Test DVD / La Belle et la meute, réalisé par Kaouther Ben Hania

LA BELLE ET LA MEUTE réalisé par Kaouther Ben Hania, disponible en DVD le 4 avril 2018 chez Jour2Fête

Acteurs :  Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli; Noomane Hamda; Mohamed Akkari; Chedly Arfaoui, Anissa Daoud, Mourad Gharsalli…

ScénarioKaouther Ben Hania

Photographie : Johan Holmquist

Musique : Amine Bouhafa

Durée : 1h36

Année de sortie : 2017

LE FILM

Mariam, 21 ans, se rend à une soirée étudiante à Tunis. A peine arrivée, elle sympathise avec un certain Youssef (Ghanem Zrelli, fantastique), avec lequel elle décide de finir la soirée sur la plage. Mais celle-ci tourne court quand trois policiers s’en prennent au couple. Menottant Youssef, ils violent la jeune Mariam, puis la relâchent. Traumatisée, elle est emmenée par Youssef à l’hôpital afin de pouvoir déposer plainte par la suite. Mais les deux jeunes gens vont se retrouver empêtrés dans un véritable cauchemar bureaucratique dont ils ne sortiront pas indemnes.

Inspiré d’un fait divers réel qui a ébranlé le gouvernement Tunisien en 2012, produit par six pays différents pour seulement 850 000 euros, La Belle et la meute est ce que l’on peut appeler un tour de force. Réalisé par Kaouther Ben Hania, originaire de Tunis, la cinéaste se fait avant tout remarquer via une poignée de courts-métrages dont Le Challat De Tunis , satire sociale sur son pays. Des courts-métrages féministes et réfléchis, non dépourvus d’humour grinçant. Le Challat De Tunis résonne d’ailleurs comme les prémisses du véritable brûlot étouffant que signera Ben Hania avec La Belle et la meute.

Présenté en 2017 au Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, le film se compose, à la manière du Kidnapped de Miguel Ángel Vivas, sans l’ultra-violence, d’une dizaine de très longs plans séquences, qui comme dans l’électrochoc hispanique, nous plonge sous une chape de plomb picturale, plus proche d’un réalisme âpre et d’une ambiance souvent glauque et brutale. Le chemin de croix d’une femme voulant faire entendre sa voix dans un pays qui nous est décrit (allégoriquement parlant évidemment) comme proche de la rupture. Cette femme blessée sera entraînée, sans possibilité de recul, dans une multitude d’endroits qui feront office de paliers, entamant sa descente aux enfers. On peut y voir un voyage kafkaïen, le découpage sec du film nous faisant ressentir chaque nouvelle scène comme une tourmente supplémentaire que devra surmonter Mariam.

Au cours de cette nuit, elle devra se battre, mais elle sera aussi soutenue. Divers personnages (dont Youssef) la forceront à enfoncer les portes qui se dresseront devant elle, afin qu’elle puisse s’affirmer et se battre pour ses droits. Victime d’avoir été victime. Le film parvient à faire vivre chaque situation avec beaucoup de réalisme, le choix d’ajouter au casting des acteurs venant du théâtre d’improvisation amène le spectateur à rester scotcher quant au déroulement de certaines situations et échanges. Mariam Al Ferjani est sidérante. Dans un rôle que l’on imagine aussi épuisant psychologiquement que physiquement, elle donne toute sa force à son personnage pour remporter cet affrontement, sans jamais vouloir abandonner. Elle passe d’une épreuve à une autre, se relevant constamment malgré les humiliations dont elle est victime. Le film brille par la virtuosité de sa mise en scène. Ben Hania utilise à bon escient le plan séquence, via de très jolis ballets chorégraphiques d’une fluidité assez incroyable, et parvient à nous faire vivre chaque minute de ce fait divers sordide en maintenant une tension constante.

Véritable thriller et drame social, La Belle et La Meute touche également par sa sincérité cinématographique et par son message politique fort que la réalisatrice assume jusque dans sa dernière séquence. Le personnage de Youssef en viendra même à comparer son pays à un film de zombies, en décrivant le système comme carnassier, avide de scandales et d’images chocs. Jusque dans une scène où la caméra s’envole au-dessus d’un corps inconscient, noyant dans l’image ce que le spectateur se résigne à voir depuis le début. Ajoutons également une mention spéciale au plan séquence « Numéro 6 » qui fait monter la tension de manière très brutale, se terminant sur une scène de course poursuite à la lisière du film d’horreur dont la conclusion assourdissante en remuera plus d’un.

Toutefois, le film n’est peut-être pas exempt de défauts. Il peut se montrer parfois maladroit dans sa manière de souligner certains passages de manière un peu trop démonstrative (l’introduction ou encore la scène du voile) ou un peu trop verbeux dans sa conclusion qui aurait gagné à être aussi directe que le reste du métrage.

Mais, La Belle et La Meute est une très bonne surprise. Direct, froid, le premier film de Kaouther Ben Hania devrait marquer les mémoires. Une œuvre difficile, mais intelligente et consciente de sa portée sociale et politique. On en ressort lessivés, mais l’expérience est nécessaire puisqu’elle permet d’aborder un sujet qui resterait dans l’ombre si le cinéma n’osait pas s’en emparer.

LE DVD

Le test du DVD de La Belle et la meute, disponible chez Jour2Fête, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical. Présenté dans une copie très convenable on ne pourra donc regretter qu’un duo de suppléments assez légers et un chapitrage DVD absent. Nous n’aurons malheureusement pas la chance de mettre la main sur un quelconque Blu-ray, le film n’ayant pas la possibilité d’accéder au format.

Côté supplément, on retrouve une scène coupée (8’) qui semblait se trouver entre la séquence «Numéro 7» et la séquence «Numéros 8». Une scène plutôt intéressante qui nous fait rapidement nous demander pourquoi celle-ci fut non retenue au montage final.

Une interview de Kaouther Ben Hania (22’) chapeautée par le philosophe Michel Onfray vient boucler ce rapide tour des bonus. Un entretien plutôt intéressant si on oublie la qualité assez médiocre du cadrage, ainsi que la présentation un peu confuse de l’interview.

L’Image et le son

Pas d’édition HD donc pour La Belle et la meute, mais un DVD de fort bonne facture, qui restitue habilement l’omniprésence des gammes bleues avec les costumes et les éléments du décor, qui s’opposent avec les ambiances plus chaudes des bureaux. Les contrastes sont légers mais très beaux. Si quelques baisses de la définition demeurent constatables, le piqué reste appréciable, les détails sont agréables sur le cadre large, la clarté est de mise. Un transfert très élégant.

Seule la version originale est disponible. La piste Dolby Digital 5.1 délivre habilement les dialogues et les ambiances frontales, mais peine à instaurer une spatialisation autre que musicale. Les latérales ont peu à faire, mais il est vrai que le film ne s’y prête pas. N’hésitez pas à sélectionner la Stéréo, dynamique et percutante. Les sous-titres français et anglais sont disponibles.

Crédits images : ©  Jour2fête / Critique du film, parties généralités et suppléments : Alexis Godin / Captures DVD et partie technique : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

 

 

Test DVD / Si tu voyais son coeur, réalisé par Joan Chemla

SI TU VOYAIS SON COEUR réalisé par Joan Chemla, disponible en DVD le 15 mai 2018 chez Diaphana

Acteurs :  Gael García Bernal, Marine Vacth, Nahuel Perez Biscayart, Karim Leklou, Mariano Santiago, Manuel “Manole” Munoz, Antonia Malinova, Patrick de Valette…

ScénarioJoan Chemla, Santiago Amigorena d’après le roman de Guillermo Rosales

Photographie : André Chemetoff

Musique : Gabriel Yared

Durée : 1h23

Année de sortie : 2017

LE FILM

Suite à la mort accidentelle de son meilleur ami, Daniel échoue à l’hôtel Métropole, un refuge pour les exclus et les âmes perdues. Rongé par la culpabilité, il sombre peu à peu dans la violence qui l’entoure. Sa rencontre avec Francine va éclairer son existence.

Si tu voyais son coeur est le premier long métrage de la réalisatrice franco-argentine Joan Chemla. Venue au cinéma après des études de journalisme et de droit, elle signe en 2008 son premier court-métrage Mauvaise route. Suivront Dr Nazi (2010) et The Man with the Golden Brain (2012). Atypiques, à la lisière du fantastique, inclassables même, ces films sont remarqués dans les festivals. Joan Chemla passe donc naturellement au long métrage et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on retrouve toute la singularité de ses œuvres précédentes dans Si tu voyais son coeur, drame sombre et austère, interprété par Gael Garcia Bernal. Limite expérimental, ce premier film ne manque pas d’intérêt, mais demeure cependant trop hermétique.

Après avoir perdu son meilleur ami dans un accident, Daniel, un gitan exilé à Marseille, quitte sa communauté. Il s’installe à l’hôtel Métropole, véritable purgatoire où les écorchés de la vie tentent de survivre au jour le jour. Se sentant coupable de la mort de son ami, Daniel s’auto-détruit jusqu’à sa rencontre avec Francine qui va bouleverser sa vie.

Il y a de très bonnes choses dans Si tu voyais son coeur. Tout d’abord les comédiens. On est heureux de revoir Gael Garcia Bernal rejouer dans la langue de Molière. Immense sensibilité, charisme ravageur, l’acteur mexicain porte le film du début à la fin. Il donne ici la réplique à Nahuel Pérez Biscayart, révélation 2017 de 120 battements par minute de Robin Campillo (César du meilleur espoir masculin) et Au revoir là-haut d’Albert Dupontel. Si ce dernier apparaît finalement très peu à l’écran, sa présence reste marquante tout du long. N’oublions pas la sublime Marine Vacth (Jeune et jolie, Belles familles, La Confession), dont la participation même fugace foudroie à la fois les yeux et le coeur.

Adaptation libre du roman Mon ange de l’écrivain cubain Guillermo Rosales par Santiago Amigorena, Si tu voyais son coeur peut rebuter avec sa photo poisseuse, voire cendreuse, son rythme très lent, mais le personnage de Daniel est malgré tout attachant. On le suit dans son errance, dans son processus de deuil, dans son retour à la vie grâce à Francine, jeune femme également cassée par l’existence, mais toujours vivante malgré les coups reçus. On pense alors à Orphée et Eurydice, se rapprochant de la lumière après avoir connu les Enfers. Si l’action du roman se déroulait aux Etats-Unis et suivait un exilé cubain, le film de Joan Chemla se concentre sur un exilé de la communauté gitane, paumé dans les environs de Marseille.

Présenté en compétition au Festival international de Toronto, Si tu voyais son coeur marque la naissance d’une véritable auteure et metteur en scène, par ailleurs récompensées par le Prix du meilleur réalisateur (sic) au Festival international du film de Varsovie. Tragique, sensoriel (la musique de Gabriel Yared n’y est pas pour rien), romantique et teinté d’humour noir, cette première œuvre possède une vraie patte esthétique et un sens formel indiscutable, qui rappelle parfois La Lune dans le caniveau de Jean-Jacques Beineix. Dommage que le scénario ne soit finalement pas à la hauteur de ses ambitions plastiques (on pense d’ailleurs au cinéma de Paweł Pawlikowski) et espérons que Joan Chemla saura ouvrir un peu plus son univers et faire preuve de lâcher prise dans son prochain film pour une portée plus universelle.

LE DVD

Le test du DVD de Si tu voyais son coeur, disponible chez Diaphana, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Excellente initiative de la part de l’éditeur de nous proposer les trois courts-métrages de Joan Chemla comme suppléments au programme !

Mauvaise route (12’ – 2008) : Sur une route déserte, un jeune homme se lance à la poursuite d’une moto. En chemin, les présages d’un destin tragique s’accumulent. N&B éthéré, aucun dialogue, conte singulier et dénouement surprenant, Mauvaise route impose d’emblée le style visuel de Joan Chemla.

Dr Nazi (15’ – 2010) : Charles Chinaski est un type à problèmes et se considère comme responsable de la plupart de ses problèmes : les femmes, l’alcool, son hostilité envers les groupes d’individus. Il décide un jour de consulter le premier docteur venu. Adaptation de la nouvelle de Charles Bukowski et Lauréat du Prix Canal + à Clermont-Ferrand.

The Man With the Golden BrainL’Homme à la cervelle d’or (16’ – 2012) : Stanley a sept ans quand il découvre par accident que sa cervelle est en or. Transposition d’une nouvelle d’Alphonse Daudet (La Légende de l’homme à la cervelle d’or) avec Marine Vacth et Vincent Rottiers.

Trois courts-métrages très étonnants, marqués par quelques références, notamment à Stanley Kubrick, qui montrent que Joan Chemla a vraiment le potentiel pour réaliser un jour un vrai film fantastique.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Pas de Blu-ray pour Si tu voyais son coeur, mais un DVD de bonne qualité. La photo cendreuse, hivernale et morose de André Chemetoff (Dog Pound, Les Malheurs de Sophie) est impeccablement restituée avec un léger grain. Le piqué, les contrastes, le relief, les détails sont très appréciables, tout comme la stabilité de la copie.

La version française est disponible en Dolby Digital 5.1 et 2.0. D’emblée, le premier mixage impose une petite spatialisation discrète mais bel et bien palpable avec diverses ambiances qui percent les enceintes latérales, en plongeant directement le spectateur dans l’atmosphère du mariage. Certes, le film repose en grande partie sur les dialogues, mais il serait dommage de se priver de ce petit plus. Saluons également la tonicité de la piste 2.0 qui contentera aisément ceux qui ne seraient pas équipés à l’arrière. L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : ©  Nord Ouest Films / Diaphana / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Permission, réalisé par Brian Crano

PERMISSION réalisé par Brian Crano, disponible en DVD le 2 mai 2018 chez TF1 Studio

Acteurs :  Rebecca Hall, Dan Stevens, Gina Gershon, François Arnaud, Jason Sudeikis, Morgan Spector, Bridget Everett, David Joseph Craig…

Scénario :  Brian Crano

Photographie : Adam Bricker

Musique : Mathieu Lamboley

Durée : 1h35

LE FILM

Anna et Will s’aiment depuis le premier jour de leur rencontre et ne se sont jamais quittés depuis les bancs du lycée. Après 10 ans de relation, ils décident enfin de se marier. Mais, lors d’un dîner arrosé, le frère homosexuel d’Anna, Hale, lui propose qu’elle rencontre d’autres hommes avant son mariage avec l’accord de son futur époux. Dès lors, le couple, avant de s’unir, s’autorise à coucher avec d’autres personnes, avec le consentement de chacun, mais la situation leur échappe…

Que voilà un bien joli film ! Réalisé par Brian Crano, acteur et monteur à ses heures, producteur, metteur en scène d’un premier long métrage en 2011 (A Bag of Hammers, avec Jason Ritter et Rebecca Hall), Permission est une comédie-dramatique sur le thème de l’usure d’un jeune couple de trentenaires, qui se sont connus très jeunes, qui n’ont d’ailleurs connu aucun autre partenaire, qui sont entrés ensemble dans le monde adulte, traversé la vingtaine, avant de s’installer dans une inévitable routine et de s’enfoncer dans le déni. Jusqu’au jour où, à la suite d’une blague, Anna et Will vont se retrouver face à leur situation et faire le point sur leur vie.

Le sujet est délicat, certains l’ont déjà abordé pour en faire une comédie survolée (Bon à Tirer (B.A.T.) des frères Farrelly) et pourtant Brian Crano, également scénariste, réussit à éviter les clichés. Les personnages sont très attachants, le réalisateur passant du couple principal, interprété par les excellents et visiblement complices Rebecca Hall et Dan Stevens (le Matthew Crawley de la série Downtown Abbey), au couple gay (David Joseph Craig et Morgan Spector), par qui la remise en question arrive et qui va également entrer en pleine crise existentielle. La question de la sexualité, celle de la fidélité, sont au coeur de Permission, prenant pour décor la ville de New York, très bien filmée, bénéficiant d’une très belle et élégante photographie hivernale.

Si le malaise est palpable entre Anna et Will quand leur ami Reece leur conseille de briser leur monogamie afin de ne pas avoir de regrets alors qu’ils sont sur le point de se marier et d’emménager dans leur maison, le couple décide tout de même de tenter l’expérience. Mais en jouant avec le feu, Anna, qui rencontre un musicien romantique, et Will qui entame une relation avec une femme mûre (Gina Gershon), vont se rendre à l’évidence et découvrir ce qu’ils essayaient de se cacher depuis des années.

De leur côté, Hale, le frère d’Anna, souhaiterait adopter un enfant, ce qui n’est pas le cas de Reece, son partenaire. Leurs désirs et aspirations prennent alors des chemins divergents. Un couple peut-il résister aux années qui passent ? Comment l’amour évolue-t-il ? Jusqu’où un couple peut-il refouler ses problèmes ? La passion s’émousse-t-elle inexorablement ? Hétéros ou gays, un couple peut-il vivre ensemble toute sa vie ? Brian Crano aborde toutes ces questions avec une très belle sensibilité.

Si l’on peut trouver le rythme assez lent et une fin quelque peu brutale et expédiée, elle s’avère avec le recul inévitable et marquante. Permission est une réflexion mature et universelle, qui révèle un auteur à suivre de près. Et même si tous les acteurs sont vraiment très bons, nous n’avons d’yeux que pour la sublime Rebecca Hall, révélée en 2006 dans Le Prestige de Christopher Nolan, puis qui a très vite confirmé avec Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (2008), que l’on a plaisir à retrouver ici au premier plan.

Il est dommage que Permission ne soit pas passée par les salles françaises, arrivant chez nous directement en e-Cinéma. Sa sortie en DVD devrait lui donner une nouvelle opportunité pour toucher un nouveau public, ce que le film de Brian Crano mérite largement.

LE DVD

Le test du DVD de Permission, disponible chez TF1 Studio, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’éditeur ne propose qu’un entretien du réalisateur (11’). Visiblement enregistré lors d’un chat sur internet, Brian Crano revient sur la genèse de Permission, sur les thèmes qu’il a voulu aborder, sur ses références (John Cameron Mitchell, Todd Haynes). Il évoque également les partis pris esthétiques de son film, le travail sur les couleurs, l’alchimie des comédiens, le tournage à New York. Le tout illustré par de très belles photos de plateau.

L’Image et le son

Permission sort dans les bacs français uniquement en DVD. La copie est évidemment très propre, les contrastes élégants font honneur à la belle photo du chef opérateur Adam Bricker, marquée par des couleurs hivernales. Le cadre offre son lot conséquent de détails ciselés, la stabilité est de mise. En dehors de quelques sensibles pertes de la définition, ce DVD ne déçoit pas et instaure un confort de visionnage évident.

Permission n’est pas à proprement parler d’un film à effets, mais les pistes anglaise et française Dolby Digital 5.1 parviennent à distiller ici et là quelques ambiances. La plupart des séquences reposent sur les dialogues et les mixages se concentrent souvent sur les enceintes avant. Il ne faut pas vous attendre à des effets explosifs, la spatialisation est essentiellement musicale, les effets latéraux sont rares. Les voix des comédiens sont ardentes en version originale, tout comme en français, même si cette piste les met un peu trop à l’avant. Le confort acoustique est assuré tout du long. L’éditeur joint également deux solides pistes Stéréo, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : ©  TF1 Studio / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Garde alternée, réalisé par Alexandra Leclère

GARDE ALTERNÉE réalisé par Alexandra Leclère, disponible en DVD et Blu-ray le 9 mai 2018 chez Wild Side Video

Acteurs :  Didier Bourdon, Valérie Bonneton, Isabelle Carré, Hélène Vincent, Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Jackie Berroyer…

Scénario :  Alexandra Leclère

Photographie : Jean-Marc Fabre

Musique : Mathieu Lamboley

Durée : 1h44

Année de sortie : 2017

LE FILM

Sandrine, mariée depuis quinze ans, deux enfants, découvre que son mari Jean a une relation extraconjugale. Passé le choc, elle décide de rencontrer sa rivale, Virginie, et lui propose un étrange marché : prendre Jean en garde alternée. Les deux femmes se mettent d’accord et imposent à leur homme ce nouveau mode de vie.

En dehors de Maman en 2012, la réalisatrice Alexandra Leclère demeure abonnée aux succès publics depuis son premier long métrage Les Soeurs fâchées, sorti en 2004, qui avait attiré près d’1,5 million de spectateurs dans les salles. Après la rencontre Catherine Frot / Isabelle Huppert, la cinéaste enchaînait avec une seconde réussite commerciale, Le Prix à payer (2007, 1,4 million d’entrées) avec Christian Clavier et Nathalie Baye. Son quatrième film, Le grand partage, comédie dite chorale, avait réussi à rassembler plus d’un million de spectateurs durant l’hiver 2015 malgré une critique désastreuse. Deux ans plus tard, quasiment jour pour jour, sort sur les écrans Garde alternée, la nouvelle comédie de la réalisatrice. Elle retrouve ici Didier Bourdon et Valérie Bonneton, qu’elle avait fait tourné dans son précédent long métrage, auxquels se joint l’excellente Isabelle Carré. Seulement voilà, malgré toute la bonne volonté du trio vedette, rien, absolument rien ne fonctionne malgré les quelques bonnes bases en ouverture.

Garde alternée est un film bien consternant, rempli de clichés, de bons sentiments qui prennent le pas sur la soi-disant méchanceté des personnages. Les acteurs ont l’air eux-mêmes fatigués de débiter des dialogues au rabais. La mise en scène et les décors font penser à une série du style Fais pas ci, fais pas ça ou Scènes de ménages, un épisode à rallonge, étouffant, interminable et surtout pas drôle. Et tout devient alors extrêmement gênant.

Sandrine (Valérie Bonneton) et Jean (Didier Bourdon) sont mariés depuis quinze ans et ont deux enfants découlant de leur union. Jean trompe sa femme avec Virginie depuis quelque temps. Sandrine trouve l’idée de garde partagée de son mari afin de conserver l’équilibre familial. Jean partage alors sa vie entre sa femme et sa maîtresse en alternance. Mais tout devient alors plus compliqué.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alexandra Leclère semble repousser les limites à chaque nouveau film. Si Les Soeurs fâchées était un premier film très prometteur, jamais la réalisatrice n’a su retrouver l’inspiration dans ses opus suivants. Alors oui le casting est sympathique, les trois comédiens principaux rivalisent d’énergie, de grimaces et se mettent même à poil devant la caméra. Ils sont d’ailleurs bien entourés avec Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Hélène Vincent (déchaînée) et Jackie Berroyer, mais tout cela au service d’un très mauvais marivaudage, qui met souvent profondément mal à l’aise.

Quel marasme ! Le pire est de voir s’enfoncer les personnages, les acteurs donc, dans des situations de plus en plus déplacées, vulgaires et idiotes, jusqu’au dénouement complètement irresponsable et d’une crétinerie sans nom. On ne sait pas trop où Alexandra Leclère veut en venir. Le polyamour ? L’adultère ? Le ménage à trois ? Le désir dans le couple ? Il y a de tout cela dans Garde alternée, mais c’est tellement mal écrit et réalisé que ces 105 minutes demeurent insupportables du début à la fin.

On ne saurait que trop conseiller à la cinéaste de revoir son premier film, dont l’ambition semble déjà bien loin. Alexandra Leclère semble vouloir se consacrer à la comédie bas de gamme reposant sur des noms susceptibles d’attirer les spectateurs. Ce qui n’a pas été le cas pour Garde alternée puisque le film n’aura pas franchi la barre des 500.000 spectateurs. On souhaite à la réalisatrice de considérer cet échec comme une chance, afin de se remettre en question.

LE BLU-RAY

Le DVD et le Blu-ray de Garde alternée sont édités chez Wild Side. Le test a été réalisé à partir d’un check-disc. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche d’exploitation et le menu principal est animé et musical.

Pour la sortie de son film au cinéma, la réalisatrice Alexandra Leclère répond aux questions de Carlos Gomez (30’). D’emblée, ce dernier la brosse dans le sens du poil, en fait des tonnes en indiquant – sans trucage – « j’aime beaucoup ce que vous faites, j’aime beaucoup ce que vous êtes, j’aime beaucoup ce que vous écrivez, cette séquence est cataclysmique ». Evidemment ravie, l’invitée revient sur ses thèmes de prédilection, sur la genèse de Garde alternée (elle s’est elle-même retrouvée dans la peau de la maîtresse, bref elle raconte sa life), sur le casting et la collaboration avec les acteurs. Avec ses questions sans intérêt et son art pour flatter son interlocutrice (c’est à croire qu’il n’a jamais vu ses films puisqu’il la compare à une Bertrand Blier au féminin), Carlos Gomez marche sur les plates-bandes d’un certain Laurent Weil, ce qui est un véritable exploit.

Nous trouvons ensuite un lot de scènes coupées (6’30) aussi vulgos que celles finalement gardées au montage, dont une où le personnage joué par Laurent Stoker se masturbe dans le dos de Didier Bourdon. La classe made in Leclère.

L’Image et le son

Une édition plutôt lambda. Les couleurs sont éclatantes, le piqué est aléatoire, mais s’en tire honorablement, surtout que les partis pris esthétiques font plus penser à une série télévisée qu’à un long métrage. La gestion des contrastes est solide, même si nous pouvions attendre plus de détails. Heureusement, l’encodage AVC consolide l’ensemble et les rares séquences tournées en extérieur sont très belles.

Garde alternée repose essentiellement sur les dialogues. La piste DTS-HD Master Audio 5.1 distille les voix des comédiens avec un beau ramdam, tandis que les latérales s’occupent de la musique du film, omniprésente. Une spatialisation concrète, immersive (la scène de l’anniversaire de mariage) et efficace. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : ©  Pan-Européenne / Wild Side Video / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Grease 2, réalisé par Patricia Birch

GREASE 2 réalisé par Patricia Birch, disponible en Blu-ray le 24 avril 2018 chez Paramount Pictures

Acteurs :  Maxwell Caulfield, Michelle Pfeiffer, Lorna Luft, Maureen Teefy, Alison Price, Pamela Segall…

Scénario :  Ken Finkleman

Photographie : Frank Stanley

Musique : Louis St. Louis

Durée : 1h54

Année de sortie : 1982

LE FILM

En 1961, à la Rydell High School, deux ans après les aventures de Sandy. C’est son cousin, Michael, qui débarque au lycée. Très vite, on le considère comme l’intello de service. Et tout de suite, il tombe raide amoureux de Stéphanie Zinone, la chef des “Pink Ladies”. L’autre bande phare de l’école, c’est bien sûr les “T-Birds”, dont fait partie Johnny, l’ex-petit ami de Stephanie. Michael est décidé à séduire celle qu’il aime. Il prend alors des cours de moto et devient le meilleur d’entre tous. Sans révéler son identité, il arrive à soulever la curiosité de la belle…

Grease. Triomphe international de l’année 1978 avec entre autres plus de 5,3 millions d’entrées en France et 4,9 millions en Allemagne. Un vrai raz-de-marée. La bande-originale est sur toutes les lèvres (encore aujourd’hui), les mecs se prennent pour John Travolta (moins aujourd’hui), les filles rêvent de rencontrer un bad-boy romantique. Sans oublier les cinq nominations aux Golden Globes et celle de la meilleure chanson (Hopelessly Devoted to You) aux Oscars. La Paramount attendra finalement quatre ans pour lancer une suite au film de Randal Kleiser. Enfin, une fausse suite puisque ni John Travolta, ni Olivia Newton-John acceptent d’y participer. La tâche est rude pour le scénariste Ken Finkleman, chargé la même année de signer un Y a-t-il enfin un pilote dans l’avion ?, qui doit alors imaginer de nouveaux personnages principaux, pour en faire les nouvelles stars du lycée Rydell. Mais la sauce ne prendra pas auprès du public et Grease 2 sera un échec commercial impressionnant, souffrant de son inévitable comparaison avec le film original. Pourtant, Grease 2, conspué très sévèrement par la critique et ignoré du public à sa sortie, n’est pas si déshonorant que ça. D’ailleurs, le film mérite d’être vu pour voir les réels premiers pas devant la caméra de la sublime Michelle Pfeiffer.

C’est la rentrée scolaire 1961 à Rydell Highschool. Deux groupes s’opposent au collège, les T-Birds, qui règnent en maître sous le commandement de Johnny, et les Pinkies, les filles, qui constituent la chasse gardée des T-birds. Michael, un nouvel arrivé, sème le trouble parmi les lycéens et peine à s’intégrer parmi ses nouveaux camarades. Venant d’Angleterre, il est bien différent des jeunes de Rydell. Il succombe néanmoins au charme de Stephanie, qui fait partie du groupe des Pinkies, et dont l’idéal masculin, les motards mystérieux, est tout à fait l’opposé de Michael… Pour parvenir à la séduire, le jeune homme apprend en secret (et en quelques jours seulement, la classe) à piloter une moto, en devenant même un véritable cascadeur professionnel et joue un double-jeu des plus subtiles.

Plus de 35 ans après sa sortie, on peut le dire, Grease 2 vaut bien mieux que sa mauvaise réputation. Certes, le scénario se révèle être un copier-coller du premier film, mais le fait d’inverser les rôles et ingrédients, autrement dit de créer une idylle entre une lycéenne rebelle au grand coeur et un lycéen timide et de bonne famille fonctionne plutôt bien. Un an avant d’exploser dans Scarface de Brian De Palma, Michelle Pfeiffer, qui n’avait fait alors que divers téléfilms, séries et quelques apparitions au cinéma, crève déjà l’écran de sa beauté et s’en sort pas mal du tout au chant, comme elle le prouvera bien plus tard dans l’excellent Hairspray version Adam Shankman. Bon d’accord, elle en fait trop parfois à faire des bulles à la chaîne avec son chewing-gum (rose) et à bouger la tête comme si elle était montée sur ressort à bille pour montrer qu’elle n’est pas une fille facile. Mais on lui pardonne tout.

En revanche, son partenaire Maxwell Caulfield apparaît bien falot face à la blonde incendiaire. Il fera sa carrière principalement à la télévision dans des séries, notamment Dynastie. Le reste du casting est du même acabit, aucun acteur ne parvient à rivaliser de talent et de charisme avec ceux de Grease, même si Didi Conn (Frenchy), Eve Arden (la principale McGee), Sid Caesar (le coach Calhoun) et Dody Goodman (Blanche, la secrétaire) reprennent leur rôle du premier opus avec visiblement beaucoup de plaisir. Ce qui fait l’attrait de Grease 2 c’est son côté acidulé, hérité du premier film, mais dont le charme agit encore ici. Sans jamais chercher à rivaliser avec l’épisode précédent, cette suite réalisée par Patricia Birch, chorégraphe sur le premier et qui met en scène ici son seul film pour le cinéma, parvient à trouver un ton qui lui est propre.

La bande-originale n’est clairement pas inspirée, tout comme les numéros musicaux, toutefois, certaines séquences sont plutôt cools (Reproduction , Cool Rider) ou même l’ouverture placée sous le signe de la rentrée scolaire. Franchement, ce serait dommage de ne pas connaître cette suite, loin d’être honteuse, qui si elle n’égale pas son modèle, en propose une variation sucrée, naïve (c’est limite niais c’est vrai), honnête et surtout divertissante. Pour résumer, Grease 2, dont beaucoup de spectateurs ignorent même jusqu’à l’existence, ressemble à un spectacle de fin d’année scolaire qui aurait été monté par des lycéens pour rendre hommage au premier avec les moyens du bord et des acteurs peu expérimentés. On regarde le show avec indulgence et politesse, on passe un bon moment et on se dépêche d’aller à la buvette en sortant.

LE BLU-RAY

La Paramount Pictures n’a jamais été très généreuse envers Grease 2. Après une sortie standard en DVD en 2003, le film de Patricia Birch arrive quand même en Haute-Définition en France. Mais cette sortie s’apparente surtout à une simple sortie technique. Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Une chose est sûre, c’est que si l’éditeur ne propose que le film sur ce disque, la restauration n’a pas été bâclée. Tel un phénix inattendu, Grease 2 renaît littéralement se de ses cendres avec ce master HD. Les fans, car il y en a beaucoup mine de rien, vont être comblés. La propreté est de mise dès les premiers plans, toutes les scories diverses et variées ont été éradiquées et ce sont surtout les couleurs qui sont ici éblouissantes, vives et chatoyantes. Le patchwork multicolore de Patricia Birch est éclatant en Blu-ray et redonne un véritable intérêt à cette suite mal aimée. Le grain original est savamment respecté, la clarté omniprésente, la stabilité de mise, chaque recoin des décors contient son lot de détails, le relief des textures est inédit et le piqué aiguisé. Les contrastes n’ont jamais été aussi fermes et les noirs denses.

Tout d’abord, la version originale Dolby True HD 5.1 : Montez le volume, car c’est du grand spectacle ! Ce mixage se révèle particulièrement riche avec des frontales et latérales qui rivalisent d’énergie, les chansons étant bien sûr particulièrement choyées. La spatialisation est éloquente. En revanche, la piste française est proposée dans une petite et anecdotique Dolby Digital 2.0. Le doublage est plutôt réussi et l’ensemble est propre, mais la comparaison est inutile.

Crédits images : ©  Paramount Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / La Proie, réalisé par Robert Siodmak

LA PROIE (Cry of the City) réalisé par Robert Siodmak, disponible en DVD et Blu-ray le 24 avril 2018 chez ESC Editions

Acteurs :  Richard Conte, Victor Mature, Fred Clark, Shelley Winters, Betty Garde, Berry Kroeger, Tommy Cook, Debra Paget…

Scénario :  Ben Hecht, Richard Murphy d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth

Photographie : Lloyd Ahern Sr.

Musique : Alfred Newman

Durée : 1h35

Année de sortie : 1948

LE FILM

Au cours d’une rixe, Martin Rome est blessé. Retenu prisonnier dans un hôpital pénitentiaire, ce multirécidiviste est soupçonné par le Lieutenant Candella, son ami d’enfance, d’avoir participé au cambriolage et au meurtre crapuleux d’une riche New-Yorkaise. Innocent, le malfrat se voit proposer par Niles, un avocat véreux, de porter le chapeau. Refus net et catégorique. Mais, intrigué, Rome s’évade, se rend chez Niles et découvre des bijoux volés dans le coffre-fort de l’avocat, qu’il assassine. C’est le début d’un long et violent jeu du chat et de la souris entre Candella et Rome…

Coécrit par le prolifique Ben Hecht (La Maison du docteur Edwardes, Gilda, Les Enchaînés) et Richard Murphy (La Lance brisée, Le Génie du mal) d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth, La ProieCry of the City, est un des films noirs les plus emblématiques du réalisateur, scénariste, producteur et acteur allemand Robert Siodmak (1900-1973). Né dans une famille d’origine polonaise juive à Dresde, Siodmak sent la montée du nazisme et fuit l’Allemagne au début des années 1930. Après une étape par Paris, il s’envole pour Hollywood. En 1941, il réalise West Point Widow, son premier film américain puis signe un contrat avec les studios Universal pour sept ans. Evidemment très influencé par l’expressionnisme allemand et le cinéma d’Orson Welles, il signe Le Fils de Dracula, son premier film pour les Universal Studios, et impose son style qui fera la marque de fabrique de ses plus polars les plus célèbres comme Les Tueurs avec Burt Lancaster et Ava Gardner en 1946 ou Pour toi j’ai tué (Criss Cross) en 1949. La Proie est donc mis en scène entre ces deux monuments, pour le compte de la 20th Century Fox de Darryl F. Zanuck. S’il reste moins connu, Cry of the City est pourtant un bijou noir, d’une incroyable sécheresse, magistralement réalisé et interprété.

Truand du Bronx new-yorkais, Martin Rome (Richard Conte) a abattu un policier : il était, affirme-t-il, en état de légitime défense. Grièvement blessé, il est interrogé sur son lit d’hôpital par les inspecteurs Collins (Fred Clark) et Candella (Victor Mature). Ce dernier, qui fut autrefois son ami, le soupçonne d’être également impliqué dans l’affaire De Grazia – une femme assassinée et dépouillée de ses bijoux. Un suspect est sous les verrous mais deux complices, un homme et une femme, sont en cavale : Rome, peut-être, et cette mystérieuse jeune fille qui est venue le voir à l’hôpital et dont personne ne connaît l’identité. Martin nie farouchement ce crime, mais il veut surtout éviter que l’inconnue – Teena Riconti (Debra Paget, dans sa première apparition au cinéma), sa bien-aimée – ne soit inquiétée. Succédant aux policiers, un avocat, Niles (Berry Kroeger), tente vainement de persuader Rome d’avouer sa culpabilité dans l’affaire De Grazia et ce, en échange d’une forte somme qui serait versée à sa mère. Quelques jours après, Rome parvient à s’évader. Par l’intermédiaire de Tony (Tommy Cook), son jeune frère, il cherche d’abord à prendre contact avec Teena, mais celle-ci a disparu.

La Proie confronte les deux côtés d’une même pièce. Les personnages principaux, le flic et le voyou sont italo-américains, se connaissent, ont visiblement grandi ensemble et chacun connaît la famille de l’autre. D’un côté, Victor Mature (La Poursuite infernale, Le Carrefour de la mort), colosse aux pieds d’argiles, de l’autre Richard Conte (Quelque part dans la nuit, L’Orchidée blanche), à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Deux anciens gosses de la rue, qui n’ont pas eu la même chance, mais qui ont décidé de s’en sortir. C’est cette confrontation qui fait le sel du film de Robert Siodmak, cinéaste qui a toujours été sensible à cette frontière sensible entre le bien et le mal.

Candella le flic, très attaché à ses origines, se lance alors aux trousses de Rome, accusé à tort d’un vol de bijoux, qui va tenter de son côté de prouver son innocence, tout en voulant protéger la femme qu’il aime. Malgré cela et en dépit de son charme souvent blagueur et attachant, Rome est un tueur de flic, un type violent, la rue fait partie de lui. Il ne sera pas remis en prison et n’hésitera pas à riposter si Candella le retrouve. Quant à ce dernier, malgré l’amitié et l’amour qu’il peut avoir pour Rome et sa famille, il restera inflexible, fermé et bien déterminé à aller jusqu’au bout.

Robert Siodmak tourne dans les rues du Bronx et celles du quartier de Little Italy, ajoutant à son film à une authenticité encore rare dans le cinéma hollywoodien qui privilégiait encore les confortables prises de vue en studio. Cela ajoute une dimension documentaire à La Proie, comme les parfums provenant des restaurants, d’un minestrone qui cuit à feu doux sur le gaz, mais aussi celui de la crasse et des bas-fonds dans lesquels les personnages se débattent. Les lumières de la ville sont là, à travers les néons et enseignes lumineuses, mais le rêve américain n’est qu’un mirage clinquant. Derrière, certains luttent pour survivre et les voies pour s’en sortir sont peu nombreuses. D’ailleurs, quel que soit le chemin emprunté, le résultat est le même pour les protagonistes. Policiers ou malfrats, ils sont tous fatigués de courir et le fruit de leur labeur se résume finalement à peu de choses.

Film riche et passionnant, soutenu par la musique d’Alfred Newman et la photo charbonneuse de Lloyd Ahern (Laura, La Folle ingénue), ainsi qu’un humour noir avec la présence de l’immense Hope Emerson dans le rôle d’une masseuse peu orthodoxe, La ProieCry of the City, souvent oublié dans la filmographie de Robert Siodmak, est absolument à réhabiliter, d’autant plus qu’il apparaît aujourd’hui comme étant l’une des grandes inspirations d’un certain Martin Scorsese.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de La Proie, disponible chez ESC Editions, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

La Proie, est présenté par Antoine Sire (31’). L’auteur de Hollywood, la cité des femmes (editions Institut Lumière / Acte Sud) propose une analyse brillante et éclairée du film de Robert Siodmak. Le fond et la forme sont croisés sur un rythme soutenu, le casting est passé au peigne fin. La carrière du cinéaste est également abordée et La Proie située dans sa filmographie. Fourmillant d’informations et d’anecdotes, Antoine Sire part un peu dans tous les sens et se répète parfois, mais on ne pourra pas lui reprocher la passion contagieuse avec laquelle il évoque ce polar urbain, déroutant et décalé. Composé d’extraits et de bandes-annonces, cet entretien s’avère riche, spontané et passionnant.

L’Image et le son

Un Blu-ray au format 1080p (AVC). Ce nouveau master restauré en HD au format respecté 1.33 de La Proie, qui était jusqu’alors disponible en DVD chez Carlotta, se révèle souvent pointilleux en matière de piqué, de gestion de contrastes (noirs denses, blancs lumineux), de détails ciselés, de stabilité, de clarté et de relief. La nouvelle profondeur de champ permet d’apprécier la composition des plans de Robert Siodmak, la photo signée Lloyd Ahern retrouve une nouvelle jeunesse doublée et le grain d’origine a heureusement été conservé. Notons quelques baisses de la définition avec des plans légèrement flous. La propreté de la copie est indéniable.

Seule la version originale, avec les sous-titres français non imposés, est disponible. Point de remixage superflu à l’horizon, l’écoute demeure fort appréciable avec une excellente restitution de la musique, des effets annexes et des voix très fluides et aérées. Pas de souffle constaté.

Crédits images : ©  Twentieh Century Fox Home Entretainment International Corporation / ESC Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Knock, réalisé par Lorraine Lévy

KNOCK réalisé par Lorraine Lévy, disponible en DVD et Blu-ray le 20 février 2018 chez Studiocanal

Acteurs :  Omar Sy, Alex Lutz, Ana Girardot, Sabine Azéma, Pascal Elbé, Audrey Dana, Michel Vuillermoz, Christian Hecq, Hélène Vincent, Andréa Ferréol, Rufus…

ScénarioLorraine Lévy, d’après la pièce de théâtre de Jules Romains

Photographie : Emmanuel Soyer

Musique : Cyrille Aufort

Durée : 1h54

Année de sortie : 2017

LE FILM

Le Docteur Knock est un ancien voyou devenu médecin qui débarque dans le petit village de Saint-Maurice afin d’y faire fortune selon une méthode particulière. Suivant son adage « Tout homme bien portant est un malade qui s’ignore. », il va ainsi faire croire aux villageois en les manipulant astucieusement, qu’ils ne sont pas aussi bien portants qu’ils pourraient le penser. C’est ainsi qu’il trouvera chez chacun un symptôme, imaginaire le plus souvent, et de ce fait pourra exercer lucrativement sa profession. Sous ses airs de séducteur et après avoir acquis la confiance du village, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais son passé le rattrape et une ancienne connaissance vient perturber les plans du docteur.

Bon, comment dire, était-ce bien nécessaire ? Si la réalisatrice Lorraine Lévy se défend d’avoir voulu « faire un coup » en proposant le rôle de Knock à un acteur noir, sa relecture (la quatrième au cinéma) de la pièce de théâtre Knock ou le Triomphe de la médecine (1923) de Jules Romains n’a pour ainsi dire aucun intérêt. Pourtant, le casting est alléchant, mais la mise en scène reste d’une platitude confondante et ne parvient jamais à donner du corps au texte original. Par ailleurs, Omar Sy semble lui-même gêné et impressionné par les mots qui lui ont été confiés. Alors oui la photo est belle et solaire, mais Knock version 2017, transposé dans la France des années 1950, est un film figé et même si l’adaptation de Guy Lefranc, immortalisée par Louis Jouvet dans le rôle-titre – et qui l’avait déjà interprété sur scène et dans la seconde transposition en 1933 par Roger Goupillières – a pris pas mal de rides, elle lui reste bien supérieure.

L’affiche est impressionnante : Omar Sy, Ana Girardot, Alex Lutz, Sabrine Azéma, Audrey Dana, Pascal Elbé, Christian Hecq, Hélène Vincent, Andréa Ferréol, Rufus, Michel Vuillermoz, Nicolas Marié et bien d’autres sont visiblement ravis de se donner la (succulente) réplique de Jules Romains. Le problème, c’est que Lorraine Lévy n’a jamais été une bonne réalisatrice. Scénariste de Ma Meilleure amie d’Elisabeth Rappeneau en 2004, elle écrit et réalise son premier long métrage la même année, La Première Fois que j’ai eu 20 ans. S’ensuit Mes amis, mes amours (2008), adapté du roman de son frère, le célèbre écrivain Marc Lévy, avec Vincent Lindon et Pascal Elbé. Son meilleur film à ce jour, Le Fils de l’autre (2012) était – malgré une certaine naïveté – une oeuvre humaniste, un plaidoyer sans pathos pour la paix, universel et émouvant, tourné au pied du mur de séparation entre l’Israël et la Palestine. Après quelques téléfilms et l’écriture de plusieurs épisodes de la série Joséphine, ange gardien (si si), elle revient avec Knock, un projet qui lui tenait à coeur depuis huit ans et son film le plus ambitieux.

Avec un budget confortable de près de 13 millions d’euros, Lorraine Lévy mise tout sur la reconstitution, les décors, les accessoires. Le résultat est honnête, l’image est clinquante, c’est moelleux pourrait-on dire. Seulement Omar Sy, sur lequel s’est monté le projet, apparaît immobile du début à la fin. Engoncé dans son costume, le comédien césarisé pour Intouchables n’est guère à l’aise avec le texte de Romains, d’autant plus que le rôle lui demande de rester sobre, sans avoir recours à quelques pirouettes qui ont contribué à faire son succès au cinéma. A ce titre, il est bien plus à son affaire lors du prologue qui le montre en train d’échapper à quelques voyous notoires, pour ne pas avoir réglé une dette de jeu. Omar Sy peut alors se permettre de rire et d’utiliser son corps de plus d’1m90. Mais c’est autre chose quand son personnage débarque dans un petit village dans le but d’exercer la médecine. Le comédien se tient droit comme un i, déclame ses tirades sans y croire et de façon monocorde.

L’ensemble prend alors la forme d’un film à sketches, avec une succession de rencontres plus ou moins inspirées. Knock face au pharmacien, Knock face au facteur, Knock face à la femme du pharmacien, sans parvenir à instaurer un rythme de croisière, de façon mécanique. Ce n’est pas que l’on s’ennuie, mais le film n’est jamais émouvant, n’interpelle jamais, ne fait pas rire non plus. On sourit, mais grâce au charme d’Ana Girardot, l’abattage d’une Audrey Dana chaude comme la braise qui se déshabille et demande à Omar Sy « Comment trouvez-vous mes seins ? », qui lui répond alors « Je ne les trouve pas, je ne les cherche même pas ! ». Lorraine Lévy est capable de faire preuve de retenue, tout comme de se vautrer dans la scatologie comme dans cette scène où Pascal Elbé, pris de coliques, repeint littéralement les murs de sa chambre, sur fond de bruitages de pets repris directement de la bande-son de La Soupe aux choux. Voilà, c’était Knock. Cela ne gratouille pas, ça ne chatouille pas, mais ça irrite souvent il faut bien le dire.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Knock, disponible chez Studiocanal, repose dans un boîtier classique de couleur bleue, glissé dans un surétui cartonné. La jaquette reprend le visuel de l’affiche du film. Le menu principal est animé et musical.

Comme si elle avait besoin de se justifier sur son nouveau film, Lorraine Lévy prend le micro et commente Knock. C’est par ailleurs le seul bonus sur cette édition. Sans se présenter, la réalisatrice attaque bille en tête en indiquant « au risque de choquer » que le film de Guy Lefranc n’est pas un chef d’oeuvre, que la réalisation se contente de champs-contrechamps tournés dans un N&B standard. S’il y a évidemment du vrai dans ses propos, on sent que Lorraine Lévy a été très touchée par les nombreuses mauvaises critiques à la sortie de Knock. L’écoute n’est pas désagréable. La réalisatrice revient également sur les partis pris, sur la libre adaptation de la pièce de théâtre de Jules Romains, sur le casting, la photographie et la musique. Notons tout de même quelques longs silences.

L’Image et le son

Le master HD du Knock tient toutes ses promesses et offre au spectateur un très bon confort de visionnage. Le relief est omniprésent, les contrastes fermes et la luminosité constante. Le piqué est très agréable, les détails sont précis et le cadre large bien exploité. La photo est douce et ambrée, les noirs denses, les teintes chatoyantes, et les séquences nocturnes bien gérées.

Un seul choix disponible, une piste DTS-HD Master Audio 5.1 créant d’entrée de jeu une large et puissante spatialisation musicale. La balance frontales-latérales est très dynamique, les voix solidement plantées sur la centrale. Toutes les enceintes sont mises à contribution, certains effets naturels tirent leur épingle du jeu. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont disponibles, tout comme une piste Audiodescription pour les spectateurs aveugles et malvoyants.

Crédits images : © Studiocanal / Curiosa Films – Moana Films – Versus Production – France 2 Cinéma – France 3 Cinéma – Solo Films – Korokoro – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma/ Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / L’Ange exterminateur, réalisé par Luis Buñuel

L’ANGE EXTERMINATEUR (El Ángel exterminador) réalisé par Luis Buñuel, disponible en DVD et Blu-ray le 2 avril 2018 chez Movinside

Acteurs :  Silvia Pinal, Enrique Rambal, Claudio Brook, José Baviera, Augusto Benedico, Antonio Bravo…

ScénarioLuis Buñuel

Photographie : Gabriel Figueroa

Musique : Raúl Lavista

Durée : 1h33

Année de sortie : 1962

LE FILM

Grands bourgeois domiciliés rue de la Providence, les Nobile reçoivent une vingtaine d’amis, après un concert. Tout le personnel de la maison s’éclipse sans raison. Les invités passent la nuit sur le tapis du salon et commencent à perdre la raison…

Oeuvre matricielle de toute la filmographie de Luis Buñuel, L’Ange exterminateurEl Ángel exterminador signe également la fin de la période mexicaine du cinéaste. Cette référence ultime du huis clos permet à son auteur de s’attaquer à l’un de ses thèmes de prédilection, la bourgeoisie, figée et hypocrite, devenant ici prisonnière de son propre système. Repliée sur elle-même, cette caste va alors perdre le contrôle et le vernis de la bienséance commencer à s’écailler. Chef d’oeuvre absolu, unique en son genre, L’Ange exterminateur est un des sommets, si ce n’est le plus grand film de Luis Buñuel.

Edmundo et Lucia de Nobile, un couple bourgeois de Mexico, donnent une réception après l’opéra dans leur luxueuse demeure. Quelques faits bizarres se produisent alors : des domestiques partent l’un après l’autre sans expliquer leur comportement et avant même que la soirée commence. Seul reste le majordome, Julio. Les invités connaissent une impression de déjà-vu (certains se présentent deux fois, d’autres déclament la même tirade), Ana retire de son sac deux pattes de poulet alors que Blanca joue au piano une sonate de Paradisi. Au moment de partir, une étrange réaction interdit aux invités de quitter les lieux. Ces derniers, confinés dans le même salon, finissent par dormir sur place. Mais le lendemain, ils constatent qu’il est toujours impossible de sortir de la pièce. La panique s’empare des maîtres de maison et de leurs invités. La nourriture est épuisée (certains mangent du papier), l’eau est manquante (on envisage un temps de boire celle au fond des vases), l’odeur devient pestilentielle (incapacité de se laver), la promiscuité est de plus en plus révoltante et certains instincts, notamment sexuels, se libèrent. Les jours et les nuits passent, la notion du temps se perd. A l’extérieur, la police, les badauds et les domestiques, victimes du même sortilège, n’arrivent pas à franchir le portail de la propriété. Dans le salon devenu asphyxiant, les véritables caractères et personnalités se révèlent. Soudain, apparaissent un ours et des moutons.

Toujours aussi insaisissable, virtuose et remarquable, L’Ange exterminateur, un temps envisagé sous le titre Les Naufragés de la rue de la Providence, touche au sublime. En voulant rendre réaliste l’inexplicable, Luis Buñuel ne prend pas les spectateurs pour les imbéciles et fait confiance à leur intelligence pour décoder les métaphores et allégories qui constituent son récit. Redoutablement subversif, ce film, réalisé juste après Viridiana, pose les bases de la seconde partie de la carrière du réalisateur, qui seront reprises dans Belle de jour (1967) et surtout Le Charme discret de la bourgeoisie (1972).

S’il enferme ses personnages dans un cadre restreint, la mise en scène est sans cesse en mouvement et chaque cadre capture une réaction, un mouvement, la réaction suite à ce mouvement. Si théâtralité il y a, cela provient uniquement du rôle que l’on joue en société, mais en aucun cas du dispositif, des partis pris et de la mise en scène. La peur engendre le cauchemar, le cauchemar entraîne la fatigue, l’épuisement, réduisant l’homme aisé à l’état d’animal qui se laisse aller. Les vêtements se froissent, les coiffures de ces dames s’écroulent, l’hygiène devient secondaire. Peu importe si le comportement manque aux règles les plus élémentaires de l’étiquette. Il n’y a plus que des hommes et des femmes, quasiment rendus à l’état primitif, qui tentent de survivre et la religion ne peut rien faire pour eux dans cette situation.

Luis Buñuel peint ses protagonistes, merveilleusement incarnés entre autres par Silvia Pinal (Viridiana, Simon du désert), Claudio Brook (Du rififi à Paname, La Grande vadrouille, La Voie lactée), avec un pinceau à pointe sèche et acérée, sans oublier un humour noir savoureux. La bourgeoisie est un naufrage, le salon est l’île déserte de cette vingtaine de rescapés. Sans révéler le dénouement, le réalisateur n’est pas dupe quant à ce que ses personnages pourraient tirer de cette expérience. Si l’histoire fait alors l’effet d’une boucle, l’épilogue montre que seule l’Apocalypse permettrait une remise à égalité de tous les êtres humains. Mais pour combien de temps ?

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de L’Ange exterminateur, disponible chez Movinside, repose dans un élégant boîtier classique de couleur noire. Visuel très beau et attractif. Le menu principal est simple, animé et musical. Mention spéciale à la sérigraphie bien pensée du disque.

Seule la bande-annonce est proposée comme bonus sur cette édition.

L’Image et le son

Le générique fait un peu peur. L’image est claire, mais les contrastes laissent à désirer. Même chose concernant la première bobine. Puis, la propreté de la copie devient évidente, la stabilité est de mise et les noirs retrouvent une vraie fermeté. Certes les partis pris limitent la profondeur de champ, mais le grain est joliment restitué, les détails sont parfois présents sur les visages. Signalons tout de même quelques plans plus abimés ou à la définition beaucoup plus aléatoire. Mais dans l’ensemble, cette édition HD est convenable.

En ce qui concerne la mixage espagnol proposé en PCM, l’écoute est également fluctuante. Tout va bien durant les quarante premières minutes, quand soudain un souffle important se fait entendre. Les dialogues sont chuintants, parfois sourds, tandis que les notes de piano s’accompagnent de saturations. Pas de craquement intempestif, mais le souffle demeure chronique et souvent entêtant. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © 1962 Producciones Gustavo Alatriste / Movinside / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

Test Blu-ray / Tout nous sépare, réalisé par Thierry Klifa

TOUT NOUS SÉPARE réalisé par Thierry Klifa, disponible en DVD et Blu-ray le 20 mars 2018 chez TF1 Studio

Acteurs :  Catherine Deneuve, Diane Kruger, Nekfeu, Nicolas Duvauchelle, Sébastien Houbani, Michaël Cohen, Olivier Loustau, Brigitte Sy, Julia Faure…

ScénarioThierry Klifa, Cédric Anger

Photographie : Julien Hirsch

Musique : Gustavo Santaolalla

Durée : 1h39

Année de sortie : 2017

LE FILM

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Ex-journaliste du magazine Studio, Thierry Klifa passe derrière la caméra en 2001 pour le court-métrage Emilie est partie, puis signe son premier long métrage en 2004, Une vie à t’attendre, joli succès dans les salles avec près de 900.000 entrées. Spécialisé dans le drame romantique, social ou familial, il réalise un film choral, Le Héros de la famille (2006), puis réunit Catherine Deneuve (déjà dans son film précédent) et Nicolas Duvauchelle en 2011 dans Les Yeux de sa mère. Ces deux bides au box-office n’ont pas découragé le metteur en scène, puisqu’il revient avec Tout nous sépare, dans lequel il dirige à nouveau deux des comédiens principaux de son dernier film, auxquels se joignent cette fois Diane Kruger et le rappeur Ken Samaras, plus connu sous le nom de Nekfeu. Les ingrédients sont toujours les mêmes, ainsi que les maladresses d’écriture et la direction d’acteurs brinquebalante. En d’autres termes, Tout nous sépare est un nouvel échec.

Julia, jeune femme mutilée, est profondément éprise de Rodolphe, un voyou qu’elle rémunère pour ses prestations sexuelles et qui lui livre de la drogue. Un soir, après avoir fait l’amour dans un endroit isolé, celui-ci se montre violent envers Julia, qui, sous l’effet de drogues, lui assène un coup mortel à la tête. La mère de Julia, Louise, bourgeoise sûre d’elle-même, aide alors sa fille à dissimuler l’homicide. Peu après, Ben, ami de Rodolphe, commence à faire chanter les deux femmes.

Voilà. Thierry Klifa tourne en rond, propose les mêmes personnages, du moins les mêmes archétypes, leur fait dire des dialogues ineptes et drôles involontairement. Il faut voir les envolées lyriques entre Nicolas Duvauchelle (en mode wesh gros!) et Diane Kruger (qui se demande constamment ce qu’elle est en train de dire) : “On a baisé ça y est, t’as ton fric, j’ai mon matos !” “Bah ouais, regarde mes yeux tu vois d’l’amour là ? REGARDE MOI J’TE DIS ! TU VOIS DE L’AMOUR LA ???” ou bien encore “4000 euros ? Mais c’est qui ces types ?” Arrête de poser des questions tu les connais pas !” “J’ai quand même le droit de savoir ! L’argent ça pousse pas dans un jardin !” “Oui bah je sais merci, ça va ! J’te dis tu les connais pas ! J’te demande juste si tu peux m’aider, alors tu m’réponds oui ou non ! Ok ? Alors soit tu m’aides tu m’sauves, soit c’est non ET JE M’CREVE T’ENTENDS ??? J’VAIS M’CREVER !!! TU VEUX QU’JE ME CREVE OU PAS ??? DIS MOI ET JE LE FAIS !!!”. Et on en a déjà marre au bout de dix minutes. Sans compter Catherine Deneuve qui passe la majeure partie du film à fumer face à Nekfeu qui s’endort durant ses répliques. C’est difficile.

Certes, les excellentes Julia Faure et Brigitte Sy font une apparition bienvenue, mais cela ne sauve en rien le film du marasme. A l’instar de son ex-confrère de Studio, Marc Esposito (rappelons que Toute la beauté du monde est l’un des pires films du monde), Thierry Klifa n’a rien d’un auteur, encore moins d’un cinéaste. Croisons les doigts pour que Laurent Weil ne décide pas un jour de passer derrière la caméra ! Conçu pour et autour de Catherine Deneuve, qu’il considère comme son actrice fétiche, Tout nous sépare manque constamment de crédibilité. Rien ne fonctionne. Ni les dialogues, ni les personnages, encore moins les rebondissements, le cadre dépeint et l’opposition entre le milieu bourgeois et les prolos. Tout nous sépare est symbolique d’un cinéma français périmé, qui croit avoir des choses à dire alors qu’il s’englue d’emblée dans un récit éculé et une parodie de film noir, dont Klifa ne maîtrise absolument pas les codes. Dommage, car le film est co-écrit par Cédric Anger, réalisateur de La prochaine fois je viserai le cœur et surtout co-scénariste du formidable Petit Lieutenant de Xavier Beauvois et du très bon L’Homme qu’on aimait trop d’André Téchiné. Et puis voir Catherine Deneuve prendre la pétoire dans la dernière partie, prête à défendre sa fille et son territoire, cela finit par nous fatiguer autant que la comédienne elle-même qui a l’air aussi convaincue que nous par ce qu’elle est en train de faire.

100 minutes de calvaire, durant lesquelles les comédiens se renvoient la balle avec mollesse, en espérant que le spectateur sera indulgent fasse à la pauvreté de ce qu’on leur propose. Le problème c’est que même la forme est au rabais, avec une mise en scène digne d’un téléfilm de France 3 Picardie. Un ratage sur toute la ligne.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Tout nous sépare a été réalisé sur check-disc. TF1 Studio propose un menu lambda, animé et musical. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film.

Finalement, ce qu’il y a de plus intéressant sur ce disque, c’est le making of (48’). Bien filmé, ponctué par des interventions des comédiens et du réalisateur, ce documentaire propose des images des essais, de tournage et du plateau où l’on peut voir l’attente entre les prises et les répétitions. Forcément, les compliments pleuvent comme bien souvent dans ce genre d’exercice, mais cela ne manque pas de sincérité.

A ce making of s’ajoute un extrait de la présentation de Tout nous sépare lors de l’émission Quotidien de Yann Barthès, en compagnie de Catherine Deneuve et de Nekfeu. L’occasion de voir que l’immense comédienne a bien adopté le rappeur, sur lequel elle ne tarit pas d’éloges (14’).

L’Image et le son

On ne change pas une équipe qui gagne (ou pas c’est selon) puisque Thierry Klifa a de nouveau fait appel à l’excellent chef opérateur Julien Hirsch (Impardonnables, La Fille du RER, Bird People). Les contrastes sont denses et flatteurs pour les mirettes, la copie se révèle claire et lumineuse, le relief est appréciable, la colorimétrie chatoyante mais quelques fourmillements sont constatables sur les arrière-plans et quelques détails manquent à l’appel. Le piqué est parfois émoussé mais cela n’entrave en rien les conditions de visionnage qui demeurent plaisantes. Rien à redire, le moindre recoin du cadre large demeure splendide de précision sur les séquences diurnes tournées en extérieur. Ce Blu-ray est au format 1080p (AVC).

La musique composée par Gustavo Santaolalla est admirablement délivrée et spatialisée par le mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Les voix des comédiens s’imposent sans mal sur la centrale, toujours claires et distinctes. Quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les latérales sur les séquences en extérieur, la balance gauche-droite est dynamique, même si le caisson de basses reste au point mort. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Mars Films / TF1 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Le Maître des illusions (Lord of Illusions), réalisé par Clive Barker

LE MAÎTRE DES ILLUSIONS (Lord of Illusions) réalisé par Clive Barker, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume

Acteurs :  Scott Bakula, Kevin J. O’Connor, Famke Janssen, Daniel Von Bargen, Vincent Schiavelli, Barry Del Sherman…

ScénarioClive Barker d’après sa nouvelle “The Last Illusion

Photographie : Rohn Schmidt

Musique : Simon Boswell

Durée : 2h01 (version intégrale)

Année de sortie : 1995

LE FILM

Harry D’Amour est un détective privé spécialisé dans les enquêtes relevant d’occultisme. Quand Philip Swann, un célèbre magicien, meurt sous yeux pendant l’une de ses illusions, Harry soupçonne Dorothea, la mystérieuse femme de Swann…

Ecrivain, plasticien, dramaturge, sculpteur, scénariste, producteur, comédien et réalisateur, Clive Barker, né à Liverpool en 1952, est un touche-à-tout. 1984 est un tournant dans sa carrière puisque la même année sortent les trois premiers volumes de la série Livres de sang, recueils de nouvelles qui comprendront six tomes. C’est un triomphe immédiat. Les trois autres volets sortent l’année suivante, ainsi que le roman Le Jeu de la damnation. Echaudé par le traitement accordé à ses scénarios sur Transmutations et Rawhead Rex, le monstre de la lande, tous les deux mis en scène par George Pavlou en 1985 et 1986, Clive Barker décide de passer derrière la caméra afin d’adapter lui-même son roman (non publié) Hellraiser. Le reste appartient à la légende et le personnage de Pinhead devient une icône du film d’épouvante. Si Clive Barker a depuis continué sa carrière littéraire, le cinéaste est devenu rare. Son second long métrage Cabal (1990) s’est entre autres soldé par un échec commercial, d’autant plus que le film est remonté par la 20th Century Fox. Alors que la franchise Hellraiser en est déjà au troisième opus et que la saga Candyman, basée sur une nouvelle des Livres de Sang voit le jour, Clive Barker décide enfin de revenir à la mise en scène en 1994 avec Le Maître des illusionsLord of Illusions, d’après sa propre nouvelle The Last Illusion, ultime chapitre des Livres de sang. Le sort s’est encore acharné sur le cinéaste puisque, malgré un budget conséquent et un casting solide, la MGM n’a pas hésité à tailler dans le montage de Clive Barker en supprimant une bonne dizaine de minutes. Si Le Maître des illusions n’a pas rencontré le succès à sa sortie, le troisième long métrage de Clive Barker, qui n’a pas connu de sortie au cinéma en France, a su devenir un film culte aujourd’hui très prisé par les cinéphiles.

Bien malgré lui, Harry D’Amour, un détective privé new-yorkais de petite envergure, s’est spécialisé, au grand amusement de ses concurrents, dans les affaires d’occultisme. Il vient à peine de résoudre un cas difficile que déjà une nouvelle enquête lui tend les bras. Une banale filature à Los Angeles le conduit bientôt jusque dans l’entourage du célèbre illusionniste Philip Swann et de sa ravissante épouse Dorothea. Lors d’un audacieux spectacle de magie, Philip, infortunée victime de sa propre mise en scène, meurt dans d’atroces conditions. Harry devine très rapidement que Dorothea dissimule un terrible secret qui pourrait bien expliquer la mort brutale de son magicien de mari. Son enquête le mène sur les pas d’un groupe de fanatiques souhaitant le retour de Nix, leur chef et gourou, neutralisé par Swann treize ans auparavant. Harry D’Amour va devoir plonger dans un univers paranormal et éviter les cadavres qui s’amoncellent sur son chemin vers la vérité.

Le Maître des illusions contient toutes les obsessions de Clive Barker. Comme s’il pensait qu’il s’agissait de son dernier film, ce qui est toujours le cas en 2018, le réalisateur laisse libre cours à son imagination foisonnante, mélange les genres et déverse ses obsessions. Ainsi, le personnage d’Harry D’Amour semble tout droit sorti d’un film noir américain des années 1940, mis face à une enquête qui dépasse tout raisonnement logique. Plus habitué aux séries télévisées et aux téléfilms, le comédien Scott Bakula, star de la série culte Code Quantum, est impeccable dans la peau du personnage créé par Clive Barker, inspiré du J. J. « Jake » Gittes de Chinatown de Roman Polanski. A part sa participation dans American Beauty de Sam Mendes, Scott Bakula n’a pas été bien servi au cinéma et l’acteur trouve ici le rôle de sa vie. D’ailleurs, on en vient à regretter de ne pas l’avoir retrouvé dans d’autres enquêtes surnaturelles. A ses côtés, la talentueuse et sublime Famke Janssen fait ses débuts devant la caméra, un an avant d’exploser en dangereuse James Bond Girl dans GoldenEye de Martin Campbell. Dans Le Maître des illusions, est la parfaite incarnation de la femme fatale.

Inclassable, certains diront même fourre-tout, généreux, Le Maître des illusions est porté par une réelle envie de cinéma, mais également, selon les propres mots de Clive Barker « par l’envie de foutre les pétoches aux spectateurs ». Si le film a indéniablement vieilli en raison de ses images de synthèse rudimentaires, le spectacle est assuré du début à la fin. Lord of Illusions est une œuvre riche, qui porte la patte graphique de son auteur, que l’on pourrait rapprocher de Guillermo Del Toro, du moins dans sa bonne période (Le Labyrinthe de Pan notamment), de John Carpenter (L’Antre de la folie) et de David Cronenberg (Le Festin nu), ami proche du réalisateur, qui avait tourné dans Cabal. En prenant comme parti pris de faire la différence entre la magie et l’illusion dès le carton en introduction – « La magie a deux univers. L’un d’entre eux est l’univers scintillant de l’illusionniste. L’autre est un monde secret où la magie est une réalité effrayante. Les hommes y ont un pouvoir satanique et même la mort y est une illusion. » – Clive Barker confronte et fait croire à deux mondes imbriqués, en s’interrogeant sur le bien et le mal de l’humanité, convaincu que l’être humain doit à un moment de sa vie plonger dans le sordide pour pouvoir en revenir meilleur.

Unique, Le Maître des illusions n’est pas un thriller horrifique sans défaut avec quelques problèmes de rythme et une tendance à vouloir aborder trop de choses en même temps, mais demeure une perle du genre que l’on revoit et redécouvre avec un œil nouveau à chaque visionnage.

LE COMBO BLU-RAY/DVD

Les fans de Clive Barker vont être aux anges ! Le Maître des illusions ressuscite en France chez Le Chat qui fume, qui pour l’occasion a concocté un nouveau Digipack trois volet quadri avec étui cartonné, comprenant le Blu-ray, le DVD du film avec la première partie des suppléments et le deuxième DVD avec la suite et fin des bonus. Cette édition est limitée à 2000 exemplaires. Le menu principal du Blu-ray est étonnamment cheap, digne d’une série Z, animé et musical.

La galette est bien garnie avec plus de deux heures de suppléments au programme !

Ruez-vous immédiatement sur le making of intitulé L’Illusion de la réalité (1h02). En plus de nombreuses images filmées sur le plateau et dans les coulisses, ce module se compose d’entretiens avec Clive Barker, des comédiens Scott Bakula, Daniel Von Bargen, Famke Janssen et Kevin J. O’Connor, mais aussi du consultant en magie (et Billy Who dans le film) Lorin Stewart. Clive Barker aborde la genèse du Maître des illusions, puis se penche sur l’histoire et les personnages principaux, ses intentions et les partis pris, ses références (Chinatown, L’Exorciste, La Fiancée de Frankenstein) et influences (David Lynch, David Cronenberg), tout en livrant une réflexion sur les films d’horreur au cinéma. Ce documentaire propose enfin un petit tour dans les ateliers des créateurs des effets spéciaux, avec les artistes qui s’affairent pour donner aux ouailles de Nix un look digne de ce nom.

Du coup, le bonus suivant Dans les coulisses (18’) apparaît bien redondant avec le supplément précédent puisqu’il en reprend en grande partie les propos et les mêmes images de tournage.

Vous pouvez donc vous diriger directement sur l’excellente présentation de l’oeuvre de Clive Barker par Guy Astic. Pendant près de 45 minutes, le directeur des éditions Rouge Profond expose les nombreux talents de Clive Barker. Puis, Guy Astic confronte Le Maître des illusions avec les deux autres longs métrages du réalisateur, Le Pacte Hellraiser (1987) et Cabal (1990), en développant les thèmes du film, les connexions du cinéma de Barker avec celui de David Cronenberg et les écrits de J.G. Ballard, l’exploration du corps, le dépassement de l’être humain. Dans un second temps, Guy Astic évoque un peu plus le film qui nous intéresse en parlant de la genèse du Maître des illusions, les personnages et plus particulièrement celui de Harry D’Amour joué ici par Scott Bakula.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce du Maître des illusions et d’autres titres disponibles chez l’éditeur.

L’Image et le son

La première édition DVD (chez MGM) du film de Clive Barker remonte à 2000. Pour son passage en HD grâce aux bons soins de notre chat préféré, Le Maître des illusions se refait une petite beauté. Le film est proposé dans sa version intégrale. Une fois passé le générique un peu grumeleux, on perçoit le travail de restauration effectué, malgré quelques points et tâches noirs qui ont échappé au nettoyage. L’ensemble est plutôt riche et stable, la gestion du grain équilibrée et les fourmillements stabilisés grâce au codec AVC. La colorimétrie est somme toute un peu terne (encore plus sur les plans à effets spéciaux) et le piqué demeure peu pointu. Les contrastes sont corrects. Quelques séquences sombres sortent aisément du lot et tirent profit de cette élévation HD au final élégante.

L’éditeur nous gratifie d’une piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1 qui, il faut le dire, n’apporte pas grand-chose en dehors d’une spatialisation de la superbe musique du film. Les effets surround sont limités et l’ensemble reste souvent axé sur les frontales. Heureusement, les dialogues sont constamment clairs, dynamiques et parfaitement distincts sur la centrale. Nous vous conseillons d’opter pour la DTS HD Master Audio 2.0, d’une rare clarté, mettant en valeur les dialogues. L’osmose entre la musique, les voix des comédiens et les quelques effets annexes qui avaient pu nous échapper sur la 5.1 y est réellement saisissante. Le Chat qui fume ajoute également une piste française 2.0, faisant la part belle aux dialogues au détriment d’une réelle fluidité. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale.

Crédits images : © 1995 United Artists Pictures INC. All Rights Reserved / Park Circus Films CO.LTD / Twentieh Century Fox Home Entretainment International Corporation / Le Chat qui fume / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr