Test Blu-ray / Kickboxer, réalisé par Mark DiSalle & David Worth

KICKBOXER réalisé par Mark DiSalle & David Worth, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 4 juin 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Dennis Alexio, Dennis Chan, Michel Qissi, Haskell V. Anderson III, Rochelle Ashana, Ka Ting Lee, Richard Foo, Ricky Liu…

Scénario : Glenn A. Bruce d’après une histoire originale de Jean-Claude Van Damme et Mark DiSalle

Photographie : Jon Kranhouse

Musique : Paul Hertzog

Durée : 1h37

Année de sortie : 1989

LE FILM

Kurt Sloane souhaite venger son frère Eric, paralysé à vie par le terrifiant Tong Po lors d’un combat de kickboxing. Le souci, c’est que Kurt ne sait pas se battre. Il lui faudra apprendre les rudiments de ce sport auprès du vieux sage Xian Chow.

JCVD Begins ! Né en Belgique en octobre 1960, Jean-Claude Van Varenberg devient un champion national d’arts martiaux et de bodybuilding au début des années 1980. Attiré par le rêve américain, il part aux Etats-Unis en 1982 pour devenir une star de cinéma. Entre deux boulots, il parvient à démontrer ses talents sportifs et acrobatiques aux célèbres producteurs de la Cannon, Yoram Globus et Menahem Golan. Impressionnés, ils misent un film sur celui qui sera désormais célèbre sous le nom de Van Damme. Le film en question est Bloodsport, un triomphe inattendu qui rapporte 40 fois sa mise, soit 65 millions pour 1,5 million de dollars de budget. La carrière de JCVD est lancée.

C’est ainsi l’occasion pour Black Eagle – L’Arme absolue, tourné en même temps que Bloodsport, de surfer sur le succès de ce dernier. Alors second rôle, JCVD est mis à l’avant-plan sur l’affiche, alors que les producteurs misaient au départ sur la vedette Shô Kosugi, spécialisé dans les personnages de ninja pour les films produits par la Cannon dans des oeuvres aux titres explicites : L’implacable ninja (1981), Ninja III (1984) et American Ninja (1985). Si Shô Kosugi a du mal à lever la jambe, JCVD, quasi-mutique, lui vole la vedette en homme de main russe indestructible, prénommé Andreï. Pourtant, il paraît vraiment peu concerné par ce qui se passe, semblant ailleurs, manifestement en trouvant le temps long. Ce qui ne l’empêche pas de faire son petit numéro, comme le lancé de couteau en faisant le grand écart entre deux barils, sous le regard impressionné de quelques marins bourrus. Tout d’abord machine à tuer, son personnage va peu à peu s’adoucir et « s’humaniser » au contact d’une jeune femme qui en pince pour ses pectoraux, derrière lesquels il y a avant tout un coeur qui bas. C’est beau. Mal filmés, les combats – chorégraphiés n’importe comment – ne ressemblent à rien et les séquences d’action sont ridicules à souhait. Black Eagle – L’Arme absolue est une vraie série Z, amusante malgré ses innombrables défauts et le jeu outré de tous les comédiens. Une curiosité. Alors qu’il vient d’enchaîner avec l’inénarrable Cyborg d’Albert Pyun, JCVD est bien décidé à écrire sa légende et écrit pour cela l’histoire de Kickboxer avec Mark DiSalle (en s’inspirant pas mal de Rocky IV c’est vrai), qui co-réalisera le film avec David Worth. Trente ans plus tard, ce film demeure un des plus connus et emblématique du comédien. Culte, souvent parodié (de Hot Shots 2 de Jim Abrahams à Pattaya de Franck Gastambide), Kickboxer possède un charme inaltérable et a largement contribué à faire de Jean-Claude Van Damme une star de cinéma, a movie star.

Eric Sloane (Dennis Alexio avec sa moustache) dit l’« Éliminateur », champion du monde du kick-boxing dans son pays, voyage avec son frère Kurt en Thaïlande, pays dont est issu le noble art, pour y affronter leur champion : Tong Pô, incarné par Michel Qissi, dont le personnage est passé à la postérité. Malgré les avertissements de son frère, Eric décide d’affronter son adversaire. Mais cela se passe mal, Eric est battu sauvagement et reçoit un terrible coup au dos alors qu’il est déjà au sol et hors de combat. Avec l’aide de Winston Taylor, un compatriote américain, Kurt amène Eric à l’hôpital dans l’espoir que celui-ci soit rétabli, mais le médecin lui annonce qu’Eric a la moelle épinière sectionnée et restera définitivement paraplégique. Bouleversé de chagrin et de colère, Kurt souhaite se venger en affrontant Tong Pô. Pour ce faire, Winston lui conseille d’apprendre le muay-thaï auprès de Xian Chow, un ancien maître (« Prêt à te protéger ? ») vivant en ermite loin de tout. Pendant son entraînement, Kurt apprendra que Tong Pô est un dangereux criminel qui a la mainmise sur tout le village dont est originaire Mylee, la jeune nièce de Xian dont Kurt tombe amoureux, et fait payer les habitants en échange de sa protection.

Quand on pense à Kickboxer, la séquence qui vient immédiatement en tête est celle où les combattants trempent leurs gants traditionnels de chanvre dans de la résine et du verre pilé. Puis le combat à l’ancienne qui s’ensuit avec des bons coups de poing et de tatane dans la tronche avec les bruitages « Pam-Pif-Paf » au diapason et les cris de JCVD tous muscles tendus. Beaucoup plus crédible dans ses prouesses physiques que dans les scènes dramatiques, Van Damme continue d’apprendre le métier d’acteur ou « l’acting » et même si ce n’est pas encore ça, les séquences d’action s’avèrent de mieux en mieux chorégraphiées (par JCVD lui-même), découpées et rythmées. Toutes les scènes d’entraînement – tournées dans les magnifiques décors naturels de la Thaïlande – sont anthologiques, tout comme celle de la danse éméchée avec le célèbre déhanché du belge aware. Bref, Kickboxer est un putain de bon film devant lequel le spectateur nourri au bon grain (argentique), à la VHS et aux multi-(re)diffusions passera toujours un excellent moment.

Une valeur sûre qui sera suivie par quatre suites (dont deux réalisées par Albert Pyun), puis par un remake-suite-reboot Kickboxer : Vengeance de John Stockwell (2016) puis sa suite Kickboxer : Retaliation (2017). Mais c’est une autre (et mauvaise) histoire.

LE BLU-RAY

Kickboxer était l’un des titres prévus par ESC Distribution depuis au moins trois ans. L’un des meilleurs films avec Jean-Claude Van Damme est enfin disponible en Haute-Définition !! Cette édition collector limitée se compose du DVD, du Blu-ray et d’un poster ! Le menu principal est bien kitsch, animé et musical.

En ce qui concerne les suppléments, on déchante rapidement…L’auteur de ces mots avait été mis au courant de cette sortie en 2016 et l’on pouvait donc s’attendre à des bonus conséquents…et surtout intéressants. Malheureusement, le résultat est décevant et sent la précipitation.

On sauve l’interview de Jean-Claude Van Damme (17’) enregistrée dans une salle de sport, en dépit d’une captation de son médiocre. Si le plaisir est toujours évident d’écouter les souvenirs de JCVD, on ne peut pas s’empêcher de regretter que les propos partent dans tous les sens, le tout peu aidé par un montage approximatif. L’ami Jean-Claude revient sur son enfance, sur son parcours, sur sa découverte de la Thaïlande quand il avait 18 ans. Heureusement, JCVD en vient à Kickboxer, même si on a surtout l’impression que le comédien s’attarde plus sur Bloodsport – Tous les coups sont permis. Il évoque également son amitié avec Michel Qissi (Tong Po), qu’il a réussi à imposer aux producteurs en le grimant comme ce sera le cas dans le film. Enfin, Van Damme parle de son prochain et dernier film d’arts martiaux, The Tower, qu’il interprétera et réalisera en 2020.

L’éditeur a eu l’excellente idée d’aller à la rencontre d’Hélène Merrick (21’). Charmante, simple, spontanée et passionnée, la « Fille de Starfix » partage ses souvenirs et anecdotes sur Jean-Claude Van Damme, qu’elle a soutenu dès son premier long métrage en vedette, Bloodsport – Tous les coups sont permis et qui est depuis devenue l’une des amie du comédien. Si vous avez déjà lu son livre Dans leurs gros bras (Ecrituriales), que nous vous conseillons grandement, alors les propos tenus ici par la journaliste (leur rencontre pour Ciné News, l’ascension de Van Damme) ne seront pas inédits pour vous, mais passer un petit moment en compagnie d’Hélène Merrick ne se refuse pas. Dommage toutefois que la forme laisse franchement à désirer avec des transitions redondantes, montées maladroitement comme un documentaire amateur.

Quant au reste…Certes André Zeitoun, instructeur de muay-thaï au Studio Punch by Team Zeitoun depuis 1990, est attachant et enjoué à l’idée de parler de Kickboxer, mais n’y avait-il pas d’autres interlocuteurs ? D’autant plus qu’André Zeitoun apparaît dans deux modules. Durant le premier (8’), le sportif fait une démonstration des techniques de combat. Il y a plus d’infos à glaner dans le second segment (21’), André Zeitoun évoque sa rencontre avec JCVD en 2000 au cours d’une compétition à Las Vegas, avant d’en venir plus précisément à sa découverte de Kickboxer à sa sortie en 1989. C’est ici la parole donnée à un fan et professionnel du muay-thaï, mais ce supplément risque une fois de plus de décevoir ceux qui attendaient une interactivité digne de ce nom.

L’Image et le son

Bon…pas de miracle en ce qui concerne l’élévation HD sur ce titre, même si nous pouvions espérer le contraire. Ce qui choque tout d’abord, c’est de se retrouver devant une copie au grain original bien trop lissé, voire inexistant. Le teint des comédiens apparaît bien cireux (ou rougeâtre) et l’ensemble possède un côté artificiel souvent peu ragoûtant. L’ensemble est stable, rien à redire là-dessus. En revanche, des points, des rayures, des traits bleus, des tâches noires apparaissent ici et là. Les détails sont appréciables sur toutes les scènes d’entraînement, le piqué, les contrastes et la clarté sont aléatoires mais plus nets sur les séquences diurnes. Les noirs manquent de concision et finalement, la séquence de baston finale s’en sort le mieux avec sa photo plus ambrée. Au final, ce master HD est décevant…

La version originale bénéficie d’une option DTS-HD Master Audio 5.1 complètement anecdotique et déplacée car tous les effets latéraux (bruitages, acclamations de la foule) apparaissent bien élevés et donc artificiels. Cette 5.1 profite essentiellement à la spatialisation musicale. Privilégiez donc la Stéréo anglaise, nettement plus dynamique et naturelle, même si la version française, avec laquelle la majorité des spectateurs ont grandi, reste la plus agréable pour visionner et apprécier Kickboxer.

Crédits images : © LionsGate / ESC Editions / ESC Distribution / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / L’Heure de la sortie, réalisé par Sébastien Marnier

L’HEURE DE LA SORTIE réalisé par Sébastien Marnier, disponible en DVD le 23 mai 2019 chez Blaq Out

Acteurs : Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory, Grégory Montel, Luàna Bajrami, Thomas Scimeca, Gringe, Adèle Castillon, Véronique Ruggia, Victor Bonnel, Matteo Perez…

Scénario : Sébastien Marnier, Elise Griffon d’après le roman éponyme de Christophe Dufossé

Photographie : Romain Carcanade

Musique : Zombie Zombie

Durée : 1h44

Année de sortie : 2019

LE FILM

Lorsque Pierre Hoffman intègre le prestigieux collège de Saint Joseph il décèle, chez les 3e1, une hostilité diffuse et une violence sourde. Est-ce parce que leur professeur de français vient de se jeter par la fenêtre en plein cours ? Parce qu’ils sont une classe pilote d’enfants surdoués ? Parce qu’ils semblent terrifiés par la menace écologique et avoir perdu tout espoir en l’avenir ? De la curiosité à l’obsession, Pierre va tenter de percer leur secret…

Souvenez-vous, il y a trois ans…A la sortie d’Irréprochable, son premier long métrage, nous avions fait le pari que nous entendrions à nouveau parler du réalisateur Sébastien Marnier. Journaliste et écrivain (Mimi, Une vie de petits fours), ce dernier avait signé avant cela quelques courts métrages, dont Le Grand avoir en 2002 et Le Beau Jacques en 2003 avec Philippe Nahon. Véritable coup de maître sorti au milieu de blockbusters estivaux, porté par une critique quasi-unanime, Irréprochable, thriller social et psychologique nappé d’humour noir, nous avait laissés pantois. L’Heure de la sortie confirme tout le bien que l’on pensait de ce nouvel auteur et cinéaste. Après avoir offert son plus grand rôle à Marina Foïs, Sébastien Marnier s’impose comme un immense directeur d’acteurs dans L’Heure de la sortie, porté par un impérial Laurent Lafitte et une poignée de jeunes comédiens épatants, troublants et ambigus. Entre David Lynch, Michael Haneke, John Carpenter et plus récemment de Jeff Nichols, ne manquez pas ce chef d’oeuvre instantané.

Pierre, un professeur en collège, se retrouve en charge d’enseigner une classe de troisième expérimentale, composée de douze élèves surdoués, suite au suicide de leur professeur. La venue de Pierre est mal vue par cette classe, qui ne tardera pas à le lui faire sentir. Au fur et à mesure que les jours passent, le professeur se doute que tout ne tourne pas rond et ne va pas tarder à découvrir la vérité.

Nous attendions impatiemment le nouveau long métrage de Sébastien Marnier, longuement mûri par le cinéaste pendant près de dix ans et qui souhaitait à l’origine en faire son premier film. Nous ne sommes pas déçus. Le réalisateur va même encore plus loin qu’Irréprochable en se frottant au genre fantastique par petites touches réalistes, tout en enfermant ses personnages et les spectateurs dans un environnement anxiogène et glaçant. Très bien entouré par Emmanuelle Bercot, Gronge, Pascal Greggory et Grégory Montel, Laurent Lafitte apparaît une fois de plus là où on ne l’attendait pas, même si l’environnement inquiétant et énigmatique rappelle parfois l’excellent et sous-estimé K.O. de Fabrice Gobert (Simon Werner a disparu…, la série Les Revenants) dans lequel il tenait déjà le haut de l’affiche. Dans L’Heure de la sortie, adaptation du roman éponyme de Christophe Dufossé (2002), son personnage quelque peu mal aimable, est plongé malgré-lui dans l’univers sous-cloche d’un collège réputé pour ses meilleurs élèves, tous réunis dans une même classe. Face au comédien, les adolescents Luàna Bajrami, Victor Bonnel, Adèle Castillon, Matteo Perez, Thomas Guy et Léopold Buchsbaum impressionnent par leur charisme, leur spontanéité et tiennent la dragée haute à leur partenaire.

Non seulement Sébastien Marnier jongle avec les genres (SF, thriller paranoïaque, drame) avec virtuosité et une impressionnante maturité, en ayant bien digéré ses références, mais son film délivre également un message écologique alarmant, sans être pesant ou donneur de leçons. L’Heure de la sortie flatte à la fois les sens, le coeur et l’âme, réconcilie les amateurs de films d’auteurs et populaires, tout en titillant constamment l’intelligence du spectateur, en lui faisant perdre ses repères, en le déstabilisant sans cesse. Parallèlement, le réalisateur soigne chacun de ses cadres et sa mise en scène subjugue du début à la fin, le tout nappé par la partition entêtante du groupe Zombie Zombie.

De nombreuses scènes s’impriment d’ores et déjà dans nos mémoires, à l’instar du final, vertigineux, qui ne cesse de hanter l’auteur de ces mots depuis des mois. Récompensé au Festival international du film francophone de Namur, au festival international du film de Catalogne, ainsi que par le Prix Jean-Renoir des lycéens, L’Heure de la sortie est un des films les plus riches, les plus aboutis, les plus ambitieux et les plus marquants que vous aurez l’occasion de voir en 2019.

LE DVD

Point de Blu-ray pour L’Heure de la sortie et c’est bien dommage…Le DVD est disponible chez Blaq Out. Le menu principal est fixe et musical.

Les suppléments sont peu nombreux. On apprécie les scènes coupées (8’30), centrées sur le personnage de Laurent Lafitte, même si l’on pouvait espérer un commentaire audio pour apprendre la raison de leur éviction.

Un montage de 15 minutes montre également le comparatif avant/après l’incrustation des effets numériques.

Et c’est tout ! Aucun entretien avec le réalisateur, ni court-métrage ou même la bande-annonce !

L’Image et le son

Le master de L’Heure de la sortie est plutôt bichonné par Blaq Out. Le cadre large est élégant, les couleurs soignées et le piqué suffisamment aiguisé. Les contrastes sont assurés, denses et riches, les détails ne manquent pas et la profondeur de champ est soignée. Malgré un sensible bruit vidéo sur les arrière-plans, des moirages et un léger fléchissement de la définition sur les scènes en intérieur, la copie demeure éclatante. La belle photo riche et contrastée du chef opérateur Romain Carcanade, passe agréablement le cap du petit écran.

La piste Dolby Digital 5.1 offre un agréable confort acoustique, proposant une large ouverture frontale, divers effets latéraux (gros travail sur le son) et une belle spatialisation musicale. De son côté, la Dolby Stéréo 2.0 remplit aisément son contrat avec une balance des avant ferme et savamment équilibrée. À noter la présence de sous-titres français pour sourds et malentendants, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Blaq Out /
Haut et Court / Laurent Champoussin / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Creed II, réalisé par Steven Caple Jr.

CREED II réalisé par Steven Caple Jr., disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 15 mai 2019 chez Warner Bros.

Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Dolph Lundgren, Florian Munteanu, Russell Hornsby, Wood Harris…

Scénario : Sascha Penn, Cheo Hodari Coker, Sylvester Stallone, Juel Taylor

Photographie : Kramer Morgenthau

Musique : Ludwig Göransson

Durée : 2h10

Année de sortie : 2019

LE FILM

La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

2016. Le projet était casse-gueule et sommeillait depuis pas mal de temps. Hollywood attendait probablement le bon acteur et le bon réalisateur. N’y allons pas par quatre chemins Creed – L’Héritage de Rocky Balboa s’est avéré un véritable miracle cinématographique. Reprenons. Ce spin-off centré sur le fils d’Apollo Creed, est réalisé par Ryan Coogler, jeune cinéaste tout juste âgé de 30 ans, révélé par l’acclamé Fruitvale Station, Prix du public et Grand prix du jury du Festival de Sundance en 2013. Ce premier long métrage avait également permis au comédien Michael B. Jordan, vu dans l’excellent Chronicle de Josh Trank en 2012, de confirmer son talent précoce. Il se glisse à merveille dans le short et les gants d’Adonis Creed, fils illégitime de l’ancien champion du monde des poids lourds, adversaire de Rocky Balboa dans les deux premiers opus, entraîneur dans L’Oeil du Tigre, puis meilleur ami dans Rocky IV dans lequel il meurt sur le ring face à Ivan Drago (Dolph Lundgren). Après le retour inespéré de Rocky dans le magnifique Rocky Balboa en 2006, Sylvester Stallone, qui avait jusqu’à maintenant écrit tous les opus de la saga, n’apparaît ici qu’en tant que comédien et reprend donc son rôle mythique pour le plus grand plaisir de ses fans. Plus qu’un spin-off, il s’agit d’une suite logique au sixième et précédent épisode.

Nous retrouvions donc ce cher vieux Rocky dans son resto déserté de Philadelphie. Rattrapé par l’âge, veuf, ayant également perdu son beau-frère Paulie, Rocky regarde le temps passer, en espérant recevoir quelques nouvelles de son fils. Il vit au jour le jour quand un jeune homme se présente à lui et lui demande de l’entraîner à la boxe. Il dit être le fils d’Apollo Creed, dont le fantôme hante encore Rocky avec les photos qui ornent les murs de son restaurant. Rocky ne sait pas d’où sort ce jeune homme bien décidé à enfiler les gants et après quelques hésitations décide de l’aider, ce qui va lui permettre également de sortir de son quotidien qui se résume essentiellement à se recueillir sur la tombe d’Adrian pour lui lire le journal. Adonis de son côté souhaite se faire un prénom et assumer le nom d’un père qu’il n’a pas connu puisque mort avant sa naissance. Passionné par la boxe, il a mené une enfance difficile, à la force des poings dans les orphelinats, avant d’être adopté par la veuve d’Apollo Creed qui avait appris que son époux avait eu un enfant avec une autre femme. Adonis est à la recherche de ses origines et décide de rencontrer l’homme qui a su tenir tête à son père. Creed – L’Héritage de Rocky Balboa est l’histoire d’une double filiation. Adonis est le fils d’Apollo et va rencontrer un père spirituel en la personne de Rocky. Creed est l’héritier de 40 ans de cinéma, d’une saga anthologique.

Si pour la première fois Rocky ne se bat pas sur le ring, son combat est ailleurs. Et Sylvester Stallone est extraordinaire. Récompensé par le Golden Globe du meilleur second rôle, le comédien aurait largement mérité l’Oscar. Michael B. Jordan est formidable, autant crédible dans les scènes intimistes que sur le ring, scènes pour lesquelles le jeune acteur s’est soumis à un entraînement physique impressionnant et un régime alimentaire strict.

Adonis va se découvrir, probablement naître pour la première fois. Se découvrir aux côtés de l’homme qui a le mieux connu son père. Découvrir aussi l’amour auprès de Bianca, interprétée par la superbe Tessa Thompson. Accepter qui était son père tout en s’imposant lui-même. C’est un hommage de Ryan Coogler (également scénariste avec Aaron Covington), remarquablement filmé, monté et photographié. La nostalgie est là, elle fonctionne, surtout lorsque retentit le thème principal de Bill Conti (frissons garantis) et que la statue de Rocky apparaît en haut des marches emblématiques du Philadelphia Museum of Art. Mais Creed ne repose pas que sur cela et c’est là toute la réussite de cette entreprise. Le passage de relais se fait dans la tradition des Rocky. La relève est bien assurée et adoubée par le maître en personne. Relève mais aussi un nouveau départ. La mythologie perdure et c’est superbe.

Tourné pour un budget de 35 millions de dollars, Creed – L’Héritage de Rocky Balboa en a rapporté près de 110 millions sur le sol américain, près de 60 dans le reste du monde et attiré 1,7 million de spectateurs dans les salles françaises.

Creed II arrive donc logiquement dans les salles en 2019. Et l’histoire reprend là où elle s’était arrêtée. Trois ans après le match contre le champion du monde qui l’a fait connaître du public, Adonis Creed s’est fait un nom sous le mentorat de Rocky Balboa. Le jeune boxeur devient champion du monde dans la catégorie « poids lourds », récupérant le titre à « Stuntman » Wheeler. Adonis est sur un nuage et vit sereinement avec sa petite-amie chanteuse, Bianca. Mais tout s’assombrit à Philadelphie lorsqu’Ivan Drago, le boxeur russe qui a tué son père Apollo il y environ 30 ans, arrive sur le sol américain avec son fils Viktor, pour défier Adonis. Ne suivant pas les conseils de Rocky, Adonis relève le défi sans être épaulé par son mentor. Il en paie le prix fort dans une joute punitive qu’il gagne seulement par disqualification. Maintenant blessé et démoralisé, Adonis peine à se remettre à la boxe, laissant son esprit en divagation et son titre en péril. Sa famille et Rocky doivent donc trouver un moyen de relancer l’esprit de combat d’Adonis pour affronter l’avenir quoi qu’il advienne.

Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson et Phylicia Rashād sont de retour. Mais l’argument de ce deuxième opus de la franchise Creed est sans conteste la participation du grand Dolph Lundgren, qui reprend ici son rôle emblématique d’Ivan Drago, qui l’a fait connaître aux spectateurs du monde entier dans Rocky IV. Il est ici accompagné de Florian Munteanu, né en Allemagne et d’origine roumaine, boxeur professionnel, qui interprète le fils d’Ivan Drago. Si son gabarit impressionne (1m95 pour 106 kg), on ne peut pas en dire autant de son charisme et l’apprenti comédien fait pâle figure à côté de Dolph Lundgren, qui bouffe l’écran à chaque apparition. Encore plus que pour Creed premier du nom, l’intérêt de cette suite vaut pour la « suite » de Rocky IV quand l’Etalon italien se retrouve face à son ancien adversaire. A ce moment-là, les frissons sont bel et bien présents.

Cependant, Creed II pâtit d’un personnage principal dont on se désintéresse petit à petit. Michael B. Jordan a beau faire de son mieux sur le ring, ses scènes avec la belle Tessa Thompson (quelque peu oubliée dans l’histoire) n’ont jamais la force de celles de Rocky avec Adrian dans la première saga et le comédien peine à rendre son personnage aussi attachant que dans Creed et multiplie les froncements de sourcils. Soyons honnêtes, nous n’avons d’yeux que pour Sylvester Stallone et Dolph Lundgren. Outre une apparition rapide de Brigitte Nielsen, qui reprend elle aussi son rôle créé il y a plus de trente ans, le nouveau venu est ici le réalisateur Steven Caple Jr, qui remplace Ryan Coogler (parti chez Marvel pour réaliser Black Panther) derrière la caméra et après le désistement de Sylvester Stallone aux manettes. La mise en scène est ici plus fonctionnelle, beaucoup moins inspirée et ambitieuse sur les séquences de combat, tandis que le cinéaste ne parvient pas à insuffler un rythme suffisamment dynamique sur les 130 minutes de son second long métrage. Néanmoins, cela n’empêche pas de verser de nombreuses larmes quand Sly est filmé en gros plan, son visage très fatigué, ses yeux mi-clos, jusqu’au final bouleversant qui boucle admirablement l’itinéraire de son personnage mythique, enfin apaisé, qui peut espérer couler des jours heureux en attendant de retrouver sa bien-aimée Adrian.

Quant à Adonis, le passage de flambeau est cette fois définitif et un troisième volet, surtout sans Rocky puisque Stallone a déclaré avoir fait ses adieux à son personnage dans Creed II, serait une erreur. Mais tout est possible, d’autant plus que ce second chapitre a encore mieux fonctionné que le premier, aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde. Nous verrons bien.

LE BLU-RAY

Creed II arrive dans les bacs chez Warner Bros., en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD. Le menu principal est fixe et musical. Le disque repose dans un boîtier classique, économique et de couleur bleue.

L’interactivité est pour ainsi dire la même que pour l’édition HD de Creed.

On commence par un module intitulé Fathers & Sons (7’), au cours duquel le réalisateur Steven Caple Jr., les comédiens et le producteur Irwin Winkler reviennent sur les personnages, leur psychologie et les liens qui les unissent. Les thèmes du film sont ici explorés, tandis que des images révèlent l’envers du décor et la préparation des acteurs.

Le second supplément se concentre sur le casting organisé pour trouver l’interprète de Viktor Drago (6’). Parmi plusieurs centaines de postulants, Sylvester Stallone aura finalement jeté son dévolu sur le boxeur professionnel Florian Munteanu.

Ensuite, les femmes de Creed II, autrement dit Tessa Thompson et Phylicia Rashād, ne sont pas oubliées et bénéficient d’un petit reportage de six minutes, consacré à leurs personnages.

Plus conséquent, le bonus intitulé The Rocky Legacy (15’), propose un retour sympathique sur la saga et son héritage, aussi bien au cinéma que dans la culture populaire. L’ensemble est présenté par Dolph Lundgren, qui s’entretient d’ailleurs avec Sly en regardant quelques extraits de Rocky IV.

Enfin, nous trouvons dix minutes de scènes coupées, très réussies, notamment celle où Rocky rend hommage à l’un de ses amis lors d’une cérémonie funèbre (sublime Stallone) et une autre intervenant après le match final où tous les personnages se font face dans le vestiaire, Adonis avec Viktor, Adonis face à Ivan, puis Rocky face à Ivan. Une séquence superbe. Dommage de ne pas retrouver la scène regrettée par Sylvester Stallone car coupée au montage, où Rocky et Ivan Drago en venaient aux mains, avant d’être séparés par la sécurité.

L’Image et le son

Que voilà un bel objet ! Warner met les petits plats dans les grands et offre à la photo de Kramer Morgenthau, jusqu’alors habitué aux nanars et navets (Terminator Genisys, Thor: Le monde des ténèbres, Godsend, expérience interdite) ,un superbe écrin qui restitue adroitement les partis pris esthétiques originaux. Le piqué est diaboliquement ciselé, le cadre large flatte les rétines, tout comme un léger grain d’ailleurs, les contrastes sont particulièrement tranchés, les noirs concis et la colorimétrie est sublime. L’ensemble est soutenu par une compression AVC de haute volée et fort élégante, les détails sont légion, le relief omniprésent et la profondeur de champ toujours présente. Un master HD (1080p, AVC) brillant, dense et minutieux, en un mot superbe.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre un mixage Dolby Atmos-TrueHD anglais (également disponible en DTS-HD Master Audio 5.1), aussi percutant dans les scènes d’affrontements secs que dans les échanges plus intimistes. Les séquences sur le ring peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales. Les effets annexes sont très présents et dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des actions au moment opportun. La spatialisation est en parfaite adéquation avec le ton du film. En revanche, la piste française, proposée dans un pauvre Dolby Digital 5.1, parvient à s’en sortir, même s’il n’y a pas de comparaison possible avec la version originale.


Crédits images : © MGM, Warner Bros. Pictures, New Line Cinema, Chartoff-Winkler Productions

Test Blu-ray / Aquaman, réalisé par James Wan

AQUAMAN réalisé par James Wan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 19 avril 2019 chez Warner Bros.

Acteurs : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Yahya Abdul-Mateen II, Temuera Morrison, Ludi Lin, Michael Beach, Randall Park, Graham McTavish…

Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick, Will Beall

Photographie : Don Burgess

Musique : Rupert Gregson-Williams

Durée : 2h23

Année de sortie : 2018

LE FILM

Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

Après un caméo dans Batman v Superman : L’Aube de la justice et une participation plus conséquente dans le film malade Justice League, Aquaman a enfin droit à sa première aventure solo sur grand écran. Voulant dépoussiérer le personnage quelque peu falot du comics créé par Paul Norris et Mort Weisinger dans le numéro 73 de More Fun Comics publié en 1941, Zack Snyder a jeté son dévolu sur Jason Momoa. L’acteur né en 1979 avait jusqu’alors traîné son mètre 93 dans la série Alerte à Malibu à la fin des années 1990, puis dans Stargate Atlantis (comme par hasard) de 2005 à 2009, avant d’apparaître progressivement dans la série Game of Thrones dans laquelle il interprétait le marquant Khal Drogo dans dix épisodes. Le cinéma lui fait alors les yeux doux. En 2011, il obtient le rôle-titre de Conan dans le film éponyme de Marcus Nispel, avant d’affronter Sylvester Stallone dans le réjouissant Du plomb dans la tête de Walter Hill. Zack Snyder passe alors le relais à l’excellent James Wan, qui prend en charge cette superproduction de 180 millions de dollars. N’y allons pas par quatre chemins, Aquaman est l’un des meilleurs films issus de l’écurie DC Comics. Si James Wan se lâche encore une fois derrière la caméra pour livrer un blockbuster frappadingue, coloré et suprêmement divertissant, le personnage revenait de droit à Jason Momoa, impérial, drôle, bad-ass, qui rappelle la décontraction légendaire d’Arnold Schwarzenegger au bon vieux temps des années 1980. Aquaman est LE film DC que nous n’attentions pas forcément. La surprise est donc de taille !

En 1985 dans le Maine, le gardien de phare Tom Curry découvre Atlanna, une Atlante blessée, qu’il recueille et soigne. L’homme de la terre et la femme de la mer tombent vite amoureux. De leur amour naît un fils, Arthur. Lorsque les hommes du roi de l’Atlantide retrouvent sa promise Atlanna, celle-ci doit retourner dans son royaume et laisser son fils à Tom, craignant que les Atlantes ne les tuent tous les trois si elle ne revient pas. 33 ans plus tard, Arthur est devenu Aquaman, après des années d’entraînement avec son mentor Nuidis Vulko. Alors qu’il sauve les matelots d’un sous-marin russe de classe Akula, Aquaman se fait un nouvel ennemi, le pirate David Kane, lorsqu’il laisse mourir son père Jesse dans le submersible qui sombre vers les abysses. Il s’avère que les Kane ont été secrètement mandatés par Orm, roi d’Atlantis et demi-frère d’Arthur, pour manipuler le Roi Nérée du royaume de Xebel qu’il veut rallier à son projet d’attaque des hommes de la terre surnommés les Surfaciens. En effet, Orm est excédé par les exactions commises par le monde de la surface sur les océans (pollution, pêche excessive) et a décidé de déclarer la guerre aux Surfaciens. Or pour cela, il lui faut l’appui d’au moins trois autres populations sous-marines (et ainsi obtenir une majorité de quatre royaumes sur sept), et le seul moyen de les avoir à ses côtés est de rallier le roi Nérée, pour soumettre les deux autres l’une après l’autre. Alors que Vulko et Orm rencontrent Nérée dans un coin reculé de l’océan, ils sont attaqués par l’Akula. De nombreux Atlantes sont tués dans l’affrontement. C’est ce qu’il fallait pour convaincre Nérée, jusque-là réticent ; il décide dès lors de se joindre à Orm et ils lancent un avertissement au monde de la surface : une vague gigantesque s’abat sur les côtes, rejetant des tonnes de déchets sur les côtes et rendant les plages inutilisables. Arthur en fait les frais : alors qu’il rentrait chez lui avec son père en voiture, la vague s’est abattue sur leur voiture, manquant de noyer son père. Mera, fille du roi Nérée et promise d’Orm, sauve la vie de Tom grâce à ses pouvoirs hydrokinétiques et convainc Arthur de la suivre à Atlantis : en tant que fils aîné de la reine Atlanna, Arthur peut contester le trône à Orm, surtout s’il a en sa possession le trident légendaire du roi Atlan qui a été forgé il y a des millénaires mais perdu depuis la chute d’Atlantis sous l’eau.

Après la déconvenue de Justice League, malgré ses 650 millions de dollars de recette, DC misait gros avec son super-héros Aquaman, et ce en dépit de sa popularité moindre par rapport à Superman, Batman et Wonder Woman. Le mot d’ordre était visiblement de ne plus se prendre la tête. Tant mieux pour eux et surtout tant mieux pour nous, car Aquaman est un immense divertissement, cool, bourré d’action, lumineux, parfois régressif (les dialogues semblent parfois avoir été écrits par un gamin), ne reculant devant aucun effet outrancier pour offrir aux spectateurs ce qu’ils sont venus chercher sur le grand écran. Si le DC Extended Universe est pour ainsi dire mort au cinéma, on souhaiterait immédiatement reprendre une tranche des aventures d’Aquaman.

En quinze années de carrière, James Wan aura marqué le genre horrifique avec Saw, Dead Silence, les deux premiers Insidious, les deux opus de Conjuring, avant de se voir confier les rênes de Fast and Furious 7. Résultat, 1,5 milliard de dollars à travers le monde et une franchise une fois de plus relancée. Le réalisateur sino-malaisien avait très vite repoussé les limites de l’entertainment, avec un ton résolument cartoonesque et proche de l’univers de Tex Avery sous stéroïdes croisé avec Mission Impossible et L’Agence tous risques. Ce succès monstrueux lui a donc permis de se voir offrir Aquaman, avec lequel il s’est amusé tout du long.

Les effets spéciaux sont ultra-spectaculaires, les affrontements impressionnants, l’humour bon enfant et le casting, Jason Momoa donc, mais aussi l’incendiaire Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Temuera Morrison au diapason. Le seul bémol, comme bien souvent chez DC Comics, provient du badguy de pacotille, ici Black Manta interprété par Yahya Abdul-Mateen, aussi grimaçant que l’horripilant Jamie Foxx et ici improbable dans le rôle du « méchant qui veut tuer la gentille » dans son costume qui renvoie aux adversaires des Bioman. Mais peu importe, car le ton est ici résolument à la gaudriole, ce qui manquait cruellement à l’univers DC Comics au cinéma.

Visiblement, Marvel a fait des émules, heureusement, car les spectateurs s’attachent beaucoup plus à des personnages qui possèdent quelques punchlines de côté, plutôt qu’à des héros taciturnes plongés dans leur trauma. Tout le monde est donc ici parfaitement à sa place, on en prend plein les yeux (chapeau aux décors et créatures), plein les oreilles, le spectacle est total pendant plus de deux heures, bref ON EN REDEMANDE !!!

LE BLU-RAY

Le Blu-ray testé repose dans un boîtier classique et économique de couleur bleue. Le visuel de la jaquette reprend celui d’une des affiches d’exploitation. Même chose pour le menu principal, fixe et musical.

Warner et DC ont mis les petits plats dans les grands avec 1h40 de suppléments !

S’ils se trouvent divisés en une dizaine de modules, il s’agit bel et bien d’un vrai et grand making of. Chaque segment revient sur un élément spécifique. La préparation de Jason Momoa (qui s’amuse comme un gosse sur le plateau), la création du monde d’Aquaman avec James Wan (omniprésent) qui passe en revue les créatures aquatiques, les costumes, les effets spéciaux, la préparation des scènes d’action, les personnages, les armes, la technologie, le tout largement illustré par moult images de tournage, des dessins préparatoires, des screen-tests. Le réalisateur, mais aussi les comédiens et les responsables des équipes techniques interviennent à tour de rôle pour parler des 100 jours de tournage. Un retour exhaustif sur ce blockbuster, une interactivité impressionnante.

Cette section se clôt sur un aperçu du film DC Shazam ! (3’30), qui a connu plus de déboires dans les salles…

L’Image et le son

Nous n’avons pas pu mettre la main sur l’édition 4K, mais peu importe, car le résultat en (simple) HD est absolument fabuleux ! L’image est tellement ahurissante que l’on parvient à distinguer les détails apportés aux costumes et créatures désirés par le réalisateur. Disque de démonstration, l’édition Blu-ray d’Aquaman aveugle avec ses scènes luminescentes, la transparence de l’eau, ses bleus tétanisants (mais aussi les teintes marron, vertes et rouges), son piqué acéré comme la lame d’un scalpel et ses contrastes d’une densité abyssale (oh oh). Ajoutez à cela des détails à foison aux quatre coins du cadre et des noirs sublimes, une profondeur de champ de dingue et vous obtenez ce qui s’avère probablement un des plus impressionnants Blu-ray actuellement sur le marché. On reste bouche-bée, c’est splendide. Notons également que le format oscille entre le 2.40 et 1.78 plein cadre, ce dernier cadre renvoyant aux spectaculaires séquences diffusées en IMAX dans les salles équipées, autrement dit toutes les scènes sous-marines. Le procédé est toujours un peu cavalier, mais le résultat n’en demeure pas moins spectaculaire.

Comme pour l’image, votre home-cinéma est mis à rude épreuve avec le film de James Wan et ce dès la première séquence se déroulant à bord d’un sous-marin. Par ailleurs, nous vous conseillons de visionner le film en plein jour pour éviter tout tapage nocturne. Les pistes anglaise et française sont disponibles en Dolby Atmos (compatibles Dolby TrueHD 7.1 pour la VF et Dolby Digital + pour la VO) et en DTS-HD Master Audio 5.1. Les deux premières bénéficient d’un mixage explosif qui exploite le moindre recoin de votre installation dans un tourbillon acoustique aussi retentissant que renversant. Toutes les enceintes distillent un lot d’effets en tous genres durant plus de deux heures, la musique est particulièrement servie par une éblouissante spatialisation et les dialogues ne manquent jamais de punch ni de fluidité sur la centrale. Les pistes DTS-HD Master Audio conviendront largement à ceux qui ne seraient pas encore équipés en Atmos. Démentiel !

Crédits images : ©
2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. / © DC Comics / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Happy Birthday To Me, réalisé par J. Lee Thompson

HAPPY BIRTHDAY TO ME réalisé par J. Lee Thompson, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 9 mai 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Melissa Sue Anderson, Glenn Ford, Lawrence Dane, Sharon Acker, Frances Hyland, Tracey E. Bregman, Jack Blum, Matt Craven, Lenore Zann, Lisa Langlois…

Scénario : John C.W. Saxton, Peter Jobin, Timothy Bond

Photographie : Miklós Lente

Musique : Bo Harwood, Lance Rubin

Durée : 1h50

Année de sortie : 1981

LE FILM

Virginia a été victime d’un grave accident dans lequel a péri sa mère; Après une opération du cerveau, elle retourne au lycée. Très bonne, élève, elle souffre cependant de troubles de la mémoire. Elle intègre rapidement une confrérie réunissant les meilleurs élèves. Mais les membres de ce petit groupe sont assassinés les uns après les autres dans des circonstances aussi sanglantes que surprenantes.

Complètement méconnu en France, en dehors – bien entendu – des aficionados qui en ont fait depuis un vrai petit classique, Happy Birthday To Me sous-titré Souhaitez ne jamais être invité dans nos contrées, est un slasher tourné en plein âge d’or du (sous-)genre, au début des années 1980. Le plus étonnant, c’est de retrouver derrière la caméra J. Lee Thompson (1914-2002), réalisateur britannique passé à la postérité avec Les Canons de Navarone (1961) et Les Nerfs à vif (1962), tous deux avec Gregory Peck. Excellent technicien et ayant dirigé les plus grands acteurs, on lui doit également Tarass Boulba (avec Tony Curtis et Yul Brynner), La Conquête de la planète des singes (1972) suivi l’année suivante de La Bataille de la planète des singes (1973), ainsi que moult longs métrages avec Charles Bronson, avec lequel il s’associera sur près d’une dizaine de films dont le désormais culte (malgré-lui) Le Justicier braque les dealers (1987). C’est peu dire qu’on ne l’attendait pas à la barre d’un slasher, genre qui remplissait alors les salles depuis Black Christmas (1974) de Bob Clark et surtout Halloween, La Nuit des masques de John Carpenter (1978).

Produit par André Link et John Dunning, à qui l’on doit quelques pépites aux titres fleuris du style Tendre et sensuelle Valérie (1969), Initiation d’une lycéenne (1970), Y’a plus de trou à percer (1971), mais aussi et surtout Frissons (1975) et Rage (1977) de David Cronenberg, Happy Birthday To Me es un très bon slasher qui annonce l’évolution d’un genre et les codes, y compris formels, qui seront repris dans les années 1990 par le scénariste Kevin Williamson, notamment pour Wes Craven avec la tétralogie Scream et Souviens-toi…l’été dernier de Jim Gillespie. Happy Birthday To Me, dont le titre rappelle d’ailleurs le délirant Happy Birthdead (2017) de Christopher Landon, est donc largement à réhabiliter.

Virginia est fière d’appartenir à la confrérie des meilleurs élèves de son école privée. Mais une série de meurtres déciment ce groupe, et tout porte à croire qu’elle serait la coupable idéale…C’est sur ce postulat de départ (mais également sur le titre) que les producteurs du cultissime Meurtres à la St-Valentin de George Mihalka basent leur nouveau bébé. Alors que les seconds opus d’Halloween et de Vendredi 13 débarquent dans les salles, les canadiens profitent de cet engouement avec ce fort sympathique Happy Birthday To Me. Non seulement les producteurs bénéficient d’un réalisateur chevronné aux manettes, mais ils jouissent également de la présence de l’immense Glenn Ford et de la superbe Melissa Sue Anderson au générique. Si le premier entamait alors la dernière partie de son illustre carrière, la seconde, popularisée dans le monde entier avec son rôle de Mary Ingalls dans la série La Petite maison dans la prairie, venait de dire au revoir à la population de Walnut Grove et tentait une reconversion au cinéma. Pour cela, la comédienne âgée de 19 ans avait donc jeté son dévolu sur un rôle contemporain où elle pouvait se lâcher quelque peu en fumant un pétard et en apparaissant en soutien-gorge.

Happy Birthday To Me est une réussite. Si l’on excepte un final nawak (mais bien morbide) et une intrigue qui part un peu dans tous les sens, force est d’admettre que la mise en scène est encore aujourd’hui très solide. J. Lee Thompson soigne chacun de ses plans et semble prendre beaucoup de plaisir à filmer tous ces jeunes, pour ensuite les trucider les uns après les autres. D’ailleurs, la censure devra mettre son grain de sel pour atténuer certaines scènes jugées trop gores et trop violentes (l’écharpe prise dans la roue de moto notamment), ce qui se ressent au nouveau du montage. Malgré des meurtres « édulcorés » pour l’exploitation du film au cinéma, ce slasher demeure particulièrement bien rythmé, réjouissant et s’appuie sur un casting brillant, excellemment dirigé. Les séquences d’exécution de ce thriller horrifique sont sèches et bien amenées, tandis qu’une scène de trépanation – aux effets spéciaux très réussis – n’a absolument rien à envier à celle réalisée 25 ans plus tard par Darren Lynn Bousman pour Saw 3. Le charme félin de Melissa Sue Anderson rappelle parfois celui de Michelle Pfeiffer et l’actrice est ici très à l’aise dans ce rôle ambigu, naïf et impitoyable. Dommage que ses apparitions au cinéma soient ensuite restées très sporadiques.

Ajoutons à cela une élégante photographie signée Miklós Lente et une partition soignée de Bo Harwood (Une femme sous influence et Opening Night de John Cassavetes) et Lance Rubin, et vous obtenez un cocktail bien frappé, qui n’a rien perdu de sa fraîcheur et qui a su préserver son goût métallique de sang. A déguster sans tarder !

LE BLU-RAY

Nous avons entre les mains l’un des plus beaux packagings du mois de mai 2019 et nous le devons une fois de plus à Rimini Editions. Cette édition collector DVD-Blu-ray-Livret d’Happy Birthday To Me se présente sous la forme d’un Digipack à trois volets, glissé dans un surétui cartonné du plus bel effet, reprenant le très célèbre visuel de l’affiche du film. Attention toutefois, le menu principal, animé et musical, révèle le final du film !

Le livre de 20 pages écrit par Marc Toullec est bien illustré et donne moult informations sur la production du film qui nous intéresse, mais également sur l’histoire du slasher.

Ensuite, l’éditeur nous gâte puisque nous pouvons enfin découvrir le documentaire Slice and Dice : The Slasher Film Forever (1h15), réalisé par Calum Waddell en 2012, qui aborde évidemment le sous-genre horrifique du slasher à travers de très nombreux témoignages, le tout agrémenté d’images tirées de bandes-annonces diverses et variées. Participent à ce film : Emily Booth (scream queen), Tom Holland (Vampire, vous avez dit vampire?, Jeu d’enfant), Fred Olen Ray (Hollywood Chainsaw Hookers), Mick Garris (Critters 2), Scott Spiegel (producteur de la franchise Hostel), John Carl Buechler (Vendredi 13, chapitre 7: Un nouveau défi), Patrick Lussier (Dracula 2001, Meurtres à la Saint-Valentin 3D), Christopher Smith (Creep), Jeffrey Reddick (créateur de la franchise Destination Finale), Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse 1 & 2), Corey Feldman (Vendredi 13: Chapitre final, Vendredi 13, chapitre 5: Une nouvelle terreur), Marysia Kay (scream queen), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Robert Rusler (La Revanche de Freddy), Eduardo Sánchez (Le Projet Blair Witch) et bien d’autres. N’attendez pas une étude poussée du slasher, mais plutôt un retour bon enfant, souvent amusant et informatif sur le genre par quelques noms qui ont participé à certains fleurons du thriller horrifique. La genèse (avec Psychose d’Alfred Hitchcock et La Baie sanglante de Mario Bava), les codes, les figures maléfiques, les ingrédients, les règles de survie, les effets gore, l’importance du son, les remakes divers et le retour en force du genre sont largement abordés dans ce film-documentaire très sympa qui devrait ravir les fans.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Le logo Columbia et le générique d’ouverture sont émaillés de points blancs et les noirs paraissent bien poreux. Heureusement, le master HD trouve son équilibre immédiatement après. Les couleurs sont joliment rafraîchies, la copie est stable, les contrastes denses, le piqué agréable, tout comme la patine argentique bien équilibrée et gérée. Certaines séquences sortent du lot, notamment toutes les scènes sur le campus avec un lot de détails très appréciables, sur les décors, mais également et surtout sur les gros plans et les beaux yeux bleus de Melissa Sue Anderson. Une définition très solide qui participe à la (re)découverte de ce slasher des années 1980.

La version originale est proposée en Dolby Digital 5.1, ainsi qu’en LPCM Stéréo. La première option n’exploite guère l’ensemble des canaux, même si l’accompagnement musical est plaisant. En dehors de cela, les différences avec la LPCM sont minimes et l’on préférera finalement sélectionner cette piste aux dialogues clairs et aux effets percutants, bref la plus dynamique du lot. L’éditeur joint également la version française Mono au rendu plus confiné et moins spectaculaire. Mais les puristes qui auront découvert le film ainsi dans leur jeunesse (il y en a), miseront une fois de plus sur cette adaptation au doublage par ailleurs très chouette.

Crédits images : © Rimini Editions / 1980 The Birthday Film Company Inc. All Rights Reserved / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / L’Incroyable histoire du facteur Cheval, réalisé par Nils Tavernier

L’INCROYABLE HISTOIRE DU FACTEUR CHEVAL réalisé par Nils Tavernier, disponible en DVD depuis le 22 mai 2019 chez M6 Vidéo

Acteurs : Jacques Gamblin, Laetitia Casta, Bernard Le Coq, Florence Thomassin, Natacha Lindinger, Aurélien Wiik, Alain Blazquez, Thomas Baillet, Zélie Rixhon, Louka Petit-Taborelli…

Scénario : Fanny Desmarès, Nils Tavernier, Laurent Bertoni

Photographie : Vincent Gallot

Musique : Baptiste Colleu, Pierre Colleu

Durée : 1h40

Année de sortie : 2019

LE FILM

Fin XIXème, Joseph Ferdinand Cheval, est un simple facteur qui parcourt chaque jour la Drôme, de village en village. Solitaire, il est bouleversé quand il rencontre la femme de sa vie, Philomène. De leur union naît Alice. Pour cette enfant qu’il aime plus que tout, Cheval se jette alors dans un pari fou : lui construire de ses propres mains, un incroyable palais. Jamais épargné par les épreuves de la vie, cet homme ordinaire n’abandonnera pas et consacrera 33 ans à bâtir une œuvre extraordinaire : “Le Palais idéal”.

« Fils de paysan je veux vivre et mourir pour prouver que dans ma catégorie il y a aussi des hommes de génie et d’énergie. Vingt-neuf ans je suis resté facteur rural. Le travail fait ma gloire et l’honneur mon seul bonheur ; à présent voici mon étrange histoire. Où le songe est devenu, quarante ans après, une réalité ». Ferdinand Cheval

Né en 1965, Nils Tavernier est le fils de l’immense Bertrand Tavernier. Tout d’abord comédien, il fait d’ailleurs ses premières apparitions devant la caméra de son père dans Des enfants gâtés (1977), il signe son premier long métrage en tant que scénariste et réalisateur en 2006 avec Aurore. Un échec critique et commercial. Il se tourne alors vers le documentaire pour le cinéma et la télévision, avant de revenir à la fiction avec De toutes nos forces, succès d’estime de l’année 2014, sur lequel il dirige Jacques Gamblin. Cinq ans plus tard, Nils Tavernier fait son retour derrière la caméra avec L’Incroyable Histoire du facteur Cheval. L’histoire vraie atypique de Joseph Ferdinand Cheval était faite pour le cinéma et le metteur en scène s’en empare pour livrer un film sombre, froid voire glacial dans sa première partie, dont l’émotion arrive par petites touches délicates et sensibles, grâce à l’intense interprétation de Jacques Gamblin.

Ferdinand Cheval, alias Joseph, est un homme réservé et solitaire. Le film commence en 1869 alors qu’il a récemment été nommé facteur à Hauterives. Son chef de poste, qui a une réelle sympathie pour lui, garde de côté les cartes postales illustrées qui sont illisibles et dont le service postal n’a pas pu identifier le destinataire. Le premier drame de Ferdinand sera la mort de sa première femme Rose et la séparation avec son fils Cyrille, âgé d’environ dix ans, sa famille considérant qu’il n’est pas apte à assurer la charge de celui-ci. Plus tard, au cours de ses tournées, il fait connaissance de Philomène, une jeune veuve qui vit dans une ferme des environs et qu’il finira par épouser. Ferdinand reste distant et rêveur, mais il sait pétrir la pâte (il explique avoir été apprenti boulanger) et son épouse l’aime comme il est. En 1879, une fille prénommée Alice naît de leur union et si, au début, Ferdinand reste un père plutôt distant au grand désespoir de Philomène, l’homme finit par s’attacher à sa petite fille. Entre-temps, lors d’une de ses tournées qui lui font parcourir la campagne drômoise, le facteur bute sur une pierre et dévale une pente abrupte en manquant de se rompre le cou. Il en perd d’ailleurs la moitié de son courrier, qu’il finira par récupérer. Intrigué par les raisons de sa chute, Ferdinand remonte sur le lieu de l’accident et déterre une grosse pierre, cause de son accident. Trouvant sa forme curieuse, il décide de l’emporter chez lui. Dès lors, un projet incroyable prend naissance dans son esprit : édifier un immense palais fait de pierres trouvées durant sa tournée et soudées par du mortier, qu’il dédiera à sa fille. Qu’il neige, qu’il vente, qu’il pleuve, le facteur se lance dans sa recherche de pierres originales et élabore, année après année, son œuvre sous les yeux d’Alice, qui défend son père face aux sarcasmes des enfants du village qui le traitent de fou.

Jacques Gamblin est magnifique dans le rôle-titre. Moins présent au cinéma, le comédien signe une de ses performances les plus impressionnantes avec ce rôle quasi-muet qui lui va comme un gant et ce personnage qui se dessine au fur et à mesure, par strates, par ses regards, ses gestes saccadés, ses tics, sur une durée de cinquante ans. Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924), facteur qui aura parcouru plus de 220.000 kilomètres à pied au cours de sa carrière, a conçu et réalisé pendant plus de trente ans, à raison de dix heures par jour (alors qu’il travaillait déjà dix heures pour La Poste), une sculpture monumentale (12 mètres de hauteur et 26 mètres de long) dénommée le palais idéal, encore visible de nos jours dans la petite ville de Hauterives, située dans la Drôme, avant de bâtir son propre tombeau familial. Symboles de l’architecture naïve, ces œuvres attirent chaque année plus de 150.000 personnes venues du monde entier, tandis que le palais est classé au titre des monuments historiques depuis cinquante ans.

Nils Tavernier soigne la forme de son film, mais certains pris, notamment les couleurs qui renvoient aux peintures d’Henri Fantin-Latour, peuvent laisser dubitatif dans un premier temps. En effet, le cadre, la direction d’acteurs et la photographie sont vraiment froids, figés, comme quelques cartes postales fanées par le temps. Il faut alors faire preuve de patience pour commencer à distinguer les failles et pour apprendre à connaître Joseph Ferdinand Cheval et ce qui peut l’animer. On s’attache à cet homme mystérieux, pudique, en apparence fragile, mais qui se révèle être une vraie force de la nature puisque le facteur Cheval aura travaillé sur ses sculptures jusqu’à l’âge avancé de 86 ans.

Hormis une longue exposition souvent maladroite et difficilement empathique, ainsi que le jeu très approximatif de Laetitia Casta, L’Incroyable histoire du facteur Cheval est un film qui sort du lot par son approche, son sujet fascinant, son personnage principal hors-norme et véritable héros de cinéma, à la fois romanesque et poétique.

LE DVD

Pour la sortie en DVD de L’Incroyable histoire du facteur Cheval, M6 Vidéo reprend le visuel de l’affiche du film d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Le premier supplément est souvent passionnant puisque le réalisateur Nils Tavernier intervient tout d’abord seul sur la genèse et la mise en route du film, ainsi que sur le travail avec Jacques Gamblin, avant de rejoindre Rodolphe Chabrier, superviseur des effets visuels chez Mac Guff, pour évoquer leur collaboration (30’30). Comment Nils Tavernier a-t-il pu obtenir le ciel qu’il désirait à chaque plan ? Comment le palais a-t-il été reconstitué ? Comment les comédiens ont-ils été vieillis ? Les deux associés répondent à ces questions, et même plus, au fil de ce module enrichissant et très complet au cours duquel nous trouvons également de rapides images de tournage.

Et pour ceux que cela intéresse, nous vous invitons vivement à rejoindre Raphaëlle Lambert, adjointe du Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives, qui nous propose une véritable visite guidée de l’oeuvre de Joseph Ferdinand Cheval (20’).

L’Image et le son

Point d’édition HD pour ce titre. Dommage car la photo particulière du chef opérateur Vincent Gallot (96 heures, Adopte un veuf, Le Petit Spirou) méritait bien un beau Blu-ray. Toujours est-il que certains plans sortent du lot avec une belle clarté et des détails plus acérés sur les séquences tournées en extérieur. Le reste du temps, autrement dit dans l’habitation de la famille Cheval, le piqué est souvent émoussé, les noirs manquent de profondeur et la gestion des contrastes est aléatoire. La palette chromatique spécifique donne du fil à retordre à l’encodage qui fait ce qu’il peut. Résultat très mitigé donc.

Une seule option acoustique au programme avec une piste Dolby Digital 5.1 qui instaure un confort dynamique, dense et souvent percutant, avec des voix délicatement posées sur le canal central. La spatialisation musicale est systématique, toutes les scènes en extérieur sortent du lot avec des ambiances naturelles qui vous transportent au coeur de la nature, tandis que les scènes plus intimistes baignent dans un silence de marbre. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.


Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Supernichons contre mafia, réalisé par Doris Wishman

SUPERNICHONS CONTRE MAFIA (Double Agent 73) réalisé par Doris Wishman, disponible en DVD depuis le 13 février 2015 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Chesty Morgan, Frank Silvano, Saul Meth, Jill Harris, Louis Burdi, Peter Savage…

Scénario : Doris Wishman, Judy J. Kushner

Photographie : Nouri Haviv, C. Davis Smith

Musique : Cine Top

Durée : 1h23

Année de sortie : 1974

LE FILM

Bien qu’elle souhaite se retirer des affaires, Jane Tennay reprend du service à la demande du patron des Services Secrets. Sa mission : identifier le chef d’un gang de trafiquants de drogue qui inonde le marché d’une héroïne bon marché. Son arme secrète : un microscopique appareil photo implanté dans le téton de son sein gauche. Pratique pour prendre des clichés de documents compromettants. Mais, son opulente poitrine, Jane l’utilise aussi pour faire diversion, empoisonner et assommer ses ennemis.

Quelle série Z ! Si le titre en version originale Double Agent 73 ne le laissait pas présager de ce côté de l’Atlantique (73 est la taille, en pouces, du tour de poitrine de Busty…), au moins il n’y a pas tromperie sur la marchandise avec celui en français, Supernichons contre mafia.

Réalisé en 1974 par Doris Wishman (1912-2002), la «  cinéaste  » experte du nudie, ce chef-d’oeuvre du genre qui compile tout ce qui ne faut pas faire au cinéma demeure essentiel pour les amateurs de déviant. Ce grand classique repose sur la poitrine généreuse, débordante devrait-on dire, de Chesty Morgan (de son vrai nom Liliana Wilczkowski), strip-teaseuse dont les attributs naturels (220 de tour de poitrine) lui ont valu une petite notoriété dans le genre de la sexploitation. Doris Wishman la filme à hauteur du «  buste  » ou en contre-plongée pendant 1h10, mais rien d’excitant puisque la gravité faisant son effet, les «  mamelles  » s’apparentent à deux montgolfières en perdition.

Chesty Morgan, qui ressemble à Danièle Thompson maquillée comme une voiture volée, a le charisme d’un encornet avec des yeux éteints, aucun talent d’actrice et se voit en plus doublée puisque son accent polonais était trop prononcé. Comme Pamela Anderson, «  elle est très distinguée  ». L’histoire en elle-même est débile, les morceaux de bravoure s’enchaînent comme des perles sur un collier, les faux raccords sont légion, le cadre est laissé à l’abandon, l’interprétation est consternante, les décors hideux, bref, que du bon, surtout que la version française s’avère aussi abominable et rajoute une touche exotique et vulgaire à ce nanar grâce à des répliques fumeuses.

Ce film hors-normes mérite bien une projo entre potes. Fous-rires garantis avec ce film amateur, ou à mateurs c’est selon…

LE DVD

Le DVD de Supernichons contre mafia (c’est toujours étrange d’écrire ce titre…) repose dans un boîtier classique Amaray. La jaquette a été choyée par Sidonis Calysta avec des couleurs bien voyantes et au centre de laquelle pose Chesty Morgan afin d’appâter le chaland. On adore l’accroche «  Même ses ennemis ne savent plus à quel sein se vouer  », très chic ! Le boîtier est glissé dans un surétui cartonné. Le menu principal est quant à lui animé et musical.

Sidonis Calysta n’a pas fait les choses à moitié et livre près d’une heure de suppléments !

La Fabuleux destin de Doris Wishman (23’) : Voici un formidable portrait de la cinéaste américaine Doris Wishman réalisé par Marc Toullec et narré par Linda Tahir-Meriau. Ponctué par d’incroyables images de films et de bandes-annonces d’époque, ce module donne l’eau à la bouche et nous rend fous d’impatience à l’idée de découvrir d’autres «  chefs-d’oeuvre  » de cette réalisatrice atypique et habituée des nudies, née en 1912 et disparue en 2002, à l’instar de Diary of a Nudist, Gentlemen Prefer Nature Girls, The Sex Perils of Paulette et Mamell’s Story ! 30 films réalisés entre 1960 et 2007 !

Ne manquez pas le dialogue entre l’immense Patrick Brion et l’excellent Christophe Carrière (33’) sur Supernichons contre mafia ! C’est à mourir de rire car les deux critiques proposent un retour sur la carrière et le film de Doris Wishman, mais se trouvent rapidement rattrapés par la dimension Z de ce chef d’oeuvre du genre. Il faut voir comment Patrick Brion tente de garder son sérieux face au trublion qu’il a en face de lui et qui se marre en citant les dialogues de la version française, absolument abominable et donc monumentale. Ils en viennent ensuite au casting, en se focalisant bien évidemment sur le jeu «  extraordinaire  » de Chesty Morgan. Voilà une présentation qui prolonge le plaisir ressenti en visionnant Supernichons contre mafia !

L’Image et le son

Et bien franchement nous n’attendions pas une copie aussi belle ! L’image de Supernichons contre mafia s’avère impressionnante, surtout quand on sait que le film de Doris Wishman avait quasiment disparu des radars ! Le master (1.77, 16/9) affiche une indéniable propreté, le grain est habilement géré excepté sur les plans accélérés ou ralentis. Sur ces séquences, la texture est plus grumeleuse, les contrastes sont poreux et la luminosité décline. Mais en dehors de cela, la stabilité est de mise, les couleurs sont au top et les détails sont très agréables.

Le confort acoustique est assuré en français comme en anglais, même si cette dernière s’en tire bien mieux que son homologue, avec toutefois un souffle chronique. Si certains dialogues paraissent plus couverts que d’autres, on se délecte de l’ambiance sonore avec des sonneries de téléphone stridentes ou la musique affreuse. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue est verrouillé à la volée. A noter que le doublage français a été perdu sur certaines séquences. Elles passent donc automatiquement en anglais sous-titrées en français. Mais c’est ainsi que vous devez visionner Supernichons contre mafia !

Crédits images : © Sidonis Calysta / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Légitime violence, réalisé par Serge Leroy

LÉGITIME VIOLENCE réalisé par Serge Leroy, disponible en DVD et Blu-ray le 21 mai 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Claude Brasseur, Véronique Genest, Thierry Lhermitte, Roger Planchon, Michel Aumont, Plastic Bertrand, Pierre Michaël, Francis Lemarque, Christian Bouillette, Christophe Lambert, Valérie Kaprisky, Eric Métayer…

Scénario : Patrick Laurent, Jean-Patrick Manchette, Pierre Fabre, Serge Leroy, Richard Morgiève d’après une histoire originale de Véra Belmont

Photographie : Ramón F. Suárez

Musique : Jean-Marie Sénia

Durée : 1h35

Année de sortie : 1982

LE FILM

Après un week-end comme tant d’autres, Martin Modot et sa famille vont prendre le train en gare de Deauville quand le destin les frappe. Au cours d’un hold-up, trois voyous tirent sur un homme qui riposte. Les voyous s’affolent et tirent aveuglément sur la foule. La femme, la fille et la mère de Martin Modot sont tués. Son père est grièvement blessé. Martin Modot ne vit plus alors que pour retrouver les coupables. Un soir, il est contacté par un certain Miller, président d’une association d’autodéfense, personnage fanatique qui ne parle que de vengeance. Déçu par la police inefficace et malgré son aversion pour ce genre d’association, Martin Modot finira par faire appel à Miller.

« Nous sommes des fascistes, des nazis…il semble que vous ignorez le sens des mots…mais non, c’est plus simple, nous sommes une association de braves hommes qui en ont assez des vols, des agressions à main armée, qui en ont marre que la justice s’en branle ! »

Devant l’affiche et le synopsis, on pouvait s’attendre à un film comme Le Vieux fusil (1975) de Robert Enrio, L’Agression (1975) de Gérard Pirès, Un justicier dans la ville (1974) de Michael Winner et même Rolling Thunder (1977) de John Flynn sorti en France sous le titre de…Légitime violence. Si le film de Serge Leroy, réalisateur du Mataf (1973), La Traque (1975), Les Passagers (1977) et Attention, les enfants regardent (1978), reprend le même titre que le thriller avec William Devane et Tommy Lee Jones, Légitime violence n’est pas un vigilante où le personnage principal décide de faire justice lui-même en supprimant ceux qui ont détruit sa vie, mais qui se voit pousser à le faire par une association d’autodéfense.

Légitime violence est avant tout un drame humain porté par un Claude Brasseur très émouvant, tandis que le récit interroge constamment sur le libre-arbitre et le passage à l’acte. Beaucoup plus intelligent que ne laissaient supposer certaines critiques, visiblement passées à côté d’un film qu’ils espéraient sans doute bourrin, Légitime violence n’épargne personne. Les hommes politiques comme les policiers sont aussi pourris que les truands et les assassins. De ce fait, comment un homme qui a tout perdu, peut-il avoir confiance dans les institutions de son pays ? Le dicton dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Et si elle ne se mangeait pas ?

Mitraillade en gare de Deauville. Un homme politique, amené là par une jeune femme, est abattu. Martin Modot, qui accompagnait sa famille à la gare, voit tomber sous ses yeux, sa mère, sa femme, sa fille. Son père est grièvement blessé. Martin seul est indemne. Sa raison de vivre sera désormais le châtiment des coupables. Mais la police ne montre guère de zèle pour mener l’enquête ! L’affaire et ses dessous politiques suscitent au contraire l’intérêt de Miller et du groupe d’auto-défense qu’il a constitué pour suppléer les insuffisances de la justice. Martin contacté, repousse les offres de soutien qui lui sont faites, puis finit par les accepter. Il retrouve ainsi la trace de la jeune femme qui accompagnait l’homme politique, objet du massacre. C’est la soeur de l’un des coupables. Martin Modot se trouve alors embarqué dans une aventure dramatique au terme de laquelle, il comprendra que les assassins ont été eux-mêmes manipulés, dans une affaire de basse politique.

Claude Brasseur est impeccable dans ce rôle torturé, qui parvient à laisser passer moult sentiments avec un visage quasi-imperturbable. Chose étonnante, le protagoniste ne tombe pas dans la solution « facile » de prendre la pétoire et de décimer ceux qui ont tué sa femme, sa mère et sa fille, mais cherche avant tout à comprendre. Si le film fait douloureusement écho avec l’actualité, Légitime violence s’inspire alors du style du poliziottesco, le néo-polar italien qui fleurissait dans les salles transalpines où la violence des rues était montrée de façon brutale avec leurs conséquences sur les petites gens. Néanmoins, le film de Serge Leroy, d’après un scénario Patrick Laurent (La Guerre des polices) et Jean-Patrick Manchette (L’Agression, Trois Hommes à Abattre, Pour la peau d’un flic) sur une idée de la grande productrice Véra Belmont, fait la part belle aux émotions.

Modot se retrouve entre ceux qui ont tué sa famille (dont Christophe Lambert, juste avant Greystoke, la légende de Tarzan), les flics qui viennent constamment lui demander s’il ne se souvient pas d’un nouvel élément qui pourrait les mettre sur une piste, une association d’extrême-droite qui le pousse à faire le boulot de la police, et une jeune femme (Véronique Genest, canon, si si), l’une des rares rescapées de la tuerie et qui était présente pour rendre service à son frère (Thierry Lhermitte). Le scénario dévoile alors que celui qui tient les fils n’est pas forcément celui que l’on croit et que les frontières séparant les deux côtés de la loi sont bien poreuses.

Enfin, Légitime violence repose également sur une très bonne mise en scène de Serge Leroy, aussi à l’aise dans les échanges burnés de ses personnages, que dans les séquences d’action, notamment lors d’une poursuite dans la rue qui se poursuit dans le métro, le tout en caméra portée très immersive. Rebondissements, action, personnages suintants, psychologie, apparition dénudée de la jeune Valérie Kaprisky, voilà un beau programme et Légitime violence reste un divertissement emblématique des années 1980 (avec Plastic Bertrand dans son propre rôle en plus) qui conserve un charme inaltérable.

LE BLU-RAY

Légitime violence était encore inédit en DVD. ESC Editions intègre désormais ce titre dans une collection Polar. Un Condé d’Yves Boisset viendra d’ailleurs rejoindre Légitime violence le 4 juin. Le menu principal est animé sur la séquence de poursuite dans le métro.

Un seul petit supplément est proposé ici. La productrice Véra Belmont (86 ans) intervient face caméra pour évoquer la genèse de Légitime violence, inspiré par un drame personnel. Franche et directe, elle déclare en parlant de l’individu qui les avait braquées elle et sa sœur « j’ai eu envie de tuer cette personne ». Partant de ce sentiment, Véra Belmont y voit une idée de film et se met à la recherche d’un budget. D’une durée de dix minutes, cet entretien donne quelques informations sur la production du film et le casting, mais manque de rythme (le montage laisse à désirer) et nous n’en retenons pas grand-chose à part que Véra Belmont est « pour » l’auto-justice.

La bande-annonce d’Un Condé est également incluse.

L’Image et le son

Quel plaisir de (re)découvrir le film de Serge Leroy en Haute-Définition ! Ce superbe master restauré fait la part belle aux couleurs (le rouge est éclatant) et les contrastes sont léchés du début à la fin. La copie est d’une stabilité à toutes épreuves, le piqué est acéré, le grain argentique respecté et les détails vraiment épatants.

Une piste DTS-HD Master Audio propre, sans souffle et suffisamment dynamique. En revanche, certains propos manquent parfois d’intelligibilité. Pas de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant…


Crédits images : © ESC Edtions / ESC Distribution / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / À l’ombre des potences, réalisé par Nicholas Ray

À L’OMBRE DES POTENCES (Run for Cover) réalisé par Nicholas Ray, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD le 12 avril 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : James Cagney, John Derek, Ernest Borgnine, Viveca Lindfors, Jean Hersholt, Grant Withers, Jack Lambert, Ray Teal, Irving Bacon…

Scénario : Winston Miller d’après une histoire originale de Harriet Frank Jr. et Irving Ravetch

Photographie : Daniel L. Fapp

Musique : Howard Jackson

Durée : 1h33

Année de sortie : 1955

LE FILM

Matt Dow et Davey Bishop sont devenus des amis mais, à la suite d’une méprise, ils sont soupçonnés d’avoir attaqué un train. Ils sont arrêtés et finissent par se disculper mais Davey a été gravement blessé. Une de ses jambes est définitivement morte. Matt et Davy sont engagés comme shérifs. Une attaque de banque a lieu…

Entre deux monuments du cinéma américain, Johnny Guitar et La Fureur de vivre, excusez du peu, Nicholas Ray (1911-1979) signe le méconnu et pourtant formidable À l’ombre des potences Run for Cover en 1955. Si les thèmes ne sont pas sans rappeler ceux de son deuxième long métrage, Les Ruelles du malheurKnock on Any Door (1949), avec d’ailleurs le même bouillonnant John Derek en tête d’affiche, Nicholas Ray s’approprie une fois de plus les codes du western pour au final livrer un drame intimiste où l’amitié et l’amour prennent le pas sur les scènes d’action (où apparaît un certain Ernest Borgnine), même si celles-ci sont évidemment inscrites au programme et n’en demeurent pas moins très réussies. De plus, le film offre à l’immense James Cagney, qui venait de tourner pour John Ford et Raoul Walsh, un de ses plus beaux rôles. Son association avec John Derek fait mouche à chaque instant, tandis que certains éléments préfigurent déjà Rebel Without a Cause.

Fraîchement sorti de prison après y avoir passé 6 ans, Matt Dow croise sur sa route un adolescent, Davey Bishop. Ensemble, ils vont être accusés du pillage d’un train à la suite d’un malentendu. Le shérif de la ville va alors tirer sur Davey et le rendre infirme. Matt réussit à prouver leur innocence et transporte Davey chez les Swenson. Il tombe amoureux d’Helga, la fille de la famille, et devient le nouveau shérif de la ville avec Davey pour adjoint. Tandis que des bandits attaquent la banque, Matt découvre que Davey possède quelques secrets bien gardés …

Filmé au coeur des ruines Aztèques de la ville d’Aztec au Nouveau-Mexique, ainsi que dans les vastes plaines de Silverton dans le Colorado, À l’ombre des potences plonge les spectateurs dans de merveilleux paysages dès le générique, tandis que résonne la chanson au titre éponyme. Plutôt que de démarrer son récit par un gunfight, Nicholas Ray prend d’emblée le western à rebrousse-poils en faisant retenir son premier coup de feu au personnage incarné par James Cagney. Comme pour le reste du film, ce qui importe à Nicholas Ray ici c’est avant tout le lien et le quasi-rapport père-fils qui s’instaure entre Matt et Davey.

Le premier, homme mûr, ancien brigand qui a purgé une peine de prison, reconnaît dans le second, âgé de vingt ans, son fils, décédé prématurément il y a une dizaine d’années. Après une mésaventure et un concours de circonstances malheureux qui a bien failli leur coûter la vie, les deux hommes deviennent respectivement shérif et adjoint pour la ville qui avait d’abord voulu les lyncher. Si Matt s’en est sorti miraculeusement sans blessure, Davey a malheureusement perdu l’usage d’une jambe. Matt va alors tout faire pour l’encourager. Jusqu’à ce que le passé de ce dernier ressurgisse.

Nicholas Ray fait preuve d’une virtuosité discrète quand il filme les paysages aux étendues lointaines, au sein desquelles il plonge et perd ses personnages. Nous sommes bel et bien en plein western avec ces splendides décors naturels, cette ville poussiéreuse, ses piliers de bar qui ne pensent qu’à passer la corde au cou de ceux qui viennent perturber la tranquillité de leur petite bourgade. Mais Nicholas Ray filme également les petites gens, dont cette jeune femme Helga (la belle Viveca Lindfors, vue dans Creepshow de Romero et Les Damnés de Joseph Losey) venue de Suède avec son père (Jean Hersholt, Marcus dans Les Rapaces d’Erich von Stroheim, ici dans sa dernière apparition au cinéma), dont le voyage vers la Californie s’est interrompu faute de moyens financiers et qui stagnent en tant que fermiers depuis deux ans.

Outre le portrait d’une jeunesse désoeuvrée, sans avenir et livrée à elle-même avec le personnage de Davey, dont la fureur de vivre évoque celle de James Dean qui explosera à l’écran la même année, Nicholas Ray ne craint pas de laisser une belle place à l’histoire d’amour inattendue entre Matt et Helga. Au-delà de la beauté plastique du film, de la réussite des personnages et des séquences d’action, James Cagney domine la distribution avec un jeu tout en rage contenue et une douceur qui l’est tout autant, l’acteur étant le plus souvent rattaché à ses personnages de sanguins et de violents incarnés dans les années 1930. Si l’on sent évidemment qu’il en faudrait peu pour allumer la mèche et le faire sortir de ses gonds, le comédien livre une prestation exceptionnelle.

Tout cela fait de À l’ombre des potences le grand film sous-estimé et à réhabiliter de Nicholas Ray.

LE BLU-RAY

À l’ombre des potences intègre la prestigieuse collection éditée par Sidonis Calysta. Cette « édition collector Silver » se compose du DVD et du Blu-ray. Le menu principal est animé sur la chanson d’ouverture du film.

Malgré ce que la jaquette indique, point de Bertrand Tavernier au programme. Ce qui est bien dommage. En revanche, Patrick Brion (13’) et François Guérif (12’30) ont bien répondu à l’appel de l’éditeur. Notre préférence se tourne cette fois vers le second, qui donne plus d’indications sur le film qui nous intéresse, mais également sur les thèmes récurrents dans l’oeuvre de Nicholas Ray. Si certains propos tenus font inévitablement écho avec ceux de Patrick Brion, les personnages, la collaboration James Cagney-Nicholas Ray et les partis pris y sont mieux analysés. De son côté, Patrick Brion brasse un peu trop autour du film, qu’il est néanmoins heureux de présenter et surtout de voir éditer dans la collection Sidonis.

L’Image et le son

Signalons d’emblée que le format original n’est pas respecté, en passant du 2.00:1 au cadre 1.78:1. Certains puristes risquent de bougonner. Néanmoins, il faut bien admettre que le master HD proposé ici est franchement superbe. D’une propreté absolue, stable, la copie affiche un très beau lifting. Le grain argentique est heureusement préservé, fin, excellemment géré, tout comme la tenue des contrastes. La clarté est éloquente dès la première séquence (voir le reflet du soleil sur la rivière) avec un piqué étonnant, jamais artificiel, qui permet de découvrir cette œuvre méconnue de Nicholas Ray dans d’excellentes conditions. Ah oui et les couleurs éclatantes ravissent les mirettes, tandis que les fondus enchaînés n’entraînent jamais de décrochages. Du tout bon !

Est-il utile d’indiquer que la version originale est à privilégier ? Pour tout avouer, le doublage français vieillot fait peine à entendre, même si la piste DTS HD Master Audio 2.0 est en bon état, sans souffle. Mais les dialogues y sont nettement moins clairs que sur la piste anglaise, qui est vraiment dynamique, bénéficiant de bons effets annexes et d’une excellente restitution de la musique. Le changement de langue est verrouillé à la volée et les sous-titres français imposés sur la version originale.

Crédits images : © Paramount Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra-HD / Bohemian Rhapsody, réalisé par Bryan Singer

BOHEMIAN RHAPSODY réalisé par Bryan Singer, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 6 mars 2019 chez 20th Century Fox

Acteurs : Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee, Ben Hardy, Joseph Mazzello, Aidan Gillen, Tom Hollander, Allen Leech, Aaron McCusker, Mike Myers…

Scénario : Anthony McCarten

Photographie : Newton Thomas Sigel

Musique : Michael Giacchino

Durée : 2h15

Année de sortie : 2018

LE FILM

Le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie. La vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.

Mouarf…comme le disait François Truffaut, Bohemian Rhapsody est un film malade. Issu d’une longue et pénible gestation, passé entre les mains de plusieurs réalisateurs, qui se sont finalement refilé le bébé après avoir soupçonné dans quel piège on allait les mettre, ce biopic sur Freddie Mercury (1946-1991) est comme qui dirait une illustration « wikipedienne » de l’artiste qu’il voudrait mettre en lumière. C’est finalement Bryan Singer, qui n’a pas signé une seul bon film depuis Walkyrie, qui a hérité de ce projet maudit. Après les désistements successifs de Sacha Baron Cohen et Ben Wisham, et après avoir envisagé Dominic Cooper et Daniel Radcliffe, Rami Malek, découvert dans le rôle d’Ahkmenrah dans la trilogie de La Nuit au musée, puis devenu célèbre en 2015 grâce à la série Mr. Robot, est engagé pour incarner Freddie Mercury, après avoir été adoubé par Brian May et Roger Taylor en personne. On connaît la suite. Bryan Singer est ensuite pris dans quelques scandales sexuels (la production préférera dire « évincé pour des raisons de santé ») et remplacé au pied levé par Dexter Fletcher, qui avait été un temps pressenti pour réaliser Bohemian Rhapsody, lui-même metteur en scène du prochain biopic consacré à Elton John, Rocketman. Qui a fait quoi ? Ce serait difficile à dire, même si l’éviction de Singer ne s’est faite qu’à deux ou trois semaines de la fin du tournage. Toujours est-il que ce portrait de Freddie Mercury déçoit par son manque d’audace et d’intérêt, sa réalisation mollassonne et par son rythme en dents de scie qui peine à emporter le spectateur jusqu’au bout de ses 135 minutes. Rendez-nous Control, Walk the Line, Bird, Shine, Velvet Goldmine, ou le récent et magnifique Love & Mercy : La Véritable Histoire de Brian Wilson des Beach Boys !

En 1970, Farrokh Bulsara, un immigré parsi, est étudiant en art et travaille comme bagagiste à l’aéroport de Londres-Heathrow. Un soir, dans une petite boîte de nuit, il découvre sur scène le groupe de rock Smile, alors composé du guitariste Brian May, du batteur Roger Taylor et du chanteur-bassiste Tim Staffell. Ce dernier annonce aux deux autres qu’il a décidé de quitter la formation pour rejoindre un autre groupe qui lui semble plus prometteur. Après le concert, Farrokh se présente à Brian May et Roger Taylor, qui sont alors dépités. Ils ne prennent pas au sérieux ce jeune homme au look étrange et Roger Taylor, alors étudiant en médecine dentaire, se moque même de sa denture si particulière, mais Farrokh leur fait une démonstration de ses capacités en chant qui les fait changer d’avis. Après des débuts hésitants, ils sont rejoints par le bassiste John Deacon. Le groupe se renomme Queen, alors que Farrokh choisit comme nouveau nom Freddie Mercury, malgré les réticences de son père. Le groupe commence à se faire remarquer, notamment par les performances scéniques de Freddie, qui demande par ailleurs en mariage Mary Austin, une vendeuse de vêtements qu’il fréquente depuis plusieurs mois et qui l’aide à créer ses costumes de scène. Le groupe va imposer son style et Freddie a une idée pour un album qui succédera au succès de Killer Queen. Après plusieurs semaines d’enregistrement dans un studio en pleine campagne, Queen présente Bohemian Rhapsody, qui ne convainc pas le producteur Ray Foster d’EMI, trouvant les paroles confuses et le morceau trop long pour être diffusé à la radio. Queen quitte le label et fait passer le single dans des petites radios, créant un engouement populaire. Pendant ce temps, le couple Mary-Freddie bat de l’aile : Freddie veut sa liberté et se sent davantage attiré par les hommes. Au fil des années, le groupe enchaîne les tournées et les albums, Freddie organise des soirées exubérantes dans sa nouvelle maison, à côté de celle où il a installé Mary. S’installe alors une certaine routine entre enregistrements d’albums et longues tournées internationales. Voyant que les autres membres du groupe ont désormais une vie de famille, Freddie a des envies d’ailleurs. Il se brouille avec les trois autres membres du groupe.

On connaît la suite. Freddie Mercury part enregistrer son premier album solo et la réconciliation du chanteur avec le reste du groupe se fera autour du concert Live Aid le 13 juillet 1985 au stade de Wembley. Bref, Bohemian Rhapsody suit le cahier des charges bien élimé du « parfait petit biopic », sans aucune surprise, en suivant un chemin bien trop balisé. Succès, pétage de câble, fêtes décadentes, sexe (mais point trop, surtout que l’homosexualité est presque montrée comme une malédiction), drogue, alcool, reprise en main, rédemption, de nouveau au top. Bohemian Rhapsody passe en revue quinze années du groupe Queen et des aventures de Freddie Mercury, en transformant la véritable histoire quand il le faut.

En résulte une œuvre souvent interminable, où les séquences s’enchaînent comme des perles sur un collier, sans jamais rendre les personnages attachants. Bohemian Rhapsody est devenu un film bâtard, que s’est approprié le producteur Graham King (Ali, Gangs of New York, Traffic, The Town, World War Z). Malgré tout et en dépit des critiques en grande partie négatives, Bohemian Rhapsody est devenu le biopic le plus lucratif de l’histoire du cinéma en dépassant la barre des 900 millions de dollars de recette pour une mise de départ de 52 millions, dont près de 4,5 millions de spectateurs en France. Le mimétisme, il est vrai souvent dingue du comédien Rami Malek a visiblement fait son effet auprès du public, qui ne s’est d’ailleurs jamais lassé d’écouter Queen. Ce serait mentir de dire que les comédiens ne sont pas bons et excellemment castés. Mention spéciale à Gwilym Lee, parfait dans la peau de Brian May et on apprécie de revoir Joseph Mazzello, ici John Deacon, le bassiste du groupe, qui interprétait le petit Tim dans Jurassic Park de Steven Spielberg ! Alors oui on en prend plein les yeux avec une multitude de costumes extravagants, de lumières éclatantes (belle photo de Newton Thomas Sigel, collaborateur complice de Bryan Singer), de décors en tous genres, tout comme le film fait office de juke-box en enchaînant les tubes du groupe. Mais tout est ici bien trop mécanique et artificiel (comme la prothèse dentaire du comédien), comme la séquence finale qui reproduit quasiment en temps réel la performance de Queen au Live Aid.

Bohemian Rhapsody rejoint Ray de Taylor Hackford au rayon des biopics sans âme. Ce qui n’a pas empêché le film de repartir avec quatre statuettes aux Oscar en 2019, dont celle du meilleur acteur pour Rami Malek (également lauréat du Golden Globe, du Screen Actors Guild Awards et du BAFTA) et du meilleur montage pour John Ottman.

LE BLU-RAY

Qu’il soit réussi ou non, Bohemian Rhapsody bénéficie d’une superbe édition 4K Ultra-HD chez Fox. Cette édition se compose du Blu-ray et du disque full HD, sérigraphiés à l’occasion comme un disque vinyle, mauve pour le Blu-ray, noir pour le 4K. Les menus principaux, animés et musicaux des deux galettes sont les mêmes.

Le seul supplément en commun des deux disques est le concert Live Aid reconstitué pour le film, disponible dans son intégralité (22’), autrement dit agrémenté des deux chansons manquantes, A Little Thing Called Love et We Will Rock You.

Le reste des suppléments donne la parole au producteur Graham King, à Brian May et Roger Taylor, aux comédiens du film, aux différents techniciens (chef opérateur, maquilleuse, décorateur, costumier)…mais…mais…il est où le réalisateur ? Aucune trace de Bryan Singer, ni de son remplaçant. Personne ne fait allusion au metteur en scène et aucune image ne montre un réalisateur à la barre de Bohemian Rhapsody. En réalité, Graham King s’octroie tous les « mérites » en expliquant que ce projet lui tenait à coeur depuis le début des années 2000 et qu’il s’est battu pour le concrétiser. Il n’est jamais fait mention non plus des différents choix d’acteurs pour interpréter Freddie Mercury. Nous nous retrouvons donc avec trois modules d’une durée de 20 minutes en moyenne chacun. Le premier est consacré à la transformation (jusqu’au choix de la prothèse dentaire) et au travail de Rami Malek, le second au groupe proprement dit et le dernier segment se concentre sur la reconstitution du Live Aid, avec un gros plan sur les effets spéciaux, qui sont d’ailleurs très (voire trop) voyants dans le film. Des propos à foison, tous évidemment criant au génie sur un tel, des images de tournage souvent rapides qui dissimulent constamment qui se trouve derrière la caméra, tout cela est compilé proprement, mais cela n’empêche pas de trouver cela suspect.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

L’image chiadée bénéficie d’un codec de haut niveau, renforçant les contrastes, ainsi que les détails aux quatre coins du cadre large. Voici typiquement le genre de film qui tire entièrement parti de cette élévation en Full Haute Définition grâce au HDR10+, nouveauté chez Fox. Les visages des comédiens peuvent être analysés sous toutes les coutures, tout comme les costumes avec les matières palpables, les coiffures, jusqu’à la moustache de Rami Malek. Les couleurs sont flamboyantes, les contrastes dingues, la photo seventies du chef opérateur Newton Thomas Sigel est resplendissante, le piqué aiguisé comme la lame d’un scalpel. Le nec plus ultra de la 4K UHD, c’est sublime. Mention spéciale à la luminosité du Live Aid, éblouissante, même si les effets spéciaux ressortent malheureusement encore plus qu’en Blu-ray.

Alors là, chapeau ! Montez le volume, car c’est du très grand spectacle ! Le mixage Dolby Atmos (compatible Dolby True HD 7.1) se révèle particulièrement explosif et immersif. Les frontales et les latérales rivalisent de dynamisme, les chants sont exsudés avec force, la spatialisation est démentielle et le caisson de basses participe joyeusement à toutes les séquences musicales. Chaque note de guitares et de piano, chaque percussion résonne et crèvent les tympans, notamment lors du Live Aid avec son quart d’heure ininterrompu de tubes et les acclamations des 100.000 spectateurs. On en redemande et restez jusqu’au générique pour le démentiel The Show Must Go On que nous n’avions jamais entendu ainsi ! En revanche, la version française doit se contenter d’une DTS 5.1…forcément moins percutante.


Crédits images : © 20th Century Fox / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr