Test Blu-ray / Le Train, réalisé par John Frankenheimer

LE TRAIN (The Train) réalisé par John Frankenheimer, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 22 mai 2019 chez Coin de mire Cinéma et L’Atelier d’images

Acteurs : Burt Lancaster, Paul Scofield, Jeanne Moreau, Michel Simon, Suzanne Flon, Wolfgang Preiss, Albert Rémy, Jacques Marin…

Scénario : Franklin Coen, Frank Davis, Albert Husson d’après une histoire originale et le roman de Rose Valland « Le Front de l’art »

Photographie : Jean Tournier, Walter Wottitz

Musique : Maurice Jarre

Durée : 2h13

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

En 1944, le Colonel von Waldheim fait évacuer des tableaux de maîtres du Jeu de Paume pour les envoyer en Allemagne. Labiche, un cheminot résistant, est chargé de conduire le train transportant ces objets d’art.

« J’ai connu une fille qui avait posé pour Renoir…elle sentait encore la peinture… »

Le TrainThe Train est la quatrième collaboration entre le cinéaste John Frankenheimer et le comédien Burt Lancaster. Sorti en 1964, ce film fait suite au Temps du châtiment The Young Savages (1961), Le Prisonnier d’AlcatrazBirdman of Alcatraz (1962) et Sept jours en maiSeven Days in May (1964). Le Train est une superproduction au budget très confortable, intégralement tourné en France, avec un casting essentiellement européen et surtout hexagonal. Remarquable film de guerre, solidement mis en scène et porté par un casting éblouissant, Le Train aborde également un sujet fort, qui pose constamment la question « Une œuvre d’art vaut-elle le sacrifice d’une vie humaine ? ».

Août 1944, à quelques jours de la Libération de Paris. Les troupes alliées approchent de la capitale. Le colonel von Waldheim est chargé de faire main basse sur les tableaux exposés au musée du Jeu de Paume et de les acheminer vers l’Allemagne le plus rapidement possible. Mademoiselle Villard, la conservatrice du musée, contacte la Résistance et tente de persuader Paul Labiche, le responsable du réseau Est, d’arrêter le train transportant les toiles. Labiche ne cache pas ses réticences. Il n’a guère envie de risquer des vies pour quelques peintures, même célèbres. Finalement, après que le conducteur du train a été fusillé pour l’avoir saboté, la Résistance décide d’organiser rien moins que la disparition du convoi…

L’histoire du Train, qui a également inspiré celle du regrettable The Monuments Men de George Clooney, s’inspire d’un épisode réel de la Seconde Guerre mondiale, celui du déraillement du train d’Aulnay, survenu en août 1944, qui contenait des œuvres d’art de grande valeur. Suite au signalement de la célèbre Rose Valland (dont le livre Le Front de l’art : défense des collections françaises, 1939-1945 a servi de base), conservatrice au Musée de Jeu de Paume, cet acte de résistance avait interrompu le convoi de ce précieux train vers l’Allemagne. Plus de 60 000 œuvres d’art et objets divers spoliés par les nazis aux institutions publiques et aux familles juives pendant l’Occupation ont pu être récupérées et sauvées. Sur ce passionnant postulat de départ, le réalisateur John Frankenheimer, qui a remplacé au pied levé son confrère Arthur Penn suite à son renvoi par le producteur Burt Lancaster pour « divergences artistiques », signe un drame de guerre, qui concilie à la fois les scènes d’action ultra-spectaculaires avec quelques séquences de bombardements et de déraillements sensationnels, psychologie des personnages avec notamment celui campé par Burt Lancaster lui-même, parfait dans le rôle du français Labiche. Le britannique et shakespearien Paul Scofield campe un von Waldheim trouble et ambigu, un homme de goût, sans jamais tomber dans le cliché du soldats allemand machiavélique, qui parvient même à tromper ses supérieurs qui jugent le chargement du train peu essentiel en cette période de déroute.

Très attaché à ces œuvres, jugées dégénérées par le IIIe Reich, von Waldheim décide d’agir essentiellement pour lui et espère revenir au bercail avec les œuvres de Gauguin, Renoir, Picasso, Degas, Cézanne, Matisse, Braque, Utrillo, Manet, Miro…C’était sans compter sur le dénommé Labiche, qui, avec l’aide de ses camarades cheminots résistants, vont tenter de le stopper avant qu’il ne parvienne à la frontière.

A l’instar de Buster Keaton avec Le Mécano de la Générale, John Frankenheimer décide de jouer au petit train, mais grandeur nature, en sublimant les locomotives. Disposant de moyens considérables, certaines séquences sont filmées avec près de dix caméras, surtout sur celles de déraillements ou de raids aériens (celui du bombardement de la gare de triage de Vaires-sur-Marne n’a rien à envier à un film contemporain), Le Train souffre peut-être aujourd’hui d’un rythme assez lent, mais n’ennuie jamais. Le récit demeure excellemment conduit, on jubile de voir Burt Lancaster donner la réplique à Michel Simon (pour qui il avait une vraie fascination), Albert Rémy, Jacques Marin, Suzanne Flon, Jeanne Moreau, et la beauté plastique du film (photographie de Jean Tournier) subjugue à chaque plan.

Alors que le tournage devait s’étendre sur trois mois, John Frankenheimer restera finalement un an en France pour les prises de vue du Train. Cascades, aventures (toute la partie du train dérouté grâce au maquillage des plaques de gare est particulièrement jubilatoire), suspense (avec une économie de dialogues et de musique, pourtant composée par Maurice Jarre), émotions, action, tout y est et Le Train reste une valeur sûre, un divertissement haut de gamme, immersif, moderne et souvent virtuose, doublé d’un superbe hommage – comme un carton d’introduction l’indique – aux cheminots français d’hier et d’aujourd’hui.

LE DIGIBOOK

Le Train est le premier film américain édité par Coin de Mire Cinéma en partenariat avec L’Atelier d’images. Coffret Digibook prestige numéroté et limité à 3.000 exemplaires, au format 142 x 194 mm, comprenant un Blu-ray et un DVD, un livret 24 pages cousu au boîtier, reproduisant des archives sur le film (dont un extrait de la revue Historail), la reproduction de 10 photos d’exploitations cinéma sur papier glacé au format 120 x 150 mm rangées dans 2 étuis cartonnés. Sans oublier la reproduction de l’affiche originale en format 215 x 290 mm pliée en 4. Le menu principal est fixe et musical.

En cette 39e semaine de l’année 1964, voici notre bulletin d’informations (9’) : Une bombe datant de la dernière guerre, étonne les passants dans les rues de Varsovie, le comédien Guy Grosso participe au Prix de l’Arc de Triomphe, Françoise Giroud présente la nouvelle formule de L’Express, le général de Gaulle démarre son marathon présidentiel en Amérique du sud, le roi Constantin II de Grèce épouse la princesse Anne-Marie de Danemark en la cathédrale d’Athènes, tandis que l’on rend hommage à Pierre de Coubertin.

Caramels d’Isigny ! Nougats Coupo Santo ! Cigarettes « Française » ! Faites-vous plaisir avant la séance ! Les réclames de l’année 1964 (5’) s’enchaînent, comme également celle pour le nouveau frigo mural de chez Frigéco (125 litres) !

Attention, nous trouvons également un making of du film ! Ces images exceptionnelles réalisées par le service cinéma de la SNCF, montrent Michel Simon (dont les propos servent de fil conducteur au reportage) monter dans un train affrété pour la presse, afin de se rendre sur les lieux du tournage. Les images sont en couleur et dévoilent l’envers du décor avec Burt Lancaster sur le plateau, les techniciens qui préparent les collisions et surtout l’explosion de la gare de triage qui aura nécessité quatre mois pour installer deux tonnes de dynamite. Un document exceptionnel (10’).

Last but not least, le commentaire audio (VOSTF) de John Frankenheimer est également au programme, même s’il n’est pas indiqué sur la jaquette. Les propos sont certes souvent espacés par de très longs silences, mais les quelques anecdotes glanées ici et là valent le coup. Le cinéaste explique d’ailleurs être tombé amoureux de la France, il s’est d’ailleurs marié le premier jour du tournage, et cette aventure qui aura duré une année lui aura finalement donné l’envie de s’installer dans nos contrées où il restera sept ans. Il donne également quelques éléments sur la photographie et ses intentions, les partis pris (éclairer les tableaux comme des acteurs en début de film, le choix du N&B), les comédiens (« le visage de Michel Simon attirait ma caméra »), les conditions de tournage (en plein hiver alors que le film est supposé se dérouler au mois d’août) et sa quatrième collaboration avec Burt Lancaster dont il n’a de cesse de louer le talent et son investissement dans les scènes d’action.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

Le Train a bénéficié d’une restauration HD à partir du négatif original. Ce n’est pas parfait. Subsistent quelques pétouilles, points noirs et blancs, tâches et même des rayures verticales à l’instar de la séquence où Burt Lancaster s’enfuit par la fenêtre de sa chambre. La texture argentique est préservée, mais la gestion du grain est curieusement aléatoire, plus appuyé ici, lissé par là, parfois même sur un champ-contrechamp. Notons également de sensibles fourmillements et des scènes plus émaillées de scories. Hormis cela, les détails impressionnent sur les gros plans avec les visages en sueur et noirs de suie des comédiens (voire la tronche de Michel Simon), tandis que la composition de chaque cadre permet enfin d’apprécier les partis pris de John Frankenheimer et du chef opérateur Jean Tournier (futur directeur de la photographie de Moonraker, Chacal), qui ne pourra terminer le film et qui sera remplacé par Walter Wottitz, qui lui-même calquera son travail sur celui de prédécesseur. Les contrastes savent rester fermes, les noirs sont très beaux et la palette de gris suffisamment riche.

La version originale fait parler tous les protagonistes en langue anglaise, alors qu’en français, les allemands parlent entre eux dans la langue de Goethe. La première option délivre des dialogues plus pincés, mais prend le dessus sur son homologue au niveau des scènes d’action et des bombardements. Dans les deux cas, les pistes DTS-HD Master Audio Mono font ce qu’elles peuvent et parviennent à instaurer un certain confort acoustique, même si encore une fois, du point de vue homogénéité des effets (à l’instar des sifflets de train) et des voix, la piste anglaise prend l’avantage. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © MGM / Coin de Mire Cinéma / L’Atelier d’images / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Aquaman, réalisé par James Wan

AQUAMAN réalisé par James Wan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 19 avril 2019 chez Warner Bros.

Acteurs : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Yahya Abdul-Mateen II, Temuera Morrison, Ludi Lin, Michael Beach, Randall Park, Graham McTavish…

Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick, Will Beall

Photographie : Don Burgess

Musique : Rupert Gregson-Williams

Durée : 2h23

Année de sortie : 2018

LE FILM

Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

Après un caméo dans Batman v Superman : L’Aube de la justice et une participation plus conséquente dans le film malade Justice League, Aquaman a enfin droit à sa première aventure solo sur grand écran. Voulant dépoussiérer le personnage quelque peu falot du comics créé par Paul Norris et Mort Weisinger dans le numéro 73 de More Fun Comics publié en 1941, Zack Snyder a jeté son dévolu sur Jason Momoa. L’acteur né en 1979 avait jusqu’alors traîné son mètre 93 dans la série Alerte à Malibu à la fin des années 1990, puis dans Stargate Atlantis (comme par hasard) de 2005 à 2009, avant d’apparaître progressivement dans la série Game of Thrones dans laquelle il interprétait le marquant Khal Drogo dans dix épisodes. Le cinéma lui fait alors les yeux doux. En 2011, il obtient le rôle-titre de Conan dans le film éponyme de Marcus Nispel, avant d’affronter Sylvester Stallone dans le réjouissant Du plomb dans la tête de Walter Hill. Zack Snyder passe alors le relais à l’excellent James Wan, qui prend en charge cette superproduction de 180 millions de dollars. N’y allons pas par quatre chemins, Aquaman est l’un des meilleurs films issus de l’écurie DC Comics. Si James Wan se lâche encore une fois derrière la caméra pour livrer un blockbuster frappadingue, coloré et suprêmement divertissant, le personnage revenait de droit à Jason Momoa, impérial, drôle, bad-ass, qui rappelle la décontraction légendaire d’Arnold Schwarzenegger au bon vieux temps des années 1980. Aquaman est LE film DC que nous n’attentions pas forcément. La surprise est donc de taille !

En 1985 dans le Maine, le gardien de phare Tom Curry découvre Atlanna, une Atlante blessée, qu’il recueille et soigne. L’homme de la terre et la femme de la mer tombent vite amoureux. De leur amour naît un fils, Arthur. Lorsque les hommes du roi de l’Atlantide retrouvent sa promise Atlanna, celle-ci doit retourner dans son royaume et laisser son fils à Tom, craignant que les Atlantes ne les tuent tous les trois si elle ne revient pas. 33 ans plus tard, Arthur est devenu Aquaman, après des années d’entraînement avec son mentor Nuidis Vulko. Alors qu’il sauve les matelots d’un sous-marin russe de classe Akula, Aquaman se fait un nouvel ennemi, le pirate David Kane, lorsqu’il laisse mourir son père Jesse dans le submersible qui sombre vers les abysses. Il s’avère que les Kane ont été secrètement mandatés par Orm, roi d’Atlantis et demi-frère d’Arthur, pour manipuler le Roi Nérée du royaume de Xebel qu’il veut rallier à son projet d’attaque des hommes de la terre surnommés les Surfaciens. En effet, Orm est excédé par les exactions commises par le monde de la surface sur les océans (pollution, pêche excessive) et a décidé de déclarer la guerre aux Surfaciens. Or pour cela, il lui faut l’appui d’au moins trois autres populations sous-marines (et ainsi obtenir une majorité de quatre royaumes sur sept), et le seul moyen de les avoir à ses côtés est de rallier le roi Nérée, pour soumettre les deux autres l’une après l’autre. Alors que Vulko et Orm rencontrent Nérée dans un coin reculé de l’océan, ils sont attaqués par l’Akula. De nombreux Atlantes sont tués dans l’affrontement. C’est ce qu’il fallait pour convaincre Nérée, jusque-là réticent ; il décide dès lors de se joindre à Orm et ils lancent un avertissement au monde de la surface : une vague gigantesque s’abat sur les côtes, rejetant des tonnes de déchets sur les côtes et rendant les plages inutilisables. Arthur en fait les frais : alors qu’il rentrait chez lui avec son père en voiture, la vague s’est abattue sur leur voiture, manquant de noyer son père. Mera, fille du roi Nérée et promise d’Orm, sauve la vie de Tom grâce à ses pouvoirs hydrokinétiques et convainc Arthur de la suivre à Atlantis : en tant que fils aîné de la reine Atlanna, Arthur peut contester le trône à Orm, surtout s’il a en sa possession le trident légendaire du roi Atlan qui a été forgé il y a des millénaires mais perdu depuis la chute d’Atlantis sous l’eau.

Après la déconvenue de Justice League, malgré ses 650 millions de dollars de recette, DC misait gros avec son super-héros Aquaman, et ce en dépit de sa popularité moindre par rapport à Superman, Batman et Wonder Woman. Le mot d’ordre était visiblement de ne plus se prendre la tête. Tant mieux pour eux et surtout tant mieux pour nous, car Aquaman est un immense divertissement, cool, bourré d’action, lumineux, parfois régressif (les dialogues semblent parfois avoir été écrits par un gamin), ne reculant devant aucun effet outrancier pour offrir aux spectateurs ce qu’ils sont venus chercher sur le grand écran. Si le DC Extended Universe est pour ainsi dire mort au cinéma, on souhaiterait immédiatement reprendre une tranche des aventures d’Aquaman.

En quinze années de carrière, James Wan aura marqué le genre horrifique avec Saw, Dead Silence, les deux premiers Insidious, les deux opus de Conjuring, avant de se voir confier les rênes de Fast and Furious 7. Résultat, 1,5 milliard de dollars à travers le monde et une franchise une fois de plus relancée. Le réalisateur sino-malaisien avait très vite repoussé les limites de l’entertainment, avec un ton résolument cartoonesque et proche de l’univers de Tex Avery sous stéroïdes croisé avec Mission Impossible et L’Agence tous risques. Ce succès monstrueux lui a donc permis de se voir offrir Aquaman, avec lequel il s’est amusé tout du long.

Les effets spéciaux sont ultra-spectaculaires, les affrontements impressionnants, l’humour bon enfant et le casting, Jason Momoa donc, mais aussi l’incendiaire Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Temuera Morrison au diapason. Le seul bémol, comme bien souvent chez DC Comics, provient du badguy de pacotille, ici Black Manta interprété par Yahya Abdul-Mateen, aussi grimaçant que l’horripilant Jamie Foxx et ici improbable dans le rôle du « méchant qui veut tuer la gentille » dans son costume qui renvoie aux adversaires des Bioman. Mais peu importe, car le ton est ici résolument à la gaudriole, ce qui manquait cruellement à l’univers DC Comics au cinéma.

Visiblement, Marvel a fait des émules, heureusement, car les spectateurs s’attachent beaucoup plus à des personnages qui possèdent quelques punchlines de côté, plutôt qu’à des héros taciturnes plongés dans leur trauma. Tout le monde est donc ici parfaitement à sa place, on en prend plein les yeux (chapeau aux décors et créatures), plein les oreilles, le spectacle est total pendant plus de deux heures, bref ON EN REDEMANDE !!!

LE BLU-RAY

Le Blu-ray testé repose dans un boîtier classique et économique de couleur bleue. Le visuel de la jaquette reprend celui d’une des affiches d’exploitation. Même chose pour le menu principal, fixe et musical.

Warner et DC ont mis les petits plats dans les grands avec 1h40 de suppléments !

S’ils se trouvent divisés en une dizaine de modules, il s’agit bel et bien d’un vrai et grand making of. Chaque segment revient sur un élément spécifique. La préparation de Jason Momoa (qui s’amuse comme un gosse sur le plateau), la création du monde d’Aquaman avec James Wan (omniprésent) qui passe en revue les créatures aquatiques, les costumes, les effets spéciaux, la préparation des scènes d’action, les personnages, les armes, la technologie, le tout largement illustré par moult images de tournage, des dessins préparatoires, des screen-tests. Le réalisateur, mais aussi les comédiens et les responsables des équipes techniques interviennent à tour de rôle pour parler des 100 jours de tournage. Un retour exhaustif sur ce blockbuster, une interactivité impressionnante.

Cette section se clôt sur un aperçu du film DC Shazam ! (3’30), qui a connu plus de déboires dans les salles…

L’Image et le son

Nous n’avons pas pu mettre la main sur l’édition 4K, mais peu importe, car le résultat en (simple) HD est absolument fabuleux ! L’image est tellement ahurissante que l’on parvient à distinguer les détails apportés aux costumes et créatures désirés par le réalisateur. Disque de démonstration, l’édition Blu-ray d’Aquaman aveugle avec ses scènes luminescentes, la transparence de l’eau, ses bleus tétanisants (mais aussi les teintes marron, vertes et rouges), son piqué acéré comme la lame d’un scalpel et ses contrastes d’une densité abyssale (oh oh). Ajoutez à cela des détails à foison aux quatre coins du cadre et des noirs sublimes, une profondeur de champ de dingue et vous obtenez ce qui s’avère probablement un des plus impressionnants Blu-ray actuellement sur le marché. On reste bouche-bée, c’est splendide. Notons également que le format oscille entre le 2.40 et 1.78 plein cadre, ce dernier cadre renvoyant aux spectaculaires séquences diffusées en IMAX dans les salles équipées, autrement dit toutes les scènes sous-marines. Le procédé est toujours un peu cavalier, mais le résultat n’en demeure pas moins spectaculaire.

Comme pour l’image, votre home-cinéma est mis à rude épreuve avec le film de James Wan et ce dès la première séquence se déroulant à bord d’un sous-marin. Par ailleurs, nous vous conseillons de visionner le film en plein jour pour éviter tout tapage nocturne. Les pistes anglaise et française sont disponibles en Dolby Atmos (compatibles Dolby TrueHD 7.1 pour la VF et Dolby Digital + pour la VO) et en DTS-HD Master Audio 5.1. Les deux premières bénéficient d’un mixage explosif qui exploite le moindre recoin de votre installation dans un tourbillon acoustique aussi retentissant que renversant. Toutes les enceintes distillent un lot d’effets en tous genres durant plus de deux heures, la musique est particulièrement servie par une éblouissante spatialisation et les dialogues ne manquent jamais de punch ni de fluidité sur la centrale. Les pistes DTS-HD Master Audio conviendront largement à ceux qui ne seraient pas encore équipés en Atmos. Démentiel !

Crédits images : ©
2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. / © DC Comics / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Kit Carson, réalisé par George B. Seitz

KIT CARSON réalisé par George B. Seitz, disponible le 9 avril 2019 en DVD et Blu-ray chez ESC Editions / Movinside

Acteurs : Jon Hall, Lynn Bari, Dana Andrews, Harold Huber, Ward Bond, Renie Riano, Clayton Moore, Rowena Cook…

Scénario : George Bruce, Evelyn Wells

Photographie : John J. Mescall, Robert Pittack

Musique : Edward Ward

Durée : 1h32

Année de sortie : 1940

LE FILM

Poursuivis par les indiens, le trappeur Kit Carson et ses amis Ape et Lopez se replient sur Fort Bridger, dont le capitaine, John Fremont, leur propose aussitôt d’escorter une caravane en direction de la Californie, sur la piste de l’Oregon. Manipulés par les autorités mexicaines qui voudraient annexer la région, les guerriers de la tribu Shoshone se dressent contre eux…

C’est un petit western dont nous n’attentions pas forcément grand-chose. Pourtant, Kit Carson, réalisé en 1940 par George B. Seitz ne cesse d’étonner. D’une part parce que le film tient encore très bien la route avec un rythme vif et enlevé du début à la fin, d’autre part pour ses personnages très attachants et la modernité du jeu des comédiens, dont Jon Hall, qui interprète le rôle-titre. Une chose est sûre, c’est que derrière son apparence rétro-vintage, Kit Carson ne fait sûrement pas son âge (près de 80 ans !) et demeure un divertissement haut de gamme doublé d’une analyse historique sur la naissance des Etats-Unis, basée sur un très bon scénario de George Bruce, auteur de L’Homme au masque de fer de James Whale (1939).

Kit Carson et ses hommes se joignent à John C. Fremont sur la route qui le conduit en Californie. En chemin, ils sont attaqués par des Indiens, les Shoshones, armés de fusils et envoyés par les autorités mexicaines, peu désireuses de les voir atteindre la Californie qui fait alors partie du Mexique. Frémont et Carson mènent ensuite une campagne, au nom des Etats-Unis, visant à annexer la Californie.

Christopher Houston Carson (1809-1868) alias Kit Carson, est une figure mythique de la construction des Etats-Unis. Eclaireur, militaire et agent des affaires indiennes, inscrit au panthéon du Far West et donc pionnier de la Conquête de l’Ouest américain, cet ancien fermier puis trappeur décide de partir à l’aventure à l’âge de 16 ans pour découvrir le continent. Son sens aiguisé de l’environnement lui vaut d’être repéré par l’armée où il devient Colonel durant la guerre américano-mexicaine, alors que le Gouverneur de Californie souhaite s’asseoir sur le trône des Aztèques et devenir empereur du Mexique.

Les péripéties, les affrontements, les scènes d’action, les embuscades s’enchaînent dans Kit Carson, sans oublier un triangle amoureux pour plaire aux dames. En dépit d’un budget modeste, ce western de série B a franchement de la gueule. La photographie du chef opérateur John J. Mescall, qui aura signé les sublimes images du Secret magnifique version 1935, mais aussi celles de L’Homme invisible et de La Fiancée de Frankenstein de James Whale, est vraiment superbe, tandis que le cadre de George B. Seitz- réalisateur du Dernier des Mohicans et du formidable Tarzan s’évade, même si non crédité au profit de Richard Thorpe, en 1936 – capture la magnificence des paysages naturels et de Monument Valley en particulier. Pas de format large certes (rappelons que nous sommes à la fin des années 1930), mais les scènes d’encerclement et de convois attaqués par les indiens témoignent d’un vrai sens de la mise en scène.

Complètement méconnu, Jon Hall prête ses traits à une icône américaine. Découvert dans Pago-Pago, île enchantée, il accède ici au rang de vedette à l’âge de 25 ans et son charisme très moderne étonne encore aujourd’hui. Par la suite, il tiendra l’affiche de quelques séries B d’aventures aux titres explicites Aloma, princesse des îles ou bien encore The Tuttles of Tahiti, avant d’être véritablement consacré avec les formidables La Vengeance de l’Homme Invisible et L’Agent invisible contre la gestapo. Un comédien fort sympathique et à reconsidérer, qui sort ici quelques punchlines du style « Maintenant je sais que la différence entre un soldat et une mule, c’est l’uniforme » avec une légèreté et un humour contagieux.

Kit Carson se regarde comme on lit un roman d’aventures à la couverture aussi excitante que son contenu, porté par une composition endiablée d’Edward Ward, qui a conservé beaucoup de charme.

LE DVD

Inédit dans nos contrées, Kit Carson atterrit dans les bacs sous la houlette d’ESC Editions/Movinside. Le test du DVD a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Le premier supplément de cette édition est avant tout réservé aux cinéphiles doublés de férus d’histoire. En effet, IAC, peintre en Art Western et romancier propose un portrait très complet et bourré d’informations sur le véritable Kit Carson (11’30). L’invité d’ESC n’évoque pas le film de George B. Seitz, mais situe le personnage dans son contexte historique, afin de mieux appréhender l’adaptation au cinéma en 1940.

Ensuite, le critique cinéma Vincent Jourdan, auteur de Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci (éditions LettMotif), propose quant à lui un vrai retour sur Kit Carson (24’30). La situation du western à la fin des années 1930, le casting du film, la carrière du producteur Edward Small, les thèmes, les intentions du réalisateur, le tournage à Monument Valley et bien d’autres sujets sont abordés au cours de ce segment très informatif.

L’Image et le son

L’image comporte de très nombreux défauts. C’est le moins qu’on puisse dire. Le master 1.33 est constellé de tâches, de points blancs, de rayures verticales, de fils en bord de cadre. Malgré cela, l’image est étonnamment stable. Cela rajoute un cachet « curiosité » (pour ne pas dire un aspect VHS – Cinéma de minuit) à Kit Carson, dont la copie reste lumineuse, sans doute trop parfois. Notons que l’ensemble est également trop lisse pour être honnête et que la gestion des contrastes est aléatoire.

La version originale est la seule piste disponible sur cette édition. Les dialogues, tout comme la musique, sont dynamiques et le confort acoustique très appréciable, même si un souffle se fait entendre du début à la fin. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © ESC Distribution / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Guillaume Tell, réalisé par Michel Dickoff & Karl Hartl

GUILLAUME TELL (Wilhelm Tell) réalisé par Michel Dickoff & Karl Hartl, disponible le 23 avril 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Robert Freitag, Alfred Schlageter, Heinz Woester, Hannes Schmidhauser, Leopold Biberti, Maria Becker, Georges Weiss, Zarli Carigiet, Birke Bruck…

Scénario : Max Frisch, Michel Dickoff, Karl Hartl, Luise Kaelin, Friedrich Schiller, Hannes Schmidhauser

Photographie : Hans Schneeberger

Musique : Hans Haug

Durée : 1h36

Année de sortie : 1961

LE FILM

À la fin du XIIIème siècle, le bailli Gessler, aux ordres des Habsbourg et du Saint Empire Romain Germanique, impose sa tyrannie aux habitants des cantons de Schwyz et Uri. Les paysans doivent payer de plus en plus d’impôts et subir les humiliations des gardes. Guillaume Tell va prendre la tête de la révolte et libérer le peuple du joug des oppresseurs.

Une superproduction suisse ça existe ? Bah oui ! Au-delà des Alpes, la légende de Guillaume Tell se perpétue à travers les arts depuis la fin du Moyen Age. La littérature, la peinture, l’opéra (Rossini), le théâtre puis le cinéma (Georges Méliès s’en était déjà inspiré en 1898) se sont emparés du célèbre arbalétrier, souvent relégué au second plan comme un ersatz de Robin des Bois auquel on ne peut évidemment s’empêcher de penser, aussi bien dans sa représentation que dans la mission qu’il s’est donnée. Guillaume Tell aka Wilhelm Tell en allemand, est considéré comme le film le plus fidèle à l’histoire du héros des mythes fondateurs de la Suisse, même si son authenticité demeure controversée. N’attendez évidemment pas une reconstitution historique, mais une fort sympathique illustration du folklore qui a nourri cette icône devenue mondialement célèbre.

Deux réalisateurs sont à la tête de Guillaume Tell, Michel Dickoff et Karl Hartl. S’il s’agit pour le premier de sa quasi-unique incursion dans le monde du cinéma, le second aura oeuvré en tant que metteur en scène et scénariste sur une trentaine de longs métrages, dont les plus célèbres restent probablement On a arrêté Sherlock Holmes en 1937 et un biopic sur Mozart, où Oskar Werner interprétait le compositeur en 1955. Sur Guillaume Tell, il est surtout crédité en tant que superviseur, même s’il est évident qu’il a également mis la main à la pâte pour toutes les séquences qui nécessitaient des effets visuels directs, comme sur les scènes de tempête. Tourné dans de splendides paysages naturels, Guillaume Tell est un film à mi-chemin entre la naïveté à la Sissi et l’aventure en collant des films de cape et d’épée qui fleurissaient en Europe, avec une petite touche paillarde puisque les hommes y ripaillent autant qu’ils se gaussent.

Les deux cinéastes exposent d’emblée les lieux de l’action et chaque plan s’apparente à des cartes postales avec un ciel bleu azur, des étendues d’herbe à perte de vue, des montages au sommet enneigé, des cours d’eau luminescente. Nous noterons également le soin apporté aux costumes, même s’ils paraissent évidemment trop propres et brillants, tout comme les cheveux des comédiens qui semblent avoir été passés à la brillantine avant chaque prise. Il n’empêche que ce Guillaume Tell n’a rien perdu de son souffle et reste un divertissement bien mené. Certaines séquences étonnent par leur violence, toutes proportions gardées puisque les actes n’apparaissent pas à l’écran, mais suffisamment suggérées pour qu’elles fassent leur effet comme la tentative de viol en début de film, le meurtre à la hache et plus tard le vieil homme qui se fait passer les yeux au fer rouge.

Finalement, le personnage de Guillaume Tell, interprété ici par un certain Robert Freitag, vu dans La Grande évasion de John Sturges, n’apparaît pas tant que ça sur près d’1h40, d’ailleurs il faut attendre près de 25 minutes pour qu’il fasse sa première apparition à l’écran. Certes, les passages obligés sont présents, dont celui de la pomme posée sur la tête du fils du héros alors condamné à tirer un carreau d’arbalète dans le fruit sous peine d’être tué avec sa progéniture, mais les deux cinéastes ont surtout voulu broder autour, en mettant en relief le soulèvement du peuple et sa cause. Les archétypes sont présents avec la femme attendant son mari au chalet avec ses deux enfants, et surtout le suintant ennemi prêt à tout pour étendre son pouvoir au détriment de la liberté et du bien-être des habitants.

On suit donc volontiers les aventures de ce Guillaume Tell, héros légendaire qui s’en va défendre le peuple de l’oppression des Habsbourg, et contribuer à la naissance de la Confédération Helvétique avec le pacte du Grütli.

LE BLU-RAY

Artus Films a mis les petits plats dans les grands pour Guillaume Tell, film alors complètement oublié ! Autant dire que le pari est osé de proposer l’oeuvre de Michel Dickoff et Karl Hartl dans une édition Mediabook, qui se compose du Blu-ray et du DVD, ainsi que d’un livre de 80 pages (Guillaume Tell, de l’Histoire à la légende) rédigé par David L’Epée. Vous y trouverez de fabuleux visuels, photos et affiches, mais aussi et surtout un retour exhaustif sur le contexte historique de la légende de Guillaume Tell, un entretien avec Félicien Monnier (juriste et capitaine de l’armée suisse), et tout un tas de sous-parties très détaillées sur la Suisse primitive des Waldstätten, les Habsbourg et leurs baillis, le pacte de 1291, mais aussi Guillaume Tell dans la littérature et au cinéma. Un supplément de choix et érudit. Le menu principal des disques est fixe et musical.

En ce qui concerne les bonus vidéo, nous trouvons un montage constitué d’images de tournage. Si elle ne dépasse pas les 90 secondes, il s’agit d’un petit trésor puisqu’on y voit comment l’équipe s’y prenait pour créer les scènes de tempête !

L’éditeur joint également un diaporama, ainsi que les bandes-annonces anglaise et allemande.

L’Image et le son

Le catalogue d’Artus Films s’enrichit ainsi avec cette édition de Guillaume Tell, présentée sous le blason « Histoire & légendes d’Europe » et qui se revêt d’un très beau master HD restauré. La photo et les partis pris esthétiques originaux sont superbement conservés, les contrastes certes un peu légers, mais les couleurs pastelles sont resplendissantes et lumineuses (explosions des teintes bleues, rouges et vertes), avec un générique qui affiche d’emblée une stabilité bienvenue. La définition ne déçoit jamais (à part un ou deux plans et des décrochages sur les fondus enchaînés), les poussières n’ont pas survécu au lifting numérique, les scènes sombres et nocturnes (aux noirs un peu bleutés) sont logées à la même enseigne que les séquences diurnes, la profondeur de champ est appréciable, le grain cinéma est conservé, et le piqué demeure vraiment agréable. Notons que les credits sont en français et que les sous-titres ne sont pas imposés.

L’éditeur nous propose ici seulement les versions suisse-allemande et française. Les mixages s’avèrent propres, dynamiques, et restituent solidement les voix, fluides, sans souffle. Le confort acoustique est largement assuré dans les deux cas avec d’impressionnantes envolées musicales sur la piste originale, qui comprend tout de même de sensibles craquements, mais rien de bien méchant. Si les effets semblent parfois artificiels, la piste suisse-allemande est plus riche que la version française, plus pincée. Un petit salut amical à Patrick Lang, qui s’est occupé ici de la traduction allemande !

Crédits images : © Artus Films / ESC Distribution / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Loups de haute mer, réalisé par Andrew V. McLaglen

LES LOUPS DE HAUTE MER (North Sea Hijack) réalisé par Andrew V. McLaglen, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD chez Elephant Films le 28 février 2019

Acteurs : Roger Moore, James Mason, Anthony Perkins, Michael Parks, David Hedison, Jack Watson…

Scénario : Jack Davies d’après son roman « Esther, Ruth and Jennifer« 

Photographie : Tony Imi

Musique : Michael J. Lewis

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Lou Kramer et son commando menacent de détruire plusieurs plates-formes pétrolières en pleine mer ! Pour éviter cela, le Conseil d’Urgence envoie ffolkes, le réputé commandant misogyne de la brigade antigang. Lui et ses hommes, surnommés les « loups de haute mer », se lancent dans une bataille aquatique délicate et très dangereuse contre les pirates…

Si son nom n’est pas vraiment connu du grand public, le réalisateur anglo-américain Andrew V. McLaglen (1920-2014) a pourtant signé quelques pépites et classiques très prisés par les cinéphiles. Fils de Victor McLaglen, ancien boxeur poids lourd devenu comédien, Oscar du meilleur acteur pour Le Boxeur, chef d’oeuvre de John Ford dont il devient très proche, Andrew V. McLagen accompagne souvent son père sur les plateaux de cinéma et contracte très vite le virus du 7e art. Il grandit en côtoyant et en admirant John Ford et John Wayne, et décide très vite de devenir metteur en scène. Il est tout d’abord assistant-réalisateur, y compris sur L’Homme tranquille (1952) et passe enfin à la réalisation avec son premier long métrage, Légitime défenseGun the Man Down (1956), un western où il dirige James Arness et Angie Dickinson. Les séries télévisées Perry Mason et surtout Rawhide lui permettent de se perfectionner et de peaufiner son style. Il signe son retour au cinéma en 1963 avec le célèbre Le Grand McLintock avec John Wayne, Maureen O’Hara et Yvonne De Carlo. La consécration publique vient réellement en 1965 avec Les Prairies de l’honneurShenandoah et ce en dépit de critiques virulentes venues de la presse qui déclarent notamment que le réalisateur plagie le style de son modèle John Ford. Cela n’empêche pas le film d’être un grand succès (mérité), mais aussi de marquer le début d’une grande amitié et d’une collaboration fructueuse entre Andrew V. McLagen et le comédien James Stewart.

Dans les années 1970, le cinéaste persiste et signe dans le western avec Chisum, Le Dernier train pour Frisco, Rio Verde, Les Cordes de la potence et La Loi de la haine. Il se voit alors proposer Les Oies sauvagesThe Wild Geese, adapté de l’oeuvre de Daniel Carney par Reginald Rose, l’auteur de Douze hommes en colère, mais également scénariste de L’Homme de l’Ouest d’Anthony Mann en 1958. L’histoire est alors prétexte pour réunir quelques grands noms du cinéma pour un film d’aventures qui allait devenir alors une référence. Deux ans après, Andrew V. McLaglen retrouve Roger Moore pour Les Loups de haute merNorth Sea Hijack, ou bien encore ffolkes, du nom du personnage principal et Assault Force lors de sa diffusion à la télévision américaine. Thriller d’aventure et d’action, bourré d’humour et de bons mots, génialement interprété, Les Loups de haute mer est également devenu un petit classique chéri par les cinéphiles et amateurs de séries B.

Lou Kramer un terroriste et son commando armé menace de faire exploser des plateformes pétrolières. Pour contrer cet homme dangereux, le conseil d’urgences déploie une équipe de professionnels. À la tête de celle-ci figure Folks, homme bougon et solitaire qui préfère la compagnie des chats à celui des femmes. Mais lui et son équipe surnommés « les loups de haute mer » sont les seuls à pouvoir empêcher l’inévitable.

Rétrospectivement, sir Roger Moore trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Son personnage misanthrope, critiquant la gent féminine, porté sur la boisson et passionné par les chats lui va comme un gant et le comédien se délecte de chacune de ses répliques. La barbe bien coupée, l’oeil moqueur et avant tout expert dans son domaine, Rufus Excalibur ffolkes était l’homme tout désigné pour mettre fin aux agissements d’une bande de terroristes bien décidé à mettre la mer du Nord à feu et à sang. Les Loups de haute mer, à ne pas confondre avec The Sea Wolves’’, sorti la même année, également réalisé par Andrew V. McLaglen, avec aussi Roger Moore au générique, connu sous le titre français Le Commando de Sa Majesté, est l’adaptation du roman de Jack Davies, Esther, Ruth and Jennifer. L’écrivain, également l’auteur de l’extraordinaire Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines taille un rôle sur mesure pour l’acteur principal.

En dépit d’une affiche très « bondienne » sur laquelle Roger Moore arbore la célèbre pose de l’agent 007 et qui rappelle celle de Sean Connery sur celle d’Opération Tonnerre, point de gadgets ou cascades ici. Les Loups de haute mer est un « petit » thriller jubilatoire, au charme rétro toujours intact, dans lequel l’agent de sa Majesté, alors en permission entre les dossiers classifiés de Moonraker et Rien que pour vos yeux, s’amuse et rivalise de cabotinage (rien de péjoratif à dire cela) avec James Mason (la vieille école fatiguée) et Anthony Perkins (suintant et grimaçant à souhait), avec sa légendaire allure décontractée.

Près de quarante ans après sa sortie, Les Loups de haute mer est toujours aussi divertissant et reste emblématique d’un cinéma britannique aussi élégant que récréatif.

A mon père.

LE BLU-RAY

Nous le désirions depuis tant d’années ! C’est désormais chose faite ! Les Loups de haute mer apparaît en HD dans les bacs français sous la bannière d’Elephant Films ! Quel bonheur ! Le film d’ Andrew V. McLaglen est disponible en combo DVD/Blu-ray. Le menu principal est fixe et musical.

Le journaliste en culture pop Julien Comelli est de retour et le moins que l’on puisse dire, c’est que la sobriété lui va beaucoup mieux. Sa présentation des Loups de haute mer est impeccable (14’). Il commence tout d’abord par indiquer les différents titres du film, avant de préciser qui est Andrew V. McLaglen, puis de donner quelques titres de films du genre, dont un alléchant La Tour Eiffel en otage, réalisé par Claudio Guzmán en 1980. Quelques anecdotes de tournage sont également au programme, ainsi que des infos concernant la sortie mitigée des Loups de haute mer au cinéma.

L’interactivité se clôt sur une galerie de photos et un lot de bandes-annonces, dont celle du film qui nous intéresse (« Il n’a pas besoin de permis de tuer ! »), qui dévoile alors le dénouement !

L’Image et le son

La restauration n’est pas de première jeunesse et la réduction de bruit a le don d’irriter quelque peu. Néanmoins, vous pouvez mettre aux oubliettes le DVD Universal qui prenait la poussière depuis 2003 ! L’apport HD est éloquent sur les séquences diurnes et le renforcement des contrastes. Pourtant, le générique fait très peur avec une image très grumeleuse, des fourmillements à foison et diverses scories. Il faut accepter un teint plutôt cireux des visages, mais ce Blu-ray au format 1080p des Loups de haute mer permet de revoir ce bon classique dans de bonnes conditions. Le master trouve un équilibre, une stabilité suffisante, les couleurs sont ragaillardies, les détails sont plus riches, le piqué agréable.

Le doublage français est aux petits oignons, avec les grands Claude Bertrand (Roger Moore), Bernard Tiphaine (Anthony Perkins) et Jean-Claude Michel (George Baker) à la barre ! La Stéréo laisse place aux dialogues, au détriment des ambiances. L’ensemble est propre, sans souffle parasite. La piste anglaise est plus aérée et équilibrée, tandis que l’excellente partition de Michael J. Lewis semble également plus dynamique. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Elephant Films / Universal Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / L’Île Mystérieuse, réalisé par Cy Endfield

L’ÎLE MYSTÉRIEUSE (Mysterious Island) réalisé par Cy Endfield, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 18 février 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Michael Craig, Joan Greenwood, Michael Callan, Gary Merrill, Herbert Lom, Beth Rogan, Percy Herbert, Dan Jackson…

Scénario : John Prebble, Daniel B. Ullman, Crane Wilbur

Photographie : Wilkie Cooper

Musique : Bernard Herrmann

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Quatre hommes parviennent à s’échapper de prison à l’aide d’une montgolfière ! Le trajet dans les airs n’est pas de tout repos car une tempête éclate et les quatre compères s’écrasent sur une île déserte du Pacifique. L’un d’eux manque à l’appel et ils remarquent très vite que d’étranges et inquiétants phénomènes se produisent ici…

Juste après Le Septième voyage de Sinbad et Les Voyages de Gulliver, mais deux ans avant Jason et les Argonautes, le « titan des effets spéciaux » Ray Harryhausen décidait de peupler L’Île Mystérieuse de Jules Verne en le transposant à l’écran. Le film est produit par Charles H. Schneer et mis en scène par Cyril Raker Endfield aka Cy Endfield (1914-1995), scénariste, metteur en scène de théâtre et de cinéma, écrivain, magicien, et inventeur américain. Une longue carte de visite pour cet artiste méconnu dont les films les plus célèbres restent Train d’enfer (1957) et Jet Storm (1959), tous deux avec Stanley Baker. Si L’Île Mystérieuse n’atteint pas l’immense et magique réussite de Voyage au centre de la Terre, réalisé par Henry Levin en 1959, et encore moins celle du fantastique Vingt mille lieues sous les mersde Richard Fleischer (1954), ce film d’aventure n’en reste pas moins fort divertissant et conserve encore un charme dingue, qui inspire encore les cinéastes contemporains, à l’instar de J. A. Bayona pour son Jurassic World: Fallen Kingdom.

1865. Durant la guerre civile américaine, des soldats nordistes s’enfuient à bord d’une montgolfière d’un fort où ils étaient prisonniers ; par un concours de circonstances, un journaliste se retrouve avec eux dans la nacelle. Ne sachant comment piloter l’engin, ils partent à la dérive, portés par les vents violents d’une gigantesque tempête. Ils finissent par s’échouer sur une île qui semble déserte. Bientôt, deux autres naufragées les rejoignent et, alors que la vie commence à s’organiser, ils font connaissance avec les créatures qui peuplent l’île : un crabe, des guêpes, des oiseaux…, mais tous d’une taille démesurée !

En réalité, L’Île Mystérieuse est une suite quasi-directe de Vingt mille lieues sous les mers puisque le capitaine Nemo, que l’on croyait mort noyé lors du naufrage de son sous-marin révolutionnaire, le Nautilus, réapparaît ici. En fait, lui-même rescapé sur cette île volcanique, Nemo mène secrètement des expériences scientifiques hors du commun, dont les monstres gigantesques qui peuplent l’île sont le fruit. Tout ceci dans le but d’éradiquer la famine, pour un monde meilleur. Soyons honnêtes, L’Île Mystérieuse ne brille pas par sa réalisation standard et honnête, même si le rythme est bien géré et la photographie plaisante. Le film de Cy Endfield est pourtant passé à la postérité et demeure prisé par les spectateurs, surtout grâce, une fois de plus, aux renversants effets visuels signés Ray Harryhausen. Ce dernier a décidé de prendre de grandes libertés avec le roman, dans le but de le rendre encore plus divertissant. Pour cela, l’expert en animation de masse a créé tout un bestiaire d’anthologie, dont le plus célèbre reste probablement le crabe gigantesque, dont les pinces surdimensionnées sont capables d’attraper un être humain. Heureusement, nos rescapés parviendront à l’anéantir, en le poussant dans un geyser qui devient alors une cocotte-minute idéale pour ensuite le déguster sur la plage. Même chose pour le poulet géant, que les personnages s’empressent de faire cuire au coin du feu ! Ajoutez à cela des abeilles capables d’enfermer leurs proies humaines dans leurs alvéoles, sans oublier une pieuvre qui essaye de réduire à néant l’espoir de nos Robinson Crusoé en les attrapant jusqu’à leur couper le souffle !

Bref, Ray Harryhausen se fait plaisir et nous aussi. Le récit est bien mené, les acteurs (Michael Craig, Joan Greenwood et Herbert Lom dans le rôle du capitaine Nemo) très bons, les décors exotiques réussis, la musique du grand Bernard Herrmann ne manque pas d’ironie, l’humour est très présent et le matériel de plongée futuriste à base de coquillages ne manque pas d’imagination. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de L’Île Mystérieuse une valeur sûre du cinéma d’aventure rétro, encore marquée par le génie du pionnier de la stop-motion.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de L’Île Mystérieuse, disponible chez Sidonis Calysta, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur la musique de Bernard Herrmann.


S’il fait inévitablement redondance, même s’il lui est antérieur, le documentaire intitulé Les Chroniques de Harryhausen réalisé par Richard Schickel, parvient à compléter celui de Gilles Penso, Ray Harryhausen – Le Titan des effets spéciaux, disponible en DVD mais également en HD dans les suppléments de l’édition collector de Jason et les Argonautes. 56 minutes forcément passionnantes et narrées par Leonard Nimoy, durant lesquelles Ray Harryhausen revient sur sa carrière, sur ses créatures les plus célèbres (qu’il manipule pour notre plus grand plaisir), le tout souligné par des interventions de son grand ami Ray Bradbury, du célèbre superviseur des effets spéciaux Dennis Muren, du producteur Charles H. Schneer, des cinéastes George Lucas et Henry Selick. C’est aussi l’occasion d’admirer des dessins et des animations de Ray Harryhausen.

L’éditeur joint ensuite une featurette (9’), composée d’une interview de Ray Harryhausen, de photos de tournage, de storyboards (y compris de séquences non tournées), de concepts rejetés. Le créateur des effets spéciaux revient sur la création de ses monstres préhistoriques gigantesques, tout en racontant quelques anecdotes liées à la production de L’Île Mystérieuse.

L’interactivité se clôt sur une galerie de photos et la bande-annonce.

L’Image et le son

Le film est présenté dans son format respecté 1.66 et en 16/9. Le grain est excellemment géré, évidemment plus prononcé sur les séquences mettant en scène les personnages avec les créatures géantes ou sur les matte-painting, entraînant également de très légers fourmillements et une palette chromatique délavée. L’image de L’Île Mystérieuse a été excellemment restaurée. La définition est souvent exemplaire, la propreté indéniable, la belle photo flatte constamment les rétines et même le piqué est à l’avenant, y compris sur les scènes en intérieur où l’on peut apprécier chaque détail des décors. Les couleurs sont claires et vraiment très belles (voir les credits multicolores), magnifiquement saturées, les contrastes très appréciables. L’apport HD pour ce titre est vraiment indispensable. Un très beau lifting.

On commence par la piste anglaise proposée en DTS-HD Master Audio 5.1. Cette option permet de mettre en valeur l’évasion dans les airs des personnages principaux, ainsi que les affrontements des naufragés contre les créatures, en appuyant les basses, tout en créant une spatialisation élégante. Le reste du temps, l’action est essentiellement frontale, avec une centrale dynamique. Comme sur le Blu-ray de Jason et les Argonautes, cette piste offre surtout un écrin agréable à la partition de Bernard Herrmann. Toutefois, la version originale mono 2.0. conviendra largement et offre un confort acoustique solide et dynamique. Aucun souffle à déplorer. Les sous-titres français sont imposés et le changement de langue verrouillé à la volée. La piste française est également de fort bon acabit.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Jason et les Argonautes, réalisé par Don Chaffey

JASON ET LES ARGONAUTES (Jason and the Argonauts) réalisé par Don Chaffey, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 18 février 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Todd Armstrong, Nancy Kovack, Gary Raymond, Laurence Naismith, Niall MacGinnis, Michael Gwynn, Douglas Wilmer, Jack Gwillim, Honor Blackman…

Scénario : Jan Read, Beverley Cross

Photographie : Wilkie Cooper

Musique : Bernard Herrmann

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Pour reconquérir le royaume dont son demi-frère a usurpé le trône, Jason se lance dans la quête de la Toison d’Or. A bord de l’Argos dans lequel embarquent les meilleurs marins et guerriers, il met le cap sur une terre lointaine et dangereuse d’accès. S’il bénéficie de l’aide de certains dieux de l’Olympe, d’autres, par contre, dressent devant lui des créatures et monstres qui défient l’imagination : des squelettes encore très vivants, un titan de bronze, des harpies, un dragon a sept têtes…

Certains films traversent les décennies sans perdre leur magie originelle. C’est le cas du mythique Jason et les ArgonautesJason et les Argonautes, librement inspiré par le poème épique les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, chef d’oeuvre absolu et encore aujourd’hui considéré comme la matrice du cinéma heroic fantasy, d’aventure et du péplum. Merveille visuelle, immense divertissement souligné par la partition du maître Bernard Herrmann, le film réalisé par Don Chaffey en 1963 a su conserver sa poésie grâce aux extraordinaires effets visuels du maître Ray Harryhausen, qui ont non seulement frappé les esprits des spectateurs du monde entier sur plusieurs générations, mais aussi influencé les plus grands cinéastes de la deuxième partie du XXe siècle. Vous avez dit culte ?

Dans la Grèce antique, pour reconquérir le royaume de son père Éson usurpé par son demi-frère Pélias, Jason doit rapporter à ce dernier la fabuleuse Toison d’or, dépouille sacrée d’un bélier, réputée pour apporter la paix et la prospérité, qui se trouve en lointaine Colchide. Il s’embarque à bord du navire de guerre Argo avec toute une équipe de héros, les Argonautes. À la fois aidés et contrariés par des dieux et déesses rivaux, ils vont être confrontés aux éléments déchaînés et à des créatures plus monstrueuses les unes que les autres : le colosse Talos, les deux horripilantes Harpies, les rochers broyeurs Symplégades, une hydre (un horrible dragon à sept têtes) ainsi qu’à une armée vindicative de terribles et agiles squelettes. Mais Jason va connaître l’enchantement amoureux sous les traits de Médée, vaincre les obstacles et rapporter la Toison d’or.

Près de soixante ans après sa sortie, Jason et les Argonautes n’a pour ainsi dire pas pris une ride. Premièrement, la mise en scène du britannique Don Chaffey (1917-1990) n’a rien d’académique et surprend même souvent avec ses partis pris, notamment une caméra à l’épaule qui saisit l’instant et la stupeur, l’effroi et l’action, sur les séquences où Jason et ses compagnons affrontent les créatures qui leur barrent le chemin. S’il a beaucoup tourné pour la télévision (Destination Danger, Le Prisonnier), on doit également à Don Channey La Reine des Vikings et Un million d’années avant J.C. (aaaah Raquel Welch…) réalisés pour le compte de la Hammer Films, l’atypique western Charley le borgne (avec Richard Roundtree et Roy Thinnes), mais aussi le superbe long métrage Disney Peter et Elliott le dragon, avant de terminer sa longue et prolifique carrière sur le méconnu et pourtant très réussi C.H.O.M.P.S. pour Hannah et Barbera. Si Jason et les Argonautes est entré dans l’Histoire du cinéma, cela n’est pas dû uniquement qu’au travail (de titan) de Ray Harryhausen et il est toujours bon de rappeler la virtuosité de la mise en scène de Don Chaffey.

Hollywood s’empare de la mythologie et invite les spectateurs à s’embarquer pour la Thessalie et au-delà des mers. L’intrépide Jason est interprété par le comédien Todd Armstrong, vu précédemment dans La Rue chaudeWalk on the Wild Side d’Edward Dmytryk. Il trouve ici le rôle de sa vie et campe un héros valeureux et bronzé à souhait. Celle qui se démarque une fois de plus est la mythique Honor Blackman, ici Héra, plus connue pour son personnage de Cathy Gale dans la série Chapeau melon et bottes de cuir et qui allait incarner l’une des James Bond Girls les plus connues de la saga James Bond, Pussy Galore dans Goldfinger de Guy Hamilton. Mais les personnages qui se distinguent encore plus sont bel et bien toutes les créatures imaginées, conçues et animées par l’immense Ray Harryhausen avec son célèbre procédé « Dynarama ».

Comme pour le mythe d’Hercule (personnage également présent aux côtés du héros), Jason doit affronter plusieurs épreuves pour accéder à l’objet convoité. Ray Harryhausen, également producteur aux côtés de Charles H. Schneer, s’est surpassé pour concocter des créatures devenues mythiques et qui n’ont de cesse d’inspirer encore et toujours les magiciens des effets spéciaux contemporains. Du colosse de bronze Talos dont les déplacements s’accompagnent d’un grincement de ferraille, en passant par les immondes (mais magnifiques) Harpies, une créature à têtes multiples, jusqu’au final anthologique où Jason et ses hommes affrontent au sabre une armée de 7 squelettes. Cette dernière séquence de trois minutes aura nécessité quatre mois de travail. L’animation en volume (ou stop-motion) est d’une fluidité remarquable, magnifique, et renvoie aussi bien au rêve qu’à l’imaginaire, avec une grâce de tous les instants. Jason et les Argonautes est inépuisable, intemporel, universel.

LE BLU-RAY

L’attente a été longue, interminable même pour les grands fans de Jason et les Argonautes, dont la seule et unique édition en DVD remonte à 1999 chez Sony Pictures. Vingt ans plus tard, le chef d’oeuvre de Don Chaffey et de Ray Harryhausen est enfin ressuscité par Sidonis Calysta. A cette occasion, Alain Carradore et son équipe ont concocté une édition Collector Blu-ray + DVD + Livre de 152 pages sur Ray Harryhausen par Marc Toullec ! Le menu principal de l’édition HD est animé et musical.

On commence par le supplément le plus conséquent de cette édition, à savoir l’incroyable documentaire réalisé en 2011 par Gilles Penso et produit par Alexandre Poncet, Ray Harryhausen – Le Titan des effets spéciaux (93’). Disponible chez Rimini depuis décembre 2013 en édition collector (que nous vous conseillons fortement), ce film exceptionnel, qui a nécessité plus de 4 ans de travail, rend hommage à ce géant du 7ème art, spécialiste des effets spéciaux. Il rassemble des images d’archives rarissimes, des interviews de Ray Harryhausen (conduites en 2004), de nombreux extraits, des images de tournage, des essais tournés en vidéo pour des projets finalement avortés ainsi que des témoignages des plus grands noms du cinéma actuel : Steven Spielberg, James Cameron, Peter Jackson, Tim Burton, Terry Guilliam, Guillermo Del Toro, et bien d’autres encore John Landis, Joe Dante, Nick Park, Phil Tippett, Vincenzo Natali, Dennis Muren, John Lasseter et bien d’autres. Un documentaire à compléter avec Le Complexe de Frankenstein, co-réalisé par Gilles Penso et Alexandre Poncet, disponible chez Carlotta Films.

Les plus téméraires s’aventureront vers la prestation de Michel Eloy (35’), rédacteur en chef du site PEPLVM – IMAGES DE L’ANTIQUITE, passionné par l’Antiquité gréco-romaine. Erudit, spécialisé dans l’étude de l’image au cinéma et dans la bande dessinée de l’antiquité, Michel Eloy propose une longue présentation des mythes, parfois difficile d’accès, mais qui n’en reste pas moins fort intéressante et instructive.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce et des spots TV.

L’Image et le son

Voilà qui fait plaisir ! En effet, ce nouveau master restauré HD de Jason et les Argonautes comblera tous les espoirs du fan de base. Le grain est là, la texture argentique se ressent à chaque plan. La propreté est irréprochable, c’est superbe sur les séquences diurnes avec une clarté insoupçonnée et un relief des textures et des matières jusqu’alors inédit. La définition sur les tous les plans à effets spéciaux est évidemment plus chaotique. Mais c’est un choix, afin de préserver la nature originale de l’image composite, en respectant les partis pris et donc les défauts que cela comporte avec des fourmillements, une palette chromatique délavée, un piqué émoussé, une perte des détails et des contours parfois approximatifs. Retoucher à ces séquences aurait entraîné la furie des puristes. Le Blu-ray de Jason et les Argonautes ne déçoit pas, jamais, puisque nous n’avons jamais vu le film ainsi. D’autant que le reste du temps, les contrastes affichent une densité remarquable avec des noirs impeccables et les couleurs comme le bleu du ciel et de la mer sont souvent resplendissantes.

On commence par la piste anglaise proposée en DTS-HD Master Audio 5.1. Cette option permet de mettre en valeur les combats de Jason et de ses compagnons contre les créatures diverses et variées, en appuyant les basses, tout en créant une spatialisation élégante. Les ambiances naturelles comme l’eau, le craquement du bois et le vent se font ressentir sur les latérales, tout en laissant une large place à la partition de Bernard Herrmann. Toutefois, la version originale mono 2.0. conviendra largement et offre un confort acoustique solide et dynamique. Aucun souffle à déplorer. Les sous-titres français sont imposés et le changement de langue verrouillé à la volée. La piste française est également de fort bon acabit.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Legends of Tomorrow, saison 3

LEGENDS OF TOMORROW – SAISON 3, disponible en DVD et Blu-ray le 5 décembre 2018 chez Warner Bros.

Acteurs : Brandon Routh, Caity Lotz, Amy Louise Pemberton, Dominic Purcell, Franz Drameh, Victor Garber, Tala Ashe, Maisie Richardson-Sellers, Nick Zano, Arthur Darvill, Jes Macallan, Matt Ryan, Wentworth Miller, Neal McDonough…

Musique : Blake Neely

Durée : 17 épisodes de 43 minutes + 4 épisodes du crossover Crisis on Earth-X (avec Supergirl, Arrow et Flash)

Date de sortie initiale : 2017-2018

LA SÉRIE

Après avoir vaincu la Legion of Doom, les Légendes ont découvert qu’ils ont brisé le temps. Ils décident alors d’explorer cette nouvelle réalité pour remettre les choses en place avec l’aide du Bureau Temporel, une nouvelle agence protectrice du temps fondée par Rip Hunter. Ils seront à nouveau confrontés à Damien Darhk et à sa fille Nora, qui veulent ressusciter un démon temporel…

Voici déjà la troisième saison de la série Legends of Tomorrow, dérivée d’Arrow et de Flash. D’emblée, ce spin-off a su faire sa place avec un ton volontairement plus humoristique et en lorgnant sur les séries fantastiques des années 1990. Dans cette nouvelle saison, les scénaristes rendent un évident hommage à la cultissime série Code Quantum, puisque nos héros, qui voyagent dans le temps depuis le tout premier épisode, sont contraints de réparer leurs erreurs, les « anomalies » temporelles, conséquences de leur précédente mission. Diffusée sur The CW aux Etats-Unis entre le 10 octobre 2017 et le 9 avril 2018, cette troisième saison a vu ses audiences se stabiliser, contrairement à celles des autres séries DC plus malmenées. Legends of Tomorrow n’est peut-être pas la série la plus réussie du lot, Flash la domine largement, mais s’avère probablement la plus fun et la plus divertissante. Mission réussie pour cette nouvelle saison !

Résumé avec spoilers. Six mois se sont écoulés. Rip Hunter (Arthur Darvill, invité sur sept épisodes) a fondé une nouvelle agence, le Bureau Temporel, afin d’éradiquer les anachronismes (on pense beaucoup à Men In Black), c’est-à-dire les personnes, objets ou créatures présentes dans une époque qui n’est pas la leur. Pour le reste de l’équipe, le retour à la vie « normale » est un peu difficile. Ray Palmer travaille pour une start-up de la Silicon Valley tandis que Sara Lance travaille comme employée dans un supermarché de Star City. Nate, avec l’aide de Kid Flash, continue d’utiliser ses pouvoirs pour combattre le crime à Central City. Quant à Jefferson et au professeur Stein, ils coulent une vie paisible à Central City, ce dernier appréciant le fait de devenir bientôt grand-père. Mick se livre aux douceurs du farniente sur la plage d’Aruba.

C’est justement là-bas que Mick, croyant avoir affaire à un employé, l’invective en demandant de lui apporter un autre cocktail. En ôtant ses lunettes de soleil, il s’aperçoit que l’ombre en face de lui n’est autre que celle de Jules César, arguant conquérir le monde connu. Après avoir ligoté l’empereur, Mick contacte aussitôt Sara, qui réunit Ray et Nathaniel pour s’occuper du problème. Ensemble, ils se rendent à l’Agence du Bureau Temporel afin de signaler l’anachronisme à Rip, mais ce dernier est contrarié par les retombées de leurs dernières actions : en venant à bout de la Legion of Doom, ils ont également brisé le temps, ce qui a causé les anachronismes. Par conséquent, Rip ne leur fait plus confiance et ne souhaite plus les voir voyager dans le temps, ayant par ailleurs confisqué le Waverider qui sert de simulateur à ses agents.

Toutefois, les Légendes refusent de rester sur la touche. Ils reprennent leur vaisseau par la force et rejoignent Mick. Mais entre-temps César s’est enfui et se retrouve parmi des lycéens en vacances. Après avoir capturé de nouveau l’évadé du temps, le groupe retourne dans le passé pour remettre César à son époque. Croyant avoir réussi leur mission, un nouveau contretemps fait place : le régent a dérobé le livre de Nathaniel sur l’avenir de Rome et a par conséquent réécrit l’histoire en conquérant le monde connu. C’est à ce moment que Rip et son équipe arrivent pour reprendre l’affaire en main. Mais au moment de s’emparer de l’ouvrage, l’agent Ava Sharpe (Jes Macallan, atout charme et sexy) est enlevée. L’équipe des Légendes intervient et bat aisément César et ses soldats.

La continuité temporelle est sauvegardée, Sharpe et Hunter peuvent repartir. Malgré les conseils d’Ava, Rip autorise l’équipe à garder le Waverider pour qu’ils continuent de corriger les anomalies spatio-temporelles ; Sharpe s’étonne du choix de son supérieur, mais Hunter pense que le manque de subtilité des Légendes sera utile contre la menace qui arrive. Nathaniel confie à Ray qu’il regrette qu’Amaya (intense et magnétique Maisie Richardson-Sellers) ne soit plus là. Elle est retournée en 1942, au Zambèze, où elle protège son pays des braconniers et colons européens. Les Légendes se décident à utiliser la technologie du Bureau Temporel pour réparer les anachronismes et commencent par une cible simple : le cirque de P.T. Barnum aurait un smilodon parmi ses attractions de 1870. Pour maîtriser la bête, les pouvoirs des Légendes ne conviennent pas et Sara décide de ramener Amaya, retournée au Zambèze en 1942.

Cette saison 3 regorge de références à la pop culture. Au détour d’une conversation, Victor Garber concepteur du Titanic dans le chef d’oeuvre de James Cameron, rappelle le fiasco qu’à été le voyage inaugural du paquebot. Steven Spielberg et plus particulièrement E.T. l’extra-terrestre sont nommés à travers l’épisode où Ray Palmer, alors enfant, dissimule dans sa chambre un bébé Dominateur. Ray doit alors empêcher son propre assassinat par une agence peu orthodoxe. Les scénaristes se lâchent encore plus que d’habitude dans cette troisième saison à l’instar des morts exsangues retrouvés dans les rues de Londres en 1895, apparemment tués par un vampire, ou bien encore Hélène de Troie, échappée d’une guerre qu’elle n’a pas voulue, trouve finalement refuge sur l’île de Themyscira, foyer des Amazones et de la super-héroïne Wonder Woman. Les fans de Peter Jackson seront aux anges, puisqu’on y voit Ray intervenir sur le plateau du Seigneur des Anneaux en 1999, afin d’y rencontrer le comédien John Noble, qui incarnait Denethor, le père de Boromi et de Faramir. Finalement, tout ce qui concerne le grand « méchant » Mallus (à qui John Noble prête sa voix), un être maléfique et hors du temps, importe moins que les péripéties quotidiennes, l’humour bon enfant et les clins d’oeil cinématographiques. Même l’agaçant Damien Darhk apparaît ici plus cool, comme s’il se rendait compte lui-même du ridicule de ce qu’il dégageait.

C’est sans doute le bazar dans les épisodes, où l’on passe allègrement de la guerre du Vietnam (avec des références à Apocalypse Now), à l’affrontement avec le gorille Grodd (venu de la série Flash), en passant par une bataille contre les Vikings ou Barbe-Noire. Les Legends doivent également aider le jeune Elvis Presley à devenir le King en 1954, puis l’on passe à un épisode tout droit sorti d’Un jour sans fin où une boucle temporelle fait revivre la même journée à Zari Adrianna Tomaz, nouvelle venue dans la troupe, interprétée par l’excellence Tala Ashe. Recrutée en 2042, le talent principal de cette belle demoiselle est d’être une hackeuse hors pair et qui voue une passion pour les jeux vidéo vintage. Tout cela sans oublier la participation des Legends au formidable crossover Crisis on Earth-X, aux côtés des super-héros de Supergirl, Arrow et Flash. Un quadruple-épisode qui marque la disparition d’un des membres des Legends…Matt Ryan en profite pour revenir dans la peau et le costume débraillé de John Constantine, tandis que Wentworth Miller fait un dernier comeback. De son côté, Wally West, dont les scénaristes ne savaient plus quoi lui faire faire dans la série Flash, rejoint les Legends.

Alors certes Caity Lotz fait toujours la moue et fronces les sourcils, Dominic Purcell grogne à tout bout de champ et Brandon Routh abuse de son sourire Ultra-Brite, mais cela fonctionne vraiment bien, chacun est à sa place et semble prendre encore beaucoup de plaisir à se donner la réplique. Un plaisir contagieux et qui ne se dément pas au fil des épisodes.

LE BLU-RAY

La troisième saison des Legends of Tomorrow, disponible chez Warner Bros., se compose de trois disques placés dans un boîtier classique de couleur bleue, glissé dans un surétui cartonné. La liste des épisodes apparaît au verso, tout comme celle des suppléments. Le menu principal est identique sur les trois Blu-ray, fixe et musical, qui reprend le visuel de la jaquette. Signalons que l’éditeur a eu la bonne idée de proposer l’intégralité de l’épisode crossover divisé sur les quatre séries DC. Cette édition se compose donc de 21 épisodes de 42 minutes.

Des scènes coupées (16’30 au total), aux effets visuels non finalisés, sont disponibles sur les trois disques.

Le second Blu-ray contient un débat bien rythmé entre les producteurs des séries DC, qui répondent aux questions de l’animateur Hector Navarro (42’) sur la création de l’énorme crossover, Crisis on Earth-X, composé des épisodes 8 de Supergirl, Arrow, Flash et DC’s Legends of Tomorrow. C’est ici que vous apprendrez chacune des étapes ayant conduit à cette histoire de tentative d’invasion de la Terre par des soldats nazis issus d’un monde dystopique appelé Terre-X. Les spoilers sont évidemment au rendez-vous. Chacun aborde la difficulté d’écrire pour une vingtaine de personnages réunis à l’écran et sur les défis finalement relevés.

Le troisième disque est le plus rempli. On y trouve tout d’abord un module en compagnie du producteur exécutif Phil Klemmer (18’), qui propose un retour complet sur la création et les évènements de la troisième saison des Legends of Tomorrow.

Un petit supplément de 6 minutes rend compte du travail des artistes et créateurs des effets spéciaux, de la prévisualisation au tournage, en passant par la post-production.

Outre un petit bêtisier très sympa (7’30), cette section propose un best-of du Comic-Con 2017 avec notamment un résumé des présentations des nouvelles saisons de Supergirl, Flash, Arrow, DC’s Legends of Tomorrow et Gotham (58’).

L’Image et le son

Les épisodes sont proposés au format HD (1080p, AVC). Les couleurs sont chaudes et resplendissantes, le piqué acéré, les contrastes au top et la profondeur de champ abyssale. Les séquences diurnes sont éclatantes et seules quelques séquences à effets spéciaux s’avèrent sensiblement moins définies en raison des images composites. En dehors de ça, Warner Bros. met la barre haute, le résultat est superbe et la promotion HD indispensable.

Sans surprise, seule la version originale est livrée au format DTS-HD Master Audio 5.1. Privilégiez évidemment cette option qui instaure un confort acoustique digne des plus grands blockbusters avec une spatialisation tonitruante, des effets latéraux à foison, une percutante délivrance des dialogues et une balance frontale explosive. Mention également au caisson de basses très souvent sollicité dans les scènes d’action. Les réfractaires à la V.O. devront se contenter d’une toute petite VF Dolby Digital 2.0 Stéréo au doublage amusant. Etrangement, les allemands disposent d’un mixage Dolby Digital 5.1.


Crédits images : © Warner Bros. / DC Comics / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra-HD / En eaux troubles, réalisé par Jon Turtletaub


EN EAUX TROUBLES (The Meg) réalisé par Jon Turtletaub, disponible en DVD, Blu-ray et Ultimate Edition – 4K Ultra HD + Blu-ray 3D + Blu-ray chez Warner Bros. le 22 décembre 2018

Acteurs : Jason Statham, Li Bingbing, Rainn Wilson, Cliff Curtis, Winston Chao, Ruby Rose, Page Kennedy, Robert Taylor, Ólafur Darri Ólafsson…

Scénario : Dean Georgaris, Jon Hoeber, Erich Hoeber d’après le roman « The Meg » de Steve Alten

Photographie : Tom Stern

Musique : Harry Gregson-Williams

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Au cœur de l’océan Pacifique, le sous-marin d’une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu’on croyait disparue : le Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres de long.
Le sauveteur-plongeur Jonas Taylor doit risquer sa vie pour sauver les hommes et les femmes prisonniers de l’embarcation… et affronter le prédateur le plus terrible de tous les temps. 

Vous vous souvenez des Dents de la mer ? Ce petit film de Steven Spielberg qui a juste révolutionné le cinéma de divertissement en 1975, au point de devenir le « premier » blockbuster, ça vous rappelle quelque chose ? Alors vous pouvez dormir tranquille, car ce n’est pas En eaux troublesThe Meg, réalisé par le « yes man » Jon Turtletaub qui détrônera le chef d’oeuvre de Steven Spielberg. Même si on s’y attendait, cette série B au budget colossal de 130 millions de dollars n’arrive pas à la cheville de Jaws. S’il y avait tout sur le papier pour nous réjouir, c’était sans compter sur la décision de la production de couper purement et simplement les séquences jugées trop « sanglantes ». Entre fausses promesses d’offrir aux spectateurs un film de genre aux séquences violentes et une sortie au cinéma finalement pour tout public, En eaux troubles a engrangé plus d’un demi-milliard de dollars et attiré 1,6 million de français dans les salles. Mais, malgré toute l’affection que l’on peut avoir pour Jason Statham, rien ou presque ne fonctionne dans ce produit sans âme et qui peine à remplir son cahier des charges de l’ « entertainment ».

Jonas Taylor est un ancien capitaine de la Marine et un plongeur spécialisé dans les eaux profondes. Il est recruté pour plonger dans l’océan Pacifique, pour sauver une équipe de scientifiques coincée dans l’épave d’un submersible attaqué et endommagé par un requin préhistorique de vingt mètres de long, connu sous le nom de Mégalodon. Engagé par un océanographe chinois, Taylor devra surmonter ses peurs et affronter une deuxième fois le prédateur qu’il a auparavant rencontré lors d’une expédition pour sauver des hommes et des femmes piégés dans les profondeurs de l’océan.

Franchement, ça aurait eu de la gueule, surtout avec Eli Roth – initialement prévu – à la barre qui souhaitait un film Rated R. Le britannique qui se retrouve face au plus grand requin du monde, un animal préhistorique en fait, avec des bouillons de sang autour des deux adversaires…mais cela restera de l’ordre du fantasme. En eaux troubles, aka The Meg ou bien encore Mégalodon chez nos amis québécois, ne parvient jamais à aller au-delà de son affriolant postulat de départ. Production sino-américaine oblige, l’action se déroule en plein océan Pacifique avec quelques comédiens chinois. Pour mettre en scène, en mouvement plutôt, ce récit, la Warner a confié le joujou à Jon Turtletaub, rescapé des années 1990 grâce aux succès de Rasta Rockett (1993) et Phénomène (1996) avec John Travolta, puis plus tard des deux Benjamin Gates (2004 et 2008) où Nicolas Cage se mettait à la recherche du Trésor des Templiers et du Livre des secrets. Après un passage à vide et deux pitreries oubliées dès leur passage dans les salles (L’Apprenti sorcier et Last Vegas), ce « maker » prend les commandes de cette attraction destinée à remplir le tiroir-caisse de la Warner durant l’été 2018. Le studio change alors son fusil d’épaule et coupe les scènes de carnage promises au public et sur lesquelles s’est vendu le film suite à l’achat des droits du roman de Steve Alten, Meg : A Novel of Deep Terror, publié en 1997. Le résultat à l’écran est navrant.

Non seulement Jon Turtletaub ne crée aucune tension à l’écran, mais il n’insuffle aucun rythme non plus. Les images glacées et bleutées sont compilées sans aucune gestion de la dramaturgie, chaque séquence agitée est expédiée à travers un montage chaotique. Tout cela, sans oublier la direction d’acteurs en tout point inexistante. Si Jason Statham n’est certes pas le comédien le plus expressif de la planète, sa prestation s’inscrit dans le top de ses pires performances. Ruby Rose continue sa collection de navets-nanars (on sauvera John Wick 2 hein) en affichant la même moue et ses tatouages. On préférera revoir Instinct de survie – The Shallows pour mater Blake Lively, ou même Peur bleue de Renny Harlin, sorti en 1999 au moment où Disney planchait justement sur l’adaptation du livre de Steve Alten. Au moins, on y rigolait bien et on ne ronflait pas comme devant ce truc bien trop sérieux et qui coûte presque trois plus cher.

LE BLU-RAY

En eaux troubles, disponible chez Warner Bros., est arrivé dan une édition Steelbook comprenant l’édition 4K du film, le Blu-ray standard et sa version 3D. Les suppléments sont disposés sur la version Blu-ray. Le menu principal est fixe et musical.

Hum…Pas grand-chose à se mettre sous la dent…Il faudra se contenter de deux featurettes promotionnelles, la première faisant office de making of officiel (12’), la seconde étant centrée sur la création du Meg (10’30). Les comédiens, quelques responsables des départements techniques et surtout le réalisateur Jon Turtletaub reviennent sur les conditions de tournage, la préparation à la plongée des comédiens et l’investissement de Jason Statham (grand absent de cette interactivité) dans ses scènes d’action.

L’interactivité se clôt sur une pub du genre « Viendez en Nouvelle-Zélande » avec l’équipe qui loue la beauté du pays et la facilité des prises de vue dans un cadre idyllique (2’).

Dommage de ne pas pouvoir bénéficier des scènes coupées…

L’Image et le son

Evidemment, c’est absolument fabuleux ! L’image UHD est tellement ahurissante que l’on parvient à distinguer les égratignures, les cicatrices, et la nageoire dorsale du Meg qui comporte des trous et des traces de morsure. Disque de démonstration, l’édition 4K d’En eaux troubles aveugle avec ses scènes diurnes luminescentes, la transparence de l’eau, ses bleus tétanisants, son piqué acéré comme la lame d’un scalpel et ses contrastes d’une densité abyssale (oh oh). Ajoutez à cela des détails à foison aux quatre coins du cadre large et des noirs sublimes, et vous obtenez ce qui s’avère probablement un des plus impressionnants master 4K actuellement sur le marché.

Sans surprise, dès l’apparition du logo Warner, le fracassant et immersif mixage Dolby Atmos-True HD anglais exploite les latérales dans leurs moindres recoins, et ce jusqu’à la fin du film. C’est peu dire que The Meg met à mal toute installation acoustique digne de ce nom. La musique de Harry Gregson-Williams (Seul sur Mars, The Town) bénéficie d’une spatialisation percutante et systématique, les effets en tout genre, déflagrations et ambiances annexes foisonnent sans jamais noyer les dialogues. A titre de comparaison, la piste française Dolby Digital 5.1 fait pâle figure face à son homologue du point de vue homogénéité car trop rentre-dedans et manque singulièrement de finesse. Les rares séquences calmes jouissent d’un beau traitement de faveur. N’oublions pas le caisson de basses qui ne tient pas en place sur le sol et fait vibrer les murs. Top démo là encore si vous désirez épater la galerie !

Crédits images : ©
2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC., GRAVITY PICTURES FILM PRODUCTION COMPANY, AND APELLES ENTERTAINMENT, INC. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Arrow, saison 6

ARROW– SAISON 6, disponible en DVD et Blu-ray  le 28 novembre 2018 chez Warner Bros.

Acteurs : Stephen Amell, Katie Cassidy, David Ramsey, Willa Holland, Paul Blackthorne, Emily Bett Rickards, John Barrowman, Colton Haynes, Manu Bennett, Caity Lotz, Susanna Thompson, Echo Kellum…

Musique : Blake Neely

Durée : 22 épisodes de 43 minutes + 4 épisodes du crossover Crisis on Earth-X (avec Supergirl, Flash et DC’s Legends of Tomorrow)

Date de sortie initiale : 2017-2018

LA SAISON 6

Quelques mois après l’affrontement explosif avec Adrian Chase sur l’île de Lian Yu, Oliver jongle toujours entre ses responsabilités de maire et sa mission de justicier. Pour l’aider à protéger les habitants de Star City, son équipe reste soudée à ses côtés, même si tout le monde ne s’en est pas sorti indemne du cauchemar vécu sur Lian Yu. Une solidarité d’autant plus précieuse que leurs ennemis ne leur laissent pas de répit. Cayden James, le chef de Helix s’en prend désormais à l’équipe Arrow avec pour but de se venger du justicier en recrutant plusieurs mercenaires et connaissances d’Oliver dont Black Siren.

Difficile de se renouveler après 5 saisons et 115 épisodes ! Surtout après une cinquième saison épique, l’une des plus grandes du show, qui avait su apporter un vent de fraîcheur et qui reposait entre autres sur le meilleur bad-guy de la série, Prometheus. Après le final dantesque sur Lian Yu, la sixième saison démarre mollement et n’est clairement pas à la hauteur des espérances. Comme souvent, il faut attendre le crossover pour que la nouvelle saison d’Arrow démarre véritablement. Un bon tiers des épisodes font du surplace avec des intrigues éculées, indépendantes, où l’on nous ressert même Deathstroke, vedette d’un double-épisode, celui de sa quête de rédemption. Les auteurs tournent en rond, nous font croire qu’un cyber-terroriste machiavélique, Cayden James (Michael Emerson, lisse) sera le grand adversaire d’Oliver et de sa clique durant ces 23 épisodes. Pour secouer un peu la fourmilière, les scénaristes ont décidé cette saison de semer la discorde au sein de l’équipe de justiciers, au point de les séparer en deux équipes distinctes. Oliver se retrouve donc seul avec John et Felicity, tandis que Curtis (Echo Kellum, très bon), Rene (Rick Gonzalez, bad-ass) et Dinah font comme qui dirait « chambre à part ». Cette séparation fait partie du plan de celui qui manipule en réalité tout ce beau monde, Ricardo Diaz. Ce dernier est interprété par le convaincant Kirk Acevedo (Oz), qui possède la voix d’Al Pacino et une part de son charisme animal.

Le problème, c’est que les showrunners mettent bien trop de temps pour dévoiler le pot aux roses et que le peu d’intérêt des épisodes précédents finit par s’effondrer. Comme bien souvent, quelques personnages sont sacrifiés au fil des saisons. Cette fois, Paul Blackthorne aka Quentin Lance, dans sa dernière apparition dans la série, est vraiment insupportable. Il est malheureusement peu aidé par une intrigue bien trop récurrente en ce qui le concerne, autrement dit le deuil impossible de sa fille Laurel. Les scénaristes eux-mêmes ont avoué par la suite qu’ils ne savaient plus quoi lui faire faire. Il n’est pas le seul à être évincé devant le peu d’inspiration des auteurs, qui ont décidément trop de personnages à gérer, et contre toute attente c’est également au tour de Willa Holland (Thea Queen) de quitter (provisoirement?) le show.

Pour résumer (avec spoilers) cette saison diffusée du 12 octobre 2017 au 17 mai 2018 sur The CW, aux États-Unis : Cinq mois ont donc passé depuis l’explosion de Lian Yu. Oliver (Stephen Amell, qui n’a eu de cesse de s’améliorer au fil des saisons est ici parfait) a repris son poste de maire ainsi que le costume de Green Arrow. Il a recueilli son fils William, sa mère Samantha étant morte sur l’île. Sur le terrain, Oliver et son équipe doivent arrêter Alex Faust, terroriste spécialiste des explosifs financé par Black Siren (l’insupportable Katie Cassidy), que tous pensaient morte sur Lian Yu. À la suite de la révélation de la photo d’Oliver dans le costume de Green Arrow, Oliver fait l’objet d’une campagne de presse insistante et d’une enquête du FBI. Oliver ne peut donc pas renfiler le costume sans risquer d’être démasqué ni d’être tué et laisser William orphelin, mais Anatoly Knazyev revient à Star City pour s’en prendre à une délégation markovienne. Dinah (la sexy Juliana Harkavy) voit que Diggle (David Ramsey au jeu soporifique) cache la vérité sur sa condition qui le retient d’utiliser son arme sur le terrain. Sous le coup d’une enquête du FBI et avec son fils qui a besoin de sa présence, Oliver a confié le costume de Green Arrow à Diggle (rires). Dinah s’inquiète que la condition physique du nouvel archer ne soit un danger pour l’équipe, mais devant une unité para-militaire cherchant à mettre la main sur un gaz neurotoxique, c’est la capacité de Diggle à faire des choix difficiles qui pose problème.

Oliver consacre plus de temps à son fils, mais pour l’aider dans ses études, il préfère demander de l’aide à Felicity (Emily Bett Rickards, en retrait dans cette saison). Black Siren réapparaît à Star City et laisse les corps de personnes a priori sans histoire. Felicity ne peut les aider à faire le lien car Alena l’appelle au secours : Cayden James, le pirate informatique qu’elle a malgré elle fait libérer, s’est retourné contre Helix et a un plan visant à détruire le réseau Internet. Pendant ce temps, Oliver part avec Slade Wilson pour Kasnia, où Joe, le fils de Slade, est prisonnier. Slade espère utiliser une voie diplomatique pour le libérer. Diggle est donc chargé de défendre Star City alors que le « Justicier » réapparaît avec dans son viseur, la conseillère Pollard, qui défend son décret anti-justiciers. L’agent spécial Watson interroge un à un les amis de Oliver. Tandis que Slade continue de découvrir ce qu’est devenu son fils, Oliver cherche un moyen d’empêcher les attentats prévus par les Chacals. Pendant ce temps, Green Arrow mène l’équipe dans une bataille contre le « Dragon », un criminel du nom de Ricardo Diaz qui assassine et vole de la technologie coûteuse à Star City afin de fabriquer des drogues très puissantes et qui s’avère être le dealer auprès de qui John Diggle s’approvisionne afin de contrôler ses tremblements. Oliver est arrêté pour les crimes du Green Arrow alors que Black Siren et Cayden James réapparaissent pour dérober de quoi construire une bombe dévastatrice. La santé de John empire et personne n’est de taille à être le Green Arrow contre la menace.

A la fin du crossover en quatre parties (voir notre chronique sur la quatrième saison de Flash), Oliver et Felicity célèbrent leur mariage lors d’une grande réception. Mais rapidement, leurs missions les rappellent : l’agent Watson a un témoin prêt à dénoncer Oliver sous serment, visiblement un membre de l’équipe, et au même moment, Black Siren enlève Quentin Lance pour forcer le Green Arrow à voler un bien détenu par ARGUS. Devant l’importance des enjeux, Oliver commence à remettre en question la confiance qu’il a en son équipe. L’équipe se sépare. Oliver se retrouve seul à affronter sur le terrain Cayden James, mais il a la surprise de voir que le hacker s’est associé avec plusieurs ennemis de Green Arrow. Cayden James commence une vague de piratage des infrastructures de Star City et les premières victimes se font vite connaître. Oliver se prépare à agir à la fois en tant que maire et Green Arrow, tout en espérant une collaboration avec ses anciens alliés. Oliver et John découvrent que le Vigilante est un agent double et collabore avec Dinah, Curtis et Rene pour faire tomber Cayden James. L’ARGUS s’étant montré incapable de contrer la menace du hacker sur Star City, Oliver accepte l’aide du justicier. Quentin pense pouvoir se rapprocher de Laurel. Felicity et Alena parviennent à prouver que la vidéo du meurtre d’Owen James a été trafiquée. Cayden James lance alors un dernier ultimatum : lui livrer ses trois anciens partenaires en vie avant minuit ou la bombe qui rasera Star City explosera. Mais Dinah est résolue à saisir la première opportunité pour tuer Black Siren.

La mort de Cayden James met Star City et son maire, Oliver Queen, dans une situation délicate : les 70 millions extorqués par le hacker ont disparu et Star City risque la faillite totale. Felicity découvre que c’est Black Siren qui a récupéré l’argent, avant de disparaître. L’autre Laurel a en fait été recueillie par Quentin en secret, persuadé de pouvoir la ramener dans le droit chemin. Black Siren s’est rendue à la police de Star City en se présentant comme Laurel Lance. Sa disparition soudaine permet de découvrir que c’est Ricardo Diaz qui tire les ficelles depuis la mort de Cayden James et qu’une partie de la police est sous ses ordres. Oliver a un autre objectif : Roy Harper a été capturé et torturé pour témoigner contre lui, et Thea veut le faire libérer. Thea se prépare pour une nouvelle vie avec Roy loin de Star City mais Nyssa al Ghul revient avec à ses trousses une nouvelle ligue des Assassins fondée avant sa mort par Malcolm Merlyn. Thea reconsidère alors son avenir tout comme Oliver qui peine à redonner le costume de Green Arrow à John. Dinah et Curtis continuent à démasquer un à un les policiers corrompus par Diaz. À mesure qu’Oliver combat le réseau de Ricardo Diaz, il découvre à quel point il s’étend dans Star City. John comprend qu’Oliver ne lui rendra pas le costume de Green Arrow, ce qui le met dans une colère sourde qu’il ne s’explique pas. Oliver, dans son premier costume d’Arrow, se lance dans une opération suicide, affrontant à lui seul les policiers corrompus qui protègent Ricardo Diaz. Quelques heures auparavant, il se débattait avec le conseil municipal qui envisage de lancer la procédure de destitution et constatait sa solitude alors que tous ses anciens alliés sont partis.

Ricardo Diaz quitte Star City avec Laurel pour la nouvelle étape de son plan : obtenir un rendez-vous avec les dirigeants du Quadrant, une organisation criminelle secrète mais puissante. Laurel va avoir l’occasion de découvrir ce qui pousse son partenaire à toujours prévoir un plan de longue durée. Oliver agit désormais seul comme justicier dans Star City. Felicity n’assurant plus ses arrières, elle se plonge dans le travail d’Helix avec Curtis. Rene sort de l’hôpital, prêt à renfiler le costume de Wild Dog et combattre le réseau de Diaz. Les Outsiders vont tomber sur une opération du Quadrant, déjà surveillée par ARGUS et Diggle. Oliver prend le risque de confronter Knazyev avec une offre : il peut réintégrer la Bratva s’il le souhaite, mais l’ancien Pakhan affirme renoncer à l’honneur de son ancien clan pour rester fidèle à Diaz, même s’il n’a aucun honneur. À peine prend-il le siège de maire que Quentin Lance découvre que Laurel est restée aux ordres de Diaz.

Le procès d’Oliver Queen pour ses actes de vigilantisme commence et Diaz a tout fait pour que le verdict soit coupable. Alors que les témoins défilent et que certains remettent en question leur allégeance envers le Dragon, Diggle a prévu un plan pour sortir Oliver libre du procès. Puisque Ricardo Diaz n’a pas réussi à faire tomber Oliver Queen et l’envoyer en prison, il change de plan et lance toutes ses forces pour le tuer avec son entourage. Les justiciers doivent se réunir avec le soutien d’ARGUS, mais aussi leur atout : Anatoly Knyazev, qui joue les agents doubles avec Diaz. Avec son arrangement avec Samandra Watson, Oliver a désormais le soutien du FBI pour démanteler le réseau de Ricardo Diaz au sein de Star City. Quentin Lance, en tant que maire et père d’adoption de Black Siren, devient la cible des pressions de Diaz. Pendant le combat, Oliver se réconcilie avec ses anciens alliés, prêt à leur confier la tâche de protéger la ville.

Quant au dénouement…nous ne le révélerons pas ici, mais cette saison 6 en demi-teinte n’est clairement pas à la hauteur de la précédente. La faute à trop d’épisodes qui ne servent tout simplement à rien. Cette fois, une bonne moitié de la saison rame trop pour retenir l’attention. n’ayant plus recours à l’intrigue parallèle sous forme de flashbacks, procédé qui commençait à s’épuiser et à fatiguer les spectateurs, les showrunners ont perdu leur appui quand ils étaient en manque d’inspiration. C’est donc ici flagrant puisqu’ils doivent désormais se concentrer sur le présent de leurs personnages, qui tournent souvent en rond, pour revenir à leur point de départ. Les spectateurs américains commencent d’ailleurs à se lasser puisque cette saison a enregistré les pires audiences depuis le début de la série. Nous l’avons déjà évoqué, mais le crossover en quatre épisodes est en revanche passionnant, excellemment réalisé et se permet même de surpasser la plupart des films DC Comics en dosant parfaitement l’action, l’humour, l’émotion, avec d’excellents effets visuels. Néanmoins, la saison va en s’améliorant et il faut s’armer de patience (beaucoup trop de longueurs, de redondances) car cela vaut franchement la peine. La série n’a jamais été aussi brutale et la violence de certaines séquences étonne. Diaz est un antagoniste très intéressant, torturé à souhait, déchaîné, cinglé et ses actes feraient parfois passer Deathstroke pour un enfant de choeur. L’épisode qui lui est entièrement consacré est d’ailleurs l’un des meilleurs de la saison.

Malgré cette semi-déception, on a quand même hâte de découvrir la septième saison (diffusée actuellement) afin de voir si les auteurs sauront cette fois être à la hauteur du twist qui clôturait la précédente. D’autant plus que la fin de la série est cette fois indéniablement envisagée.

LE BLU-RAY

La sixième saison d’Arrow en Blu-ray, disponible chez Warner Bros., se compose de quatre disques placés dans un boîtier classique de couleur bleue, glissé dans un surétui cartonné. La liste des épisodes apparaît au verso, tout comme celle des suppléments. Le menu principal est identique sur les quatre Blu-ray, fixe et musical, qui reprend le visuel de la jaquette. Signalons que l’éditeur a eu la bonne idée de proposer l’intégralité de l’épisode crossover divisé sur les quatre séries DC. Cette édition se compose donc de 26 épisodes de 42 minutes.

Sur le premier disque, nous trouvons un module consacré au parcours de Slade Wilson aka Deathstroke au fil des précédentes saisons, jusqu’à son apparition dans la saison 6 (12’). Un bonus classique, composé d’images d’épisodes et d’interviews des producteurs.

Le second Blu-ray contient un débat bien rythmé entre les producteurs des séries DC, qui répondent aux questions de l’animateur Hector Navarro (42’) sur la création de l’énorme crossover, Crisis on Earth-X, composé des épisodes 8 de Supergirl, Arrow, Flash et DC’s Legends of Tomorrow. C’est ici que vous apprendrez chacune des étapes ayant conduit à cette histoire de tentative d’invasion de la Terre par des soldats nazis issus d’un monde dystopique appelé Terre-X. Les spoilers sont évidemment au rendez-vous. Chacun aborde la difficulté d’écrire pour une vingtaine de personnages réunis à l’écran et sur les défis finalement relevés.

Sur le troisième disque, l’éditeur propose un supplément sur le personnage de Cayden James (11’). Même chose que pour Deathstroke, les producteurs et scénaristes se contentent de paraphraser ce qui se passe dans la série. Alors attention aux spoilers très nombreux !

L’interactivité se clôt sur un best-of du Comic-Con 2017 avec notamment un résumé des présentations des nouvelles saisons de Supergirl, Flash, Arrow, DC’s Legends of Tomorrow et Gotham (58’).

L’Image et le son

Les épisodes sont proposés au format HD (1080p, AVC). Les couleurs sont froides, toujours marquées par quelques touches vertes, caractéristiques du personnage principal. Le piqué est acéré, les contrastes au top et la profondeur de champ très appréciable. Les séquences diurnes sont éclatantes et les scènes de nuit sont aussi bien définies. Warner Bros. met la barre haute et prend soin de l’arrivée de Arrow dans les salons avec même un léger et élégant grain typique du tournage avec la caméra Arri Alexa. Le résultat est superbe et la promotion HD indispensable.

Sans surprise, seule la version originale est livrée au format DTS-HD Master Audio 5.1. Privilégiez évidemment cette option qui instaure un confort acoustique digne des plus grands blockbusters avec une spatialisation tonitruante, des effets latéraux à foison, une percutante délivrance des dialogues et une balance frontale explosive. Mention également au caisson de basses très souvent sollicité dans les scènes d’action. Les réfractaires à la V.O. devront se contenter d’une toute petite VF Dolby Digital 2.0 Stéréo au doublage nian-nian souvent indigne de la série. Etrangement, les allemands disposent d’un mixage Dolby Digital 5.1.

Crédits images : © Warner Bros. / DC Comics / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr