Test Blu-ray / Les Centurions, réalisé par Mark Robson

LES CENTURIONS (Lost Command) réalisé par Mark Robson, disponible en DVD et combo Blu-ray+DVD le 7 novembre 2017 chez Sidonis Calysta

Acteurs :  Anthony Quinn, Alain Delon, George Segal, Michèle Morgan, Claudia Cardinale, Maurice Ronet, Grégoire Aslan, Jean Servais…

ScénarioNelson Gidding d’après le roman de Jean Lartéguy

Photographie : Robert Surtees

Musique : Franz Waxman

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Fait prisonnier en Indochine en 1954, le lieutenant-colonel Raspéguy, qui avait auprès de lui les jeunes capitaines Esclavier et Boisfeuras et le lieutenant d’origine arabe Mahidi, supporte mal l’humiliation de la défaite. Relevé de son commandement pour insubordination, il obtient, grâce à la comtesse de Clairefons, un nouveau poste, cette fois-ci en Algérie…

Quand Hollywood se penche sur l’Histoire française. Si Mark Robson (1913-1978) est un réalisateur inégal, il n’en demeure pas moins un très bon artisan et technicien. Ancien monteur de Jacques Tourneur sur La Féline et Vaudou, mais aussi d’Orson Welles sur La Splendeur des Amberson, ses meilleurs opus demeurent La Septième victime, Plus dure sera la chute (l’un des plus beaux rôles d’Humphrey Bogart), Le Champion, L’Express du colonel Von Ryan, La Vallée des poupées et même Tremblement de terre, un des fleurons du genre catastrophe dans les années 1970. S’il n’est pas un grand film de guerre, Les CenturionsLost Command (1966) reste non seulement l’un des films les plus connus de Mark Robson, mais également un très bon divertissement emblématique du savoir-faire, ainsi que de l’éclectisme du cinéaste.

Après la déroute de Diên Biên Phu et quatre mois de captivité en Indochine, le lieutenant-colonel Raspeguy (Anthony Quinn), secondé par ses fidèles camarades, obtient grâce à l’influence de la comtesse de Clairefons, veuve d’un de ses hommes tué en Indochine, le commandement du dixième régiment de parachutistes en Algérie, Les Lézards, où des troubles viennent d’éclater. Mais, très vite, des conflits, tant idéologiques que stratégiques, éclatent entre ses amis de toujours. Ainsi, Ben Mahidi, l’un de ses anciens officiers passé à la rébellion, a rejoint les rangs du FLN. Il est d’ailleurs devenu le chef des rebelles terroristes.

Ainsi donc, le cinéma américain décide de s’inspirer des guerres de décolonisation. C’est sans doute pour cela que le film est encore aujourd’hui plutôt mal vu dans nos contrées, en dépit d’un gros succès populaire à sa sortie avec 4,3 millions de spectateurs. Les Centurions est la libre adaptation du roman de Jean Lartéguy publié en 1960, par le scénariste Nelson Gidding (Le Coup de l’escalier, La Maison du diable, Le Mystère Andromède). Ancien soldat volontaire en 1939, officier dans les commandos d’Afrique au sein de l’armée française de la Libération, puis blessé en Corée, plusieurs fois décoré (Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, Croix de guerre TOE), Jean Lartéguy a connu la guerre de près, puis devient correspondant de guerre pour Paris Match, pour ensuite devenir grand reporter à Paris-Presse à partir de 1952. Il reçoit le Prix Albert-Londres en 1955. L’un de ses sujets de prédilection est la décolonisation, qu’il a longtemps traitée à travers de multiples reportages. Les Centurions, vendu à plus d’un million d’exemplaires, est son roman le plus célèbre et inspiré de son propre vécu en Algérie.

Le personnage du lieutenant-colonel Raspéguy est fortement inspiré de Marcel Bigeard, dont le nom reste associé aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Qui de mieux qu’Anthony Quinn pour incarner un soldat buriné ? De par sa stature, son charisme imposant et son timbre grave, le comédien n’a que peu à faire pour incarner l’autorité. L’histoire d’un simple berger du Pays basque qui s’est fait tout seul et grimpé les échelons, en devenant un vrai meneur d’hommes. Production internationale, Les Centurions convoque quelques comédiens français prestigieux, Alain Delon, Maurice Ronet, Jean Servais, Jacques Marin, sans oublier le charme sensuel de Claudia Cardinale. Le duo Quinn-Delon fonctionne très bien, le premier dans le rôle du militaire qui obéit aveuglément aux ordres, dans le but de grimper l’échelle sociale, tandis que l’autre tombe amoureux sans le savoir de la sœur de Mahidi et supporte de moins en moins les pratiques répressives douteuses de ses compagnons d’armes, en particulier l’usage de la torture. Ou comment une histoire d’amitié est gangrenée par le sens du devoir.

Difficile pour Mark Robson de concilier à la fois le divertissement grand public et de rester attacher aux faits tels qu’ils se sont passés. Pourtant, même si le film paraît continuellement hésiter quant au point de vue à adopter, le réalisateur s’en tire fort honorablement en ne prenant finalement pas parti, mais en montrant les deux côtés de la barrière. Si l’on peut déplorer que Mahidi et ses troupes ne soient pas interprétés par des acteurs maghrébins, que le récit prenne forcément quelques libertés avec l’Histoire (mais il ne s’agit pas d’un documentaire) et bien sûr que tout ce beau monde s’exprime dans la langue de Shakespeare, Les Centurions peut compter sur une mise en scène dynamique, un montage vif et surtout de gros moyens pour plonger les spectateurs dans des scènes d’affrontements particulièrement explosifs.

Il serait dommage de ne pas saluer l’entreprise des Centurions, surtout que le personnage d’Alain Delon, qui pourrait passer pour le beau gosse de service sans conscience ni morale, se révèle être le plus humain et réfléchi, face à un Maurice Ronet jusqu’au-boutiste qui ne crache pas sur les moyens les plus abjects pour faire parler l’ennemi. On est donc loin d’un film à la gloire des paras comme certains ont pu le clamer, même si l’on est clairement dans le domaine de la série B gonflée aux hormones.

LE BLU-RAY

Le test de l’édition Haute-Définition des Centurions, disponible chez Sidonis Calysta, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Seul à bord, Patrick Brion prend la défense des Centurions au cours de sa présentation (21’). L’historien du cinéma indique que cette adaptation du roman de Jean Lartéguy, dont il dresse d’ailleurs le portrait, est encore curieusement mal considérée en France. Patrick Brion avance donc des arguments pour soutenir le film de Mark Robson en indiquant que la France est un pays qui a toujours été dans l’incapacité à regarder, à assumer et à parler de sa propre Histoire, et surtout qu’elle a toujours vu d’un mauvais œil qu’un autre pays se permette de le faire. L’historien dresse rapidement un panel de films engagés (R.A.S. d’Yves Boisset) ou plus classiques (Diên Biên Phu de Pierre Schoendoerffer), ainsi que la poignée de films sur la Première Guerre mondiale, avant de se pencher plus sur Les Centurions, dont il dit à plusieurs reprises qu’il s’agit d’un film «très juste et objectif».

L’interactivité se clôt sur une galerie de photos, la bande-annonce et un petit making of d’époque (4’30), en N&B et qualité médiocre, qui insiste sur l’investissement des comédiens dans les scènes d’action réalisées dans des conditions difficiles. C’est aussi l’occasion d’apercevoir Anthony Quinn réaliser son célèbre sirtaki de Zorba le Grec devant ses camarades.

L’Image et le son

Jusqu’alors disponible en DVD chez Sony Pictures, Les Centurions se refait une beauté en Haute-Définition grâce aux bons soins de Sidonis Calysta. Le cadre large retrouve de sa superbe, la clarté est de mise, la restauration de haut niveau et le grain original conservé. Le générique en ouverture semble plus grumeleux, mais cela s’arrange après. En revanche, les contours des visages restent flous, comme si la mise au point n’arrivait pas à se faire. Quelques baisses de la définition sporadiques émaillent cette édition, tout comme une gestion aléatoire des contrastes, ainsi que des pixels (36’40) avec une saute d’image. Le piqué est en revanche vif et acéré sur les séquences diurnes et le relief est très appréciable.

L’éditeur propose les versions anglaise et française en DTS-HD Master Audio Mono 2.0. Cette dernière bénéficie d’un doublage old-school très réussi (les acteurs français se doublent eux-mêmes), et le report des voix s’avère plus mordant qu’en version originale. Sur les deux pistes, les effets annexes sont ardents, surtout sur les séquences d’affrontements avec les rafales et les explosions à foison. Dynamiques et vives, tout comme le score de Franz Waxman, les deux options acoustiques ne déçoivent pas.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Security, réalisé par Alain Desrochers

SECURITY réalisé par Alain Desrochers, disponible en DVD et Blu-ray le 17 octobre 2017 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs :  Antonio Banderas, Ben Kingsley, Liam McIntyre, Gabriella Wright, Chad Lindberg, Cung Le, Yana Marinova, Mark Rhino Smith…

ScénarioJohn Sullivan, Tony Mosher

Photographie : Anton Bakarski

Musique : FM Le Sieur

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Une fillette doit témoigner contre la mafia qui envoie un commando attaquer le fourgon où elle se trouve pour la tuer. Mais l’opération tourne mal et la fillette trouve refuge la nuit dans un centre commercial. Cinq vigiles surveillent le lieu. L’un d’entre eux est un ancien militaire expérimenté. L’affrontement peut commencer !

Antonio Banderas n’a jamais arrêté de tourner. Le comédien espagnol n’aura eu de cesse d’alterner les apparitions chez des pointures (Brian De Palma, Woody Allen, Pedro Almodóvar, Jean-Jacques Annaud, Steven Soderbergh, Terrence Malick), tout en restant fidèle à Robert Rodriguez (6 films ensemble depuis Spy Kids) et en prêtant sa voix au Chat Potté sur 4 longs et 4 courts métrages. Le reste du temps, l’ancien Zorro et Desperado passe d’une production destinée au marché de la vidéo à l’autre, dans le but évident de payer sa villa à Los Angeles. Toujours est-il qu’en dehors d’une participation ratée dans le troisième (et mauvais) Expendables de Patrick Hughes, l’acteur né à Málaga a toujours su rester pro et n’a que très rarement déçu depuis ses débuts. Après Autómata de Gabe Ibáñez en 2014, très bonne proposition de science-fiction malheureusement passée inaperçue puisque le film n’a été distribué qu’en DVD et Blu-ray, Antonio Banderas revient à l’action avec Security, petite production, mais également petite surprise fort bien accueillie à sa sortie dans les bacs grâce à un excellent bouche-à-oreille.

Eddie, vétéran des forces spéciales souffrant de stress post-traumatique accepte un poste de vigile dans un centre commercial. Durant sa première nuit de travail, il ouvre les portes à une jeune fille muette de peur qui cherche un refuge. Un homme élégant et raffiné se présente alors et offre un million de dollars en échange de l’adolescente tandis qu’un groupe de mercenaires encercle le bâtiment. Eddie refuse, ce qui signe son arrêt de mort, ainsi que celui de ses collègues (Liam McIntyre, Chad Lindberg, Gabriella Wright) et de la petite fille (Katherine le la Rocha). L’ancien militaire va alors organiser la résistance au sein du magasin, en usant de talkie-walkie pour enfants (les téléphones portables sont HS), d’une voiture télécommandée, de quelques armes dont ils disposent (un taser), d’un peu de courage et surtout de système D. Et c’est parti pour 90 minutes de pur divertissement !

Le cinéaste et scénariste québécois Alain Desrochers a fait ses classes dans le domaine du clip vidéo puis dans la publicité avec une centaine de spots à son actif. Il se fait également la main à la télévision pour quelques séries dont The Hunger, produite par Ridley et Tony Scott, avant de signer son premier long métrage en 2000, La Bouteille. Depuis, Alain Desrochers partage sa carrière entre le cinéma et la télévision. Security est sa première production américaine, même si le film a entièrement été tourné…en Bulgarie, spécialité des gars de Millennium Films. Même si l’on imagine que le budget ne devait pas être faramineux, Alain Desrochers fait preuve d’un réel savoir-faire et Security s’avère une bonne série B, solidement réalisée et interprétée. Antonio Banderas fait le boulot comme au bon vieux temps (celui des années 80-90 pour les plus jeunes), bourru mais tendre avec la gamine, qui déclame ses tirades en mangeant sa barbe (on parle bien d’Antonio hein), avec ses deux flingues en main. Son rival n’est autre que Sir Ben Kingsley. L’acteur britannique campe un mafieux bien décidé à flinguer tous ceux qui pourraient lui causer des ennuis, peu importe s’il s’agit d’une petite fille en détresse.

Le décor (très artificiel) offre un terrain de jeu sympathique, bien exploité par le réalisateur, ça canarde, ça explose, ça saigne, ça se bastonne, le contrat est rempli, sans pour autant prendre les spectateurs pour des abrutis grâce à une histoire certes standard, mais qui tient la route grâce à un rythme soutenu. Security est un film fun, bourré de références (Les Ailes de l’enfer, Assaut) et on aimerait voir d’autres thrillers du même acabit aussi réussis.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Security, disponible chez Metropolitan Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal paraît fauché, puisque fixe et muet. Mention spéciale à la jaquette qui indique « Ben Kingsley, inoubliable interprète de Gandhi, qui abandonne la non-violence » !

Petite sortie technique, Security ne dispose que d’un making of minuscule (8’) en guise de supplément. Promotionnel, ce module donne la parole aux producteurs, au réalisateur et aux comédiens, qui ne font que présenter l’histoire et les personnages. Quelques images de tournage entre deux interviews redonnent un peu d’intérêt à l’ensemble.

L’interactivité se clôt sur des bandes-annonces et des liens internet.

L’Image et le son

Le Blu-ray de Security est au format 1080p. Cette édition s’avère très soignée avec une propreté assurée, des couleurs sombres puisque le film ne se déroule essentiellement que de nuit dans le centre commercial aux lumières éteintes. La photo froide est soignée et les partis pris bien restitués. Le piqué est aléatoire, mais s’en tire honorablement, la gestion des contrastes est solide, même si nous pouvions attendre plus de détails sur le cadre large. Heureusement, l’encodage AVC consolide l’ensemble avec brio et toutes les séquences tournées en extérieur sont très belles. Un DTV bien choyé et à la définition riche.

Les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1 assurent pour instaurer un confort acoustique ample et plaisant. La musique composée par FM Le Sieur (pas d’erreurs) est systématiquement spatialisée grâce au soutien énergique des latérales. Si les dialogues auraient mérité d’être un peu plus relevés sur la centrale en version originale, ils sont heureusement toujours nets et précis, la balance frontale est puissante et le caisson de basses utilisé à bon escient à l’instar de l’attaque durant la tempête, l’accident et bien sûr tous les affrontements dans le centre commercial. A titre de comparaison, la piste française se révèle quand même moins riche et naturelle que son homologue.

Crédits images : © Security Productions, inc. Tous droits réservés. / Metropolitan Filmexport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / L’Arme fatale – Saison 1

L’ARME FATALE (Lethal Weapon) – Saison 1, disponible en DVD et Blu-ray le 27 septembre 2017 chez Warner Bros.

Acteurs :  Damon Wayans, Clayne Crawford, Keesha Sharp, Kevin Rahm, Michelle Mitchenor, Johnathan Fernandez, Jordana Brewster…

Histoire originale :  Matthew Miller, créateur de la série d’après le scénario de Shane Black pour le film L’Arme fatale (1987)

Durée : 18 épisodes de 42 minutes

Date de sortie initiale : 2016

LA SÉRIE

Veuf depuis la mort tragique de son épouse enceinte, Martin Riggs, flic texan et ancien de la Marine, prend un nouveau départ à Los Angeles. Il devient le co-équipier du détective Roger Murtaugh, lequel a récemment subi une crise cardiaque « bénigne » et doit à tout prix éviter les situations de stress. Un duo de choc qui risque de faire des étincelles. Entre l’un prudent et l’autre trop imprévisible, l’association provoque quelques étincelles…

Franchement, on ne misait pas un kopeck sur cette série qui se permettait de se servir allègrement dans le patrimoine cinématographique, autrement dit de reprendre le titre, le postulat de départ et bien sûr les personnages cultes – créés par Shane Black – de la tétralogie L’Arme fatale de Richard Donner. Quatre buddy-movies sortis en 1987, 1989, 1992 et 1998, qui ont rapporté au total près d’un milliard de dollars dans le monde et attiré 11,5 millions de spectateurs dans les salles françaises. Pari risqué pour le producteur et créateur Matt Miller, showrunner de la série Chuck, mais pari finalement remporté haut la main puisque cette première saison de L’Arme fatale s’avère un divertissement très enthousiasmant, un cocktail explosif d’action dramatique pimenté d’humour et mené à cent à l’heure, qui revisite la mythique saga cinématographique, tout en la respectant et en lui rendant hommage.

Affecté par une perte tragique, l’ex-Navy Seal Martin Riggs déménage en Californie pour tout recommencer à zéro. Il est associé à Roger Murtaugh, agent du LAPD de retour à son poste après une crise cardiaque qui a failli lui coûter la vie. L’addiction à l’adrénaline de Riggs clashe immédiatement avec l’approche pondérée de Murtaugh, mais dès les premières courses-poursuites, déflagrations, explosions et fusillades invraisemblables mais jubilatoires qui s’enchaînent sans temps mort, chacun des coéquipiers apprend à considérer l’autre à sa juste mesure et surtout, à identifier les valeurs qu’ils partagent. Si seulement Riggs n’était pas aussi tête brûlée ! Le pilote (ainsi que le second épisode) réalisé par le très efficace McG (également producteur exécutif) donne le ton. Les personnages que l’on connaît sont là, certes interprétés par de nouvelles têtes, mais le plaisir d’entendre les noms de Roger Murtaugh et Martin Riggs est indéniable. Riggs et Murtaugh se rencontrent, s’apprivoisent, se cherchent, puis se découvrent enfin. Leur amitié naîtra au fil des épisodes. Tandis que Murtaugh retrouve son boulot après un triple pontage réalisé après un infarctus survenu à l’âge de 50 ans (alors que sa femme venait de mettre au monde leur troisième enfant), Riggs, texan devenu dépressif, alcoolique et suicidaire après la mort de sa femme qui allait accoucher, débarque à Los Angeles suite à une mutation. Il vit dans une caravane installée au bord du Pacifique, mais passe son temps à fixer son flingue. Sa rencontre avec Murtaugh et la famille de ce dernier, l’aidera progressivement à se sortir la tête de l’eau, même si les conditions de la disparition de son épouse demeurent étranges. Il se pourrait bien qu’elle ait été en fait assassiné.

La série L’Arme fatale repose non seulement sur de très bons scénarios qui montrent Los Angeles sous certains angles originaux, mais aussi et surtout sur un excellent casting. C’est surtout le comédien Clayne Crawford, vu dans les séries Jericho, 24 heures chrono et Rectify qui se taille la part du lion en reprenant le rôle de Mel Gibson. Si cela n’était pas une mince affaire et qu’il s’exposait à d’inévitables comparaisons, Clayne Crawford crève littéralement l’écran dans la peau de Martin Riggs. Véritable révélation, capable de faire passer le spectateur du rire aux larmes en un instant, il est assurément LA raison d’être de la série L’Arme fatale et créé son propre personnage, sans jamais chercher à singer son prédécesseur. A ses côtés, Damon Wayans (Ma famille d’abord) s’acquitte également très bien de son rôle, même s’il s’éloigne plus du personnage créé par Danny Glover que son partenaire. L’alchimie est évidente dès le départ, la complicité est de mise comme pour leurs illustres aînés.

Ils sont également bien entourés par Kevin Rahm (Desperate Housewives, Mad Men), Jordana Brewster (la franchise Fast & Furious) dans le rôle de la psy chargée d’évaluer Riggs au fil des épisodes, Keesha Sharp (Girlfriends), Hilarie Burton (Les Frères Scott) et bien d’autres acteurs tout aussi bons qui gravitent autour du noyau central formé par Wayans/Crawford. Au milieu de ces arrestations musclées, de ces trafics de drogue, de prostitution, d’argent, l’émotion n’est pas oubliée et le fil conducteur de ces épisodes bien filmés et à la photo séduisante, le deuil impossible de Riggs pour celle qu’il aimait, ne laisse pas indifférent.

C’est là toute la réussite de cette première saison attachante de L’Arme fatale, qui parvient non seulement à se démarquer du modèle original, mais aussi à proposer une continuité qui s’impose dès l’épisode pilote, adoubé par Shane Black qui a également participé au scénario. Après de très hautes audiences aux Etats-Unis avec entre 6 et 7 millions de téléspectateurs par épisode, la série a été reconduite pour une seconde saison qui a débuté fin septembre 2017.

L’EDITION DVD

La première saison de L’Arme fatale en DVD, disponible chez Warner Bros., se compose de 18 épisodes répartis sur quatre disques placés dans un boîtier classique, glissé dans un surétui cartonné. La liste des épisodes apparaît au verso, tout comme celle des suppléments. Le menu principal est identique sur les quatre DVD, fixe et musical, qui reprend le visuel de la jaquette.

L’épisode pilote est présenté en version longue non censurée. Accrochez-vous bien, ce montage dure exactement 55 secondes de plus par rapport à la version diffusée à la télévision (également disponible sur ce DVD). Les coupes interviennent uniquement au niveau du langage « fleuri » des personnages.

Même chose en ce qui concerne les scènes coupées (26’) dispersées sur les quatre disques, pour les épisodes 1,3,5,8,10,11,15,16,17,18. Hormis une séquence où Riggs regarde son révolver avec envie dans l’épisode pilote et quelques intrigues très secondaires (le capitaine qui souhaite adopter un enfant avec son compagnon) ou quelques flashbacks (Riggs qui demande la main de sa fille à son capitaine), l’ensemble s’avère bien trop anecdotique et reflète simplement les coupes effectuées au montage pour accélérer le rythme.

Le dernier DVD propose un petit module sympathique de 15 minutes, durant lequel le comédien Jonathan Fernandez, qui interprète Scorsese, le médecin légiste dans la série, s’entretient avec les deux producteurs exécutifs Jennifer Gwartz et Matt Miller. Après le succès de la première saison à travers le monde, les deux showrunners visiblement satisfaits du résultat, reviennent sur la genèse du projet et le challenge de s’approprier le mythe de ces quatre films adorés par tous les spectateurs. Comment respecter l’esprit des films originaux ? Comment s’est déroulé le casting ? Comment trouver le binôme et parier sur l’alchimie des deux comédiens principaux ? Les deux producteurs répondent à ces questions, parfois illustrées par des images de tournage, tout en dévoilant quelques références à la saga de Richard Donner, qui auraient pu échapper aux téléspectateurs, comme l’apparition de la maison originale des Murtaugh.

L’interactivité se clôt sur un bêtisier.

L’Image et le son

Voilà un bon service après-vente proposé par Warner. L’éditeur prend soin de la première saison de L’Arme fatale en livrant des épisodes au transfert solide. Les volontés artistiques originales sont respectées, les teintes sont chaudes, ambrées et parfois dorées, le tout soutenu par un encodage de haute volée. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les arrière-plans sont bien détaillés (et le sont sûrement encore plus en Haute-Définition), le relief est souvent présent et les détails foisonnent. Hormis quelques légers fléchissements sur les scènes sombres, cette édition DVD en met souvent plein la vue.

Bon…les réfractaires à la version originale devront se contenter d’une simple piste française Dolby Digital 2.0 Stéréo. Dynamique et claire, au doublage soigné, il ne faut pas en demander plus. Privilégiez évidemment la version anglaise Dolby Digital 5.1 à la spatialisation confortable et vive, avec des dialogues saisissants sur la centrale, des effets percutants sur les latérales et des frontales en pleine forme. Le caisson de basses se fait plaisir lors des scènes d’action, de poursuites et de gunfights. Ce n’est certes pas de la HD, mais c’est déjà ça de pris.

Crédits images : © Warner Bros. Entertainment Inc. / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Fast & Furious 8, réalisé par F. Gary Gray

FAST & FURIOUS 8 (The Fate of the Furious) réalisé par F. Gary Gray, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 16 août 2017 chez Universal Pictures France

Acteurs :  Vin Diesel, Jason Statham, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Chris ‘Ludacris’ Bridges, Charlize Theron, Kurt Russell, Nathalie Emmanuel, Luke Evans, Elsa Pataky, Kristofer Hivju, Scott Eastwood…

Scénario :  Chris Morgan

Photographie : Stephen F. Windon

Musique : Brian Tyler

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

La “famille” que forment Dom, Letty, Brian et Mia semble s’être avoir trouvé une vie normale. Quand Cipher, une cyberterroriste anarchiste entre en action, ce fragile équilibre est bouleversé. Celle-ci peut prendre le contrôle des voitures et ainsi semer le chaos. Sous sa coupe, Dom doit trahir les siens. Letty n’accepte pas le volte-face de son compagnon et veut le ramener dans le droit chemin. Avec Brian, Hobbs et leur ancien ennemi Deckard Shaw, elle va se mettre à nouveau derrière en volant, faire crisser les pneus, se lancer dans des course-poursuite à Cuba, à New-York, et les plaines gelées de la mer arctique et tenter de ramener Dom au bercail…

Depuis 2001, la franchise Fast & Furious est devenue l’une des plus lucratives de l’histoire du cinéma. Le phénomène est assez rare pour être signalé, depuis le quatrième opus en 2009, chaque opus aura fait plus de recette que le précédent, le cinquième épisode ayant engrangé plus de 600 millions de dollars à travers le monde, le sixième près de 800 millions. Le septième marqué par la mort prématurée de Paul Walker en novembre 2013, a explosé tous les records en rapportant plus d’1,5 milliard de dollars. Même chose concernant les budgets qui se sont littéralement envolés entre le premier, réalisé à l’époque pour seulement 38 millions de dollars, le huitième étant estimé à 250 millions. Bien qu’il était difficilement envisageable que le huitième volet fasse autant que le précédent, l’épisode qui nous intéresse a quand même battu les records une nouvelle fois avec 1,2 milliards de dollars de recette. Depuis l’arrivée de Dwayne Johnson et désormais Jason Statham dans l’équipe originale, la saga a su trouver un nouvel élan, tout en attirant de nouveaux spectateurs.

L’explosif épisode 7 mené de main de maître par James Wan, devait entamer une nouvelle trilogie et être suivi de deux autres films. Ce ne sera finalement pas le cas, puisque Vin Diesel, producteur chanceux de la saga, a fait savoir qu’il y aura trois autres épisodes désormais, les opus VIII, IX et X. Après un au revoir à Paul Walker, réalisé en images de synthèse à la fin du VII, notre Baboulinet préféré et sa clique partent donc sur de nouvelles routes. La franchise est donc à nouveau repensée. Mais comment surpasser ce qui a été fait précédemment ? Est-ce seulement possible ? Maintenant que Dom et Letty sont en lune de miel, que Brian et Mia se sont rangés (au revoir aussi à Jordana Brewster du coup) et que le reste de l’équipe a été disculpé, la bande de globetrotteurs retrouve un semblant de vie normale. Mais quand une mystérieuse femme, Cipher, une cyberterroriste anarchiste entraîne Dom dans le monde de la criminalité, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui vont faire face à des épreuves qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’alors. Des rivages de Cuba (une première depuis 1962 pour une production américaine) aux rues de New York en passant par les plaines gelées de la mer arctique de Barrents (en fait le film a été tourné en Islande), notre équipe va sillonner le globe pour tenter d’empêcher Cipher de déchaîner un chaos mondial et de ramener à la maison l’homme qui a fait d’eux une « famille ».

Ce huitième « Rapides et Dangereux » ou plutôt ici « Le Destin des dangereux », titre traduit littéralement de l’anglais « The Fate of the Furious » pour le Québec, est cette fois signé F. Gary Gray. Venu du clip vidéo (pour Jay-Z, R. Kelly, TLC, Ice Cube), il est révélé en 1995 avec sa comédie Friday (avec Ice Cube et Chris Tucker), puis en 1996 avec son excellent polar Le Prix à payer. Deux ans plus tard, Le Négociateur, avec Samuel L. Jackson et Kevin Spacey est un joli succès au box-office et le réalisateur a désormais le vent en poupe. En 2003, on lui doit Un homme à part, l’une des rares incursions de Vin Diesel dans le registre dramatique, puis Braquage à l’italienne (avec Charlize Theron et Jason Statham), Be Cool en 2005 (la suite de Get Shorty adaptée d’Elmore Leonard) et Que justice soit faite en 2009. Il faudra attendre 2015 et le triomphe inattendu de NWA : Straight Outta Compton pour que F. Gary Gray fasse à nouveau parler de lui. Raison de plus pour que son ami Vin Diesel, qui avait un temps envisagé de rappeler Rob Cohen, metteur en scène du tout premier volet, fasse engager celui qui lui avait offert un contre-emploi plus de dix ans auparavant. F. Gary Gray prend donc le relais et signe un formidable divertissement, dans la droite lignée du film de James Wan, la virtuosité en moins sans doute. Mais le résultat est là. Fast & Furious 8 est un très grand spectacle décontracté et ne trahit en rien les attentes et espérances des spectateurs conquis. Fast & Furious 8 est un film d’action phénoménal, marqué par des séquences de poursuites hallucinantes à bord de véhicules en tous genres, des scènes de fusillades et de bastons dantesques et décalées, d’explosions, de cascades stupéfiantes repoussant sans cesse les limites de l’entertainment, avec toujours un ton résolument cartoonesque et proche de l’univers de Tex Avery sous stéroïdes croisé avec Mission Impossible et L’Agence tous risques.

Du point de vue des acteurs, rien ne bouge, ou presque : Vin Diesel parle toujours comme Terminator, roule des mécaniques en faisant la moue boudeuse. Visiblement, il souhaite montrer ici ses capacités d’acteur en se reposant sur la direction de son ami F. Gary Gray, ce qui nous vaut quelques séquences assez jubilatoires où il serre la mâchoire pour montrer son mécontentement ou sa tristesse. C’est pourquoi il reste toujours attachant. Il tente des trucs l’ami Vin, il est certes très limité, mais au moins il continue d’essayer à 50 ans. Michelle Rodriguez fait son retour habillée en débardeur et rivalise avec son partenaire en ce qui concerne les dents serrées. Dwayne Johnson se prend toujours pour G.I. Joe et détourne une torpille à mains nues, Tyrese Gibson et Chris « Ludacris » Bridges rivalisent de vannes potaches, Nathalie Emmanuel fait plutôt ici de la figuration et ne participe pas du tout à l’action, Elsa Pataky fait coucou (et au revoir), tout comme Luke Evans, Helen Mirren et d’autres apparitions surprises, tandis que Kurt Russell vient empocher son salaire et pour se marrer. C’est surtout Jason Statham, dans le rôle d’Owen Shaw, méchant de l’épisode précédent, qui intègre finalement l’équipe (oui bon, c’est aussi crédible qu’un rebondissement de soap-opéra), qui se taille la part du lion à chaque apparition à l’instar de l’évasion de la prison et surtout une baston anthologique à bord d’un avion, flingue en main, l’autre tenant un couffin. Sa confrontation avec Dwayne Johnson est un grand moment et devrait prochainement donner naissance à un spin-off ! Nouveau venu, probablement pour « succéder » à Paul Walker, Scott Eastwood interprète un protégé de Kurt Russell et promène son charisme brouillon lisse de Clint Eastwood avec beaucoup d’humour. Et la grande méchante alors ? Charlize Theron, regard de glace et arborant des dreads, surjoue à chaque réplique et prend visiblement beaucoup de plaisir. Peut-être moins à embrasser Vin Diesel, mais c’est une autre histoire. N’oublions pas la participation du comédien norvégien Kristofer Hivju, le redoutable guerrier Tormund Giantsbane de la série Game of Thrones, ici en homme de main impitoyable.

Comme les trois derniers opus l’avaient démontré, la saga a su évoluer en même temps que les spectateurs qui la suivent depuis le début en se concentrant dorénavant sur l’action pure et simple dans la droite lignée d’une bande dessinée grâce à un montage percutant, mais heureusement toujours fluide, limpide, lisible. Il faut voir comment le metteur en scène s’amuse avec ses personnages, à leur faire défier les lois de la gravité, sauter de plusieurs mètres et se relever sans une égratignure, le sourire toujours aux lèvres, une bonne vanne prête à être dégainée, à l’instar de la séquence sensationnelle à New York où des voitures « zombies » sont lâchées dans les rues de la grosse Pomme. Comme une adaptation live du dessin animé MASK, rien n’est réaliste dans Fast & Furious 8 et c’est pourquoi le spectateur est amené à prendre son pied pendant ces 135 minutes menées tambour battant, même s’il est évident que faire reposer l’histoire (et le suspense) sur la trahison de Dom envers les siens, est aussi vraisemblable qu’envisager Vin Diesel pour le rôle de James Bond.

Les personnages ? On les connaît, on les fait évoluer un peu, suffisamment pour mettre en route le neuvième épisode, mais en attendant, comme des figurines dans des petites voitures, on les place derrière leur volant et on leur fait faire des pirouettes, des tonneaux, on les fait voler, on sort la grosse artillerie et on fait joujou (principalement pour de vrai) avec tous les véhicules possibles et imaginables, dont un sous-marin. C’est ça la franchise Fast & Furious, véritablement à part dans le cinéma et l’on est toujours éberlué de voir comment un petit film « à la mode » et sans prétention est devenu aujourd’hui une immense entreprise de divertissement, LA référence du genre action, généreux, invraisemblable et jusqu’au-boutiste, qui donne aux spectateurs TOUT ce qu’il désire à en avoir la mâchoire pendante, les tympans crevés et les yeux révulsés. Ce n’est même pas un plaisir coupable, car depuis quand prendre du plaisir serait-il honteux ?

On ne sait pas ce que les scénaristes nous réservent pour le neuvième volet. Vu comme c’est parti, on imagine très bien Toretto et sa « famille » rouler sur la Lune. C’est peu dire qu’on a hâte de connaître la suite, prévue désormais en avril 2020.

LE BLU-RAY

Universal sort la grosse artillerie ! Le Blu-ray de Fast & Furious 8 repose dans un boîtier Steelbook rutilant, bleuté et argenté. Le menu principal est animé, musical et plonge directement dans l’univers du film. La version Extended director’s cut (13 minutes supplémentaires) n’est pas disponible sur le Blu-ray, mais sur la copie Digitale, un comble !

Alors que James Wan avait refusé de réaliser le commentaire audio sur l’opus qu’il avait (brillamment) mis en scène, F. Gary Gray prend le micro et se livre avec plaisir à l’exercice. Pas un seul temps mort durant ce commentaire très bien mené, généreux en anecdotes de tournage et sur la collaboration du réalisateur avec ses comédiens. En arrivant sur le huitième épisode d’une saga, il est évident que l’homme aux manettes ait dû faire ses preuves, ce qui est le cas, mais F. Gary Gray explique comment il a pris le train en route et démontrer qu’il en avait sous le capot. Pardon pour tous ces jeux de mots. Le cinéaste détaille ses intentions, les partis pris et rend également hommage à toute son équipe, en indiquant qu’un spectacle-bulldozer de cet acabit ne se fait évidemment pas seul et qu’il serait honteux qu’il récolte tous les lauriers. Quelques propos involontairement drôles nous font beaucoup rire quand F. Gary Gray indique que Scott Eastwood a tout pour devenir une grande star, que Vin Diesel livre ici sa plus grande prestation dramatique (et qu’il le compare à Marlon Brando ou Humphrey Bogart) ou que la scène du baiser Diesel/Theron allait bouleverser l’histoire du cinéma. Rien que ça. Ah oui et l’un de ses films d’action préférés est Nikita de Luc Besson. Un commentaire très sympa on vous dit.

Chaque segment est ensuite présenté par un des comédiens du film face caméra.

Le premier module vidéo est consacré au tournage du film à Cuba (8’). Vin Diesel, le réalisateur F. Gary Gray, les acteurs, les producteurs, le réalisateur de la seconde équipe, les cascadeurs, le scénariste, qui reviennent d’ailleurs dans chaque supplément, interviennent pour partager leurs expériences. De nombreuses images du plateau dévoilent l’envers du décor et la préparation de la séquence d’ouverture.

S’enchaînent alors quatre suppléments consacrés aux personnages (22 minutes au total). Ce sont les bonus les plus promotionnels dans le sens où les comédiens racontent l’histoire, les enjeux, l’évolution des personnages par rapport aux épisodes précédents, ainsi que l’introduction des nouveaux protagonistes. Cette fois encore, les propos sont illustrés par des images de tournage.

Un des intérêts de Fast & Furious 8 est évidemment l’utilisation de bolides hors-du-commun. Nous avons donc 3 documentaires (21 minutes au total) consacrés au tournage avec les Dodge, les Ford et les vieilles Chevrolet, les Ferrari, Lamborghini, Jaguar, Toyota, Subaru ou un concept car, une Bentley GT Groupe, un tank Ripsaw prêté par le département de la défense, un hors-bord Mystic, un Buggy militaire Stryker. Avec quelques gros plans sur la Dodge Ice Charger de Dom, la Dodge Ice Ram Truck de Hobbs ou encore la Rally Fighter de Letty. De quoi faire plaisir aux fans. L’un des segments s’attarde également sur la création de la séquence new-yorkaise avec les voitures zombies et la « pluie de voitures » sur le bitume.

Trois autres suppléments se focalisent sur le tournage des plus grandes cascades du film, à Cuba (6’), en Islande (7’) et à New York (5’). Même principe que dans les segments précédents, on y trouve des interviews de l’équipe et des images de tournage.

L’interactivité se clôt sur les séquences de bastons en prison et en avion, proposées en version longue (5’).

L’Image et le son

Nous n’en attendions pas moins ! Le master HD de Fast & Furious 8 est éblouissant et s’inscrit instantanément dans la liste des disques de démonstration. Le piqué et le relief sont renversants, les contrastes léchés, de jour comme de nuit tout est magnifiquement restitué et les détails abondent aux quatre coins du cadre large avec une profondeur de champ abyssale. Les carrosseries sont divinement lustrées, l’apport HD reste omniprésent, d’autant plus que F. Gary Gray s’est équipé de toute une armada de caméras numériques en tous genres (Arri Alexa XT Plus, Blackmagic Micro, Red Weapon Dragon), la clarté est aveuglante, la colorimétrie est riche et bigarrée avec une prédominance de teintes bleutées et les noirs sont denses. Vive le Blu-ray !

Sans surprise, dès l’apparition du logo Universal, le fracassant et immersif mixage DTS-X (autrement dit 11.2, oui vous avez bien lu), qui s’encode automatiquement en DTS-HD Master Audio 7.1 (et 5.1 donc) si – comme la plupart – vous ne possédez pas le matériel approprié. Ce mixage exploite les latérales dans leurs moindres recoins, et ce jusqu’à la fin du film avec la séquence de poursuite sur la glace entre le sous-marin et les voitures. C’est peu dire que Fast & Furious 8 met à mal toute installation acoustique digne de ce nom. La musique de Brian Tyler bénéficie d’une spatialisation percutante et systématique, les effets, explosions, tôles froissées, déflagrations et ambiances annexes foisonnent sans jamais noyer les dialogues. Les moteurs rugissent de partout. A titre de comparaison, la piste française DTS 5.1 fait pâle figure face à son homologue du point de vue homogénéité car trop rentre-dedans et manque singulièrement de finesse. Les rares séquences calmes jouissent d’un beau traitement de faveur. N’oublions pas le caisson de basses qui ne tient pas en place sur le sol et fait vibrer les murs pendant plus de deux heures. Le chaos ! Top démo si vous désirez épater la galerie ! Epique !

Crédits images : © Universal Pictures International France / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / État d’urgence, réalisé par Frédéric Forestier

ÉTAT D’URGENCE (The Peacekeeper) réalisé par Frédéric Forestier, disponible en DVD et Blu-ray le 12 septembre 2017 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs :  Dolph Lundgren, Montel Williams, Roy Scheider, Michael Sarrazin, Christopher Heyerdahl, Monika Schnarre,Tim Post…

Scénario :  Stewart Harding, Robert Geoffrion

Photographie : John Berrie

Musique : François Forestier

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1997

LE FILM

Un groupe de terroristes prend d’assaut une base militaire américaine qui abrite des missiles nucléaires et menace le Pentagone. C’était sans compter sur Major Frank Cross, l’élite de l’armée US.

État d’urgenceThe Peacekeeper marque l’entrée de l’action-man Dolph Lundgren dans le Direct-to-Video. Pourtant, les succès s’étaient enchaînés pour l’acteur suédois depuis sa révélation dans Rocky IV en 1985, du Scorpion rouge de Joseph Zito (1988) à Universal Soldier de Roland Emmerich (1992). Après The Shooter de Ted Kotcheff (1995) et Tireur en péril de Russell Mulcahy (1996, directement sorti en VHS), Dolph Lundgren décide de mettre une parenthèse à sa carrière afin de se consacrer à sa famille. Il retrouve les chemins des studios un an après pour État d’urgence, réalisé par un jeune metteur en scène français de 26 ans, Frédéric Forestier. Porté par le triomphe dans les festivals internationaux de son court-métrage Paranoïa (1993) avec Jean Reno et Michèle Laroque, Frédéric Forestier se retrouve à la barre d’une belle production américaine de huit millions de dollars, un film d’action qui va lui permettre de faire ses preuves derrière la caméra. Entre Piège de cristal de John McTiernan et L’Ultimatum des trois mercenaires de Robert Aldrich, État d’urgence se voit aujourd’hui comme un chant du cygne du divertissement d’action né dans les années 1980.

Depuis que le Président des États-Unis lui a confié la responsabilité de l’arsenal nucléaire américain, le commandant Frank Cross est devenu un des membres les plus importants de l’armée et la cible d’une redoutable organisation terroriste. Celle-ci est parvenue à lui dérober la mallette contenant les codes secrets et menace Washington de destruction nucléaire si ses exigences ne sont pas respectées… A commencer par le suicide télévisé du Président. Cross a peu de temps pour agir et aucun droit à l’erreur. Quelques années avant de se voir confier des budgets colossaux du cinéma français (Le Boulet, Astérix aux Jeux Olympiques, Stars 80), Frédéric Forestier a donc eu cette rare opportunité de signer un premier long métrage aux Etats-Unis, porté par une star de la castagne et même celle des Dents de la mer, le grand Roy Sheider, qui interprète rien de moins que le Président des États-Unis. Alors que le film devait raconter une prise d’otages dans l’avion présidentiel Air Force One, le projet est remis en question puis remodelé après l’annonce du film Air Force One de Wolfgang Petersen, avec Harrison Ford en tête d’affiche. Finalement, le scénario de Stewart Harding et Robert Geoffrion (L’Arme secrète avec Chuck Norris) redevient “basique”, mais comme le film avait déjà été vendu, les arguments mercenaires – terroristes-élément perturbateur (ou une mouche dans le lait, un petit rouage qui grippe, un emmerdeur)-Président des Etats-Unis demeurent dans une trame complètement différente, mais étonnamment proche de Rock de Michael Bay, sorti l’année précédente.

État d’urgence reste un très bon cru de l’ami Dolph. La réalisation de Frédéric Forestier ne manque ni de charme, ni de morceaux de bravoure à l’instar de cette poursuite en voiture sur les toits de Chicago ou de la désintégration du Mont Rushmore, ni d’humour avec quelques punchlines bien senties et le rythme est plutôt bien soutenu. Même si la première partie emballe plus avec le personnage de Dolph Lundgren qui n’avait rien demandé à personne et qui va prendre la pétoire pour éliminer les sbires qui menacent de rayer l’état de Washington de la carte, le film remplit largement son cahier des charges. Le comédien semble prendre beaucoup de plaisir dans ce rôle de commandant qui pour avoir fait trop de zèle (il a livré seul des sacs de riz à la population Kurde, sans en avoir reçu l’autorisation), se retrouve à jouer le chien-chien du Président afin d’éviter la cour martiale. Si Dolph Lundgren n’est pas Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone, il a souvent su démontrer ses capacités physiques, mais aussi d’interprétation, du moins si ses rôles le lui permettaient, et il s’en tire à merveille dans État d’urgence où il a quand même sacrément la classe en uniforme.

Entre gunfights et poursuites, menaces nucléaires et retournements de situation, le suspense est maintenu, on ne s’ennuie pas et The Peacekeeper demeure un digne représentant de ce qui faisait dans le genre dans les années 1990. Même si le film est sorti au cinéma dans quelques pays (Italie, Corée du Sud, Portugal, Japon), la carrière d’État d’urgence se fera essentiellement en VHS et une diffusion sur HBO aux Etats-Unis en décembre 1997.

LE BLU-RAY

Après une édition en DVD en avril 2000 chez Seven7 Editions, État d’urgence renaît de ses cendres en Haute-Définition. Metropolitan Vidéo reprend logiquement le flambeau et n’a pas fait les choses à moitié pour les amateurs de Dolph Lundgren puisque État d’urgence est accompagné de L’Homme de guerre pour une séance double-programme ! A la manière de ses récentes sorties consacrées à Jean-Claude Van Damme et Albert Pyun, deux films avec Dolph Lundgren se trouvent donc réunis sur la même galette. Le test de L’Homme de guerre est déjà disponible dans nos colonnes. Une fois le disque inséré, un menu fixe et muet nous propose de sélectionner directement le film, la langue et le supplément désiré.

A l’instar de L’Homme de guerre, l’éditeur propose une brève, mais excellente présentation du film par Jérémie Damoiseau (3’). Ce spécialiste de Dolph Lundgren et auteur du livre Punisher : l’histoire secrète (Broché), replace le film dans la carrière du comédien, tout en expliquant les mutations des films d’action au milieu des années 1990.

Excellente initiative de la part de Metropolitan d’avoir été à la rencontre du réalisateur Frédéric Forestier à l’occasion de la sortie de son premier long métrage en Haute-Définition (30’). Spontané et vraiment sympathique, le cinéaste révèle comment il s’est retrouvé aux commandes d’État d’urgence, une production de près de 10 millions de dollars avec Dolph Lundgren en tête d’affiche, alors qu’il n’avait réalisé qu’un seul court-métrage ! Les anecdotes de tournage s’enchaînent sans aucun temps mort (sa rencontre et le travail avec Dolph Lundgren, les réécritures du scénario, le tournage à Montréal, sa préparation minutieuse à partir de storyboards, le casting, les effets spéciaux), avec même quelques photos et des images d’un making of d’époque qui montrent Frédéric Forestier et Dolph Lundgren sur le plateau entre deux prises. Ne manquez pas le moment où le réalisateur explique une scène ambitieuse qu’il rêvait de tourner, à partir d’un missile lancé dans les rues de Washington (voir les dessins conceptuels) et télécommandé par le personnage de Dolph Lundgren à partir d’un joystick, mais qui est restée au stade du fantasme faute de moyens.

L’Image et le son

État d’urgence arrive en Blu-ray ! Vous vous rendez compte ! Dans un nouveau master Haute Définition qui plus est ! Et la copie est pas mal du tout en plus. Cette galette bleue au format 1080p, présente le film de Frédéric Forestier avec encore quelques défauts, points blancs, pertes de la définition sur les scènes sombres, petites tâches, mais franchement, nous n’avions peut-être jamais vu État d’urgence dans de pareilles conditions. L’image est stable tout du long, les scènes diurnes lumineuses, le piqué agréable et les couleurs retrouvent une nouvelle fraîcheur. Le grain est respecté, même si la gestion est plus instable sur les séquences nocturnes, mais rien de vraiment gênant. Le lifting respecte l’oeuvre originale. Bref, c’est du tout bon et on en redemande !

En ce qui concerne le son, nous avons évidemment le choix entre la version originale et la version française en DTS-HD Master Audio 2.0 ! Le doublage français original avec le grand Daniel Beretta prête son timbre grave à Dolph Lundgren est évidemment respecté et cette piste s’avère aussi claire et dynamique que la version originale. Les ambiances, la musique, les déflagrations et les dialogues sont aussi riches, même si la piste anglaise l’emporte probablement au niveau des effets. Les sous-titres ne sont pas imposés sur cette piste et le changement de langue n’est pas verrouillé.

Crédits images : © Metropolitan Video / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / L’Homme de guerre, réalisé par Perry Lang

L’HOMME DE GUERRE (Men of War) réalisé par Perry Lang, disponible en DVD et Blu-ray le 12 septembre 2017 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs :  Dolph Lundgren, Charlotte Lewis, B.D. Wong, Anthony John Denison, Tiny “Zeus” Lister, Tim Guinee…

Scénario :  John Sayles, Ethan Reiff, Cyrus Voris d’après une histoire originale de Stan Rogow

Photographie : Rohn Schmidt

Musique : Gerald Gouriet

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1994

LE FILM

Ne supportant plus son retour à la vie civile, Nick Gunar, un ancien mercenaire, accepte à contre-cœur un contrat très spécial : convaincre, par la force si nécessaire, les habitants d’une île paradisiaque de céder leurs terres et ses richesses à une multinationale. Nick réunit autour de lui d’anciens compagnons de combat entraînés et investit l’île. Mais au contact des indigènes de ce paradis perdu, le suédois entrevoit une nouvelle vie et renonce à sa mission. Son équipe de mercenaires ne l’entend pas ainsi et une guerre impitoyable éclate…

Ceux qui voudraient en savoir plus sur les débuts de Dolph Lundgren peuvent se tourner vers notre critique/chronique d’un de ses derniers films, l’excellente série B Don’t Kill It de Mike Mendez. L’ami Dolph est à la fête puisque l’éditeur Metropolitan Vidéo vient d’éditer un Blu-ray qui réunit deux des films les plus célèbres du comédien, L’Homme de guerre de Perry Lang et État d’urgence de Frédéric Forestier. Nous verrons le second très prochainement, pour nous concentrer uniquement sur le premier, Men of War, réalisé par Perry Lang en 1994, considéré à juste titre comme l’un des meilleurs opus de l’acteur suédois. Très bien mis en scène, écrit et photographié, L’Homme de guerre reste un très bon divertissement, généreux en scènes d’action et fusillades, en particulier durant son dernier tiers explosif et très brutal.

Nick Gunar, encore appelé « le Suédois », ancien militaire des Forces Spéciales, a loué son impressionnante force physique et son goût du meurtre sur tous les champs de carnage du monde. Il voit avec frayeur s’approcher l’heure de la retraite et, plutôt que de passer un autre Noël solitaire dans son appartement de Chicago, dans l’insupportable douceur hivernale, il décide de prêter main-forte à la Nitro Mine Corporation, qui a maille à partir avec une poignée d’indigènes récalcitrants, sur une île paradisiaque de la mer de Chine. Après avoir accepté de travailler comme mercenaire pour deux industriels, Gunar part en compagnie de six confrères et débarque sur les lieux où la bande commence à massacrer en gros. Il découvre rapidement qu’il a affaire à forte partie. La population n’est pas prête à céder ses droits. Parallèlement à sa carrière d’acteur (1941, L’Echelle de Jacob), Perry Lang passe à la mise en scène au début des années 1990 avec Little Vegas, puis signe son deuxième long métrage L’Homme de guerre quatre ans plus tard. Bien qu’il ait principalement fait sa carrière à la télévision à travers une multitude de séries (Dawson, Alias, Urgences), le réalisateur soigne vraiment son cadre et Men of War étonne par la beauté de ses plans, ce qui lui donne un cachet supplémentaire.

Le scénario de John Sayles (Piranhas, Hurlements), également script-doctor réputé, coécrit avec Ethan Reiff et Cyrus Voris (Robin des Bois de Ridley Scott), s’avère une réflexion sur les moyens utilisés par des hommes d’affaires peu scrupuleux, bien décidés à arriver à leurs fins, quitte à décimer une population entière afin de s’emparer de leurs ressources. Si le film s’ouvre une musique bien patriotique, le récit prend le temps d’installer les personnages et les enjeux, avec quelques touches d’humour et des répliques soignées (« pour cette mission ce qu’il nous faut c’est le doigté d’un poète ! »), un badguy bien cinglé (Trevor Goddard), tandis que Gunar (très bon Dolph Lundgren) constitue son équipe à l’instar des 12 Salopards, concept souvent repris dans le cinéma d’action, comme dernièrement dans le troisième opus de la franchise Expendables de Patrick Hughes.

L’histoire se resserre progressivement autour de deux bandes rivales, qui se disputent finalement la richesse ultime qui se révèle être de la fiente d’oiseaux. C’est là toute l’ironie de L’Homme de guerre, montrer des hommes qui explosent tout autour d’eux et qui déciment des autochtones qui refusent de se soumettre, afin d’acquérir…du guano. L’Homme de guerre est donc une agréable surprise, franchement divertissante avec ce festival de tronches patibulaires armées jusqu’aux dents (et le charme de Charlotte Lewis en bonus) et qui n’oublie pas de faire passer un message loin d’être idiot, sans omettre l’émotion.

LE BLU-RAY

Après une édition en DVD en 2002, L’Homme de guerre fait tout naturellement sa réapparition dans les bacs chez le même éditeur et cette fois en Haute-Définition ! Metropolitan Vidéo n’a pas fait les choses à moitié pour les amateurs de Dolph Lundgren puisque L’homme de guerre est accompagné d’État d’urgence pour une séance double-programme ! A la manière de ses récentes sorties consacrées à Jean-Claude Van Damme et Albert Pyun, deux films avec Dolph Lundgren se trouvent donc réunis sur la même galette. Le test d’ État d’urgence suivra très prochainement. En attendant, une fois le disque inséré, un menu fixe et muet nous propose de sélectionner directement le film, la langue et le supplément désiré. Notons que L’Homme de guerre est annoncé dans sa version uncut.

En ce qui concerne L’Homme de guerre, seule une présentation du film par Jérémie Damoiseau est proposée (4’). Ce spécialiste de Dolph Lundgren et auteur du livre Punisher : l’histoire secrète (Broché), explique pourquoi selon-lui L’Homme de guerre est un des meilleurs films du comédien suédois. Jérémie Damoiseau donne quelques indications sur les scénaristes, en particulier John Sayles (script-doctor chez Ron Howard, Steven Spielberg), l’histoire du film, le tout ponctué par quelques anecdotes de production et illustré de photos.

L’Image et le son

Si l’apport HD demeure parfois limité, force est de constater que le master affiche une stabilité fort plaisante. Bien que divers points, griffes et tâches subsistent (même un petit raccord de montage à la 39e minute, scène la plus abimée), la restauration est évidente, la colorimétrie retrouve une vraie vivacité, les contrastes et les détails sont bien renforcés, le grain cinéma est respecté, même si la gestion vacille sur les séquences sombres à l’instar de la séquence dans le night-club (à 15’). Certains arrière-plans fourmillent quelque peu, mais la définition contentera les grands fans de L’Homme de guerre. Un vrai plaisir de le posséder en HD, d’autant plus que le cadre large y est resplendissant ! Ce Blu-ray est au format 1080p.

En ce qui concerne le son, nous avons évidemment le choix entre la version originale et la version française en DTS-HD Master Audio 2.0 ! Le doublage français que nous connaissons tous (le grand Daniel Beretta prête son timbre grave à Dolph Lundgren) est évidemment respecté (mention aux accents asiatiques) et cette piste s’avère aussi claire et dynamique que la version originale. Les ambiances, la musique, les déflagrations et les dialogues sont aussi riches, même si la piste anglaise l’emporte probablement au niveau des effets. Les sous-titres ne sont pas imposés sur cette piste et le changement de langue n’est pas verrouillé.

Crédits images : © Dimension Films / Metropolitan Video / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / L.A. Rush, réalisé par Mark et Robb Cullen

L.A. RUSH (Once Upon a Time in Venice) réalisé par Mark et Robb Cullen, disponible en DVD et Blu-ray le 5 juillet 2017 chez AB Vidéo

Acteurs : Bruce Willis, Jason Momoa, Famke Janssen, John Goodman, Ana Flavia Gavlak, Elisabeth Röhm, Thomas Middleditch, Stephanie Sigman, Jessica Gomes…

Scénario : Mark et Robb Cullen

Photographie : Amir Mokri

Musique : Jeff Cardoni

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Steve Ford, vieux détective privé et légende de L.A, est engagé par un promoteur pour arrêter un graffiteur qui fait des dessins obscènes sur son immeuble. Menant son enquête, Steve voit sa vie prendre une autre dimension, lorsque son chien Buddy se retrouve aux mains de Spyder, un chef de gang lié aux cartels de la drogue. Face à cette situation, Steve est forcé d’utiliser la manière forte…

Au fait, il va comment Bruce Willis ? Cela fait longtemps qu’on ne l’a pas vu au cinéma ! Pourtant, à 62 ans, le comédien tourne – presque – autant qu’un Nicolas Cage et ses derniers films sont arrivés directement dans les bacs ou en VOD en France. En dehors d’un caméo dans Split (et pour cause) de M. Night Shyamalan, sa dernière véritable apparition sur le grand écran remonte à Sin City : J’ai tué pour elle de Frank Miller et Robert Rodriguez. Depuis, Bruce Willis enchaîne les séries B et Z comme des perles sur un collier dans des œuvres aux titres inconnus, Sans compromis, Fire with Fire : Vengeance par le feu, The Prince, Vice, Extraction, Braqueurs, Precious Cargo, Marauders, en affichant sur les visuels la même moue et les yeux plissés. Parfois, l’acteur semble se souvenir de son métier et qu’il peut être très bon quand il s’en donne la peine. C’est le cas de ce L.A. Rush Once Upon a Time in Venice.

Contrairement à ce que la jaquette pourrait faire penser, il ne s’agit en aucun cas d’un film d’action, bien que Bruce Willis et Jason Momoa y figurent la pétoire à la main. L.A. Rush est une comédie et cela tombe bien puisque Bruce Willis a toujours excellé dans le genre. S’il est indéniable que ce petit film léger et décalé aurait bien eu du mal à se démarquer du tout-venant pour une sortie dans les salles, il n’en demeure pas moins qu’on passe un bon et agréable moment. Bruce Willis a visiblement décidé de s’amuser et de sortir un peu de sa torpeur en jouant notamment avec son image, tout en rappelant son personnage de Joe Hallenbeck du Dernier Samaritain de Tony Scott. On le voit donc (sa doublure certes) en train d’échapper à quelques sbires, en faisant du skateboard dans le plus simple appareil et en dissimulant son pistolet dans la raie des fesses. Avec le sourire en coin bien entendu.

Il interprète Steve Ford, un détective de Los Angeles sur le déclin, qui voit sa vie prendre une autre dimension lorsque son chien est kidnappé par un gang. Car les dangereux trafiquants n’ont aucune idée de ce dont Ford est capable pour retrouver son fidèle compagnon. Voilà un pitch qui n’est pas sans rappeler le sublime John Wick de David Leitch et Chad Stahelski. Sauf que la comparaison s’arrête là puisque Steve Ford est tout sauf un homme d’action. Plus proche d’un Jeff Lebowski, le privé préfère rester là à ne rien faire, à prévenir quelques jeunes adolescents sur les dangers de la fumette ou des maladies vénériennes contractées avec quelques femmes de petite vertu. Le reste du temps, Steve range le bazar qui s’entasse sur son bureau, donne quelques indications à son jeune associé John (sympathique Thomas Middleditch de la série Silicon Valley), aide le promoteur immobilier Lou le Juif (Adam Goldberg) à mettre la main sur un artiste de rue qui a décidé de lui nuire en le représentant en fâcheuse posture sur la façade d’un immeuble qu’il souhaite mettre en vente. En dehors du travail, ou de ses occupations plutôt, Steve rend visite à son meilleur ami Dave Phillips (John Goodman, génial), propriétaire d’un magasin de planches de surf, qui déprime en raison de son divorce. Steve s’occupe également de sa sœur Katey (Famke Janssen) et de sa petite nièce, qu’il considère un peu comme la fille qu’il n’a pas eue, surtout depuis que le père de cette dernière les a abandonnées. Au milieu de tout ça, Steve voue un amour inconsidéré pour le chien de Katey, « même s’il a des gaz ». Jusqu’au jour où des petites frappes à la solde d’un chef de gang improbable (Jason Momoa excellent en abruti au bandana sur la tête) viennent cambrioler la maison de Katey en prenant avec eux le chien adoré de Steve. Ce dernier voit rouge. Il est bien décidé à retrouver son toutou.

Voilà L.A. Rush, une bonne et attachante comédie écrite et réalisée par les frères Cullen, qui avaient déjà signé Top Cops de Kevin Smith en 2010, avec Bruce Willis déjà en haut de l’affiche. Le film s’avère une chronique, celle d’un mec qui voulait se la couler douce sous le soleil ardent de la Californie et qui doit agir de temps en temps, d’une part parce que c’est son boulot (il est le seul privé de son quartier), d’autre part pour rendre parfois service à ses proches. L.A. Rush fonctionne grâce à l’alchimie de ses comédiens, mais aussi par l’abattage de Bruce Willis, qui a certes du mal à faire croire qu’il peut encore courir sans être essoufflé, mais qui ne recule devant rien pour faire marrer les spectateurs, quitte à arborer une robe, perruque et rouge à lèvres en étant poursuivi par une bande de travestis. Le film enchaîne les petits morceaux de bravoure sans se forcer, mais avec suffisamment d’efficacité et beaucoup de second degré pour ne pas ennuyer l’audience, tout en soignant la photographie et le montage. 5 minutes d’action sur 1h30, mais on rit le reste du temps et c’est déjà ça de pris !

LE BLU-RAY

L.A. Rush débarque directement en DVD et Blu-ray dans les bacs français, sous la houlette d’AB Vidéo. Le visuel de la jaquette est on ne peut plus trompeur puisque l’on pourrait croire qu’il s’agit d’un film d’action et que Bruce Willis et Jason Momoa ne sont pas là pour rigoler. Mais il s’agit bel et bien d’une comédie et Jason Momoa est loin d’inspirer la crainte ici. Le menu principal est animé et musical.

Outre la bande-annonce en version française, l’éditeur joint également un making of promotionnel, constitué de quelques images de tournage, d’autres tirées directement du film (un peu trop d’ailleurs) et d’interviews de quelques comédiens et même de Stuart Wilson, qui double le comédien Bruce Willis depuis une dizaine d’années. Aucune intervention de l’acteur principal ou des frères Cullen.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p. Très belle copie HD (master français d’ailleurs) que celle éditée par AB Vidéo et qui restitue des belles couleurs estivales et chaudes du chef opérateur Amir Mokri, habituellement occupé sur des grosses productions comme Pixels, Transformers: L’âge de l’extinction, Man of Steel et Fast and Furious 4. Le piqué est aiguisé, restituant chaque cheveu grisonnant sur le crâne de Bruce Willis, les contrastes sont denses, le cadre large fourmille de détails aux quatre coins. C’est superbe, c’est lumineux, on en prend plein les yeux, le ciel est azur, la mer verte et les décolletés ne manquent pas de profondeur.

Vous pouvez compter sur les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 anglais et français pour vous plonger délicatement mais sûrement dans l’ambiance du film, bien que l’action demeure souvent réduite. La bande originale est la mieux lotie. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent quelques effets naturels. Le caisson de basses se mêle également à la partie. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée. Deux pistes Stéréo sont également au menu.

Crédits images : ©Venice PL, LLC, All Rights Reserved / AB Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Replicant, réalisé par Ringo Lam

REPLICANT réalisé par Ringo Lam, disponible en DVD et Blu-ray le 8 juillet 2017 chez Metropolitan Video

Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Michael Rooker, Catherine Dent, Brandon James Olson, Pam Hyatt…

Scénario : Lawrence Riggins, Les Weldon

Photographie : Mike Southon

Musique : Alex Khaskin, Guy Zerafa

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2001

LE FILM

Depuis longtemps, Garrotte, le tueur en série surnommé la Torche, hante les jours et les nuits de Jake Riley, un inspecteur de police qui s’est juré de l’arrêter. Les victimes de Garrotte ne cessent de s’accumuler et l’enquête de Jake piétine même si l’assassin l’a choisi pour confident. Ecœuré, Jake donne sa démission au moment même où le département secret du gouvernement, la NSA, lui demande de se joindre à ce projet top secret visant à arrêter Garrotte. La NSA crée un «Replicant», un clone issu de l’ADN de Garrotte, doté de capacités télépathiques.

Pour les plus grands fans du comédien, mais aussi pour la critique aujourd’hui quasi-unanime, Replicant, réalisé par le cinéaste chinois Ringo Lam en 2001, est probablement le meilleur film avec Jean-Claude Van Damme. Remarquable film d’action, thriller violent et nerveux, cet opus marque la deuxième sur les trois grandes collaborations entre « les Muscles de Bruxelles » et le metteur en scène, après Risque maximum (1996), dont la sortie avait été gâchée par un montage charcuté par la Columbia, et avant le formidable In Hell (2003). Non seulement Replicant vaut pour son histoire passionnante menée de main de maître par Ringo Lam, mais le film vaut aussi et surtout pour l’interprétation exceptionnelle de JCVD dans un double-rôle où il démontre toute une palette d’émotions qu’on ne lui prêtait pas forcément, ou à de très rares occasions comme dans Timecop de Peter Hyams.

D’un côté, il interprète un tueur redoutable, brutal, impitoyable, glacial, cheveux longs et gras, lunettes teintées, qui s’en prend aux femmes, les bat avant de les arroser d’alcool et de les brûler, parfois devant les yeux de leurs propres enfants. De l’autre, il incarne son clone, enfant dans un corps d’adulte, qui vient d’être « mis au monde » et apprend à marcher, à s’asseoir, à manger. Il se déplace comme un animal craintif, Ringo Lam ayant par ailleurs demandé à JCVD de visionner des documentaires animaliers pour se préparer. Ses regards, sa gestuelle, son jeu n’ont jamais été aussi intenses et habités que dans Replicant et le comédien émeut comme jamais auparavant.

L’aspect buddy-movie avec l’imposant, teigneux et tout aussi génial Michael Rooker fonctionne alors à plein rendement du début à la fin. Un tueur en série assassine des mères de famille et les enflamme avant de disparaître, ce qui lui vaut le surnom de La Torche. Après trois ans et onze victimes, Jake Riley alors chargé d’une enquête qui ne progresse toujours pas, décide de tout abandonner et de quitter la police. Autrefois idéaliste et large d’esprit, Jake en a suffisamment appris sur la nature humaine pour devenir cynique, cachant ses désillusions sous un humour caustique. C’est à ce moment qu’il est contacté par la NSA qui lui propose de continuer la traque avec de nouvelles méthodes, tandis que de son côté Garrotte, qui l’a choisi pour confident et qui l’appelle à chaque nouveau crime, continue de le harceler. Le département des services secrets du gouvernement a enfin peut-être trouvé la solution afin d’arrêter le tueur en série, grâce à un Replicant, c’est-à-dire un clone génétique, créé au moyen du sang de Garrotte trouvé non loin d’un de ses meurtres. Ce Replicant, dont la croissance a été accélérée afin qu’il atteigne l’âge biologique du tueur, double parfait de Garrotte, permettra à Jake de retrouver le meurtrier en question grâce aux dons télépathiques dont il est doté. Mais le Replicant manque de toute l’expérience d’une vie. Tandis que l’officier de police gère les émotions et les souvenirs de ce clone naïf et juvénile, il développe avec lui une relation étrange, se demandant constamment si ce Replicant est aussi dangereux que Garrotte, ou s’il peut lui faire confiance.

Alors que Replicant aurait pu refaire JCVD au box-office américain, où ses films sortaient directement en DTV depuis quelques années, le film de Ringo Lam n’a finalement pas été exploité dans les salles suite au désistement du distributeur Artisan Entertainment après l’échec commercial de Blair Witch 2 : Le Livre des ombres. Le film sort au cinéma dans le reste du monde, mais JCVD alors au sommet de son addiction à la drogue, rate complètement la promotion de Replicant, à l’instar de sa participation à l’émission Loft Story. Replicant n’attirera en France qu’un peu plus de 100.000 spectateurs, un bide vraiment pas mérité. Plus de quinze après, Replicant est et demeure un chef d’oeuvre du genre, probablement l’un des meilleurs thrillers des années 2000. Avec son intrigue mêlant film policier, élément fantastique, dédoublement (thème très prisé par Ringo Lam et JCVD lui-même), on pense fortement au bancal À l’aube du sixième jour de Roger Spottiswoode avec Arnold Schwarzenegger, mais plus encore à Volte/Face, autre référence, également mise en scène par un réalisateur chinois, John Woo. Les deux films se ressemblent tout en étant bien différents, mais bien qu’il ne bénéficie pas de la même reconnaissance internationale, Replicant n’a absolument rien à envier à Volte/Face.

LE BLU-RAY

Replicant fait partie d’un combo Blu-ray spécial Van Damme / Ringo Lam, aux côtés de l’édition HD de In Hell. A l’instar des éditions combo Black Eagle – L’arme absolue + Full Contact et The Order + Le Grand tournoi sorties en 2016, et comme celle récemment consacrée au cinéaste Albert Pyun, Mean Guns + Nemesis, Metropolitan Video fait ainsi le bonheur des fans de la star belge. Le test a été réalisé à partir d’un check-disc. Une fois le disque inséré, le spectateur est invité à sélectionner le film de son choix. Dans les deux cas, le menu principal est fixe et muet, minimaliste, sans chapitrage. Seuls l’envoi du film, la sélection de la langue et le choix des suppléments sont proposés.

L’historien du cinéma et expert en cinéma d’arts martiaux, sujet auquel il a consacré quelques ouvrages, l’excellent Christophe Champclaux présente Replicant en avant-programme (4’). C’est une véritable déclaration d’amour au film de Ringo Lam, qu’il considère comme le meilleur film avec Jean-Claude Van Damme. Il revient rapidement sur cette deuxième rencontre entre le comédien et le réalisateur, replace Replicant dans la filmographie de JCVD, croise le fond et la forme, tout en saluant la double performance d’acteur de l’acteur belge. Néanmoins, pas un mot sur Michael Rooker.

Hormis une (mythique) interview française de JCVD donnée lors de la promotion du film, le storyboard de la naissance du Replicant et les filmographies, l’éditeur reprend les suppléments disponibles sur l’édition DVD sortie en avril 2002. Quinze années déjà !

Le commentaire audio de Michael Rooker et de Jean-Claude Van Damme (en anglais) est disponible en version originale sous-titrée en français. Ne vous réjouissez pas trop vite car les deux comédiens ont été enregistrés séparément, l’éditeur ayant ensuite relié leurs deux interventions. JCVD intervient finalement peu. Visiblement spectateur de son propre film, il revient de temps en temps pour parler de son partenaire, de la direction d’acteur de Ringo Lam, sur la façon dont il a pu enrichir son propre jeu grâce au cinéaste, sur le tournage des scènes d’action. Quand il ne paraphrase pas ce qui se déroule à l’écran, JCVD sort quelques phrases valent le détour : « Aller, on s’éclate et on regarde Replicant, yeaaah ! », « C’est cool, c’est Replicant, yeeeah ! », « Le public aime voir JCVD faire son grand écart alors on allait pas s’en priver, à plus ! », « Il est trop fort ce film et vous savez quoi ? Je suis là avec mes potes à enregistrer ce commentaire et j’ai rien à dire sur ce film alors que c’est un des meilleurs que j’ai faits ! ». De son côté, Michael Rooker est très généreux et revient sur beaucoup d’aspects du film, sur son investissement dans les séquences d’action, sur le jeu de son partenaire (on apprend qu’ils désiraient tourner ensemble depuis pas mal de temps), le tournage à Vancouver, le travail avec Ringo Lam, etc. Un commentaire sympathique à défaut d’être réellement enrichissant.

Le making of d’époque (2001 – 23’) est très bon et donne la parole aux acteurs Michael Rooker, Jean-Claude Van Damme (« le plus beau cadeau que m’ait fait Ringo Lam, c’est de me rendre meilleur ») et Catherine Dent, au producteur John Thompson, au coordinateur des cascades Mike Crestejo, au chef décorateur Andrew Neskoromny, tous en mode promotionnel (l’histoire, les personnages…), mais dont les propos ne manquent pas d’intérêt, surtout lorsqu’ils évoquent la méthode de tournage de Ringo Lam. Si celui n’intervient pas face caméra, quelques images le montrent sur le plateau avec ses comédiens. Diverses images des prises de vues, ainsi que des répétitions complètent ce documentaire bien fichu, surtout lorsqu’il dévoile l’envers du décor des confrontations de JCVD face à lui-même.

S’ensuivent quelques scènes coupées, certaines rallongées (21’) ou alternatives, à l’instar du premier meurtre. Dans le montage cinéma, le corps en train de brûler de la victime se reflète dans les lunettes de JCVD, alors que la séquence tournée à l’origine montrait frontalement le corps en feu. Les séquences de Michael Rooker avec sa mère d’un côté, et celle avec Catherine Dent ont été raccourci, tout comme celle de la fête de son départ à la retraite.

L’Image et le son

A l’instar de l’édition HD d’In Hell et malgré un léger manque de concision sur certains plans, le Blu-ray de Replicant (1080p, AVC) dépasse toutes les espérances. Toutefois, l’élévation HD s’avère moins flagrante que pour In Hell. Les contrastes sont plutôt beaux, mais la photographie grisâtre gâche un peu l’ensemble. Les ambiances nocturnes sont soignées, les teintes froides excellemment restituées. Les séquences en extérieur manquent cependant de clarté. Si l’on constate quelques points blancs, la propreté est évidente, les détails sont parfois précis, d’autres fois plus riches, les partis pris esthétiques originaux sont respectés, tout comme le léger grain heureusement conservé lors du transfert, mais plus appuyé sur les scènes sombres, qui entraînent un léger bruit vidéo. Le piqué est également un peu doux à notre goût. Mais le résultat vaut le détour et cette édition HD rend caduque la pourtant solide édition DVD.

Replicant bénéficie de pistes anglaise et française DTS-HD Master Audio 5.1. Dans les deux cas, la spatialisation s’avère agréable, les enceintes latérales délivrent un lot fort appréciable d’ambiances naturelles, d’effets palpables, sans oublier la musique en soutien. Les explosions, poursuites, coups de feu et coups de poing sont exsudés avec force par la centrale, la balance frontales-latérales est intelligemment équilibrée, l’ensemble est toujours dynamique et les basses interviennent à bon escient avec quelques pics remarquables. Dans les deux cas, aucun souffle n’est à déplorer, l’écoute demeure franche, puissante et limpide. Evitez tout de même la version française qui vous fera perdre le timbre inimitable de Michael Rooker.

Crédits images : © Millenium Films / Metropolitan Filmexport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Guardians, réalisé par Sarik Andreasyan

GUARDIANS (Защитники) réalisé par Sarik Andreasyan, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD le 26 juillet 2017 chez Wild Side Video

Acteurs : Anton Pampushnyy, Sanzhar Madiyev, Sebastien Sisak, Alina Lanina, Stanislav Shirin, Valeriya Shkirando, Vyacheslav Razbegaev, Nikolay Shestak…

Scénario : Andrey Gavrilov, Sarik Andreasyan, Gevond Andreasyan

Photographie : Maksim Osadchiy-Korytkovskiy

Musique : Georgiy Zheryakov

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Durant la Guerre Froide, l’organisation secrète Patriot réalise des expériences sur des humains pour créer des super-soldats. Seuls quatre guerriers dotés de super-pouvoirs y survivent, mais ils parviennent à s’échapper. 30 ans plus tard, un ennemi surpuissant surgit et menace d’anéantir le monde. Les Guardians décident alors de sortir de l’ombre et d’affronter celui qui les a créés… Le combat ne fait que commencer !

Tremble l’Oncle Sam ! Le cinéma russe est bien décidé à concurrencer les Etats-Unis sur son propre terrain et plus particulièrement au cinéma dans le domaine des films de super-héros. Prenez garde Marvel et DC Comics (ou Décès Comiques c’est selon), voici les Guardians aka Защитники, Zashchitniki en version originale, mais cela ne vous avancera pas vraiment. Clamant haut et fort qu’ils peuvent faire aussi bien que les blockbusters américains à 300 millions de dollars de budget, les producteurs soviétiques ont misé près de 400 millions de roubles russes pour ce film fantastique ! Sauf que lorsque la somme est convertie, le budget avoisine en réalité les 5 millions de dollars et que le résultat s’avère un grand et formidable nanar.

En fait, l’essentiel est raconté durant le générique – après plus d’une minute de logos de production – à travers des coupures de journaux, procédé très pratique pour aller d’emblée à l’essentiel, sans véritables séquences d’exposition. Dans les années 1960, alors que la Guerre Froide bat son plein et que la population redoute une Troisième Guerre mondiale, une organisation secrète russe appelée Patriots, a pratiqué des expériences génétiques sur des êtres humains, dans le but de créer une armée de super soldats indestructibles. Après avoir réussi à s’échapper, ils se cachent chacun de leur côté dans différentes régions de la Russie pendant près de trente ans, en vieillissant à peine et en dissimulant leurs pouvoirs aux yeux du monde. Mais alors qu’une nouvelle menace frappe le pays, la major Elena Larina (équivalent féminin de Nick Fury) va être chargée de les retrouver afin de former une unité de défense baptisé Les Guardians. Nous avons alors un ours-garou, une femme qui devient invisible au contact de l’eau, un homme capable de manipuler les pierres rien que par la pensée, et un autre possédant la capacité de se déplacer à une vitesse supersonique en manipulant des lames aiguisées. Cette poignée de nouveaux super-héros, retrouvés en Arménie, au Kazakhstan, en Sibérie et à Moscou où ils pensaient méditer tranquillement, doivent contrecarrer les plans de leur créateur, un ancien scientifique savant-fou, qui au moment d’être arrêté quarante ans plus tôt a été irradié, avant de devenir lui-même un monstre à la force surhumaine.

Voilà, bienvenue en Russie camarade, tu vas bien rigoler ! Réalisé par le jeune et prolifique metteur en scène Sarik Garnikovich Andreasyan (né en 1984), auteur en 2014 d’un American Heist avec Hayden Christensen et Adrien Brody, Guardians est un divertissement hilarant avec ses comédiens improbables, surtout le badguy avec son costume aux abdos en latex qui rappelle le Jekyll/Hyde de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, ses effets visuels périmés qui renvoient aux prémices des images de synthèse, son accumulation de clichés et ses pauvres décors. Mention spéciale à l’homme-ours, réalisé à partir de la prestation en motion-capture d’Anton Pampushnyy, et qui s’avère aussi réaliste que le Dwayne Johnson en CGI du Retour de la Momie, mais en pire.

Sarik Garnikovich Andreasyan et ses scénaristes piochent allègrement dans tous les films US du genre, à tel point que le spectateur à jour dans les Marvel/DC peut s’amuser à énumérer les séquences plagiées durant les 90 minutes que durent le film, génériques compris. Les deux épisodes d’Avengers, Les 4 Fantastiques (dont la dernière version), Watchmen, Iron Man 2, The Dark Knight Rises, Les Gardiens de la Galaxie, X-Men, Suicide Squad, tout y passe, sauf que le résultat à l’écran donne souvent la nausée comme après une murge à la vodka. Les comédiens principaux rivalisent de médiocrité et d’absence de charisme, les actrices fardées ont les fesses moulées dans un pantalon en cuir et filmé à la bonne hauteur, quand il n’est pas transformé l’homme ours se balade à moitié à poil, tandis que le méchant est souvent filmé pendant qu’il marche, en travelling, pendant une plombe, sans qu’il ne se passe rien autour de lui.

Guardians est généreux dans le sens où les scènes d’action s’enchaînent vite grâce à un montage cut et que le film est très court. Il n’est pas interdit de bouder son plaisir, même si Guardians fait rire involontairement et que ses défauts deviennent finalement des qualités pour le cinéphile déviant, ce qui le rend foncièrement sympathique. Dernière chose, si la fin annonce clairement une suite, l’échec critique et commercial du film semble avoir tué la franchise dans l’oeuf. Mais sait-on jamais, peut-être entendrons-nous à nouveau rugir le nounours armé ou ce méchant de pacotille – dont on ne pige rien au plan machiavélique – avec son tuyau de machine à laver planté dans le crâne !

LE BLU-RAY

Guardians débarque en France directement dans les bacs, en DVD et en combo Blu-ray-DVD Steelbook chez Wild Side Video, qui a souvent livré en DTV des films du même acabit. Le menu principal animé et musical en met plein les yeux et les oreilles.

Outre un lot de bandes-annonces, l’éditeur a mis la main sur sept minutes de suppléments réparties en trois featurettes promotionnelles, constituées d’images du tournage et d’interviews du cast. On ne sait jamais qui intervient, mais il est assez facile d’imaginer qui prend la parole. L’ensemble est certes court, mais redondant, tout le monde rabâchant la même chose à savoir qu’ils sont là pour concurrencer le cinéma hollywoodien avec les moyens du bord. Gros plans sur les effets visuels et les images de synthèse, notamment la création de l’ours-garou réalisé en motion-capture à partir de la performance d’un comédien qui portait une tête d’ours sur le plateau. Impossible de ne pas rire.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p. Cette copie Haute-Définition se révèle honnête, même si la définition ne brille pas autant qu’espéré pour un divertissement de cet acabit. Le piqué manque parfois de mordant, la gestion des contrastes est bien trop aléatoire et les détails viennent souvent à manquer. C’est finalement la luminosité et la colorimétrie qui s’en sortent le mieux avec des teintes bigarrées à souhait et un aspect bleu-métallique très présent. Ce Blu-ray déçoit quelque peu et les effets numériques se voient comme le nez au milieu de la figure, surtout lorsque les comédiens sont filmés sur fond vert, mais bon, on a déjà vu pire et le visionnage reste plaisant. Finalement, si le résultat en HD paraît artificiel, cela n’est dû qu’au film lui-même.

En russe comme en français, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 assurent le spectacle acoustique avec brio et souvent un fracas assez jouissif. Si la langue de Molière n’est pas aussi dynamique et riche que la version originale, elle n’en demeure pas moins immersive. Dans les deux cas, la balance frontale en met plein les oreilles lors des séquences d’affrontements. Seul bémol, les voix manquent parfois de punch. Quelques scènes sortent du lot avec un usage probant des ambiances latérales et du caisson de basses. La musique omniprésente profite également d’une belle délivrance, mettant toutes les enceintes à contribution, même à volume peu élevé. Le changement de langue est impossible à la volée et nécessite le retour au menu contextuel. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale.

Crédits images : © Capelight pictures / Wild Side Video / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Kong: Skull Island, réalisé par Jordan Vogt-Roberts

KONG: SKULL ISLAND réalisé par Jordan Vogt-Roberts, disponible en DVD, Blu-ray et 4k Ultra HD le 12 juillet 2017 chez Warner Bros.

Acteurs : Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Brie Larson, John C. Reilly, John Goodman, Corey Hawkins, John Ortiz, Tian Jing…

Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly d’après une histoire originale de John Gatins

Photographie : Larry Fong

Musique : Henry Jackman

Durée : 1h58

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… Un singe gigantesque qui règne sur l’île peuplée d’une faune à sa dimension, avec laquelle il est en perpétuel conflit. Cette fois il va devoir confronter l’homme…

Sans tenir compte des copies, des parodies et autres ersatz, Kong: Skull Island est le neuvième film avec King Kong en vedette. Apparu au cinéma en 1933 devant la caméra de Merian C. Cooper et Ernest Schoedsack, le gorille géant a également tenu l’affiche du Fils de Kong, réalisé la même année par Ernest Schoedsack en solo, de King Kong Appears in Edo, film japonais aujourd’hui perdu (1938), de King Kong contre Godzilla (1962) de Ishirô Honda, de La Revanche de King Kong (1967) encore une fois mis en scène par Ishirô Honda avec Rawkin Arthur. Il faudra attendre 1976 pour que King Kong fasse son retour à Hollywood devant la caméra de John Guillermin, dans lequel le dieu Kong s’éprenait (et on le comprend) de Jessica Lange et l’emmenait au sommet du World Trade Center. Dix ans plus tard, John Guillermin remettait ça avec Charles McCracken avec son King Kong 2. En 2005, Peter Jackson embarquait Naomi Watts et Adrien Brody sur l’île de Kong, tandis qu’Andy Serkis interprétait le personnage principal en motion-capture. Nous n’attendions pas forcément le retour de King Kong, mais puisque Kong: Skull Island s’offre à nous, pourquoi le refuser ?

Porté par le triomphe international de Godzilla réalisé par Gareth Edwards et voulant surfer sur les univers étendus à la Marvel, la Warner et Legendary Pictures ont immédiatement donné le feu vert pour ressusciter l’un des monstres les plus célèbres de l’histoire du cinéma, King Kong. Pour cela, les studios ont engagé le jeune cinéaste Jordan Vogt-Roberts, remarqué en 2013 avec son petit film The Kings of Summer. Kong: Skull Island fait donc partie du MonsterVerse et prépare la confrontation avec Godzilla. L’armée américaine s’intéresse de près à une étrange île dans le Pacifique. Pour cartographier le territoire, elle lance des explosifs, ce qui provoque la colère du maître des lieux, Kong, un énorme singe. Le capitaine James Conrad, la journaliste Mason, le lieutenant-colonel Packard et Bill Randa ne vont pas tarder à l’affronter. Sur place, ils rencontrent Marlow, un aventurier qui met les met en garde. Kong n’est peut-être pas leur plus grande menace. Ils doivent davantage se méfier des créatures gigantesques et belliqueuses qui se cachent dans les tréfonds de l’île. Bon, rien de nouveau ici, Kong: Skull Island s’apparente le plus souvent à un pseudo-remake de Jurassic Park (le scénario est d’ailleurs coécrit par Derek Connolly, l’auteur de Jurassic World et de sa prochaine suite), film qui a probablement bercé Jordan Vogt-Roberts. Son film s’éloigne des autres Kong et fait ici la part belle à l’action, notamment aux affrontements des créatures géantes, Kong Vs un calamar géant, Kong Vs des rampants gargantuesques, etc, notre gorille préférée mesurant ici 30 mètres de haut et tenant sur deux pattes !

Kong: Skull Island n’est pas déplaisant, il manque juste de chair et ce n’est pas le casting, réduit à quelques silhouettes qui changent la donne, même si Brie Larson (qui écarquille continuellement les yeux en faisant « Wouhou ! ») en débardeur a également de quoi distraire. Mais Tom Hiddleston qui prend la pose avec son arme, est aussi crédible qu’Adrien Brody dans Predators, autrement dit pas du tout. Mais qu’importe puisque nous ne sommes pas venus pour lui et ses copains, d’autant plus que Samuel L. Jackson est devenu un tel cliché dans ce genre de film qu’on ne fait même plus attention à lui, surtout quand il déclame quelques tirades comme sa plus célèbre dans Pulp Fiction, avec pour seul objectif de tuer Kong, histoire d’oublier la frustration de rentrer du Vietnam la queue entre les jambes. Après une scène d’exposition particulièrement laide et ratée, le film prend un bout de temps à présenter ses personnages dans un contexte donné (après la débâcle de la guerre du Vietnam), avant de se lâcher enfin dans le film pop-corn. Et de ce point de vue-là Kong: Skull Island assure, les effets visuels sont magnifiques (la motion-capture a servi pour créer Kong), tout comme les paysages naturels du Vietnam.

Nourri de références cinématographiques – à défaut d’imposer un réel point de vue – avec Apocalypse Now en première ligne (y compris sur certaines affiches d’exploitation) avec sa photographie brûlée par le soleil, ou même une citation de Cannibal Holocaust durant un face à face avec une araignée géante, ce film d’aventures s’avère généreux avec les spectateurs, même si l’impression d’avoir vu ça pas mal de fois au cinéma subsiste du début à la fin. Divisé en trois parties, Kong: Skull Island pâtit d’un ventre mou en plein milieu dès l’apparition improbable du pourtant excellent John C. Reilly, dont le personnage irritant et supposé apporter un peu d’humour à l’ensemble, ralentit considérablement le film. Mais Kong:Skull Island parvient à faire oublier ses indéniables défauts, y compris ses péripéties largement prévisibles. On se laisse finalement prendre au jeu et le film ravit à la fois les passionnés de blockbusters, de films de monstres et ceux de kaiju. Maintenant vous voulez voir quels seront les prochains monstres bientôt sur vos écrans ? Restez donc après le générique…

LE BLU-RAY

Le test effectué ici est celui de l’édition 2D. Le disque repose avec celui qui propose la version 3D, dans un boîtier Steelbook au visuel élégant. Le menu principal est fixe et muet.

Deux premières featurettes sont d’abord jointes dans le module La Naissance d’un roi. Comme les titres l’indiquent, Fabriquer une icône (12’) et Invoquer un Dieu (13’) reviennent sur la création du nouveau Kong à l’écran, sur la mythologie de la créature au cinéma (avec des images du premier King Kong), son héritage, ainsi que les partis pris, les personnages, les décors. Les comédiens, le réalisateur et les producteurs sont en plein service promotionnel et y vont à fond dans les superlatifs, tandis que des images nous dévoilent l’envers du décor et la création des images de synthèse.

L’une des réussites de Kong: Skull Island est la beauté des décors naturels. Un module est consacré au tournage du film au Vietnam, avec les impressions de l’équipe après leur arrivée et une conférence de presse donnée avant le premier clap (6’).

Les fans de Tom Hiddleston se précipiteront sur le segment intitulé L’Aventurier intrépide (7’), durant lequel le comédien fait part de ses impressions au fil du tournage dispersé entre l’Australie et le Vietnam, en passant par Hawaii.

A travers l’objectif (2’) : Dans Kong: Skull Island, Brie Larson ne possède pas d’autre arme que son appareil photo. Afin d’aider son actrice à « entrer dans son personnage », le réalisateur Jordan Vogt-Roberts lui a confié un véritable Leica qu’elle pouvait réellement utiliser durant les prises de vue. Possédant un talent pour la photographie, une partie des photos de Brie Larson ont ensuite été utilisées pour la promotion du film.

Dans la section Les Dossiers Monarch (8’), l’éditeur joint de fausses archives classées top secret, créées pour le film afin de donner un cachet réaliste aux images militaires, réutilisées pour la promotion de Kong: Skull island. Nous en apprenons plus sur l’île en général, mais aussi et surtout sur les différentes créatures qui la peuplent. Tout cela histoire de poser des éléments pour les prochaines suites en préparation.

4 petites minutes de scènes coupées complètent ces suppléments, dont la présentation originale de Samuel L. Jackson qui fait un discours à ses hommes avant de leur proposer de trinquer ensemble. Ces séquences appuient également la méfiance de James Conrad quand il découvre l’étrange présence d’armes à feu avant de s’embarquer.

Enfin, l’interactivité se clôt sur un commentaire audio du metteur en scène Jordan Vogt-Roberts, disponible en version originale non sous-titrée.

L’Image et le son

Grand spectacle au cinéma, Kong: Skull Island se devait de placer la barre haute pour son arrivée dans les bacs à destination des installations Home-Cinéma. C’est le cas avec ce sublime Blu-ray concocté par Warner qui en met plein les yeux. Tourné grâce aux caméras numériques Arri Alexa XT Plus, Kong: Skull Island doit se voir ou se revoir en Haute définition. Les effets numériques sont ahurissants de beauté, le piqué est affûté comme la lame d’un scalpel, les couleurs impressionnantes, les contrastes léchés, les noirs denses et la profondeur de champ omniprésente. Les détails sont légion à l’avant comme à l’arrière-plan, de jour comme de nuit, le relief ne cesse d’étonner et le rendu des textures est subjuguant. Le nec plus ultra pour apprécier toute la richesse de la photographie du chef opérateur surdoué Larry Fong, à qui l’on doit les images des principaux films de Zack Snyder, 300, Watchmen: Les gardiens, Sucker Punch, mais aussi Batman v Superman: L’aube de la justice. Voilà un beau Blu-ray de démonstration.

Les versions française et originale bénéficient d’un mixage Dolby Atmos particulièrement puissant ! Ne vous en faites pas, si vous ne possédez pas l’installation nécessaire, les pistes mutent en Dolby True HD 7.1 pour la première (également dispo en DTS-HD Master Audio 5.1) et en Dolby Digital + pour la seconde. Dans les deux cas, les dialogues y sont remarquablement exsudés par la centrale, les frontales sont saisissantes, les effets et ambiances dantesques (l’orage, l’affrontement de Kong contre les hélicoptères, tout le film quoi), les enceintes arrière instaurent constamment un environnement musical, tout comme le caisson de basses qui se mêle à l’ensemble avec fracas, notamment quand Kong se déplace et se retrouve face à d’autres créatures de sa taille. Un grand spectacle acoustique !

Crédits images : © Warner Bros. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr