques – magnifique passage de relais – et les destins, la délicatesse de chaque geste esquissé ou avorté, ses scènes d’amour passionnées pour faire face à la mort et la fatalité, la beauté insondable des dialogues, tandis que le cinéaste instaure un suspense palpable et une réflexion universelle et bouleversante sur le deuil impossible. Forcément tragique, mais également constamment chaleureux et ensoleillé puisque les astres demeurent mais ne meurent jamais, Julieta est un des récits les plus poignants, gracieux et courageux du réalisateur ibérique qui ne cède jamais au pathos et nous donne furieusement envie de prendre dans nos bras son héroïne intensément romanesque.

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LE BLU-RAY

La jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend le visuel de l’affiche française d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

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Pathé va droit à l’essentiel, mais les fans du cinéaste risquent de déchanter. En premier lieu nous trouvons deux entretiens croisés de Pedro Almodóvar et de la comédienne, l’autre avec Adrianna Ugarte. Cinq petites minutes durant lesquelles les intervenants s’expriment sur les intentions et les partis pris, les personnages, les thèmes et l’esthétique du film.

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En guise de making of vous trouverez un clip de 11 minutes compilant de nombreuses images du tournage montrant les coulisses, les répétitions, Pedro Almodóvar avec ses comédiens. Surtout, ne visionnez pas ces images avant d’avoir vu le film puisque de nombreuses scènes clés y sont dévoilées !

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L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Pathé nous livre un remarquable master HD de Julieta. Pour la seconde fois de sa carrière, Pedro Almodóvar réalise un film avec des caméras numériques et cela se ressent à l’image. Les contrastes sont tranchants, le piqué saisissant, les détails abondent sur tous les plans, le relief est palpable, la colorimétrie est étincelante et chatoyante. A part quelques petites saccades sur les mouvements rapides et divers plans trop surexposés, la compression AVC n’est jamais prise en défaut, la définition demeure spectaculaire aussi bien dans les scènes en intérieur que dans les séquences en extérieur, bref nous nous trouvons devant un très beau Blu-ray.

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En espagnol comme en français, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 sont en parfaite adéquation avec le sujet, à la fois intimiste dans les dialogues, mais également saisissantes et immersives. Les enceintes sont intelligemment mises à contribution même si le cadre confiné restreint les effets latéraux, les voix sont saisissantes sur la centrale et le caisson de basses se mêle efficacement à la partie. Evidemment, la version originale se révèle plus fluide et limpide que son homologue française et demeure la piste à privilégier, mais était-ce bien nécessaire de le préciser ? Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue est verrouillé à la volée.

L’éditeur joint également une piste Audiovision ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

julieta9Copyright El Deseo – Manolo Pavón / Captures du Blu-ray : Franck Brissard

Chronique du Blu-ray / La Vengeance de l’Homme invisible, réalisé par Ford Beebe

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LA VENGEANCE DE L’HOMME INVISIBLE (The Invisible Man’s Revenge) réalisé par Ford Beebe, disponible en combo Blu-ray/DVD le 21 septembre 2016 chez Elephant Films.

Acteurs : Jon Hall, Leon Errol, John Carradine, Alan Curtis, Evelyn Ankers, Gale Sondergaard

Scénario : Bertram Millhauser

Photographie : Milton R. Krasner

Musique : Hans J. Salter

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1944

LE FILM

Robert Griffin a été dupé et laissé pour mort en Afrique par certains collègues il y a plusieurs années. Ayant survécu, le revanchard Griffin retourne en Angleterre où il rencontre un génial scientifique espérant tester une nouvelle formule spéciale. Sa vengeance est bientôt à portée de main. La folle injection du Docteur rend Robert invisible, lui permettant ainsi d’approcher discrètement ceux qui jadis l’avaient trahis. Griffin détruit systématiquement ses ennemis grâce à cette nouvelle faculté d’invisibilité, mais découvre que ses nouveaux pouvoirs ne peuvent pas être utilisés aussi facilement. Les effets secondaires commencent à se faire ressentir…

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Nous avions laissé notre Homme invisible s’échapper de Berlin dans L’Agent invisible contre la gestapo. Qu’allait-il lui arriver dans ses prochaines aventures ? Il faudra attendre deux ans pour que La Vengeance de l’Homme invisible The Invisible Man’s Revenge débarque sur les écrans américains en août 1944. Nous avons affaire à un nouvel Homme invisible, mais quelle est donc cette vengeance qui l’anime et qui donne son titre à ce cinquième opus de la franchise ? Dans ce formidable film noir fantastique, le protagoniste principal, devenu invisible grâce à un sérum révolutionnaire, va utiliser ce pouvoir pour se venger de quelques individus qui l’ont laissé pour mort au Tanganyika en le détroussant d’une fortune en diamants qui lui revenait de droit. Frappé à la tête et ayant souffert d’amnésie, désormais guéri et de retour d’Afrique dans son pays après avoir voyagé comme passager clandestin, rien ni personne n’arrêtera désormais Griffin dans sa quête de vengeance.

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Réalisé par un certain Ford Beebe (1888-1978), La Vengeance de l’Homme invisible poursuit la saga Universal Monsters – Invisible Man, tout en l’emmenant sur une nouvelle voie. Après la comédie, le film d’espionnage, le film de guerre, l’Homme invisible devient un véritable Edmond Dantès. Cet épisode emprunte au Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas et s’avère passionnant dans son mélange des genres. Curt Siodmak laisse cette fois sa place au scénariste Bertram Millhauser, auteur d’un Sherlock Holmes à Washington en 1943 ou du Caïd avec Humphrey Bogart en 1942. Le ton revient à celui des deux premiers films. En dehors de la scène très réussie des fléchettes, dans lequel l’Homme invisible aide un complice bien imbibé à remporter un tournoi, l’humour y est beaucoup moins présent que dans les précédents volets. Après L’Agent invisible contre la gestapo, Jon Hall est de retour dans le rôle principal, même si le personnage est totalement différent. Plus froid dans son interprétation, le comédien campe un Robert Griffin – référence au protagoniste original même si sans aucun lien – inquiétant, manipulateur et déterminé à se venger de ceux qui l’ont doublé. C’est alors qu’il croise la route du Docteur Drury, incarné par l’immense John Carradine, qui l’utilise alors comme cobaye dans ses expériences visant l’invisibilité. Après avoir rendu un perroquet et deux chiens invisibles, il est temps pour lui de tenter de rendre un être humain invisible.

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Les effets spéciaux n’ont eu de cesse de s’améliorer de film en film, ce qui est encore le cas pour cet opus. La « présence » suggérée de l’Homme invisible reste réellement bluffante pour l’époque – à l’instar de la main dans l’aquarium ou le visage recouvert de farine – et ravit toujours les yeux aujourd’hui. L’intrigue est rondement menée, souvent passionnante. Mais il s’agit du dernier baroud d’honneur de cet Homme invisible chez Universal et il faudra attendre le début des années 1950 pour « revoir » cet être dématérialisé sur le grand écran aux côtés…d’Abbott et Costello dans Deux nigauds contre l’homme invisible.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de La Vengeance de l’Homme invisible, disponible chez Elephant Films dans la désormais impressionnante et indispensable collection Cinéma Monster Club, a été réalisé à partir d’un check-disc. L’édition HD est accompagnée du DVD dans un combo élégamment présenté. Le menu principal est animé et musical.

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Dans la section des suppléments, nous trouvons tout d’abord une présentation du film (6’) par le journaliste Jean-Pierre Dionnet. Comme à son habitude, ce dernier revient particulièrement sur le réalisateur, les scénaristes et le casting, ainsi que sur l’orientation originale de ce nouvel opus.

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On retrouve également un module où Dionnet expose le thème de l’Homme Invisible (13′), décliné à travers les arts, de la littérature (H.G. Wells bien sûr) et au cinéma, du film de James Whale en 1933, ses suites qui suivront dans les années 1940, tout en passant rapidement sur les films de John Carpenter et de Paul Verhoeven. Jean-Pierre Dionnet évoque également les effets spéciaux miraculeux de John P. Fulton.

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L’interactivité se clôt sur une galerie de photos, les credits du disque ainsi que les nombreuses bandes-annonces des films disponibles dans la même collection. Toutefois, ne figure pas celle de La Vengeance de l’Homme invisible !

L’Image et le son

Si l’on excepte quelques griffures, décrochages sur les fondus enchaînés et divers fourmillements sur les images composites des séquences comprenant des effets spéciaux, alors il n’y a rien à redire sur le master HD de La Vengeance de l’Homme invisible. Le N&B est riche, les noirs denses et les blancs lumineux, la copie affiche une stabilité enthousiasmante et les contrastes sont à l’avenant. Ce Blu-ray au format 1080p ravit les yeux et participe à la redécouverte de cette excellente franchise. Merci Elephant Films !

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La bande-son a également été restaurée en version originale, seule piste disponible sur cette édition, en DTS HD Dual Mono Mono 2.0. Les dialogues, tout comme la musique, demeurent propres et distincts. Le confort acoustique est très appréciable, sans souffle parasite ni craquements intempestifs.

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Crédits images : © Elephant Films

Chronique du DVD / Les Ogres, réalisé par Léa Fehner

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LES OGRES réalisé par Léa Fehner, disponible en DVD le 23 août 2016 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

Scénario : Léa Fehner, Catherine Paillé, Brigitte Sy

Photographie : Julien Poupard

Musique : Philippe Cataix

Durée : 2h16

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Ils vont de ville en ville, un chapiteau sur le dos, leur spectacle en bandoulière.
Dans nos vies ils apportent le rêve et le désordre.
Ce sont des ogres, des géants, ils en ont mangé du théâtre et des kilomètres.
Mais l’arrivée imminente d’un bébé et le retour d’une ancienne amante vont raviver des blessures que l’on croyait oubliées.
Alors que la fête commence !

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« Les comédiens ont installé leur tréteaux
Ils ont dressé leur estrade
Et tendu leur calicot
Les comédiens ont parcouru les faubourgs
Ils ont donné la parade
A grand renfort de tambour »

Charles Aznavour, Les Comédiens

Avec son premier long métrage Qu’un seul tienne et les autres suivront, primé au Festival de Deauville et Prix Louis Delluc, Léa Fehner, venue de la Fémis, s’élevait instantanément au rang des auteurs les plus prometteurs de sa génération. Film choral salué par la critique en décembre 2009, cette première œuvre avait été sélectionné aux César l’année suivante. Ambitieux et prometteur, remarquablement écrit, réalisé et interprété par des jeunes comédiens français talentueux (Vincent Rottiers, Pauline Etienne, Reda Kateb), mature et difficile par la dureté des thèmes abordés notamment sur le monde du parloir dans le milieu carcéral, Qu’un seul tienne et les autres suivront était un choc dans le cinéma français. Depuis, nous étions sans nouvelles de Léa Fehner, 28 ans à l’époque de son premier film. Les Ogres marque enfin son retour derrière la caméra.

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C’est un essai transformé, une explosion. Dans un autre genre, nous retrouvons la tension qui animait les protagonistes de son précédent long métrage. La force et l’énergie de ses acteurs est ici le sujet des Ogres, Swann d’or du meilleur film au Festival du film de Cabourg en 2016, et que l’on devrait normalement retrouver aux César en 2017. La caméra de Léa Fehner prend place au sein d’un théâtre itinérant. La réalisatrice connaît bien le sujet, ayant elle-même grandi dans ce milieu particulier dans les années 1990. Par ailleurs, ses parents comédiens sillonnent encore les routes de France comme Léa Fehner nous le montre dans son film, dans un véritable convoi de caravanes, plantant le chapiteau au gré de leur voyage. De l’aveu même de la cinéaste, c’est par peur de ces conditions de travail très précaires et difficiles qu’elle s’est ensuite tournée vers le cinéma. Jusqu’à ce que son enfance, ses gênes, lui inspirent ce deuxième film, que l’on peut aisément qualifier de chef d’oeuvre de l’année 2016. C’est un film qui bouscule, qui hurle, qui émeut, qui met mal à l’aise, qui rend heureux, qui agit comme un véritable uppercut. Ça se bat, ça baise, ça se rentre dans le lard, ça vit. Si Léa Fehner loue le courage et la passion qui anime les artisans du monde du théâtre itinérant, la tension est également omniprésente. Elle se fait sentir du début à la fin, comme une montée d’adrénaline avant d’entrer en scène, qui ne vous lâche plus. La vie et le théâtre s’entremêlent, pour les comédiens le théâtre est leur vie, les sentiments s’exacerbent. C’est beau, c’est même magnifique, on est même aux larmes à la fin sans que l’on puisse expliquer pourquoi.

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Les Ogres est un film étourdissant porté des acteurs magnifiques, Marc Barbé et Adèle Haenel en tête. Le titre renvoie évidemment à l’appétit de vivre des gens du théâtre itinérant, mais aussi à ces mêmes personnes, hommes et femmes, qui en voulant avaler le monde se font évidemment autant de mal que de bien à vivre ensemble. Les dialogues sont parfois vraiment difficiles, tout comme certaines situations inconfortables, à l’instar de cette « mise aux enchères » de Marion, la femme du metteur en scène, dont l’infidélité de son mari avec une femme plus jeune, lui a ôté la flamme, la passion et même l’envie de vivre. Léa Fehner indique “Ces ogres de vie sont aussi capables de bouffer les autres et de prendre toute la place ! Mais c’est aussi ça qui peut devenir passionnant : donner à voir des êtres puissants et drôles, indignes et inconséquents, foutraques et amoureux. Traquer l’ambivalence. D’une certaine manière, parler des ogres c’est aussi se rendre compte que cette question de la démesure a autant à voir avec le théâtre itinérant qu’avec l’intimité des familles : comment certains y occupent toute la place, comment l’amour peut être dévorant…”.

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Avec ses talentueuses et précieuses coscénaristes Catherine Paillé (Tonnerre, Une vie meilleure) et Brigitte Sy (Les Mains libres, L’Astragale), Léa Fehner s’intéresse à la place de l’individu dans une troupe, tout en cherchant à comprendre ce qui fait d’un groupe de théâtre une vraie communauté, unie dans les bons comme dans les mauvais moments, dans la tendresse et dans la violence. Il y a quelque chose de foncièrement épique et de romanesque dans Les Ogres, y compris dans sa durée de 2h18. Afin d’appuyer le réalisme, Léa Fehner a pu faire participer une dizaine de comédiens issus de la troupe de ses parents, y compris François, Marion et Inès Fehner, son père, sa mère et sa sœur, chacun dans un rôle délicat et très difficile. Le fils de la réalisatrice, ainsi que ses neveux et nièces sont également de la partie.

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La mise en scène épouse cette effervescence quotidienne. En caméra portée, Léa Fehner colle aux visages, aux allées et venues entre les coulisses et la scène, tandis que la vie réelle et la représentation s’imbriquent avec une fièvre étourdissante et contagieuse. On glisse d’un personnage à l’autre, les acteurs sont ensuite réunis, sur le plateau comme en dehors où les joies et vicissitudes se fondent. C’est le deuil d’un fils, la naissance d’un autre, une ancienne infidélité qui parasite le quotidien d’un couple vieillissant, la réapparition de la femme à l’origine de cette crise, la peur de ne pas être à sa place, celle de ne pas être soutenu, de ne pas d’en sortir, mais aussi la joie de tailler la route de pouvoir donner un peu de bonheur à quelques spectateurs qui auront la curiosité de venir les voir jouer sur ce bateau ivre. Et qu’importe si la situation est explosive dans les coulisses, the show must go on, peu importe le nombre de places occupées dans les tribunes devant lesquelles on joue Anton Tchekhov.

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Les Ogres est un film virtuose, libre, puissant, bouillonnant, foisonnant, comme une valse menée par les saltimbanques. Et c’est surtout magnifique.

LE DVD

Le test du DVD des Ogres, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est très beau, animé sur la musique de Philippe Cataix. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film.

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En plus d’un petit livret reprenant le dossier de presse, cette édition contient également trois scènes commentées du film. La première (La parade) est commentée par la réalisatrice Léa Fehner et le chef opérateur Julien Poupard, la seconde (Le départ d’Inès) par Léa Fehner et sa coscénariste Catherine Paillé, la dernière par Julien Poupard et Pascale Consigny, chef décoratrice. Ces dix petites minutes ne donnent que de minuscules bribes d’informations sur les conditions de tournage, le casting, la photo. On aurait vraiment préféré un commentaire audio sur l’intégralité des Ogres. Mais c’est déjà ça de pris.

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L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

A l’aide de sa caméra à l’épaule, la réalisatrice a tenu à coller au plus près des personnages, de leurs émotions et de la hargne qui les anime. Ce genre de prises de vue donne toujours du fil à retordre lors du transfert d’un film en DVD mais le pressage numérique des Ogres s’en sort avec tous les honneurs. En dépit d’une compression pas toujours optimum et de légers flous intempestifs, la palette colorimétrique est chatoyante tout du long et les gros plans ne manquent pas de précision. Les contrastes sont beaux et denses, la luminosité plaisante, les noirs concis et le master immaculé. Le chef opérateur Julien Poupard (Party Girl, Voie rapide) a privilégié les éléments naturels pour éclairer son décor principal, le chapiteau, à l’instar de guirlandes d’ampoules et les projecteurs de théâtre. Un résultat brut mais néanmoins très élégant. Le piqué est aussi acéré. Un très beau master. Dommage que les 100.000 entrées dans les salles n’aient pas incité Pyramide Vidéo à offrir Les Ogres en Haute-Définition.

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Le mixage Dolby Digital 5.1 est immédiatement immersif et permet au spectateur de plonger dans le monde agité de ce théâtre itinérant avec une musique omniprésente sur les enceintes latérales. Les voix sont d’une précision sans failles sur la centrale, la balance frontale est constamment soutenue, la composition spatialisée de bout en bout. La piste Stéréo devrait satisfaire ceux qui ne seraient pas équipés sur les enceintes arrière. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

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Crédits images : © Pyramide Vidéo

 

Chronique du Blu-ray / En cavale, réalisé par Peter Billingsley

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EN CAVALE (Term Life) réalisé par Peter Billingsley, disponible en Blu-ray/DVD le 20 juillet 2016 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : Vince Vaughn, Hailee Steinfeld, Bill Paxton, Jon Favreau, Taraji P. Henson, Terrence Howard, Mike Epps, Cécile de France, Annabeth Gish

Scénario : Andy Lieberman

Photographie : Roberto Schaefer

Musique : Dave Porter

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Tout le monde veut voir Nick mort : des trafiquants, des chasseurs de prime et des flics ripoux. Organisateur d’un casse qui a mal tourné, Nick doit prendre la fuite avec sa fille qu’il n’a pas vue depuis des années. Et comme si cela ne suffisait pas à ses problèmes, l’adolescente est en révolte contre l’autorité parentale et le considère comme le dernier des ringards… La vie de gangster n’est décidément pas facile tous les jours !

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Comédien, mais surtout producteur des films de son complice Vince Vaughn (La Rupture, Tout…sauf en famille), Peter Billingsley passe à la mise en scène en 2009 avec Thérapie de couples, pour lequel Jon Favreau signe le scénario avec…Vince Vaughn ! Le comédien tenait alors le premier rôle aux côtés de Malin Akerman et Jason Bateman. Les deux amis se retrouvent pour En cavaleTerm life. Adapté du roman graphique d’Andy Lieberman, ce film policier teinté d’humour permet à Vince Vaughn de renouer avec un genre plus dramatique, même si son rôle n’est pas aussi sombre que celui qu’il tenait dans la deuxième saison de True Detecttive. S’il ne rate pas l’occasion de balancer quelques vannes, Vince Vaughn s’avère parfait dans le rôle de Nick, un quadra dont le talent rare est d’organiser des casses et qui propose ses services au plus offrant.

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Préférant vivre seul et sans attache, Nick regarde sa fille Cate, âgée de seize ans, grandir au jour le jour, en restant caché. Un jour, un des vols qu’il a mis au point tourne mal. La bande responsable du larcin se fait doubler et tuer par des rivaux. Parmi les victimes se trouve le fils d’un important chef de cartel. Ce dernier souhaite venger la mort de son rejeton en s’en prenant à Nick, qu’il tient pour responsable. La vie de la fille de Nick est aussi rapidement mise en danger. Pour la première fois, Nick affronte sa fille et les deux vont bien être obligés d’apprendre à se connaître si ils veulent s’en sortir indemnes. Ils prennent donc la poudre d’escampette pour échapper à la mafia et à une bande de flics pourris. Sur ce canevas classique et sans réelles surprises, En cavale divertit sans se forcer grâce à la solide interprétation de Vince Vaughn donc, mais aussi de l’excellente et prometteuse Hailee Steinfeld, la grande révélation de True Grit des frères Coen en 2010, sans oublier Bill Paxton, Jonathan Banks, Jordi Mollà et Terrence Howard, ainsi qu’un petit cameo de Jon Favreau.

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L’intrigue policière est finalement prétexte pour voir un père et sa fille réunis et faire équipe, et de ce point de vue-là les deux acteurs principaux assurent du début à la fin. En cavale pèche néanmoins par son intrigue lambda et passe-partout, dont la résolution s’avère expéditive. Ce qui n’empêche pas le film d’être très sympa.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’En cavale, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et muet. Une pure sortie technique pour ce DTV.

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L’éditeur ne propose que la bande-annonce du film en guise d’interactivité. Rien de plus.

En cavale débarque chez nous directement en DVD et Blu-ray. Comme d’habitude, l’éditeur soigne son master HD qui se révèle quasi-exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce. Le reste du temps, la clarté demeure frappante, le piqué est affûté, les gros plans détaillés et la colorimétrie saturée, vive et chaude. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large.

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Bien que le film soit étonnamment avare en scènes « agitées », les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1 assurent pour instaurer un confort acoustique ample et plaisant. La musique composée par Dave Porter (Breaking Bad) est systématiquement spatialisée grâce au soutien énergique des latérales. Si les dialogues auraient mérité d’être un peu plus relevés sur la centrale en version originale, ils sont heureusement toujours nets et précis, la balance frontale est puissante et le caisson de basses utilisé à bon escient, sans esbroufe. A titre de comparaison, la piste française se révèle quand même moins riche et naturelle que son homologue.

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Crédits images : © Metropolitan Vidéo

Chronique du Blu-ray / The End, réalisé par Guillaume Nicloux

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THE END réalisé par Guillaume Nicloux, disponible en DVD et Blu-ray le 5 juillet 2016 chez TF1 Vidéo.

Acteurs : Gérard Depardieu, Audrey Bonnet, Swann Arlaud, Xavier Beauvois, Didier Abot

Scénario : Guillaume Nicloux

Photographie : Christophe Offenstein

Musique : Éric Demarsan

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Un homme part chasser dans une forêt qu’il croyait connaître. Mais son chien s’enfuit puis son fusil disparaît. Alors qu’il se perd, une atmosphère hostile et étrange s’installe…

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Il n’aura pas fallu longtemps pour que Gérard Depardieu retrouve le réalisateur Guillaume Nicloux après le très beau Valley of Love. Fiers de leur première expérience en commun, les deux hommes ont rapidement mis en boîte The End, sorti directement en e-Cinéma. En un temps-record, le film a été écrit spécialement pour Gérard Depardieu, produit pour 430.000 euros, tourné et mis en ligne en téléchargement légal en avril 2016, ce qui en fait le premier projet français pensé et produit uniquement dans cette optique de distribution.

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Intégralement tourné dans la forêt de Fontainebleau, The End est une véritable expérience cinématographique. Notre Gégé national est quasi-seul en scène, de tous les plans et bouffe l’écran tel un ogre tout droit sorti d’un conte (pour adultes), qu’il est d’ailleurs devenu. Un Bon Gros Géant qui se lève un matin, prend son petit-déjeuner avec son chien Yoshi à ses côtés. Puis ils partent tous les deux en forêt pour aller chasser. Très vite, son chien se fait la malle et « l’homme » a beau l’appeler, le chien a visiblement disparu. Non seulement ça, « l’homme » se perd et ne reconnaît plus le sentier habituel. La nuit tombe, il doit alors se réfugier dans une petite caverne et y faire du feu, tout en rationnant ce qu’il lui reste à boire et à manger. Le lendemain matin il découvre avec stupeur que son fusil a disparu. Il recommence à chercher son chemin pour rentrer, mais semble s’enfoncer encore et toujours dans cette partie de la forêt qu’il ne reconnaît pas et qui s’avère de plus en plus labyrinthique, d’autant plus que des scorpions font même leur apparition.

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Guillaume Nicloux, fasciné par son comédien (comme l’auteur de ces mots), le filme de près, enregistre sa respiration hésitante, ses essoufflements, ses râles, sa voix désespérée quand son personnage appelle son chien, mais filme aussi son corps. De près comme de loin, Depardieu n’a qu’à être là pour s’imposer et remplir le cadre. Inspiré d’un rêve du cinéaste, The End est un film métaphorique sur un homme écrasé par la vie et la solitude, une introspection, un homme qui fait le bilan sur son existence. Avec une ambiance quasi-fantastique, Guillaume Nicloux parvient avec une économie de moyens à dresser le portrait d’un homme brisé et seul à l’automne de sa vie. Le cinéaste a l’intelligence de ne pas donner toutes les clés aux spectateurs, afin de les laisser libres de leurs propres interprétations, comme on est en droit d’imaginer que le film peut également se voir comme une parabole du comédien Gérard Depardieu perdu dans le cinéma français contemporain. The End est un film troublant et radical qui n’a pas fini de trotter en tête !

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de The End, disponible chez TF1 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical, très sobre.

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La section Interactivité propose tout d’abord une présentation de The End à la 66e Berlinale, en compagnie de Gérard Depardieu et de Guillaume Nicloux (9’30). Les deux hommes parlent de leur collaboration, des thèmes abordés, des conditions de tournage. Gérard Depardieu en profite pour dire ce qu’il pense du Festival de Cannes, et ça fait du bien !

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Cette fois en compagnie de la productrice Sylvie Pialat, Guillaume Nicloux revient cette fois encore sur The End (18’). Si certains propos font redondance avec ce qui a déjà été entendu dans le segment précédent, le cinéaste aborde plus longuement son processus créatif et l’évolution de son art cinématographique. Il s’en dégage également un véritable amour pour Gérard Depardieu, que Guillaume Nicloux regrette de ne pas avoir rencontré avant Valley of love. C’est entre autres pour cette raison que le réalisateur a voulu enchaîner rapidement sur The End, conçu exprès pour le comédien. Les deux hommes se retrouveront d’ailleurs pour un troisième projet.

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L’interactivité se clôt sur la bande-annonce du film, réalisée par Gaspar Noé, dont on reconnaît la griffe.

L’Image et le son

Jusqu’alors disponible uniquement en e-Cinéma, The End débarque en Blu-ray chez TF1 Vidéo, dans un transfert très élégant. Cependant, si les contrastes affichent une densité impressionnante, le piqué n’est pas aussi ciselé sur les scènes sombres et certaines séquences apparaissent un peu douces. En dehors de cela, la profondeur de champ demeure fort appréciable avec de superbes scènes en forêt, les détails se renforcent et abondent en extérieur jour, le cadre large est idéalement exploité et la colorimétrie est très bien rendue. La définition est quasi-optimale et restitue avec élégance les partis pris de la photographie signée Christophe Offenstein, chef opérateur de Ne le dis à personne, Valley of love et Les Petits mouchoirs.

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L’unique mixage DTS-HD Master Audio 5.1 est réellement bluffant. Le spectateur est happé dans cette étrange forêt aux côtés de Gégé, grâce au soutien constant des enceintes latérales qui environnent l’audience avec de multiples ambiances naturelles. Les voix sont solidement ancrées sur la centrale, la balance frontale est dynamique. D’une précision sans faille, dense, dynamique, le confort acoustique est largement assuré. Les sous-titres français pour les spectateurs sourds et malentendants sont également disponibles.

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Crédits images : © TF1 Vidéo