Test Blu-ray / L’Enfer des zombies, réalisé par Lucio Fulci

L’ENFER DES ZOMBIES (Zombi 2) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 2 mai 2018 chez Artus Films

Acteurs :  Tisa Farrow, Ian McCulloch, Richard Johnson, Al Cliver, Olga Karlatos, Auretta Gay, Stefania D’Amario, Ugo Bologna…

ScénarioDardano Sacchetti, Elisa Briganti

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Fabio Frizzi

Durée : 1h31

Année de sortie : 1979

LE FILM

Un voilier semblant abandonné dérive lentement dans la baie de New York. Les garde-côtes interviennent et se font agresser par une créature monstrueuse qui y gisait caché. Après avoir résisté aux balles, la créature plonge dans l’eau et disparaît. Anne Bowles (Tisa Farrow), la fille du propriétaire du bateau, alors porté disparu, décide d’en savoir plus. En compagnie de Peter West (Ian McCulloch), un journaliste, elle se rend sur l’île de Matoul, dans les Antilles, d’où provient le navire. Sur place, ils rencontrent le docteur Ménard (Richard Johnson), un scientifique confronté depuis plusieurs semaines à de curieux phénomènes. Les morts sortent de leurs tombes pour dévorer les vivants…

Lucio Fulci (1927-1996), qui se destinait d’abord au monde de la médecine, décide de se tourner vers le cinéma et intègre le Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome, en suivant les cours de Michelangelo Antonioni et de Luchino Visconti. Il devient l’assistant du réalisateur Marcel L’Herbier sur Les Derniers Jours de Pompéi en 1950. Mais c’est avec le cinéaste Steno, de son vrai nom Stefano Vanzina, que Fulci fait réellement ses classes, sur des comédies interprétées par Totò. Progressivement, Lucio Fulci devient scénariste et signe Une fille formidable de Mauro Bolognini, Un Americano a Roma de Steno avec l’immense Alberto Sordi. Il passe enfin derrière la caméra en 1959 avec I Ladri, une comédie portée par… Totò. La boucle est bouclée. Dans les années 1960, Lucio Fulci enchaîne moult comédies avec le duo aussi célèbre en Italie qu’improbable chez nous, Franco Franchi et Ciccio Ingrassia. Si le succès est au rendez-vous, il commence sérieusement à vouloir changer son fusil d’épaule et démontrer qu’il est capable de réaliser autre chose que des comédies. Il signe un western avec Franco Nero (Le Temps du massacre, 1966), un drame (Liens d’amour et de sang, 1969). Mais le véritable tournant s’opère en 1969 avec le giallo Pervertion Story – La Machination (Una sull’altra).

Un an après l’onirique, poétique, sensuel, cruel, oppressant, kafkaïen Le Venin de la peurUna lucertola con la pelle di donna, et la même année que sa comédie érotique Obsédé malgré lui, Lucio Fulci signe un de ses films les plus célèbres, La Longue nuit de l’exorcismeNon si sevizia un paperino. S’ensuivent deux aventures de Croc-Blanc (1973 et 1974), Les Quatre de l’apocalypse (1975) et L’Emmurée vivante (1977). A la fin des années 1970, la carrière de Lucio Fulci bat de l’aile après quelques échecs successifs, tandis que sa fille connaît un très grave accident et que son divorce l’a laissé sur la paille. Contre toute attente, le producteur Fabrizio De Angelis lui confie les commandes de L’Enfer des Zombies, titre opportuniste surfant sur le triomphe du Zombie de George A. Romero, dont le montage européen avait été confié à Dario Argento. Sur un scénario écrit par Dardano Sacchetti (Le Chat à neuf queues, La Baie sanglante, Le cynique, l’infâme, le violent, L’emmurée vivante) même si crédité sous le nom de sa femme Elisa Brigranti, L’Enfer des Zombies va non seulement relancer la carrière de Lucio Fulci, comme il n’aurait jamais pu l’espérer, être à l’origine de tout un tas d’ersatz, et surtout devenir et rester un des films les plus emblématiques du genre.

Alors oui, merci à George A. Romero et à Dario Argento. Mais quand même, L’Enfer des Zombies n’a rien du plagiat longtemps évoqué, en particulier par le second, plus outré par l’utilisation opportuniste du titre que par la réelle copie de Zombie. D’une part, parce que Lucio Fulci et Dardano Sacchetti ne traitent pas la figure du mort-vivant de la même façon que leurs prédécesseurs (modernes chez Romero qui fustige la société de consommation, renvoyant aux sources du vaudou chez Fulci), d’autre part parce que L’Enfer des Zombies est un pur film de mise en scène, virtuose du début à la fin, qui porte la griffe du cinéaste à chaque plan. Si Zombi 2 est un film de commande pour lequel Lucio Fulci était loin d’être le premier choix (Enzo G. Castellari avait demandé un salaire astronomique, puis rapidement remercié), ce dernier se l’est bel et approprié pour en faire une œuvre personnelle, sans doute comme un exutoire. Car L’Enfer des Zombies est non seulement un film hypnotique, qui se regarde comme un véritable cauchemar éveillé, mais c’est aussi et surtout un thriller dramatique très violent, dans lequel le réalisateur a pour la première fois recours à des séquences particulièrement gore. Ces scènes ont marqué le public et participé au triomphe international de Zombi 2. Aujourd’hui encore, elles demeurent d’une redoutable efficacité, grâce aux incroyables maquillages et effets spéciaux à l’instar de l’énucléation par l’écharde de bois. Plus qu’aux films de zombies qui l’ont précédé, L’Enfer des Zombies s’apparente souvent à une relecture de L’Île du docteur Moreau version Earl C. Kenton (1932) matinée du Vaudou de Jacques Tourneur (1943).

 Lucio Fulci est lui-même épaulé par des valeurs sûres avec notamment Sergio Salvati, qui signe une magnifique photographie éthérée, moite, poisseuse, crépusculaire, réalisée en CinémaScope. Les plans sur la baie de Manhattan restent gravées dans toutes les mémoires, tout comme la célèbre séquence de plongée où la comédienne Auretta Gay, à peine vêtue d’un string-ficelle, se retrouve nez à nez avec un requin…et un zombie au fond de l’océan ! L’épilogue, tourné sans aucune autorisation sur le pont de Brooklyn, est également inoubliable, tandis que la partition de Fabio Frizzi reste bien longtemps dans un coin de la tête.

Pierre angulaire du film d’horreur en Italie, L’Enfer des Zombies sait jouer avec les nerfs des spectateurs, prenant même le risque de le faire patienter au beau milieu du film (avec l’aide de quelques plans topless très agréables ceci dit), pour mieux le surprendre et le plonger dans un déferlement de violence graphique, de terreur, de torrents de chair et d’hémoglobine, dans un dernier acte absolument fascinant. Et l’expérience proposée par Lucio Fulci est encore intacte.

LE BLU-RAY

Attention, attention ! Voilà probablement l’un des plus beaux objets que vous pourrez trouver sur le marché en 2018 ! Artus Films a concocté un magnifique et luxueux Mediabook estampillé « Collection Lucio Fulci », au visuel clinquant et en plus doux au toucher. Cette édition se compose du Blu-ray et du DVD glissés dans des compartiments cartonnés, ainsi que d’un incroyable livre de 80 pages (Fulci, zombies et opportunisme : quand les morts-vivants ont envahi le cinéma italien) rédigé par Lionel Grenier (rédacteur en chef du site luciofulci.fr), Gilles Vannier (Psychovision), David Didelot (Videotopsie), Didier Lefèvre (Medusa), le tout supervisé par le premier. Vous y trouverez de fabuleux visuels, photos et affiches, des extraits d’entretiens, un retour sur la genèse du film, des extraits du scénario original, une analyse sur la figure du zombie chez Lucio Fulci, une autre sur le cinéma d’épouvante en Italie, etc. Nous ne reviendrons pas sur la polémique stérile quant à l’absence des bonus anciennement disponibles sur l’édition DVD Neo Publishing. Artus Films livre un vrai et grand travail éditorial et a mis toute sa passion pour le genre dans ce Mediabook, sans oublier l’incroyable beauté de la copie HD.

Spécialiste et auteur de Lucio Fulci – le poète du macabre, écrit avec Jean-François Rauger, mais aussi rédacteur en chef du site luciofulci.fr, Lionel Grenier nous propose une formidable présentation, analyse et critique de L’Enfer des zombies (19’). Il replace le film dans la carrière du maître, évoque sa genèse, l’équipe technique, le casting, les conditions de tournage, les accusations de plagiat de la part de Dario Argento. Dans un second temps, il se penche davantage sur le fond et les partis pris du film.

S’ensuit un long entretien avec le scénariste de Dardano Sacchetti (41’). Sans langue de bois, l’auteur des Guerriers du Bronx, Pulsions cannibales, L’au-delà, 2072, les mercenaires du futur donne sa version de la mise en route de L’Enfer des zombies, de l’arrivée de Lucio Fulci sur le projet et du tournage du film qui nous intéresse. Notons que quelques-uns en prennent pour leur grade comme le producteur Fabrizio De Angelis (« qui ne se gênait pas pour copier les autres »), tout en se couvrant de louanges : « j’étais le seul qui faisait mourir de peur les mémés ! […] j’ai créé le slasher avec La Baie sanglante, et l’autre con nous pond un Vendredi 13 qui en est un plagiat total ! ».

C’est au tour du maquilleur Maurizio Trani de revenir sur son travail sur L’Enfer des zombies (20’). Fils et neveu de créateurs de maquillages pour le cinéma, notre interlocuteur évoque sa collaboration avec son maître Giannetto De Rossi et bien sûr ses créations les plus marquantes sur le film de Lucio Fulci. Les anecdotes de tournage sont savoureuses. Notons une apparition rapide de Rosario Prestopino, confrère de Maurizio Trani, décédé en 2008.

Le dernier entretien se déroule en compagnie d’Alain Petit (11’). Fidèle complice d’Artus Films, l’historien du cinéma se souvient surtout ici de la programmation inespérée de L’Enfer des zombies dans le cadre de l’émission Quartier interdit, diffusée de septembre 1998 à août 2002. Comme une réponse à son propre Cinéma de quartier, Jean-Pierre Dionnet y présentait ici des films déviants, gore, avec bien sûr une prédilection pour les séries B et Z interdites aux moins de 13 et 18 ans. Nous apprenons que Dionnet (et Petit donc, alors assistant), avaient réussi à programmer la version intégrale du film de Lucio Fulci, mais uniquement en vostf à une heure avancée de la nuit, alors que la version française censurée avait été proposée juste avant. Ce qui avait décontenancé quelques cinéphiles qui avaient voulu réenregistrer la VF de L’Enfer des zombies sur leur VHS originale et qui s’étaient finalement retrouvés avec un montage coupé ! En 2002, Dominique Farrugia, alors président de Canal+, décide de mettre fin à l’émission.

L’interactivité se clôt sur le film-annonce original (qui annonçait aux spectateurs qu’un sac à vomi sera mis à leur disposition à l’entrée du cinéma) et la bande-annonce française d’époque.

L’Image et le son

C’est sublime. Comment dire les choses autrement ? Artus Films livre un master HD restauré 2K qui comblera de joie même les plus difficiles. Les splendides partis-pris esthétiques du directeur de la photographie Sergio Salvati trouvent en Blu-ray un nouvel écrin et se voient entièrement respectés, y compris dans les défauts originaux liés à la pellicule, qui font partie du charme du film. Point de réducteur de bruit à l’horizon, le grain est présent tout en étant discret (même sur les plans légèrement enfumés, difficiles à consolider), la photo ouatée et suintante est savamment restituée pour les scènes sur l’île, la colorimétrie retrouve un éclat inédit et le piqué est probant. Le format 2.35 est conservé, la profondeur de champ très appréciable. L’encodage AVC est solide, la gestion des noirs impeccable, la stabilité indéniable, la propreté exceptionnelle (un ou deux points blancs sans importance) et le niveau de détails impressionnant, y compris lors de l’incroyable séquence sous-marine. L’Enfer des zombies qui affiche déjà près de quarante ans au compteur peut se targuer d’un lifting de premier ordre et d’un transfert d’une folle élégance. Le film est présenté dans sa version intégrale non censurée. Notons également que l’éditeur est reparti du négatif original transféré en 2K (puis nettoyé et restauré en France), puisque celui restauré et fourni par les ayants droits avait entre autres complètement perdu sa patine argentique. Autant dire qu’Artus ne s’est pas laissé aller à la facilité comme certains auraient pu être tentés de le faire !

Alors oui il n’y a pas de version anglaise sur le Blu-ray. Et alors ? A l’instar des films de Sergio Leone qui réunissaient des vedettes internationales, qui s’exprimaient d’ailleurs dans leur langue d’origine, L’Enfer des zombies n’a pas de “réelle” version originale en dehors de la langue italienne puisque production transalpine avant tout. Certes les comédiens s’exprimaient dans la langue de Shakespeare au moment des prises de vue, mais la version officielle est et demeure l’italienne, présente sur cette édition, alors que demander de plus ? Les versions italienne et française bénéficient d’une piste DTS-HD Master Audio Stéréo 2.0 exemplaire et limpide, restituant les dialogues avec suffisamment d’efficacité, ainsi que l’enivrante bande originale signée Fabio Frizzi qui jouit d’un coffre inédit, surtout dans le dernier acte. Les effets sont solides, le confort acoustique largement assuré. La piste française est par moments légèrement désynchronisée, mais ce problème est d’origine et en aucun cas imputable à l’éditeur. Le mixage français est peut-être sensiblement moins riche mais contentera les habitués de cette version, d’autant plus que le doublage vaut souvent son pesant. Nous échappons heureusement à un remixage 5.1 inutile. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Euro Immobilfin Srl – Rome, Italy. Licenced by Variety Communications Srl – Rome, Italy. All Rights reserved. / Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Mortelles confessions, réalisé par Pete Walker

MORTELLES CONFESSIONS (House of Mortal Sin) réalisé par Pete Walker, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Artus Films le 6 mars 2018

Avec :  Anthony Sharp, Susan Penhaligon, Stephanie Beacham, Norman Eshley, Sheila Keith, Hilda Barry…

Scénario : Pete Walker, David McGillivray

Photographie : Peter Jessop

Musique : Stanley Myers

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Jenny Welch vit avec sa soeur Vanessa, et mène une vie amoureuse instable après qu’elle s’est faite quitter par son amant. Elle se met alors à fréquenter un vieil ami d’enfance, Bernard, devenu prêtre. Devant la faiblesse de la jeune femme, il l’invite à aller en confessions avec le père Meldrum, un prêtre acariâtre et frustré. Ce dernier va alors prendre pour mission divine de « purifier » Jenny et de préserver leur étrange relation.

Encore plus radical, encore plus sombre et pessimiste que FlagellationsHouse of Whipcord, voici Mortelles confessionsHouse of Mortal Sin, toujours écrit par David McGillivray et réalisé par le cinéaste britannique Pete Walker en 1978. Le temps de la sexploitation est bien loin et le réalisateur confirme son talent pour mettre en scène l’horreur et la peur au quotidien. Mortelles confessions va encore plus loin dans le malaise lié à l’hégémonie des institutions. Par son titre, House of Mortal Sin, découle de House of Whipcord et prend le spectateur à la gorge du début à la fin en se focalisant sur le personnage d’un prêtre fou, qui séquestre sa vieille mère et qui n’hésite pas à tuer ses ouailles qui se sont écartées du droit chemin. Pete Walker s’en prend ici au célibat des prêtres et se penche sur la folie qui peut s’emparer de l’homme sexuellement frustré. Thriller tendu, audacieux et violent, emblématique de la situation politique britannique alors extrêmement rigoriste et rétrograde, Mortelles confessions est un vrai bijou.

Jenny (Susan Penhaligon) rencontre inopinément Bernard (Norman Eshley), un ancien copain devenu prêtre en quête de logement. Habitant avec sa sœur Vanessa (Stephanie Beacham), elle l’héberge. Son petit ami l’ayant quitté, Jenny souhaite parler avec Bernard de ce qui la rend malheureuse. Au confessionnal, elle tombe sur le père Xavier Meldrum (Anthony Sharp) qui lui indique « Ne soyez pas gênée de parler sexualité avec moi ! ». Ce dernier va vouloir la prendre sous son aile, avec pour seul objectif de prendre pour action divine de purifier la jeune fille et de s’attaquer à tout ce qui entravera à une éventuelle liaison. Du chantage, Meldrum va très vite passer au meurtre en s’en prenant aux proches de Jenny. Quand il rentre chez lui, le prêtre passe du temps avec sa mère souffrante (et séquestrée), surveillée par la gouvernante borgne Miss Brabazon (glaçante Sheila Keith, actrice fétiche de Pete Walker) qui aime la martyriser. De son côté, Bernard tombe amoureux de Vanessa et décide de donner sa démission.

Pete Walker n’a peur de rien et surtout pas de dire haut et fort de ce que tout le monde pense habituellement tout bas. Le célibat des prêtres et donc la question de la sexualité chez les hommes d’église, mais également leur immunité et leur impunité se trouvent au coeur de Mortelles confessions. Cette frustration et cette schizophrénie sont incroyablement rendues par Anthony Sharp, comédien anglais vu chez Stanley Kubrick (Barry Lyndon, Orange mécanique), dans le James Bond non-officiel Jamais plus jamais et dont la carrière à la télévision et au théâtre en rendrait jaloux plus d’un. Exceptionnel, flippant, repoussant, Anthony Sharp incarne un monstre humain, rendu cinglé par une des règles archaïques de sa profession. Il faut dire qu’on comprend son trouble devant les charmes de Susan Penhaligon et ceux de la pulpeuse Stephanie Beacham, oui oui, la Sable Colby de la série Dynastie !

Pete Walker rue dans les brancards et use du thriller psychologique teinté de giallo (quelques scènes sont très brutales) mâtiné d’un formidable cynisme pour appuyer son message, même si le réalisateur a toujours nié faire du cinéma politique et social. Aujourd’hui, Mortelle confessions, ainsi que la filmographie de Pete Walker, méritent d’être franchement reconsidérés.

LE BLU-RAY

Avec Flagellations (dernièrement chroniqué dans nos colonnes) et Mortelles confessions, l’éditeur Artus Films signe ses premiers pas dans le domaine de la Haute-Définition. Les films de Pete Walker sont bien pris en charge puisque disponibles dans de beaux combos Blu-ray-DVD. Le visuel de Mortelles confessions est attractif et la jaquette glissée dans un boîtier classique de couleur bleue. Le menu principal est fixe et muet.

Après David Didelot, place à Alain Petit. L’historien du cinéma propose une présentation de Mortelles confessions (19’). Si certains propos sur Pete Walker font écho avec ceux entendus lors du brillant exposé de son confrère sur la galette de Flagellations, Alain Petit ne manque pas d’arguments pour défendre à son tour les œuvres du cinéaste qu’il affectionne tout autant. Le fond et la forme sont ainsi mis en parallèle. On apprend également que le rôle du prêtre Meldrum avait été proposé à Peter Cushing, qui avait été obligé de réfuser car malheureusement déjà pris sur un autre film. Le casting est également passé au peigne fin.

L’Image et le son

A l’instar de Flagellations, Artus Films déroule le tapis rouge au film de Pete Walker avec un très beau master Haute-Définition (1080p, AVC). Ce traitement permet de (re)découvrir Mortelles confessions dans les meilleures conditions techniques possibles. Dès le générique, la propreté est indéniable, la copie est stable, le grain original flatteur, le piqué aiguisé et la photo souvent ouatée du chef opérateur Peter Jessop (Schizo, Frightmare) est respectée. Les quelques poussières et griffures qui ont pu échapper à la restauration demeurent subliminales. N’oublions pas l’élégante tenue des contrastes.

Point de version française ici. Le mixage anglais DTS HD Master Audio Mono 2.0 aux sous-titres français (non imposés) instaure une écoute propre avec parfois quelques sensibles chuintements dans les aigus, mais rien de bien méchant.

Crédits images : © Artus Films Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Flagellations, réalisé par Pete Walker

FLAGELLATIONS (House of Whipcord) réalisé par Pete Walker, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Artus Films le 6 mars 2018

Avec :  Barbara Markham, Patrick Barr, Ray Brooks, Ann Michelle, Sheila Keith, Dorothy Gordon…

Scénario : Pete Walker, David McGillivray

Photographie : Peter Jessop

Musique : Stanley Myers

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Jeune mannequin français vivant à Londres, Anne-Marie se laisse séduire par Mark, qui l’emmène chez ses parents, dans une vieille et grande maison de campagne. Elle comprend bien vite qu’elle n’est qu’une proie de plus, donnée en pâture à Mme Wakehurst, une ancienne directrice de prison pour femmes, et son mari, le juge Bailey. Sous prétexte de rédemption et de lutte contre la dépravation, ces deux pervers assouvissent en fait leur sadisme et leur perversité.

Etrange long métrage que Flagellations, aka House of Whipcord en version originale, écrit par David McGillivray et réalisé par Pete Walker en 1974, cinéaste britannique qui a fait les grandes heures de la sexploitation et de l’épouvante, de la fin des années 1960 au début des années 1980. Né en 1939, Pete Walker débute par des courts-métrages dénudés (Soho Striptease, The Girl That Boys Dream About, Please Do Not Touch) qu’il produit lui-même et revend sous le manteau, avant de passer au long-métrage en 1968 avec The Big Switch. Suivront alors des œuvres aux titres explicites L’Ecole du sexe, Der Porno-Graf von Schweden, Four Dimensions of Greta en relief !. Puis, il change de registre en abordant l’épouvante avec Meurs en hurlant, Marianne et Le Rideau de la mort. Pour les aficionados, les cinéphiles et les amateurs de films de genre, Flagellations reste et demeure son meilleur film. Si l’on est tout d’abord attiré par la sublime affiche qui vend une belle créature en prise avec des matrones mal intentionnées et armées d’un fouet qui donne son titre au film en anglais, Flagellations ne se contente pas de ces quelques ingrédients qui servent finalement à appâter les spectateurs. C’est aussi et surtout un thriller tendu et violent, emblématique de la situation politique britannique alors extrêmement rigoriste et rétrograde.

Anne-Marie DeVarnet (la belle Penny Irving), est une top-modèle venue de France pour tenter sa chance en Angleterre. Remarquée pour avoir fait quelques clichés dénudés, elle se voit inviter lors d’une soirée par un inconnu, un certain Mark E. Desade (Robert Tayman, vu dans Le Cirque des vampires de Robert Young), qui lui propose de l’emmener chez ses parents. Julia accepte et se retrouve dans une gigantesque demeure qui semble inhabitée. Elle va bientôt découvrir le secret de cet endroit insolite et de sa présence ici : elle vient en réalité de se faire kidnapper et se retrouve devant une directrice (Barbara Markham, glaçante), son mari aveugle (Patrick Barr) et deux gardiennes sadiques (Sheila Keith et Dorothy Gordon) qui vont lui inculquer le savoir-vivre, sous peine de lui faire subir quelques tortures dont la punition du fouet. La demeure entourée de hauts murs impénétrables et plantée au milieu de nulle part dans la campagne anglaise est une ancienne prison abandonnée devenue un lieu de séquestration pour jeunes filles, dirigée par des individus prônant le retour de l’ordre moral et de la civilité.

Non seulement Pete Walker parvient à flatter son public de base, souvent plus intéressé par les formes exposées des jolies actrices que par l’histoire qui leur est racontée, mais le réalisateur parvient également à dresser un constat aussi réaliste que pessimiste sur l’Angleterre au début des années 1970. Les institutions et autorités en prennent pour leurs grades, Pete Walker n’hésitant pas à fustiger des juges (également bourreaux) qui décident de rendre une autre justice, en punissant des jeunes femmes qui enfreignent selon eux les codes moraux. Décidées à les faire revenir dans le droit chemin, des gardiennes revêches, vieilles filles, à la sexualité refoulée et dépourvue de sentiments, ont alors recours à des méthodes brutales en traitant ces jeunes « délurées » comme des animaux parqués dans d’anciennes cellules glauques et suintantes.

Si l’une des pensionnaires vient à fauter, celle-ci est mise en isolement. En cas de récidive, elle est déshabillée et fouettée. Si jamais la pécheresse venait à commettre une troisième faute, elle est condamnée à être pendue. Le processus de déshumanisation est en cours. Même s’il a toujours nié faire passer un message politique dans ses films qu’il revendiquait comme étant uniquement commerciaux, Flagellations – titre français évidemment racoleur et pas du tout représentatif de l’histoire – incite à la réflexion. Ceci dès le carton introductif « Ce film est dédié à ceux que le relâchement des codes moraux actuels inquiète et qui attendent impatiemment le retour du châtiment corporel et de la peine de mort » jusqu’à la fin redoutablement sombre avec ses costumes ternes et la photographie pluvieuse de Peter Jessop.

Alors que la Hammer est morte en emportant avec elle ses créatures démoniaques et ses couleurs baroques, des monstres apparaissent en déambulant dans la société d’aujourd’hui sous un ciel grisâtre. Joyaux de la British Horror, Flagellations, classé X à sa sortie, s’apparente plus à un thriller psychologique et pervers dont le statut culte n’est pas usurpé.

LE BLU-RAY

Avec Flagellations, l’éditeur Artus Films signe ses premiers pas dans le domaine de la Haute-Définition. Le film de Pete Walker est chouchouté puisque disponible dans un beau combo Blu-ray-DVD. Le visuel est attractif et la jaquette glissée dans un boîtier classique de couleur bleue. Le menu principal est fixe et muet.

Qui de mieux que l’incontournable et érudit David Didelot pouvait nous présenter Flagellations ? Pendant une heure (1h01 pour être précis), le co-fondateur du fanzine Vidéotopsie revient armé jusqu’aux dents de VHS, d’ouvrages et de DVD pour illustrer ses propos toujours aussi passionnants et qui donnent furieusement envie de se jeter sur tous les titres Bis évoqués. Pas un seul moment de répit pour David Didelot qui dans la première demi-heure dresse un fabuleux portrait du réalisateur Pete Walker. Ses débuts au cinéma, ses films, ses partis pris, ses intentions, mais également son ambiguïté sont passés au crible. Ne tarissant pas d’éloges sur ce réalisateur indépendant qu’il affectionne tout particulièrement, David Didelot déclare que Pete Walker mériterait d’être reconsidéré à sa juste valeur. Au bout de 27 minutes, Flagellations est analysé – dans le fond comme dans la forme – par notre spécialiste du Bis, évoquant également le casting, l’accueil critique, la sortie du film et les divers titres d’exploitation tels que La Pension du plaisir ou Mutilator !

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Une belle entrée en fanfare dans la HD pour l’éditeur ! Le transfert est irréprochable, le master immaculé, stable et dépourvu de déchets résiduels. Les noirs sont concis, la colorimétrie est volontairement atténuée et tire vers les gris-bruns. Les décors dépouillés sont omniprésents et les personnages n’ont aucun mal à ressortir devant un fond uni, froidement éclairé, avec de très beaux gros plans qui foisonnent de détails. La gestion des contrastes est également très solide. Malgré un très léger voile apparent sur les séquences nocturnes et tamisées, ainsi que de menus changements chromatiques au cours d’une même séquence ou sur un champ-contrechamp, ce master HD présenté dans son format d’origine 1.66. est exemplaire. Le Blu-ray est au format 1080p.

Le film de Pete Walker bénéficie d’un doublage français, le film étant sorti en 1984 dans nos contrées. Au jeu des comparaisons avec la version originale, la piste française au doublage réussi s’accompagne de quelques chuintements. Véritable gruyère suite à de nombreuses coupes, cette version passe directement en version originale sous-titrée en français lors des séquences jamais doublées. La piste anglaise est plus dynamique, propre et intelligible, homogène dans son rendu, notamment au niveau des effets sonores. Les sous-titres français ne sont pas imposés.


Crédits images : © Artus Films Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Au-delà de demain, réalisé par A. Edward Sutherland

AU-DELÀ DE DEMAIN (Beyond Tomorrow) réalisé par A. Edward Sutherland, disponible en DVD chez Artus Films le 5 décembre 2017

Avec :  Harry Carey, C. Aubrey Smith, Charles Winninger, Alex Melesh, Maria Ouspenskaya, Helen Vinson…

Scénario : Adele Comandini, d’après une histoire originale de Mildred Cram et Adele Comandini

Photographie : Lester White

Musique : Frank Tours

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 1940

LE FILM

Un soir de réveillon, trois hommes d’affaires fortunés mais sans famille décident d’inviter trois étrangers à leur table. Seuls James et Jean, jeunes gens dans la précarité, acceptent. Cette soirée va changer le cours de leur vie. Ils tombent amoureux l’un de l’autre et James devient crooner à succès. Les trois protecteurs disparaissent dans un accident d’avion et leurs fantômes vont bientôt mettre tout en œuvre pour reformer le couple qui s’est entre temps séparé.

Au-delà de DemainBeyond Tomorrow est un conte de Noël réalisé par le cinéaste britannique A. Edward Sutherland (1895-1973) spécialisé dans les comédies mettant en scène le nez de W.C. Fields, le duo Laurel et Hardy et la croupe de Mae West. On lui doit également l’excellente Femme invisibleThe Invisible Woman (1940). Ce spécialiste du film burlesque se voit confier un drame-fantastique, Au-delà de demain donc, d’après une histoire de Curt Siodmak, habituellement l’auteur attitré des studios Universal pour ses films de monstres.

Egalement connu sous les titres And So Goodbye ou bien encore Beyond Christmas, ce tout petit film, mélange de comédie, de fantastique et de mélodrame est interprété par des comédiens vétérans, Charles Winninger, Maria Ouspenskaya (la grand-mère dans la première version d’Elle et lui de Leo McCarey), C. Aubrey Smith (Tarzan l’homme singe, Rebecca) et Harry Carey (Mr. Smith au sénat). Des « trognes », des natures et surtout de grands talents qui ont multiplié les apparitions depuis le cinéma muet.

Complètement désuet, un brin réac, Au-delà de demain ravit souvent sur la forme, naïve, poétique, quand le récit dévoile l’au-delà et ses fantômes qui déambulent, qui discutent tranquillement de la même manière qu’avant de passer à trépas. En revanche, certains tiqueront sur le fond, prêchi-prêcha, avec sa morale bien-pensante, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, etc. Une belle et grande « leçon » américaine, puritaine, où un simple garçon du Texas, un rancher, peut devenir la nouvelle star à la voix d’or de la chanson que tout le monde s’arrache, à condition qu’il ne se laisse pas tenter par une jeune femme du milieu, forcément démoniaque puisqu’elle met en danger l’idylle du texan avec sa compagne, modèle de pureté.

On pardonne volontiers ces partis pris caressant le spectateur dans le sens du poil, car Au-delà de demain, très populaire sur la terre de l’Oncle Sam, est un film tout à fait charmant, fantaisiste, souvent théâtral dans son dispositif puisque l’action reste quasiment confinée dans la maison cossue dans sa première partie. Le jeune couple incarné par Richard Carlson et l’adorable Jean Parker est attachant et s’en sort pas trop mal face à leurs partenaires qui cabotinent gentiment avec une réelle alchimie.

Avec ses flocons de neige en polystyrène, ses effets visuels sympathiques, ses violons sirupeux, sa belle photographie signée Lester White (Du plomb pour l’inspecteur), sa chorale venant chanter Jingle Bells sous les fenêtres et ses personnages sympathiques, Au-delà de demain est typique du genre de films à découvrir durant les fêtes de fin d’année, un bon chocolat chaud à portée de main et blotti sous une couverture polaire.

LE DVD

Au-delà de demain intègre la collection Classiques et Conte fantastique chez Artus Films. Le menu principal est fixe et musical.

Un aperçu des autres titres disponibles chez Artus Films est proposé comme supplément.

L’Image et le son

Visiblement, le matériel d’Au-delà de demain n’a pas été conservé dans des conditions optimales. Malgré les efforts réalisés par l’équipe de la restauration, de très nombreux défauts subsistent. En effet, l’image n’est jamais stable, reste floutée tout du long, tandis que la gestion des contrastes et du N&B restent totalement aléatoires avec un grain très épais. Il faudra donc être très indulgent puisqu’il semble que l’éditeur ait mis la main sur un master – 1.37, 16/9 compatible 4/3 – déjà très fatigué, pour ne pas dire au bout du rouleau, même si la copie reste finalement assez propre. Si les yeux brûlent un peu en fin de séance avec cet aspect vieille VHS, la rareté du film prime sur le reste, donc nous n’en voulons pas à notre cher éditeur Artus.

Seule la version anglaise mono est disponible avec des sous-titres français non verrouillés. Les craquements et chuintements, mais aucunement gênants, surtout que le souffle est limité. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides, tout comme la musique.

Crédits images : © Artus Films /  Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

Test DVD / Le Carnaval des âmes, réalisé par Herk Harvey

LE CARNAVAL DES ÂMES (Carnival of Souls) réalisé par Herk Harvey, disponible en DVD chez Artus Films le 5 décembre 2017

Acteurs :  Candace Hilligoss, Frances Feist, Sidney Berger, Art Ellison, Stan Levit, Tom McGinnis, Forbes Caldwell…

Scénario : Herk Harvey, John Clifford

Photographie : Maurice Prather

Musique : Gene Moore

Durée : 1h14

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Alors que des jeunes gens jouent à faire la course en voiture, l’auto des filles tombe dans une rivière et les passagères se noient. Seule Mary en réchappe, profondément choquée. Comme elle se rend dans l’Utah pour jouer de l’orgue dans une petite église, elle aperçoit un fantôme au visage cadavérique. Bientôt, elle le voit partout et sent son esprit vaciller. De plus, elle est irrésistiblement attirée par un parc d’attractions désaffecté…

Etrange destin pour un petit film – qui ne l’est pas moins – que celui du Carnaval des âmesCarnival of Souls, réalisé en deux semaines avec une poignée de dollars (30.000 exactement) par Herk Harvey (1924-1996), venu des spots institutionnels et publicitaires, sur un scénario de John Clifford. Aujourd’hui considéré comme une véritable référence du genre fantastique, ce film culte, seul long métrage de fiction du metteur en scène qui ne comptera à son actif que des courts-métrages et des documentaires, a tout d’abord connu un bide retentissant dans les salles – dans les drive-in plutôt – à sa sortie en 1962, avant que certains critiques et professionnels du cinéma ne le citent ouvertement, en particulier dans les années 1980 où il est redécouvert.

Arrêtés à un feu rouge, deux jeunes hommes défient trois jeunes femmes de faire une course improvisée. Les voitures s’élancent mais en passant en trombe sur un vieux pont, la conductrice perd le contrôle du véhicule. Mary est la seule jeune femme sur les trois passagères à s’en sortir miraculeusement. Traumatisée, elle quitte la ville pour rejoindre une église où elle a trouvé du travail en tant qu’organiste mais, sur la route, elle aperçoit un fantôme au visage cadavérique, interprété par Herk Harvey lui-même. Par ailleurs, elle ressent une attirance irrésistible pour un gigantesque parc d’attractions abandonné, qui exerce sur elle un pouvoir qu’elle ne comprend pas. Les apparitions surnaturelles se multiplient, Mary, qui semble être la seule à voir ces êtres étranges, se sent de plus en suivie, voire encerclée.

Film rapide, 74 minutes montre en main, Le Carnaval des âmes peut laisser perplexe tant on a l’impression qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Certes, quelques scènes s’étirent trop en longueur, à l’instar des séquences où un type pas fin drague ouvertement Mary et qui se désespère de voir ses avances rejetées, mais on comprend pourquoi le film de Herk Harvey a su inspirer moult films de genre. Tout d’abord par son traitement brut, qui découle du manque de moyens mis à la disposition du réalisateur. Au-delà du N&B basique et pourtant très beau, la caméra portée insuffle un malaise crescendo, comme si une présence se manifestait constamment auprès de Mary. Harvey distille les apparitions de ses spectres tout au long du film, en surprenant constamment le personnage principal en même temps que les spectateurs. Les décors, en particulier celui du parc d’attractions délabré instaurent un vrai climat angoissant, tandis que Mary erre sans savoir pourquoi elle se sent littéralement appelée par cet endroit insolite.

Ce n’est pas spoiler de dire que la scène finale du bal des fantômes a inspiré le cinéma fantastique et continue de le faire. Et que dire de cet épilogue, avant-gardiste, qui a dû laisser de nombreux spectateurs perplexes et déroutés quand la dépanneuse parvient enfin à sonder le fond boueux de la rivière et à remonter la voiture des jeunes femmes décédées ! Le Carnaval des âmes vaut également pour la présence de la belle Candace Hilligos, dans sa première et par ailleurs rare apparition au cinéma. Attachante, troublante, la comédienne porte cette histoire oppressante sur ses épaules.

Sans effets ostentatoires, ni sang, ni effets chocs, mais usant habilement du langage cinématographique, aussi bien visuel que sonore lorsque Mary n’entend plus rien et ne parvient plus à se faire voir, pour créer un flottement éthéré (renforcé par l’envoûtante partition à l’orgue de Gene Moore) et une ambiance unique, Herk Harvey ne pensait sans doute pas que Le Carnaval des âmes bénéficierait aujourd’hui d’un tel culte. Des cinéastes tels que M. Night Shyamalan, George A. Romero, Stanley Kubrick, Tim Burton, John Carpenter, Christian Petzold et David Lynch n’ont eu de cesse de louer sa poésie macabre et ses mérites, au point de l’avoir cité au moins une fois dans l’un de leurs films. C’est dire son importance.

LE DVD

Après avoir été disponible chez Le Chat qui fume et Wild Side, Le Carnaval des âmes débarque une fois de plus dans les bacs, cette fois sous la houlette d’Artus Films, dans la collection Classiques. Le menu principal est fixe et musical.

La bande-annonce et un aperçu des autres titres disponibles chez Artus Films sont proposés comme suppléments.

L’Image et le son

Le master restauré tient toutes ses promesses et offre aux spectateurs de très belles conditions pour découvrir ce bijou. En dehors de quelques très légers défauts de pellicule qui ont échappé aux outils numériques, la copie est vraiment très propre. Exit les rayures, les tâches, les poussières et autres points noirs et blancs. On pourra sans doute déplorer la quasi-absence du grain original, mais la beauté du N&B subjugue, les contrastes sont équilibrés, la luminosité est admirable, les noirs denses et le rendu des visages est soutenu par un piqué acéré. Même les fondus enchaînés n’entraînent pas de décrochages ! Présenté dans son format 1.37 (16/9 compatible 4/3), Le Carnaval des âmes bénéficie d’une copie très soignée.

Le confort acoustique est largement assuré par la piste mono d’origine. Seule la version anglaise est disponible et il semble peu probable qu’un doublage français existe. Ce mixage affiche une ardeur et une propreté remarquables, créant un spectre phonique suffisant. Les effets et les ambiances sont nets, la musique mise en valeur, sans saturation. L’ensemble demeure homogène, sans souffle et les dialogues solides.

Crédits images : © Artus Films /  Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Cyborg 2087 – Coffret La Guerre des Robots, réalisé par Franklin Adreon

CYBORG 2087 réalisé par Franklin Adreon, disponible en coffret DVD Prestige « La Guerre des Robots » le 6 décembre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Michael Rennie, Karen Steele, Wendell Corey, Warren Stevens, Eduard Franz, Harry Carey Jr., Adam Roarke

Scénario : Arthur C. Pierce

Photographie : Alan Stensvold

Musique : Paul Dunlap

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Le professeur Sigmund Marx a développé une machine permettant de contrôler l’esprit humain. Cependant, en 2087, son invention est détournée de son objectif originel par l’un de ses élèves qui a créé une armée de cyborg permettant la mise en place d’un régime totalitaire. Un cyborg, Garth, qui a réussi à acquérir une brève liberté de pensée, se transporte alors en 1966, afin de convaincre le professeur Sigmund Marx d’abandonner ses recherches. Notre voyageur de temps découvre bientôt qu’il n’est pas seul lorsque des agents du gouvernement du futur tentent de l’empêcher de mener à bien sa mission…

Hmmm…il semblerait qu’un certain James Cameron se soit grandement inspiré de Cyborg 2087 pour son Terminator ! Réalisé en 1966 par Franklin Adreon (1902-1979), ce film de science-fiction contient beaucoup d’éléments qui seront repris par le metteur en scène de Titanic dans ses deux volets de Terminator. En 2087, quelques rebelles envoient un cyborg dans le passé, en 1966, afin qu’il mette la main sur un scientifique, le Professeur Zellar, responsable sans le savoir d’un futur – de leur présent donc – où règne le chaos, où la liberté de pensée a cessé, où l’esprit humain est contrôlé par des dictateurs grâce à la radiotélépathie. Lors de son périple, ce cyborg Garth A7 (Michael Rennie, droit comme un i), organisme cybernétique, commencera à s’humaniser au contact d’une femme, le docteur Sharon Mason (Karen Steele), mais il se fait également poursuivre par d’autres de son espèce. Ces « Traceurs », plus perfectionnés, ont pour mission de lui mettre le grappin dessus et d’éliminer les humains qui lui viendraient en aide.

Alors certes, Cyborg 2087 est un film aujourd’hui redoutablement kitsch et la mise en scène uniquement fonctionnelle et illustrative, mais les troublantes similitudes avec Terminator et Terminator II : Le Jugement dernier (également le cyborg qui montre sa main robotisée comme le T-800) en font une très belle curiosité. Si les décors sont plutôt pauvres et les moyens visiblement limités (le genre étant alors peu considéré par les studios), le scénario est malin, les idées sont nombreuses et exploitées autant que le budget le permettait et l’histoire joue avec les codes d’un genre qui n’a finalement pas beaucoup évolué depuis.

Cyborg 2087 est une série B toujours aussi divertissante, qui contient quelques rebondissements et des scènes d’action bien menées, à l’instar de la poursuite dans la centrale électrique. Si les emprunts à Cyborg 2087 sont évidents pour Terminator, il en est de même pour Mondwest, puisque le Cyborg débarque dans une ville de l’Ouest abandonnée, tel un cowboy sophistiqué, qui se retrouve immédiatement en terrain hostile et se voit malmener par deux hommes et un chien pressés de lui chercher des noises. Pour toutes ces raisons, Cyborg 2087, réalisé au départ pour la télévision, est à (re)découvrir, d’autant plus que le film est encore très sympa et saura aisément contenter les nombreux adeptes de science-fiction vintage.

LE DVD

Cyborg 2087, est pour le moment uniquement disponible dans le coffret DVD La Guerre des Robots disponible chez Artus Films. Sont également disponibles dans ce coffret, Objectif Terre (Target Earth) de Sherman A. Rose (1954), Le Maître du monde – Tobor the Great de Lee Sholem (1954) et The Creation of the Humanoids de Wesley Barry (1962), tous déjà chroniqués dans nos colonnes.

Un premier menu (fixe et muet) nous propose de sélectionner le film à visionner, ici Objectif Terre ou Cyborg 2087. Puis un menu principal fixe et musical nous accueille. En guise d’interactivité, nous trouvons la bande-annonce originale, ainsi qu’un diaporama d’affiches et de photos d’exploitation. Le superbe Digipack – qui comblera les cinéphiles pour Noël – renferme les deux galettes, ainsi qu’un livret de douze pages Alerte aux robots – Le Robot au coeur de l’Age d’or de la SF cinématographique américaine (par Pr Brave Ghoul) et quatre reproductions de lobby cards reprenant les affiches des quatre films disponibles dans ce coffret.

L’Image et le son

En introduction, un panneau indique que le matériel de Cyborg 2087 n’a pas été conservé dans des conditions optimales. Malgré les efforts réalisés par l’équipe de la restauration, de nombreux défauts subsistent. En effet, l’image n’est jamais stable, reste floutée tout du long, tandis que la gestion des contrastes et des couleurs restent totalement aléatoires. Il faudra donc être très indulgent puisqu’il semble que l’éditeur ait mis la main sur un master – 1.37, 16/9 compatible 4/3 – déjà très fatigué, pour ne pas dire au bout du rouleau, même si la copie reste finalement assez propre. Si les yeux brûlent un peu en fin de séance avec cet aspect VHS, la rareté du film prime sur le reste, donc nous n’en voulons pas à notre cher éditeur Artus.

Seule la version anglaise mono est disponible avec des sous-titres français non verrouillés. Les craquements et chuintements, mais aucunement gênants, surtout que le souffle est limité. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides, tout comme la musique de Paul Dunlap (Shock Corridor).

Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / The Creation of the Humanoids – Coffret La Guerre des Robots, réalisé par Wesley Barry

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THE CREATION OF THE HUMANOIDS réalisé par Wesley Barry, disponible en coffret DVD Prestige « La Guerre des Robots » le 6 décembre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Don Megowan, Erica Elliott, Frances McCann, Don Doolittle, David Cross, Richard Vath, Reid Hammond, Malcolm Smith

Scénario : Jay Simms

Photographie : Hal Mohr

Musique : Edward J. Kay

Durée : 1h15

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Dans un monde post-apocalyptique, des robots aident la race humaine mourante en leur donnant des corps androïdes.

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Après plusieurs explosions nucléaires, une voix-off bercée par les notes dissonantes d’un thérémine annonce « Cela s’est produit. La Guerre atomique ». Elle fut très brève et ne dura que 48 heures. En deux semaines, 92 % de la population a disparu, victimes des bombardements et des radiations. Les rescapés se sont lancés dans l’automatisation robotique afin de reconstruire les villes et pour garder un niveau de vie élevé. L’intelligence artificielle a connu un bond en avant, au point que les humanoïdes furent créés. Mais devant cette avancée inattendue, les hommes deviennent hostiles à ces robots ultra-perfectionnés et anthropomorphes, qu’ils traitent avec mépris et qu’ils appellent les « cliqueurs ». Ces robots-humanoïdes au visage bleuté à la Fantômas, au crâne dégarni à la Dr Evil et aux yeux métalliques – maquillages conçus par l’immense Jack Pierce (Frankenstein, Dracula) – sont contrôlés par le Comité de Surveillance de l’Ordre de Chair et de Sang, afin qu’ils demeurent à leur « place ». Malgré les contrôles quotidiens, les robots-humanoïdes préparent l’extermination progressive des êtres humains, en les remplaçant par leurs répliques mécaniques. Et si certains individus ignoraient qu’ils étaient eux-mêmes des humanoïdes ?

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Etrange film que ce The Creation of the Humanoids, réalisé par Wesley Barry (1907-1994) en 1962, qui aura commencé sa carrière en tant qu’acteur, puis qui passera occasionnellement derrière la caméra, mais qui sera principalement assistant-réalisateur jusqu’aux années 1970. D’après un scénario de Jay Simms, auteur du sympathique The Giant Gila Monster de Ray Kellogg (1959) et de Panique année zéro de et avec Ray Milland (1962), ce film de SF vintage interroge sur les rapports de l’homme avec la machine. Bien sous tous rapports et ayant pour seul objectif de protéger l’Homme contre ce qui le menace, les robots vont s’affranchir de leur devise Servir, obéir et protéger l’homme de tout danger, même si finalement ils en viendront à vouloir protéger l’homme contre lui-même en programmant leur extinction. Si le fond est souvent passionnant, The Creation of the Humanoids est aussi et surtout un film très pesant et qui ennuie souvent en raison de dialogues interminables et trop explicatifs.

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Au-delà des décors fauchés et des costumes futuristes qui rappellent les pyjamas de Star Trek et de Cosmos 99, l’intrigue est très théâtrale, comme si elle était composée de plusieurs actes figés, quasiment dans des décors uniques et confinés. Ainsi on passe de la séquence dans le repaire des robots à celle du laboratoire, puis à celle de la conférence, de l’appartement puis à nouveau dans le repaire pour la révélation finale. Certains échanges interpellent, mais ces éléments sont à glaner dans d’interminables logorrhées qui mettent souvent la patience du spectateur à rude épreuve, surtout qu’aucune scène d’action (à part une complètement ratée) ne vient le secouer de temps en temps. De plus, le maquillage des comédiens en robots peut faire sourire tout du long et contraste avec le sérieux de l’entreprise. Car The Creation of the Humanoids a laissé tout humour de côté pour un ton premier degré, afin de sensibiliser l’audience sur ce sujet, quasi-révolutionnaire et novateur pour l’époque.

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Mais la mise en scène demeure figée, tout comme le jeu des comédiens, qui ont l’air d’avoir été placés sur un balai et qui récitent leur texte sans y croire, en particulier Don Megowan (Capt. Kenneth Cragis), dont le visage inexpressif peut à la fois paraître risible et également servir son personnage, dont la nature est révélée dans les cinq dernières minutes. The Creation of the Humanoids n’est pas déplaisant en soi, c’est juste que cette petite série B d’exploitation aux couleurs psychédéliques (que l’on doit au chef opérateur oscarisé Hal Mohr), n’a rien de réellement divertissant. En revanche, ce film se révèle être un traité ambitieux, ambigu et pessimiste sur la nature humaine. Intéressant malgré ses nombreux défauts.

LE DVD

The Creation of the Humanoids, est pour le moment uniquement disponible dans le coffret DVD La Guerre des Robots disponible chez Artus Films. Sont également disponibles dans ce coffret, Objectif Terre (Target Earth) de Sherman A. Rose (1954), Le Maître du monde – Tobor the Great de Lee Sholem (1954) déjà chroniqués dans nos colonnes, et Cyborg 2087 de Franklin Adreon (1966), qui sera testé prochainement.

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Un premier menu (fixe et muet) nous propose de sélectionner le film à visionner, ici Le Maître du monde – Tobor the Great ou Creation of the Humanoids. Puis un menu principal fixe et musical nous accueille. En guise d’interactivité, nous trouvons la bande-annonce originale, ainsi qu’un diaporama d’affiches et de photos d’exploitation. Le superbe Digipack – qui comblera les cinéphiles pour Noël – renferme les deux galettes, ainsi qu’un livret de douze pages Alerte aux robots – Le Robot au coeur de l’Age d’or de la SF cinématographique américaine (par Pr Brave Ghoul) et quatre reproductions de lobby cards reprenant les affiches des quatre films disponibles dans ce coffret.

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L’Image et le son

Cela commence assez mal avec des tâches et des points partout, une image qui tremble, un grain hasardeux, un manque de netteté qui fait venir les larmes aux yeux, des couleurs ternes et de multiples effets de pompage. Heureusement, le master s’arrange peu après et parvient à trouver un équilibre convenable. Les teintes baves très légèrement, le piqué est doux et la propreté est plus évidente. La gestion des contrastes s’avère plus ferme, tout comme la gestion de la patine argentique.

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Seule la version anglaise est disponible avec des sous-titres français non verrouillés. Les craquements, chuintements et le souffle sont plutôt rares. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides, tout comme la musique électronique réalisée au thérémine.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Le Maître du monde (Tobor the Great) – Coffret La Guerre des Robots, réalisé par Lee Sholem

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Le Maître du monde (Tobor the Great) réalisé par Lee Sholem, disponible en coffret DVD Prestige « La Guerre des Robots » le 6 décembre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Charles Drake, Karin Booth, Billy Chapin, Taylor Holmes, Steven Geray, Henry Kulky, Franz Roehn, Hal Baylor

Scénario : Philip MacDonald

Photographie : John L. Russell

Musique : Howard Jackson

Durée : 1h14

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

A l’ère de la conquête spatiale, le Dr. Ralph Harrison, en charge d’un projet de mission spatiale, démissionne de la Commission Interplanétaire Fédérale Civile, en refusant que des humains soient utilisés comme pilotes-cobayes, lors des tests de prototypes de fusées. Il est contacté par le Professeur Arnold Nordstrom qui lui propose de travailler avec lui sur Tobor, un robot destiné à aller dans l’espace. Un espion s’introduit dans la conférence de presse visant à présenter Tobor aux reporters. Après une tentative infructueuse de voler les plans de conception de Tobor, l’espion et ses complices enlèvent Nordstrom et son petit-fils. Tobor pourra-t-il les tirer de cette fâcheuse posture ?

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« C’est une histoire du futur, mais un futur proche » nous indique la géniale (et sérieuse) exposition de Tobor the Great, connu chez nous sous le titre Le Maître du monde – on se demande d’ailleurs pourquoi, y compris l’affiche qui ne représente en rien le film – ou bien encore Tobor le Grand en Belgique. Réalisé en 1954 par Lee Sholem (1913-2000), metteur en scène de Tarzan et la fontaine magique (1949) et Tarzan et la belle esclave (1950) avec Lex Barker dans le rôle-titre, sans oublier Superman et les nains de l’enfer (1951) avec George Reeves, Le Maître du monde explique d’emblée au spectateur que la course à l’espace est devenue l’une des priorités de toutes les nations du monde. A cette occasion, le gouvernement américain a créé la Commission Civile des Voyages Interplanétaires, dont les essais sont financés par le Congrès.

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Une explosion atomique nous rappelle que la Seconde Guerre mondiale est encore dans les mémoires et que les avancées scientifiques, techniques et technologiques ont connu un bond en avant sans précédent. Les recherches concernent les nouveaux matériaux fissiles, les alliages non fissiles et surtout les navigations spatiales, l’astrophysique et l’aérodynamique. Mais alors qu’en est-il du facteur humain ? C’est là qu’intervient le Dr. Ralph Harrison (Charles Drake), qui rejette tous les tests effectués sur les pilotes destinés à envoyer un homme dans l’espace en raison de tous les risques que cela comporte. A la suite d’un énième test d’un pilote harnaché dans une centrifugeuse, il démissionne. Harrison est alors soutenu dans ses positions par l’éminent Professeur Arnold Nordstrom (Taylor Holmes) qui souhaite alors l’engager pour travailler à ses côtés sur un projet révolutionnaire. Dans son atelier bourré de gadgets, Nordstrom a mis au point un robot doté d’une intelligence artificielle et de la capacité à ressentir les émotions (amour, amitié, hostilité), qu’il a baptisé Tobor (comprenez Robot écrit à l’envers). Ce robot sera destiné à prendre la place des pilotes humains dans les fusées envoyées dans l’espace.

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Nordstrom vit avec sa fille Janice (Karin Booth) et son petit-fils Gadge (Billy Chapin), le père de ce dernier étant décédé durant la guerre de Corée. Gadge est un enfant surdoué, passionné par la science et les travaux de son grand-père. Après avoir finalisé leur robot, Nordstrom et Harrison décident de présenter à la presse le fruit de leurs recherches. Mais Tobor attire bien vite les convoitises et quelques espions, probablement russes, décident de s’en emparer.

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Le Maître du monde – Tobor the Great est le prototype même de la série B SF vintage que les cinéphiles chérissent tout particulièrement. Le charme désuet de ce petit film repose sur un scénario malin écrit par le solide Philip MacDonald (La Patrouille perdue de John Ford, La Fiancée de Frankenstein de James Whale, Rebecca d’Alfred Hitchcock, Le Récupérateur de cadavres de Robert Wise) qui compile les éléments fantastiques alors à la mode : conquête spatiale, nouvelles technologies, fascination des robots et de l’intelligence artificielle. Certes, le spectateur d’aujourd’hui devra accepter certains éléments bien naïfs, mais Le Maître du monde – Tobor the Great n’a absolument rien perdu de son pouvoir divertissant, malgré son budget visiblement modeste (d’où l’usage de stock-shots), et demeure l’un des premiers films du genre à montrer l’amitié entre un enfant et un robot qui tape à la machine à écrire et qui s’entraîne à piloter sur ce qui s’apparente à un jeu d’arcade ! Les comédiens Charles Drake (Harvey, Le Météore de la nuit), Karin Booth (La Danse inachevée), le jeune Billy Chapin (La Nuit du chasseur) et Taylor Holmes (Les Hommes préfèrent les blondes) sont tous très attachants et nous font croire à cette histoire déjà marquée par l’espionnage industriel.

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Le spectacle s’adresse tout aussi bien aux enfants, qui se reconnaîtront dans le personnage de Gadge qui devient « ami » avec le robot (ou un simulacre d’homme électronique comme le préfère l’inventeur), qu’aux adultes cinéphiles adeptes de SF. Ces derniers ne manqueront pas de dresser un parallèle entre la présentation de Tobor à la presse, avec la séquence de RoboCop de Paul Verhoeven, lors de la première mise en route du ED 209. Mais bon, la conclusion n’est pas la même on vous rassure. Après la sortie du film sur les écrans, les producteurs ont essayé de vendre le robot Tobor à la télévision. Si un épisode pilote a été tourné, la série Here Comes Tobor prévue sera finalement avortée.

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LE DVD

Le Maître du monde – Tobor the Great, est pour le moment uniquement disponible dans le coffret DVD La Guerre des Robots disponible chez Artus Films. Sont également disponibles dans ce coffret, Objectif Terre (Target Earth) de Sherman A. Rose (1954) déjà chroniqué dans nos colonnes, Creation of the Humanoids de Wesley Barry (1962) et Cyborg 2087 de Franklin Adreon (1966), qui seront chroniqués prochainement.

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Un premier menu (fixe et muet) nous propose de sélectionner le film à visionner, ici Le Maître du monde – Tobor the Great ou Creation of the Humanoids. Puis un menu principal fixe et musical nous accueille. En guise d’interactivité, nous trouvons la bande-annonce originale, ainsi qu’un diaporama d’affiches et de photos d’exploitation. Le superbe Digipack – qui comblera les cinéphiles pour Noël – renferme les deux galettes, ainsi qu’un livret de douze pages Alerte aux robots – Le Robot au coeur de l’Age d’or de la SF cinématographique américaine (par Pr Brave Ghoul) et quatre reproductions de lobby cards reprenant les affiches des quatre films disponibles dans ce coffret.

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L’Image et le son

A l’instar du master d’Objectif Terre, la copie – 1.37 – 16/9 compatible 4/3 – du Maître du monde s’avère plutôt propre et stable, en dehors de quelques tâches, points, poussières et rayures, surtout durant l’introduction. Sinon, le N&B est honnête avec des blancs clairs et des noirs solides. La gestion du grain original est un peu plus aléatoire, surtout sur les stock-shots supposés représenter les avancées dans la course à l’espace. En dehors de quelques plans flous, le confort demeure assuré et participe à la (re)découverte de cette série B.

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Le film de Lee Sholem bénéficie d’un doublage français. Au jeu des comparaisons avec la version originale, la piste française (au doublage rétro et réussi) s’avère grinçante et grésille quelque peu, même si le volume des voix y est plus élevé. Si elle manque peut-être d’intelligibilité, la piste anglaise s’avère plus homogène dans son rendu, notamment au niveau des effets sonores. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Objectif Terre (Target Earth) – Coffret La Guerre des Robots, réalisé par Sherman A. Rose

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OBJECTIF TERRE (Target Earth) réalisé par Sherman A. Rose, disponible en coffret DVD Prestige “La Guerre des Robots” le 6 décembre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Richard Denning, Kathleen Crowley, Virginia Grey, Richard Reeves, Robert Roark, Mort Marshall, Arthur Space, Whit Bissell, James Drake

Scénario : William Raynor, ,James H. Nicholson, Wyott Ordung d’après la nouvelle The Deadly City de Paul W. Fairman

Photographie : Guy Roe

Musique : Paul Dunlap

Durée : 1h11

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Une grande ville a été entièrement évacuée. Une force extra-terrestre venue de Vénus composée de robots l’a envahie et a réduit l’humanité à néant ! Frank et une poignée d’autres personnes se réveillent dans une ville déserte. Non seulement ils vont devoir échapper aux patrouilles de robots, mais ils vont également devoir faire face à un psychopathe qui s’est joint à eux. Pendant ce temps-là, les scientifiques sont entrés dans une folle course contre la montre pour tenter de sauver la Terre de l’annihilation…

target-eath2Voilà typiquement le genre de film que l’auteur de ces mots adore visionner à l’approche des fêtes de fin d’année. Cela lui rappelle son adolescence, quand à plus de minuit il se blottissait dans une couverture, vautré dans le canapé et qu’il enchaînait ces séries B jusqu’à l’aube pendant les vacances de Noël. Disponible dans le coffret édité chez Artus Films “La Guerre des Robots” avec trois autres films du même acabit, Objectif Terre – Target Earth, réalisé par Sherman A. Rose en 1954 et coécrit par Wyott Ordung (Le Pionnier de l’espace) d’après la nouvelle Deadly City de Paul W. Fairman publiée en 1953 dans un magazine SF, est un tout petit film où quelques d’individus se réveillent dans une ville américaine (on nous montre Los Angeles vue du ciel, mais l’action est supposée se dérouler à Chicago) où ils sont visiblement les seuls survivants. Aucune voiture dans les rues, les radios sont coupées, tout comme l’électricité et l’eau courante. Si visiblement cela ne les inquiète pas trop – même les personnages féminins gardent le sourire en s’accrochant à leur sac à main – ils vont vite se rendre compte que la ville est en réalité envahie par une armée d’une centaine de robots extraterrestres. En fait, nous n’en verrons qu’un en activité (bah oui, faute de budget), qui s’apparente à un assemblage de cartons passés à la couleur métallisée, avec un gyrophare meurtrier en guise de tête et qui adopte la même démarche que la créature de Frankenstein.

target-eath4target-eath5La résistance (passive) s’organise en faisant un gueuleton ou en ouvrant des bouteilles de Bollinger 1948, en jouant du piano et en piquant un petit roupillon. Pendant ce temps, l’armée, qui a visiblement mal fait son boulot en oubliant certains habitants lors de l’évacuation, se met à la recherche du point faible des robots. Cela pourrait-il venir du tube cathodique situé dans leur tête ? Nos héros réussiront-ils à s’en sortir ?

target-eath6target-eath7Les robots exterminateurs semblent venir de Vénus comme l’indique un des personnages principaux, qui étaye d’ailleurs sa théorie à l’aide de nombreux arguments contre lesquels il est difficile de s’opposer. Dans ce groupe, il y a Nora (Kathleen Crowley), jeune femme qui se réveille brutalement en début d’après-midi. Elle croyait d’ailleurs ne jamais rouvrir les yeux puisqu’elle avait pris une dose massive de somnifères pour en finir avec la vie. Bon, puisqu’elle se réveille et que son plan a visiblement échoué, elle se lève tranquillement, le temps pour les spectateurs de l’époque d’admirer sa nuisette. Mais Nora découvre très vite que ses voisins ne répondent pas et que les rues paraissent étonnamment calmes. Excellente exposition avec un décor et une ambiance inquiétante. Puisque c’est ainsi, Nora s’en va flâner nonchalamment, même si les magasins s’avèrent déserts. C’est alors qu’elle tombe sur le cadavre d’une femme. Elle crie. Un homme débarque. Nora pense qu’il l’a tuée et s’enfuit en moulinant des bras. L’homme, Frank (Richard Denning), la rattrape très vite, tente de lui dire qu’il n’a rien à voir avec ce meurtre. Nora est vite soulagée, surtout après qu’il lui ait collé une belle baffe pour la résonner. D’autant plus que Frank est bel homme, alors comment a-t-elle pu croire une chose pareille ! Pourquoi ne pas continuer la promenade à deux ? Frank et Nora font connaissance comme si de rien n’était alors que tout est désert. Enfin presque tout. Ils entendent un air de piano provenant d’un restaurant. Ils entrent. Un homme (Richard Reeves) et une femme (Virginia Grey), éméchés, entourés de bouteilles de champagne et de victuailles, ont décidé de faire la fête. Frank et Nora se joignent rapidement à eux et festoient. C’est alors que l’ombre d’un robot géant fait son apparition sur la façade d’un building. Cette fois, ils prennent peur et partent se réfugier dans l’immeuble en face.

target-eath8target-eath9Formidable série B surannée, dynamique (à la base Sherman A. Rose était monteur), produite en toute indépendance par Herman Cohen, futur producteur de I Was a Teenage Werewolf, I Was a Teenage Frankenstein et Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur, tournée en seulement sept jours avec un budget inférieur à 100.000 dollars (et l’aide de stock-shots), Objectif Terre – Target Earth fera encore aujourd’hui le bonheur des cinéphiles adeptes des mini-films SF qui pullulaient alors sur les écrans dans les années 1950. Si les apparitions du robot au rayon laser sont finalement très limitées, Objectif Terre reste bien divertissant, kitsch à souhait, plaisant et surtout très attachant.

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LE DVD

Objectif Terre – Target Earth, est pour le moment uniquement disponible dans le coffret DVD La Guerre des Robots disponible chez Artus Films. Sont également disponibles dans ce coffret, Le Maître du Monde (Tobor le Grand) de Lee Sholem (1954), Creation of the Humanoids de Wesley Barry (1962) et Cyborg 2087 de Franklin Adreon (1966), qui seront chroniqués prochainement.

71m-seikzyl-_sl1200_Un premier menu (fixe et muet) nous propose de sélectionner le film à visionner, ici Objectif Terre – Target Earth ou Cyborg 2087. Puis un menu principal fixe et musical nous accueille. En guise d’interactivité, nous trouvons la bande-annonce originale, ainsi qu’un diaporama d’affiches et de photos d’exploitation. Le superbe Digipack – qui comblera les cinéphiles pour Noël – renferme les deux galettes, ainsi qu’un livret de douze pages Alerte aux robots – Le Robot au coeur de l’Age d’or de la SF cinématographique américaine (par Pr Brave Ghoul) et quatre reproductions de lobby cards reprenant les affiches des quatre films disponibles dans ce coffret.

target-eath12L’Image et le son

C’est pas mal du côté de l’image. La copie – 1.66 – 16/9 compatible 4/3 – est plutôt propre et stable. Les tâches, points et griffures sont assez rares, le N&B est honnête avec des blancs clairs et des noirs solides. La gestion du grain original est un peu plus aléatoire, surtout sur les stock-shots supposés représenter les forces de l’armée qui se préparent à contre-attaquer et les quelques plans tournés à la sauvette puisque la production n’avait pas demandé l’autorisation pour certaines prises de vue. Le confort est assuré et participe à la (re)découverte de cette excellente série B.

vlcsnap-2016-12-02-10h10m43s62Même chose en ce qui concerne l’acoustique, de fort bon niveau et peu marquée par quelques parasites imputables aux conditions de conservation ou tout simplement aux affres du temps. Les sous-titres français ne sont pas verrouillés et seule la version originale Dolby Digital mono est proposée ici. Les dialogues sont clairs et distincts, la musique dynamique, tout comme les effets sonores à l’instar du clic-clic de la démarche du robot ou de son rayon meurtrier.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test DVD / Le Trésor des Collines rouges, réalisé par Frank McDonald

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LE TRESOR DES COLLINES ROUGES (Treasure of Ruby Hills) réalisé par Frank McDonald, disponible en DVD le 4 octobre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Lee Van Cleef, Zachary Scott, Carole Mathews, Barton MacLane, Dick Foran, Lola Albright

Scénario : Tom Hubbard, Fred Eggers d’après la nouvelle de Louis L’Amour

Photographie : John J. Martin

Musique : Edward J. Kay

Durée : 1h10

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Deux propriétaires terriens concurrents veulent posséder la mainmise totale sur la région de Ruby Hills. Se faisant la guerre par tous les moyens, l’un et l’autre devront également affronter le propriétaire de la source alimentant toute la vallée.

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Le prolifique cinéaste Frank McDonald (1899-1980) se distingue par la longévité et l’éclectisme de sa carrière avec près de 145 films et séries télévisées réalisés sur une trentaine d’années. Dès le cinéma muet, il se spécialise dans les westerns et films d’aventures, avec parfois huit longs métrages mis en scène la même année ! Les producteurs lui confient des budgets modestes et Frank McDonald s’en acquitte grâce à beaucoup d’ingéniosité. C’est le cas du Trésor des collines rouges, réalisé en 1955, adapté d’une nouvelle de Louis L’Amour (1908-1988), écrivain et auteur principalement de westerns. Tourné dans les studios KTTV dans des décors honnêtes mais limités, Treasure of Ruby Hills est un petit western bien sympathique et délicieusement vintage. Certes, il ne faut pas s’attendre à des affrontements violents et une histoire alambiquée, mais Le Trésor des collines rouges est typique du western tourné à la chaîne, qui sait contenter le spectateur lambda désireux de passer un petit peu de temps dans le grand Ouest. Les cowboys s’apparentent à des playmobiles munis d’une pétoire à pétards, qui déambulent dans une ville faite de trompe-l’oeil ou de façades factices. Mais l’histoire tient la route et va à l’essentiel, surtout que le film ne dure que 70 minutes montre en main.

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Zachary Scott (Le Roman de Mildred Pierce, L’Homme du Sud) porte le film sur ses épaules (et sa moustache à la Clark Gable), le sourcil relevé, le rictus ironique qui semble indiquer « il faut pas me la faire », tout en emballant Carole Mathews et en flinguant ceux qui voudraient bien s’emparer de la source d’eau (le trésor du titre) dont il est propriétaire. Les dialogues sont secs et la mise en scène renvoit souvent à l’époque du cinéma muet, durant laquelle le cinéaste a fait ses classes, à l’instar des plans de « réaction » des personnages avant que ceux-ci n’en viennent aux mains ou aux colts. C’est le cas de Lee Van Cleef, âgé de trente ans, qui promène son visage émacié depuis quelques films seulement. Frank McDonald semble conscient du charisme atypique du jeune comédien et prend son temps pour filmer son visage aux traits ambigus, malgré ses deux petites scènes.

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Le Trésor des collines rouges est un western distrayant de série B, qui ne cherche pas à en mettre plein la vue, certes prévisible, mais généreux envers ses spectateurs puisque le réalisateur leur apporte tout ce qu’ils sont venus chercher en matière de règlements de comptes, amourette, pression psychologique, cavalcades, gunfights et punchlines.

LE DVD

Le DVD du Trésor des Collines rouges, édité chez Artus Films, repose dans un boîtier Amaray classique. La jaquette, estampillée Les Grands classiques du western, est très attractive avec un visuel élégant du plus bel effet. Le menu principal est fixe et musical.

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Dessinateur et scénariste français de bandes dessinées, Georges Ramaïoli présente Le Trésor des Collines rouges de Frank McDonald (15’) en abordant tout d’abord la très longue carrière du réalisateur (près de 150 films et séries répertoriés sur IMDB), puis celle des comédiens principaux. Cela manque un peu d’entrain et notre interlocuteur s’égare parfois en entrant dans la vie privée des acteurs, mais cet exposé n’est pas inintéressant.

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Cette section se clôt sur un diaporama de photos et d’affiches d’époque et de plusieurs bandes-annonces.

L’Image et le son

Le master (1.37, 16/9 compatible 4/3) présente encore un lot de défauts, rayures verticales, raccords de montage, tâches, poussières, mais l’image trouve très vite un équilibre convenable, d’autant plus que l’ensemble est plutôt stable. Le Trésor des Collines rouges est proposé dans un style Cinéma de minuit avec quelques fourmillements et plans flous. Si l’image n’est évidemment pas extraordinaire avec un N&B aux contrastes légers et des séquences plus altérées que d’autres avec un grain plus hasardeux, voir le film de Frank McDonald dans ces conditions rajoute au style rétro.

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Seule la version originale est disponible et se révèle heureusement riche et plutôt propre. La musique est joliment restituée bien qu’un peu chuintante, certains légers craquements persistent, le report des voix est appréciable, évite toutes saturations exagérées et l’ensemble est au final suffisamment dynamique. Seule une séquence à la 12e minute a visiblement plus subi les affres du temps avec un souffle plus marqué et des échanges sourds.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard